vendredi 30 décembre 2011

Des changements à venir.

Dans le souci de rendre plus adaptée notre organisation et lui donner une meilleure visibilité, nous procédons actuellement à des études portant sur:

1-le nom de l'organisation: comme propositions nous sommes confrontés à: Jeunesse Unie pour la Libération et la Reconstruction de l'Afrique (JULRA ou JULiRA) et Mouvement pour la libération totale et la reconstruction de l'Afrique (MOLTRA). Le changement de nom se fera dès le 1er janvier 2012.

2-la création d'un site internet.

Merci de nous soumettre vos propositions et autres suggestions.

Les occidentaux menacent les africains qui n'adopteraient pas l'homosexualité.



Komla KPOGLI
30 décembre 2011


Après les razzias négrières, après le colonialisme, après les programmes d'ajustements structurels, après la démocrature (dictature cachée par des élections formelles et fraudées), après des religions imposées, à la suite des guerres incessantes imposées à l'Afrique...voici que l'Occident exige de plus en plus violemment que les territoires africains adoptent des règles pour légitimer l'homosexualité permettant à deux sexes masculins de se coucher, de former un couple et de procéder à l'adoption des enfants plus tard. Il s’agit aussi et surtout de pousser l’Afrique à adopter des mesures protectrices en faveur de ces occidentaux en mal de sensations fortes de débarquer dans les territoires africains et de se livrer en toute légalité à leur activité homosexuelle au su et au vu de tous. Le viol de mineur(e)s ici et là commis par des touristes sexuels impunis ne suffit pas. Il faut désormais protéger l’homosexuel qui souhaite éteindre sa flamme libidique sous les tropiques en compagnie de quelques africains qui, par ce biais, prétendent ainsi entrer dans la modernité. Début décembre 2011, le fameux premier ministre britannique David Cameron menaçait dans des termes très clairs les pays africains qui lutteraient contre l'homosexualité.

lundi 26 décembre 2011

Quelques vidéos sur la guerre contre la Libye.















Guerres humanitaires: comment les occidentaux fabriquent leurs ennemis?


Guerres humanitaires: comment les occidentaux... par corojoh


Le 4 décembre 2011.
Réaction de Komla KPOGI, Secrétaire Général de la J.U.D.A à propos du film "La guerre humanitaire, il n'y a pas de preuve" de Juilen Teil.

Interventions militaires étrangères en Afrique: recolonisation ou chance pour un nouveau départ?

Les associations ATHENIK Verein, HOTEP, en collaboration avec La J.U.D.A ont le plaisir de vous inviter à une conference-Debat le 26 Novembre 2011 à Düsseldorf, qui aura pour thème: COTE d´IVOIRE, LYBIE.... interventions militaires étrangères en AFRIQUE: Recolonisation de l´Afrique ou Chance pour un nouveau départ?
Conférencier: Komla Kpogli Secretaire géneral de la J.U.D.AEn Introduction sera diffusée le film: Des ombres sur le Congo - Schatten über den Kongo , Schreckensgeister der KolonialherrschaftLieu: Düsseldorf ( Allemagne)Local: Africando; Albertstrasse 100, Code Postal: 40233 (Flingern)
Heure: 19h30 (Diffusion du film à 18h)



La recolonisation de l'Afrique?

21 octobre 2011, Université de Grenoble (France). Thème: Côte d'Ivoire, Libye: la recolonisation de l'Afrique?







samedi 24 décembre 2011

RD Congo: le vol à main armée du suffrage populaire par Joseph Kabila.

Komla KPOGLI

25 décembre 2011

Nous avons coutume à la J.U.D.A de dire que les régimes tyranniques dans les territoires africains n'organiseront pas d'élections justes et transparentes. Attendre donc autre chose que des résultats fabriqués de toute pièces des cirques électoraux auxquels notre peuple est convié dans tel ou tel territoire tous les 05 ans relève de l'ignorance des réalités qui sont les nôtres. Les élections ce sont: un cadre étatique au service de l'intérêt commun, des normes abstraites et générales, la vérité du peuple librement exprimée, le choix du peuple. Tout ceci pour dire qu'une élection est un processus encadré par des règles qui confère au peuple la possibilité de choisir entre des candidats qui lui soumettent des offres politiques dans un cadre étatique. Or, la réalité qui est celle de l'Afrique c'est que les Etats n'en sont pas. Leur inexistence se manifeste par leur absence à tous les niveaux de la société si ce n'est que dans le secteur de la répression militaro-policière au profit de l’Internationale du pillage. Tous les pouvoirs qui concourent à l'organisation du scrutin sont inféodés au prince qui les contrôle par le biais de son pouvoir de nomination ou de révocation. Quant aux règles, elles sont taillées sur mesure au prince et à son clan à l'insu du peuple par des parlementaires cooptés ou eux-mêmes sortis d'élections soi-disant législatives. En ce qui concerne les fameuses commissions électorales nationales, elles ne sont que des cadres pour habiller la fraude avec la participation de ce qui est appelé "l'opposition" sous nos cieux. En plus de tout ceci, les tyrans africains ont l'argent et tous les réseaux maçonniques, médiatiques, religieux et militaro-affairistes qui vont avec.

Joseph Kabila, le voleur à main armée du suffrage populaire lors de son auto-couronnement à Kinshasa.

Dans un tel décor qui doit être surpris que les dictateurs africains "gagnent" toujours les élections? Ce n'est pas Jacques Chirac qui s'en étonnera. Lui, au moins, avait très tôt compris ce que les africains jusqu'à nos jours ne veulent pas voir ou savoir. Le Canard enchaîné du 28 juillet 1999 rapportait des propos tenus hors micro par Jacques Chirac, l'avocat autoproclamé des dictateurs africains: "Il faut bien que les dictateurs gagnent les élections, sinon ils n'en feront plus." Cette logique vient d'être respectée au Congo où Joseph Kabila a fait la présidentielle pour ne pas la perdre même si le peuple a massivement voté pour Wa Mulumba Etienne Tshisekedi. Et le procédé est toujours le même: "l'opposant" est suivant les premiers dépouillements en avance puis, il se fait doubler par le tyran qui devient, par renversement du vote, l'élu. Cette pratique confirme l'idée que la seule industrie qui marche en Afrique c'est celle de transformation des bulletins de vote. Ceux-ci rentrent dans les urnes avec une couleur et en ressortent avec une autre, souvent celle de l'homme soutenu par le système colonial.

