samedi 1 février 2020

Komla Kpogli : « Détruire la peur et la méfiance érigées entre Togolais par le régime Franco-Gnassingbé »

Interview de Komla Kpogli au journal L’Alternative N°859 du vendredi 24 janvier 2020
Connu pour sa franchise, le Secrétaire général du Mouvement pour la libération totale et la reconstruction de l’Afrique (MOLTRA), Komla Kpogli dit ici, dans cet entretien, ce quil pense des élections au Togo et spécifiquement de lélection présidentielle du 22 février 2020.
Propos recueillis par la Rédaction.

Bonjour Komla Kpogli, vous êtes SG du Mouvement pour la libération totale et la reconstruction de l’Afrique (MOLTRA). Quelle analyse faites-vous de la situation politique actuelle au Togo ? 


Komla Kpogli (K.K): Rien ne change. Après l’assassinat de Sylvanus Olympio, le 13 janvier 1963, par la France et ses petits couteaux togolais, le Togo est livré à une situation de terreur sans cesse renouvelée. La situation politique du Togo relève donc de la continuité coloniale dans laquelle tout le continent africain se trouve depuis les fausses indépendances octroyées par les colonisateurs qui avaient pris le soin de neutraliser et de liquider très rapidement les véritables leaders pour une véritable indépendance, remplacés par des marionnettes issues des rangs de l’armée coloniale ou des écoles coloniales locales et métropolitaines. Équipées d’une machine de répression et de corruption, ces marionnettes qui se reproduisent depuis lors, ont pris en otage les populations africaines. Le Togo des Gnassingbé et de leurs copains s’inscrit parfaitement dans cette tradition que les colonisateurs français ont appelé « une élite indigène formée dans le but de continuer l’œuvre coloniale entamée par les missionnaires et les administrateurs européens. »
Cette situation politique est méthodiquement ou brutalement construite dans un but économique très clair : garder une mainmise sur les richesses du pays en faveur des multinationales des pays colonisateurs et en faveur de cette minorité locale qui agit comme des métayers prenant leur part de la moisson. Le pays produit d’énormes richesses minières, minéralières, maritimes, agricoles. La dette du Togo est passé de 310 milliards fcfa en 1991 à 2300 milliards fcfa en 2019. Où est passé cet argent quand on voit l’état des routes, des écoles, des hôpitaux, des conditions de vie et de travail des paysans, des infrastructures de nos villages, de nos villes, des universités, et la vie des fonctionnaires ?

Le Togo se prépare à organiser le 22 février prochain l’élection présidentielle. Votre avis sur ce scrutin. 

K.K : Nous avons fait des recherches dans toute l’Histoire de l’humanité depuis la haute Antiquité. Jamais un gouvernement héréditaire de type colonial n’a organisé des élections. Des mascarades électorales violentes par contre, oui. Les togolais auront donc une nouvelle mascarade électorale violente en lieu et place d’une élection.
Le Togo sous le régime Franco-Gnassingbé a organisé depuis 1993 des mascarades électorales sanctionnées par des morts, des blessés, des exilés forcés, des viols, des destructions de toutes sortes pour s’imposer au choix populaire exprimé dans les urnes. Tout le monde a vu ce qui s’est passé au Togo lors des 6 rendez-vous électoraux des présidentielles en 1993, 1998, 2003, 2005, 2010, 2015. Il en est de même pour des législatives. A chacune de ces légendaires élections, le régime RPT qui se fait appeler maintenant UNIR a perdu sèchement dans les urnes. Les togolais ont toujours voté pour une « alternance » en vue d’une reconstruction du pays. Comme une tyrannie héréditaire de type colonial ne se fonde pas sur la volonté populaire qui est son ennemi mortel, les Gnassingbé 1er et 2ème et leurs alliés ont toujours ignoré les urnes et imposé leur volonté propre en activant tout le temps la violence et la corruption. La comédie électoraliste du 22 février 2020 s’inscrit nettement dans cette logique. Il n’y aura pas élection présidentielle mais mascarade présidentielle le 22 février 2020. Le RPT s’en fout de ce que les togolais diront dans les urnes. Il  attend juste l’épreuve de force qui aurait lieu dans les rues pour, une fois encore, forcer le passage. 
En novembre 2019, le RPT et ses petites béquilles réunis dans ce qu’ils appellent l’Assemblée nationale ont voté une loi de finances rectificative portant le budget national voté en décembre 2018 de 1457 milliards fcfa à 1498 milliards fcfa, soit 41 milliards de plus. Tous les budgets relatifs à l’éducation, à l’eau, à la santé, aux transports avaient été baissés. Seul le budget militaire a reçu une augmentation de 38 milliards fcfa sur les 41 milliards. Soit une augmentation d’environ 62% qui le fait passer de 61,945 milliards fcfa à 99,945 milliards. Les électoralistes forcenés doivent se poser la question du pourquoi de cette augmentation du budget militaire à la veille d’une année électorale. Là est la nature véritable du régime.
Voilà pourquoi ceux qui s’activent pour conduire une nouvelle fois le peuple togolais sur cette fausse piste électoraliste devront rendre des comptes à l’Histoire.

  
Faure Gnassingbé, comme il fallait s’y attendre, s’est déclaré candidat à cette élection. Êtes-vous surpris et que pensez-vous de cette candidature ?

K.K : Le RPT n’a pas modifié la Constitution, mis en place une CENI sur mesure, installé une Cour constitutionnelle maison,  quadrillé le pays par un dispositif militaro-policier et piégé son opposition institutionnelle avec des élections locales truquées pour que Faure Gnassingbé ne soit pas candidat. En réalité, par cette candidature, Faure Gnassingbé et ses amis ont adressé officiellement aux togolais un message sans aucune ambiguïté le 7 janvier dernier: ils conservent le pouvoir. En se déclarant candidat ce jour-là, Faure Gnassingbé a dit solennellement qu’il reste au pouvoir. Dans son esprit et celui de ses amis et courtisans réunis dans cette salle, le 22 février 2020 c’est juste une formalité. Ils pensent déjà à 2030 sur comment réécrire la fameuse constitution si d’ici là Faure Gnassingbé est toujours vivant et jouit d’une bonne santé.  Voilà pourquoi, il faut redire qu’un système comme celui des Gnassingbé ne peut organiser des élections. L’Histoire démontre à suffisance que l’élection n’est pas la solution adaptée à un problème colonial. Nous défions quiconque pouvant nous apporter un seul exemple dans l’histoire de l’humanité où un régime tyrannique héréditaire de type colonial a été défait par des élections dont l’organisation relève de sa compétence. C’est une absurdité que des togolais se laissent conduire de manière répétée dans cette voie par une opposition institutionnelle en mal de repères historiques, stratégiques et intellectuelles. La voie adaptée au système Franco-Gnassingbé est donc populaire par la mobilisation, l’organisation, la formation, la structuration des masses populaires autour de la seule et unique idée d’une révolution sous la forme d’un puissant Tsunami populaire contre lequel aucun bastion tyrannique ne peut résister. C’est là la clef contre ce régime. Toute autre considération n’est que fuite en avant et manifestation d’un désir illusoire de trouver un raccourci menant à la liberté. Les togolais n’échapperont pas à cette loi incontournable de l’Histoire qui impose aux peuples dominés l’obligation d’une douloureuse mais salvatrice lutte de libération.

