dimanche 3 janvier 2021

Le système n'a jamais autant été serein et total en Afrique.

 


Le système colonial qui écrase le peuple africain n’a jamais été aussi serein que durant ces 5 dernières années. Et 2020 a été un couronnement de tous les échecs populaires face aux « élites coloniales » qui jouent merveilleusement bien le rôle que les forces extérieures leur ont confié: continuer et peaufiner l’entreprise de démolition coloniale du continent central.

Partout notre peuple broie du noir, nage dans la boue, agrandit les cimetières, voit une partie de ses jeunes tuer sur la Méditerranée. Tout est éteint ou presque en Afrique. Partout, les syndicats d'étudiants, les paysans, les commerçants, les différents segments de la société qui devraient contester, combattre et renverser le système africanophage sont éteints, désorganisés, individualisés, divisés, déviés, immobilisés et coulés. Partout, les oppositions contrôlables et contrôlées ont conduit notre peuple, sans formation politique sur les réels défis qui confrontent l’Afrique, à valider le système avec des élection-folklores. Les tièdes contestations des résultats de ces fausses élections de ces oppositions de façade, en réalité des jumeaux des pouvoirs auxquels ils prétendent s’opposer, ont abouti à des désillusions populaires sans limites, poussant les populations à n’espérer que Dieu et Allah et de leurs fameux prophètes Jesus et Mohamed la solution. Partout les tyrans se sont enracinés durant cette année 2020: certains sont passés de Général à Maréchal, de malades paralysés à président à vie, des 1er et 2eme mandats volés dans le sang à 3ème mandat volé dans le sang; d’autres ont fait des adaptations pour que rien ne change. C’est ainsi qu’on voit certains vieux caïmans faire recours à quelques mots panafricanistes attrape-nigauds pour se donner l’image de militants anticolonialistes chevronnés.

Un cas emblématique reste le Burkina Faso où un ancien élève de l’école de Blaise Compaore, l’assassin de Thomas Sankara sur ordre, est mis sur le trône colonial depuis 2015. Il est réélu en 2020 avec en 2eme position le CDP, parti de Blaise Compaoré. Ce qui consiste un enterrement encore plus profond du Sankarisme alors que l’Afrique en a plus que jamais besoin.
La guerre économique fait rage sur le continent entre les colonialistes traditionnels ( France, Angleterre, Belgique, Allemagne, les USA) et les colonialistes intermédiaires et de la nouvelle génération ( Japon, Canada, Russie, Chine, Inde, Turquie, Brésil, les pays arabes du Golfe...). Sous prétexte de lutter contre un terrorisme fabriqué de toutes pièces, l’occupation militaire de l’Afrique n’a jamais été aussi avancée.
Quant à la fameuse Diaspora africaine, elle est en miettes, totalement divisée et sans organisation véritable. Indifférents et recherchant la "réussite" individuelle dans un système de captivité collective, beaucoup d'africains de la Diaspora n'ont rien à foutre d'un quelconque combat de libération remplacé par la course pour "construire sa villa avec piscine au pays". Les autres de la Diaspora qui se disent avertis, s'illustrent dans les discours confus et dans les incantations devant la caméra de téléphones portables, chacun s’attribue le rôle du libérateur né, dans son coin. Des agitations observées ici et là n’ont même pas atteint les chevilles du système qui est tranquille et déroule. Aucun chantier organisé dans la discipline n'est entrepris. Tout le monde est sourd devant l'appel à s'organiser. Or, là est la première pierre.
De 2015 à 2020, la cause de notre peuple a avancé de 0 millimètre. Les médiocres, les voyous, les criminels et les assassins n’ont jamais autant prospéré sur le sol africain. Le trio magique FMI, la Banque mondiale et l’OMC n’a jamais été aussi puissant sur les terres africaines où la misère croît au fur à mesure que la croissance des enclos coloniaux est vantée, car l’économie africaine conserve et renforce ses attributs coloniaux caractérisés par la production de matières premières de toutes sortes contre l’acquisition des produits finis de qualité moyenne et basse a des prix très élevés. L'accaparement des terres agricoles africaines par des banques, des entreprises et des pays étrangers pour produire des aliments et des non aliments ne cesse de prospérer devant des populations médusées et surprises de l'expulsion violente de la terre de leurs ancêtres. Bref, plus ça va moins ça va.
Partout l’agitation et les gesticulations notoires prennent la place du travail certes difficile mais incontournable d’organisation, de discipline, de structuration et donc de construction des conditions de la victoire qui attend notre peuple s’il a la volonté de se libérer et de se reconstruire. Les plus sérieux, les plus visionnaires des messagers pour une lutte de libération africaine sont ignorés, écartés et rejetés au profit des prophètes crieurs annonçant des miracles. Pendant que des amuseurs publics se définissant eux-mêmes comme des marmailleurs, des apôtres, des évangélistes, des imams....jouent les pitres devant des milliers de spectateurs aimant et partageant massivement dans un rire gras et totalement inconscient ces bouffonneries sur Facebook.
Tout est facile pour toutes ces forces coloniales qui ont théorisé depuis les années 1850, après la razzias négrières durant 400 ans, le projet selon lequel "l'Afrique est notre (leur) avenir" et que pour cela, il fallait, selon le géographe français Onésime Reclus, "lâcher l'Asie pour prendre l'Afrique", le plus facile des continents à coloniser . 

