mercredi 30 novembre 2011

Alassane Ouattara ou la soumission sans équivoque de la Côte d'Ivoire.



Les guerres sont faites souvent pour des objectifs purement économiques. En détruisant les infrastructures du pays agressé, en réduisant à néant sa machine militaire, en mettant à sac un pays on prépare un nouveau débouché. Des guerres conduisent à la naissance de nouveaux clients qui, une fois installés au pouvoir, vont devoir s’équiper en armes et en matériel de guerres pour prétendre redonner à l’Etat détruit, un de ses attributs de souveraineté : une armée. Aussi, ce pays devenu ruiné à coup de bombardements est obligé d’emprunter le chemin de la « reconstruction ». Cette « reconstruction », relevant plus de a propagande que de la réalité, passe nécessairement par les entreprises des pays agresseurs qui en font une occasion de déployer la corruption dans toutes ses formes. La « reconstruction », on sait ce qu’elle a produit dans les pays tels que l’Irak et l’Afghanistan récemment victimes de l’agression occidentale. La Côte d’Ivoire du criminel récidiviste Alassane Ouattara offre le meilleur exemple de cet état de chose en ce moment en Afrique subsaharienne.

Après avoir installé cet homme-lige au pouvoir suite à des bombardements, des massacres et de la destruction du matériel militaire ivoirien, la France peut passer aux affaires. Le prix de l’installation passe donc par l’achat des produits du faiseur de roi. C’est ainsi !

Il n’y a pas longtemps nous écrivions ceci à propos de l’agression contre la Libye par des pays occidentaux regroupés au sein de l’OTAN : « Les « soldats de la paix » de l'Occident accompagnés de quelques ravitailleurs arabo-musulmans de pacotilles et de décor sont sur le pied de guerre. Ils iront en Libye détruire l'aviation et le matériel militaire, mais le gouvernement fantoche et obséquieux à venir devra acquérir de nouveaux matériels de guerre. Les « soldats de la paix » iront détruire les infrastructures dont s'est dotée la Libye au prix d'énormes sacrifices, mais les préfets locaux à venir devront en reconstruire. Et qui sont ceux qui vont avoir les contrats pour la prétendue reconstruction ? Les multinationales des pays envahisseurs. Comme en Irak et comme partout ailleurs. Ainsi, le profit sera double voire triple : détruire ce qu'on avait vendu, faire payer le reste de la facture si tout n'avait pas été réglé par l'ancien régime et reconstruire ce qu'on avait détruit. C'est aussi cela les affaires ![1] ». Cette logique commerciale s’applique à la satrapie de Côte d’Ivoire.

Le Patriote du 23 novembre 2011 nous informe que le pouvoir de Ouattara s’octroie de l’équipement militaire[2]. En effet, le journal du parti placé au pouvoir nous apprend que « l’Etat de Côte d’Ivoire par le biais du ministre délégué à la Défense, Paul Koffi Koffi, a décidé de doter l’armée de moyens conséquents. Il s’agit, selon lui, de la suite logique de la volonté des autorités ivoiriennes de doter le pays d’une véritable armée.

Comme équipements, la Côte d’Ivoire de Ouattara s’achète 87 véhicules dont 55 de type double-cabine, 24 de type 4X4, 2 véhicules de transport de troupes, 4 berlines, 1 ambulance, 1 véhicule de type simple cabine, 1000 tenues parachutistes, 1000 paires de Rangers, 200 lits de camp, 91 tentes dont 65 collectives, 13 postes de commandement et 13 d’infirmerie.

Toutefois aucune information n’est donnée concernant le vendeur. On ne dispose non plus d’aucun chiffre sur le coût de ces fameux équipements.

A l’analyse, l’ombre de la France plane sur cette livraison. Car, c’est elle qui a installé Ouattara au pouvoir en Côte d’Ivoire. Depuis cette installation, on a vu la Côte d’Ivoire redevenir le ventre mou de la France qu’elle était au temps de Houphouët Boigny. Des hommes politiques français font la navette entre Paris et Abidjan pour consolider l’autorité de ce nouveau « chef indigène ». Ainsi, Sarkozy, Longuet, Guéant, Raffarin…ont depuis fait le déplacement sur Abidjan. En juin dernier, Gérard Longuet s’était rendu en Côte d’Ivoire pour discuter de la présence des troupes françaises dans le pays et de la « réorganisation » de l’armée de Côte d’Ivoire. Ce voyage de Longuet, sans doute, était aussi une occasion de conclure des contrats de vente de matériels militaires. On imagine mal d’ailleurs comment la France puisse installer un « chef indigène » et laisser un autre commerçant lui vendre ses produits.

