jeudi 23 juin 2011

Africains: le complexe d'infériorité sans limite.


Le complexe d'infériorité africain n'a et n'aura pas de limite. En toute chose, l'Afrique a perdu la confiance en soi. Avec les dictateurs, sérieux blocages de l'Afrique, les ressources domestiques sont méprisées, bafouées et détruites. Et quand on finit de détruire les richesses domestiques, on court chercher dans les caniveaux extérieurs la racaille, les loosers et le déchet à coût de millions d'argent. Le football africain est l'un des domaines qui illustre le mieux cette pratique idiote et ruineuse confinant à un terrible complexe d'infériorité. L'Afrique qui a produit des Weah, Abedi, Yekini, West, Milla, Nkono, Abega, Guaméné, Fofana, Yeboah...se donne "curieusement" pour devoir de toujours se rabattre sur des entraîneurs étrangers à la traîne en Occident pour soi-disant entraîner les équipes nationales fantoches. Ainsi, à la veille de chaque compétition internationale, les dictateurs africains et leurs sbires de la fédération de football annoncent gaillardement l'arrivée de tel ou tel sauveur européen (parfois sud-américain) qui finit en catastrophe.

Ce prétendu entraîneur sauveur, véritable sorcier blanc passe quelques mois à la tête de l'équipe, amasse des millions à titre de salaire non imposé d'ailleurs, squattent le meilleur hôtel, collectionnent les filles puis offrent, au mieux, des matchs nuls sinon des défaites sur défaites au pays. Puis, il est limogé. Limogeage qui entraîne parfois des dommages-intérêts lourds. L'intérim est assumé par un autochtone miséreux, éternel directeur technique sous des entraîneurs étrangers médiocres, puis quelques mois après, on recommence. On recrute un nouveau sorcier blanc et le cycle recommence.

C'est dire combien avec les satrapes africains, on n'est pas au bout du ridicule et du gâchis. Un gâchis, somme toute, voulu et organisé. Car, il permet de se faire de l'argent sur le dos du peuple.

samedi 18 juin 2011

De quelle révolution parle-t-il?

Reçu dans l'émission L'INVITE de TV5 ce vendredi 17 juin 2011, Tiken Jah Fakoly continue de parler de révolution africaine. De quelle révolution parle t-il? Ce type d'individu crée la confusion dans les esprits alors qu'il oeuvre aux côtés d'un Ouattara installé par la France et l'ONU, institutions que Tiken Jah Fakoly dénonce pourtant dans ses chansons.


video

mardi 14 juin 2011

Si le ridicule tuait!!!




Interview de Andry Rajoelina sur ARTE

Thomas Dandois et Candice Baudin – ARTE, vendredi 27 mars 2009

vendredi 10 juin 2011

Obama et les chiens d'Afrique (Obama and african's dogs)




Le premier avec son chapeau indécrottable pour mieux cacher sa tête de corbeau. Le second avec ses cheveux défrisés comme un amuseur public. Le premier s'appelle Goodluck Jonathan, peut-être, aurait-il été badluck que le Nigeria irait mieux. Et le second, c'est Ali Bongo, fils de son père Ondimba Bongo, le nano "Roi de la forêt" mort (au pouvoir) en Espagne après l'avoir exercé durant 41 ans au profit de la France essentiellement et de sa famille ainsi que d'une clientèle accessoirement.

Le premier a été reçu le mercredi 08 juin 2011 à la Maison Blanche par Uncle Barry, le fameux Prix Nobel de la Paix des guerres justes et humanitaires.  Le second, quant à lui, l’a été ce vendredi 10 juin 2011. Ces deux-là ce sont des chiens de guerres des Occidentaux en Afrique. Ce sont des garçons de courses des "Grands 8", cette oligarchie occidentale constituée d'ennemis d'hier de l'Axe (Allemagne, Japon, Italie) et des Alliés (USA, France, Grande-Bretagne) avec à leurs côtés, le Canada et la Russie cooptées.

Ces deux chiens d’Afrique qui viennent chercher leur os à la Maison Blanche pour avoir contribué à la chasse, ont ceci de particulier qu'ils aiment bien le rôle de sous-lieutenant et de garçons de courses des Occidentaux en Afrique. Le Gabon et le Nigeria (l'Afrique du Sud aussi) avaient voté la résolution 1973 de l'ONU autorisant les pays occidentaux à agresser la Libye. Les deux et l'Afrique du Sud avaient également voté la résolution 1975 autorisant la France à attaquer la Côte d'Ivoire, capturer le président Gbagbo et mettre à sa place leur frère maçon Ouattara. Sur la Côte d'Ivoire, que n'avait pas fait ce Goodluck Jonathan, ce chien de guerre?