Dans cette situation, la désorganisation de ceux qui prétendent lutter contre ce système africanophage est le plus grand problème à régler en 2021 si nous espérons commencer à mettre les bases de la future confrontation incontournable entre notre peuple et ses dominateurs locaux et extérieurs.

Komla Kpogli, S.G du MOLTRA, 3 janvier 2021

samedi 26 décembre 2020

Centrafrique: La France est en train de punir Touadera dans l’indifférence et surtout l’ignorance des Africains


La France et ses amis de l'Union européenne appuyés par leur grand frère, les Etats Unis d'Amérique sont en train de faire tout ce qui est en leur pouvoir pour torpiller la réélection de Faustin Touadéra, l'actuel président de la Centrafrique. Arrivé en 2016 à la tête de ce pays sans cesse pillé et plongé dans l'abîme par la France et ses multinationales (Total, Aréva...) sous la régence d'une mafia politique locale dont la tradition de soumission à la France remonte à la création de toutes pièces de cet enclos colonial, Touadera a vite compris qu'il fallait baisser l'influence française dans le pays pour que les populations puissent respirer un peu. 

Touadera a donc entamé des discussions avec les différents groupes de voyous armés dans le pays. Ces discussions ont abouti à un accord de paix signé le 6 février 2019 à Khartoum. Le gouvernement Touadéra a pris 21 engagements contre 10 pour les "rebelles" c'est-à-dire des bandits armés par qui on sait. 

Ensuite, Touadera et ses amis se sont tournés vers la Russie et la Chine, deux pays qui ne cessent de consolider leur présence en Afrique, ce continent considéré depuis les années 1850 par les Européens colonisateurs comme leur "avenir" après l’avoir razzié durant 400 ans au cours desquels 200 millions d’africains furent emportés par l’esclavage, transports, jetés en mer, captifs et massacrés collatéraux réunis. La Russie de Poutine a sauté sur l'occasion et donne des armes ainsi que la formation à l'armée nationale en reconstruction par Touadéra. Contre cette prestation, la Russie reçoit des concessions minières et agricoles. La France et ses amis ayant décrété un embargo sur les armes en direction de l'armée nationale pour la garder faible face aux bandits armés, de sorte que leur présence militaire (Sangaris, Minusca et autres mafias) soit toujours maintenue en Centrafrique se fâchent gravement contre Touadera. Pour la France, faire entrer la Russie en Centrafrique, c'est violer son espace, c'est faire entrer chez elle, dans son jardin, un intrus. Une telle désobéissance, plutôt cette trahison doit être châtiée.

En guise de riposte contre cette insolence de Touadéra, la France renforce et prolonge l'embargo alors qu'elle livre des armes aux groupes de bandits armés et les protège via les fameuses troupes de l'ONU en Centrafrique qui ne sont que des troupes françaises déguisées. De plus, Jean-Yves Le Drian et Macron ont demandé à Idriss Deby(L) et à Sassou Nguesso, deux des plus vieux préfets français dans la région de parler à leur jeune frère Touadera pour qu'il cesse ses liens avec la Russie. 

Touadéra n'ayant pas obtempéré, la France demande aux Opposants professionnels centrafricains et à leurs ailes marchantes appelées abusivement des Associations de la Société civile de se réunir pour former une coalition. Le 29 mai 2019, ces associations accompagnées par Jean-Serge Bokassa fils de l'Empéreur-paillasson, l’ancien Premier ministre Anicet-Georges Dologuélé et Karim Meckassoua, ex-président de l’Assemblée nationale coachés par Jean-Yves Le Drian et ses conseillers avaient créé ce qu'ils ont dénommé "la plateforme É Zingo Biani (Front uni pour la défense de la nation) en vue d'obtenir la destitution Touadera accusé d'avoir signé en solo l'accord de Khartoum avec les groupes armés. Cette coalition volera en éclat moins d'un an plus tard, le 25 avril 2020. 