La Cour Constitutionnelle a validé les candidatures. 6 leaders de l’opposition prennent part à ce scrutin. Quelle analyse vous en faites ?

K.K : Il n’y a qu’en Afrique qu’on peut voir des gens considérés comme des leaders d’Opposition vendre et revendre la fausseté selon laquelle un problème de colonisation peut être résolu par des élections. Des élections dont l’organisation est absolument maîtrisée, de bout en bout, par les régimes en place par l’intermédiaire d’un appareil répressif appuyant une gigantesque machine à fraude alimentée par une loi électorale taillée sur mesure, un fichier électoral truqué, une justice constitutionnelle misérablement inféodée, des bureaux de votes fictifs...etc. Ces fausses élections sont organisées au Togo au nez et à la barbe de ces opposants institutionnels qui, depuis 30 ans, s’interposent entre le régime Franco-Gnassingbé et les masses populaires qu’ils font balader d’impasse en impasse allant de fausses élections aux faux dialogues en passant par des contestations-manifestations mal ficelées qu’une répression du régime vient très rapidement neutraliser. Puis, on recommence le même cycle. Les togolais doivent, à présent, se détourner de ce schéma pour prendre leurs propres responsabilités devant l’Histoire. 

Est-il encore utile de prendre part à un scrutin dont toutes les structures d’organisation sont aux mains du régime ?  

K.K : Le régime respecte son agenda. C’est son droit le plus absolu. Encore une fois nous disons que l’élection, plus précisément la mascarade électorale, n’est pas la solution adaptée au régime Franco-Gnassingbé. Ce régime a le secret de fabrication de ses fausses élections. Sinon depuis 1993 déjà, le Togo aurait connu « l’Alternance ». Que des politiciens commerçants veuillent aller à ces fausses élections, libre à eux. Ils ont des raisons propres à eux d’y aller. Mais, les masses populaires, elles, doivent se déconnecter de l’agenda de ce régime et de son opposition institutionnelle qui l’accompagne dans ses manouvres criminelles. Les togolais ne doivent pas se laisser entraîner pour longtemps encore sur ce chemin électoraliste que l’Histoire n’indique absolument pas aux peuples dominés et soumis. Notre peuple doit enfin ouvrir les yeux pour s’inscrire dans la réalité historique de tous les peuples neutralisés et anéantis sur une période plus ou moins longue de leur parcours terrestre par une tyrannie placée à leur tête par des puissances étrangères avec le soutien d’une minorité locale antipeuple. Aucun de ces peuples ne s’en est sorti par des élections, par des dialogues, par l’attente d’une réforme sous la houlette d’organisations sous-régionales ou internationales, par la prière et le jeûne ou le carême, par l’espérance illusoire d’une conversion du tyran en un homme normal ayant des sentiments tels que la pitié et l’amour du peuple. Ces peuples-là n’ont pas confié leur sort et leur destin à des aventuriers de tout acabit. Ils n’ont ni attendu Dieu, ni Allah. Ils n’ont pas passé leur temps à pleurnicher que tel ou tel opposant les a trahis ou à faire de savants calculs à longueur d’années et à attendre un chevalier blanc chargé de les délivrer. Bien au contraire, dans un élan patriote ponctué de grands et héroïques sacrifices, ces peuples ont courageusement pris la décision de sortir de la peur qui les a jusque-là tétanisée ainsi que du mur de la méfiance que les dominateurs ont érigé astucieusement entre les différentes composantes de ces peuples pour affronter victorieusement la tyrannie. Les togolais, les africains n’échapperont pas à cette réalité historique s’ils envisagent de reprendre la maîtrise de leur espace géographique en vue de reconstruire leur histoire pour redevenir un grand peuple. Ils ont intérêt à examiner très lucidement, et le plus tôt c’est le mieux, l’histoire des peuples devenus de grandes puissances (Les colonies américaines libérées des Anglais pour devenir les États-Unis d’Amérique ; la France libérée des rois dictateurs ; l’Allemagne libérée des petits gouverneurs manipulés de l’extérieur ; l’Italie libérée des dictateurs ; la Chine libérée des brigands chefs de guerre dirigés de l’extérieur....) après s’être libérés des tyrans obscurs qui les régentaient pour en tirer des leçons pour eux-mêmes. Autrement, les togolais, les africains resteront ce petit peuple accroché à la remorque des autres qui leur dictent ce qu’ils doivent être et ce qu’ils doivent faire tout en étant dans un état de misère dynamique sur des terres pourtant scandaleusement riches. L’Histoire est impitoyable avec les peuples qui retardent leur libération par leur propre effort. 


Quelle analyse faites-vous de l’opposition togolaise dans son ensemble ? 

K.K : L’opposition institutionnelle au Togo, comme dans tous les autres enclos coloniaux en Afrique abusivement appelés États africains, est née dans les parages des années 1990. Sans rien oublier des difficultés énormes que leur posent les tenants actuels du pouvoir colonial, il faut dire que l’ambition de la plupart des opposants institutionnels c’est de conquérir le pouvoir colonial et de l’exercer dans les limites géographiques fixées à l’Afrique depuis la conférence de partage de Berlin en 1884-1885 et dans  les normes institutionnelles, politiques, économiques, sociétales, culturelles, spirituelles et philosophiques ordonnées aux africains depuis les razzias négrières arabo-musulmanes et surtout transatlantiques, c’est-à-dire depuis la Mondialisation occidentale. Les opposants institutionnels veulent être calife à la place du calife. Seuls quelques rares personnes au sein de ces oppositions institutionnelles africaines ont comme projet la déconstruction du cadre colonial africain en vue de reconstruire un nouvel environnement socio-économique et politique autour des valeurs africaines à redécouvrir depuis l’Égypte antique pharaonique, la plus brillante réussite des Africains.
Les opposants institutionnels africains pensent à la prochaine élection alors qu’il fallait penser la prochaine génération ou même le prochain siècle. Fiers de leurs cursus scolaire colonial, ils sont pressés de jouir du pouvoir colonial. Ils veulent ici et maintenant un retour sur investissement. D’où les faux chemins qu’ils prescrivent aux peuples tout le temps. Devons-nous vraiment porter un jugement sur ces gens ? Pas vraiment, puisque l’histoire les a déjà jugés et condamnés. Leurs résultats parlent pour eux. Beaucoup de ces gens ont agi et agissent comme ils ont pensé et comme ils pensent. Ils continueront dans cette logique. Ils font partie de « l’élite indigène » qui raisonne en termes de changement et d’alternance et non en termes de renaissance et de reconstruction du pays. Le temps d’une alternative radicalement visionnaire et armée des lois de l’Histoire doit sonner en vue d’une réorientation des masses populaires qui n’en peuvent plus d’attendre dans cette opposition où il n’y a rien à attendre, en fait.  


Selon-vous, comment peut-on relancer la lutte contre la dynastie Gnassingbé ?