Cette stratégie de s’offrir de nouveaux marchés par la guerre, on l’a vue en Libye quelques semaines seulement après la chute de Tripoli. Un cargo d’hommes dits d’affaires français accompagnés du secrétaire d’Etat au commerce extérieur avait débarqué dans le pays pour soi-disant « aider à la reconstruction » et surtout prendre sa part du gâteau acquis par « la France et les Anglais » selon les termes mêmes de Patrick Lellouche, secrétaire d'Etat au commerce extérieur. Autrement dit lorsqu’on fait la guerre à un pays, ceux qui ont fait l’effort de guerre sont les seuls fondés à partager le butin. Raisonnement plus que logique. Les européens occupant l’Amérique n’ont-ils pas procédé de la même façon en Irak ? La France qui n’avait pas participé à l’invasion a été privée de « contrats pour la reconstruction ».

(vidéo : LIBYE : Les loups débarquent.)


Aussi, rapporte Le Patriote, ces propos très éclairants de Paul Koffi Koffi selon qui « l’état des lieux fait à la suite de la crise postélectorale a révélé que les défis auxquels l’institution défense est confrontée, sont aussi nombreux qu’urgents tant au niveau des hommes, des infrastructures que de leurs équipement ». En clair, Koffi Koffi dit qu’après les bombardements français, la Côte d’Ivoire se trouve en ruine sur le plan militaire. Constat qu’on doit d’ailleurs élargir à tant d’autres secteurs. Cet aveu confirme l’idée que la guerre menée contre le territoire de Côte d’Ivoire a détruit mais cette destruction offre un marché nouveau. Il s’agit d’une sorte de commerce par le terrorisme.

Gérard Longuet devant l’Association des journalistes de défense (AJD), le mercredi 16 novembre 2011 évoque l’actuel processus de resserrement du dispositif militaire en Afrique et regrette que la Côte d’Ivoire n’ait pas remplacé le Gabon comme point d’implantation en ces termes : « On aurait choisi Port-Bouët, en Côte d’Ivoire si Ouattara avait été en place plus tôt ». Cette déclaration de Gérard Longuet donne un aperçu sur les missions pour lesquelles Alassane Ouattara est placé au pouvoir et combien cet homme serait capable de se fendre en quatre pour servir les intérêts de la France. Alassane est si soumis que la France ne doute un seul instant que s’il était placé un peu plus tôt, la Côte d’Ivoire aurait accueilli une base militaire française permanente sur son sol. C’est dire combien on est loin de Laurent Gbagbo.

Il faut préciser que le même Longuet affirme que « les unités ont une formidable capacité à être projetées, et on peut travailler depuis la métropole. » Travailler depuis la métropole ! Cela démontre combien la colonisation de l’Afrique est plus qu’une réalité.

Revenons à la soumission sans équivoque ni retenue d’Alassane Ouattara à la France. Non seulement, on voit cette soumission à travers les relations militaires, mais on la verra également sur le terrain monétaire avec une possible dévaluation du franc CFA autour de laquelle la France travaille depuis un certain temps avec les ministres des finances et des gouverneurs des banques centrales ainsi que les présidents des institutions régionales de la zone franc. Le 19 septembre dernier, ces « élites indigènes » avaient été convoquées à Paris pour « discuter de la situation économique de la zone ». Un mois plus tard, devant la presse lors des « Matinales du gouvernement » du 24 novembre 2011[3], Mabri Toikeuse, ministre du plan et du développement du gouvernement Ouattara, déclarait que la dévaluation du franc CFA ne serait « pas une catastrophe ». Au contraire, il s’était réjoui « des retombées de la dernière dévaluation (1994) qui, selon lui, « a fait tomber une pluie de milliards dans ce pays. »

Cette soumission à toute épreuve aux intérêts français porte à penser que la presse de l’opposition a raison de dire que Ouattara qui, ces derniers temps, a fait le tour des capitales des autres territoires de la zone franc CFA, était chargé de porter l’information de la future dévaluation à ses pairs. Même si les journalistes auteurs de ces écrits se retrouvent arrêtés et maintenus en détention, personne ne prend Ouattara pour un homme pour qui les préoccupations intérieures l’emporteraient sur les intérêts de ses maîtres occidentaux qu’il a toujours servi depuis son passage aussi bien à la BCEAO qu’au FMI en passant par toutes les institutions intermédiaires qu’il a dirigé.

Comme Lumumba, Olympio, Sankara…furent éliminés puis remplacés par une bande de fripouilles munies d’une feuille de route précise élaborée par les occidentaux, le président Gbagbo a été éliminé pour une fripouille dénommée Alassane Ouattara qui, le livrant à la fameuse Cour pénale internationale ce soir, montre qu'il est prêt à tout pour sauvegarder la place des maîtres. Pendant que les pires criminels au monde que sont Bush et ses amis, Blair et ses amis, Sarkozy et ses amis, Cameron, Obama...dorment tranquillement chez eux en toute impunité, ce qui leur fait commettre à nouveau d'autres crimes, voilà que des nègres partisans d'une justice internationale qui n'existe pas dans la pratique, livrent un digne fils africain à la vindicte occidentale et notamment sarkozyste nichée sous le manteau troué de la CPI. Le désir étant d'humilier Laurent Gbagbo et montrer aux africains ce qui arrivera lorsque certains parmi eux oseraient des libertés avec l’attelage occidental et particulièrement français.