Ensuite, Macron convoque Touadéra à l'Elysée en septembre 2019 pour lui demander de faire sortir la Russie du jardin français centrafricain. Têtu (rire), Touadéra, à peine sorti de l'Elysée, déclarera dans un entretien au journal français, Le Monde du 7 septembre 2019: "La coopération avec la Russie ne date pas d’aujourd’hui, elle existe depuis les années 1960. Aujourd’hui, la Russie fournit à la Centrafrique des moyens létaux pour nos forces de défense et il n’y a pas de raison qu’il y ait des affrontements avec la France. Ce n’est pas notre ambition. Aujourd’hui, la Centrafrique a de nombreux défis et tous les pays amis qui veulent apporter leur soutien pour ramener la paix et la stabilité sont les bienvenus. Les conflits qu’on évoque entre la France et la Russie n’ont pas lieu d’être. Les deux pays doivent travailler en Centrafrique en toute synergie pour que la paix revienne. La presse en a fait beaucoup et a donné l’impression qu’il y avait des conflits entre ces deux pays, mais les autorités centrafricaines font en sorte qu’il y ait la transparence. La France, qui est le partenaire historique de la Centrafrique, a sa place. La Russie, qui apporte quelques éléments de soutien dans la fourniture d’armes, a également sa place pour nous aider à obtenir la paix et la stabilité." 
En résumé, Touadera répond à Macron et aux entreprises françaises que la Russie restera en Centrafrique et que la France doit accepter cette cohabitation car il y a de la place pour chacun de deux intérêts.

Toujours en 2019, le "grand frère" américain, Donald Trump, prenant le relais, avait demandé à Poutine et à Touadéra de s'expliquer sur la présence de la Russie en Centrafrique avec qui elle est liée par un accord militaire. Les services de Donald Trump solliciteront ensuite Felix Tshisekedi du Congo pour raisonner Touadéra et pour le prévenir que sa "russophilie" risque de le perdre. Par ailleurs, au sein du Conseil de sécurité, la Russie aggrave son cas et celui de Touadera en plaidant pour que l'embargo contre l'armée nationale imposée par la France soit levée. Cela énerve cette dernière qui ne supporte pas tout ceci. Macron et ses services finiront par entonner sur tous les toits que la Russie enseigne la francophobie aux africains. Le point culminant de cette nervosité a été atteint le 20 novembre 2020 lorsqu'Emmanuel Macron a dénoncé, dans un entretien à Jeune Afrique, la "stratégie menée par la Russie... pour alimenter un sentiment antifrançais en Afrique en jouant sur le ressentiment post-colonial...Il y a une stratégie à l'oeuvre, menée parfois par des dirigeants africains, mais surtout par des puissances étrangères, comme la Russie..., qui jouent sur le ressentiment post-colonial. Il ne faut pas être naïf: beaucoup de ceux qui donnent de la voix, qui font des vidéos, qui sont présents dans les médias francophones sont stipendiés par la Russie ou la Turquie." Mais, ce cri de colère ou de détresse ne changera rien. 

Face à cet entêtement et pour préparer la suite, la France et ses amis font revenir le 16 décembre 2019 en Centrafrique François Bozizé, leur ancienne marionnette renversée en 2013. Agé de 74 ans, Bozizé déposera sa candidature à la présidentielle du 27 décembre 2020. Sa candidature sera invalidée le 3 décembre dernier. Il s'allie donc à Dologuélé, la marionnette en vogue de la France. 

À 6 jours de cette élection qui devrait offrir un nouveau mandat à Touadéra, la France tente de tout pourrir par l'intermédiaire de ses lieutenants Bozizé et des groupes armés qui sèment la guerre dans le pays actuellement. 

La Russie a envoyé 300 "instructeurs" militaires en Centrafrique pour aider l'armée nationale aux côtés de Touadera. Les USA de Donald Trump haussent une fois encore le ton et demandent à la Russie de s'expliquer et de préciser, dans un exercice de "transparence", ce que les 300 hommes sont partis faire sur le sol centrafricain. Plutôt sur le sol français de Centrafrique. 

L'enjeu géopolitique qui cache la vraie guerre économique que se livrent ces pays en terre africaine, notamment en Centrafrique saute aux yeux. Les populations africaines, encore largement endormies, souffrent et souffriront encore, puisque cette guerre économique va s'intensifier surtout dans cette période de crise sanitaire de coronavirus qui aggrave la crise économique que le capitalisme néolibéral génère. 
Les peuples qui habitent des territoires immensément riches mais totalement désorganisés et plongés dans la misère paieront un lourd tribut aux puissances mondiales qui se disputent et se disputeront encore plus violemment l'accès des matières premières stratégiques. 

