lundi 31 mars 2008

Appel à solidarité avec les Tibétains

Répression chinoise au Tibet
les Africains doivent sortir de leur mutisme.

Depuis quelques semaines, les Tibétains profitent de l'organisation des jeux olympiques à Pékin pour revendiquer le respect de leur culture de la part de la Chine. Pour mémoire, en 1949, l'armée chinoise de Mao ZeDong envahit le Tibet et contraint la petite armée tibétaine à la reddition et à signer le 23 mai 1951, un « Accord en dix-sept points », reconnaissant que le Tibet a toujours fait partie de la Chine. En 1959, le Dalaï-Lama s'exile et renie ce traité. A partir de ce moment, la Chine a déployé une terrible machine afin d'anéantir toute velléité de résistance: écrasement de la culture tibétaine (pillage et destruction des monastères), persécutions et assassinats des religieux (moines), stérilisation des femmes... En 1989, le Dalaï-Lama reçoit le prix Nobel de la paix, des émeutes à Lhassa ont été douchées dans le sang et la loi martiale est déclarée. En 1994, posséder une photo du Dalaï-Lama est interdit et la répression est accentuée. Bref, en 60 ans, environ 2 millions de Tibétains (le quart de la population) sont morts des suites de l'occupation (au combat, de famine, en prison, exécutés, torturés ou suicidés...). Aujourd'hui, il existe au Tibet environ 8 millions de Chinois contre 6 millions de Tibétains. Il s'agit là bel et bien d'une colonisation et d'une stratégie d'extermination d'un peuple dont l'histoire a commencé en l'an 127 de notre ère avec l'établissement de la dynsatie Yarlung et qui a connu son unification dès le VIIè siècle.

Cet état de chose est inacceptable. Et il faut avoir le courage de le dire haut et fort. Nous, Africains qui avons connu la colonisation et les crimes consubstantiels à elle et qui subissons aujourd'hui le néocolonialisme dans ses formes les plus désastreuses, sommes le peuple le mieux placé pour dénoncer l'attitude de la Chine au Tibet. Nous sommes fondés à nous élever contre cette colonisation et cette usurpation des terres du Tibet pour trois (3) raisons fondamentales:

La Première. La Chine est membre du Conseil de Sécurité de l'ONU. Elle est donc très influente dans les instances internationales de décisions. Par les prérogatives que lui confère ce titre, elle est tenue de respecter les droits de l'Homme et surtout les libertés des autres peuples. En choisissant de tuer les Tibétains, la Chine viole les normes prescrites par la Charte de l'ONU et l'ensemble des principes du dispositif légal international. En conséquence, la Chine s'inscrit dans l'ordre des USA, de la France, de la Russie, de la Grande-Bretagne ... qui se sont permis et se permettent de massacrer les peuples désarmés mais pourvus de richesses de tous ordres. Ces pratiques ne peuvent qu'encourager d'autres pays et mettre constamment la vie des peuples « faibles » en danger. Les Africains ne doivent pas accepter ou se montrer indifférents lorsque les puissants massacrent les faibles ou les peuples qu'ils ont sciemment affaiblis. Notre survie en dépend.

La seconde. La chine est très présente en Afrique. Du petit commerce au plus haut niveau de l'Etat, les Chinois sont partout. Ils inondent le marché africain de leurs produits, écrasant au passage les petits commerçants africains qui finissent par couler sous l'asphyxie de la concurrence « déloyale » que les Chinois leur livrent au nez et à la barbe des chefs de circonscriptions africains. La Chine développe d'autre part, des relations militaires importantes avec les régimes corrompus en formant les gardes prétoriennes africaines aux techniques de tortures et de répression qui sont les siennes au Tibet et à l'égard de ses propres citoyens. Elle soutient même des guerres.
Un autre aspect de la présence chinoise en Afrique consiste en la stratégie d'accorder « des prêts à faibles taux et sans conditions » aux pouvoirs africains et piller en retour les richesses minières. Dans les entreprises chinoises implantées en Afrique, les conditions de travail sont rudes, les salaires sont extraordinairement bas, les droits de grève sont systématiquement interdits et les licenciements sont abusifs et sans mesures d'accompagnement. Les bénéfices qu'elles font sont systématiquement renvoyées en Chine. La Chine ne fait pas mieux en Afrique. Sa démarche est identique à celle des pays Occidentaux. Pour toutes ces raisons et considérant le rôle que la Chine joue et veut jouer en Afrique, ses agissements au Tibet nous regardent.

La troisième. Les Occidentaux critiquent la colonisation du Tibet. Lorsque l'on sait que ces pays ont pratiqué et continuent de pratiquer la colonisation, leur engagement semble insincère surtout que ce n'est pas aujourd'hui qu'ils découvrent la question tibétaine. Ces pays n'ont pas les mains suffisamment blanches pour se saisir de ce dossier. Les pays occidentaux dans leur majorité, ont bâti leur fortune sur l'esclavage, la colonisation, l'apartheid, l'extermination des cultures de certains peuples et autres crimes. Comment peuvent-ils légitimement s'indigner que la Chine massacre les Tibétains, pille leurs fabuleuses richesses, interdit leurs pratiques religieuses et prend leurs terres? Eux qui ont asphyxié les cultures, langues et religions africaines s'indignent aujourd'hui des mêmes recettes utilisées par la Chine. Eux qui louent publiquement le rôle positif de la colonisation trouvent inacceptable la colonisation du Tibet. Même s'il vaut mieux changer que rester idiot, se sont-ils sondés eux-mêmes avant tout? Ont-ils fait leur autocritique avant de vouloir donner des leçons? Eux qui forment la police chinoise (les coopérants occidentaux et principalement français), l'équipent (EADS) et donnent les moyens à la Chine de brouiller les fréquences informatiques (le Groupe Thalès).

Pour tout cela, les Africains qui ont connu la colonisation, semblent le mieux placé pour dénoncer ce qui se passe au Tibet. Les conséquences de la colonisation sont encore vivantes en Afrique. Les sociétés africaines en portent les stigmates et cherchent aujourd'hui à se reconstruire non sans difficultés. Ayant connu ce viol et cette chosification, le pillage et le saccage de notre culture, les Africains ne doivent cautionner par le silence, ce qui se passe au Tibet. Même si nous sommes à des milliers de kilomètres, nous avons la légitimité suffisante et incontestable pour dire aux Chinois notre indignation face aux crimes au Tibet et manifester notre soutien au courageux peuple Tibétain. Sans aucune naïveté ni illusion de changer radicalement le cours des évènements, compte tenu de ce que représente la Chine aujourd'hui sur le plan mondial, nous qui nous sommes toujours battus contre le colonialisme et pour le respect de nos valeurs culturelles africaines, pouvons tout au moins clamer que le combat des Tibétains pour la survie de leur culture est aussi le nôtre. Par ce geste, nous aurons montré, n'en déplaise à nos détracteurs, que nous comptons et militons sans armes nucléaires et au-delà de nos murs, pour un monde plus juste et plus pacifique.

Le président Hu Jintao disait à l'Université de Pretoria en Afrique du Sud, lors de sa tournée en Afrique en 2007 ceci « en raison des souffrances qu'ils ont endurées et de la lutte qu'ils ont menée- et qu'ils n'oublieront jamais- les Chinois sont catégoriquement opposés au colonialisme et à l'esclavage sous toutes leurs formes. La Chine n'a jamais imposé sa volonté ou des pratiques inégales à d'autres pays et ne le fera jamais à l'avenir ». Le même Hu Jintao peut-il tenir ces propos devant les Tibétains, les Mongols, les Mandchous et les Ouighours? Cela s'appelle du négationnisme ou tout au moins du révisionnisme contre lesquels les Africains se battent quotidiennement. En conséquence, nous devons manifester toute notre solidarité, fut-elle, verbale aux Tibétains et marquer notre dégoût quant aux agissements de la Chine qui a connu, elle-même, en son temps, une histoire douloureuse.


Rodrigue KPOGLI

mardi 25 mars 2008

Le racisme dans les stades: indignation ou hypocrisie française


Ces derniers temps, il y a résurgence des comportements racistes dans les stades européens et français particulièrement. Les joueurs africains sont humiliés par des spectateurs racistes qui émettent des cris de singes ou claironnent tout au long du match « sales nègres ». Le cas Ouaddou- joueur marocain de Valenciennes- qui a frappé les consciences, s'inscrit dans une continuité. Au cours d'un match, même le Tchèque Milan Barros se pince le nez et se ventile pour « éviter l'odeur » du Camerounais Mbia. Samuel Eto'o, Marc Zoro, Kébé et bien d'autres ont eu leur lot d'humiliations. Eux et bien d'autres ont et en auront malheureusement encore. Ce n'est pas une fatalité mais une réalité regrettable. Car nombre d'occidentaux ne peuvent se départir de l'élan raciste qui a poussé leurs aïeux à théoriser et pratiquer l'esclavage, la shoah, la colonisation, l'élimination des Indiens et bien d'autres crimes. Si le néocolonialisme reste aujourd'hui une réalité, c'est que chez la majorité des Occidentaux, le racisme est héréditaire. Ces gens ne supportent pas des humains d'autres cultures coupables d'avoir une peau différente de la leur. Pour d'autres, le racisme est, à notre avis, d’ordre stratégique. Il fallait bien décréter une race inférieure quelque part pour faire passer certaines volontés, idées et pratiques que d'autres ne peuvent tolérer.