Le peuple africain en lutte sait donc à quoi s’en tenir face à un groupe de serviteurs aliénés piloté par Alassane Ouattara dont la mission est manifestement de replonger le territoire de Côte d’Ivoire dans le bain françafricain et dans le capitalisme terroriste qui drainent les richesses des pays tombés dans leurs escarcelles vers les pays dits développés.

29 novembre 2011

Komla KPOGLI


[3] Inspirées du Service d’Information du gouvernement (SIG) de France,« Les Matinales du Gouvernement » sont un espace créé par le Centre d’Information et de Communication Gouvernementale (CICG) pour faire la propagande des « actions » du pouvoir d’Alassane Ouattara.

jeudi 24 novembre 2011

Maghreb : Egypte ou la reprise de la longue marche pour la fin d'un système.


 Pour éviter que les peuples qui bouillonnaient sous le couvercle des dictatures sanguinaires considérées par les occidentaux - de mauvaise foi et cyniquement - comme remparts contre un islamisme « radical » alibi, finissent par accomplir des soulèvements qui seraient hors de contrôle, il fallait prendre la situation en main. Canaliser les révoltes voire les organiser pour qu’elles servent au mieux les intérêts jusque là défendus par les satrapes de la région.

En Tunisie, après quelque hésitation ou un soutien ouvertement apporté à Ben Ali et son système, « les maîtres du monde » se sont vite aperçu qu’ils peuvent parvenir à la même fin en allant finalement dans le sens des mouvements populaires qui, après une longue couvaison, mieux un long étouffement, éclatèrent. Si révolutions, il doit y en avoir, qu’elles se fassent contre « nos amis le dictateurs », qu’elles les emportent mais qu’elles se fassent « avec nous et garantissent nos intérêts multiformes», semble-t-on percevoir dans l'attitude des occidentaux qui jusque là baisaient les pieds aux satrapes de la région. Pour arriver à cela, il fallait former une poignée de jeunes aux techniques de la révolution comme on en a connu dans les Balkans avec des révolutions « fleuries » ou dites de velours avec comme agenda caché de retirer des griffes russes ces pays pour les placer, slogans de liberté et de démocratie à l’appui, dans l’orbite des occidentaux.

Aussi bien en Egypte qu’en Tunisie, pour court-circuiter les peuples dans leur élan, « les maîtres du monde » ont tactiquement et habilement tourné le dos à leurs poulains qu’ils pressèrent de lâcher le pouvoir. Ces « exigences » en apparence en conformité avec le vœu des masses révoltées résultent en réalité d’un calcul rigoureux. Demander et obtenir, avec la rue, le départ des tyrans pour pouvoir mieux maîtriser la suite des évènements. Obtenir, en somme, l'effacement des personnes « indésirables » pour conserver le système et les régimes. C’est ainsi qu’après le départ du pouvoir de Ben Ali et Hosni Moubarak, deux joyaux présentés par leurs parrains comme « les meilleurs élèves de la région », le système n’a pas bougé fondamentalement. C’est peu dire si on est dans « le roi est tombé, vive le roi » aux lendemains de ces révolutions inabouties et maîtrisées nommées "printemps arabes". Pour que le système demeure, on a donc exigé le départ de Moubarak. On a pensé court-circuiter ainsi la longue marche du peuple et lui couper l'herbe sous les pieds. Printemps inabouti, donc! Mais visiblement, les peuples ont compris le jeu notamment en Egypte où ils n'ont jamais cessé de manifester depuis le départ de Moubarak en vue de l'atteinte des objectifs nationaux dont la fin du système et pas uniquement le départ d'un homme et de son clan.
 


Komla KPOGLI

mardi 15 novembre 2011

Alain Juppé, l'homme fort de Sarkozy pour 2012? Un repris de justice réintégré et célébré en France.

Ce matin du 15 novembre 2011, Le journal Le Figaro publie un article sur Alain Juppé, l'actuel ministre des affaires étrangères de France. Le journal présente Juppé comme "l'homme fort de Sarkozy pour 2012". 
Il y a quelques jours, dans une interview accordée au journal en ligne www.lynxtogo.info, le secrétaire général de la J.U.D.A Komla KPOGLI,  a présenté sommairement Alain Juppé. Figure de la France sur la scène internationale et donneur de leçons en matière démocratique, l'homme, pourtant, traîne des casseroles et a justement été condamné pour corruption. Quand, dans un vieux pays de 60 millions d'habitants, on se résout à porter au firmament du pouvoir une telle tête en la présentant comme "l'homme fort", c'est que manifestement tout va mal. La France, ce pays qui ne cesse de mépriser les africains, de leur imposer des homme-liges en guise de dirigeants, de piller le sol africain ne va donc pas bien. Et, c'est peu de le dire! Après le fameux french doctor, Bernard Kouchner, ministre des affaires étrangères, l'homme politique le plus populaire en France durant de nombreuses années qui fut rattrapé par son vrai portrait écrit par Pierre Péan, voici un autre homme politique français qui, malgré la morale plus que douteuse, est adulé.