En 2011, lorsque Laurent Gbagbo a été capturé par l'armée française sous la présidence de Sarkozy appuyé par Barack Obama, nous disions: "Tant que la France sera en Afrique, il n'y aura ni paix ni développement". La preuve est une nouvelle faite en Centrafrique où Touadera qui n'est pas un révolutionnaire gauchiste mais un réformiste libéral, c'est-à-dire quelqu'un qui tente juste de résoudre quelques problèmes basiques du pays se trouve violemment attaqué par la France et ses réseaux. 
Nous avons un grand travail à accomplir en tant que peuple pour arriver à libérer et reconstruire notre terre. Rien ne nous sera donné. Nous ne cessons de le clamer. 

Un pays dominé et qui ne s'est pas encore libéré ne peut considérer la Russie, une puissance qui joue sur la scène internationale un rôle stratégique, comme un partenaire. La présence d'un tel acteur sur un territoire dominé signifie que ce territoire se dote d'un nouveau maître. Les enclos coloniaux africains n'ont pas besoin de nouveaux maîtres quelles que soient les bonnes intentions et la bienveillance affichées de ceux-ci. Ni la Russie, ni la Chine ne sont en Afrique pour sauver les africains de leur misère. Ces pays défendent leurs intérêts économiques et politiques à l'instar des colonisateurs classiques. Cependant, à l'étape actuelle en Centrafrique, tout en étant lucide, le Mouvement pour la Libération Totale et la Reconstruction de l’Afrique (MOLTRA) soutient Touadera. Le MOLTRA soutient surtout le peuple africain de Centrafrique qu'il encourage à se mobiliser et à s'organiser pour vaincre toutes les forces impérialistes qui veulent une fois encore l'immobiliser pendant qu'il commence à sortir le nez de la boue françafricaine. 

Komla KPOGLI, S.G du MOLTRA, 25 décembre 2020 
Mouvement pour la Libération Totale et la Reconstruction de l’Afrique. 
Site officiel: www.moltra.org
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lundi 21 décembre 2020

2020: aucune victoire

Une année de plus est en train de finir sans que notre lutte ait remporté de victoire. Nous avons beaucoup bavardé, glosé, gueulé et théâtralisé sur Facebook, sur Whatsapp, sur Twitter et autres. Une nouvelle génération d’agitateurs coiffés de béret et de treillis de combat ou encore d’habits traditionnels africains s’est illustrée par du spectaculaire et du symbolique ici ou là, ravissant ainsi quelques applaudissements qui cachent mal notre état de faiblesse énorme face à la machine de guerre qui écrase notre peuple depuis si longtemps.

Concrètement, la vérité c’est que nous n'avons pas réussi à nous organiser, à nous structurer plus que par le passé pour lancer le grand mouvement populaire dont l'Afrique a besoin pour se relancer après cette longue nuit d'immobilisme ou plutôt de régression terrible. Sur le terrain, en matière opérationnelle, la peur collective est ce qui domine. De peuple premier, nous sommes sommes devenus le paillasson de l'humanité, humiliés, dévalisés et moqués par tous. 

En cette année 2020 finissant, les petits vassaux placés à la tête des enclos coloniaux africains abusivement appelés Etats africains se sont renforcés et ont renforcé le carcan contre nous un peu partout en volant encore plus les fameuses élections et en tripatouillant les fameuses constitutions pour s'éterniser sur leurs trônes coloniaux avec la complicité des Opposants accompagnateurs ou sans imagination. La misère s'est alourdie, des milliers de compatriotes ont fini encore noyés dans la Méditerranée, des guerres de pillage comme au Kongo, au Mali, en Libye sont toujours actives, de nouvelles guerres appelées "lutte contre le terrorisme islamiste", ce qui en réalité constitue la guerre économique, sont allumées et vont s'aggraver dans le futur, le chaos généralisé s'est approfondi, les cimetières ont été élargis, quelques constructions chinoises cachent la réalité de l'absence d'infrastructures adaptées sur nos terres, l'école coloniale africaine a produit encore plus d'aliénés, les outils de pillage comme Franc CFA, les accords commerciaux sont perfectionnés, l'Afrique s'enfonce davantage dans le néolibéralisme répressif qui se manifeste sur nos terres par une misère honteuse qui s’aggravera avec la ZLECA ( Zone de Libre Échange continentale africaine), nous ne sommes que l’ombre de nous-mêmes dans un monde impitoyable et qui dessine les traits d’un futur encore plus difficile pour les peuples désorganisés et affaiblis....Face à tout ceci, notre réaction est inexistante même s'il y a eu beaucoup d'agitations ici ou là. Et le coronavirus n’a fait qu’aggraver notre désorganisation, notre dispersion, notre apathie et notre indifférence.