L'exemple vient du sommet ou soigner le mal à partir des racines

Comment peut-on aujourd'hui lutter contre l'humiliation des joueurs africains dans le championnat français sans autopsier un passé si présent dans les esprits? Le poisson commence par pourrir de la tête, dit-on. Il ne faut pas aller trop loin dans l'histoire pour rechercher les racines du mal. Jacques Chirac disait le 19 juin 1991 que les Africains (Noirs et Maghrébins) ont une odeur insupportable et font trop de bruits. Cela ne l'a pas empêché de devenir président et de se considérer cyniquement à la face du monde comme « l'avocat de l'Afrique ». Et les chefs de circonscriptions africains n'ont jamais manqué l'occasion d'adouber le « cher Jacques » et de s'agglutiner autour de lui pour des photos de famille. Drôle famille!

Son successeur n'a pas fait mieux. De « la racaille » des banlieues qu'il voulait « nettoyer au Kärcher », Sarkozy de la rupture est devenu président des Français dans la continuité. Pour une rupture, il n'en fallait pas mieux. A Dakar à l'université Cheick Anta Diop le 26 juillet 2007, il crache à la figure des Africains en mondovision, en déclarant que l'homme Africain n'est pas entré dans l'Histoire et que le problème de ce continent est que ses enfants s'entretuent et sont corrompus congénitalement. Même si certains Français ont condamné ces propos à travers des écrits et des paroles, il n’en demeure pas que ces critiques n'ont pas été suffisamment fortes pour contraindre Sarkozy à l'excuse. Au contraire, son entourage en l'occurence Henri Guaino, s'est félicité que ce discours restera dans les annales et dans les discussions pour une dizaine d'années au moins. Pour justifier une pareille imbécillité, certains esprits malins, ont culpabilisé le griot du roi qu'est Henri Guaino, auteur des récitations de Sarkozy. Une façon subtile de dédouaner ce dernier connu pour son habitude à se passer de ses conseillers qu'il n'hésite pas à griller à l'occasion. Le même Guaino a, lui-même, justifié le discours de Dakar lors d'une émission « Ce soir ou jamais » de France3 avec l'aide bien précieuse d'un certain philosophe Camerounais, André Mbem dressé contre Aminata Traoré, pourfendeuse du discours incriminé.

Encore une fois, tout finit par rentrer en ordre. Personne ne peut punir Sarkozy et ses conseillers d'avoir insulté les Africains. Comme son prédécesseur, Sarkozy se dit « ami de l'Afrique et des Africains ». Si aujourd'hui, il coule dans les sondages, c'est bien davantage à son incurie à résoudre l'équation du pouvoir d'achat, à l'exposition de sa vie privée et à son style « bling bling » qu'il le doit. Ce n'est guère pour ses propos racistes à l'égard des Africains.

Molles critiques et indifférence

Quand ce sont de molles critiques et une certaine indifférence qui sanctionnent les autorités qui insultent les Africains, il est clair qu'elles deviennent et servent de modèles aux citoyens moyens. Lorsque le premier des citoyens français humilie les Africains, ce ne sont pas les citoyens moyens qui s'en priveront dès qu'ils en ont l'occasion. En un mot, lorsque l'exemple vient d'en-haut, on ne peut s'étonner de son émulation au sein de la société. C'est pour cela que nonobstant l'appel des officiels du foot français et du sous-ministre Bernard Laporte en faveur de sévères sanctions contre ceux qui traitent les joueurs africains de singes et de « sales negros », le problème demeure entier.

Faire recours aux « singes » pour collectionner des médailles

Cependant ces Français ont la mémoire courte et sont frappés du sceau de l'amnésie. Restons dans le foot après tout. En 1998, pour obtenir la coupe du monde, les Français ont dû faire recours aux Africains c'est à dire « aux singes ». Dans l'équipe de France d'alors, sur les 23 joueurs, il n'y avait de Français authentiques que Laurent Blanc, Didier Deschamps, Emmanuel Petit, Lionel Charbonnier, Barthez, Dugarry, Stéphane Guivarc'h. Tous les autres sont des étrangers et principalement Africains dont le plus célèbre, Zidane est supplié de ne pas quitter l'équipe à chaque fois qu'il souhaite aller en retraite. Aujourd'hui, c'est la même situation. De Malouda à Mandanda en passant par Govou, Nasri, Benzema et bien d'autres, la France pioche le meilleur des pays africains- ses colonies- pour garnir sa maison et décrocher des titres. Rôle positif de la colonisation? Bien sûr! Comme si les pays africains n'avaient pas eux besoin de grandeur et d'honneur sportive, la France n'hésite pas à sortir le grand jeu de la nationalité et de l'argent pour capter les jeunes qui auraient pu briller et stimuler les autres jeunes africains. En procédant de la sorte, la France pille l'Afrique et prive les sociétés africaines de modèles.

Ces gladiateurs des temps modernes qui ignorent l'histoire

Ironie du sort, ces gladiateurs des temps modernes ne s'émeuvent pas lorsque leurs compatriotes se trouvent en mauvaise posture. Mis à part Lilian Thuram qui mérite respect, le reste fait litière des problèmes de leurs congénères. Ils agissent comme si l'enfer c'est les autres. Chose inimaginable de la part des autres groupes humains notamment les Juifs par exemple. Insultez un Juif et vous trouverez pratiquement tous les Juifs sur votre chemin. Cette solidarité n'est pas une évidence chez les Africains. Et c'est bien dommage car d'importants détails de l'histoire leur échappent.

Lors de la guerre contre le nazisme, la France a dû faire recours aux Africains. Dès que la victoire fut acquise, ceux-ci ont été démobilisés et renvoyés à leurs casseroles. Leurs soldes n'étaient même pas versés. Ils n'ont eu droit à aucun suivi médical ni psychologique. Et lorsqu'ils se sont organisés pour revendiquer leurs droits à Thiaroye au Sénégal en 1944, c'est à coups de canon qu'ils ont été accueillis. Voilà comment on est payé quand on est des singes. En monnaie de singes, bien sûr! C'est pour cette raison qu'il est incompréhensible de voir des Africains s'enthousiasmer pour enfiler le maillot français alors même que des cris de singes sont dirigés contre leurs compatriotes. Leur silence, leur laxisme ou leur indifférence à l'égard du racisme est une complicité mieux une démission de leur titre d'homme. Ils ne méritent aucun respect.

Les joueurs africains de l'équipe de France doivent monter au créneau

Le jour où les Africains de l'équipe de France dont ils sont si fiers, se souviendront de l'histoire et décideront de jouer leur rôle d'hommes responsables, les cris de singes et les injures racistes cesseront ou du moins marqueront les pas dans les stades. Mais en attendant ce jour, on a beau faire porter aux joueurs des T-shirt frappés de messages antiracistes, la justice peut condamner quelques abrutis pour injure raciste, on a beau monter des spots publicitaires condamnant le racisme dans les stades, on a beau inviter Basile Boli (ami de Sarkozy) et bien d'autres au Journal de 20 heures, cela ne changera grands choses.

Les Africains sont interpellés

Beaucoup d'Européens ont pris l'habitude d'insulter les Africains en toute impunité et c'est cela qui favorise cette « ferveur » raciste. Cependant lorsqu'on insulte un Juif en France, ce sont les pouvoirs publics, l'ensemble de la classe politique et parfois le Président lui-même qui prennent les devants de la condamnation et appellent vivement la justice à se saisir de la situation et punir les auteurs. On vient d'ailleurs d'en avoir l'illustration avec le limogeage du sous-préfet de Saintes, Bruno Guigue1 qui a osé critiquer dans une tribune, la politique d'Israël (ce qui n'a rien d'antisémite). Il n'en est pas ainsi des Africains. Comme quoi, il existe des droits de l'Homme auxquels ne peut prétendre « l'homme Africain » si cher à Sarkozy. Pour ces raisons, les Africains sont interpellés. Ils doivent s'unir et se montrer solidaires pour se faire respecter.

Rodrigue KPOGLI

1 Officiellement, le sous-préfet a été limogé par son ministre de tutelle Michelle Alliot-Marie pour avoir violé le devoir de réserve que lui impose sa fonction. Mais personne n'est dupe. Heureusement!

jeudi 6 mars 2008

TOGO: La presse en danger



COMMUNIQUE

Restriction inacceptable à la liberté d’expression au Togo.

La Haute Autorité de l'Audiovisuel et de la Communication (HAAC) par sa décision N°0001/HAAC/08/P* vient d'interdire « définitivement » des éditoriaux, billets ou réflexions de Daniel Lawson-Drackey sur la Radio Nana FM au motif que ses analyses violent de façon constante les règles déontologiques et de la dignité humaine.

Aussi affirme la HAAC avoir recommandé à maintes reprises et sans succès à la direction de la Radio Nana FM de supprimer les productions du journaliste sur ses ondes.

Il est à noter que le HAAC ne mentionne dans son édit aucune plainte de citoyens togolais contre les analyses de Daniel Lawson-Drackey.