K.K : Nous avons une large production de vidéos sur Youtube, sur Facebook et un nombre incalculable d’articles sur des sites internet où nous indiquons la voie. Celle que l’Histoire montre aux peuples dominés et soumis qui veulent vraiment renaître. Il n’y pas d’alternative à la voie populaire face au régime Franco-Gnassingbé. Cela veut dire qu’il faut redéfinir la nature de ce régime en la considérant depuis son acte de naissance entachée du sang de Sylvanus Olympio. Ce régime a capturé l’idée de l’indépendance du pays par ce fait criminel fondateur. Cette redéfinition du régime a pour finalité de lui attribuer un nom. Et ce nom c’est une tyrannie héréditaire de type colonial. A partir de ce nom, on parvient à déceler comment fonctionne réellement ce régime dont la stratégie est la conservation du pouvoir colonial par deux instruments incontournables à savoir la Violence militaro-policière et  milicienne d’une part, et l’Argent d’autre part. A partir de la découverte de ces deux moyens fondamentaux qui lui permettent de vivre et de survivre à tous les coups ( la violence et la corruption), il devient évident qu’on ne peut plus considérer ce régime comme un pouvoir classique qui serait en crise ou un partenaire égaré accidentellement avec qui il faut « dialoguer », aller aux « élections », tenter des « réformes institutionnelles et constitutionnelles » en prétendant le ramener à la raison... Ce régime pratique depuis 57 ans la stratégie du fou avec le peuple togolais noyauté par une opposition institutionnelle à qui il fait croire à des moments précis qu’il est prêt à faire des concessions, à lâcher du lest ou à faire des réformes. Il gagne du temps et casse astucieusement les dynamiques populaires en cours par des appels au dialogue ou à des élections avant de relancer la machine à violence. 
On ne réforme pas les fers, on ne dialogue pas avec une tyrannie et on ne défait pas la colonisation par l’élection. Si ces fausses solutions sont découvertes enfin comme inadaptées à notre problème, alors, loin des agitations, dans un calme puissant et résolument déterminé,  chaque togolaise et chaque togolais doit s’engager dans une démarche patriote de construction d’un mouvement de libération du pays et de sa reconstruction. 
C’est un travail de chacun et de tous de mobilisation, d'organisation, de structuration des masses populaires dans les quartiers, les villages, les villes, les préfectures, les régions qui doit absolument démarrer en dehors des partis politiques électoralistes, dialoguistes et inutilement querelleurs. Il n'y a rien à attendre de la fameuse élection présidentielle du 22  février 2020, une nième mascarade du RPT. Candidat unique ou candidats multiples de l'opposition institutionnelle, candidat transfuge du RPT ou pas, Monseigneur Kpodzro ou pas, Faure Gnassingbé et sa cour n'en ont rien à cirer. Ils ont leur CENI, leur fichier électoral, leurs bureaux de vote fictifs, leurs observateurs, leur cour constitutionnelle, leurs résultats déjà fixés. Le tout appuyé par leur armée dans l'armée. C'est ça la réalité.
Par conséquent, chaque patriote du Togo où qu'elle soit, où qu'il soit sur cette terre, doit se mettre au travail et se mettre en lien avec d'autres togolais animés par la douleur de voir le pays dans cet état de destruction et de souffrance depuis 57 ans. Cela demande que nous, togolais brisons absolument le mur de la méfiance et de la peur construit depuis de nombreuses années entre nous pour éviter que nous nous retrouvons et convergeons sur l'idée de PATRIOTISME, condition sine qua non de l’action libératrice disciplinée. Il faut créer un autre état d’esprit populaire dans le pays. Nous insistons là-dessus : détruire la peur et la méfiance entre togolais érigées par le régime Franco-Gnassingbé. L’objectif de ce nouvel élan c’est de construire le Tsunami populaire, seule arme que craint et redoute ce système tyrannique héréditaire de type colonial. Ce régime ne craint rien si ce n’est le peuple organisé et soulevé et qui n’a plus peur de payer définitivement le prix de sa libération. Voilà pourquoi, ce régime fait tout pour maintenir la peur et la méfiance entre togolaises et togolais aussi bien à l’intérieur qu’à l’étranger. Commencer par détruire ces deux murs stratégiques construits par ce régime c’est entamer la bataille finale. Lorsque ce moment sera là, la minorité soldatesque violente sur laquelle s’appuient le RPT et ses alliés sera contrainte, sous peine d’être emportée par le Tsunami populaire, de déposer les armes, de fuir ou de rejoindre le peuple. Nous verrons, à ce moment-là, des patriotes jusqu’ici muselés et émasculés au sein de l’armée s’élever et agir pour le peuple avec qui ils concluront une nouvelle alliance car ils auront retrouvé leurs liens de filiation avec ce peuple dont ils sont issus. Telle est la loi de l’Histoire.
Propos recueillis par la Rédaction
L’Alternative N°859 du vendredi 24 janvier 2020

vendredi 1 novembre 2019

S'engager et s'organiser: les premiers pas de l'action libératrice de l'Afrique

Les africains doivent absolument prendre conscience de l'importance de s'organiser et de s'engager dans la discipline. S'engager de manière ordonnée au plus petit niveau qui soit: famille, quartier, village, associations, ville, diaspora, école...Là où vous êtes, prenez des initiatives à deux, à trois....pour parler de l'Afrique et de ses problèmes, du parcours historique de notre peuple, des actions concrètes possibles pour résoudre tel ou tel problème, aussi minimes soient-elles. Cotisez-vous pour inviter des conférenciers capables de débattre avec vous des sujets concernant notre peuple et de renforcer vos capacités d'action en vous montrant les vraies causes et racines de la souffrance de notre peuple avili depuis 3000 ans maintenant. De cet engagement va naître un autre engagement plus grand car vous aurez déjà acquis l'habitude de vous organiser à un niveau plus bas. Prendre l'habitude de FAIRE, de FAIRE NOUS-MÊMES, c'est décider de ne plus subir et de tracer la voie de la Renaissance de notre peuple.

Komla Kpogli, S.G du MOLTRA

lundi 19 août 2019

Un grand bravo au peuple de Chine

UN GRAND BRAVO AU PEUPLE DE CHINE ET SURTOUT A SES ENFANTS LES PLUS VISIONNAIRES...

...Qui ont su se mobiliser dans la douleur, le sacrifice mais dans la discipline pour libérer leur terre natale de toutes les dominations étrangères qui avaient placé des laquais voyous et des criminels à sa tête comme dirigeants. 

Grâce à l'action énergique, sur la base d'une vision de la « Grandeur retrouvée » de leur pays, de dignes fils de Chine ont effacé en 25 ans les humiliations de leurs peuples désormais sur le toit du monde. En reconquérant leurs terres, ils ont réorienté la société complètement en lui imposant une marche méthodique en direction de l'objectif de la "Grandeur retrouvée". 