Après la chasse, il faut donc une petite récompense aux chiens qui y ont contribué. Un p'tit cadeau, n'est-ce pas Bongo et Jonathan? Un tour à la Maison Blanche? ça fait du bien de prendre une pose avec le Prix Nobel de la paix des guerres justes et humanitaires, n'est-ce pas?

Mais le Gabon et le Nigeria, c'est aussi du pétrole. Et comme les Yankees reniflent l'odeur du pétrole où qu'il se trouve, eh bien, Uncle Barry Obama fait bien de recevoir ces deux voleurs patentés non seulement d'élection mais surtout de deniers publics privant ainsi des millions d’africains de nourriture et assassins d’africains et donc bons serviteurs.
      
D'ailleurs, Jay Carney, porte-parole de la Maison Blanche a défendu la réception de Bongo par Obama en confirmant que ces laquais sont bel et bien des garçons de courses: "le Gabon a effectué des votes très importants aux Nations unies (...) sur l'Iran, la Libye, la Côte d'Ivoire, dont sur des questions liées aux droits de l'homme ...et le président Bongo a effectué de nombreuses réformes au Gabon, et le Gabon joue un rôle de plus en plus important au niveau régional et mondial". Autrement dit, on les utilise tant en Afrique qu’ailleurs dans le monde pour atteindre nos objectifs, donc, il est normal qu’on les reçoit à la Maison Blanche.

L’Afrique, avec ces individus de cet acabit, a de l’avenir. Il reste donc à Uncle Barry à recevoir Jacob Zuma dont le pays a toujours voté pour toutes ces missions de guerre occidentales contre des pays africains et Wade qui, dans son zèle infantile, fait pieds et mains pour être reconnu comme un important dirigeant avec des interventions ici et là au Yémen et en Libye alors que tout ce qu’on lui demande c’est de travailler à améliorer l’existence des africains du Sénégal, chose qu’il n’arrive pas à accomplir jusqu’ici.


Pauvre Afrique! Qu'as-tu fait pour avoir des individus pareils comme "dirigeants"?


Komla KPOGLI

mercredi 8 juin 2011

Alpha Blondy: après allez vous-en, merci l'armée française!

Il y a quelques semaines, nous écrivions sur Tiken Jah Fakoly(TIKEN JAH FAKOLY OU LE FAUX RASTA ANTIFRANCAFRICAIN.) et Alpha Blondy qui, après avoir contesté violemment la présence française et les opérations sordides de la françafrique dans les territoires africains, se sont mis à les louanger. Le premier était allé serrer les mains de Monsieur La Mort installé par la France comme président en Côte d’Ivoire, la veille de la mort de Robert Nesta Marley. Le second, quant à lui, était allé chanter pour François Mitterrand à l’anniversaire des 30 ans de son avènement au pouvoir. Aussi, s’était-il félicité de l’action de l’armée française en Côte d’Ivoire après lui avoir demandé de façon la plus claire qui soit de quitter l'Afrique.





Aujourd’hui, Alpha Blondy vient d’être reçu au palais de la présidence par Monsieur La Mort, Alassane Ouattara. Et. A sa sortie d’audience (Voir la Vidéo ci-dessous), celui qui chantait contre la présence de l’armée française s’est lancé dans une palinodie foudroyante : « c’est moi qui ai chanté Armée française, allez vous-en ! Maintenant c’est moi qui dit : armée française, merci d’avoir sauvé mes fesses. Parce que si l’armée française et les forces onusiennes n’étaient pas intervenues, on était parti pour un génocide. Je pèse mes mots. Je vais vous dire un truc, au Rwanda, qu’est-ce qu’on a reproché à l’armée française et à l’ONU ? On a dit qu’elles n’ont rien fait pour empêcher. Et ici en Côte d’Ivoire, la France et l’ONU sont intervenues pour éviter que les ivoiriens se massacrent. Je parlerai donc d’assistance à peuple en danger ». Carrément ! Quelle brillante plaidoirie! La France est allée sauver un peuple en danger de mort en Côte d’Ivoire. Bravo Alpha Blondy! Seulement, en ce qui concerne le Rwanda, ceux-là que le rasta cite pour couvrir ses contradictions et qui accuseraient la France de n’avoir rien fait, ne devraient pas avoir lu certains documents notamment les travaux de Survie, de Jean-Paul Gouteux, de Patrick de St-Expéry et le tout récent le pavé de 1500 pages commis récemment par Jacques Morel dans un black out médiatique total. Il n’est que rarement reproché à la France de n’avoir rien fait. Au contraire, la France de Mitterrand est culpabilisée d’avoir été aux côtés des bourreaux avant, pendant et après le génocide au Rwanda. C’est un peu le problème de toutes ces personnes qui veulent prendre la parole sur des sujets qu’ils n’ont pas suffisamment étudié. Elles se contentent de raconter la version officielle faits, ignorant que derrière ceux-ci, il y a des aspects bien cachés.