En fondant sa décision sur des formules vagues et des principes qu'aucun fait concret ne viole, la HAAC montre son acharnement contre la voix d'un journaliste qui ne fait que son métier. Elle montre aussi qu’elle est à l’oeuvre pour établir une presse de complaisance qui s’interdit des analyses sérieuses et objectives au Togo. Il faut rappeler que le vendredi 22 février 2008, la HAAC avait convoqué les directeurs de publication et rédacteurs en chef de la presse privée écrite à son siège à Lomé pour leur reprocher la diffusion des informations relatives au clivage Faure – Kpatcha. Par ces méthodes, la HAAC témoigne en outre que la démocratie au Togo chantée ces derniers temps reste un leurre.

La Jeunesse Unie pour la Démocratie en Afrique (J.U.D.A) s'élève vivement contre cette décision et ces agissements qui violent gravement la liberté de presse et qui sont de toute évidence, un complot contre la liberté d'expression et d'opinion déjà bafouées ou quasi inexistantes au Togo.

Elle condamne cette propension de la HAAC à museler tous les médias qui s'élèvent contre les pratiques mafieuses du pouvoir illégitime qui régente en toute impunité le Togo depuis un demi-siècle. En procédant ainsi, la HAAC agit contre l'avènement de la démocratie au Togo.

Elle demande donc à la HAAC d'annuler sa décision et de laisser travailler en toute tranquillité et responsabilité ceux des journalistes qui n'ont pas encore perdu leur courage ou ne sont pas encore détournés de leur mission au Togo.

Pour une fois encore, la J.U.D.A appelle Philippe EVEGNON, un journaliste ayant payé sous Eyadéma Gnassingbé un lourd tribut pour la liberté de presse au Togo, à se ressaisir et à refuser de servir, alors qu'il préside la HAAC aujourd’hui, d'instruments de répression et de musellement de ses confrères d'hier.

Enfin la J.U.D.A lance un appel au peuple togolais à la mobilisation contre cette parodie de démocratie dans laquelle les institutions n'oeuvrent pas pour agrandir les libertés mais plutôt s'activent avec zèle pour les restreindre au profit d'un clan.

ACTIONS RECOMMANDEES

La Jeunesse Unie pour la Démocratie en Afrique (J.U.D.A) demande à tous les militants et organisations de défense des valeurs démocratiques de se mobiliser pour obtenir le retrait de la décision de la HAAC précitée.

Veuillez envoyer vos appels et textes à l’adresse mentionnée ci-dessous:

- protestant contre l'interdiction sur la Radio Nana FM des analyses de Daniel LAWSON-DRACKEY qui constitue une restriction inacceptable à la liberté d’expression garantie notamment par le Pacte international relatif aux droits civils et politiques et la Charte Africaine des droits de l’homme et des peuples ainsi que la Constitution Togolaise;

- demandant l'annulation immédiate et sans conditions de cette interdiction;

- demandant à la HAAC de laisser la presse jouer son rôle librement.


Adresse de la HAACBP : 8697, Lomé - TOGO
Tél : +228 250 16 78
Fax : +228 250 16 80
Cel : +228 903 45 90


Le 06 Mars 2008

Pour la J.U.D.A
Le Secrétaire Général,

Komla KPOGLI

jeudi 28 février 2008

TCHAD: Et maintenant?


Il y a eu hésitations, confusions et contradictions. Mais au bout du compte, la France est venue au secours du régime du président tchadien Idriss Déby Itno, pour la seconde fois en moins de deux ans. Le Tchad constitue une base stratégique essentielle au déploiement des forces françaises, en plein cœur de l’Afrique, à proximité du conflit soudanais, du golfe de Guinée gorgé de pétrole, et de l’uranium nigérien. C’est aussi le bastion français le plus proche de Fachoda, vieux complexe jamais vraiment évacué. Réagir à l’action des rebelles, c’était avant tout réaffirmer sa position sur l’échiquier de la sous-région.


Le ministère de la Défense continue à démentir l’intervention de l’armée. Mais les rebelles persistent, et condamnent l’absence de neutralité française, « sans équivoque partie prenante dans le conflit du Tchad ». Ils récusent ainsi la légitimité de l’Eufor pour participer au retour de la paix au Darfour. Cette force d’intervention européenne, que la France doit commander sur le terrain, a commencé à se déployer. Son arrivée était au cœur des enjeux de l’avancée des rebelles sur N’Djamena soutenus indirectement par Khartoum, et au centre des tergiversations françaises.


La France a également fini par réagir, après un long silence embarrassé, à propos des opposants emprisonnés au moment où les rebelles quittaient la capitale. Paris a demandé une « clarification sans délai », notamment « des informations précises sur les motifs pour lesquels ils ont été emprisonnés, sur les lieux où ils se trouvent, et sur les procédures judiciaires dont les autorités tchadiennes pensent qu’elles leurs sont applicables ».


Une intervention française n’aurait de sens que si elle obtenait du président Déby non pas seulement la grâce des aventuriers de l’Arche de Zoé, mais des garanties en termes de démocratisation du régime et de respect de droits humains, notamment dans la gestion des revenus pétroliers. La rupture voulue par le chef de l’État français, Nicolas Sarkozy, ne peut être perceptible que si Paris se range pour une fois du côté de la population tchadienne, seule vraie victime de ces combats à répétition.


Lucas Patriat
Voir http://www.tchadforum.com/node/651

Marchés Tropicaux

mercredi 27 février 2008

Arche de Zoé: les dessous de l'affaire par une radio suisse



L'affaire de l'Arche de Zoé recèle de nombreux mystères qui visiblement n'ont pas vocation à être éclaircis, notamment par les medias français..Comme d'habitude depuis le 6 mai 2007, les "révélations" arrivent de l'étranger et notamment de la Suisse. Cette fois-ci, les "révélations" d'une radio Suisse "Couleur 3" dans l'émission "La Planète Bleue" sont tellement énormes qu'on a vraiment du mal à y croire. Au delà des faits, on se demande quand même pourquoi les medias français n'ont pas parlé de ce qui s'est dit dans cette émission en Novembre 2007..(et on ne peut pas s'empêcher de se rappeler les premières accusations des officiels tchadiens concernant cette histoire...)


Avant de lire le texte de ce qui a été dit dans l'émission, sachez qu'effectivement , François Sarkozy fait partie de Paris Bio Tech et que cette entité s'est défendue des allégations portées contre elle sur une page de son site (voir le texte publié à la fin de cette note. Tout d'abord les allégations diffusées sur "Couleur 3":


Quand la fameuse affaire de l’Arche de Zoé a éclaté, curieusement, le Président Sarkozy n’est pas venu au secours des enfants victimes, ni des familles abusées, mais des voleurs d’enfants.


