dimanche 27 avril 2008

Les indépendances africaines à la loupe des réalités.

27 avril 1958 – 27 avril 2008: 50 ans de mensonges et d'illusions.

Des années de luttes du peuple togolais ont été couronnées par la victoire électorale de 1958, qui deux ans plus tard, s'est transformée en indépendance. Le 27 avril 1960, Sylvanus Olympio, au nom du « droit inaliénable des peuples à disposer d'eux-mêmes », proclama l'accession du Togo à la souveraineté internationale. Cette nouvelle donne devrait conduire le peuple togolais à décider des orientations qui lui conviennent dans tous les domaines. Trois ans à peine plus tard, Olympio est assassiné. Le rêve est ainsi brisé et le chaos généré est tellement immense que la suite ne sera qu'une succession de victoires volées, de mensonges, de viols et de supplice de Tantale; le tout accompagné de bains de sang répétés en toute impunité. La Nouvelle Marche[1] était une marche à reculons qui a fini par nous ramener au point de départ si bien que tout est à refaire si nous voulons rendre hommage à nos prédécesseurs patriotes et tracer aux générations à venir les sentiers du progrès et de la réussite.

Ce jour anniversaire qui, sans doute, est un moment solennel et symbolique nécessite au-delà des réjouissances, des danses, des cérémonies religieuses et de prières, réflexions afin que les lumières du passé puissent éclairer notre avenir commun, en cette période où nous traversons un trou d'aiguille dans notre vie socio-économique.

A la veille de la proclamation de l'indépendance, le peuple togolais s'était débarrassé du fardeau de la dette de 800 millions de Francs qu'il devait à la France. Ce qui signifie que le peuple togolais avait fait le choix de la dignité et veut s'assumer pleinement. Cela ne veut pourtant pas dire que le Togo s'est enfermé. Mais simplement, il voulait s'occuper de ses problèmes par ses propres moyens avant tout. 50 ans plus tard, c'est exactement le contraire de l'indépendance que nous avons. Plus qu'hier, notre peuple est dépendant et attend tout de l'extérieur qui, malgré les apparences est resté colon. En un mot, nous sommes soumis dans tous les domaines.

Politiquement, depuis les élections de 1958 qui ont consacré la victoire des indépendantistes, le Togo n'a jamais connu d'élections démocratiques. Le peuple togolais n'a jamais pu choisir ses dirigeants qui lui sont plutôt imposés par coups d'état puis par fraudes électorales ininterrompues. Alors que la première implication du droit des peuples à disposer d'eux-mêmes, est le pouvoir de ces peuples de se doter des élus à leur convenance, nos dirigeants nous sont imposés de l'extérieur. De Grunitzky à Faure Gnassingbé en passant par Kléber Dadjo, Eyadéma Gnassingbé et Abass Bonfo, le peuple togolais n'a joué aucun rôle dans leur érection et maintien au pouvoir. Ainsi, les choix politiques jusqu'alors n'ont jamais été le fait du peuple pourtant souverain. Autrement dit, le Togo jusqu'à présent, n'est pas l'oeuvre des Togolais.

En 50 ans, 04 élections présidentielles et 05 législatives ont été organisées. Cependant ces consultations sont une occasion pour le système vassal en place de pratiquer le démocratisme: simulacre d'élections destiné à revêtir les apparences d'une démocratie. De plus, ce sont des occasions pour faire couler le sang du peuple togolais qui demande le respect de son choix. Ce peuple n'a jamais donc eu la possibilité de jouir de son indépendance. Autant dire qu'il n'est pas indépendant. Pour preuve, voici une petite révélation: en novembre 2004, si notre mémoire est bonne, nous étions allés personnellement en compagnie de l'ex-président de la LTDH à une audience à la délégation de l'Union Européenne pour discuter de la libération de Jean-Paul Oumolou, détenu à la prison civile de Lomé pour avoir provoqué des incidents à l'université de Lomé. Nous étions reçus par un responsable - dont nous taisons le nom pour le moment, mais si jamais on nous traite de menteur, nous l'afficherons – qui après nous avoir écouté sur la campagne que nous menions sur Oumolou, nous pose cette question: que pensez-vous de Faure Gnassingbé? M. Adoté Ghandi a donné son point de vue. Quant à nous, éberlué et choqué, nous avions dit que si la question était de savoir si Faure Gnassingbé pouvait diriger le Togo après son papa, le problème ne se pose pas puisque nous sommes dans une république avec une Constitution et non en monarchie héréditaire. Le responsable s'est levé de son fauteuil et nous a serré la main en disant: vous êtes courageux et vous avez raison!
Quelques mois plus tard, Gnassingbé-père mourut et son fils lui a succédé. Cela signifie que même avant la mort d'Eyadéma Gnassingbé, son successeur est tout désigné à l'insu de notre peuple. Le reste ne relèvera que des formalités d'usage.