Nous espérons que 2021 va nous pousser à nous organiser, nous organiser et nous organiser encore et toujours. Nous avons besoin absolument de forger les outils et les moyens de la grande bataille populaire qui nous attend pour libérer et reconstruire notre Afrique. Sans ce travail de base, rien ne se fera et nous risquons de passer 2021 comme nous sommes en train de finir 2020. 

Les défaites de 2020 doivent absolument nous pousser à plus d’intelligence, à plus de détermination pour acquérir plus de connaissances sur les lois qui régissent l’Histoire et les actions qui ont toujours fait passer des peuples dominés et écrasés de leur état de servitude à l’état de renaissance sous un leadership radicalement patriote.

 Komla KPOGLI, S.G du MOLTRA, 20 décembre 2020

samedi 3 octobre 2020

Non à l’instrumentalisation des revendications des LGBT

Depuis les « Lumières », pas mal de questions sociales et économiques se sont posées à l’Europe, notamment celle portant sur l’égalité entre les hommes et les femmes. Cette question n’est pas totalement résolue même si des évolutions importantes ont été accomplies dans de nombreux domaines, notamment celui des droits des LGBT.

Sur le continent africain, ce chantier de l’égalité est, parmi tant d’autres, l’un des chantiers les plus importants. L’Afrique dont le passé est meurtri par les razzias négrières et le colonialisme, la question existentielle reste prioritaire. Ce qui ne veut pas dire que ces mêmes questions d’Egalité à tous les niveaux ne se posent pas. Mais, elles ne se posent pas de la même manière qu’en Europe, une terre industrialisée, indépendante qui a résolu pas mal de ses problèmes par son propre génie mais aussi  en pillant les terres du Sud. C’est là même une des manifestations de son génie. 

 

Le passé colonial de l’Afrique et la mainmise du continent européen et de l’impérialisme américain sur les richesses africaines, y créant, par conséquent, une dépendance économique, politique, sociale et culturelle sont des obstacles à toutes les revendications égalitaires y compris celle des LGBT. Toutes ces revendications sont réprimées par des régimes mis en place et nourris par l’Occident. Ces dernières années, de nouveaux acteurs viennent s’ajouter au vieil impérialisme occidental pour renforcer cette confiscation démocratique violente et enfermer les populations africaines dans une situation d’immobilisme, mieux de régression sur beaucoup de plans.

C’est dans ce contexte que se pose donc la question des droits de la communauté LGBT qui, vu les évolutions, a toute sa place en Afrique. Mais, en aucun cas, on ne peut traiter cette question en dehors de la complexité culturelle de la société africaine. Fort heureusement, l’homosexualité et les droits des LGBT, aujourd’hui en Afrique, fait l’objet de discussion naturelle à l’intérieur des groupes organisés, des associations et des partis politiques ou autres. Ces discussions qui font leur chemin, commencent à avoir un écho sur le terrain de sorte que les mentalités évoluent . Elles n’ont pas besoin d’être bousculées de sorte que des étapes soient brûlées. Tout changement social qui se fait aux forceps génère des drames. L’Afrique n’en a plus besoin. 

 

Voilà pourquoi, nous, associations, partis, organisations...devons aider notre société à multiplier les espaces de discussion sur ce sujet de société, de manière sereine, ouverte, tolérante et démocratique, car celle-ci fait partie intégrante de la grande question de l’émancipation de la société africaine dans sa globalité. Nous ne cesserons de le clamer, c’est aux africains et à eux seuls qu’il revient de résoudre ce sujet.

 

Toutefois, dans un monde aussi globalisé où des interconnexions de tous genres ne cessent de se tisser, il est illusoire de penser que des influences extérieures ne vont pas s’exercer sur les africains comme c’est le cas dans bien d’autres domaines. Aussi bien des individus que des associations externes affichent et afficheront leur solidarité avec cette communauté. Mais cette solidarité doit s’exprimer dans le respect des spécificités de chaque société. Ce que l’Afrique rejette, vu son passé et sa dépendance actuelle, c’est toute ingérence, à coups de chantages et d’injonctions d’ordre colonial, dans ses affaires internes à tous les niveaux. 