Il n'y a donc pas élection en Afrique, mais cirque électoral. Malheur donc au peuple qui, dans ces territoires africains, fonde ses espoirs sur ce cirque! Sa déception sera d'autant plus grande qu'il n'a en réalité aucune prise sur les instruments qui oeuvrent à sa réalisation. Aussi, le système colonial est-il bel et bien incompatible avec l'élection comme mode de désignation des gouvernants. Dans un système colonial, les "chefs indigènes" et les "cadres administratifs" que sont les fameux dirigeants africains sont sélectionnés par cooptation. Le peuple peut certes avoir l'illusion de jouer un rôle dans cette sélection. Mais cela reste une illusion. On l'invite certes à voter, mais sa voix ne compte pas et ne comptera pas au final. Le pouvoir de décision ne lui revient pas et il ne doit pas lui revenir. C'est pour cette raison que les seuls dirigeants qui en Afrique avaient eu l'onction populaire étaient ceux qui avaient été matinalement assassinés au lendemain de la proclamation des indépendances fictives. Ceux qui, plus tard, seront élus à leur tour, seront renversés par coup d'état ou assassinés eux-mêmes. Ne restent donc au pouvoir que ceux qui ont juré fidélité au système colonial. Et, en la matière, la règle est que plus l'élément au pouvoir ou à porter au pouvoir démontre sa capacité à travailler contre les africains, plus il est maintenu au pouvoir ou plus vite il y est porté.


Ce qui se joue manifestement, devant nous, au Congo c'est le choix de celui qui est à même de laisser le contrôle des richesses du pays entre les mains de l'extérieur. Joseph Kabila était durant quelques années dans le viseur des occidentaux pour avoir osé faire entrer la Chine au Congo par la grande porte. En effet, Joseph Kabila avait en 2007 offert à la Chine des centaines de milliers de tonnes de matières premières (cuivre, coltan...) contre la "construction d'infrastructures" équivalant à 9 milliards de dollar US. Cet accord, mieux ce bradage somme toute honteux car confirmant le caractère colonial des économies africaines auxquelles on a assigné la mission de toujours livrer leurs matières premières contre des produits finis bas de gamme, avait été vivement dénoncé par les occidentaux notamment à travers le FMI et la Banque Mondiale qui ont perçu là une grave menace. Le FMI, le très libidique Dominique Strauss Kahn à sa tête à l'époque, avait considéré avec force qu'il s'agissait d'un endettement du pays qui négociait d'ailleurs l'escroquerie appelée "allègement de sa dette". Les Occidentaux avaient sorti l'artillerie lourde contre Kabila qui avait été forcé de revoir à la baisse la quantité de minerais que la Chine aura à prélever. Après une maigre résistance, Kabila avait fini par plier l'échine. Mieux, il ira jusqu'à garantir aussi bien à la Chine qu'aux occidentaux l'accès aux matières premières. Dès lors que cette garantie est apportée, ces deux blocs qui se disputent les richesses en territoire congolais signent un cessez-le-feu et confirme au pouvoir aujourd'hui Joseph Kabila sur le dos des africains du Congo. On n'avait pas assassiné Lumumba et ses compagnons et on n'avait pas plongé le Congo sous le mobutisme pour qu'après les chinois y prennent pied. De même, on n'a pas assassiné Lumumba, on n'a pas assassiné Désiré Kabila et on n'a pas plongé le Congo sous une guerre incessante pour que quelques années plus tard le peuple africain qui y réside ait la possibilité d'élire celui qui doit être au pouvoir. Offrir cette possibilité au peuple africain du Togo, c'est vouloir lui donner la pouvoir de contrôler son espace et de jouir des biens qui y sont. Or, c'est pour éviter cette éventualité qu'on a assassiné tant et massivement au Congo. Autrement dit une élection qui consacrera le choix du peuple, sera le retour au Lumumbisme qui faisait du peuple le détenteur du pouvoir. ça n'est donc pas acceptable pour tous ceux qui veulent toujours piller ce pays bourré de toutes les richesses du monde. L'Occident et la Chine étant parvenus à un accord de partage dont Kabila est le garant le plus sûr, ces deux entités accompagnent le renversement des résultats du vote qui pourtant donne gagnant Wa Mulumba Etienne Tshisekedi. Ces deux entités soutiennent silencieusement sous les yeux hermétiquement fermés des troupes de l'ONU le massacre de notre peuple par Kabila que les USA ont d'ailleurs équipé en armes et en matériel militaire et policier à la veille de l'élection sous le fallacieux prétexte de lui assurer la sécurité. 

Le processus habituel de légitimation du braquage de la vox populi en Afrique avait démarré dans le territoire du Congo dès que Joseph Kabila avait été félicité comme le vainqueur de l'élection par l'Angola (Eduardo Dos Santos, lui-même voleur multirécidiviste et détenteur de dizaines de comptes dans des paradis fiscaux). Mais avant lui, c'est Ban ki-Moon qui au nom de l'ONU avait "pris acte des résultats du vote" dès le lendemain de la proclamation des résultats inversés par la Commission électorale, plutôt la Commission de validation du vol à main armée). La France, dans son habituelle danse du ventre, écrit un communiqué et demande «aux autorités d'assurer l'ordre public dans le respect de l'État de droit»: une formulation alambiquée mais qui montre bien une direction. Plus tard, la fameuse Union Africaine (UA) a pris position en faveur de Joseph Kabila. Jean Ping, président de la Commission de l'UA qui avait dénié toute crédibilité à la Cour constitutionnelle dans le territoire de Côte d'Ivoire il y a quelques mois a fait savoir après un entretien avec le préfet local Alassane Ouattara le 22 décembre 2011 que Joseph Kabila est le vainqueur car ainsi en a décidé la Cour constitutionnelle du Congo. Mis à part ceux qui parlent, d'autres se sont engagés dans le processus par un silence cimetérial. Cette confirmation de Kabila à son poste a d'ailleurs été observée par la présence à son auto-couronnement appelé prestation de serment de tous les ambassadeurs en poste au Congo. Ce qui fait mentir tous ceux, naïvement enthousiastes, disent que Kabila n'est pas soutenu par des pays occidentaux, alias la communauté internationale qui n'étaient pas à la prestation de son serment. Grossière erreur d'appréciation des faits. Si on n'avait vu que Mugabé comme unique "chef d'Etat" à cette autoproclamation, les ambassadeurs des autres pays y étaient. 

Le vol à main armée du suffrage populaire opéré au Congo par Joseph Kabila avec le soutien et le regard bienveillant des occidentaux et de la Chine est tellement immense qu'il ne doit jamais être accepté par notre peuple. Le peuple noir ne doit plus être le seul au monde qui accepte de subir les choix qui ne sont pas les siens et à qui on impose des rois fainéants dont la longévité dépend du degré de soumission et de leur aptitude à canaliser les richesses africaines vers l'extérieur. Il est temps pour nous de dire non à tout ceci. A notre peuple donc de maintenir sa position. L'Afrique a assez nourri les autres. Les richesses d’Afrique ont assez engraissé les autres. Le temps de nous-mêmes doit enfin sonner. Pour cela, nos compatriotes du territoire du Congo doivent impérativement être convaincus qu'il ne peut y avoir d'élections dans un cadre colonial et que dans le contexte africain d'une manière globale, le peuple n'est à la source ni de la dévolution du pouvoir, ni de la conservation au pouvoir des "régisseurs coloniaux", ni du renversement des dirigeants animés par un esprit patriotique ou de ceux en fin de contrat colonial. Compte tenu de ceci, on ne peut espérer que du cirque électoral auquel notre peuple au Congo avait été convié, sorte la volonté exprimée du peuple. La seule chose qu'on puisse espérer, c'est utiliser la mobilisation qu'il y a en de pareilles occasions pour réaliser une révolution populaire. Mais cette insurrection ne peut être réalisée que si elle est préparée en amont. Le peuple africain au Congo et les africains d'autres territoires qui doivent accompagner et soutenir cette démarche sont-ils préparés à cette perspective? Rien ne permet de répondre par l'affirmative en l'état actuel des choses puisqu'ici et là on entend des appels à l'aide en direction de la "communauté internationale", pseudonyme des occidentaux qui sont justement à la base du problème.