Même si d'autres preuves existent, cette anecdote suffit à elle seule, à démontrer que ceux qui nous dirigent sont des élus des puissances néocoloniales (Etats, regroupement d'Etats et entreprises transnationales) pour leurs intérêts. C'est pour cela que faire appel à ces instances pour nous aider à régler nos problèmes, est une invitation adressée aux sorciers et aux vampires. Nous ne sommes en rien indépendants si nous ne pouvons nous-mêmes choisir ni nos gouvernants ni notre modèle de société.

Économiquement, le Togo est très endetté et continue de s'endetter pour le grand bonheur de l'Occident, de la Chine et bien d'autres dominations. Un Etat endetté n'est pas libre. Notre pays est au bon vouloir des créanciers qui, en réalité, sont nos débiteurs pour nous avoir pillés, volés, exploités, massacrés, soumis des siècles durant. Le Togo a eu droit aux Programmes d'ajustements structurels qui ont complètement ruiné son économie avec des impacts sociaux indélébiles. Aujourd'hui, pour satisfaire l’étranger, le Togo, comme tous les autres pays africains, suit le libéralisme fondé sur le Consensus de Washington dont le credo est la suppression des barrières douanières, la libéralisation du mouvement des capitaux, l'augmentation des taxes et impôts, la privatisation des secteurs publics de l'eau, de l'électricité, la réduction des dépenses de santé, de l'éducation et de tous frais affectés au bien-être de notre peuple. Transposer mécaniquement le modèle libéral en Afrique, c'est détruire la vision africaine de la vie en communauté.

L'eau et l'électricité sont des éléments très importants dans la vie humaine. Or, à ce jour avoir l'eau potable et l'électricité sont un luxe que ne peut payer qu'une infime partie du peuple. En plus, nous dépendons pour une large part de l'électricité importée. Notre industrialisation et notre production sont donc entre les mains de l'extérieur qui peut décider de nous priver de l'électricité quand il veut surtout que cet extérieur a ses propres besoins.

Sur tous les plans, nous sommes assistés. Cette assistance ou aide est un mécanisme pour nous appauvrir davantage. Où est notre indépendance lorsque pour nous nourrir nous tendons la main vers l'extérieur colonial qui n'attend que ce moment? Où est notre indépendance lorsque pour équilibrer le budget national, on se tourne vers les puissances néocoloniales? De plus, on a prêté pour des projets qui ne sont pas rentables permettant de payer les prêts. Plus grave encore, s'est établi un système de détournement des prêts au profit des prêteurs et des dirigeants togolais. Ainsi, se retrouve-t-on avec une dette qu'il faut s'endetter pour payer. La boucle est ainsi bouclée. Et la paupérisation se généralisant, ira en croissant avec pour effet la main continuellement tendue vers l'extérieur. D'où la contradiction totale avec le message de l'indépendance qui proclamait l'ère de « Nous-mêmes » avant tout. Notre situation, demain, sera probablement plus dramatique avec une agriculture de plus en plus hypothéquée par les aléas pluviométriques et l'élargissement des cultures (café, cacao, arachide, banane, coton...) destinées à nourrir les autres alors que nous-mêmes nous avons faim.

