lundi 2 juin 2008

La Crise alimentaire globale rend urgente la mise en place d'un système de gouvernance démocratique mondiale

Communiqué de UBUNTU


Nous soussignés, sur initiative du Forum Mondial des notre inquiétude profonde et notre grande indignation à l'égard d'une situation aussi grave que prévisible, celle de l'alimentation de la population mondiale, un thème pourtant crucial. Cette situation met en évidence l'échec — sur les plans financier, environnemental, culturel et moral — du système économique actuel, qui a remplacé les valeurs universelles par les lois du marché, et qui reflète une faiblesse des organisations internationales, due au manque de soutien des pays les plus puissants.

En effet,

  • En juillet 2002, dans un communiqué personnel émis dans le cadre du Forum UBUNTU après la tenue du 2e Sommet mondial de l'alimentation — l'un des nombreux antécédents du prochain Sommet mondial sur la sécurité alimentaire organisé par la FAO qui aura lieu en juin 2008 —, Federico Mayor affirmait notamment :
    1. Il s'est produit une situation qui interpelle nos consciences : Alors que des dizaines de milliers d'êtres humains meurent de faim tous les jours, lors de ce 2e sommet mondial il n'a pas été possible d'adopter les mesures nécessaires pour éradiquer ce véritable « génocide silencieux » et les pays les plus développés n'ont pas montré la volonté politique requise pour en combattre les causes. [...] Combien de femmes, d'enfants et de vieillards mourront pour les décisions qui n'ont pas été prises ?
    2. Des centaines de millions d'êtres humains souffrent actuellement de la faim. Cependant que les pays les plus puissants augmentent leurs investissements en armements, dépenses militaires et de sécurité internationale, cette part si importante de l'Humanité se voit refusées les ressources de tous types — y compris celles de formation, connaissances et technologies appropriées — nécessaires à leur survie.
    3. Alors que les régions les plus favorisées protègent leur production agricole en s'appuyant sur d'énormes ressources financières, les pays appauvris se voient forcés de libéraliser leurs marchés agricoles. Les politiques d'austérité du Fonds monétaire international (FMI) et la libéralisation du commerce mondial prônée par l'Organisation mondiale du Commerce (OMC) ont conduit la plupart de ces pays à réduire leurs tarifs douaniers agricoles et leurs subventions aux producteurs, sous prétexte que c'est le marché qui doit résoudre leurs problèmes.
    4. Aucune nation n'est exempte de responsabilité : il est inadmissible de transférer « au marché » les devoirs moraux et les responsabilités politiques qui incombent aux dirigeants démocratiques. L'urgente nécessité de codes de conduite mondiaux dans le cadre juridique éthique de Nations Unies dûment réformées est, au vu de ce qui précède, une exigence impérative.

Que se passait-il alors et qu'arrive-t-il depuis lors?

  • La population mondiale ne cesse d'augmenter — bien que modérément depuis quelques années — et, par conséquent, les besoins alimentaires mondiaux continuent et continueront de croître. Cette augmentation a lieu et aura lieu essentiellement dans le Sud, qui connaît actuellement la plus forte demande. À ce sujet,
    1. La forte croissance économique de certains pays émergents a logiquement entraîné une brusque augmentation de la demande en céréales, associée à l'augmentation de la consommation de viande, de lait, d'œufs, etc., c'est-à-dire à un développement accru. Cette contribution à la demande globale de céréales entraîne une augmentation de la pression sur ce marché, qui a besoin, clairement et rapidement, d'une régulation au niveau mondial.
    2. L'augmentation non satisfaite de la demande alimentaire dans le Sud se traduira à coup sûr par plus de frustration et de radicalisation, ouvrant ainsi la voie à de nouvelles vagues d'émigration.
    3. Quoi qu'il en soit, la crise alimentaire actuelle démontre que les limites d'exploitation de certaines ressources de la planète sont sur le point d'être franchies, ce qui confirme le besoin pressant d'un changement radical, principalement dans le Nord, des schémas actuels non durables de production et de consommation.
  • La quasi-totalité des terres arables est déjà utilisée et, par conséquent, seulement l'augmentation de la productivité basée en des technologies « propres » et renouvelables pourra contribuer à accroître la production agricole locale et globale. Néanmoins, certains phénomènes dignes d'être relevés ont contribué à aggraver la situation en la matière.
    1. a.Au cours des dernières décennies, la mondialisation économique néolibérale, encadrée par le FMI, par la Banque Mondiale et par l'OMC, a exigé des pays du Sud la mise en œuvre de politiques de privatisation et de libéralisation des marchés, entraînant ainsi une concurrence totalement inégale avec les pays du Nord (qui, en revanche, maintenaient et continuent de maintenir leurs subventions agricoles, y compris celles liées aux exportations d'excédents), ce qui a énormément affaibli les agricultures du Sud. Dans cette offensive, les pays du Sud ont non seulement perdu de leur compétitivité à l'échelle mondiale, mais leurs agricultures de subsistance locale ont été démantelées. Le résultat est le pire qui soit, à savoir une augmentation de la faim, tant au niveau local que mondial. Il est temps de demander des comptes aux responsables politiques qui sont à l'origine de ce type de situation.
    2. a.En ce qui concerne une autre crise mondiale, celle de l'énergie, d'importants pays producteurs agricoles utilisent de plus en plus de terres et de produits agricoles non destinés à l'alimentation pour l'obtention de biocarburants. Nous soussignés, considérons que face à de tels problèmes, l'Humanité doit se doter de mécanismes globaux d'arbitrage et de décision dont la portée serait supérieure à celles des mécanismes étatiques, au vu du fait qu'il s'agit de politiques très susceptibles d'avoir des impacts particulièrement significatifs à l'échelle mondiale.
  • Les prix des produits agricoles ont enregistré, surtout au cours des deux dernières années, une hausse spectaculaire qui a contribué à aggraver la situation. Les motifs principaux de cette hausse peuvent être résumés comme suit :
    1. La crise mondiale de l'énergie, particulièrement du pétrole, a eu une forte incidence sur les prix de la production et du transport des aliments. En outre, pendant de nombreuses années, les grandes compagnies pétrolières ont non seulement occulté les effets de la consommation excessive de pétrole sur l'environnement, mais ont aussi dressé toutes sortes d'obstacles à l'utilisation de sources propres et renouvelables de production d'énergie. Les prix continueront d'augmenter dans la mesure où la délocalisation agricole fait partie du processus de globalisation. Le caractère non durable du modèle agricole mondial actuel ne fait aucun doute.
    2. La crise financière attire les investisseurs — par un effet collatéral — vers les marchés agricoles, plus stables, où ils obtiennent des bénéfices grâce à l'achat spéculatif de valeurs (contrats à terme) qu'ils revendent ensuite plus cher en raison de l'augmentation de la demande. La hausse des prix actuelle et future de l'offre agricole qui s'ensuit entraîne une augmentation de la faim dans le monde. Il est évident que, comme pour la crise financière, la régulation politique mondiale des marchés mondiaux est indispensable.