Un exemple: Février 1987, Deng Xiaoping fait limoger plusieurs directeurs d'université accusés de trop ouvrir la jeunesse aux idées étrangères. Les contacts entre étudiants étrangers et étudiants chinois sont alors interdits. Les chinois doivent déposer une demande d'autorisation par écrit pour justifier les raisons pour lesquelles ils désirent se rendre dans les bâtiments réservés aux étrangers. Rares étaient donc ceux qui osaient poser cette demande au risque de s'exposer à d'importants ennuis. Les chinoises flirtant avec des étudiants étrangers sont expulsées et envoyées dans des centres de rééducation. Des cours d'éducation politique sont imposés aussi bien aux professeurs qu'aux élèves 1 heure par jour et tous les samedis après-midi, avec comme base d'enseignement la dénonciation de la "pollution spirituelle" qui montait dans le pays par le "goût pour l'Occident" et son "libéralisme bourgeois". Durant les grandes vacances (Eté), tous les étudiants chinois sont envoyés pour 1 mois de rééducation dans des camps militaires en périphérie de Pékin (capital de la Chine libérée). Au programme: Entrainement physique intense, règlement de vie strict, cours de politique sur le pays et ce que font ces dirigeants pour la renaissance du pays, rappels des idées de Mao et des principes conduisant la reconstruction et mise en garde par rapport aux Occidentaux avec un rappel incessant de leurs agissements afin que personne n'oublie ce qu'ils avaient fait à la Chine.

Un pays qui s'est reconstruit sur des bases comme celles-ci a une conscience historique très forte. Voila pourquoi les Chinois doivent rigoler dans leur tête en arrivant en Afrique et en y voyant ce qu’il s'y passe. Tout ce qu'un pays comme celui-ci peut vouloir faire et c’est ce que la Chine fait, c'est de soutirer ce qu'il peut soutirer d'Afrique et s'en aller.

Bravo aux Grands Hommes de cette Chine qui ont conduit un peuple massivement soumis sur des siècles à la Grandeur, en lui donnant l'énergie pour se libérer d'abord des bandits qui lui étaient imposés par l'étranger, et ensuite pour travailler durement à sa refondation. 
La Liberté a un prix! Ceux qui louent la présence chinoise en Afrique sans nous montrer le chemin qui a conduit ce pays à sa puissance retrouvée ne nous apprennent rien.

Komla Kpogli, S.G du MOLTRA, 18 août 2019

mardi 23 juillet 2019

Togo: y-a-t-il encore des humains dans cet enclos colonial?




Comment est-il possible que tout un peuple se laisse écraser par une minorité violente depuis tant d’années? Les togolais arrivent-ils encore à se regarder avec fierté dans le miroir? Les togolais osent-ils encore parler en public, parmi d’autres peuples? En tant que parents, que disons-nous à nos enfants depuis 1963? 
Est-ce qu’on va laisser, dans la dispersion et la haine des uns et des autres, dans le mensonge à nous-mêmes cette minorité sans foi ni loi continuer son œuvre de démolition de notre si belle terre? Ou bien, est-ce que nous allons enfin commencer à changer de logiciel et à nous regrouper autour d’un leadership alternatif, loin des attributs de l’élite coloniale actuelle qui mène nos peuples aux abîmes et construire des solutions intelligentes et adaptées à ce drame sans fin qui transforme tout un peuple en une masse de vers de terre, sans tête ni queue et sans défense? Comment est-ce possible? Y a-t-il encore parmi les filles et fils de ce peuple, dans sa « diaspora », des personnes pourvues de tous leurs sens ou bien sommes-nous toutes et tous devenus des morceaux de bois sans sensibilité et passant notre temps dans des disputes et autres chamailleries inutiles? Est-ce qu’on va continuer à jouer prétentieusement chacun au Messie, au plus intelligent dans son coin pendant que le RPT et ses alliés nous écrasent collectivement?
C’est quoi ça?!

15 avril 2019
Komla Kpogli, S.G du Moltra



lundi 22 juillet 2019

Assassinat de Mamoudou Barry en France

Si 3000 ans de décomposition, 400 ans de razzias négrières transatlantiques, 100 ans de colonisation directe, 60 ans d’indépendance fictive sous la direction de satrapes placés au pouvoir par et pour des intérêts étrangers, la vente des africains en Libye, le massacre quotidien dans presque tous les territoires africains pour le maintien du pouvoir colonial dans l’unique but de continuer le pillage des matières premières de tous genres...n’ont pas suffi à faire comprendre aux africains qu’un peuple est traité dans ce bas monde selon son niveau d’organisation et selon la puissance de son leadership, alors ce n’est pas l’assassinat (dont l’auteur et les motifs ne sont pas encore connus malgré les racontars concernant les supporters algériens vainqueurs de la coupe d’Afrique) du compatriote de Guinée en France qui changera quoi que ce soit dans notre manière de fonctionner. Comme toujours, beaucoup vont verser des larmes d’indignation virtuelles et crier à la vengeance virtuelle, comme on sait très bien le faire. Comme on l’avait fait lorsqu’on avait enfin réalisé qu’on pouvait vendre des « nègres » en Libye, il y a 2 ans. Beaucoup se sont agités pendant quelques heures et puis plus rien. On est retournés à nos vieux amours d’amusés, d’indifférents et d’individualistes accroupis sous le poids d’un quotidien de débrouillards sans honte et attendant Dieu.
Il n’y aura donc aucune leçon collective tirée de l’assassinat du compatriote de Guinée après l’émotion virtuelle. Rien n’est assez grave à nos yeux. On n’est pas sérieux.
Famille éplorée, enterrez votre mort et essuyez vos larmes! Il n’y a aucun peuple organisé et décidé à s’organiser derrière vous. Voilà!
En attendant le prochain épisode.

21 juillet 2019 
Komla Kpogli, S.G du Moltra

jeudi 18 juillet 2019

Ce qu'exige la situation africaine de nous




Beaucoup de nos compatriotes africains ne comprennent pas encore correctement comment il faut apprécier la situation actuelle de l'Afrique et quelle action elle exige de nous. Ils croient à un "changement" inévitable avec le temps mais ne conçoivent pas que celui-ci a besoin d'être préparé, d'être organisé et d'être conduit. Voilà pourquoi ils sont indifférents voire méprisants envers l'idée fondamentale d'un plan de reconquête et de redressement africain mené par un leadership radicalement nouveau qui saisit le problème africain dans sa profondeur. Beaucoup pensent donc que c'est peine perdue et qu'il faut juste laisser le temps agir, en notre faveur, disent-ils. 

Ils estiment en conséquence que le travail méthodique et discipliné de politisation, d'organisation, de structuration des masses en vue de renforcer leurs capacités d'action sur la base d'un plan stratégique n'est pas nécessaire. Cette théorie ne correspond aux réalités d'un peuple africain très abimé par un parcours historique descendant. Elle vient essentiellement de l'incompréhension et de l'ignorance volontaire ou suscitée du fait que l'Afrique reste un continent colonisé que disputent tous les pays impérialistes anciens et nouveaux venus perfectionnant au jour le jour les moyens de domination et d'aliénation en vue de les rendre davantage plus sophistiqués et plus imperceptibles aux yeux non avertis pour aliéner le plus grand nombre de personnes isolé du petit nombre de conscients et ainsi continuer à paralyser toute action adaptée à notre réalité de colonie. Il suffit de comprendre cela pour que tout s'éclaire. 