Les fesses d'Alpha Blondy sont peut-être sauvées! Mais, combien ont-ils péri sous les bombardements des forces françaises? Combien sont traumatisés à vie? Les populations de Duékué, d'Abidjan, de Yamoussokro...qui ont perdu des milliers de vies humaines vont-elles répondre au Rasta qui ses fesses sauvées grâce à la magnanimité de la France? 

Ces Rasta qui louent aujourd’hui la France dans ce qu’elle a accompli en Côte d’Ivoire, savent-ils au moins voir les choses dans leur réalité ? Peuvent-ils au moins voir des morts, les blessés, les exilés, les destructions matérielles et autres blessures psychologiques occasionnés par la France et ses contremaîtres en Côte d’Ivoire ? Ont-ils lu Amnesty International ou Human Right Watch, alliés de Ouattar, pourtant excédés par les massacres ? Ces ONG, qui, ont toujours parlé d’ailleurs de violations des droits de l’Homme en Afrique sans jamais mentionner la responsabilité des forces extérieures notamment de la France. Et lorsque de passage dans le territoire, Sarkozy confirme la présence des troupes françaises en Côte d'Ivoire, Alpha Blondy a-t-il quelque commentaire à faire, lui qui demandait à l'armée française de foutre le camp en Afrique? Maintenant, "une indépendance sous haute surveillance" est une bonne chose pour l'Afrique, hein Monsieur Blondy? Comme ni le passé, ni le présent de l’Afrique ne suffisent pas à faire comprendre l’aventure dans laquelle nous sommes bien embarquée, il faut faire confiance à l’histoire dans son déploiement futur. Peut-être que ces rasta ou leurs descendants verront bien ce qui s’est réellement passé.

Sous d’autres cieux, les Rasta sont restés fidèles à la philosophie d’opposition à « Babylone ». Sous nos cieux, il en est autrement. Ici, les Rasta sont des alliés de Babylone. Ils prônent la "réconciliation" avec Babylone. Ils blanchissent Babylone de ses crimes et veulent que le peuple s'y installe durablement et continue à y mourir en masse. Leurs petites "fesses" individuelles d'abord et avant tout! L’Afrique est vraiment malade, y compris de ces Rasta. Que c’est triste ! Mais, nous ne détruirons pas les textes chantés d'Alpha Blondy tout comme ceux chantés par Tiken Jah Fakoly, nous les garderons pour la postérité. Nous les transmettrons aux générations futures pour qu'elles jugent par elles-mêmes alors qu'Alpha Blondy, par exemple, comprenait il n'y a pas encore très longtemps ce qui se passe en Afrique (video ci-dessous).



 



08 juin 2011
Komla KPOGLI

mercredi 1 juin 2011

Changer de braquet après le quatrième coup d'état de Gnassingbe II.

Le 06 mai 2010, nous publiions un texte pour faire le tour d'horizon sur l'actualité politique du Togo et nous avions appelé "l'opposition" à se concerter et à changer de braquet pour aller plus loin dans le combat pour la liberté que mènent les africains du Togo. Ce texte avait été abondamment commenté. Des emails, des sms, des coups de téléphone...nous ont été directement adressés outre les commentaires et les réponses ouvertes sur des sites internet. 

Un an après, nous remettons à la une ce texte dans son intégralité. Bonne lecture!