Le travail revient donc une fois encore aux filles et fils du peuple noir. Lorsque chacun assumera sa part de responsabilité avec gravité en pensant à l’avenir et au devenir de nos enfants, nous pourrons nous lever pour dire non au vol à mains armées du suffrage démocratique aussi bien au Congo qu'ailleurs en Afrique. Et ceci nécessite de la formation, des stratégies les plus redoutables et des hommes cohérents, aguerris et capables d'organiser la masse au mieux désordonnée, au pire orientée quasi-totalement vers un paradis dont l'accès est conditionné par la pauvreté sur terre, la soumission à toute autorité y compris la plus crasse, la plus illégitime et la plus violente sous le fallacieux prétexte qu'elle vient de "Dieu". Seul, au final, un Etat véritable peut conduire à des élections. Mais pour arriver à cet Etat en Afrique, il faudra nécessairement renverser par des révolutions populaires préalablement construites les satrapes établis et les proto-Etats érigés en Afrique par le colonialisme uniquement pour ses propres besoins. Autant on ne met pas la charrue devant les boeufs, autant on n'obtient pas d'élections justes et transparentes sous un régime colonial. La destruction du second facilite l'accouchement d'un Etat qui, s'occupant des intérêts nationaux, ne peut qu’être dirigé par une équipe issue du choix du peuple.

mercredi 21 décembre 2011

TOGO (Afrique): la stratégie des armes qu'on n'a pas ou l'éloge de l'immobilisme.

Komla KPOGLI

21 décembre 2011





Il est une pratique qui retarde non seulement la prise de conscience de nos masses mais encore la chute des régimes tyranniques que le système colonial a installés dans les territoires africains. Cette pratique, c'est celle qui consiste à vouloir mener la lutte avec des moyens qui ne sont pas à notre disposition. C'est de "lutter" avec des armes qui n'existent que dans nos têtes et dans les plans les plus fous élaborés en dehors des réalités. On cible inlassablement le but, l’objectif et on ne s’interroge jamais suffisamment sur les moyens à utiliser pour atteindre ce but. Ou si la question est formulée, elle l’est faussement. Cette pratique est celle de ce qu'on appelle dans le territoire du Togo les "opposants". 

Les "opposants" au Togo ne cessent de rêver que des armes. Lesquelles? Les fusils, des cargaisons d'armes à feu et des tonnes de matériels militaires pour renvoyer le satrape et sa bande qui « ne connaissent que le langage des armes ». Mais lorsque la question est posée pour savoir où trouver ces armes, on est confronté à des schémas qui frisent au bas mot, l'irréalisme. Ainsi, l'interlocuteur curieux est conduit dans les sentiers pour le moins obscurs d'Al Qaeda, des rebelles Touareg, des rebelles de Côte d'Ivoire, des groupes en lutte au Nigeria...Certains "stratèges" vont jusqu'à évoquer des liaisons avec des pays occidentaux qui finiront par rejoindre la marche du peuple africain du Togo vers la liberté dès l'instant que les "opposants" les auront rassurés de ce que le renversement du pouvoir des Gnassingbé ne signifierait pas la fin de leurs privilèges coloniaux. C'est, sans rire, assez imaginatif! Seulement tous ces "plans" et autres "solutions" confinent notre marche commune dans le rêve et dans des stratégies fondées sur des moyens qu'on n'a pas. Et ces fameuses stratégies ont le don de permettre au régime en place de prolonger tranquillement son espérance de vie. Aussi longtemps que ces stratégies imaginaires seront en vogue, aussi bien au Togo qu'ailleurs en Afrique, les satrapes se la couleront douce aux yeux du peuple noir étranglé par la misère dans sa forme la plus honteuse. 

En mai 2010, nous énoncions dans un texte abondamment commenté (avec de grandes injures et de graves menaces à la clé) la nécessité d'utiliser les armes qui sont à notre portée. Nous énoncions la nécessité d’un bilan qui conduirait au renversement du « combat mené jusqu’à la victoire finale » avec des moyens imaginaires au profit d’une démarche étudiée, bien organisée qui conduirait « l’opposition » à aller dans un gouvernement, et ceci pour plusieurs objectifs tout en continuant et en renforçant le travail de mobilisation, de formation et d'organisation devant aboutir à une insurrection populaire victorieuse. Il s’agissait de montrer par là que dans la situation qui est la nôtre où nous ne sommes pas dans l’offensive, il nous faut nécessairement trouver ou construire un terrain où nous pourrons être amenés à ne plus subir les tactiques de l’adversaire mais à utiliser les moyens à nous dans l’optique de l’atteinte du but qui est d’en finir avec le pouvoir en place et établir de nouvelles institutions issues du peuple et à son service. En toute logique, nous avions énuméré publiquement certains de ces objectifs tandis que d’autres avaient été gardés sous silence afin de leur conserver toute leur efficacité. Autrement dit, nous esquissions le recours aux armes multiformes que notre espace nous fournit gratuitement et immédiatement pour nous permettre de trouver des solutions aux difficultés qui s’imposent à nous. Quand bien même les armes à feu nous seraient utiles, faire d’elles des moyens absolument incontournables au point d’ignorer que le milieu dans lequel se déroule notre scène regorge d’autres, est suicidaire. Nos anciens qui n’étaient certainement plus idiots que nous, nous avaient légué pourtant une piste relative à la stratégie dans un adage populaire qui dit : « c’est la taille du bâton que l’on a entre ses mains qui détermine celle du serpent à tuer». Autrement dit, opter pour la confrontation directe, les mains vides avec des forces désorganisées sans théorie, ni tactique, ni feuille de route, ni structuration, ni moyens de communication, c’est choisir la voie de la défaite. C’est dire donc que lorsqu’on n’a pas les fusils de longue portée, se rapprocher de la cible pour utiliser les armes qu’on a en main, c’est faire preuve d’inventivité et d’efficacité. Quand on n’est pas capable de se doter ici et maintenant d’une rébellion armée avec des moyens sophistiqués que cela requiert face à une armée dont la profession est de tuer et de terroriser les civils en faveur d’un système criminel, aller prendre des moyens supplémentaires dans le camp adverse n’est pas une trahison mais un signe d’intelligence et une capacité à faire croire à l’adversaire qu’on est là où on n’est pas en réalité. Ces dernières armes, beaucoup plus diffuses et apparemment inefficaces voire inexistantes pour les yeux non avertis ou détournés par la lutte armée rêvée, utilisées à leur optimum nous donneront celles dont nous rêvons. Mais ce type de réflexion est proscrit dans nos milieux et au Togo, l'inquisition oppositionnelle le perçoit même comme une tentative de s'offrir du repas à la table du régime criminel en place. D’aucuns estiment que ce type de réflexions aussi séduisant qu’il paraît, repose au fond sur des bases fragiles. D’autres enfin crient au scandale et, prenant les débauchages opérés ça et là par le pouvoir dans les rangs de « l’opposition » pour un changement de stratégie par ces débauchés qui cachent leur palinodie sous la formule d’aller « changer les choses de l’intérieur », disent qu’on déjà essayé tout ceci sous nos cieux. Bref, l’idée de combinaison de moyens ou de variation de moyens ou même leur complémentarité selon beaucoup au Togo, relève de la fourberie, de la recherche de gains privés et d’un appel à la démission collective. Ainsi, la porte reste hermétiquement fermée à d'autres idées que celles qui louent les fusils légendaires. 