Komla Kpogli, S.G du MOLTRA

mercredi 17 juillet 2019

Voici l'intégralité de l'interview avec le journal L'Alternative du 5 juillet 2019

Le 28dialogue entre la Coalition des 14 partis de l’opposition et le RPT/UNIR, sous l’égide de la CEDEAO, l’éclatement de cette coalition et l’échec de la lutte, les élections législatives controversées du 20 décembre 2018, les élections municipales du 30 juin 2019, la candidature de Faure Gnassingbé́ en 2020, etc. sont les principaux sujets abordés sans tabou dans cette interview avec le Secrétaire Général du Mouvement pour la libération totale et la reconstruction de l’Afrique (MOLTRA), Komla Kpogli. Lisez plutôt ! 

M. Komla  Kpogli, vous êtes le Secrétaire Généraldu Mouvement pour la Libération Totale et la Reconstruction de l’Afrique (MOLTRA) , dites-nous comment se porte votre organisation et quelles sont les actions menées dans la dernière période à l’extérieur comme au Togo ?
Dans la situation terrible qui est celle de l’Afrique et de ses populations aussi bien en interne qu’à l’extérieur,  le Mouvement pour la Libération Totale et la Reconstruction de l’Afrique (MOLTRA) a les yeux rouges. Les ambitions de notre mouvement sont immenses et son sens du devoir pour la libération et la reconstruction de notre continent sur le roc de ses valeurs propres est toujours plus aigu au fur à mesure que le temps avance. 
Cette situation nous oblige à continuer la marche en avant. Au Togo comme ailleurs, nous consultons, élaborons, formons et essayons d’élever la conscience historique et politique des africains afin de les organiser dans l’optique de l’action libératrice à venir.

Vous êtes un acteur majeur de la diaspora. Comment avez-vous suivi et analysé la situation politique togolaise depuis le mois d’août 2017 ?
Notre analyse était claire bien longtemps avant août 2017. Nous avons toujours considéré que l’opposition institutionnelle au Togo, comme partout ailleurs en Afrique, n’a pas les capacités requises pour  conduire le combat de libération dont le pays et le continent ont besoin pour entamer leur renaissance. Voilà pourquoi les animateurs de cette opposition n’ont que des mots comme « réformes », « élections transparentes », « dialogue », « médiation » à la bouche,  ignorant ou faisant semblant d’ignorer les racines profondes du mal africain qui dure depuis la perte de l’Égypte pharaonique il y a 3000 ans. L’homme noir est sorti de l’histoire et confiné dans le rôle de serviteur des autres peuples qui ne cessent de lui imposer des règles de fonctionnement élaborées sans lui. Depuis lors, l’homme noir est ainsi projeté et jeté sans cesse dans un monde qu’il ne maîtrise plus. Ce diagnostic de base échappe à l’élite coloniale fabriquée de toutes pièces par les colons et imposées comme pouvoir et son opposition en Afrique. Une telle situation ne peut jamais être résolue par des réformes ou par un dialogue, encore moins par des élections. 
Le régime togolais se conçoit comme une monarchie héréditaire de type colonial. A partir de cette définition qui saute aux yeux, penser pouvoir lui arracher des « élections transparentes après des réformes institutionnelles et constitutionnelles »relève du rêve paludique. C’est donc avec force que nous nous sommes opposés avec force à toutes ces idées qui ne sont manifestement pas adaptées à la nature du régime que nous avons en face de nous au Togo. Nous avions écrit des textes un peu partout, pris des contacts au sein de l’opposition institutionnelle, réuni des compatriotes en Europe pour tenter de convaincre les uns et les autres à prendre une autre direction : celle du renforcement des capacités insurrectionnelles du peuple en l’inscrivant dans les trois dimensions stratégiques, organisationnelles puis opérationnelles. Le tout adossé au parcours historique du peuple noir comme tableau de bord. C’était donc à un changement radical de perspective auquel nous appelions ; ceci pour éviter la nouvelle désillusion qui s’annonçait. Tous nos efforts pour être entendu ont été ignorés, court-circuités, ridiculisés. Voilà pourquoi dès septembre 2017, en tant que représentant des Togolais de Suisse et averti des lois de l’Histoire, nous avions écrit et dit publiquement qu’Août 2017 finira en eau de boudin. Tellement les ingrédients pour lui garantir le succès étaient absents.  La suite nous a malheureusement mais logiquement donné raison.

La classe politique de l’opposition s’est lancée dans un dialogue sous l’égide de la CEDEAO. Quel regard avez-vous porté sur ce dialogue ?
Nous avions écrit et dit à de multiples reprises que le dialogue n’est pas un outil adapté au régime que nous avons en face de nous au Togo. On n’a pas besoin d’avoir des dons de voyant pour le savoir. Il y avait eu avant ce dernier « dialogue » 27 autres précédents sous l’égide de l’Union Européenne, de la Francophonie et consorts. Les visages de ce bal de faux-culs qui a duré jusqu’à la mort de Gnassingbé 1erle 5 février 2005 sont Georg Reich, Gilles Désesquelles, Philippe Bardiaux, Bernard Stasi, Paul Von Stulpnagel, Idé Oumarou...Ces gens et leurs institutions ont abusé la naïveté et l’innocence d’un peuple qui a du mal à découvrir ses propres forces. Au moment où s’annonçait ce 28ème« dialogue », nous avions signé le 3 décembre 2017 un communiqué de presse publié par ailleurs dans vos colonnes pour rejeter « un simulacre de dialogue supplémentaire, véritable subterfuge d'un pouvoir aux abois car massivement contesté par le peuple dans son ensemble, y compris dans sa diaspora. Cet nième dialogue n'est qu'une ruse et une manœuvre du régime et de ses alliés locaux et internationaux pour briser l'élan populaire libérateur en cours au Togo et redonner de la marge de manœuvre à Faure Gnassingbé qui entend manifestement s'accrocher au pouvoir. »
Puis nous avions écrit le 8 décembre 2017 : « « Le dialogue » n'est pas le moyen approprié pour combattre une tyrannie. Le seul outil à convoquer face à ce type de régime, c'est les masses populaires qu'un leadership doit mobiliser, former et lancer dans un mouvement révolutionnaire avec une planification stratégique adaptable en fonction des difficultés présentes et futures. Notre peuple au Togo montre depuis des années et des années, et particulièrement depuis le 19 août dernier qu'il est prêt à lutter jusqu'au bout. C'est donc une erreur, voire une faute historique et stratégique grave que de vouloir le pousser à ce « dialogue ». Il faut donc dire que ce fameux dialogue n'est pas dans l'intérêt de notre peuple. Manifestement, il y a donc des visées politiques que des partis politiques aimeraient atteindre, à moindre frais, selon leur point de vue. Or, cette voie est celle qui va coûter le plus cher aux africains du territoire du Togo. Raison pour laquelle, il faut dire NON à ça et continuer la mobilisation et surtout l'organisation des masses populaires mobilisées. ». Nous n’avions pas été entendus.
L’histoire est cruelle avec les peuples qui ne s’assument pas et qui pensent pouvoir échapper à leurs propres devoirs en déléguant leur accomplissement aux tiers. Nous sommes dans le monde des humains. Il faudra qu’un jour les africains, les togolais, intègrent cette donnée première et commencent à fonctionner avec. Aucun peuple ne fait le bonheur d’un autre. Pas plus qu’il n’y ait de raccourci menant à la liberté. Chaque peuple doit aller chercher les outils de sa libération, de sa reconstruction et de sa grandeur dans son propre cerveau et les mettre en œuvre de ses propres muscles. Nos propos du 8 décembre 2017 doivent être rappelés ici avec force : « On ne dialogue pas avec une tyrannie qui est, par essence, la négation des droits fondamentaux d'un peuple. La tyrannie appelle donc la révolution, et non le dialogue ou la négociation. Par conséquent, c'est la désillusion qui attend celles et ceux qui espèrent affaiblir la nuisance de la tyrannie en allant négocier avec elle. ». Cette désillusion est là et notre analyse n’a varié d’un iota.