Qui est donc cet homme fort dont parle aujourd'hui Le Figaro? Voici donc en quelques lignes la description d'Alain Juppé.
Nicolas Sarkozy et Alain Juppé à leur arrivée au sommet du G20, le 3 novembre, à Cannes. Crédits photo : LIONEL BONAVENTURE/AFP

Lynx.info : ….. mais le ministre des affaires étrangères français, Alain Juppé  pense que la Côte d’Ivoire n’a jamais autant été sur la voie démocratique. Votre avis ?
Komla KPOGLI: N’oublions jamais qui est Alain Juppé. C’est un délinquant, un corrompu condamné par le Tribunal de grande instance de Nanterre en 2004 à 18 mois d’emprisonnement avec sursis et 10 ans d’inéligibilité (réduits à 14 mois et 1 an en appel). Juppé est un repris de justice, fait ministre des affaires étrangères dans un pays dont la classe politique est l’une des plus prostituées au monde. Malgré tout élu maire de Bordeaux, Nicolas Sarkozy au faîte de l’impopularité a dû solliciter ce repris de justice pour donner une envergure à son gouvernement composé que de courtisans larmoyants et lécheurs. On imagine le niveau de la déliquescence morale si on en est arrivé en France à rappeler aux charges étatiques quelqu’un qui a été condamné pour des « arrangements illégaux et prise d’intérêts illégale…de nature insupportable au corps social comme contraire à la volonté générale exprimée par la loi » et pour avoir « trompé la confiance du peuple souverain ».  Quand un type du genre concourt à placer à la tête d’un territoire africain, un homme et vient vous parler de « voie démocratique », il vous faut savoir à quoi il fait allusion.


Décidément les temps sont à la glorification des repris de justice. Voici un autre homme corrompu et condamné par la justice élevé au rang de "grand républicain" par Henri Guaino, conseillé de Sarkozy et auteur du discours de Dakar sur le fait que l'homme africain ne soit pas assez intégré dans l'histoire.

lundi 14 novembre 2011

TOGO: "C'est quelque chose de très fort pour un pays africain que de s'ouvrir aux autres partis politiques"

"C'est une grande avancée. Les autres pays africains doivent prendre l'exemple sur le Togo." Quelle belle et bonne blague! 
Le Togo, un exemple? Oui, pour les cadres de l'Union Européenne, lorsque un dictateur meurt après 40 ans au pouvoir et se laisse succéder par son fils qui lui-même fait des milliers de morts à la suite de fraudes électorales répétées, c'est formidable et c'est exemplaire. C'est un modèle à suivre. Un fameux président qui soi-disant dialogue avec "son opposition". La fraude électorale, le vol et la violence sont les marques de fabrique du régime togolais. L'Europe, amoureuse de la démocratie et des droits de l'homme au point d'en faire des arguments de guerres humanitaires contre les régimes insoumis, peut dire ce qu'elle veut. La réalité est ce qu'elle est et le peuple du Togo sait ce qui se passe.


video

mardi 8 novembre 2011

Conférence-débat à Düsseldorf (Allemagne)

Les associations ATHENIK Verein, HOTE, en collaboration avec La J.U.D.A ont le plaisir de vous inviter à une conference-Debat le 26 Novembre 2011 à Düsseldorf, qui aura pour thème:

                         COTE d´IVOIRE, LYBIE.... interventions militaires étrangères en
                AFRIQUE:
 Recolonisation de l´Afrique ou Chance pour un nouveau départ?
Conférencier: Komla Kpogli Secretaire géneral de la J.U.D.A

En Introduction sera diffusée le film: 
 Des ombres sur le Congo - Schatten über den Kongo , Schreckensgeister der Kolonialherrschaft

Lieu: Düsseldorf ( Allemagne)
 Local: Africando; Albertstrasse 100, Code Postal: 40233 (Flingern)
Heure: 19h30  (Diffusion du film à 18h)
Entrée gratuite (Contribution volontaire)

jeudi 3 novembre 2011

Komla Kpogli: "Le président Laurent Gbagbo n’a jamais autant fait peur à Ouattara que kidnappé."