 

On a vu dans beaucoup de pays africains y compris même en Europe que les revendications légitimes des LGBT sont instrumentalisées à des fins politiciennes par la bourgeoisie et ses divers agents. C’est le cas par exemple de David Cameron, en 2011, qui imposait la légalisation de l’homosexualité comme condition à « l’aide au développement ». Depuis lors, d’autres dirigeants occidentaux lui ont emboité le pas sur un ton encore plus infantilisant envers l’Afrique et ses peuples. Ce type d’injonctions n’est pas bénéfique pour la communauté LGBT en Afrique, car elle est perçue comme une pression extérieure sur une question sociale qui appelle, il faut le redire, la participation de la société elle-même et dans son ensemble pour une approche plus juste et égalitaire entre toutes ses composantes. 

 

L’émancipation des LGBT est une question intrinsèquement liée à la lutte des peuples africains pour leur émancipation; une lutte sans cesse pour la démocratie et l’indépendance de l’Afrique envers toutes les forces colonialo-impérialistes ...

 

En tant que syndicaliste, nous rejetons catégoriquement toutes les sortes d’instrumentalisation de la juste cause des LGBT. Nous ne sommes pas dupes : nous voyons très bien comment quelques personnes, refusant le débat démocratique dans des organisations censées être démocratiques, manipulent et instrumentalisent sans scrupules une cause comme celle-ci, et bien d’autres encore.

 

Si des organisations syndicales, politiques ou de la société civile, en Europe et en Occident d’une manière générale veulent aider d’autres sociétés, notamment les africains sur la cause des LGBT, elles devraient s’inscrire, aux côtés des panafricanistes authentiques, dans le combat d’émancipation qu’ils sont en train de mener à tous les niveaux pour la libération et la reconstruction de l'Afrique où les libertés et l’Egalité sont respectées, en mettant la pression sur leurs propres gouvernements qui n’arrêtent pas de soutenir et d’imposer des régimes dictatoriaux, défenseurs sanguinaires des intérêts de la bourgeoisie contre les peuples opprimés. C’est en faisant cela que ces organisations gagneraient de la crédibilité. Pas en procédant par instrumentalisation et par manipulation d'une cause juste dans le but de refuser l’examen de leurs propres faiblesses et contradictions lors d'un débat démocratique sain et revitalisant que certains de leurs dirigeants rejettent par un autoritarisme qui, juste avant d'être confronté à l'appel concret au débat, s'attribuait le qualificatif d'une démocratie.

 

Komla Kpogli, syndicaliste, Unia

mardi 11 août 2020

La lutte doit être totale.

 La dette encore et toujours. Il faudra tenir une chronique. Nous l'écrivions le mois dernier: il ne se passe un mois sans que le système Franco-Gnassingbé ne tende ses mains ensanglantées vers l'extérieur pour quémander quelques milliards de Francs des Colonies françaises en Afrique, rebaptisés malicieusement Francs de la Communauté financière africaine. 

Tellement ce territoire est asséché, car pillé, dévalisé et vidé de ses biens depuis 1963, année où la France et ses amis ont fermé la petite parenthèse de 3 ans ouverte par des patriotes africains du Togo qui voulaient son "indépendance". Le 13 janvier 1963, la France fit assassiner par le mercenaire Georges Maitrier du SDECE (Service de documentation extérieure et de contre-espionnage), Sylvanus Olympio, leader de ce mouvement patriotique. Depuis lors, le saignement n'a été aussi abondant sous la vassalité d'un groupuscule de criminels se reproduisant de père en fils formés à l'école du crime colonial. Des milliers de milliards sont volés chaque année par cette racaille interne et externe qui, tel un épervier volant un poussin qu'il va dévorer loin des lieux du crime, emporte son butin dans les paradis fiscaux occidentaux.
Aujourd'hui, ce territoire est complètement anémié. Voilà pourquoi, le régime tend continuellement la main mendiante. Et à chaque fois, les services de propagande de ce régime présente cette récurrente mendicité augmentant la dette du pays comme un "succès foudroyant", "un sans faute", "une énorme réussite" d’une opération qu'il nomme joliment "mobilisation de l'épargne des personnes physiques et morales en vue d'assurer la couverture des besoins de financement du budget de l’Etat." De quel Etat parle-t-on? La carcasse d'appareil colonial qui immobilise les masses populaires et le territoire depuis 57 ans: voilà l'Etat africain.
La situation est tellement catastrophique pour des populations affamées, assoiffés et privées de tous les soins primaires dans ce territoire où les cimetières ne font que s'étendre. Les banques commerciales, constatant l'absence de l'épargne des africains du Togo totalement appauvris, ne prêtent actuellement qu'à des conditions très dures notamment à des taux usuriers entre 10 et 15% au minimum et sur présentation d'une garantie financière allant d'un dépôt d'une somme importante au dépôt d'un titre foncier.