Preuve supplémentaire que ce qui compte in fine, c'est la sauvegarde des intérêts des pays occidentaux importateurs est que le réseau ferroviaire construit sous les coups de bottes et de chicotes est complètement enfouis dans le sol au moment où nous franchissons le cinquantenaire. Les rails sont coupés et utilisés ou vendus par des individus affamés et ignorant l'histoire du chemin de fer au Togo. Réserver un pareil sort au réseau ferroviaire, c'est insulter la mémoire de nos pères et mères qui sous le régime du travail forcé allemand, en ont bavé pour le construire. Que le fruit de leur sang versé ne puisse pas servir à transporter leurs descendants que nous sommes, est l'injure la plus grave que le régime togolais ait pu leur adresser. Ce n'est pour rien d'ailleurs que les seules lignes qui sont encore en service, sont celles qui mènent aux mines de phosphate et de calcaire. Est-ce être indépendant que de passer tout son temps à servir les autres gratuitement? Si ce n'est pas de l'esclavage, alors cela y ressemble fort!

Socialement aussi, nous sommes en crise. Nous n'avons plus d'identité et le mimétisme a élu domicile dans la société togolaise à l'instar des autres pays africains. Notre société est beaucoup plus corrompue que celle d’avant le déluge. Et nous avons mis les valeurs africaines au placard. Malgré l'indépendance, nous n'arrêtons pas de suivre les modèles étrangers. Notre administration est « tuberculosée » par la corruption. Des vieux devenus des jeunes « yéyé », sont restés silencieux sur les dérives culturelles auxquelles ils participent parfois eux-mêmes. Ils sont prêts à brader leur dignité et le patrimoine ancestral contre du tabac, de la cola et une calebasse de Toucoutou² ou un verre de sodabi[2]. Les quelques personnes âgées restées attachées aux valeurs traditionnelles sont complètement ignorées et traitées de ringards. Les chefs coutumiers, gardiens de nos valeurs ont trahi leur rôle et leur mission historique en s’aliénant publiquement au parti au pouvoir.

Quant aux chefs religieux, leurs actes n'ont rien à avoir avec les prescriptions. Ainsi, conduisent-ils leurs adeptes à la perdition. Les jeunes quant à eux, sont devenus des vieux cyniques et idiots qui ne veulent pas entendre parler des valeurs ancestrales. Ils aiment la débrouillardise et se battent pour leur bourreau. Les hommes politiques eux, ne pensent qu'à la « communauté internationale » qui pourtant n'a jamais existé. Ils sont devenus des acteurs au sens théâtral du terme, ne pouvant faire la moindre action sans se référer à leurs metteurs en scène nichés à des milliers de kilomètres. C'est alors qu'ils peuvent signer un accord bidon, truffé d'imprécisions et pénalisant le peuple parce que la « communauté internationale » le leur a demandé.

Les femmes, quant à elles, courent derrière l'argent pour avoir des pagnes et des produits décolorants et de maquillage. Les enseignants de leur côté, sont dégoûtés de leur profession compte tenu de leurs conditions de travail. L'éducation est complètement extravertie et ne porte aucune finalité. C'est le démantèlement complet de la société. Personne ne veut s'occuper de son voisin. En copiant les autres, nous nous privons de nos capacités créatrices les plus importantes. Et cela plaît aux pouvoirs publics qui manipulent le désordre et en tirent profit.
A cette allure, il n'y a guère de doute que les portes de l’enfer s’ouvriront davantage devant nous dans la décennie à venir : les morts d’aujourd’hui seront bien plus heureux que les vivants de demain !

Pour jouir de la liberté, il faut être soi-même libre. Or il est clair que nous ne sommes pas libres parce que nous ne nous sommes pas encore libérés. Parce que la libération précède la liberté, nous devons analyser froidement notre situation et mettre les moyens en oeuvre autour d'une plate-forme réaliste pour nous libérer. Cette libération ne peut se faire que dans un cadre continental où la jeunesse doit jouer un rôle central avec l'idée que mieux vaut pour chaque Etat être une partie dans un tout qui marche que se satisfaire d'un souverainisme vaniteux dans une Afrique soumise et humiliée. La renaissance a commencé en Côte d'Ivoire où les jeunes patriotes ont triomphé, ne serait-ce que momentanément des forces néocoloniales. Le temps est arrivé pour nous de nous lever pour briser les chaînes des indépendances confisquées. Les dirigeants actuels au pouvoir en Afrique, cela signifie que nous ne sommes pas encore indépendants. Toute leur philosophie est de faire de nos Etats d'éternels PPTE3 et PMA4 pour avoir de l'argent de l'extérieur pour leurs propres besoins en bradant le patrimoine africain en échange. Ces vassaux aussi longtemps qu'ils détiendront le pouvoir poursuivront en toute quiétude, l'entreprise coloniale de démolition de la société africaine. Le maintien des monnaies comme le Franc CFA, des bases militaires françaises et américaines et leurs coopérants sont aussi des preuves que notre indépendance est un mensonge et une illusion.