Dans une guerre, et ce que nous faisons en est une, il faut savoir utiliser les moyens dont on dispose pour combattre. A défaut, en restant là avec le rêve des moyens mythiques, la défaite est la plus sûre des garanties et la mort, la destination finale. Puisque ces armes que les thuriféraires falots louent ne tomberont pas du ciel, le fameux combat jusqu’à la victoire finale se retrouvera fracassée sur la dureté de la réalité du terrain : le vide.

Il faut le répéter: dans une lutte de libération, seul l'objectif ne varie jamais. Les moyens et les stratégies eux peuvent et doivent varier en fonction des ressources aussi bien humaines que matérielles disponibles, de l’état moral des troupes combattantes, des faiblesses et des forces de soi et de l'autre camp et du développement de nouvelles tactiques et alliances par le camp d'en-face. En rendant immobiles les moyens d’action et la stratégie, la paralysie guette et il ne sera pas étonnant de constater la lassitude, des désillusions voire une panne totale de la machine. Et c'est ce qui se fait voir aujourd'hui au Togo. En consacrant ces « armes » qui nous seront hypothétiquement données par des entités hors de notre portée et donc insaisissables, nous avons réussi tout seuls à nous enfermer dans une posture victimaire, pleurnicharde et sans issue qui renforce le système contre notre peuple. Cette posture nous pousse à ne voir la solution au mal togolais que par le viseur des armes à feu que nous n’avons pas et que nous n’aurons pas compte tenu du contexte géopolitique qui est le nôtre. Cette posture est sans issue tout simplement parce qu'elle nous enferme dans l'étau des armes à feu imaginaires et d'une rébellion armée mythique.

La force d’un mouvement qui veut en finir avec un système, c’est d’utiliser au mieux les moyens qui sont les siens avec des ressources humaines bien formées, bien préparées à se servir de toutes les occasions pour tendre vers la réalisation de l’objectif et redoutablement bien organisées pour porter l’estocade au moment opportun. C’est en étant capable de se servir de ses propres moyens que ce mouvement peut en acquérir d’autres qui lui sont inaccessibles jusque-là. Mais la démagogie proclame le contraire et cloisonne ainsi la marche commune avec un discours puriste et gauchiste dont le gain est d’élever ses auteurs au rang des « vrais opposants ». De « vrais opposants » qui se contentent de leur titre chèrement acquis alors que la masse crève sous tous les maux et la jeunesse se retrouve en débandade vers des cieux rêvés meilleurs où la désillusion les attend patiemment.

Lorsque nous aurons enfin compris que la lutte contre le colonialisme se mène non pas avec des moyens rêvés mais avec ceux qu'on a, nous aurons débuté la montée des étapes vers la victoire. Nous commencerons donc par utiliser le plus intelligemment possible et le plus efficacement possible les armes qui sont à notre portée et que seuls la rupture avec notre espace, avec notre environnement immédiat et le manque de confiance en nous-mêmes nous empêchent d'utiliser parce que nous ne les voyons pas ou parce que nous refusons de les voir ou même en les percevant, nous n’avons manifestement pas des ressources humaines capables, en toute sérénité et froideur, de s’en servir. Nous sortirons alors des stratégies des armes qu'on n'a pas pour embrasser les stratégies des armes que nous avons sous la main et nous nous fonderons sur celles-là pour avoir d'autres. Nous disons ceci fondamentalement à ces compatriotes qui ne cessent de nous échafauder des « stratégies » fondées sur le fusil et des cargaisons d’armes à feu qu'ils espèrent avoir auprès des entités aussi insaisissables qu’éloignées des intérêts qui sont les nôtres, et sur la confrontation directe les mains nues dans un mouvement de désorganisation globale. Or, la stratégie de la confrontation directe ici et maintenant n’est victorieuse que si l’on a une force de frappe équivalente ou supérieure à celle de l’adversaire. En l’absence de cette supériorité, « l’art de la guerre » prescrit une approche réaliste appliquée avec méthode et intelligence.


Un peuple en lutte, ça compte avant tout sur ses propres moyens. Lesquels moyens doivent exister et non des moyens oniriques. Les premières de ces armes sont pêle-mêle: sa faculté infaillible de garder à l'esprit l'objectif à atteindre, son aptitude à analyser ses forces et faiblesses et celles de ceux qu'il combat, son intelligence à déjouer les pièges immobilisateurs, son adresse à utiliser les outils qui lui sont immédiatement accessibles, sa capacité à varier ces outils, sa capacité à faire le mort quand sa survie en dépend, son génie à former des ressources humaines capables de projeter et d'implémenter les stratégies des plus fécondes aux fins de réaliser l'objectif fixé tout en étant aptes à faire avancer la marche révolutionnaire en toute circonstance… 

lundi 19 décembre 2011

«L’Union africaine telle qu’elle existe aujourd’hui est le symbole palpable d’une Afrique sabotée»

«RÉVOLUTIONS ARABES» : ENJEUX ET RÉPERCUSSIONS SUR LE CONTINENT AFRICAIN. L'AFRIQUE ENTRE GUERRES «HUMANITAIRES» ET DROITS DE L’HOMME AVEC UNE CPI CLIENTÉLISTE. L’AFRIQUE ENTRE SES PARADOXES ET SON UNION «SABOTÉE» AVEC À LA CLÉ UNE AFRICOM ET SES VISÉES STRATÉGIQUES. DES QUESTIONS COMPLEXES QUE LA NOUVELLE RÉPUBLIQUE A ABORDÉES DANS CET ENTRETIEN AVEC KOMLA KPOGLI, SECRÉTAIRE GÉNÉRAL DE LA JEUNESSE UNIE POUR LA DÉMOCRATIE EN AFRIQUE (JUDA)... 