Face à ce paysage désolant et complexe, jalonné d'incertitudes et aux multiples facteurs étroitement reliés, nous soussignés, estimons que seule la mise en place rapide d'un système de Gouvernance Démocratique Mondiale peut mettre l'Humanité en conditions de diriger de façon démocratique et responsable sa destinée et, concrètement, de satisfaire ses besoins de base en alimentation. Ce système, conformément avec ce que nous préconisons dans le cadre de la Campagne Mondiale pour une Réforme en profondeur du Système des Institutions Internationales, doit contribuer à renforcer le système des Nations Unies, en refondant les autres organisations financières, économiques et commerciales en son sein, et en les dotant des ressources humaines et financières permettant de relever les défis auxquels nous sommes aujourd'hui confrontés. Il est ainsi nécessaire qu'il :

  1. Ait la capacité de mettre en pratique des décisions globales dans un cadre réellement démocratique. La production et l'utilisation de biocarburants, la régulation des différents marchés globaux, etc., ne peuvent pas continuer à dépendre uniquement de décisions étatiques ou, pire encore, des marchés des pays les plus prospères et les plus puissants.
  2. Donne la priorité, par le biais d'une forme de discrimination positive, aux intérêts des plus pauvres d'entre nous, qui représentent l'immense majorité des habitants de notre planète. Cela suppose de mettre en place un nouveau modèle, beaucoup plus localisé et durable — sur les plans social, environnemental et économique —, en s'occupant d'abord des pays les moins développés pour tout ce qui concerne la production et le commerce agricole.
  3. Naisse d'une réforme en profondeur des organisations internationales actuelles qui, entre autres, impliquerait :
    1. La fin de la prépondérance de certaines organisations internationales (celles qui sont contrôlées par les pays les plus riches du monde) sur d'autres. Ainsi, dans le domaine essentiel de l'alimentation, les politiques du FMI, de la Banque Mondiale et de l'OMC ne peuvent continuer à prendre le pas sur celles de la FAO.
    2. Que les organes compétents des Nations Unies — la FAO, le Fonds International de Développement Agricole (FIDA), le Programme Alimentaire Mondial (surtout en ces aspects moins mis en relation avec des urgences) — disposent de la coordination, du cadre de compétences et des ressources nécessaires pour, en premier lieu, faire face aux situations d'urgence actuelles et, ensuite, mettre en pratique les politiques requises à moyen et long terme, afin de résoudre les problèmes de fond.
    3. De tirer parti de la nouvelle chance représentée par la révision du Consensus de Monterrey sur le financement du développement et de définir et de mettre en œuvre, de façon juste et sans plus tarder, un système de financement du développement qui soit transparent, prévisible et durable et qui permette d'atteindre les objectifs de développement que l'Humanité exige de façon pressante.


jeudi 29 mai 2008

La francophonie parisienne voyage mal

27.05.08 Philippe Madelin

La francophonie est en panne. L’Organisation internationale de la Francophonie passe pour une structure dédiée aux stratégies d’influence de Paris, surtout en direction de l’Afrique. L'heure est au bilan pour l'organisation chargée de la promotion de la francophonie.

A l'occasion du 400e anniversaire de sa fondation, la ville de Québec accueillera en octobre le XIIe Sommet des chefs d’Etat francophones.

Vingt ans après le premier sommet qui s’est tenu à l’initiative du Président François Mitterrand, à Versailles, en 1986, la définition de la place occupée par la francophonie sera une nouvelle fois posée.

Avec deux questions cruciales : la politique étrangère peut-elle encore utiliser la francophonie comme outil de la diplomatie ? Et la francophonie peut-elle perdurer en dehors de la diplomatie française ?

C’est un défaut caractéristique des pouvoirs publics français que de tenter de résoudre un problème en créant une institution.

Puisqu’elle existe, on croit que la difficulté est surmontée, et voici qu’on s’engage dans des manœuvres politiques compliquées pour que vive l’institution et bientôt pour la justifier afin qu’elle survive.

Le cas de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) est caractéristique : inventée par le Président François Mitterrand pour organiser la coopération avec les économies pauvres de l’ère francophones, et pour mobiliser dans ce sens les économies francophones riches, elle a été pervertie au point de devenir une structure de médiation politique dirigée par la France, au profit de la France.

Selon le général Emmanuel Beth, directeur de la coopération militaire et défense au ministère des Affaires Etrangères : "Le thème Paix et sécurité tend à prédominer dans les objectifs des institutions francophones : la prévention des conflits précède désormais la gestion de la coopération. L’Organisation internationale de la francophonie joue un rôle accru depuis le développement de la multilatéralisation au cœur de laquelle se trouve la question de la paix et de la sécurité (…) La francophonie apparaît comme un vecteur de retour à l’Etat de droit."

La transformation de l'OIF remonte à la Charte de Hanoï de 1997.

A cette époque, sous l’impulsion de son Secrétaire général, l’Egyptien Boutros Boutros Gali, l’organisation évolue, passant d'une organisation para étatique dont la France était le cœur, à une nouvelle francophonie détachée de la France. On sort, en théorie, d’une organisation dominée par le principe de l’Etat national.

Mais cette identité internationale n'empêche pas le retour des vieux démons.

Bien vite un glissement apparaît. Pour imposer l’utilité de son existence, l’Organisation internationale de la francophonie enfourche un nouveau cheval de bataille : l’action politique au niveau international, axée sur la prévention des conflits impliquant certains de ses membres.

En quelques années, l’OIF devient une sorte de para ONU françafricaine pour la grande satisfaction des hommes politiques français, bien éloignée de la question linguistique commune.

Ainsi, sous un prétexte en soi louable, c’est la question de la francophonie qui se trouve obérée. Pour beaucoup de pays qui adhèrent à l’Organisation internationale de la francophonie, celle-ci peut apparaître comme un outil diplomatique propre à la France, où les autres n’ont guère leur place.

La francophonie est limitée par le complexe de Fachoda.

Elle est cantonnée au rôle d’un instrument destiné à bloquer l’adversaire, à le fixer sur ses positions, à lui interdire l’accès du Pré carré. Etant entendu que l’adversaire est forcément anglo-saxon. Le combat pour la francophonie est tout entier marqué par cette attitude.

Ces évolutions indiquent qu’il n’est pas certain que la France et la francophonie disposent d’une grande stratégie culturelle en faveur du français.

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vendredi 23 mai 2008

La France et l’Angola se pardonnent

23.05.08 rédaction geopolitique.com

Le compte en banque au Luxembourg du président de l’Angola, naguère révélé par geopolitique.com, appartient au registre des sujets que l’on n’évoque plus entre amis (n° 275748 ouvert auprès de la banque BIL). Le président Nicolas Sarkozy effectuait ce matin une visite officielle sur place, à Luanda.

Il s'agissait pour l'Elysée de restaurer des relations diplomatiques écornées.

En cause : l’Angolagate. Un montage rocambolesque.

C’est un trafic d’armes organisée au profit de l’Angola, par des personnalités basées à Paris Moscou et Genève, et consistant à acheminer vers Luanda des stocks militaires russes, payés via des comptes suisses dédiés à la gestion de la dette à l’égard de l’ex-URSS.

Un commerce estimé à 790 millions de dollars ; pour lequel 42 figures françaises du monde des affaires et de la politique comparaîtront, le 3 octobre 2008, devant le Tribunal correctionnel (les dirigeants angolais impliqués ne seront pas jugés).

Durant les six années de procédure judiciaire, les autorités angolaises ont exprimé leur irritation à plusieurs reprises.

En particulier après les découvertes du juge Philippe Courroye sur les systèmes financiers mis en place par l’entourage du président Jose Dos Santos, qui transitaient par le Panama.

Vous pouvez consulter dans notre Base de connaissances, ici, les documents que nous avons obtenus sur ces opérations.

Nicolas Sarkozy, dans une interview parue dans le grand quotidien local Jornal de Angola, a tiré un trait sur ce passé sulfureux « Ce qui est important pour la France et l’Angola c’est de regarder ensemble leur avenir commun » (extrait cité ce matin par le reporter de l’agence Reuters).

Sur le plan énergétique, l’Angola passe pour un émirat du Golfe.

Depuis janvier 2007, le pays adhère à l’Organisation des pays exportateurs de pétrole, l’Opep. C’est le deuxième producteur de pétrole du continent africain.

Le groupe Total est le deuxième opérateur pétrolier dans le pays, avec 300.000 barils produits par jour.

Le patron du groupe, Christophe de Margerie, qui accompagne Nicolas Sarkozy dans ce déplacement, s’est fixé pour objectif d’atteindre 700.000 barils par jour.

Cette croissance suppose que le gouvernement angolais noue avec le français d'autres accords pour exploiter de nouveaux gisements.