Komla KPOGLI, Secrétaire Général de la Jeunesse Unie pour la démocratie en Afrique (J.U.D.A) et le Journal en ligne Lynx.info

Jeudi, 03 novembre 2011

Lynx.info : Finalement tout ce que l’UA annonçait avec le partage du pouvoir n’aura pas lieu en Côte d’Ivoire avec Alassane Ouattara au pouvoir. Beaucoup disent qu’il n’a pas le respect de la parole donnée. C’est ça aussi votre avis ?
 Komla R. KPOGLI : Si le partage du pouvoir était une des solutions, on peut se demander pourquoi il a fallu cette guerre d’agression et de reconquête livrée par la France et ses alliés à la Côte d’Ivoire.
Il faut répéter sans lassitude que l’Union africaine (UA) telle qu’elle existe aujourd’hui, est le symbole palpable d’une Afrique sabotée. C’est le triomphe des idées du groupe de Monrovia auquel s’était joint le groupe de Brazzaville. Ce dernier étant par origine et par destination un outil de la France, lorsqu’il a rejoint le groupe de Monrovia, a fait naître une organisation continentale tronquée, inefficace, absolument parasitaire et paralysante. Les idées du groupe de Casablanca, plus en conformité avec l’esprit des pères fondateurs du panafricanisme sont ainsi mises en minorité et tuées. La nécessité d’une Union Africaine pensée par Nkrumah, Sekou Touré, Nasser, Modibo Keita, Olympio et bien d’autres était donc assassinée. L’organisation qui naîtra ne sera rien d’autre qu’une usine à gaz. Elle ne sera pas faite pour les intérêts intérieurs. Elle sera totalement extravertie. Il n’y a qu’à voir son organisation et son fonctionnement qui se calquent sur le modèle de l’Union Européenne. Cette Union Africaine là est financée à hauteur de 92% de son budget de fonctionnement par ce que ses animateurs appellent naïvement ou cyniquement « des partenaires étrangers ».  Cette dépendance systémique paralysante va s’aggraver, d’ailleurs, avec l’assassinat de Mouammar Kadhafi qui essayait de limiter les dégâts, en vain. Tout ceci dit pour vous montrer à quel point l’Union africaine n’est pas là pour s’occuper des problèmes des africains. C’est une institution mise en place pour niveler l’Afrique, l’intégrer au mieux dans l’économie mondiale en la confirmant dans le rôle à la fois de source d’approvisionnement en matières premières et de débouchés et en faire éternellement ou du moins sur une longue période, un continent dominé, exploité et pillé.
Tout ce qu’une organisation de cette nature annonce doit être absolument ramené à sa juste dimension. Il ne faut pas chercher à fonctionner avec les idées, les affirmations et les gesticulations éhontées d’une créature dont la fonction essentielle consiste à brouiller les africains et à semer la confusion dans leurs esprits en faisant croire que l’UA actuelle est la réalisation de la volonté des africains de se réunir pour agir de concert contre les maux qui leur sont infligés. A ce titre, au lieu d’attendre de l’Union Africaine actuelle sur des sujets qui intéressent le sort des africains, toutes les réflexions doivent plutôt porter sur comment la déconstruire et la refaire à la fois sur les idées des pionniers authentiques et notre vision du monde tirée essentiellement de notre histoire.
Pour ce qui est du non-respect de la parole donnée par Alassane Ouattara, il faut affirmer que c’est une fausse question. Cette question ne se pose pas tout simplement parce que cet homme est une caricature produite par l’école coloniale africaine qui n’a que pour ambition de former des collaborateurs de l’exploitation et de l’humiliation du peuple noir. Il n’y a donc rien à attendre de quelqu’un qui est fait roi grâce aux bombardements et au meurtre de masse avec l’appui d’une bande de criminels de guerre et de voyous devant qui la France et l’ONU ont mis à genou le commandement de  l’armée nationale de Côte d’Ivoire. Les africains doivent désormais savoir qu’ils ne doivent rien attendre des satrapes qu’on leur impose. S’ils doivent se rendre un service, c’est moins d’espérer quelque avancée que ce soit sous le règne de ces satrapes que de travailler sans relâche pour les renverser et ériger à leur place de vrais dirigeants qui les protègent et leur rendent des comptes.
Lynx.info : Pourtant  la communauté internationale et surtout la France  le présentaient comme un démocrate…
C’est de bonne guerre. Les Etats Unis d’Amérique et ses lieutenants, l’Angleterre, la France, le Canada, l’Allemagne…alias « la Communauté internationale » ont toujours su qui est démocrate et qui ne l’est pas. C’est une question de définition. Ces gens-là n’élèvent au rang de « démocrates » que celles et ceux qui se plient à leurs injonctions, trahissent les intérêts du peuple dont ils sont issus et immobilisent ou détruisent toute énergie désirant œuvrer pour l’émancipation nationale.