Lien PDF de l'entretien avec La Nouvelle République d'Algérie: http://www.lnr-dz.com/pdf/journal/journal_du_2011-12-19/lnr.pdf 


Entretien réalisé par Chérif Abdedaïm


"C’est la France qui a le plus ouvertement saboté l’unité continentale africaine".
Un mot sur les « révolutions arabes ». Pour vous, ce sont des « révolutions inabouties et sous contrôle ». Pouvez-vous expliciter ?
Komla Kpogli : On ne peut dire que l’intention véritablement révolutionnaire soit totalement absente des rangs de ces marées humaines dans les rues des pays en question. Les régimes politiques kleptocrates soutenus dans ces pays sous le fallacieux prétexte qu’ils constituaient des remparts anti-islamistes avaient non seulement immobilisé le peuple par la répression mais surtout ils l’avaient immensément paupérisé au profit de deux entités absolument parasitaires : une « élite indigène » corrompue pour qui le patriotisme est le premier des péchés à commettre et des économies capitalistes prédatrices. Cette situation ne peut que conduire tôt ou tard à des insurrections populaires. La bonne foi révolutionnaire de beaucoup de manifestants est donc à présumer. Mais, laisser les choses se faire par le peuple équivaudrait à lui accorder la force de prendre sa destinée en main. Autrement dit, c’est amoindrir la mainmise occidentale sur les richesses de ces pays, c’est perdre le rôle géopolitique attribué à ces pays dans ce qui est dénommé la scène politique moyen-orientale, c’est donner la possibilité à ces peuples de désigner des interlocuteurs valables face au lieutenant de la région qu’est Israël. Dans ces conditions, les pays occidentaux, même si certains comme la France ont eu du retard à l’allumage, ont compris qu’il fallait prendre le contrôle de ces bouillonnements populaires et leur donner une direction. Canaliser ces révoltes voire les organiser pour qu’elles servent au mieux les intérêts jusque là défendus par les satrapes au bord du précipice. Pour obtenir ces changements dans la continuité, les parrains de ces tyrans vont les sommer de quitter le pouvoir et ils iront, pour certains, jusqu’à former des « jeunes révolutionnaires » à l’école des mouvements que la CIA via la National Endowment for Democracy (NED) avait actionnés dans les Balkans dans les années 2000. D’autres encore leur offriront des facilités médiatiques et communicationnelles au travers des réseaux sociaux. Ces « exigences » en apparence en conformité avec le vœu des masses révoltées résultent en réalité d’un calcul rigoureux. Demander et obtenir, avec la rue, le départ des tyrans pour pouvoir mieux maîtriser la suite des évènements et conserver leur système et leurs régimes. C’est ainsi qu’après le départ du pouvoir de Ben Ali et Hosni Moubarak, deux joyaux présentés pendant longtemps par leurs parrains comme « les meilleurs élèves de la région », le système n’a pas fondamentalement bougé. « Les rois étaient tombés, mais vive les rois ». C’est en cela que ces révolutions sont inabouties et maîtrisées.  Mais visiblement, les peuples ont compris le jeu notamment en Egypte où ils n'ont jamais cessé de manifester en vue  d’obtenir la fin d’un système et pas seulement le départ d'un homme et de son clan. 
Certains pensent que la guerre de Libye est une guerre contre l’Afrique. Etes-vous de cet avis ?
Komla Kpogli : Bien évidemment elle l’est. Plusieurs projets et réalisations de la Jamahiriya arabe libyenne dans nombre de territoires africains confirment cette lecture. La Libye a investi dans beaucoup de ces territoires. Ces investissements mettaient directement en danger ceux des pays occidentaux qui considèrent ces espaces comme les leurs. Il en est ainsi du financement en partie du satellite Rascom 1. Le fait que ce soit la Jamahiriya qui parle le plus d’une Union Africaine tournée essentiellement vers les besoins africains, le fait que ce soit elle la première contributrice intérieure au budget de l’UA actuelle et qui par ce biais tentait de limiter la dépendance de l’Afrique entrent dans ce schéma. Il y a en outre les projets de création du dinar-or qui serait une monnaie africaine, d’une nouvelle politique de redistribution des recettes pétrolières et de la constitution d’un gouvernement fédéral africain avec des attributions énumérées par Kadhafi en 2009 avec tous les pays africains ou à défaut un nombre restreint selon ses propres termes l’ont exposé à la haine occidentale renforcée à la fois par des vérités que, côté africain, seuls Kadhafi et quelques rarissimes dirigeants puissent dire du haut de la tribune de l’ONU et par des investissements des fonds souverains libyens investis dans des pays occidentaux. Ces investissements notamment dans l’agro-alimentaire, dans le pétrole, les banques et assurances et dans l’immobilier rapportaient pas mal de profits à ce pays qui finançait ainsi son développement en toute autonomie. Ce qui l’avait mis aussi à l’abri du piège de la dette que recommandent le FMI et la Banque mondiale. En outre Kadhafi vient régulièrement en aide aux pays en indélicatesse avec les occidentaux, alias la communauté internationale. En assassinant un homme de cet acabit, il est évident que c’est toute l’Afrique qu’on vise. 
Au-delà de tout ceci, il faut dire que l’un des objectifs les plus importants de cette guerre c’est de priver les africains de modèle de gouvernement endogène. Les empêcher d’avoir des référents sur le plan local –nonobstant leurs imperfections ou erreurs- qui puissent les inspirer de sorte qu’ils aient toujours le regard tourné vers le modèle capitaliste occidental qui les pillent et les endettent tout en ayant un discours sur l’aide et la coopération en bandoulière.  
Quelles seraient les répercussions de ces  « révolutions arabes » sur le continent africain ?
Komla Kpogli : Leur effet sera d’une moindre importance aussi longtemps que les tyrans africains seront de « bons élèves » du FMI, de la Banque Mondiale…Au fond, la crise étant chronique en Afrique, il existe des contestations quotidiennes plus ou moins organisées contre les tyrans en place. Mais ces contestations noyées dans le bain des répressions sanglantes ne suscitent aucune attention si elles ne sont considérées que comme la manifestation patente des « conflits ethniques » qui seraient la mesure de toute chose en Afrique noire selon les spécialistes autoproclamés de l’Afrique. Toutefois, certains peuvent être tentés de s’inspirer des mouvements maghrébins suscités ou non. A notre avis, ces tentatives seront vaines. Car, il leur manquera le soutien des occidentaux comblés dans leurs multitudes attentes par l’état actuel de la gouvernance en Afrique noire. C’est ce que nous voyons actuellement avec le vol à main armée du suffrage populaire par joseph Kabila au Congo. Malgré les cris de détresse de Tshisekedi, vainqueur spolié de son dû, personne ne lui volera au secours. Mieux, toutes les déclarations que ce soit celles émanant du secrétariat général de l’ONU, des ONG et des chancelleries occidentales consistent à culpabiliser les victimes pour blanchir les coupables. C’est une vieille méthode que ces institutions ont inventé pour maintenir immobilisé de tout temps notre peuple, pour assassiner des millions d'africains, surtout des plus illustres et ainsi garder les intérêts coloniaux en l'état. Toutefois, pour éviter que cette perspective fasse dire à vos lecteurs que nous sommes d’un pessimisme sans égal, nous disons que les africains doivent faire leur révolution en s’inspirant d’eux-mêmes, c’est-à-dire en partant d’eux-mêmes pour revenir à eux-mêmes. L’histoire montrant que les noirs n’ayant pas d’alliés dans le monde, ils ne doivent que compter sur eux-mêmes en toute chose.
Les Occidentaux prétextent  mener ces guerres au nom des droits de l’homme (guerre humanitaire), à considérer ce qui se passe en Palestine, au Bahreïn, au Yémen, en Afghanistan et sur les bases militaires de Guantanamo et d’Abou Ghraïb, peut-on encore parler de droits de l’homme ?
Komla Kpogli : Il n’y a pas de guerre humanitaire. C’est un mythe. Ces guerres sont du business. Non seulement la dépendance politique du pays agressé s’implante mais encore ses richesses sont drainées vers les pays agresseurs et leurs multinationales. Les « soldats humanitaires » de l'Occident accompagnés de quelques ravitailleurs locaux africains ou arabo-musulmans de pacotilles et de décor détruisent l'aviation et le matériel militaire, mais le gouvernement fantoche et obséquieux à venir devra acquérir de nouveaux matériels de guerre. Les « guerriers et les bombardiers humanitaires » détruisent les infrastructures dont s'est dotée le pays agressé au prix d'énormes sacrifices, mais les préfets locaux à venir devront en reconstruire. Et qui sont ceux qui vont avoir les contrats pour la prétendue reconstruction? Les multinationales des pays envahisseurs. Comme en Irak et partout ailleurs. Ainsi, le profit sera double voire triple: détruire ce qu'on avait vendu, faire payer le reste de la facture si tout n'avait pas été réglé par l'ancien régime et « reconstruire » ce qu'on avait détruit. On a vu clairement ces pratiques aux lendemains immédiats de la chute de Tripoli. Après Sarkozy et Cameron, une bande dite d’hommes d’affaires conduite par le secrétaire d’Etat français au commerce extérieur, Pierre Lellouche a débarqué en Libye. Les déclarations faites par des membres de ce cortège et surtout celles de Pierre Lellouche étaient très décomplexées. Ils étaient venus, déclaraient-ils, prendre leur part, car il n’y avait qu’eux (les français) et les anglais à combattre aux côtés du fameux CNT.