06 mai 2010
Rodrigue KPOGLI

Le quatrième coup d’état de Faure Gnassingbe

Deux mois après le quatrième coup d'état de Gnassingbe II, la question d'une éventuelle entrée de « l'opposition » au gouvernement se pose. Plusieurs milieux commencent par se prononcer. D'un côté, il y a ceux qui manifestent une certaine empathie pour la formule. De l'autre, les « nonistes » qui la rejettent systématiquement. Une catégorie d'indécis ou de silencieux ne s'est pas encore exprimée.Tout compte fait, ce que veulent Ali Baba (Gnassingbe II) et les 40 voleurs (ses Alliés), qu'il s'agisse d'un gouvernement dit d'ouverture ou d'union nationale, c'est une mythique légitimité par la stratégie du débauchage ou de cooptation dans les partis satellites dits de l'opposition constructive.

Le débauchage comme soubassement du Gouvernement dit d’union nationale

Pour avoir été l'une des toutes premières organisations – J.U.D.A - sur le territoire togolais à expliquer comment on arrive à ce type de gouvernement et pourquoi faut-il le dénoncer1, nous pouvons en parler sans autre forme de procédure. Car, le gouvernement dit d'union nationale a ceci de particulier qu'il confère à celui qui l'offre – le voleur du vote du peuple – une certaine légitimité tirée de la participation de la victime du vol. C'est une sorte de festin auquel la victime est conviée pour entériner son « échec ». Dès que « le perdant officiellement déclaré » goûte à la sauce, il ne peut plus réclamer la bête. Il adhère ainsi à un pacte des plus immondes. Il devient, pour ainsi dire, le complice consentant de son usurpateur.

La voie utilisée par les dictateurs africains téléguidés depuis Paris, Washington, Londres et depuis peu Pékin est celle du débauchage. Celles ou ceux qui sont débauchés motivent leur entrée dans cette équipe gouvernementale par le souci d'aller « transformer les choses de l'intérieur ». Cette explication est le plus grand mensonge qui soit. Car, une fois à l'intérieur, ils sont phagocytés et prennent goût à la succulence du pouvoir tel qu'il se pratique en Afrique depuis sa déstructuration par les razzias négrières transatlantiques.

Prétendre changer le RPT « de l’intérieur » est un mensonge

L'idée d'aller dans un gouvernement ne peut pas et ne va pas s'expliquer par une prétendue volonté d'aller « changer les choses de l'intérieur », car, on ne changera pas le RPT: Il est et reste ce qu'il est. C'est-à-dire un regroupement de mafieux et de criminels endurcis n'ayant aucune conscience des aspirations profondes du peuple africain sur ce territoire. Le crime est dans son ADN, étant donné qu'il est fondé sur le sang de Sylvanus Olympio et de bien d'autres patriotes. De plus, tous ceux et celles qui ont vendu cette stupidité du changement de l'intérieur ont été eux-mêmes changés et ils en sont sortis plus qu'abîmés. Après leur expérience à l'intérieur, ils sont devenus une sorte d'espèce unique, mi-figue mi raisin grillée. La mort politique est évidemment leur destin.

Pensée, orchestrée et mise en œuvre par le voleur du suffrage,Gnassingbe II, la stratégie du gouvernement dit d'union nationale ou d'ouverture ne peut procéder que d'une politique de débauchage. L'objectif n'étant pas de trouver des personnes capables de résoudre les problèmes du pays, mais plutôt de casser la contestation, les candidats au débauchage se laissent courtiser, draguer et convertir au profit du régime. Ce sont donc des politiques ou des personnalités de la « société civile » démarchés et rencontrés dans la nuit profonde dans le souci de légitimer le vol, la forfaiture et le crime contre des postes ministériels ou des espèces sonnantes et trébuchantes face à un peuple aux yeux exorbités sous le poids de la souffrance. Logiquement, le gain politique revient à l'initiateur de ce fourre-tout françafricain fabriqué en vue de dissoudre les forces contestataires dans une équipe incolore et incapable de la moindre action. Le voleur se transforme en « homme d'ouverture » et de « partage ». Il faut donc continuer par s'opposer à cela.