Si nous étions réellement indépendants, Sarkozy ne pouvait pas venir en terre africaine et sur la tombe des "tirailleurs sénégalais" pour nous dire que la colonisation a fait du bien à notre peuple et que l'homme africain n'a pas intégré l'histoire. C'est parce que ce fou du pouvoir est certain que nos soi-disant Etats sont dépendants de sa France qu'il peut se permettre du haut de ses 165 centimètres -talonnettes comprises- de nous dire que nous Africains n'avons pas la notion du temps en dehors des saisons.

Les célébrations actuelles de la fête de l'indépendance ne peuvent qu'être la célébration de l'indépendance de drapeau, de timbre voire d'hymne national et de devise. Elles ne sont que des gesticulations confinant à une résonance historique et sentimentale. Pas plus! La vraie indépendance est devant nous et après d'âpres luttes qui à terme devront consacrer notre droit à l'autodétermination avec les richesses africaines au service de notre peuple. Nous deviendrons indépendants lorsque nous serons respectés dans notre dignité où que notre peuple aille. Nous deviendrons indépendants quand notre peuple aura acquis le droit d'élire les dirigeants et choisir en toute liberté les modèles de société et d'économie qui lui conviennent. Cela veut dire que nous devons revenir à la bifurcation où la colonisation nous a fait dévier de nos valeurs africaines intrinsèques pour reprendre notre processus de développement fondé indissociablement sur la liberté individuelle et la solidarité qui caractérisent notre société.

Le cinquantenaire qui est célébré aujourd'hui est le cinquantenaire de tous les mensonges. Certes, il faut reconnaître à nos prédécesseurs leur courage et leur abnégation pour les combats qu'ils ont livré contre la colonisation. Il faut les célébrer bien sûr: les Olympio, Lumumba, Ouezzin Coulibaly, Nkrumah, Sekou Touré, Modibo Keita, Steve Biko, Um Nyobè, Ouandié, Felix Moumié, Anta Diop, Thomas Sankara, Tavio Amorin... Ils doivent même nous inspirer dans nos initiatives. Cependant, leur combat n'a pas abouti, il n'est pas achevé. Depuis leur tombe, ils nous ont passé le flambeau. A nous de nous montrer dignes de marcher dans leur sillage pour que leur mort ne soit pas vaine et rompre définitivement avec les indépendances fictives. Il ne faut surtout pas que les célébrations occultent le chemin qui nous reste à faire. Sinon après avoir bu, mangé et dansé, le retour à la réalité sera synonyme d'immenses désillusions.

Rodrigue KPOGLI

[1] Politique initiée par le Rassemblement du peuple Togolais d'Eyadema Gnassingbé après l'assassinat de Sylvanus Olympio.
[2] Boissons locales respectivement à base de mil et de vin de palme.
3 Pays Pauvres Très endettés
4 Pays Moins Avancés

vendredi 18 avril 2008

L' Ecole Togolaise en image.






















Alors que l’école togolaise est complètement à terre et que les populations ont du mal à avoir un repas par jour, Faure Gnassingbé, trouve les moyens de financer un carnaval dans les rues de Lomé le samedi 5 mai dernier. Il avait même fait venir du Brésil des danseuses pour amuser les Togolais accablés des maux de toute sorte.

L’évènement est une initiative de Patrick AMENDA, présentateur de Miss Togo et de Eugène ATIGAN AMETI de TVT. Estimé à hauteur de 500 millions de Francs CFA, le carnaval a drainé tout au long de son déroulement des milliers d’individus arborant T-shirts et casquettes à l’effigie de Faure Gnassingbé.