Pourquoi ? Pour protéger qui ? Pourquoi Nicolas Sarkozy est-il allé au Tchad chercher les journalistes français et les hôtesses espagnoles ? Pourquoi le président français a-t-il annoncé, haut et fort, qu’il irait chercher lui-même les membres de l’association « Arche de Zoé », quoi qu’ils aient fait, mettant ainsi le feu à un baril qui n’avait pas besoin d’arrogance pour s’enflammer. S’agit-il d’une maladresse due à la précipitation, ou l’affaire des illuminés de l’Arche de Zoé cacherait t-elle une autre affaire autrement grave, bien plus glauque, qui aurait conduit le président français à la gaffe internationale ? Y aurait-il des imbrications entre l’exfiltration d’enfants tchadiens vers l’Europe, l’industrie pharmaceutique, et les milieux d’affaire ? Chaque jour qui passe voit apparaître de nouvelles questions. Pourquoi et comment l’association l’Arche de Zoé, a-t-elle bénéficié de passe-droits au ministère des affaires étrangères, au ministère de la défense, voire au ministère de l’intérieur ? Pourquoi et comment l’association l’Arche de Zoé, a-t-elle pu utiliser les avions Transal de l’armée française, pour transporter son matériel de N’Djaména à Abéché ? Pourquoi les services du ministère français de la défense, connaissaient-ils le plan de vol du Boeing affrété par Eric Breteau, le président de l’Arche de Zoé ? Le Boeing atterrit à Abéché, un aérodrome sous contrôle militaire tchadien … et français, certains gradés français étant présents dans la tour de contrôle. C’est depuis Abéché, que, grimés en blessés, les gamins devaient embarquer dans l’avion garé en bout de piste. Est-ce que les moyens tout à fait étonnants dont a profité l’Arche de Zoé, est-ce que la précipitation maladroite du président Sarkozy, à s’impliquer personnellement dans l’affaire, aurait un rapport avec le financement trouble de l’association l’Arche de Zoé ? Cette affaire, qui est tout le contraire d’une histoire de pieds nickelés, soulève tellement de questions, que certains se demandent aujourd’hui, si derrière cette bavure humanitaire, ne se cache pas une affaire d’une toute autre ampleur, une affaire d’expérimentations thérapeutiques sur des patients pas du tout volontaires.L’association l’Arche de Zoé est une initiative d’un organisme français Paris Biotech Santé. Elle est financée par une société de développement de produits pharmaceutiques BioAlliance Pharma, dont le propre frère du président, François Sarkozy, est vice-président du conseil de surveillance. Certains observateurs se demandent si BioAlliance Pharma, qui mène des recherches sur le sida et pratique des essais thérapeutiques, n’aurait pas un lien avec l’affaire des infirmières bulgares, dont la libération avait déjà été négociée par la famille Sarkozy. Quelles sont les réelles activités de BioAlliance Pharma, dont fait partie le frère du président Sarkozy ? La compagnie développe des médicaments pour traiter des maladies décrites comme mille fois plus virulentes en Asie du Sud-Est et dans l’Afrique subsaharienne que chez nous. Pour développer ces traitements la société pratique des expérimentations sur des patients, comme par exemple pour le Loramic, cinq cent quarante patients répartis sur quarante sites différents à travers le monde. Stéphanie Lefèvre, la secrétaire générale de l’Arche de Zoé, est directrice adjointe de Paris Biotech Santé. Et François Sarkozy, le frère du président, figure avec elle parmi les membres du comité d’évaluation de cet organisme spécialisé dans la recherche bio-médicale. D’où les questions qui enflent sur le web. Y aurait-il un rapport entre ces sociétés pharmacologiques, et l’intervention du président Sarkozy au Tchad. C’est comme la maladie d’Alzheimer, devenue grande cause nationale française, aussitôt après l’élection de Nicolas Sarkozy. Cette déclaration surprise aurait-elle un rapport avec le fait que son frère, François Sarkozy, siège à AEC Partners, dont le principal client est l’américain Pfeizer, leader mondial de l’industrie pharmaceutique, et spécialiste du traitement de la maladie … d’Alzheimer. Au printemps dernier, le Nigéria a attaqué devant la justice internationale le géant Pfeizer, qui aurait je cite : « effectué en 1996, de façon illégale, l’essai clinique d’un médicament, le Trovan, sur deux cents enfants » fin de citation. L’inventeur du Viagra aurait secrètement utilisé des enfants comme cobayes, pour tester de nouvelles molécules, sous couvert d’aides humanitaires. Onze enfants sont morts lors de ces tests. D’autres ont subi de graves séquelles : surdités, paralysies, lésions cérébrales, cécités. Le Nigéria réclame dix milliards de dollars à Pfeizer. C’est le Washington Post qui a révélé le scandale. Le journal belge sept sur sept s’interroge lui aussi sur le rôle de Paris Biotech Santé, où travaille Stéphanie Lefèvre, la secrétaire générale de l’Arche de Zoé, et François Sarkozy le frère du président. Je cite « L’Arche de Zoé n’est pas une histoire d’amateurs. Ils sont très professionnellement organisés, et ne manquent pas de fonds et de soutiens, en tout genre. La soit disant « petite » association semble avoir préparé cette opération au Tchad, avec beaucoup de relations d’influence, et de moyens techniques et financiers. » Fin de citation. Pourquoi le président Sarkozy veut-il aller récupérer les militants de l’Arche de Zoé au Tchad ? Pourquoi a-t-il voulu aller récupérer les infirmières bulgares en Lybie ? Est-ce que c’est juste pour faire le beau, pour parader devant les caméras du monde entier, ou est-ce que tout en haut de l’état français, on redouterait que des choses finissent par se dire dans les geôles africaines. On évoque notamment des expérimentations humaines financées par de puissants labos de biotechnologie, sous couvert d’aide humanitaire. Non, non, bien sûr, çà se serait de la science fiction ! Fin de citationLe texte de défense publié sur le site de Paris Biotech


Mise au point : 21 décembre 2007


Des propos malveillants tenus sur certains blogs et des informations erronées faisant état de liens entre Paris Biotech Santé et l'Arche de Zoé, nous amènent de nouveau à apporter les précisions suivantes :


Paris Biotech Santé n'a jamais donné aucune subvention à aucun organisme humanitaire depuis sa création. Vous trouverez ci après une certification de l'expert comptable et une du Commissaire aux Comptes (Pièce jointe). Par ailleurs, l'expert comptable ne travaille pas et n'a jamais travaillé avec l'Arche de Zoé. (Pièce jointe). Toutes ces personnes sont assermentées.
Les seuls avocats de PARIS BIOTECH SANTE sont Maîtres Sophie de Senhiles et Marie Eve Ibar Abadie.


Stéphanie Lefebvre est directeur adjoint de Paris Biotech Santé à titre professionnel. A titre personnel, elle était jusque là secrétaire générale de l'Arche de Zoé. La seule erreur qu'elle ait commise vis-à-vis de Paris Biotech Santé est d'avoir communiqué une adresse mail professionnelle dans les statuts de l'Arche de Zoé.


La lettre du 25 avril 2005 (Pièce jointe) reprise récemment dans un hebdomadaire est totalement sortie de son contexte. Cette période, il y a donc 30 mois, correspond à l'après-tsunami, où il existait un élan national. En ma qualité de pédiatre, je proposais éventuellement de récupérer des caisses de médicaments (soutien logistique) ou de trouver des collègues pédiatres pouvant répondre à des questions médicales (réseau). Il n'y a eu aucune suite à cette lettre.
La lecture de notre site est suffisamment explicite et transparente sur l'aide apportée aux sociétés incubées (leur nom, leurs activités, les aides que nous apportons) pour se rendre de compte de l'ineptie de tous ces propos.


En effet, les projets soumis sont évalués par un comité indépendant, composé de spécialistes intervenant à titre gracieux. Notre structure d'aide à la création d'entreprises dans le domaine de la santé humaine a permis la création de 400 emplois et 44 sociétés au 31 décembre 2006 exclusivement dans Paris et sa région et ce au service des malades.


Olivier Amédée-Manesme




Contact Presse : Mary Sills 06 21 33 52 43 - mary.sills@free.fr


fin de citation


lundi 25 février 2008

CAMEROUN: recrudescence de la violence policière







Déclaration de PRODHOP

Le 10 février 2008, MM. Jean Bosco TALLA, Directeur de publication Délégué du Front et KEMETE Hervé, Reporter, ont été brutalement arrêtés à Zoatélé alors qu’ils faisaient leur travail.

Le 16 Février 2008, les forces de l’ordre ont brutalisé les populations de Douala qui avaient organisé une manifestation pacifique contre la révision de la Constitution, au quartier Bépanda au lieu dit « Stade Ndoungué » . Bilan : trois arrestations donc un molesté violemment, de nombreux dégâts matériels PRODHOP avait sorti une déclaration à ce sujet.
Le 21 février 2008, les éléments du Commissariat Central ont posé les scellés sur les studios de Télévision de Equinoxe sous divers prétextes ;

Le 23 février 2008, les forces de l’ordre ont réprimandé une manifestation pacifique des populations au Quartier dit Carrefour Madagascar et village à Douala. Bilan, deux jeunes assassinés (cf. photos) et de nombreux dégâts matériels (cf. photos).
Toute cette violence et intimidation visent à faire taire ceux qui s’opposent au projet de la révision de l’article 6 alinéa 2 de la Constitution du 18 janvier 1996.

Par ailleurs, l’arrêté du Gouverneur du Littoral interdisant toute manifestation publique ne contribue pas à apaiser le climat déjà tendu dans notre pays.

La liberté d’expression, la liberté de revendication pacifique sont les principes universels qui ont été ratifiés par l’Etat Camerounais.

PRODHOP demande que ces principes soient respectés par le gouvernement Camerounais.

PRODHOP :

- Condamne avec sa dernière énergie les brutalités orchestrées par le gouvernement sur les jeunes manifestants aux mains nues.

- S’inquiète de la montée de la violence instaurée et entretenue par les forces de l’ordre.

PRODHOP demande :
- l’abrogation immédiate de l’arrêté du gouverneur du Littoral ;

- que les forces de l’ordre cessent de tirer sur les manifestants pacifiques

- la levée immédiate des scellés à la Télévision Equinoxe

- L’abandon de poursuite judiciaire contre M. Jean Bosco TALLA et KEMETE Hervé, deux journalistes du FRONT

PRODHOP :

- Appelle toutes les associations nationales et internationales de défense des droits de l’Homme à dénoncer et condamner ces violations flagrantes des droits de l’Homme
- Appelle l’opinion internationale à faire à ce que les coupables permanents des ces exactions soient jugés et condamnés .

Douala, le 25 Février 2008
Maximilienne C. NGO MBE
Secrétaire Générale de PRODHOP

lundi 11 février 2008

Faure Gnassingbé, Bolloré et Sarkozy


Le président togolais Faure Eyadema, fils de son père, raconte à ses interlocuteurs français cette histoire édifiante.

En marge du sommet Europe-Afrique de Lisbonne, le 08 décembre 2007, Sarkozy le reçoit dans sa chambre d’hôtel. Il veut lui parler de la concession du port autonome de Lomé, et il lui tient (selon Faure Eyadema) ce langage :

« vous en êtes où de ce projet ? » demande Sarkozy.
Faure Eyadema. -les procédures sont en cours.
Sarkozy. - Bolloré est sur les rangs. Quand on est ami de la France, il faut penser aux entreprises françaises.
Et peut être aussi aux prochaines vacances présidentielles !

Voilà ce qu’écrivait le journal français « Canard Enchaîné » dans son édition N° 4554 du 06 février 2008 appuyé d’un dessin présentant un Nicolas Sarkozy portant une guitare et disant « Je vais vous interpréter « les copains d’abord ». Puis sur le même dessin, on peut voir un panneau portant l’inscription « Port Bolloré ».