Après le bilan, un changement de braquet s’impose : aller dans un gouvernement mais pas n'importe comment

Cependant, l'état des lieux des rapports de force actuel doit nous pousser à la réflexion. Après la nième désillusion du peuple africain du Togo, il est temps que ce qui est appelé opposition entre de façon organisée et méthodique dans un futur gouvernement. Non pas dans un esprit d'union nationale ou d'ouverture mais dans le sens de commencer par apporter quelques soulagements à notre peuple meurtri, plumé et méprisé. Non pas dans l'intention d'aller à la mangeoire, mais dans le dessein d'une stratégie politique fondée sur le bilan de tout ce qui a été fait jusqu'ici. Plus clairement, cette démarche d'entrer dans un gouvernement doit être une option politique mûrement réfléchie après tout ce que nous avons collectivement vécu ces 20 dernières années de traversée du désert. Ceci nécessite donc une vraie concertation, une véritable organisation au sein de « l'opposition ». Un plan de travail clair et lisible doit être mis sur la table afin que ceux qui seront envoyés dans ce gouvernement ne soient pas ceux ou celles que le RPT aura réussi à débaucher dans les rangs de « l'opposition » et n'aillent pas se soucier de leur panse et faire exactement ce qu'ils ont eux-mêmes combattu des années durant. « L’opposition » doit trouver en son sein les hommes et les femmes qui pourront aller au gouvernement, les préparer, les vacciner puis les suivre quotidiennement. Bref, des personnalités fortes, mentalement armées, aptes à travailler en faveur du peuple avec les centimes ou les millions mis à leur disposition, capables de hausser le ton, de publiquement dénoncer ce qui se passe « à l'intérieur », de claquer la porte quand il leur sera demandé de le faire par ceux qui les ont mandatés. Car, ils n'y sont ni pour plaire aux usurpateurs ni pour les servir. D'une certaine façon, c'est faute de pouvoir faire mieux et plus qu'ils y sont. Ce ne sera donc ni une traitrise ni un aveu d'échec mais une politique qui tient compte de la réalité; une réalité longtemps noyée sous le cache-sexe de la boutade sacralisée: « on n'accouche pas une stratégie en public ». C'est cette supercherie, elle-même fille d'une malhonnêteté, qui a fait tant espérer le peuple africain du Togo. Des millions de Togolais ont cru que cette « opposition » avait quelque chose. Qu'elle ferait un miracle. Que n’a-t-elle pas vendu? Des discours guerriers? Des rodomontades? Des balivernes? Tout ceci relève en réalité de l'incantation. L'impuissance apparaît au grand jour. On n'a rien, on a voulu simplement impressionner le peuple avec un discours à la Gengis Khan. Beaucoup ont cru en cela. Aujourd'hui, il faut tenir un langage de vérité à ce peuple qui mérite honneur et respect pour tous les sacrifices qu'il a consentis.

Il ne s'agit ni de s'allier au RPT ni d'aller faire la lèche à Faure Gnassingbe

Au lieu de se draper une fois encore dans un radicalisme squelettique, improductif et surtout sans aucun travail pour l'implémenter sur le terrain; au lieu de continuer par mentir à ce peuple en lui faisant croire que la terre tremblera et que le tonnerre grondera lorsque son vote sera une fois encore volé par le clan Gnassingbe; au lieu de persister dans une posture d'opposants en lutte alors qu'aucune entreprise de structuration, ni de théorisation, encore moins de fixation de cap n'est engagée, il vaut mieux aller occuper des postes qu'il y a à occuper et se mettre au travail pour commencer par soulager le peuple des peines que ne cesse de lui infliger le régime. Ces ministres, chefs d'administration, doivent jouir des pleins pouvoirs que leur confère leur statut. Ils doivent pouvoir nommer à des postes de responsabilité sous leur tutelle pour que le service public assassiné par le RPT commence par être bâti. Ceci pour éviter que ne persiste la culture des brimades, de la concussion, du vol, du détournement, du saccage, de la démolition, du pillage du peu qui reste de tous les secteurs du pays: toute chose visant, dans le sillage la guerre anti-subversive qui est livrée aux populations en Afrique notamment par la France colonialiste et ses zouaves africains, à atteindre psychologiquement le peuple africain du Togo de façon définitive. Il ne s'agit donc ni de s'allier au RPT ni d'aller faire la lèche à Faure Gnassingbe. Il n'en est guère digne! La puanteur de sa victoire le décommande fortement. Il n'est le Chef de l'Etat de personne!