Face à une telle situation, les africains du Togo ne peuvent plus, ne doivent plus continuer à attendre un sauveur. Ils doivent s'organiser, se dresser pour asséner le coup de poing proportionné à ce système qui continuera à les appauvrir et à assassiner toute personne qui oserait émettre la moindre critique sur cette mafia locale mise en place par une pègre internationale. Si les africains du Togo attendent la réforme de ce système par ses animateurs ou bien à la suite de l'accession au pouvoir colonial par des opposants institutionnels qui ne sont que de pâles copies des premiers, eh bien, les africains de ce territoire finiront par tomber raide morts après avoir, sans cesse, été tournés en rond le ventre vide.

L'histoire des peuples dominés, notamment celle de beaucoup de pays asiatiques hier sauvagement maltraités et allègrement pillés par la "civilisation" est là pour nous renseigner sur ce qu'est un processus de libération et de reconstruction. Il est fait de travail acharné de mobilisation, d'organisation, de structuration et conduite des masses populaires conscientes et formées par un leadership radicalement patriote qui a compris qu'on ne combat pas le système colonial à moitié et que des victoires d'étape n'existent pas face au colonialisme. Soit le colonialisme est là et le peuple n'existe, soit le colonialisme est détruit et le peuple revit et existe. Moitié esclave moitié libre, ça n’existe pas.

Ceux qui pensent et véhiculent l'idée qu'on peut faire cohabiter les intérêts et les personnes qui travaillent pour le système colonial sur nos terres et les intérêts et donc, la satisfaction des besoins de notre peuple, dans une sorte de "coexistence pacifique d'intérêts contraires des faibles et des forts" encadrée par des « normes démocratiques » ne doivent pas savoir de quoi ils parlent. Ils doivent absolument se renseigner auprès de l'Osagyefo, Kwame Nkrumah, un des panafricanistes les plus lucides et les plus dévoués depuis sa jeunesse, qui, malgré toute sa lucidité, a fini par être emporté, sous les ovations d'un peuple perdu et automutilé par la propagande systémique faisant de tout patriote un dictateur, par un coup d'état piloté par les services britanniques et Etats-Uniens le 24 février 1966 à force de jouer finement. 

La lutte doit être totale. Sinon, c'est perdue d'avance. Le MOLTRA (Mouvement pour la Libération Totale et la Reconstruction de l'Afrique) est fait pour cela. Il vous appelle au rassemblement agissant.

Komla Kpogli, S.G du MOLTRA

jeudi 6 août 2020

Togo: Ils ont trahi qui au juste?

Les opposants togolais n’ont trahi personne. Ils ont été cohérents jusqu’au bout. Ce sont des togolais politiquement incultes qui se sont eux-mêmes mis dans la tête qu’ils avaient en face d’eux des libérateurs là où ils devraient voir des réformistes opportunistes, querelleurs et sans aucun plan pour arriver à leur fameuse idée de « réforme, changement, alternance ou de transition» en face d'une tyrannie héréditaire de type colonial qui ne gouverne depuis 1963 que par la violence et la corruption et leurs variantes. Ce sont des togolais eux-mêmes qui, à la recherche d'une solution abrégée, limitant les dégâts se sont enfermés dans le culte des partis politiques et de leurs soi-disant leaders alors qu'ils devraient s'élever au patriotisme organisé et agissant. On a fait du "partisme" là où tout nous indiquait la voie du patriotisme. Il est temps de le dire aussi clairement que possible.

A force de fermer les oreilles sur les idées les plus adaptées émises par des enfants les plus lucides de ce pays pour ne suivre que les tapageurs et les m’as-tu-vu gueulards armés de sophismes politiques, on aboutit au chaos que nous avons en face de nous aujourd'hui. Chaque choix produit un résultat logique. Chaque chemin mène à un pays donné. Emprunter la voie du faux ne peut conduire au pays du vrai. Voilà pourquoi chacun doit maintenant se poser les bonnes questions: est-ce que j’ai bien écouté et compris vraiment ces gens? Est-ce que j’ai pu attentivement lire, écouter et approcher d’autres idées? A présent, est-ce que je suis prêt à ouvrir mes oreilles, mes yeux et mon cerveau pour écouter et apprendre ou bien je vais rester là à pleurnicher sur le passé en maudissant les soi-disant leaders qui nous auraient trahis?
De toutes les façons, croiser les bras et pleurnicher tout le temps ne fera qu’ouvrir davantage la voie de la continuité à ce régime qui n’a rien à foutre des larmes étant donné qu’il fait couler depuis 57 ans le sang. Ce régime qui jusque-là marchait sur un boulevard est en train d’emprunter une voie royale, tellement il ne trouve plus aucune menace concrète devant lui. Pourtant, c’est là une faute de jugement de la part de ses animateurs. Les patriotes vont émerger sur le cadavre en décomposition de l’électoralisme, du dialoguisme et du réformisme aigus dont les togolais, dans leur immense majorité, ont souffert jusqu’ici. Il sera alors question de construire, nous disons bien C-O-N-S-T-R-U-I-R-E un véritable mouvement de libération de libération nationale fondé sur deux axes: un plan de lutte et un plan de reconstruction du pays après sa libération.