Qui mieux que Ouattara a joué ce rôle destructeur non seulement en Côte d’Ivoire, mais dans toute l’Afrique ? Depuis la BCEAO en passant par la direction Afrique du FMI, Ouattara a tué et fait tuer un nombre incalculable d’africains. Pilotant les plans de rigueur nommés « plans d’ajustements structurels » Ouattara a aidé l’occident, ses banques et ses multinationales à spolier l’Afrique, à mettre à genou les fragiles économies et à enfoncer de façon irrémédiable les africains dans la camisole de la misère la plus honteuse. Il est donc évident qu’un homme de cet acabit soit affublé du titre de « démocrate ». Un chien qui obéit fidèlement à son maître reçoit toujours de lui les meilleurs surnoms. Avec Ouattara, on est dans ce registre là.
Lynx.info : Alassane Ouattara a-t-il conscience de l’abîme dans laquelle il tire le pays en empêchant subtilement le FPI à aller aux élections législatives ?
Il faut bien comprendre le rôle que quelqu’un comme Ouattara est appelé à jouer. Sa mission c’est justement de plonger le territoire qu’on lui confie dans les profondeurs abyssales de la décadence. En le mettant au pouvoir à la suite d’une guerre de reconquête, la France assigne à Ouattara la fonction de celui qui doit remettre les choses en ordre. C’est-à-dire remettre le territoire de Côte d’Ivoire dans la galaxie de la françafrique et de la mafia desquelles l’ancien régime tentait, non sans peines et parfois sans contradictions, de le sortir.
Historiquement des Oncle Tom comme Ouattara ont toujours eu pour mission aussi d’empêcher le retour au pouvoir ou l’arrivée au pouvoir des partis ou des hommes qui portent des idées jugées communistes et par conséquent déclarées dangereuses pour les intérêts des belles démocraties occidentales vivant et survivant avec du sang et des ressources volées de ce qu’elles nomment le tiers-monde. Ce type d’hommes fait florès en Afrique. Quelques exemples : Mobutu contre le dangereux communiste Lumumba et tous ceux qui se réclament des idées d’indépendance, Eyadema Gnassingbe et son fils contre Sylvanus Olympio et ses héritiers politiques, Bongo père et fils contre le peuple africain au Gabon, Blaise Compaoré contre Thomas Sankara et ses héritiers politiques, Amadou Ahidjo puis Paul Biya contre l’UPC au Cameroun…et plus fraîchement, Moustafa Abdel Jalil et son fameux CNT contre Kadhafi et les acteurs de la Jamahiriya.
Ces individus historiquement insignifiants sont érigés en administrateurs coloniaux avec le  titre de président afin qu’ils émasculent leur peuple et mettent fin à tout processus de développement endogène et autonome. Ils sont là pour maintenir l’extraversion multiforme de l’Afrique.
Lynx.info : ….. mais le ministre des affaires étrangères français, Alain Juppé  pense que la Côte d’Ivoire n’a jamais autant été sur la voie démocratique. Votre avis ?
N’oublions jamais qui est Alain Juppé. C’est un délinquant, un corrompu condamné par le Tribunal de grande instance de Nanterre en 2004 à 18 mois d’emprisonnement avec sursis et 10 ans d’inéligibilité (réduits à 14 mois et 1 an en appel). Juppé est un repris de justice, fait ministre des affaires étrangères dans un pays dont la classe politique est l’une des plus prostituées au monde. Malgré tout élu maire de Bordeaux, Nicolas Sarkozy au faîte de l’impopularité a dû solliciter ce repris de justice pour donner une envergure à son gouvernement composé que de courtisans larmoyants et lécheurs. On imagine le niveau de la déliquescence morale si on en est arrivé en France à rappeler aux charges étatiques quelqu’un qui a été condamné pour des « arrangements illégaux et prise d’intérêts illégale…de nature insupportable au corps social comme contraire à la volonté générale exprimée par la loi » et pour avoir « trompé la confiance du peuple souverain ».  Quand un type du genre concourt à placer à la tête d’un territoire africain, un homme et vient vous parler de « voie démocratique », il vous faut savoir à quoi il fait allusion.
Lynx.info : On parle aussi des loges maçonniques qui ont installé des réseaux au sommet de l’Etat de  Côte d’Ivoire. Quelle est leur capacité de nuisance dans les pays africains ?
Les loges maçonniques rassemblent le gotha de la mafia africaine. Leur première clientèle est ce qu’on appelle « les chefs d’Etats africains ». Puis, il y a les « ministres », les « hommes d’affaires »…etc. La stratégie de ces loges est de posséder ce qui est, par renversement de valeurs, appelé « les élites  africaines », c’est-à-dire les représentants locaux du système colonial. Ce faisant, elles exercent leur influence efficacement et créent des conditions d’investissements favorables, c’est-à-dire les conditions du pillage à leurs membres métropolitains.