« Les opposants » dirigeront probablement mieux leurs secteurs que le RPT

Il s'agit de faire en sorte entre autres qu'enfin commencent par cesser les rackets de pauvres zémidjan et taximen sur les pistes, encore abusivement appelées routes, par des coupeurs de routes en treillis appelés policiers et gendarmes véreux, affranchis de toute autorité à dessein. Qu'enfin, les petits agents d'état civil dans nos villages ne soient plus des Louis XIV en miniature qui ne signent un bout de papier appelé acte de naissance que si le pauvre paysan qui en a besoin pour inscrire son enfant à l'école coloniale, apporte sa dîme après avoir payé les frais officiels. Que les recrutements publics ne soient plus des rendez-vous entre oncles et neveux ou entre copains et copines. Que les squelettiques budgets - issus d'ailleurs de la dette - affectés aux différents ministères ou services cessent d'atterrir dans les poches de ministres ou responsables, propriétaires d'innombrables villas, voitures et maîtresses. Que certains préfets inamovibles soient enfin remplacés. Que ce qu'on appelle des villes et les quartiers cycliquement inondés retiennent enfin l'attention de ceux qui ont la charge de l'urbanisme.Que les paysans retournent aux cultures vivrières au lieu de continuer par s'atteler sous la pression du RPT et ses alliés aux cultures d'exportation. Que les quelques médicaments payés par les frais publics ne soient plus volés des centres de santé et vendus par des médecins et des infirmiers sans foi ni loi au plus offrant. Que des juges et des procureurs commencent par être au service du juste et du droit au lieu de se fendre en quatre pour l'arbitraire et la concussion. On peut présumer en tous les cas – vu la confiance et la crédibilité que beaucoup leur accordent – que les secteurs dont ces « opposants » auront la charge dans ce gouvernement seront mieux dirigés que ce que le RPT a fait et continuera de faire si on les leur laisse. Bref, qu’ils entrent dans le gouvernement - peu importe finalement le nom que le RPT veuille lui donner - pour qu'enfin, sous la houlette d'Hommes à poigne envoyés par « l'opposition », l'ombre d'un service public commence par poindre dans nombre de secteurs démantelés par le gang Gnassingbe et ses alliés. Ces futurs représentants doivent être des Hommes capables de marquer le RPT à la culotte, de lui retourner l'arme psychologique qu'il utilise contre notre peuple et aptes à refuser d'avancer dans une quelconque solidarité gouvernementale qui fait répéter aux courtisans larmoyants, la formule mécanique « sous l'impulsion du chef de l'Etat » et qui leur fait dire oui quand il fallait dire non publiquement. Voilà le défi!


Oseront-ils assumer leur réalité ou auront-ils peur d’être accusés de traîtrise ?

Les opposants oseront-ils le relever? Ou seront-ils tétanisés par la peur de voir le peuple les accuser de traitrise alors qu'ils sont dans une logique de radicalisme demeurée sans support jusqu'ici? Un radicalisme qui d'année en année n'a pu recevoir un minimum de concrétisation au point que les 05 « élections présidentielles » organisées depuis le début des années 90 ont toutes débouché sur la même tragi-comédie? Du discours à l'action, il y a une étape qui est sans cesse brûlée: celle de l'organisation et de la logistique. A quoi sert donc une position voulue ferme qui ne se donne ni la théorie, les hommes, les structures adéquates, l'agenda encore moins les moyens efficaces? A quoi sert une doctrine affichée comme jusqu'au-boutiste qui ne forme personne en vue de sa matérialisation? On se contente juste d'être dans des formules incantatoires et on veut avoir des résultats. Voilà notre malheur!
On passe l'entre-deux élections à gérer le quotidien, à courir derrière d'improbables discussions avec le régime criminel, à se tirer dans les pattes, à ne former personne, à ne rien théoriser. Soudain, arrive l'élection, on pare au plus pressé et on y va. On gagne dans les urnes, mais la victoire est confisquée. On mise sur la volonté du peuple et son auto-organisation alors qu'on n'a rien fait pour que cela soit une réalité le moment venu. Le peuple montre sa détermination certes, mais il n'a été ni formé, ni organisé, encore moins structuré. On marche sans cap, on proteste sans organisation jusqu'à l'accident final. On se disperse, on enterre nos morts, on ampute ceux qui doivent l'être, on soigne les blessés ou ils se soignent et on revient 5 ans plus tard avec la même vacuité. Voilà, la stratégie qu'on prétend ne pas vouloir accoucher en public!