En ce qui concerne les droits de l’homme, il serait grand temps de se demander, au vu de l’histoire et de la politique internationale, qui est cet homme qui a des droits, quels sont ces droits et pourquoi ce sont seulement les occidentaux et leurs officines ainsi que leurs ailes marchantes locales agréées et affublées du titre d’organisation de protection ou de défense des droits de l’homme qui en parlent en direction d’autres pays notamment ceux qui ne leur sont pas totalement soumis. Au demeurant, lorsque des pays qui se livrent à des actes inhumains ou les cautionnent dans des pays que vous venez de citer et qui malgré leur cv d’exterminateurs de peuples entiers aussi bien ailleurs qu’en Europe où ils ont tenté d’exterminer les juifs, d’esclavagistes, de colonialistes, de pillards, de voleurs récidivistes les armes au point, viennent vous parler des droits de l’homme, vous devez savoir qu’il y a escroquerie.
Vous considérez les droits de l'homme, la liberté et la démocratie venant de l'Occident, comme une arnaque que  les africains ne comprennent pas pour le moment ; entendez-vous par là, les gouvernants ou les peuples ?
Komla Kpogli : C’est une arnaque pour deux raisons.
Tout d’abord, l’Occident intrinsèquement individualiste, conquérant et dominateur ne peut œuvrer pour le bien d’autres peuples. Il suffit de faire un bon dans l’histoire mondiale ancienne et contemporaine pour s’apercevoir que l’Occident ne s’est jamais soucié que de son propre bien-être. Les rares moments où il a eu à partager ses réussites avec les autres se sont déroulés dans un rapport de force qui lui est défavorable ou marqué par un équilibre. C’est le cas par exemple de ses relations avec la chine aujourd’hui.
Ensuite, en s’octroyant la paternité de ces concepts, l’Occident s’autorise le pouvoir de s’immiscer directement dans les affaires intérieures des pays qui ne lui sont pas soumis. De ce fait, les occidentaux s’accordent le monopole de l’exportation de ces notions par des injonctions, des pressions de toute sorte et des guerres.
Ces concepts sont des outils que l’Occident puise dans de sa boîte à outils pour abattre des régimes insoumis. Dans cette boîte à outils, aux côtés de ces concepts, on trouve pêle-mêle : le droit international, le discours humaniste, l’aide humanitaire, les ONG, les médias, la justice internationale, l’ONU, les organisations militaires telles que l’OTAN...Les fameux réseaux sociaux à géométrie variable entrent également dans cette boîte à outils. Ces concepts dont nous parlions sont des alibis, des prétextes qui servent à l’occident de niveler le monde à sa mesure, de s’offrir de nouveaux marchés, de briser toute tentative d’émancipation qui ne veut pas s’inspirer du modèle occidental, de détruire toute réflexion autonome au sein d’un pays, d’étrangler toute idée de répartition juste et équitable des biens au sein d’un pays et de contraindre des sociétés à abandonner leur culture. Au nom de la liberté, des droits de l’homme et de la démocratie, l’occident tue la liberté, les droits et le choix des peuples. Tous ceux qui luttaient pour une Afrique autonome ont été chargés par la propagande occidentale d’être des communistes, ennemis de la « liberté » qui n’est que la liberté pour l’Occident de s’emparer des richesses de l’Afrique et donc des tyrans pour qui l’assassinat physique est l’issue. Dans les pays latino-américains, tous les régimes issus de la volonté populaire étaient et sont considérés comme des dictatures les plus féroces traquées et matraquées à longueur de journée par un occident pour qui le tyran est celui qui veut que les richesses de son pays servent prioritairement à répondre aux besoins de ses habitants. Le tyran qui viole les droits de l’homme, la liberté et la démocratie c’est celui qui veut renégocier les contrats miniers de son pays avec les multinationales, c’est celui qui essaie de limiter la casse du libéralisme orchestré par l’OMC, le FMI, la Banque mondiale... Lorsque le vote d’un peuple ne correspond pas au vœu de l’occident, il est antidémocratique ou alors c’est la fraude. Des exemples existent à profusion : Gaza avec le Hamas, l’Afrique avec des élections ici et là. Lorsque le vote est fraudé et entaché de violences les plus sanglantes en faveur du poulain de l’Occident, il est, selon la formule consacrée : « malgré quelques légers incidents qui n’entament pas son issue, libre, démocratique et transparente ». On « prend acte des résultats » au nom du principe de la souveraineté qu’on nie aux autres et les diplomates et autres commentateurs occidentaux disent « pourquoi voulez-vous qu’on intervienne dans leurs affaires intérieures ? » ou « si on intervient on critique l’interventionnisme occidental, si on n’intervient pas on nous accuse d’inaction » ou encore « on ne peut leur demander d’accomplir en quelques dizaines d’années ce que nous avons,  nous occidentaux mis des siècles à construire ».
Dans leur sphère immédiate, les occidentaux refusent aux peuples ce qu’ils prétendent apporter à ceux qui sont à des milliers de kilomètres. On vient de le voir en Grèce où l’ex-premier ministre Papandreou a commis selon les deux premières puissances de l’Union Européenne le crime de vouloir demander l’avis de son peuple sur un accord qui prescrivait un traitement de choc à cette économie en faillite. De la même façon, les gouvernants qui livrent des guerres à d’autres pour soi-disant leur faire écouter la voix du peuple, étaient ceux-là mêmes qui avaient contourné la vox populi concernant l’adoption du traité de Maastricht.
Donc, aussi bien par omission que par commission, aussi bien dans son espace qu’ailleurs, l’occident n’agite ces notions que pour répondre à ses intérêts et ceux de ses classes dirigeantes toutes tendances confondues. Partout où l’occident est intervenu au nom de ces notions, que les sceptiques ressassent l’histoire, le chaos total s’installe à l’intérieur avec un tyran qui organise parfaitement la canalisation des richesses du pays vers l’extérieur. Ce sont donc les peuples qui ne comprennent pas encore cet attrape-nigaud. C’est pour cela que des organisations dites de défense des droits de l’homme et de promotion de la démocratie fleurissent en Afrique avec le financement des Etats occidentaux, des multinationales, des fondations et des organisations dites internationales. Et en bénissant ces concepts que les occidentaux portent à la bouche, les peuples attirent le loup dans la bergerie africaine. Sans doute leur restera t-il la liberté et la démocratie ainsi que le droit de compter les cadavres. Lorsque les peuples auront compris, ils chercheront des solutions endogènes aux problèmes auxquels ils sont confrontés au lieu d’appeler les loups surnommés « la communauté internationale » au secours.
Récemment Laurent Gbagbo a été « déporté » devant la CPI, des organismes des droits de l’homme à l’instar d’Human Right Watch ont salué ce transfèrement ; or, si l’on comptabilise les crimes commis par les israéliens, les américains, les français, leurs  leaders méritaient également de comparaître devant cette CPI. Pourquoi cette politique des deux poids deux mesures ?
Komla Kpogli : Cette situation s’explique par le fait la CPI est une institution politique au sens propre du terme. La propagande veut la faire passer pour une justice. Malheureusement, des africains toujours les premiers à être impressionnés par l’industrie du leurre occidental y croient vivement. Or, la CPI n’est une justice que de nom. Puisqu’elle est très sélective. Elle cible et pourchasse certains hommes qui, à l’observation de leur personnalité et de leur orientation idéologique, ne sont coupables de rien sauf à refuser de se soumettre au colonialisme et elle garantit l’impunité la plus absolue à de véritables criminels. La CPI distingue donc deux types de crimes : les mauvais crimes qui sont commis par ceux qui sont du mauvais côté, c’est-à-dire ceux qui s’opposent à l’occident et les bons crimes qui sont le fait de ceux qui sont du bon côté car ils sont occidentaux ou leurs alliés. En plus de cette distinction, la CPI fabrique des crimes contre d’autres personnes que l’Occident entend punir.
De par son origine, son financement et ses pratiques, la CPI montre bien qu’elle est une institution des pays que vous venez de citer. La quasi-totalité des ONG qui ont été créées ou activées pour lui donner un vernis citoyen parrainé par l’ONU sont fondées ou financées par l’Union Européenne, le gouvernement britannique, la NED, c’est-à-dire la CIA, Open Society la fondation de George Soros qui se décline en Afrique par OSIWA, OSF-SA, OSISA et OSIEA. L’inénarrable Luis Moreno Ocampo, le fameux procureur de la CPI qui a connu des accusations d’abus sexuels de la part d’un de ses collaborateurs, a été enseignant aux universités de Stanford et de Harvard, consultant à la Banque Mondiale et aux Nations Unies puis membre consultatif de Transparency international dont il a présidé la délégation Amérique latine. On comprend donc le canevas idéologique de cet homme qui n’a durant tout son mandat donné au crime contre l’humanité que le visage noir des africains soigneusement triés sur le volet.  