Il est de notoriété que le port autonome de Lomé et toutes les autres ressources du Togo n’ont jamais été un outil au service de son développement. C’est plutôt une chasse gardée de la France et de ses entreprises. Les autres pays occidentaux en profitent eux aussi.

Il n’y a pas très longtemps Bolloré et Dupuidauby se sont livrés à un combat presque mortel sur la concession de ce port. Chacune des parties en conflit avait mobilisé la presse locale qui a pris fait et cause pour l’une ou l’autre des entreprises parfois pour les deux en même temps. Et cela a été possible certainement à coup de quelques billets de francs CFA qui ont pu mobilisé les directeurs de publication eux-mêmes, qui, faut-il le rappeler, ne se déplacent que pour les « causes majeures ». Cet état de choses avait indigné certaines consciences, en son temps mais la majorité des Togolais n’avait rien aperçu.

A travers cette discussion, rapportée par Canard Enchaîné, on peut aisément comprendre ce dont il est question. Sarkozy dit à Faure Gnassingbé qu’étant donné que c’est la France qui l’a mis au pouvoir, il lui faut remercier la France via ses entreprises. Bolloré qui, au lendemain immédiat de son élection, a mis Sarkozy dans son yatch privé à Malte et qui continue de financer les déplacements de Sarkozy, doit avoir le port autonome de Lomé. Pour mémoire, il faut souligner que ce port ainsi que bien d’autres secteurs d’activités économiques, biens familiaux pour le clan qui dirige le Togo depuis bientôt un demi siècle, ont été toujours au service de Bolloré et d’autres entreprises françaises corrompues.

Chacun de nous peut imaginer la suite de la discussion entre Sarkozy et son poulain. La Françafrique continue. Et ce n’est point une surprise.

Tout le travail est à nous, peuple Africain, peuple togolais, jeunesse africaine, jeunesse togolaise. Rien ne changera si nous ne prenons pas nos responsabilités.

Rodrigue KPOGLI

mercredi 6 février 2008

Cameroun: La J.U.D.A dénonce le coup d'état constitutionnel de BIYA

DECLARATION

Le président du Cameroun, Mvondo Paul BIYA s’apprête à faire passer la Constitution à la moulinette. L’objectif est de sauter le verrou de la limitation du mandat présidentiel pour rallonger la durée de vie de son pouvoir personnel. Pour atteindre cet objectif antidémocratique qui aura un impact catastrophique sur ce pays déjà sinistré, Mvondo BIYA veut modifier l’alinéa 2 de l’article 6 de la constitution camerounaise promulguée par lui-même le 18 janvier 1996 et qui dispose : « le Président de la République est élu pour un mandat de sept (7) ans, renouvelable une fois ».

Présidant le Cameroun depuis 1982, Mvondo BIYA a été "élu" sur la base de ce texte constitutionnel en 1997 et "réélu" en 2004. Alors que son deuxième mandat prend fin en 2011, BIYA et ses apôtres s’obstinent à modifier la Constitution.

Contrairement aux idées reçues, le Cameroun n’est pas un pays stable. Il est plutôt le symbole de la stagnation et de profondes divisions. Les violations des droits de l’Homme sont légions et y sont impunies. La fraude électorale est une religion pratiquée par BIYA et ses adeptes. La corruption, la cleptomanie, le clientélisme et la gabegie sont des béquilles du pouvoir. Après un quart de siècle passé au pouvoir, BIYA et ses apôtres visiblement incapables de poser les bases d’une démocratie qui éviterait au Cameroun le déluge après eux, alors qu’ils avaient concentré entre leurs mains tous les leviers du pouvoir, doivent tout simplement partir.

La Jeunesse Unie pour la Démocratie en Afrique (J.U.D.A) se fait le porte-parole de la jeunesse africaine pour dénoncer et condamner sans retenue cette triviale mise en scène qui ne vise rien d’autre qu’à faire de BIYA, président à vie et du Cameroun, une monarchie.
Elle précise que toute la Jeunesse africaine tiendra pour seul et unique responsable, BIYA de tout ce qui adviendra à notre peuple au Cameroun, s’il persiste dans son entêtement à s’accrocher au pouvoir.

En conséquence, la J.U.D.A. demande :

- au Rassemblement Démocratique du Peuple Camerounais (RDPC) de refuser à BIYA cette aventure qui risque de plonger le Cameroun dans une ère de violences.

- à BIYA dans un esprit patriotique et de sagesse au regard de son âge, de laisser la chance à une nouvelle génération de Camerounais d’être portée au pouvoir démocratiquement avec pour mission de reconstruire une unité camerounaise au service du développement.

- aux organisations politiques républicaines d’intensifier la campagne pour un refus clair, ferme et définitif à cette volonté de tripatouiller la Constitution camerounaise.

- à des acteurs de la Société civile Camerounaise de rejeter purement et simplement cette mise en scène rétrograde et dangereuse.

- à la Jeunesse camerounaise de se mobiliser dans un esprit citoyen pour s’abstenir de participer à cette tentative indigne et honteuse de coup d’état constitutionnel, car accepter ce débat voire adhérer à l’idée d’un référendum sur la question dont les résultats sont connus à l’avance, revient à conférer à très court terme, le statut de monarchie au Cameroun. Cela revient aussi à inscrire dans la durée, le piétinement des règles élémentaires de la démocratie et de l’Etat de droit, à perpétuer les violations systématiques des droits de l’Homme, à ajourner la disparition du clientélisme, du pillage, de la corruption, de la mauvaise gouvernance et de l’analphabétisme ainsi que de la division contre lesquels d’honnêtes citoyens Camerounais se battent depuis des années.

- au peuple du Cameroun de ne pas participer ainsi à la légitimation du tripatouillage constitutionnel programmé par ceux qui font preuve d’un carriérisme révoltant et qui souhaitent le perpétuer au sommet de l’Etat. Le Cameroun n’a nullement besoin d’un président à vie au moment même où des millions de ses fils croupissent dans la misère dans toute ses dimensions et à une époque où les défis que l’Afrique doit relever, commandent une démocratisation absolue des institutions étatiques dans nos pays.

Aussi, la J.U.D.A. invite impérieusement la Jeunesse africaine dans son ensemble à une solidarité agissante en faveur de la Jeunesse Camerounaise en particulier et du peuple frère du Cameroun dans son ensemble en manifestant à l’échelle continentale sa vive désapprobation face à la mythomanie d’un système politique visiblement hostile à l’alternance démocratique malgré son incapacité notoire depuis des années à poser les premières pierres d’un Etat de droit au Cameroun.

Pour la J.U.D.A, l’émergence d’une nouvelle Afrique impose à la Jeunesse africaine de mettre un coup d’arrêt à ces démocraties tropicalisées qui, par effet de contagion, crucifient l’âme du peuple africain déjà victime de nombreuses injustices.

De l’Union Africaine, la J.U.D.A exige des actions urgentes et concrètes au lieu de rester impuissante devant les tragi-comédies qui enfoncent de plus en plus l ’Afrique dans le gouffre et par conséquent l’éloigne des projets d’unité et d’intégration viables.

Les mouvements de défense des droits de l’Homme, de promotion de la démocratie ainsi que d’autres organisations citoyennes surtout celles de Jeunesse au Cameroun ne doivent céder à aucune forme de corruption ni d’intimidation encore moins de distraction car ils ont le soutien dans leur lutte, de tous les Africains épris de liberté, de justice et de paix basées sur la dignité humaine.

Enfin, la J.U.D.A. se met à l’entière disposition des démocrates Camerounais pour les soutenir et les accompagner dans toutes leurs manifestations, communications, pétitions, débats, forum…


Le 06 Février 2008

Pour La J.U.D.A

Le Secrétaire Général,
Rodrigue K. KPOGLI

jeudi 31 janvier 2008

Compte rendu de la recontre du MDTE




Réfléchir sur la situation du Togo après les législatives d’octobre 2007. C’était le sujet autour duquel, le MDTE (Mouvement citoyen de la Diaspora Togolaise en Europe) a réuni des Togolais et amis du Togo à Paris le 29 décembre 2007 à 15 heures 30 minutes dans la salle des conférences de la Maison de la Mixité. Il était question d’échanger concrètement sur deux thèmes à savoir :

· Analyses et enseignements des élections législatives du 14 octobre 2007.

· Quel fil rouge maintenant après les élections législatives ?

Après l’hymne national, l’Administrateur délégué du MDTE, M. Martin AMOUZOU a pris la parole pour souhaiter la bienvenue à toute l’assistance. Il s’est félicité de la tenue de la rencontre malgré les circonstances difficiles dans lesquelles, elle est organisée. M. AMOUZOU a rappelé que c’est depuis l’année 2006, lors d’une rencontre organisée par le MDTE pour discuter des législatives annoncées au Togo que la question a été posée à savoir : les législatives, un challenge démocratique ou une désillusion de plus ? « A l’époque, on avait opté pour un challenge démocratique tout en étant conscient des risques, en particulier de fraudes et en appelant à la vigilance » a-t-il souligné. Selon ses termes, aujourd’hui, il apparaît clair que les législatives d’octobre 2007 sont une désillusion de plus pour le peuple togolais assoiffé de démocratie et de changement.