© www.geopolitique.com

En trombe, Nicolas Sarkozy solde les comptes de l’Angolagate

Françafrique, suite et pas fin. Nicolas Sarkozy rend visite aujourd’hui, le temps d’un aller et retour, à son homologue angolais, Eduardo Dos Santos. Il sera question de business, Thales signant un contrat de télécommunications (140 millions d’euros), arrosé d’un zeste d’humanitaire, Total s’engageant à construire quatre écoles. Mais il s’agit surtout de tourner la page de l’Angolagate, une affaire de vente d’armes entre la Russie et l’Angola, négociée en France, qui empoisonne les relations entre les deux pays. Elle va être jugée en octobre à Paris, pendant six mois, avec risque de déballage à la barre. Il était donc grand temps de déminer.

Diplomatie parallèle. Ce marché avait été conclu en 1993 et 1994, pour un montant de 790 millions de dollars (503 millions d’euros), portant sur du matériel militaire issu «de la débandade de l’URSS et du Pacte de Varsovie», selon un intermédiaire, dont 170 000 mines antipersonnel. L’Angola est alors en proie à une guerre civile entre le parti au pouvoir à Luanda, le MPLA, et les rebelles de l’Unita. La France est officiellement neutre, mais le gouvernement Balladur est au bord de l’implosion : François Léotard, ministre de la Défense, reçoit le chef de l’Unita, Jonas Savimbi, au siège du Parti républicain, tandis que Charles Pasqua, ministre de l’Intérieur, croise Dos Santos (MPLA) dans un grand hôtel parisien. Interrogé sur procès-verbal, Alain Juppé, alors au Quai d’Orsay, affirme que «la ligne diplomatique de la France» consistait à ne «pas armer un camp plutôt qu’un autre». A Matignon, Balladur confirme que «des ventes d’armes à l’Angola étaient exclues.» C’est sans compter sur la diplomatie parallèle chère à Jean-Charles Marchiani, qui s’active en se prévalant de «l’aval de l’Etat français».

Le principal négociateur du contrat d’armement, Pierre Falcone, longtemps en fuite à l’étranger sous couvert d’un passeport diplomatique angolais auprès de l’Unesco, affirme sans rire avoir agi par «devoir humanitaire vis-à-vis de l’Angola». Cohabitation oblige, il aurait rémunéré des lobbyistes de gauche (Jean-Christophe Mitterrand, Jacques Attali…) comme de droite (Jean-Noël Tassez, Paul-Loup Sulitzer…), mais surtout les dignitaires angolais : 55 millions de dollars en virements bancaires, deux millions en espèces plus, selon l’accusation, des «frais aériens, hôteliers, chirurgicaux»… Là encore, il minaude : «C’est pour faciliter les choses et non pour acheter des gens.» Peu importe après tout, car les commissions versées aux Angolais ne sont pas dans la saisine de la justice française - elle ne vise que les rétrocommissions bénéficiant à des décideurs bien de chez nous.

Pétrodollars. L’Angolagate, initiée l’été 2000, a contribué à éliminer Pasqua du paysage politique, au bénéfice de Chirac (pour éviter un parasite au premier tour de la présidentielle…) et Sarkozy (pour récupérer la présidence du conseil général des Hauts-de-Seine) réunis. L’Elysée veut aujourd’hui nouer avec l’Angola - riche en pétrodollars mais classé 160 sur 177 en terme de développement humain - des relations «décomplexées». C’est le mot.

RENAUD LECADRE
QUOTIDIEN : vendredi 23 mai 2008

jeudi 15 mai 2008

Il faut combattre le capitalisme sauvage

Ici sont données les raisons pour lesquelles il nous faut lutter contre le capitalisme ainsi que 3 solutions possibles pour le vaincre.

1. Raisons de la lutte :

Pour lutter contre le capitalisme et ses abus, nous devons être et rester solidaires, unis et déterminés. Il est clair que cette idéologie a largement montré son incapacité à répondre à la demande et aux besoins des peuples. Seule une très petite minorité profite largement de ce système. Aujourd'hui, le capitalisme est dans une phase sauvage où tout est permis du moment qu'on a de l'argent. Jamais dans l'histoire, une guerre quelle qu'elle soit n'avait fait autant de victimes. Pour ne prendre qu'un chiffre, ce sont plus de 200 millions d'enfants par an, tués dans le monde : "c'est un génocide".

Pratiquement tous les pays sont dotés d'une économie de marché. Les capitalistes et financiers s'y sont engouffrés; le mal est profond. Il joue sur l'égoïsme, le chacun pour soi, la concurrence à outrance, fait ressortir ce qu'il y a de plus noir en chacun de nous. Il pousse les gens à s'affronter, écraser les autres pour avoir plus ou ne pas avoir moins.

Plus grave encore, les groupes financiers, les lobbies achètent les entreprises, les délocalisent dans des pays tels que la Chine; des enfants et des esclaves y sont exploités; ces financiers s'appuyent souvent sur des régimes dictatoriaux tout en utilisant la main d'oeuvre très bon marché. Tout est prétexte pour faire de l'argent au mépris des Droits de l'Homme et des citoyens.

Des guerres sont déclarées au nom des intérêts économiques. Sont alors utilisés des mots cruciaux à nos yeux, Démocratie, Droits de l'Homme, Liberté. Ces mots ne sont que des prétextes pour imposer un système et décrocher des contrats pour les entreprises, les groupes financiers. Si cela ne suffit pas, y est ajouté les mensonges. La guerre en Irak en est le dernier exemple. Ajoutons à cela les injustices, la violence sous toutes ces formes.

Ceux à la tête de ces sociétés et multinationales sont non seulement des esclavagistes mais aussi des criminels. Ils pourraient être jugés pour crimes contre l'humanité mais ils ont et font de l'argent; aussi sont-ils considérés comme personnes à protéger. Tout est fait ou presque pour leur permettre de continuer.

De même, nous sommes confrontés à une dégradation de notre environnement. Cela peut s'avérer pour l'Homme est un désastre écologique à l'échelle planétaire. L'argent étant l'élément moteur de nos sociétés, la pollution et les dégradations de la nature ne sont pas les soucis premiers de ce monde et notamment pour les élites. Pourtant, nous sommes à la veille de catastrophes prédit et annoncées.

2. Les possibles solutions :

Les solutions existent pour lutter contre cette philosophie barbare. Prenons 3 possibilités parmi d'autres.

Possibilité 1 : laisser faire le capitalisme jusqu'à ce que soit prise la décision de l'interdire; cela est dangereux car les problèmes vont croissant, s'accumulent - La prise de conscience risque d'être tardive.

Possibilité 2 : elle passe par les consommateurs que nous sommes. N'acheter seulement ce qui est nécessaire, le plus possible français voire européen. Il ne s'agit pas de faire du franco-français idiot mais de lutter contre les délocalisations, l'esclavagisme, les dictatures comme la Chine, les crimes contre l'Humanité et pour l'environnement.

Cela revient à utiliser le pouvoir économique, notre pouvoir d'achat autrement. Acheter moins et mieux; consommer moins et mieux. Ce qui aura pour effet de préserver au maximum notre environnement. Cela passe donc par chacune et chacun d'entre nous.

Possibilité 3 : la lutte armée avec les guerres civiles et le risque de voir aboutir des guerres entre Etats pouvant aller jusqu'à la guerre mondiale. Ceci est d'autant plus dangereux que nous possédons un arsenal pouvant détruire plusieurs fois toute forme de vie sur la planète.
Si cette possibilité est utilisée, il faudra détruire tous les bâtiments symboles du capitalisme telles que les places boursières. C'est aussi l'arrestation des élites, des financiers, plus généralement de ceux ayant le pouvoir. Ils devront être jugés et condamnés à mort pour leurs crimes. Ceci dit, leurs crimes étant déjà établis, pour gagner du temps, on peut tout simplement procéder à leur élimination directe et physique de leur personne sans qu'il y ait jugement. Nous pouvons considérer qu'ils sont coupables devant l'histoire, ce qui est amplement suffisant pour procéder à leur élimination.