A propos de l’Afrique, c’est le continent le plus riche de la planète, avec une profusion de ressources naturelles, mais aussi,  57% vivent sous le seuil de pauvreté, c’est-à-dire avec moins d’1,25 $ par jour.
Komla Kpogli : Cette contradiction s’explique par le fait que l’Afrique continue d’être un continent colonisé dont les richesses nourrissent d’autres peuples. Il n’y a pas d’Etats en Afrique pour organiser l’économie et l’orienter vers la résolution des problèmes endogènes. Il existe dans chaque espace délimité, un semblant de territoire, une population, mais pas un pouvoir organisé. Ce dernier est institué et organisé pour drainer les ressources africaines vers d’autres cieux. L’Afrique est confronté à ce que vous décrivez car elle est un continent extraverti, son économie est une économie coloniale conduite à produire ce qu’on lui demande et non ce qui correspond aux besoins de son peuple, son système éducatif, une construction coloniale, produit une cargaison des cadres aliénés, des cadres encadrés dont les rêves les plus fous sont non pas de transformer l’Afrique à partir de ses valeurs intrinsèques, mais plutôt de maintenir et vulgariser la version falsifiée de l’histoire africaine, de violer le peuple noir, de lui imposer toute sorte de greffe ou de travailler dans institutions dites internationales qui ont toujours œuvrer contre l’Afrique à savoir l’ONU, l’UE, la Banque Mondiale, le FMI, l’OMC…Bref, cette « élite indigène » désire ardemment s’emparer du costume de hauts fonctionnaires qui mystifient leur monde par ce qu’ils considèrent comme un brillant parcours ou une réussite extraordinaire. Pour monter les étages de ces proto-Etats et conserver ses petits privilèges, cette « élite indigène » fière de son statut immobilise tout le reste de la société. L’école africaine confirme cet état de chose. L’école africaine ne donne à l’africain ni les bases théoriques nécessaires à la compréhension de ses problèmes, encore moins les outils pour les résoudre. Elle déprogramme l’africain depuis le bas-âge, le reprogramme contre lui-même et cette reprogrammation est consolidée par le catholicisme colonial qui chemine avec un protestantisme acculturateur et un islam rabougri, perturbateur et qui, en terre africaine ne s’illustre que par la consommation effrénée du mouton et le cérémonial de la prière incessante. Ces religions importées à coups de canons, d’épée et de ruses de la « bonne nouvelle » et du « salut » sont concurrencées par un mouvement évangélique « born-again » financé par l’axe américano-israélien qui ajoute de la confusion à la confusion dans une ambiance de show américain avec des pratiques mystificatrices servant à racketter des populations médusées dont les pensées sont orientées vers un paradis dont l’accès est conditionné par la pauvreté sur terre. Tout ceci fait que les africains ne maîtrisent pas du tout leur espace dont ils ont perdu d’ailleurs la possession depuis des millénaires si nous remontons à l’Egypte pharaonique.
Que faudrait-il faire pour inverser la situation ?
Lorsqu’on ne maîtrise pas son espace, on ne peut pas le transformer. La condition sine qua non pour remédier à ce drame c’est de comprendre que l’Afrique n’est pas africaine. Qu’elle n’est en rien indépendante et que les africains ne décident de rien du tout. Ils vivent sur des territoires qu’ils ne maîtrisent pas. Mais déjà ce premier constat est nié et combattu farouchement par quelques négro-africains trépanés dans les écoles et universités occidentales. Ceux-ci le font soit par naïveté, soit par intérêts et quels intérêts d’ailleurs ? Des Miettes qui tombent de la table des maîtres au travers du financement du business associatif ou des miettes du pouvoir colonial que ces négro-africains gèrent. Or sans ce diagnostic, les solutions à prescrire seront du cautère appliqué sur une jambe de bois. Du reste, c’est ce qui se passe. Donc, il faut poser clairement le diagnostic et aboutir à la conclusion que l’Afrique demeure sous colonisation. Pour preuve, elle produit toujours des matières premières contre des produits finis et dans les deux cas les prix ne sont pas fixés par elle. Elle subit des guerres coloniales, son système monétaire est contrôlé de l’extérieur…Une fois ces faits établis, il faut dire aux africains que le développement est impossible dans des cadres étatiques extravertis, cloisonnés et construits à la conférence de Berlin entre 1884-1885 pour résoudre les problèmes liés aux rivalités entre pays occidentaux impérialistes. Qu’en conséquence seule une insurrection générale qui démolira ces proto-Etats pour les reconstruire sur les valeurs négro-africaines passées à la loupe de notre douloureuse histoire, avec une idée fédérale comme principe et des outils de défense des plus robustes peut sortir l’Afrique de la misère imposée à elle. Mais pour y arriver, il faut former et informer les africains. Il faut les organiser efficacement. Il faudra, pour cela, commencer par faire admettre aux africains que sous un leadership éclairé et courageux, les peuples les plus médiocres ont pu faire des bonds dans l'histoire et qu’en conséquence l’attitude typiquement négro-africaine qui nous pousse à haïr, à détester et à isoler celles et ceux de nos enfants qui sont lucides et capables d'imprimer un rythme de marche relève de la folie qui conduit au suicide. C'est uniquement sous un leadership capable que nous relèveront la tête et dans ce cas, il faut dénoncer les mesquineries qui nous minent, braquer la torche sur les petits coups bas, éclairer les petits arrangements nocturnes pour isoler, détruire ou court-circuiter les gens les plus vaillants parmi nous et saboter les initiatives les plus audacieuses, ne plus confier aux plus incapables mais qui par la ruse et le torpillage des autres s’accaparent des tâches qu'ils se précipitent de couler dans l’immobilisme le plus paralysant. C’est dans cet ordre d’ailleurs que nous avons lancé depuis février 2005 l’idée d’un front africain contre le néocolonialisme (FAN) qui, au regard des évènements récents, est plus que nécessaire. Ce n’est que suite à un bouleversement de cet ordre immobile établi entrainant une maîtrise effective du sol africain que les africains pourront construire une économie conforme à leurs besoins et à leurs aspirations. 
Pour vous, l’Union africaine telle qu’elle existe aujourd’hui, est le symbole palpable d’une Afrique sabotée. Par qui ?
komla Kpogli : Oui, l’Union Africaine dans sa forme actuelle est la forme la plus perfectionnée de la non-Afrique. Car, l’idée d’une unité continentale telle qu’elle a été envisagée par Nkrumah, Sekou Touré, Nasser, Modibo Keita, Olympio et bien d’autres était assassinée dès lors que le groupe de Monrovia s’était joint au groupe de Brazzaville. Ce dernier étant, par origine et par destination, un outil de la France, lorsqu’il a rejoint le groupe de Monrovia, a fait naître une organisation continentale tronquée, inefficace, absolument parasitaire et paralysante. Les idées du groupe de Casablanca, plus en conformité avec l’esprit des pères fondateurs du panafricanisme sont ainsi mises en minorité et tuées.
En clair, c’est la France qui a le plus ouvertement saboté l’unité continentale. Bien évidemment ce torpillage s’est élargi avec d’autres pays notamment les USA, la Grande-Bretagne, la Belgique, le Canada et le cadre appelé l’Union Européenne qui ne perçoivent pas l’Afrique dans un rôle autre que celui de fournisseur de sources d’approvisionnement en matières premières et de débouchés pour leurs industries. Mais, ces pays ont d’abord pris le soin de dresser ce que la France coloniale appelle une « élite indigène » dont la mission est de collaborer à l’exploitation de l’Afrique. C’est en faveur de cette élite qu’on a assassiné ou renversé Lumumba, Olympio, Nasser, Nkrumah, Sekou Touré, Modibo Keita et des millions d’autres anonymes. C’est en faveur de cette même élite que le président Laurent Gbagbo a été renversé et Mouammar Kadhafi assassiné froidement. Avec l’élimination de ces deux derniers dirigeants, la pensée anticoloniale au pouvoir et l’ambition d’une réelle unité africaine viennent de subir un rétrécissement géographique dont l’immensité sera difficile à combler, car actuellement, il ne reste en Afrique quasi-totalement que des contremaîtres qui veillent jalousement sur les intérêts du colonialisme. Jamais l’Afrique n’a connu une telle période dans son histoire, puisqu’aux temps mêmes les plus sombres des razzias négrières et du colonialisme direct, il y avait des gouvernants ouvertement hostiles au système et favorables à la dignité aussi bien individuelle que collective.
Quelles seraient d’après-vous les conséquences d’Africom pour le continent africain ?