Revenant sur le sujet du jour, M. AMOUZOU énonce qu’il s’inscrit dans la continuité puisqu’il faut tirer les enseignements des législatives et tracer la voie à suivre à présent.

Avant d’entrer dans le vif du sujet, les participants ont été conviés à l’écoute d’une adresse de soutien de Pyramid of Yewe signé par M. Kofi FOLIKPO. Monsieur AMOUZOU a rendu hommage à Pyramid of Yewe pour ce soutien patriotique. Le premier sujet « analyses et enseignements des élections législatives de 14 octobre 2007 » devait être développé par M. OURO DJIKPA qui n’ayant malheureusement pu effectuer le déplacement à Paris, a envoyé sa communication écrite qui a été lue à l’assistance.

Le second sujet « Quel fil rouge maintenant après les élections législatives » a été développé par M. Rodrigue KPOGLI qui, dans une analyse claire, est revenu sur les conséquences des législatives et a évoqué le fil rouge qu’il convient, selon lui, de suivre.

Après les deux présentations, M. Didier AGBODJAN, modérateur de la conférence, a fait une récapitulation des points de vue et a lancé le débat. M. KPOGLI a répondu aux questions qui portaient sur la communication et sur d’autres sujets relatifs à la démocratie et aux droits humains au Togo.

Les échanges ont été vifs et les intervenants se sont tous félicités de l’organisation de cette journée. Les travaux ont pris fin aux environs de 19 heures.

Annexes



1- Discours d’ouverture de M. Martin AMOUZOU, Administrateur délégué du MDTE.

2- Message de soutien de Pyramid of Yewe.

3- Communication de M. Ouro DJIKPA.
4- Communication de M. Rodrigue KPOGLI.

Discours d’ouverture de M. Martin AMOUZOU, Administrateur délégué du MDTE.


Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs,Chers Compatriotes, chers Amis du Peuple Togolais,
Un grand merci à vous tous ici présents et à nos invités.

C’est la deuxième fois que notre mouvement organise ces rencontres. Le MDTE veut ainsi donner à la diaspora togolaise et africaine un espace d’échanges, de débats autour de la situation du TOGO. Et si vous le souhaitez, cette rencontre peut être pérennisée en ces lieux. Même si nous ne pouvons pas toujours vous garantir la présence d’invités de marque, votre participation toujours nombreuse sera le gage de l’intérêt que vous portez à notre démarche.
Aujourd’hui, nous avons l’honneur d’accueillir notre compatriote KPOGLI de la JUDA et pour la deuxième fois, le professeur Didier AGBODJAN. En votre nom à tous je les remercie.

Une petite introduction pour situer la démarche du MDTE qui organise le débat de cet près-midi. Le « grand événement » des ces derniers temps au Togo concerne les élections de 14 octobre 2007. Ces élections qui sont elles mêmes, l’aboutissement d’un processus issu de l’APG, plongent le peuple togolais encore un peu plus dans l’incertitude de sa sortie d’une crise qui date de plus de quarante ans.

A quand l’alternance politique démocratique au TOGO pour le mieux être du peuple tout entier ? Les résultats annoncés de ces élections sont ils conformes aux choix exprimés par la majorité du peuple togolais ? Dans la négative, pourquoi en est-on arrivé là ? Autant de questions que tout togolais ou observateur averti est en droit de se poser à l’annonce des résultats des élections du 14 octobre au TOGO.


Au niveau du MDTE, nous voulons loin de la phase émotionnelle réactionnelle de ces événements donner à tous ceux qui le veulent l’occasion d’une analyse lucide sans complaisance sur ces événements afin de tirer pour l’avenir des enseignements nécessaires pour faire émerger aussi au TOGO les aspirations du peuple à plus de dignité, de justice, de liberté et de bonheur.
En première partie sera traité :

· Analyses et enseignements des élections législatives du 14 octobre 2007 avec la contribution du camarade Ouro DJIKPA. En deuxième partie notre ami Rodrigue KPOGLI nous introduira la thématique : · quel fil rouge maintenant après les élections législatives ?


Le Togo comme tous les pays dominés, avait depuis la période de la dictature et depuis le 5 février 2005, le choix entre plusieurs voies pour se libérer, notamment aussi celui d’espérer par la voie des urnes conquérir sa liberté.

Le douzième protocole d’accord entre le RPT et certains partis de l’opposition sous le nom de l’APG offrant cette voie des urnes, un certain espoir a pu être entretenu dans une frange du peuple togolais usé par tant d’années d’efforts de résistances sans résultats probants.

Cet accord sans être un consensus national a pu au cours de sa mise en application captiver l’intérêt du peuple togolais qui avait fini par croire en sa capacité de transformation pour peu que ces élections du 14 octobre 2007 promises se déroulent dans la transparence et la non violence.
En effet le peuple togolais s’est massivement rendu aux urnes ce 14 octobre 2007. Et nous tenons ici à le saluer pour cet acte de grand civisme. On a estimé entre 85 et 95% la participation du peuple à ces élections.

Que signifie cette participation massive du peuple togolais à ces élections ?

· Certainement pas la volonté de reconduire au pouvoir ceux là même par qui viennent ses malheurs depuis plus de 40 ans.


· Elle veut plus sûrement exprimer son grand désir à participer à un changement de gouvernance, pour une alternance politique démocratique au Togo.

Pour le peuple, c’est malheureusement encore une fois mal connaître le cynisme des partisans du statut quo et leurs complices qui ont en main les rênes du pouvoir au TOGO.

Que dire des résultats annoncés, pourquoi en est on arrivé-là, et quel fil rouge suivre désormais ?


Je vous invite alors à écouter l’introduction de ces différents thèmes par nos invités que je remercie encore.


Message de soutien de Pyramid of Yewe au MDTE

Excellences Mesdames et Messieurs les Délégués des Mouvements et Associations de Base du MDTE,Honorables Journalistes,Honorables Invités,Mesdames et Messieurs,

C’est pour Notre Organisation PYRAMID of YEƲE une immense Joie de remarquer que de Bonnes Volontés Patriotiques Togolaises n’ayant aucune ambition politique, politicienne, matérialiste ou carriériste existent toujours parmi les Togolaises et les Togolais de la Diaspora pour rappeler aux uns et aux autres d’OÙ nous venons, ce que nous voulons pour le Peuple Togolais Souverain et QUELLES sont nos VRAIES VALEURS qui font de nous dans la Diaspora les Dignes Représentants du Très Ancien Peuple Togolais Multiethnique EXEMPLAIRE aux Racines Très Profondes.


Nous tenons à rendre un vibrant Hommage aux Organisateurs de cette Rencontre et plus particulièrement à l’Administrateur Délégué du MDTE, Docteur AMOUZOU, pour la Sagesse, la Perspicacité d’Esprit et surtout pour la grande Abnégation à se mettre bénévolement au service du Peuple Togolais Souverain tout en étant loin de son Terroir Natal. Cette Rencontre Citoyenne Togolaise (à l’instar d’autres précédentes rencontres) et les ACTIONS qui peuvent en sortir sont à Nos yeux le seul Espoir que le Peuple Togolais Souverain attend impatiemment depuis 17 ans de Lutte Patriotique sans obtenir le Changement souhaité.Nous souhaitons Plein Succès aux assises de cette Rencontre à Paris et souhaitons vivement que les décisions qui sortiront des assises montrent aux Togolaises et aux Togolais les solutions idoines à une crise togolaise multiforme qui n’a que trop duré.

Nous saisissons l’occasion pour présenter Nos Vœux de Bonheur, de Progrès et de Prospérité à toutes les Togolaises et à tous les Togolais. Bonne et Heureuse Année 2008.

Pour PYRAMID of YEWE


Komdedzi Kofi FOLIKPO,(M.A., Dipl. Inform. UNI)

Coordinateur Général et Porte Parole




Communication de M. OURO DJIKPA Ma contribution à la rencontre du MDTE du 29 décembre 2007 à Paris


Il m’a été proposé d’analyser et de tirer des enseignements sur les élections législatives qui ont eu lieu pas plus tard que le 14 octobre 2007 au Togo et ce, dans le cadre de la rencontre du Mouvement citoyen de la Diaspora Togolaise en Europe (MDTE) à Paris en France. Rencontre pour laquelle je ne pourrais malheureusement pas faire le déplacement, raison pour laquelle j’ai choisi de matérialiser ma vision à travers cette modeste contribution que je voudrais bien partager avec les uns et les autres.

Avant tout, je voudrais tout simplement rappeler qu’il y a de cela un an environ, nous nous sommes retrouvés à Paris et à la même adresse pour réfléchir sur le rôle de la jeunesse dans la refondation démocratique et surtout de savoir si les législatives de 2007 annoncées au Togo portaient en elles, un challenge démocratique ou une désillusion de plus.


Finalement nous avions opté pour le choix du challenge, une manière de soutenir le processus de démocratisation pacifique de notre cher pays qui nous a vus tous naître. C’en était un choix de circonstance ou un choix à défaut. Mieux, j’avais moi-même déclaré solennellement quelques mois auparavant à la dernière rencontre du MDTE à Bruxelles, mon engagement de participer à ces élections en tant que candidat, une chose qui a été bien accueillie par les uns et les autres avec des encouragements à l’appui. Sauf qu’en dernier ressort je me suis désisté pour des raisons personnelles.