Cette possibilité est certes risquée car elle peut aussi amener des dictateurs au pouvoir. Toutefois, si ce risque est pris, cette solution est la plus radicale et la rapide pour interdire cette idéologie fasciste.

Plus nous serons nombreux, plus cela fragilisera le capitalisme et ceux profitant largement de ce système.

Ce texte est posté sur le Forum de France 2 par un internaute du nom de Clarmin le 15 mai 2008 lors de l'émission A vous de Juger.

http://programmes.france2.fr/a-vous-de-juger/42891816-fr.php

http://forums.france2.fr/france2/avousdejuger/captialisme-derives-sujet_11322_1.htm

dimanche 27 avril 2008

Les indépendances africaines à la loupe des réalités.

27 avril 1958 – 27 avril 2008: 50 ans de mensonges et d'illusions.

Des années de luttes du peuple togolais ont été couronnées par la victoire électorale de 1958, qui deux ans plus tard, s'est transformée en indépendance. Le 27 avril 1960, Sylvanus Olympio, au nom du « droit inaliénable des peuples à disposer d'eux-mêmes », proclama l'accession du Togo à la souveraineté internationale. Cette nouvelle donne devrait conduire le peuple togolais à décider des orientations qui lui conviennent dans tous les domaines. Trois ans à peine plus tard, Olympio est assassiné. Le rêve est ainsi brisé et le chaos généré est tellement immense que la suite ne sera qu'une succession de victoires volées, de mensonges, de viols et de supplice de Tantale; le tout accompagné de bains de sang répétés en toute impunité. La Nouvelle Marche[1] était une marche à reculons qui a fini par nous ramener au point de départ si bien que tout est à refaire si nous voulons rendre hommage à nos prédécesseurs patriotes et tracer aux générations à venir les sentiers du progrès et de la réussite.

Ce jour anniversaire qui, sans doute, est un moment solennel et symbolique nécessite au-delà des réjouissances, des danses, des cérémonies religieuses et de prières, réflexions afin que les lumières du passé puissent éclairer notre avenir commun, en cette période où nous traversons un trou d'aiguille dans notre vie socio-économique.

A la veille de la proclamation de l'indépendance, le peuple togolais s'était débarrassé du fardeau de la dette de 800 millions de Francs qu'il devait à la France. Ce qui signifie que le peuple togolais avait fait le choix de la dignité et veut s'assumer pleinement. Cela ne veut pourtant pas dire que le Togo s'est enfermé. Mais simplement, il voulait s'occuper de ses problèmes par ses propres moyens avant tout. 50 ans plus tard, c'est exactement le contraire de l'indépendance que nous avons. Plus qu'hier, notre peuple est dépendant et attend tout de l'extérieur qui, malgré les apparences est resté colon. En un mot, nous sommes soumis dans tous les domaines.

Politiquement, depuis les élections de 1958 qui ont consacré la victoire des indépendantistes, le Togo n'a jamais connu d'élections démocratiques. Le peuple togolais n'a jamais pu choisir ses dirigeants qui lui sont plutôt imposés par coups d'état puis par fraudes électorales ininterrompues. Alors que la première implication du droit des peuples à disposer d'eux-mêmes, est le pouvoir de ces peuples de se doter des élus à leur convenance, nos dirigeants nous sont imposés de l'extérieur. De Grunitzky à Faure Gnassingbé en passant par Kléber Dadjo, Eyadéma Gnassingbé et Abass Bonfo, le peuple togolais n'a joué aucun rôle dans leur érection et maintien au pouvoir. Ainsi, les choix politiques jusqu'alors n'ont jamais été le fait du peuple pourtant souverain. Autrement dit, le Togo jusqu'à présent, n'est pas l'oeuvre des Togolais.

En 50 ans, 04 élections présidentielles et 05 législatives ont été organisées. Cependant ces consultations sont une occasion pour le système vassal en place de pratiquer le démocratisme: simulacre d'élections destiné à revêtir les apparences d'une démocratie. De plus, ce sont des occasions pour faire couler le sang du peuple togolais qui demande le respect de son choix. Ce peuple n'a jamais donc eu la possibilité de jouir de son indépendance. Autant dire qu'il n'est pas indépendant. Pour preuve, voici une petite révélation: en novembre 2004, si notre mémoire est bonne, nous étions allés personnellement en compagnie de l'ex-président de la LTDH à une audience à la délégation de l'Union Européenne pour discuter de la libération de Jean-Paul Oumolou, détenu à la prison civile de Lomé pour avoir provoqué des incidents à l'université de Lomé. Nous étions reçus par un responsable - dont nous taisons le nom pour le moment, mais si jamais on nous traite de menteur, nous l'afficherons – qui après nous avoir écouté sur la campagne que nous menions sur Oumolou, nous pose cette question: que pensez-vous de Faure Gnassingbé? M. Adoté Ghandi a donné son point de vue. Quant à nous, éberlué et choqué, nous avions dit que si la question était de savoir si Faure Gnassingbé pouvait diriger le Togo après son papa, le problème ne se pose pas puisque nous sommes dans une république avec une Constitution et non en monarchie héréditaire. Le responsable s'est levé de son fauteuil et nous a serré la main en disant: vous êtes courageux et vous avez raison!
Quelques mois plus tard, Gnassingbé-père mourut et son fils lui a succédé. Cela signifie que même avant la mort d'Eyadéma Gnassingbé, son successeur est tout désigné à l'insu de notre peuple. Le reste ne relèvera que des formalités d'usage.

Même si d'autres preuves existent, cette anecdote suffit à elle seule, à démontrer que ceux qui nous dirigent sont des élus des puissances néocoloniales (Etats, regroupement d'Etats et entreprises transnationales) pour leurs intérêts. C'est pour cela que faire appel à ces instances pour nous aider à régler nos problèmes, est une invitation adressée aux sorciers et aux vampires. Nous ne sommes en rien indépendants si nous ne pouvons nous-mêmes choisir ni nos gouvernants ni notre modèle de société.

Économiquement, le Togo est très endetté et continue de s'endetter pour le grand bonheur de l'Occident, de la Chine et bien d'autres dominations. Un Etat endetté n'est pas libre. Notre pays est au bon vouloir des créanciers qui, en réalité, sont nos débiteurs pour nous avoir pillés, volés, exploités, massacrés, soumis des siècles durant. Le Togo a eu droit aux Programmes d'ajustements structurels qui ont complètement ruiné son économie avec des impacts sociaux indélébiles. Aujourd'hui, pour satisfaire l’étranger, le Togo, comme tous les autres pays africains, suit le libéralisme fondé sur le Consensus de Washington dont le credo est la suppression des barrières douanières, la libéralisation du mouvement des capitaux, l'augmentation des taxes et impôts, la privatisation des secteurs publics de l'eau, de l'électricité, la réduction des dépenses de santé, de l'éducation et de tous frais affectés au bien-être de notre peuple. Transposer mécaniquement le modèle libéral en Afrique, c'est détruire la vision africaine de la vie en communauté.

L'eau et l'électricité sont des éléments très importants dans la vie humaine. Or, à ce jour avoir l'eau potable et l'électricité sont un luxe que ne peut payer qu'une infime partie du peuple. En plus, nous dépendons pour une large part de l'électricité importée. Notre industrialisation et notre production sont donc entre les mains de l'extérieur qui peut décider de nous priver de l'électricité quand il veut surtout que cet extérieur a ses propres besoins.