komla Kpogli : Africom c’est le dispositif militaire que les européens qui occupent les terres indiennes d’Amérique ont conçu pour encadrer l’Afrique. Ce commandement militaire opère actuellement depuis Stuttgart en Allemagne. En dépit de toutes les explications des responsables d’Africom notamment celles de son premier commandant, un général noir – la précision vaut le coup – nommé William Ward qui est remplacé depuis mars 2011 par le général Carter Ham qui veulent le faire passer pour inoffensif et l’intérêt des africains, ce déploiement militaire a et aura trois conséquences majeures.

Il vise avant tout à renforcer la présence des européens occupant l’Amérique en Afrique et donc à agrandir leur sphère d’influence politique. Ce qui signifie qu’ils influenceront plus directement et plus lourdement la politique en faisant des coups d’état, des guerres et du contrôle direct des populations. Ils auront des troupes et leur commandement à portée de la main comme la France qui, avec ses bases militaires au Gabon, à Djibouti et au Sénégal ainsi qu’avec des opérations extérieures (opex) fait des guerres, opère des changements de régime, soutient les régimes qui défendent ses intérêts contre le peuple et contrôle les populations.

Ensuite, Africom vise à sécuriser les sources de matières premières nécessaires à l’économie des USA, en particulier le pétrole, dont l’importation aux États- Unis devrait, selon les termes mêmes de la CIA, supplanter en volume dans les dix prochaines années celles en provenance de l’Arabie saoudite. Ce qui veut dire que les ressources africaines vont échapper davantage aux africains qui contrôleront encore moins leur espace qui leur a déjà énormément échappé.

Enfin et ceci n’est pas la moindre des conséquences, ce commandement militaire visant à contenir l’influence chinoise sans cesse grandissante en Afrique, entraînera une rivalité qu’on peut qualifier de choc des titans et dont les victimes ne seront que des africains.