Finalement le dialogue s’est soldé par un échec cuisant et le pouvoir en a profité pour organiser à sa manière ses législatives. Selon vous, ce scénario était-il prévisible ? 
Évidemment qu’il était prévisible, puisque le 21 novembre 2017, nous écrivions : « le RPT et ses alliés locaux et internationaux sont en train encore de couler l'élan du peuple togolais dans le béton d'un dialogue "inter-togolais", véritable attrape-nigauds qui va renforcer le pouvoir et ruiner la dynamique populaire en cours. Tout leader visionnaire et imprégné de l'histoire, de sa gravité et de son sens, aurait dû comprendre que jamais on ne négocie avec une tyrannie, qui plus est héréditaire. Et que seule l'organisation, l'organisation et encore l'organisation des masses populaires mobilisées et orientées vers des points sensibles du pouvoir est la garantie de la destruction du pouvoir tyrannique. Celui qui veut négocier ses fers prend la lourde responsabilité de les porter encore longtemps et même de les transmettre à ses descendants.  Patience donc!!! Dans quelques semaines ou mois, nous verrons tous ce que dialoguer avec le RPT signifie. Comme nous n'apprenons que trop peu de l'histoire ».
Bien avant cela, le 4 novembre 2017, nous écrivions « De l’urgence d’une planification stratégique et d’une organisation repensée du soulèvement populaire en cours au Togo. »Dans ce texte saboté et moqué par plusieurs commentateurs sur internet, nous annoncions in extenso : « Quand on voit le niveau auquel le système RPT a mis la barre de la violence, on ne peut pas ne pas engager très très rapidement la réflexion stratégique et la planification stratégique appuyée de manière ferme par une organisation entièrement repensée de la contestation populaire, si on ne l'a pas fait jusqu'ici. Aucun observateur sérieux n’est surpris de la réaction et des manœuvres du système RPT. Aussi, serait-il une erreur stratégique majeure que de considérer le congrès du RPT tenu à Tsévié le week-end dernier et les décisions qu’il a annoncées comme quelque chose d'insignifiant voire de ridicule. Le RPT déroule son plan clairement et ceci dans une logique du fait accompli dans un cadre soi-disant légal qu'il entend opposer au mouvement populaire le moment venu. Ce n'est pas anodin. Il faut contrecarrer tout ceci très rapidement et nous avons les moyens adéquats pour ce faire. Il faut être capable d’identifier ces moyens et les mobiliser convenablement. »
Partant de ces faits annonciateurs d’une fin pathétique, nous avions pris contact directement avec des dirigeants de partis au sein de la C14 qui n’ont pas jugé utile de nous prêter une oreille attentive. 
L’Assemblée nationale RPT-UNIR a opéré les reformes ouvrant la voie à un règne de Faure Gnassingbé jusqu’en 2025. Quel regard portez-vous sur ce coup de force ?
Ce n’est pas un coup de force. C’est la logique du RPT : garder le pouvoir à tout prix. Pour cela, le RPT a son agenda et son plan d’action. Rien de tout ceci n’est secret. Les intentions du RPT sont claires comme l’eau de roche et les moyens pour les mettre en œuvre sont manifestes depuis le 13 janvier 1963 et encore plus manifestes depuis 1990. Tant pis si des togolais continuent à se laisser bassiner par certains de leurs « hommes politiques », « associatifs» et « religieux » sans foi ni loi avec le fait qu’il serait toujours possible d’amener le RPT à la raison par le dialogue, la supplication et des appels incessants à la morale à deux sous. 
Le régime RPT est endurci par et dans le mal. Il n’y aura qu’une issue. C’est une loi de l’Histoire que des régimes tyranniques finissent par succomber lorsque le peuple se met résolument debout sous la houlette de patriotes qui ne craignent pas de mourir. L’issue au Togo c’est la lutte de libération menée dans la discipline collective par un leadership patriote, éclairé par l’Histoire et aboutissant à l’installation d’une nouvelle Constituante pour doter le pays libéré d'une nouvelle constitution qui ne soit plus le copier-coller de la Constitution française, mais une Constitution qui traduit véritablement notre histoire, notre culture, nos valeurs, nos aspirations, une nouvelle organisation de l'Etat nouveau en tant que peuple africain.

Revenons à la C14, comment analysez-vous sa gestion de la crise notamment les marches, ensuite le dialogue et enfin la participation ou non aux élections législatives ?
Pour nous, cette coalition avait en elle-même et dès ses origines les graines de sa fin. Les compatriotes togolais se trompent lourdement de diagnostic en continuant à mettre l’accent sur l’union des partis politiques. Comme si réunir les forces contraires pouvait engendrer un résultat positif. L’addition des zéros à l’infini ne peut pas être égale à un. Par conséquent, l’idée maitresse qui devrait prévaloir au Togo, au regard du parcours qui est le nôtre, devrait être la notion d’idées stratégiques. C’est donc autour de ces idées qu’il faut chercher à unir les entités qui les ont en partage. Ce sont d’abord les idées qui fondent la théorisation de la lutte populaire et non les hommes et les appareils politiques. 
Nous avons au Togo des partis qui n’ont pas d’idées mais des plans de carrière médiocres. D’autres en ont mais de fausses auxquelles ils donnent un attribut de vérités immuables. D’autres encore ne sont constitués que d’illusionnistes verbeux passant des couloirs du régime la nuit aux allées de l’opposition institutionnelle le jour. En quoi mettre tout ce beau monde ensemble dans une coalition serait un gain pour le mouvement de libération dont le pays a besoin ?
Nous sommes navrés de le redire ici, la plupart de ces gens n’ont aucune profondeur d’analyse. Les règles qui dirigent la vie des peuples, particulièrement la vie des peuples en lutte leur échappent totalement. Le pire c’est qu’ils ne cherchent même pas à résorber ces lacunes graves. Beaucoup de ces gens sont dans la nuit et donc ils ne peuvent qu’entraîner, en compagnie du RPT qu’ils prétendent combattre, le peuple africain du Togo vers les abîmes. En lieu et place de renforcer les capacités insurrectionnelles et révolutionnaires des masses populaires avec une capacité de théorisation, de projection, d’anticipation et d’évaluation à chaque étape à l’aune de la stratégie globale retenue, ces opposants de métier les ont épuisées dans des marches de protestation non ciblées et obéissant aux injonctions du régime notamment en ce qui concerne les parcours. Quant à l’encadrement de ces marches de protestation, on a bien vu que, malgré les 30 ans de répression militaro-policière et milicienne du RPT, les dirigeants politiques s’attribuant le titre de « Leaders » n’ont pas fait gagner au mouvement populaire plus d’expérience et surtout plus de capacités à comprendre les méthodes de déploiement des forces de la répression, à les contenir puis à les neutraliser. Pourtant, ce ne sont pas des exemples historiques qui manquent en la matière. 