Sur tous les plans, nous sommes assistés. Cette assistance ou aide est un mécanisme pour nous appauvrir davantage. Où est notre indépendance lorsque pour nous nourrir nous tendons la main vers l'extérieur colonial qui n'attend que ce moment? Où est notre indépendance lorsque pour équilibrer le budget national, on se tourne vers les puissances néocoloniales? De plus, on a prêté pour des projets qui ne sont pas rentables permettant de payer les prêts. Plus grave encore, s'est établi un système de détournement des prêts au profit des prêteurs et des dirigeants togolais. Ainsi, se retrouve-t-on avec une dette qu'il faut s'endetter pour payer. La boucle est ainsi bouclée. Et la paupérisation se généralisant, ira en croissant avec pour effet la main continuellement tendue vers l'extérieur. D'où la contradiction totale avec le message de l'indépendance qui proclamait l'ère de « Nous-mêmes » avant tout. Notre situation, demain, sera probablement plus dramatique avec une agriculture de plus en plus hypothéquée par les aléas pluviométriques et l'élargissement des cultures (café, cacao, arachide, banane, coton...) destinées à nourrir les autres alors que nous-mêmes nous avons faim.

Preuve supplémentaire que ce qui compte in fine, c'est la sauvegarde des intérêts des pays occidentaux importateurs est que le réseau ferroviaire construit sous les coups de bottes et de chicotes est complètement enfouis dans le sol au moment où nous franchissons le cinquantenaire. Les rails sont coupés et utilisés ou vendus par des individus affamés et ignorant l'histoire du chemin de fer au Togo. Réserver un pareil sort au réseau ferroviaire, c'est insulter la mémoire de nos pères et mères qui sous le régime du travail forcé allemand, en ont bavé pour le construire. Que le fruit de leur sang versé ne puisse pas servir à transporter leurs descendants que nous sommes, est l'injure la plus grave que le régime togolais ait pu leur adresser. Ce n'est pour rien d'ailleurs que les seules lignes qui sont encore en service, sont celles qui mènent aux mines de phosphate et de calcaire. Est-ce être indépendant que de passer tout son temps à servir les autres gratuitement? Si ce n'est pas de l'esclavage, alors cela y ressemble fort!

Socialement aussi, nous sommes en crise. Nous n'avons plus d'identité et le mimétisme a élu domicile dans la société togolaise à l'instar des autres pays africains. Notre société est beaucoup plus corrompue que celle d’avant le déluge. Et nous avons mis les valeurs africaines au placard. Malgré l'indépendance, nous n'arrêtons pas de suivre les modèles étrangers. Notre administration est « tuberculosée » par la corruption. Des vieux devenus des jeunes « yéyé », sont restés silencieux sur les dérives culturelles auxquelles ils participent parfois eux-mêmes. Ils sont prêts à brader leur dignité et le patrimoine ancestral contre du tabac, de la cola et une calebasse de Toucoutou² ou un verre de sodabi[2]. Les quelques personnes âgées restées attachées aux valeurs traditionnelles sont complètement ignorées et traitées de ringards. Les chefs coutumiers, gardiens de nos valeurs ont trahi leur rôle et leur mission historique en s’aliénant publiquement au parti au pouvoir.

Quant aux chefs religieux, leurs actes n'ont rien à avoir avec les prescriptions. Ainsi, conduisent-ils leurs adeptes à la perdition. Les jeunes quant à eux, sont devenus des vieux cyniques et idiots qui ne veulent pas entendre parler des valeurs ancestrales. Ils aiment la débrouillardise et se battent pour leur bourreau. Les hommes politiques eux, ne pensent qu'à la « communauté internationale » qui pourtant n'a jamais existé. Ils sont devenus des acteurs au sens théâtral du terme, ne pouvant faire la moindre action sans se référer à leurs metteurs en scène nichés à des milliers de kilomètres. C'est alors qu'ils peuvent signer un accord bidon, truffé d'imprécisions et pénalisant le peuple parce que la « communauté internationale » le leur a demandé.

Les femmes, quant à elles, courent derrière l'argent pour avoir des pagnes et des produits décolorants et de maquillage. Les enseignants de leur côté, sont dégoûtés de leur profession compte tenu de leurs conditions de travail. L'éducation est complètement extravertie et ne porte aucune finalité. C'est le démantèlement complet de la société. Personne ne veut s'occuper de son voisin. En copiant les autres, nous nous privons de nos capacités créatrices les plus importantes. Et cela plaît aux pouvoirs publics qui manipulent le désordre et en tirent profit.
A cette allure, il n'y a guère de doute que les portes de l’enfer s’ouvriront davantage devant nous dans la décennie à venir : les morts d’aujourd’hui seront bien plus heureux que les vivants de demain !

Pour jouir de la liberté, il faut être soi-même libre. Or il est clair que nous ne sommes pas libres parce que nous ne nous sommes pas encore libérés. Parce que la libération précède la liberté, nous devons analyser froidement notre situation et mettre les moyens en oeuvre autour d'une plate-forme réaliste pour nous libérer. Cette libération ne peut se faire que dans un cadre continental où la jeunesse doit jouer un rôle central avec l'idée que mieux vaut pour chaque Etat être une partie dans un tout qui marche que se satisfaire d'un souverainisme vaniteux dans une Afrique soumise et humiliée. La renaissance a commencé en Côte d'Ivoire où les jeunes patriotes ont triomphé, ne serait-ce que momentanément des forces néocoloniales. Le temps est arrivé pour nous de nous lever pour briser les chaînes des indépendances confisquées. Les dirigeants actuels au pouvoir en Afrique, cela signifie que nous ne sommes pas encore indépendants. Toute leur philosophie est de faire de nos Etats d'éternels PPTE3 et PMA4 pour avoir de l'argent de l'extérieur pour leurs propres besoins en bradant le patrimoine africain en échange. Ces vassaux aussi longtemps qu'ils détiendront le pouvoir poursuivront en toute quiétude, l'entreprise coloniale de démolition de la société africaine. Le maintien des monnaies comme le Franc CFA, des bases militaires françaises et américaines et leurs coopérants sont aussi des preuves que notre indépendance est un mensonge et une illusion.

Si nous étions réellement indépendants, Sarkozy ne pouvait pas venir en terre africaine et sur la tombe des "tirailleurs sénégalais" pour nous dire que la colonisation a fait du bien à notre peuple et que l'homme africain n'a pas intégré l'histoire. C'est parce que ce fou du pouvoir est certain que nos soi-disant Etats sont dépendants de sa France qu'il peut se permettre du haut de ses 165 centimètres -talonnettes comprises- de nous dire que nous Africains n'avons pas la notion du temps en dehors des saisons.

Les célébrations actuelles de la fête de l'indépendance ne peuvent qu'être la célébration de l'indépendance de drapeau, de timbre voire d'hymne national et de devise. Elles ne sont que des gesticulations confinant à une résonance historique et sentimentale. Pas plus! La vraie indépendance est devant nous et après d'âpres luttes qui à terme devront consacrer notre droit à l'autodétermination avec les richesses africaines au service de notre peuple. Nous deviendrons indépendants lorsque nous serons respectés dans notre dignité où que notre peuple aille. Nous deviendrons indépendants quand notre peuple aura acquis le droit d'élire les dirigeants et choisir en toute liberté les modèles de société et d'économie qui lui conviennent. Cela veut dire que nous devons revenir à la bifurcation où la colonisation nous a fait dévier de nos valeurs africaines intrinsèques pour reprendre notre processus de développement fondé indissociablement sur la liberté individuelle et la solidarité qui caractérisent notre société.