Nous faisons partie de ceux qui ont analysé de longue date la guerre psychologique que ce régime et le système qui l’impose nous livrent. Nous avons, dans l’indifférence totale, dans le mépris et dans la mise à l’écart savammment orchestrée, prescrit pas mal de solutions qui sont plus que jamais valables. Pendant que le Moltra parlait de lutte de libération, tous les vendeurs d’illusion parlaient de « changement », « d’alternance », de « transition»...Aujourd’hui, ils ont presque tous adopté l'expression « Lutte de libération », oubliant que les mots ont un sens et un contenu. Lorsque vous posez la question de savoir quels sont les éléments constitutifs et les conditions à remplir pour mener une telle lutte à la victoire, ils sont incapables de donner le moindre élément ou bien ils se perdent dans des explications amphigouriques démontrant ainsi qu’ils ont copié le vocabulaire sans en connaître le sens. Tout est donc question de copie, de superficialité et de bluff ici. 

Le régime RPT et le système colonial qui le porte n'ont jamais eu autant d'opposants, de combattants qu'actuellement. Mais, la réalité c'est que tout ceci n'est que de l'opposition folklorique et de combats proclamatoires. Aucune des conditions conceptuelles, organisationnelles, structurelles, stratégiques et tactiques du combat véritable n'est mise en place. Le terrain échappe totalement à cette lutte qui lutte pour lutter et dont la caractéristique principale c'est de mettre à l'écart toutes les personnes susceptibles d'aider à traiter ses faiblesses innommables et multisectorielles. Même quand ces personnes, dans un élan patriote, se mettent à disposition ou vont jusqu'à prendre contact avec les fameux lutteurs et combattants, ils refusent de les écouter et les ignorent royalement.

C'est dans ces circonstances que l'on entend que les togolais ne répondent pas aux appels à manifester. Il ne s'agit pas de lancer des appels...aux togolais à manifester. Les "manifestations" ne sont pas adaptées à un régime héréditaire de type colonial dont l'existence même est la négation du peuple. Il s'agit, par conséquent, de CONSTRUIRE un mouvement de libération sous la forme d'un Tsunami populaire menant les masses populaires actuellement, au sol, écrasées et apeurées au sommet de la puissance retrouvée. Former, Organiser, Structurer et Conduire l'action planifiée, voilà ce dont il est question. Ce travail là n'est pas un jeu de loto. C'est une science. A ce titre, il n'est pas à la portée de n'importe qui. Renseignons-nous un peu auprès de l'Histoire. Elle qui n'est jamais avare de leçons nous apprendra véritablement ce que les peuples dominés et écrasés ont toujours fait avant de se redresser à la suite d'efforts titanesques de reconstruction. Nous verrons alors que nous n'avons rempli, pour le moment, aucune des conditions de succès face à ce système et le régime qu'il nous impose. Les agitations, l'espérance en un miracle un jour, les actions improvisées, s’inventer des Sauveurs chaque année ou chaque 5 ans à la veille de parodies d’élections, attribuer le qualificatif de leader à chaque crieur sur WhatsApp ou sur Facebook.....comme pour échapper à la rigueur du travail méthodique et discipliné... ne peuvent pas remplacer l'obligation incontournable d'une Organisation douloureuse et patiemment bâtie pour asséner le coup de poing fatal au RPT et ses alliés locaux et internationaux. Sans préparation, sans entrainement appliqué, sans travail fondé sur un plan de jeu où chacun joue à sa place, même la plus grande des équipes perd un match. 

Le togolais doit fondamentalement se remettre en question, doit devenir plus dense, plus sérieux, plus discipliné et plus préoccupé de profondeur que de l’apparence, plus attaché à demain qu’à aujourd’hui. Ce n’est qu’à la suite de cela qu’il pourra apprendre et réunir les conditions pour une lutte victorieuse face à ce système. Sans cela, c’est Fayikoooooooo. 

Komla Kpogli, S.G du Moltra