Dur, dur d’être Togolais. Dire qu’il y a quelques jours les retraités ont été tout simplement gazés par les forces de police alors qu’ils voulaient avoir leurs pensions et déployer de tels moyens pour un carnaval, est révélateur de quelque chose que le peuple Togolais doit diagnostiquer au plus vite et traiter avec fermeté.

Rodrigue KPOGLI


lundi 31 mars 2008

Appel à solidarité avec les Tibétains

Répression chinoise au Tibet
les Africains doivent sortir de leur mutisme.

Depuis quelques semaines, les Tibétains profitent de l'organisation des jeux olympiques à Pékin pour revendiquer le respect de leur culture de la part de la Chine. Pour mémoire, en 1949, l'armée chinoise de Mao ZeDong envahit le Tibet et contraint la petite armée tibétaine à la reddition et à signer le 23 mai 1951, un « Accord en dix-sept points », reconnaissant que le Tibet a toujours fait partie de la Chine. En 1959, le Dalaï-Lama s'exile et renie ce traité. A partir de ce moment, la Chine a déployé une terrible machine afin d'anéantir toute velléité de résistance: écrasement de la culture tibétaine (pillage et destruction des monastères), persécutions et assassinats des religieux (moines), stérilisation des femmes... En 1989, le Dalaï-Lama reçoit le prix Nobel de la paix, des émeutes à Lhassa ont été douchées dans le sang et la loi martiale est déclarée. En 1994, posséder une photo du Dalaï-Lama est interdit et la répression est accentuée. Bref, en 60 ans, environ 2 millions de Tibétains (le quart de la population) sont morts des suites de l'occupation (au combat, de famine, en prison, exécutés, torturés ou suicidés...). Aujourd'hui, il existe au Tibet environ 8 millions de Chinois contre 6 millions de Tibétains. Il s'agit là bel et bien d'une colonisation et d'une stratégie d'extermination d'un peuple dont l'histoire a commencé en l'an 127 de notre ère avec l'établissement de la dynsatie Yarlung et qui a connu son unification dès le VIIè siècle.

Cet état de chose est inacceptable. Et il faut avoir le courage de le dire haut et fort. Nous, Africains qui avons connu la colonisation et les crimes consubstantiels à elle et qui subissons aujourd'hui le néocolonialisme dans ses formes les plus désastreuses, sommes le peuple le mieux placé pour dénoncer l'attitude de la Chine au Tibet. Nous sommes fondés à nous élever contre cette colonisation et cette usurpation des terres du Tibet pour trois (3) raisons fondamentales:

La Première. La Chine est membre du Conseil de Sécurité de l'ONU. Elle est donc très influente dans les instances internationales de décisions. Par les prérogatives que lui confère ce titre, elle est tenue de respecter les droits de l'Homme et surtout les libertés des autres peuples. En choisissant de tuer les Tibétains, la Chine viole les normes prescrites par la Charte de l'ONU et l'ensemble des principes du dispositif légal international. En conséquence, la Chine s'inscrit dans l'ordre des USA, de la France, de la Russie, de la Grande-Bretagne ... qui se sont permis et se permettent de massacrer les peuples désarmés mais pourvus de richesses de tous ordres. Ces pratiques ne peuvent qu'encourager d'autres pays et mettre constamment la vie des peuples « faibles » en danger. Les Africains ne doivent pas accepter ou se montrer indifférents lorsque les puissants massacrent les faibles ou les peuples qu'ils ont sciemment affaiblis. Notre survie en dépend.