Le cinquantenaire qui est célébré aujourd'hui est le cinquantenaire de tous les mensonges. Certes, il faut reconnaître à nos prédécesseurs leur courage et leur abnégation pour les combats qu'ils ont livré contre la colonisation. Il faut les célébrer bien sûr: les Olympio, Lumumba, Ouezzin Coulibaly, Nkrumah, Sekou Touré, Modibo Keita, Steve Biko, Um Nyobè, Ouandié, Felix Moumié, Anta Diop, Thomas Sankara, Tavio Amorin... Ils doivent même nous inspirer dans nos initiatives. Cependant, leur combat n'a pas abouti, il n'est pas achevé. Depuis leur tombe, ils nous ont passé le flambeau. A nous de nous montrer dignes de marcher dans leur sillage pour que leur mort ne soit pas vaine et rompre définitivement avec les indépendances fictives. Il ne faut surtout pas que les célébrations occultent le chemin qui nous reste à faire. Sinon après avoir bu, mangé et dansé, le retour à la réalité sera synonyme d'immenses désillusions.

Rodrigue KPOGLI

[1] Politique initiée par le Rassemblement du peuple Togolais d'Eyadema Gnassingbé après l'assassinat de Sylvanus Olympio.
[2] Boissons locales respectivement à base de mil et de vin de palme.
3 Pays Pauvres Très endettés
4 Pays Moins Avancés

vendredi 18 avril 2008

L' Ecole Togolaise en image.






















Alors que l’école togolaise est complètement à terre et que les populations ont du mal à avoir un repas par jour, Faure Gnassingbé, trouve les moyens de financer un carnaval dans les rues de Lomé le samedi 5 mai dernier. Il avait même fait venir du Brésil des danseuses pour amuser les Togolais accablés des maux de toute sorte.

L’évènement est une initiative de Patrick AMENDA, présentateur de Miss Togo et de Eugène ATIGAN AMETI de TVT. Estimé à hauteur de 500 millions de Francs CFA, le carnaval a drainé tout au long de son déroulement des milliers d’individus arborant T-shirts et casquettes à l’effigie de Faure Gnassingbé.


Dur, dur d’être Togolais. Dire qu’il y a quelques jours les retraités ont été tout simplement gazés par les forces de police alors qu’ils voulaient avoir leurs pensions et déployer de tels moyens pour un carnaval, est révélateur de quelque chose que le peuple Togolais doit diagnostiquer au plus vite et traiter avec fermeté.

Rodrigue KPOGLI


lundi 31 mars 2008

Appel à solidarité avec les Tibétains

Répression chinoise au Tibet
les Africains doivent sortir de leur mutisme.

Depuis quelques semaines, les Tibétains profitent de l'organisation des jeux olympiques à Pékin pour revendiquer le respect de leur culture de la part de la Chine. Pour mémoire, en 1949, l'armée chinoise de Mao ZeDong envahit le Tibet et contraint la petite armée tibétaine à la reddition et à signer le 23 mai 1951, un « Accord en dix-sept points », reconnaissant que le Tibet a toujours fait partie de la Chine. En 1959, le Dalaï-Lama s'exile et renie ce traité. A partir de ce moment, la Chine a déployé une terrible machine afin d'anéantir toute velléité de résistance: écrasement de la culture tibétaine (pillage et destruction des monastères), persécutions et assassinats des religieux (moines), stérilisation des femmes... En 1989, le Dalaï-Lama reçoit le prix Nobel de la paix, des émeutes à Lhassa ont été douchées dans le sang et la loi martiale est déclarée. En 1994, posséder une photo du Dalaï-Lama est interdit et la répression est accentuée. Bref, en 60 ans, environ 2 millions de Tibétains (le quart de la population) sont morts des suites de l'occupation (au combat, de famine, en prison, exécutés, torturés ou suicidés...). Aujourd'hui, il existe au Tibet environ 8 millions de Chinois contre 6 millions de Tibétains. Il s'agit là bel et bien d'une colonisation et d'une stratégie d'extermination d'un peuple dont l'histoire a commencé en l'an 127 de notre ère avec l'établissement de la dynsatie Yarlung et qui a connu son unification dès le VIIè siècle.

Cet état de chose est inacceptable. Et il faut avoir le courage de le dire haut et fort. Nous, Africains qui avons connu la colonisation et les crimes consubstantiels à elle et qui subissons aujourd'hui le néocolonialisme dans ses formes les plus désastreuses, sommes le peuple le mieux placé pour dénoncer l'attitude de la Chine au Tibet. Nous sommes fondés à nous élever contre cette colonisation et cette usurpation des terres du Tibet pour trois (3) raisons fondamentales:

La Première. La Chine est membre du Conseil de Sécurité de l'ONU. Elle est donc très influente dans les instances internationales de décisions. Par les prérogatives que lui confère ce titre, elle est tenue de respecter les droits de l'Homme et surtout les libertés des autres peuples. En choisissant de tuer les Tibétains, la Chine viole les normes prescrites par la Charte de l'ONU et l'ensemble des principes du dispositif légal international. En conséquence, la Chine s'inscrit dans l'ordre des USA, de la France, de la Russie, de la Grande-Bretagne ... qui se sont permis et se permettent de massacrer les peuples désarmés mais pourvus de richesses de tous ordres. Ces pratiques ne peuvent qu'encourager d'autres pays et mettre constamment la vie des peuples « faibles » en danger. Les Africains ne doivent pas accepter ou se montrer indifférents lorsque les puissants massacrent les faibles ou les peuples qu'ils ont sciemment affaiblis. Notre survie en dépend.

La seconde. La chine est très présente en Afrique. Du petit commerce au plus haut niveau de l'Etat, les Chinois sont partout. Ils inondent le marché africain de leurs produits, écrasant au passage les petits commerçants africains qui finissent par couler sous l'asphyxie de la concurrence « déloyale » que les Chinois leur livrent au nez et à la barbe des chefs de circonscriptions africains. La Chine développe d'autre part, des relations militaires importantes avec les régimes corrompus en formant les gardes prétoriennes africaines aux techniques de tortures et de répression qui sont les siennes au Tibet et à l'égard de ses propres citoyens. Elle soutient même des guerres.
Un autre aspect de la présence chinoise en Afrique consiste en la stratégie d'accorder « des prêts à faibles taux et sans conditions » aux pouvoirs africains et piller en retour les richesses minières. Dans les entreprises chinoises implantées en Afrique, les conditions de travail sont rudes, les salaires sont extraordinairement bas, les droits de grève sont systématiquement interdits et les licenciements sont abusifs et sans mesures d'accompagnement. Les bénéfices qu'elles font sont systématiquement renvoyées en Chine. La Chine ne fait pas mieux en Afrique. Sa démarche est identique à celle des pays Occidentaux. Pour toutes ces raisons et considérant le rôle que la Chine joue et veut jouer en Afrique, ses agissements au Tibet nous regardent.

La troisième. Les Occidentaux critiquent la colonisation du Tibet. Lorsque l'on sait que ces pays ont pratiqué et continuent de pratiquer la colonisation, leur engagement semble insincère surtout que ce n'est pas aujourd'hui qu'ils découvrent la question tibétaine. Ces pays n'ont pas les mains suffisamment blanches pour se saisir de ce dossier. Les pays occidentaux dans leur majorité, ont bâti leur fortune sur l'esclavage, la colonisation, l'apartheid, l'extermination des cultures de certains peuples et autres crimes. Comment peuvent-ils légitimement s'indigner que la Chine massacre les Tibétains, pille leurs fabuleuses richesses, interdit leurs pratiques religieuses et prend leurs terres? Eux qui ont asphyxié les cultures, langues et religions africaines s'indignent aujourd'hui des mêmes recettes utilisées par la Chine. Eux qui louent publiquement le rôle positif de la colonisation trouvent inacceptable la colonisation du Tibet. Même s'il vaut mieux changer que rester idiot, se sont-ils sondés eux-mêmes avant tout? Ont-ils fait leur autocritique avant de vouloir donner des leçons? Eux qui forment la police chinoise (les coopérants occidentaux et principalement français), l'équipent (EADS) et donnent les moyens à la Chine de brouiller les fréquences informatiques (le Groupe Thalès).