Le RPT et ses alliés ont les moyens de leurs coups d’état permanents

Qu'on ne s'y méprenne pas. Dans les conditions actuelles, le pouvoir RPT a les moyens de sa politique. La confirmation de Houngbo a son poste en est la preuve. Gnassingbe II sait se moquer de son monde. Il s’accrochera au pouvoir et règnera avec ou sans « l’opposition » les 05 ans à venir sauf si un soldat ou un groupe de soldats s’élève et le fusille. Ou encore, si et seulement si le peuple - puisque les peuples, par moment, sont capables de déjouer tous les pronostics - fait un sursaut de dernière minute. Il ne va subséquemment pas suffire d'égrener de bonnes intentions ou d'allumer des bougies pour le renverser. Les bonnes intentions n'ont jamais fait une œuvre politique. Au contraire, lorsqu'elles deviennent une fin en soi et l'unique arme politique, elles viennent se fracasser sur la rugosité de la réalité. Et immenses sont les dégâts!

Réunir une partie de la population tous les samedis? Pas mal. Mais à quelle fin? Quel travail de théorisation, de formation, de structuration, de logistiques a été fait en amont? Aller à la plage pendant que les voleurs de suffrage roupillent tranquillement chez eux ou dans les bureaux de l'administration qu'ils squattent? Allumer des bougies dans des séances de prière, malgré tout violemment dispersées, alors que les criminels vaquent sans entorses à leurs occupations au mépris de ces cris de colère? Toutes ces manifestations sont nécessaires, mais de toute évidence elles sont insuffisantes pour changer le cours de l'histoire. Est-ce cela la stratégie de lutte contre une mafia quinquagénaire? Où est la suite de « nous irons chercher le pouvoir »? Où est le gouvernement que l'Elu avait annoncé? Pourquoi le président élu Jean-Pierre Fabre – qui a manifestement bien fait de s'autoproclamer – ne nous a t-il pas convié à son investiture; ce qui devrait – si on s'y est véritablement préparé – nous conduire à déloger chacun des usurpateurs de leur bureau pour y installer l'Elu et son gouvernement. Si après sa légitime auto-proclamation rien n'a suivi, c'est que le pétard était mouillé. C'est que rien n'était organisé. C'est que personne n'était formé dans ce sens. Il n'y avait pas de plans. L'improvisation ne pouvant pas conduire à la révolution, les résultats, aujourd'hui sont à la mesure du travail en amont. C'est cette façon de faire de la politique face à la tyrannie des Gnassingbe qui doit être rejetée aujourd'hui. Tout simplement parce que derrière les annonces, aucun travail n'est fait. Aucune théorisation n'est mise en place. Tout simplement parce que pour cette génération nommée « leaders » politiques, l'incantation fait office de ce qu'elle appelle la stratégie. La stratégie du vide, au fond! Voilà notre réalité!

Les leaders doivent avoir le courage et l’honnêteté d’expliquer leur situation

Et quand on est face à cette dure réalité après 20 ans d'annonces et de gros mots dans l'immobilisme, il faut réfléchir et agir autrement. C'est cela l'honnêteté. Quand on n'a pas les moyens de sa politique, on adopte la politique de ses moyens. Quand on ne peut pas vaincre un ennemi immédiatement, parce qu'on a les mains vides, ce n'est pour autant qu'il faille lui laisser tout l'espace. C'est le devoir des « leaders » que d'expliquer à la masse qu'ils ont bluffé, qu'ils n'ont rien de prévu, qu'ils naviguent à vue et qu'en conséquence, ils iront désormais dans le sens indiqué par le vide qui est le leur. Ils ne doivent plus illusionner ce peuple dans son désir d'un changement total immédiat. Car, ce désir est au-dessus de leur leadership. Il l'est d'autant plus manifestement qu'en 20 ans, le manque de théorisation, de formation, de structuration et de moyens appropriés a fait qu'on n'a avancé en rien. Il l’est d’autant que si Eyadema Gnassingbe était vivant, il serait encore au pouvoir. Tout reste donc à refaire. C'est en prenant en compte cet état de fait qu'il faut changer de braquet aujourd'hui.