La C14 dans s’est ensuite disloquée, certains partis ont fait le choix de voler de leurs propres ailes. Pourquoi il est difficile à l’opposition togolaise de s’entendre sur l’essentiel ?
Tout simplement parce que cette C14 n’était qu’une illusion d’union. Sans idée directrice fortement ancrée et partagée entre les acteurs d’un groupe réunis par les circonstances, rien de durable n’est possible. Nous venons de vous indiquer que la C14 portait dès ses origines les germes de sa propre destruction. C’était une coalition sans origine commune et surtout sans destination commune. Déjà très tôt, tout observateur averti pouvait voir que cette fameuse coalition était minée par une guerre de couleurs de t-shirts partisans. Ces gens, malgré les derniers échecs, n’ont toujours pas la même définition de l’adversaire. Ils n’avaient pas et n’ont toujours pas la même conception du sens de l’Histoire et de ses règles. Certains ont été très proches du pouvoir et le sont restés tout en jouant publiquement aux opposants. Pour bon nombre de ces gens, la bataille c’est chasser Faure Gnassingbé du pouvoir colonial pour s’asseoir à sa place. Pour d’autres, c’est prendre une partie de ce pouvoir colonial et en jouir. Voilà pourquoi ces gens pouvaient, alors qu’ils devraient organiser et structurer, organiser et structurer encore et encore les masses populaires pour les rendre décisives, préférer en appeler à Emmanuel Macron et à ses laquais tels que Alpha Condé et Nana Akufor Addo ou à la CEDEAO pour raisonner leurs protégés Faure Gnassingbé et sa cour, ignorant les prescriptions de Thomas Sankara à savoir que « L’esclave qui n’est pas capable d’assumer sa révolte ne mérite pas que l’on s’apitoie sur son sort. Cet esclave répondra seul de son malheur s’il se fait des illusions sur la condescendance suspecte d’un maître qui prétend l’affranchir. Seule la lutte libère . »
 Quant aux moyens d’action pour arriver à leur fin, d’un extrême à l’autre, ces gens ne cessent de réciter : « Dialogue », « Reformes », « Elections », « Marches de protestation », « Médiation »...Toute chose complètement en déphasage avec le régime qu’on a en face de nous. Là encore, il y a ignorance des paroles de Nelson Mandela qui énonce que « c'est toujours l'oppresseur, non l'opprimé qui détermine la forme de la  lutte »Quant à ceux qui disent « Soulèvement populaire », ils n’en connaissent pas les règles, pas plus qu’ils disposent d’une planification stratégique et de la structuration pouvant y conduire. C’est donc la cacophonie qui ne peut connaître qu’une issue dispersée dès que les fameuses législatives du 20 décembre 2018 ont été proclamées et que certains ont fini par réaliser que les partisans du « Pas d’élection sans réformes » n’avaient pas les moyens de leurs discours et qu’en les suivant ils ne pouvaient que perdre toutes les miettes que leur procurait le copinage avec le RPT.

Cette classe politique selon vous peut-elle encore porter les espoirs de ce peuple en quête de changement ?
Clairement non. Mais, il ne sert à rien d’accabler davantage ces gens. Ils ont fait ce qu’ils pouvaient en fonction de leur manière de penser. L’histoire les a déjà confrontés à leur propre résultat. Il faut passer à autre chose à présent. Les armes de la victoire contre le système colonial et ses animateurs locaux et extérieurs résident au sein du peuple. Le peuple organisé et structuré de sorte à lui faire retrouver toute sa puissance perdue. Tout le travail à faire est là. Toutefois, ce n’est pas en récitant le catéchisme consistant à dire « place aux jeunes », « place aux jeunes » que l’on va faire mieux les choses. La jeunesse n’est pas une garantie contre l’inefficacité et contre la vacuité. Par conséquent, il est temps qu’émergent des patriotes de tous âges, de tous sexes, de toutes régions du pays, de l’intérieur comme à l’extérieur pour bâtir un véritable mouvement révolutionnaire visant à conduire un puissant mouvement de libération et de reconstruction du pays. Dire cela, c’est dire au peuple qu’il est le porteur de son propre espoir. Pleurer ne sert à rien car les larmes ne sont pas une arme. Se décourager et jeter toute la faute sur quelques personnes en qui on avait fondé de faux espoirs par esprit de fuite n’apportera rien. Continuer à se lamenter et à chercher les adjectifs les plus moqueurs au RPT pendant qu’il continue en toute indifférence son œuvre de démolition totale du pays ne changera rien non plus. 
Il faut sortir de cette impasse qui n'est rien d'autre que l'aboutissement logique d'une conception enfantine de la lutte de libération qui, au Togo, devrait être l'apanage d'un messie, d'un deus ex-machina. Il faut donc l'émergence d'un courant de pensée alternative qui se structure et organise les masses populaires qui sont l'unique arme dans une lutte de libération. Étant donné que le peuple est la seule et unique arme, il faut le préparer, lui donner les capacités d'un tsunami qui se prépare à se lever. Et pour cela, il faut que les masses populaires cessent de se voir comme des enfants perdus dans le désert et blottis sous un dattier attendant l'avènement d'un messie, car le peuple a tout. C'est lui qui est tout.

Parlons un peu de la diaspora, pourquoi vous êtes autant divisés à l’extérieur que les acteurs de l’opposition au pays ?
Ce n’est pas parce que l’esclave traîne ses fers plus loin qu’il cesse de l’être. Les togolais de l’extérieur gardent donc les tares que présentent les togolais de l’intérieur. Très souvent l’ignorance crasse qui génère la haine gratuite, l’hypocrisie et les querelles interpersonnelles de bas étage est la cause de cette division. Nous sommes un peuple qui isole, ostracise, méprise et écarte ses enfants les plus lucides. C’est là le legs des razzias négrières et de la colonisation qui perdure en Afrique. Les 55 ans de règne des Gnassingbé 1eret 2 ont restructuré eux aussi la mentalité des togolais. Il y a également plein d’agents du régime qui opèrent dans la « diaspora ». Ces commis sillonnent des capitales et villes en Europe et aux Amériques tuant dans l’œuf toute idée d’organisation, prêchant le faux pour savoir le vrai, manipulant les esprits en racontant des mensonges sur les togolaises et togolais animés par des idées alternatives à l’impasse actuelle de l’opposition institutionnelle. Internet et les réseaux sociaux sont le terrain de jeu favori de ces mercenaires payés à deux sous par le RPT et ses guichets. 
Par ailleurs, l’indifférence et l’amusement sont devenus des règles au sein des communautés togolaises à l’extérieur. Oubliant que ce n’est pas parce que l’esclave possède un titre de séjour dans une « société de liberté » qu’il est libre, beaucoup de togolaises et togolais de la « diaspora » se pensent européens, américains, canadiens et autres ne concevant finalement le pays natal que comme un lieu de vacances avec ses excès dont il faut plutôt rire. Bref, beaucoup de togolais de l’étranger ne sont pas sérieux. C’est fort de ce constat et de quelques autres observations que nous avions décidé de mettre sur pied la « Caravane de la révolution togolaise » en octobre 2017 avec pour thème, le rôle des togolais de l’extérieur dans le soulèvement populaire au Togo. L’idée centrale d’une telle démarche étant de structurer de manière durable et orientée vers le pays des togolaises et togolais dans tous les pays/villes/localités visités par cette caravane. Car la force décisive qui manque aux masses populaires sur le terrain réside non pas dans les ambassades, non pas à la CEDEAO, non pas à l’Elysée...mais au sein d’une « diaspora » togolaise puissamment et intelligemment organisée.