Tout compte fait, les législatives dites de la dernière chance ont été organisées contre vents et marrées et se sont déroulées le 14 octobre 2007 et ont vu une forte participation des électeurs, le tout sous l’observation des organisations nationales et internationales.

Le scrutin s’est déroulé dans une certaine quiétude certes, mais le régime en place n’a point hésité pour la énième fois à mettre leur machine à fraudes en marche de telle sorte que les résultats assortis des laboratoires du parti RPT n’avaient rien à voir avec l’expression du choix opéré par le peuple en quête de démocratie et des libertés.



Sur les 81 sièges que comporte l’hémicycle du parlement togolais, cette manière pour le RPT de se tailler la part du lion (50 sièges), accorder 27 à l’UFC, 4 au CAR et 0 siège au reste des partis de l’opposition et à l’ensemble des candidats indépendants n’est rien d’autre qu’une insulte à la conscience et à la dignité du peuple togolais.

Forts des résultats fantaisistes et révoltants issus des législatives du 14 octobre 2007, quels analyses et enseignements pourrions nous tirer d’un tel simulacre électoral ?

Les analyses et enseignements qui peuvent en découler sont divers et variables selon qu’il s’agisse de tel ou tel acteur de la vie socio-politique pris dans la réflexion à savoir :

1- S’agissant du régime en place et par rapport à ce qui s’est passé autour de la date du 14 octobre 2007, je peux aisément dire qu’au Togo même les plus incrédules sont désormais convaincus d’une seule chose, il n y aura plus jamais de compromis en terme de dialogue, d’accord ou quelque chose de semblable entre les tenants du pouvoir rétrograde et l’opposition pour espérer sortir pacifiquement le Togo de sa longue et grave crise qui hypothèque l’avenir de tout un peuple.

2- Concernant les responsables de partis de l’opposition nés dès la révolution du 5 octobre 1990 et au lendemain de la conférence nationale souveraine, je peux dire sans pour autant me tromper qu’à l’exception du leader de l’UFC, la messe de requiem de ceux des autres partis est désormais dite.

3- L’expérience ayant prouvé qu’aucun parti de l’opposition traditionnelle ne saura à lui seul équilibrer un quelconque rapport de force vis-à-vis du régime de la dictature, il sera donc illusoire de croire que l’UFC et son leader pourront à cours ou à moyen terme sauver la terre de nos aïeux du joug d’un régime prêt à se maintenir indéfiniment au pouvoir et ce, au détriment de tout un peuple. En tout état de cause, nous pouvons déjà observer la fin d’une certaine époque de la lutte et d’un certain leadership au Togo.

4- Parlant de l’élite togolaise à l’intérieur du pays comme au sein de la diaspora, celle qui devrait aujourd’hui assumer la relève, incarner l’aspiration de tout un peuple et le conduire vers la terre promise, elle a durant tout le temps péché.

Elle a péché pour n’avoir pas pu en lieu et place des querelles de chapelle, prendre la mesure de la situation en s’organisant comme il le fallait, se fixant les objectifs clairs et nets, se donnant les moyens de sa lutte afin d’équilibrer les rapports de forces capables d’abolir l’ordre ancien de gré ou de force. Aujourd’hui le constat pour cette élite ne peut qu’être amer et désolant :

Non seulement que l’énigme que constitue la crise socio- politique n’a toujours pas trouvé de solutions et qui s’aggrave de jour en jour, mais c’est qu’à côté de cela s’ajoute une nouvelle impasse que sont la résignation et la démobilisation des différentes forces de la société civile que nous sommes.

Je voudrais pour conclure attirer l’attention de tous sur le fait que contrairement à ce que nous avions pu penser il y a de cela un an, les législatives du 14 octobre 2007 sont sorties du cadre d’un challenge démocratique et n’ont été qu’une désillusion de plus, mais la dernière. Comment sommes nous arrivés là ? Comment pourrions nous sortir de cette grande impasse de démobilisation pour enfin retrouver la terre ferme de la lutte, tirer les leçons du passé et engager le mouvement sur de nouvelles bases ? Telles sons les réflexions auxquelles je nous convie, si nous voulons apprendre de nos échecs et par conséquent grandir et renouer un de ces jours avec la victoire.

Tchatikpi Ouro-Djikpa



Communication de Rodrigue KPOGLI, Secrétaire Général de la J.U.D.A lors de la rencontre du MDTE à Paris le 29 Décembre 2007.


Quel fil rouge après les législatives du 14 Octobre 2007 ?

Merci aux organisateurs de cette rencontre.

Merci à Martin AMOUZOU, administrateur délégué du MDTE pour la disponibilité et le courage avec lesquels il dirige le Mouvement.

Merci à toute l’équipe qui travaille au sein de ce mouvement.

Merci à vous tous ici, présents.

Chers compatriotes, nous sommes convoqués à cette conférence pour discuter d’un sujet très important. Il s’agit de notre pays, le Togo. Plus précisément : « quel fil rouge après les législatives du 14 octobre 2007 ? ». En effet, ces législatives sont « anticipées » et viennent de l’APG (Accord politique global) signé en août 2006 entre le pouvoir et l’opposition, les deux parties accompagnées de deux structures associatives. Mais cet accord n’a pas résolu les problèmes suivants :

► les fraudes électorales précédentes, particulièrement celles liées à la présidentielle d’avril 2005.

► la nature du régime ; étant donné que plusieurs modifications constitutionnelles ont entraîné un changement de régime au Togo, y instaurant une sorte de présidentialisme héréditaire.

► la question de l’impunité ; étant donné que le régime togolais est fondé sur la règle de l’impunité. Du père Eyadéma Gnassingbé au fils Faure Gnassingbé, les crimes de sang, les crimes économiques et toutes les violations des droits humains n’ont jamais été sanctionnés. Au contraire, le fils a hérité de feu son père, cette méthode qui permet d’ailleurs au régime de survivre.

► la question de l’armée tant dans sa composition que dans son rôle. La question de son droit de vote n’a pas non plus été discutée ni résolue. Nous pensons et nous avons toujours dit que l’armée togolaise ne doit plus voter.

► la question des fêtes négatives du 13 janvier, du 23 septembre et autres dates dont la célébration est imposée par le RPT. Il est inconcevable qu’après le dialogue, ces dates soient toujours célébrées, sur le dos du contribuable en plus. Les démocrates auraient pu au moins exiger leur suppression pure et simple.

► la question de l’implication de la société civile, de la jeunesse y compris de la diaspora dans la recherche de solutions à la crise togolaise.

► la question de la Constitution et des institutions démocratiques à savoir la mise sur pied de la Cour des comptes et du Conseil économique et social responsables et non inféodés au pouvoir RPT.

► la question des fonds détournés par le régime et ses clans.

Un des problèmes que le camp dit démocrate n’a pas pu résoudre avant, pendant, voire après l’APG est la question de son unité autour d’une plateforme claire et lisible portée par des hommes et des femmes convaincus et représentatifs. Au lieu de cela, le peuple togolais a été convié à un spectacle de division conduisant chacun des partis dits démocratiques à s’engager dans une opération de séduction de Faure Gnassingbé dans le but ultime d’obtenir la primature et des postes ministériels. Comme si l’équation togolaise se posait en ces termes. Dans ces conditions, l’APG était plutôt un accord électoraliste qui n’avait pas réglé les questions de fond. Au contraire, les choses se sont aggravées et au lieu d’affaiblir le pouvoir RPT et d’équilibrer le jeu politique, l’APG l’a requinqué. Ainsi les législatives ont conduit :

1- au renforcement du RPT qui, grâce à des brèches et à la fraude, s’est octroyé 50 sièges sur 81. Ainsi, Faure Gnassingbé peut même se permettre, malgré son illégitimité et ses crimes, de tenir en haleine tout le peuple togolais durant des semaines et de faire le tri au sein de l’opposition pour nommer un premier ministre à sa convenance et pour ses besoins.

2- à la confirmation du morcellement de l’opposition avec le débauchage de certaines de ses personnalités.

3- à l’illusion démocratique au Togo. A vue d’oeil, on a quelques institutions symbolisant un Etat démocratique et on organise souvent des élections. Cependant, le Togo, au fond n’a rien de démocratique. C’est une dictature avec des pratiques mafieuses et clientélistes.

4- à la déception et à la peur au sein du peuple togolais.

5- à l’élimination des partis politiques démocratiques. En attribuant zéro (0) siège à certains partis puis en nommant leurs dirigeants ou membres au gouvernement dit d’ouverture, Faure Gnassingbé semble disposé à travailler avec les responsables de partis d’opposition sans la présence de leurs partis sur le terrain politique.

6- au désarmement et la domestication plus que jamais de la presse togolaise. Ne voulant plus être plus royaliste que le roi, beaucoup de journalistes togolais ont baissé les gants.

7- à la question sur la présidentielle de 2010 qui se pose avec acuité alors que malheureusement le terrain semble aujourd’hui vide.

8- à la faiblesse de la société civile.

9- à la déliquescence du mouvement démocratique qui dans son ensemble ne sait plus quel « fil rouge » suivre.