Le temps de la redéfinition de la lutte

La lutte du peuple étant éternelle, l’entrée au gouvernement ne doit guère signifier la fin du combat. Bien au contraire, ceci doit s'inscrire dans une approche interchangeable du mouvement irréversible vers la démocratie. Dans le même temps, la lutte doit être redéfinie et redirigée pour qu'elle soit porteuse. Afin qu’elle soit porteuse il faut qu'elle soit radicale. Pour qu'elle soit radicale, elle doit être portée par des personnes formées, conscientes qu'il n'y a pas de « communauté internationale » pour les Africains et que ceux-ci n'ont pas d'alliés dans le monde, capables de théoriser, de rassembler la logistique appropriée, de former à leur tour et de structurer la masse en vue des actions appropriées. L'émergence de ces patriotes des temps nouveaux est d'autant plus nécessaire que l'action de ceux qui iraient au gouvernement dans le compte de « l'opposition » sera limitée voire quasi-nulle sachant que les hommes du régime vont toujours les contrer. Cette émergence est donc nécessaire pour amplifier l'œuvre en pointillé qui sera entamée par les opposants au gouvernement et lui donner la dimension appropriée afin de lancer la refondation de la société.

La marche vers la libération devra être redéfinie autour de la triple temporalité: court, moyen et long termes. Ce qu'il faut faire à chacun de ces niveaux doit être théorisé, planifié et connu des acteurs. Les moyens à mettre en œuvre pour les objectifs doivent être recherchés. Un cap doit être fixé avec un tableau de bord qui nous y conduit. Ce n'est que lorsque toute cette logistique sera possédée et maîtrisée que les hostilités réelles peuvent être engagées avec le système. Ceci suppose que les compatriotes qui jouent aux commentateurs radicaux dans l'anonymat sur la toile doivent sortir des bois pour s'engager à visage découvert. Du moins, qu'ils donnent une autre forme à leur engagement. Qu'ils aillent au-delà! Car, on ne peut organiser la masse que si on la connait et si on peut la quantifier. On ne peut structurer la marche vers la libération du peuple africain du Togo que si les acteurs se connaissent, se rencontrent autant que possible, discutent entre eux, contribuent réellement -par opposition à fictivement- et si on les affecte à des postes de travail. Car, si tant est qu'objectivement le RPT et ses alliés nous obstruent la voie, il n'en demeure pas moins vrai que le déficit de militantisme réel d'une bonne partie de notre peuple est un problème à résoudre. Tous ceux qui auront compris l'immensité de la tâche, doivent désormais adhérer aux organisations qui leur semblent crédibles et y militer honnêtement pour renforcer leurs capacités au lieu de faire, selon leur expression fétiche: «  la lutte jusqu'à la victoire finale » par procuration pseudonymique sur internet. Plus que tout, on ne travaillera pas avec des « combattants » insaisissables pour chasser le RPT et ses alliés.

Pour que demain ne ressemble plus à aujourd’hui

Il ne suffira plus de vouer M.Gilchrist Olympio aux gémonies. Il ne suffira pas non plus de porter Fabre au firmament. Ou vice versa. Ni l'un ni l'autre n'a la logistique du changement radical souhaitable. Chacun a montré ses limites, en tous les cas pour le moment. Chacun d'eux a fait ce qu'il a pu. Collectivement, nous n'avons pas fait mieux. Tellement le vide est immense qu’il faut le répéter : si Eyadema Gnassingbe n’était pas mort «  de sa propre mort », il serait encore au pouvoir. Voilà la vérité! Elle fait mal, mais elle est ce qu'elle est. Mais, comme les coups d'état et les crimes ne s’acceptent pas et puisque la lutte est en réalité une lutte d’indépendance, elle doit être repensée, réorganisée et conduite.
En définitive, pour que demain ne ressemble pas à aujourd'hui, le peuple Noir, qu'il soit sur le territoire du Togo ou ailleurs, ne peut s'extraire des griffes qui le tiennent que s'il se forme, théorise sur le système et son fonctionnement, rassemble ses moyens propres, s'organise sans faille, se dote de son propre agenda indépendamment du calendrier de ses bourreaux, combatte avec les outils appropriés et élabore son plan de reconstruction.

Appel à l'insurrection générale.




Conférence-débat à Lyon. Thème : Election en Françafrique : cas du Togo
Lieu : Maison du Peuple (147 Avenue Général Frère 69008 Lyon). Date et Heure : jeudi 25 mars 2010 à 20heures. Avec Survie Rhône Alpes et Rodrigue KPOGLI, secrétaire général de la J.U.D.A (Jeunesse Unie Pour la Démocratie en Afrique http://lajuda.blogspot.com).