Se créent des liens mystiques qui sont en réalité des relations mafieuses aux fins purement économiques.On remet aux tyrans africains quelques gadgets constitués de colliers et d’épée, on leur entoure la taille avec quelque sacoche et on leur apprend quelques paroles et gestes mystificateurs. Ils sont admis dans quelques cercles où ils jouent des rôles de serviteurs de café ou d’eau. Quand ils sont en difficulté avec leur peuple, les loges leur viennent en aide grâce à leurs réseaux médiatiques et politico-militaro-affairistes. En contrepartie, les dictateurs africains offrent de l’argent liquide à leurs frères maçons, financent directement leurs campagnes politiques et offrent des contrats commerciaux divers ainsi que l’exploitation des richesses africaines à leurs compères et aux alliés de ceux-ci.
Etant entendu que les satrapes africains n’ont aucune légitimité populaire, ils se retrouvent parfaitement dans ce type de jeu. Ils espèrent trouver dans ces loges ce qu’ils n’ont pas obtenu du peuple. En mettant sous contrôle psychologique ces guignols africains, les maçons métropolitains s’offrent l’Afrique et la pille allègrement au nom de la fraternité maçonnique. C’est là que se trouve leur dangerosité.
Lynx.info : Le journaliste et directeur du quotidien gouvernemental  Fraternité Matin, Venance Konan ne  tarit pas d’éloges à l’endroit de Guillaume Soro. Soro, pour vous c’est qui ?
Guillaume Soro n’est pas plus pour nous ce qu’il est pour tout africain informé. C’est un criminel de guerre, un garçon de course à qui on a remis des armes pour détruire toute tentative autonome et ramener le territoire de Côte d’Ivoire dans « le droit chemin », celui que les occidentaux ont fixé à l’Afrique depuis cinq siècles maintenant. Et, vous voyez, vous-mêmes l’accueil dont il est l’objet. Récemment, le fameux procureur de la très sélective cour pénale internationale Luis Moreno Ocampo est allé rencontrer Soro et ses amis. La posture que Moreno Ocampo adopte sur les photos montre à quel point lorsqu’une certaine justice fréquente les criminels et s’allie au crime, l’atmosphère peut être décontractée et radieuse.
Au demeurant, des personnages comme Guillaume Soro sont extrêmement nuisibles. Car, ils sont caractérisés par trois traits : ils sont idéologiquement vides, matériellement avides et ils sont partisans du principe selon lequel la fin justifie les moyens. Lorsqu’un prétendu journaliste lèche ce type d’individus c’est qu’il joue dans la même cour que lui. Au fond, que voulez-vous que Venance Konan fasse? Il n’a pas le choix. Il doit lécher des gens qui lui ont donné la direction de ce journal. C’est du clientélisme primaire. Pas plus !
Lynx.info : L’erreur de Laurent Gbagbo n’aura pas aussi de faire d’un rebelle un serviteur de haut niveau de la république ?
Non ! Le rebelle Soro et sa bande de voyous ont été imposés au président Laurent Gbagbo. Par la loi des armes, la France a imposé une nouvelle donne en Côte d’Ivoire faisant de la racaille, une entité politique avec qui compter. Les tueurs deviennent des dirigeants en costume cravate à qui on déroule le tapis rouge. C’est le règne des antivaleurs. Les anti-modèles sont portés au firmament de la société. Ceci est planifié et réalisé pour des fins terroristes. Et lorsque le terrorisme occidental triomphe, la marge de manœuvre des représentants démocratiquement élus se rétrécit alors même que celle des complices et des exécutants des basses œuvres s’agrandit.
Face à loi des armes, soit on a les armes plus lourdes et des stratégies plus efficaces et on triomphe des « rebelles », soit on n’est pas à la hauteur et on perd tout. La solution intermédiaire c’est qu’on ne peut ni l’un et qu’on ne veut ni l’autre. Ici, on est obligé d’avaler des couleuvres en intégrant des assassins dans la « machine étatique ». Le seul mérite de cette dernière option, à moins de reprendre le dessus autrement, est de retarder la chute du pouvoir légitime.
Lynx.info : Le président de l’Assemblée nationale, Mamadou Koulibaly dit que ce sont Obama, Sarkozy et Cameron qui veulent voir Laurent Gbagbo à la Cour Pénale Internationale.
Qui peut douter de cela ? Sarkozy doit être celui qui le désirerait le plus. Il faut punir au-delà du simple renversement de son régime, le président Laurent Gbagbo. Il faut l’humilier et montrer aux africains ce qui arrivera lorsque certains parmi eux oseraient des libertés avec l’attelage occidental et particulièrement français. Ceci s’inscrit dans une ancienne pratique décrite par Pierre Foncin, un des pères fondateurs de l’Alliance Française. Il dit que la capture du roi de Dahomey, Behanzin, sa soumission et sa déportation étaient nécessaires parce que: « la France avait à venger des insultes graves infligées par Behanzin à ses commerçants, à ses missionnaires, à ses représentants officiels, à son drapeau national. » Et, il ajoute une seconde raison encore plus impérieuse à la nécessité de livrer une guerre à Behanzin: « quand on a, comme la France, entrepris la fondation d’un empire en Afrique et que la moindre apparence d’hésitation ou de faiblesse peut encourager des adversaires mal soumis et toujours prêts à reprendre les armes ».