Pour tout cela, les Africains qui ont connu la colonisation, semblent le mieux placé pour dénoncer ce qui se passe au Tibet. Les conséquences de la colonisation sont encore vivantes en Afrique. Les sociétés africaines en portent les stigmates et cherchent aujourd'hui à se reconstruire non sans difficultés. Ayant connu ce viol et cette chosification, le pillage et le saccage de notre culture, les Africains ne doivent cautionner par le silence, ce qui se passe au Tibet. Même si nous sommes à des milliers de kilomètres, nous avons la légitimité suffisante et incontestable pour dire aux Chinois notre indignation face aux crimes au Tibet et manifester notre soutien au courageux peuple Tibétain. Sans aucune naïveté ni illusion de changer radicalement le cours des évènements, compte tenu de ce que représente la Chine aujourd'hui sur le plan mondial, nous qui nous sommes toujours battus contre le colonialisme et pour le respect de nos valeurs culturelles africaines, pouvons tout au moins clamer que le combat des Tibétains pour la survie de leur culture est aussi le nôtre. Par ce geste, nous aurons montré, n'en déplaise à nos détracteurs, que nous comptons et militons sans armes nucléaires et au-delà de nos murs, pour un monde plus juste et plus pacifique.

Le président Hu Jintao disait à l'Université de Pretoria en Afrique du Sud, lors de sa tournée en Afrique en 2007 ceci « en raison des souffrances qu'ils ont endurées et de la lutte qu'ils ont menée- et qu'ils n'oublieront jamais- les Chinois sont catégoriquement opposés au colonialisme et à l'esclavage sous toutes leurs formes. La Chine n'a jamais imposé sa volonté ou des pratiques inégales à d'autres pays et ne le fera jamais à l'avenir ». Le même Hu Jintao peut-il tenir ces propos devant les Tibétains, les Mongols, les Mandchous et les Ouighours? Cela s'appelle du négationnisme ou tout au moins du révisionnisme contre lesquels les Africains se battent quotidiennement. En conséquence, nous devons manifester toute notre solidarité, fut-elle, verbale aux Tibétains et marquer notre dégoût quant aux agissements de la Chine qui a connu, elle-même, en son temps, une histoire douloureuse.


Rodrigue KPOGLI

mardi 25 mars 2008

Le racisme dans les stades: indignation ou hypocrisie française


Ces derniers temps, il y a résurgence des comportements racistes dans les stades européens et français particulièrement. Les joueurs africains sont humiliés par des spectateurs racistes qui émettent des cris de singes ou claironnent tout au long du match « sales nègres ». Le cas Ouaddou- joueur marocain de Valenciennes- qui a frappé les consciences, s'inscrit dans une continuité. Au cours d'un match, même le Tchèque Milan Barros se pince le nez et se ventile pour « éviter l'odeur » du Camerounais Mbia. Samuel Eto'o, Marc Zoro, Kébé et bien d'autres ont eu leur lot d'humiliations. Eux et bien d'autres ont et en auront malheureusement encore. Ce n'est pas une fatalité mais une réalité regrettable. Car nombre d'occidentaux ne peuvent se départir de l'élan raciste qui a poussé leurs aïeux à théoriser et pratiquer l'esclavage, la shoah, la colonisation, l'élimination des Indiens et bien d'autres crimes. Si le néocolonialisme reste aujourd'hui une réalité, c'est que chez la majorité des Occidentaux, le racisme est héréditaire. Ces gens ne supportent pas des humains d'autres cultures coupables d'avoir une peau différente de la leur. Pour d'autres, le racisme est, à notre avis, d’ordre stratégique. Il fallait bien décréter une race inférieure quelque part pour faire passer certaines volontés, idées et pratiques que d'autres ne peuvent tolérer.

L'exemple vient du sommet ou soigner le mal à partir des racines

Comment peut-on aujourd'hui lutter contre l'humiliation des joueurs africains dans le championnat français sans autopsier un passé si présent dans les esprits? Le poisson commence par pourrir de la tête, dit-on. Il ne faut pas aller trop loin dans l'histoire pour rechercher les racines du mal. Jacques Chirac disait le 19 juin 1991 que les Africains (Noirs et Maghrébins) ont une odeur insupportable et font trop de bruits. Cela ne l'a pas empêché de devenir président et de se considérer cyniquement à la face du monde comme « l'avocat de l'Afrique ». Et les chefs de circonscriptions africains n'ont jamais manqué l'occasion d'adouber le « cher Jacques » et de s'agglutiner autour de lui pour des photos de famille. Drôle famille!

Son successeur n'a pas fait mieux. De « la racaille » des banlieues qu'il voulait « nettoyer au Kärcher », Sarkozy de la rupture est devenu président des Français dans la continuité. Pour une rupture, il n'en fallait pas mieux. A Dakar à l'université Cheick Anta Diop le 26 juillet 2007, il crache à la figure des Africains en mondovision, en déclarant que l'homme Africain n'est pas entré dans l'Histoire et que le problème de ce continent est que ses enfants s'entretuent et sont corrompus congénitalement. Même si certains Français ont condamné ces propos à travers des écrits et des paroles, il n’en demeure pas que ces critiques n'ont pas été suffisamment fortes pour contraindre Sarkozy à l'excuse. Au contraire, son entourage en l'occurence Henri Guaino, s'est félicité que ce discours restera dans les annales et dans les discussions pour une dizaine d'années au moins. Pour justifier une pareille imbécillité, certains esprits malins, ont culpabilisé le griot du roi qu'est Henri Guaino, auteur des récitations de Sarkozy. Une façon subtile de dédouaner ce dernier connu pour son habitude à se passer de ses conseillers qu'il n'hésite pas à griller à l'occasion. Le même Guaino a, lui-même, justifié le discours de Dakar lors d'une émission « Ce soir ou jamais » de France3 avec l'aide bien précieuse d'un certain philosophe Camerounais, André Mbem dressé contre Aminata Traoré, pourfendeuse du discours incriminé.

Encore une fois, tout finit par rentrer en ordre. Personne ne peut punir Sarkozy et ses conseillers d'avoir insulté les Africains. Comme son prédécesseur, Sarkozy se dit « ami de l'Afrique et des Africains ». Si aujourd'hui, il coule dans les sondages, c'est bien davantage à son incurie à résoudre l'équation du pouvoir d'achat, à l'exposition de sa vie privée et à son style « bling bling » qu'il le doit. Ce n'est guère pour ses propos racistes à l'égard des Africains.

Molles critiques et indifférence

Quand ce sont de molles critiques et une certaine indifférence qui sanctionnent les autorités qui insultent les Africains, il est clair qu'elles deviennent et servent de modèles aux citoyens moyens. Lorsque le premier des citoyens français humilie les Africains, ce ne sont pas les citoyens moyens qui s'en priveront dès qu'ils en ont l'occasion. En un mot, lorsque l'exemple vient d'en-haut, on ne peut s'étonner de son émulation au sein de la société. C'est pour cela que nonobstant l'appel des officiels du foot français et du sous-ministre Bernard Laporte en faveur de sévères sanctions contre ceux qui traitent les joueurs africains de singes et de « sales negros », le problème demeure entier.

Faire recours aux « singes » pour collectionner des médailles

Cependant ces Français ont la mémoire courte et sont frappés du sceau de l'amnésie. Restons dans le foot après tout. En 1998, pour obtenir la coupe du monde, les Français ont dû faire recours aux Africains c'est à dire « aux singes ». Dans l'équipe de France d'alors, sur les 23 joueurs, il n'y avait de Français authentiques que Laurent Blanc, Didier Deschamps, Emmanuel Petit, Lionel Charbonnier, Barthez, Dugarry, Stéphane Guivarc'h. Tous les autres sont des étrangers et principalement Africains dont le plus célèbre, Zidane est supplié de ne pas quitter l'équipe à chaque fois qu'il souhaite aller en retraite. Aujourd'hui, c'est la même situation. De Malouda à Mandanda en passant par Govou, Nasri, Benzema et bien d'autres, la France pioche le meilleur des pays africains- ses colonies- pour garnir sa maison et décrocher des titres. Rôle positif de la colonisation? Bien sûr! Comme si les pays africains n'avaient pas eux besoin de grandeur et d'honneur sportive, la France n'hésite pas à sortir le grand jeu de la nationalité et de l'argent pour capter les jeunes qui auraient pu briller et stimuler les autres jeunes africains. En procédant de la sorte, la France pille l'Afrique et prive les sociétés africaines de modèles.