10- à la confusion quant à la méthode d’accéder à la démocratie au Togo. Sur ce sujet, nous sommes appelés à choisir une voie parmi les trois possibilités : la voie électorale, la voie révolutionnaire et la voie militaire.

11- à la partition de fait du Togo et à la problématique de la conquête du Nord. En effet, si nous suivons bien la méthode du RPT, on s’aperçoit que ce parti s’octroie le Nord du pays et le prend en otage. Dans la réflexion, nous devons intégrer cette question pour définir ce qu’il convient de faire.

Mesdames, Messieurs, la situation de notre pays n’ayant pas évolué positivement après ces législatives, nous sommes donc appelés à continuer la lutte. Il nous faut donc remobiliser le peuple et nous remobiliser nous-mêmes. Cela suppose :

1- la reconstruction du mouvement démocratique, aujourd’hui en panne et ayant même connu trahisons, défections et pertes de toute sorte.

2- qu’on ait un discours clair et lisible suivant une idéologie précise. Ce discours doit être porté par des hommes et des femmes dont l’engagement et la constance ne doivent souffrir d’aucun doute.

3- qu’on ait des instruments de communication avec le peuple. Ces outils doivent non seulement nous servir à véhiculer le discours pour le changement mais aussi à permettre au peuple de dire ses attentes. C’est-à-dire que ces instruments doivent fonctionner suivant un mouvement aller-retour.

4- qu’on ait des militants engagés sur le terrain. Ces personnes doivent être formées et donc capables de défendre la cause commune quelques soient les difficultés auxquelles, elles font face.

5- qu’on ait réglé la question des moyens financiers qui nous manquent tant.

6- que nous disposions des stratèges et des concepteurs de plans non seulement pour la lutte mais aussi et surtout pour la reconstruction de notre pays.

7- la remobilisation de la jeunesse togolaise à travers la mise sur pied des Agora ou des Universités de jeunesse qui serviront de lieu de discussions sur les questions locales, nationales et internationales.

8- qu’on ait revu le rôle des autorités traditionnelles. La chefferie traditionnelle dans notre pays est malade. Elle est même inféodée au pouvoir. Le moment est arrivé de la déconnecter du pouvoir pour lui confier un rôle dans la promotion de la démocratie.

9- qu’on ait une diaspora organisée, engagée et qui fait du lobbying et fournit dans la mesure du possible de la logistique aux personnes et structures sur le terrain. Merci à ceux qui d’ici s’engagent pour le développement du Togo mais nous souhaitons souligner avec force qu’envoyer ou rentrer au pays avec des livres des Occidentaux ne contribue en rien à l’éclosion mentale de la jeunesse. Au contraire, on l’abrutit. Il vaut mille fois mieux envoyer au Togo un seul livre de Cheikh Anta Diop que d’y déverser des tonnes de livres qui nous enseignent à longueur de journée « Abalo et Afi vont à l’école ».

10- qu’on ait fait des étudiants une cible majeure dans la réorganisation du mouvement démocratique.

Mesdames et Messieurs, la question de la présidentielle de 2010 nous est posée. Nous devons y réfléchir puisque 2010, c’est aujourd’hui. Que devons nous faire au moment même où tout semble indiquer que l’opposition togolaise n’arrive pas à établir un bilan clair des ses responsabilités et qu’elle n’ait tiré aucune leçon des expériences précédentes ? Devons-nous, nous engager dans ce schéma de 2010 ou définir nous-mêmes notre propre schéma ?

Voilà quelques uns des points de vue que nous avons voulu partager avec vous. Le débat nous permettra d’approfondir certains points.

Je vous remercie.



Communiqué final du MDTE


MESSAGE AU PEUPLE TOGOLAIS A L’ISSUE DE LA RENCONTRE CITOYENNE DU 29 DECEMBRE 2007 A PARIS.

Togolaise et Togolais de tout pays !Où que tu te trouves, ne laisse à personne de décider à ta place !Prends l’initiative, travaille sans relâche pour libérer ta patrie !


Il y a un an de cela, lors de la dernière rencontre citoyenne du Mouvement de la Diaspora Togolaise en Europe ayant pour thème « les législatives, un challenge démocratique ou une désillusion de plus », nous avions sonné l’hallali sur les risques encourus.Après les élections législatives du 14 octobre 2007, le Mouvement de la Diaspora Togolaise en Europe, à l’issue de la rencontre citoyenne du 29 décembre à Paris, vient livrer son analyse.

* D’abord, nos sincères félicitations au peuple togolais pour sa foi dans le combat qu’il mène inlassablement pour sa survie et celle de la République Togolaise.

* Ensuite, nos sincères remerciements aux forces de progrès qui ont accompagné le processus démocratique jusqu’à son terme, nonobstant de nombreux obstacles.

* Enfin, une évidence : l’Accord Politique Global (APG) est une régression puisque toute cette théâtralisation ne recherche qu’à légitimer le hold-up présidentiel d’avril 2005. Le parti-Etat RPT est bel et bien de retour. Le Togo continue donc de régresser.

En effet, tout porte à croire que nous sommes dans une gestion cyclique du pouvoir au Togo et que nous semblons revenir à présent dans les années 80.Au Togo, nous avons l’art de semer des « story telling », faire pousser des histoires de crise un peu partout et se les raconter. Après plus d’une douzaine de protocoles d’accords, que de temps perdu pour le Togo et les Togolais ! Cela doit cesser !

Pour ce faire, l’émergence d’une nouvelle classe politique s’impose. Une autre certitude éclatante : le Togo ne se relèvera que par l’action des Togolaises et Togolais eux-mêmes et non par une quelconque aide extérieure !

Venons-en à la participation des Togolaises et Togolais de l’extérieur à la vie de la cité.Le Mouvement de la Diaspora Togolaise en Europe propose aux acteurs locaux de la Société Civile Togolaise, la création d’un cadre permanent de consultation de l’ensemble des Togolaises et Togolais de l’intérieur et de l’extérieur dans le but de coordonner nos actions. Véritable catalyseur, ce cadre dynamisera nos activités et permettra la participation de tous au mouvement de libération et de reconstruction du pays.

Ce pont que nous voulons établir entre les Togolais de l’intérieur et de l’extérieur ne peut être organisé que par les intéressés eux-mêmes. Cet exil massif, volontaire ou forcé des togolais de l’extérieur ne résulte-t-il pas de la situation socio politique et économique découlant de la gestion chaotique des affaires du Togo par les gouvernements successifs depuis plus de quarante années ? Alors conscient du rôle que doit jouer la diaspora, depuis sa création, le MDTE œuvre avec d’autres partenaires pour un grand mouvement unifié de la diaspora togolaise indépendant et autonome.

Toute manoeuvre de récupération d’une telle initiative serait irrecevable au sein notre mouvement et de toutes organisations oeuvrant dans l’intérêt supérieur du peuple togolais. Le MDTE est et reste au service du peuple. Il est ouvert au dialogue avec toute entité pour peu que les conditions minimales de transparence soient remplies vis à vis du peuple.

Sur l’exercice du droit de vote des Togolaises et Togolais de l’extérieur, le Mouvement de la Diaspora Togolaise en Europe (MDTE) entend renouveler cette demande auprès des services concernés ; car accomplir ce devoir citoyen, à quelques encablures de la terre de nos aïeux, est aussi important que servir de soupape économique.

Un des gros maux dont souffre le Togo est le manque de transparence. La transparence est comme la lumière qui partout où elle jaillit, dissipe les ténèbres. Au Togo, elle ne peut exister nulle part. Pas plus dans les comptes de l’Etat qu’ailleurs. Et surtout pas dans les élections !

Si la démocratie est le système de gouvernance auquel les peuples aspirent de plus en plus, c’est la transparence qui en est le moteur.C’est pourquoi, le point de départ à nos yeux, pour penser le pardon et la réconciliation au Togo, est de rendre purement et simplement au peuple, sans condition aucune, ce qui lui a été confisqué : la Constitution qu’elle s’est librement donnée en 1992. Nous ne le dirons jamais assez.

Les combines, les envolées lyriques et autres décrets sur des commissions rogatoires à former ici et là pour panser des gangrènes ne relèvent que de la prestidigitation et n’y feront rien !

Pendant que des peuples aux alentours du Togo prennent leur envol du développement avec tous les enjeux que cela suppose, dans un monde de plus en plus globalisé, que nous sert-on si ce n’est un jeu de chaises musicales et du neuf fait à partir du vieux. Dans combien de pays au monde a-t-on vu instaurer à l’Assemblée Nationale que tout se décide par un mode de scrutin à main levée ? Comme si on demandait que les députés dans leurs circonscriptions soient élus à main levée.

Terminons notre propos sur une note d’espoir. La participation massive aux dernières élections prouve à profusion combien le peuple togolais reste déterminé pour le changement.
Compter sur nos propres forces, n’est donc nullement une illusion !

Alors, peuple de la terre de nos aïeux, permettez-nous de vous adresser nos fraternels vœux de Bonne et Heureuse Année 2008, dans la vigueur de la santé, dans la persévérance du combat commun et dans la réussite du dessein collectif.

Fait à Paris, le 29 décembre 2007

Pour le MDTE
Dr Martin AMOUZOU

Administrateur Délégué.