A part ceci, Ouattara a bien intérêt lui aussi à voir le président Gbagbo devant cette cour pénale partiale qui n’a rien d’international. Manifestement, Alassane Ouattara aurait même été plus que comblé si le président Laurent Gbagbo eût été éliminé physiquement car son existence encore aujourd’hui, même dans les geôles lui fait peur. Le président Laurent Gbagbo n’a jamais autant fait peur à Ouattara que kidnappé.
Lynx.info : L’écrivain et journaliste Thomas Hoffnung  dans une interview avec le confrère Slate Afrique dit que seul Ouattara peut réconcilier les ivoiriens. C’est votre avis aussi ?
C’est l’éternelle pratique des spécialistes autoproclamés de l’Afrique. Ils transforment le plus abject des tyrans africains en sauveur du peuple. Ils ont pour mission d’embellir les serviteurs les plus courbés des intérêts des propriétaires de presse dans laquelle ils travaillent. Ces propriétaires de presse sont des marchands d’armes, des trafiquants de matières premières, des grands groupes industriels et des multinationales de tout genre notamment de luxe qui tirent leurs marrons du feu qu’ils allument et qui consume l’Afrique. 
Ceci dit, il faut reconsidérer l’idée de la « réconciliation » telle qu’elle est présentée aux africains jusqu’à présent. On tente de présenter la situation du territoire de Côte d’Ivoire comme un conflit purement interne, exclusivement entre enfants d’un même pays. Or, il n’y a rien de plus inexact. Le colonialisme français dans sa forme la plus brutale a livré une guerre au peuple africain de Côte d’Ivoire. Toute idée de « réconciliation » qui ne tient pas compte de cette donnée est une imposture.
Souvent, on pense que si la « réconciliation » n’aboutit pas dans un territoire, c’est dû à la mauvaise foi des acteurs nationaux. Tant qu’on ne va pas citer le rôle indirect et direct de l’extérieur dans les guerres et les déchirures en Afrique, la « réconciliation » sera mort-née et tout ce qui sera fait en son nom relèvera du folklore et de la fumisterie. A partir du moment où on perçoit les choses de cette façon, la bonne question à poser et à se poser est celle de savoir si face au colonialisme et ses serviteurs locaux, la bonne attitude est de prôner une « réconciliation » avec eux. En clair, peut-il y avoir « réconciliation » avec un système colonial ? La réponse est non ! On ne peut et ne doit pas se livrer au spectacle d’une « réconciliation » avec nos bourreaux et leurs complices locaux. Faire le contraire reviendrait à inscrire notre peuple dans la permanence de l’injustice, de la misère et du suicide. Il faut combattre jusqu’au bout ceux qui se sont déclarés nos ennemis et leurs exécutants locaux. Il n’y a pas d’autre voie si notre peuple veut vivre et bâtir un avenir meilleur à ses enfants.
Lynx.info : Les tueries dans la Côte d’Ivoire profonde ne semblent pas émouvoir la communauté internationale, encore moins Ouattara. Comme l’expliquez-vous?
L’occident alias « la communauté internationale » n’est pas là pour s’occuper de ce type d’histoires. Mieux, elle provoque et entretient des massacres dès lors qu’ils facilitent le mercantilisme terroriste. Si ces massacres permettent d’écarter tout esprit qui gêne la domination et le pillage, eh bien, ils sont décrétés nobles et couverts par l’impunité la plus absolue. Désolé, mais c’est comme cela que ça se passe dans la réalité. Puisque nous ne parlons pas du monde fictif dans lequel certains africains adorent naviguer avec des sophismes les plus confus, il faut décrire le monde réel tel qu’il fonctionne.
Il existe bel et bien des schémas qui visent une Afrique sans africains. On a vu certains de ces plans mis en exécution en Afrique avec des armes biologiques, bactériologiques et chimiques en dehors des mitraillettes, des avions de combat et des chars. Bref, comment voulez-vous que nos meurtriers qui ont toujours rêvé de nos biens s’occupent de notre état de santé ? Ils mettront, au contraire, tout en œuvre pour accélérer notre disparition. C’est pour cela que la question ne se pose pas dans les termes dans lesquels vous la formulez. Elle se pose plutôt de savoir si les massacres aussi bien en Côte d’Ivoire que dans d’autres satrapies africaines émeuvent les africains. Il s’agit de questionner les actions africaines contre les massacres qui conduisent progressivement à l’accident final. Les compatriotes du Mali se soucient-ils qu’on massacre nos compatriotes en Somalie ? Les africains du Togo s’émeuvent-ils des tueries en Centrafrique ? Les africains en Guinée manifestent-ils leur mécontentement aux brimades subis par notre peuple en Djibouti ? Voilà la bonne question. Les africains se soucient-ils des africains ? Le jour où les africains retrouveront l’esprit de peuple, les tueries dans les hameaux les plus reculés en territoire africain susciteront des actions les plus vigoureuses qui feront cesser la banalisation de la vie de notre peuple.
Lynx.info : Je vous remercie
Merci à vous.
Interview réalisée par Camus Ali Lynx.info