Ces gladiateurs des temps modernes qui ignorent l'histoire

Ironie du sort, ces gladiateurs des temps modernes ne s'émeuvent pas lorsque leurs compatriotes se trouvent en mauvaise posture. Mis à part Lilian Thuram qui mérite respect, le reste fait litière des problèmes de leurs congénères. Ils agissent comme si l'enfer c'est les autres. Chose inimaginable de la part des autres groupes humains notamment les Juifs par exemple. Insultez un Juif et vous trouverez pratiquement tous les Juifs sur votre chemin. Cette solidarité n'est pas une évidence chez les Africains. Et c'est bien dommage car d'importants détails de l'histoire leur échappent.

Lors de la guerre contre le nazisme, la France a dû faire recours aux Africains. Dès que la victoire fut acquise, ceux-ci ont été démobilisés et renvoyés à leurs casseroles. Leurs soldes n'étaient même pas versés. Ils n'ont eu droit à aucun suivi médical ni psychologique. Et lorsqu'ils se sont organisés pour revendiquer leurs droits à Thiaroye au Sénégal en 1944, c'est à coups de canon qu'ils ont été accueillis. Voilà comment on est payé quand on est des singes. En monnaie de singes, bien sûr! C'est pour cette raison qu'il est incompréhensible de voir des Africains s'enthousiasmer pour enfiler le maillot français alors même que des cris de singes sont dirigés contre leurs compatriotes. Leur silence, leur laxisme ou leur indifférence à l'égard du racisme est une complicité mieux une démission de leur titre d'homme. Ils ne méritent aucun respect.

Les joueurs africains de l'équipe de France doivent monter au créneau

Le jour où les Africains de l'équipe de France dont ils sont si fiers, se souviendront de l'histoire et décideront de jouer leur rôle d'hommes responsables, les cris de singes et les injures racistes cesseront ou du moins marqueront les pas dans les stades. Mais en attendant ce jour, on a beau faire porter aux joueurs des T-shirt frappés de messages antiracistes, la justice peut condamner quelques abrutis pour injure raciste, on a beau monter des spots publicitaires condamnant le racisme dans les stades, on a beau inviter Basile Boli (ami de Sarkozy) et bien d'autres au Journal de 20 heures, cela ne changera grands choses.

Les Africains sont interpellés

Beaucoup d'Européens ont pris l'habitude d'insulter les Africains en toute impunité et c'est cela qui favorise cette « ferveur » raciste. Cependant lorsqu'on insulte un Juif en France, ce sont les pouvoirs publics, l'ensemble de la classe politique et parfois le Président lui-même qui prennent les devants de la condamnation et appellent vivement la justice à se saisir de la situation et punir les auteurs. On vient d'ailleurs d'en avoir l'illustration avec le limogeage du sous-préfet de Saintes, Bruno Guigue1 qui a osé critiquer dans une tribune, la politique d'Israël (ce qui n'a rien d'antisémite). Il n'en est pas ainsi des Africains. Comme quoi, il existe des droits de l'Homme auxquels ne peut prétendre « l'homme Africain » si cher à Sarkozy. Pour ces raisons, les Africains sont interpellés. Ils doivent s'unir et se montrer solidaires pour se faire respecter.

Rodrigue KPOGLI

1 Officiellement, le sous-préfet a été limogé par son ministre de tutelle Michelle Alliot-Marie pour avoir violé le devoir de réserve que lui impose sa fonction. Mais personne n'est dupe. Heureusement!

jeudi 6 mars 2008

TOGO: La presse en danger



COMMUNIQUE

Restriction inacceptable à la liberté d’expression au Togo.

La Haute Autorité de l'Audiovisuel et de la Communication (HAAC) par sa décision N°0001/HAAC/08/P* vient d'interdire « définitivement » des éditoriaux, billets ou réflexions de Daniel Lawson-Drackey sur la Radio Nana FM au motif que ses analyses violent de façon constante les règles déontologiques et de la dignité humaine.

Aussi affirme la HAAC avoir recommandé à maintes reprises et sans succès à la direction de la Radio Nana FM de supprimer les productions du journaliste sur ses ondes.

Il est à noter que le HAAC ne mentionne dans son édit aucune plainte de citoyens togolais contre les analyses de Daniel Lawson-Drackey.

En fondant sa décision sur des formules vagues et des principes qu'aucun fait concret ne viole, la HAAC montre son acharnement contre la voix d'un journaliste qui ne fait que son métier. Elle montre aussi qu’elle est à l’oeuvre pour établir une presse de complaisance qui s’interdit des analyses sérieuses et objectives au Togo. Il faut rappeler que le vendredi 22 février 2008, la HAAC avait convoqué les directeurs de publication et rédacteurs en chef de la presse privée écrite à son siège à Lomé pour leur reprocher la diffusion des informations relatives au clivage Faure – Kpatcha. Par ces méthodes, la HAAC témoigne en outre que la démocratie au Togo chantée ces derniers temps reste un leurre.

La Jeunesse Unie pour la Démocratie en Afrique (J.U.D.A) s'élève vivement contre cette décision et ces agissements qui violent gravement la liberté de presse et qui sont de toute évidence, un complot contre la liberté d'expression et d'opinion déjà bafouées ou quasi inexistantes au Togo.

Elle condamne cette propension de la HAAC à museler tous les médias qui s'élèvent contre les pratiques mafieuses du pouvoir illégitime qui régente en toute impunité le Togo depuis un demi-siècle. En procédant ainsi, la HAAC agit contre l'avènement de la démocratie au Togo.

Elle demande donc à la HAAC d'annuler sa décision et de laisser travailler en toute tranquillité et responsabilité ceux des journalistes qui n'ont pas encore perdu leur courage ou ne sont pas encore détournés de leur mission au Togo.

Pour une fois encore, la J.U.D.A appelle Philippe EVEGNON, un journaliste ayant payé sous Eyadéma Gnassingbé un lourd tribut pour la liberté de presse au Togo, à se ressaisir et à refuser de servir, alors qu'il préside la HAAC aujourd’hui, d'instruments de répression et de musellement de ses confrères d'hier.

Enfin la J.U.D.A lance un appel au peuple togolais à la mobilisation contre cette parodie de démocratie dans laquelle les institutions n'oeuvrent pas pour agrandir les libertés mais plutôt s'activent avec zèle pour les restreindre au profit d'un clan.

ACTIONS RECOMMANDEES

La Jeunesse Unie pour la Démocratie en Afrique (J.U.D.A) demande à tous les militants et organisations de défense des valeurs démocratiques de se mobiliser pour obtenir le retrait de la décision de la HAAC précitée.

Veuillez envoyer vos appels et textes à l’adresse mentionnée ci-dessous:

- protestant contre l'interdiction sur la Radio Nana FM des analyses de Daniel LAWSON-DRACKEY qui constitue une restriction inacceptable à la liberté d’expression garantie notamment par le Pacte international relatif aux droits civils et politiques et la Charte Africaine des droits de l’homme et des peuples ainsi que la Constitution Togolaise;

- demandant l'annulation immédiate et sans conditions de cette interdiction;

- demandant à la HAAC de laisser la presse jouer son rôle librement.


Adresse de la HAACBP : 8697, Lomé - TOGO
Tél : +228 250 16 78
Fax : +228 250 16 80
Cel : +228 903 45 90


Le 06 Mars 2008

Pour la J.U.D.A
Le Secrétaire Général,

Komla KPOGLI