N’est-il pas temps, à voir l’état du pays, de mettre de côté vos querelles de personne ; d’égo, de chapelle pour vous mettre ensemble et agir sur les évènements au pays ?
Tant que l’éloignement géographique du pays n’est pas vécu comme un drame mais plutôt comme une réussite à avoir échappé à la misère, il sera difficile de rassembler du monde. Ici également les idées du patriotisme, de la réflexion stratégique, de la planification stratégique et du leadership s’imposent. La Caravane dont nous venons de parler participe de ce travail.

La CEDEAO s’est de nouveau fourvoyée dans la crise togolaise comme en 2005 ; quelle analyse faites-vous de la curieuse démarche de cette organisation régionale ?
Les africains du Togo feraient mieux de se remobiliser, de s'organiser et de prendre leurs responsabilités lucidement dans la discipline et le sérieux face à la tyrannie franco-Gnassingbé qui nous opprime depuis 54 ans au lieu de continuer le rêve enfantin ou paludique d'un libérateur venant de la CEDEAO. La CEDEAO n’est rien. Il n’y a qu’au Togo où l’impuissance collective et la fuite des responsabilités accordent de l’importance à un tel instrument. La CEDEAO ne s’est pas fourvoyée, elle est logique et n’a agi que conformément à sa nature de garçon de course local des pays décideurs de ce monde. Ce sont donc les togolais et surtout ceux qui les ont conduits dans les bras de cette organisation qui ne savent pas lire le monde dans sa réalité et qui, de ce fait, se sont fourvoyés. La solution, faut-il le répéter, se trouve au sein des masses populaires. Voilà pourquoi le MOLTRA insiste depuis des années, dans l’indifférence et dans la haine, sur leur organisation et leur structuration pour renforcer leurs capacités opérationnelles par le leadership qui veut les conduire à bon port. River les attentes de notre peuple sur la CEDEAO et autres carabistouilles du genre, c’est mal connaître les réalités d’un monde nivelé par l’Occident et ses différents organismes financiers, économiques, médiatiques, lobbyistes, militaires et « philanthropiques ». Les peuples dominés dans le contexte qui est le nôtre n’ont pas d’alliés. Il faut garder cela à l’esprit en toutes circonstances. 

Nous sommes à quelques mois de 2020, Faure Gnassingbé va se déclarer candidat, que doit faire aujourd’hui l’opposition ? Que doit faire le peuple togolais pour mettre fin à cette dynastie ?
Si le togolais ne réalise pas encore que ce gars est déjà candidat et vainqueur en 2020 car comptant sur notre désorganisation et notre incapacité collectives à faire face à la machine à fraude et à répression, c’est qu’il n’a tiré aucune leçon de son parcours misérable sous ce régime. Le RPT n’attend que les formalités du jour du vote sans électeurs et la proclamation des résultats préfabriqués par sa cour constitutionnelle pour confirmer Gnassingbé 2 dans son fauteuil en 2020, en 2027 et en 2034, puis passer le témoin éventuellement à l’un de ses demi petit-frères Mey Gnassingbé ou Bolouvi.
Le RPT a déjà fait des élections sans électeurs dans ce pays. Seule la force brute compte pour lui pour tenir les masses populaires désorganisées et apeurées en respect. Les derniers exemples sont les législatives du 20 décembre 2018 et les fameuses locales du 30 juin dernier. il n’y a aucune raison que le RPT change sa tactique car sa stratégie est claire: conserver le pouvoir. Point final.
Si nous ne réalisons pas l’extrême gravité de cette situation actuelle et future pour identifier ici et maintenant les idées forces et des gens lucides pour les implémenter avec intelligence, nous resterons là à nous contenter des discussions oiseuses et ridicules. Nous resterons à rire de tout et de rien, un rire gras qui traduit une insensibilité à la souffrance de plus en plus grandissante et surtout un manque d’imagination et de gravité. A l’instar des chiens sauvages, le RPT et ses animateurs et leurs soutiens internes et externes n’ont et n’auront pitié de qui que ce soit. La souffrance a de beaux jours devant lui au Togo. A moins qu’un ressaisissement collectif suivi d’une véritable lutte de libération populaire est enclenché très vite. La condition première de tout ceci c’est de cesser de haïr ou de mettre de côté les gens les plus lucides qui nous disent les choses telles qu’elles sont.

Que diriez-vous pour conclure cet entretien ?
Le mouvement populaire est manifestement en panne sèche aujourd’hui. Il n’est pas alimenté par des idées adaptées à la nature foncièrement criminelle du régime RPT soutenu par une pègre internationale et une mafia locale. Les animateurs officiels et institutionnels du mouvement refusent de chercher parmi les enfants les plus lucides du pays aussi bien en interne qu’à l’extérieur ces idées. Les conséquences de cette attitude font qu'en lieu et place des idées on a loué jusqu’ici des personnes. Surtout des personnes qui gueulent le plus et qui font le plus de bruits, sans aucun support d'analyses en profondeur ni en matériels nécessaires pour l'opérationnel. Ainsi, assommés, déboussolés par les errances et sans idées directrices depuis le coup de massue prévisible du 20 décembre 2018, des togolais se vautrent actuellement dans une querelle de chapelles entre partisans de "partis politiques" qui s'envoient des noms d'oiseaux. Les grands amours de la C14 laissent désormais un champ de bataille aux militants à qui l'illusion et l'amertume sont les gains d'un accouplement aux forceps entre partis aussi divers et dont le dénominateur commun était de parler un langage amphigourique ne pouvant que conduire au désastre. Le RPT en vient à penser qu’il serait invincible, oubliant que jusqu'à la dernière seconde de la dernière minute avant que le peuple la renverse et reprenne son pouvoir, la tyrannie se montre toujours arrogante et invincible.
Mais ce désordre et ce désespoir nous indiquent la voie: ne pas continuer à faire la même chose avec l'espoir d'avoir un résultat différent. Il n’y a pas de miracles au pays des humains. Seule l’action planifiée et menée de mains de maître dans la discipline donne aux humains les clés de la victoire contre la fatalité et la tyrannie.
Une génération de patriotes doit émerger pour prendre les commandes d’une insurrection populaire organisée. Le MOLTRA joue et jouera un rôle majeur dans cette phase nouvelle qui va être décisive pour notre peuple.

samedi 6 juillet 2019

Libérez-les!

Campagne du MOLTRA pour la libération de Foli Satsivi et Ouro Djikpa et de tous les prisonniers politiques au Togo.