La seconde. La chine est très présente en Afrique. Du petit commerce au plus haut niveau de l'Etat, les Chinois sont partout. Ils inondent le marché africain de leurs produits, écrasant au passage les petits commerçants africains qui finissent par couler sous l'asphyxie de la concurrence « déloyale » que les Chinois leur livrent au nez et à la barbe des chefs de circonscriptions africains. La Chine développe d'autre part, des relations militaires importantes avec les régimes corrompus en formant les gardes prétoriennes africaines aux techniques de tortures et de répression qui sont les siennes au Tibet et à l'égard de ses propres citoyens. Elle soutient même des guerres.
Un autre aspect de la présence chinoise en Afrique consiste en la stratégie d'accorder « des prêts à faibles taux et sans conditions » aux pouvoirs africains et piller en retour les richesses minières. Dans les entreprises chinoises implantées en Afrique, les conditions de travail sont rudes, les salaires sont extraordinairement bas, les droits de grève sont systématiquement interdits et les licenciements sont abusifs et sans mesures d'accompagnement. Les bénéfices qu'elles font sont systématiquement renvoyées en Chine. La Chine ne fait pas mieux en Afrique. Sa démarche est identique à celle des pays Occidentaux. Pour toutes ces raisons et considérant le rôle que la Chine joue et veut jouer en Afrique, ses agissements au Tibet nous regardent.

La troisième. Les Occidentaux critiquent la colonisation du Tibet. Lorsque l'on sait que ces pays ont pratiqué et continuent de pratiquer la colonisation, leur engagement semble insincère surtout que ce n'est pas aujourd'hui qu'ils découvrent la question tibétaine. Ces pays n'ont pas les mains suffisamment blanches pour se saisir de ce dossier. Les pays occidentaux dans leur majorité, ont bâti leur fortune sur l'esclavage, la colonisation, l'apartheid, l'extermination des cultures de certains peuples et autres crimes. Comment peuvent-ils légitimement s'indigner que la Chine massacre les Tibétains, pille leurs fabuleuses richesses, interdit leurs pratiques religieuses et prend leurs terres? Eux qui ont asphyxié les cultures, langues et religions africaines s'indignent aujourd'hui des mêmes recettes utilisées par la Chine. Eux qui louent publiquement le rôle positif de la colonisation trouvent inacceptable la colonisation du Tibet. Même s'il vaut mieux changer que rester idiot, se sont-ils sondés eux-mêmes avant tout? Ont-ils fait leur autocritique avant de vouloir donner des leçons? Eux qui forment la police chinoise (les coopérants occidentaux et principalement français), l'équipent (EADS) et donnent les moyens à la Chine de brouiller les fréquences informatiques (le Groupe Thalès).

Pour tout cela, les Africains qui ont connu la colonisation, semblent le mieux placé pour dénoncer ce qui se passe au Tibet. Les conséquences de la colonisation sont encore vivantes en Afrique. Les sociétés africaines en portent les stigmates et cherchent aujourd'hui à se reconstruire non sans difficultés. Ayant connu ce viol et cette chosification, le pillage et le saccage de notre culture, les Africains ne doivent cautionner par le silence, ce qui se passe au Tibet. Même si nous sommes à des milliers de kilomètres, nous avons la légitimité suffisante et incontestable pour dire aux Chinois notre indignation face aux crimes au Tibet et manifester notre soutien au courageux peuple Tibétain. Sans aucune naïveté ni illusion de changer radicalement le cours des évènements, compte tenu de ce que représente la Chine aujourd'hui sur le plan mondial, nous qui nous sommes toujours battus contre le colonialisme et pour le respect de nos valeurs culturelles africaines, pouvons tout au moins clamer que le combat des Tibétains pour la survie de leur culture est aussi le nôtre. Par ce geste, nous aurons montré, n'en déplaise à nos détracteurs, que nous comptons et militons sans armes nucléaires et au-delà de nos murs, pour un monde plus juste et plus pacifique.

Le président Hu Jintao disait à l'Université de Pretoria en Afrique du Sud, lors de sa tournée en Afrique en 2007 ceci « en raison des souffrances qu'ils ont endurées et de la lutte qu'ils ont menée- et qu'ils n'oublieront jamais- les Chinois sont catégoriquement opposés au colonialisme et à l'esclavage sous toutes leurs formes. La Chine n'a jamais imposé sa volonté ou des pratiques inégales à d'autres pays et ne le fera jamais à l'avenir ». Le même Hu Jintao peut-il tenir ces propos devant les Tibétains, les Mongols, les Mandchous et les Ouighours? Cela s'appelle du négationnisme ou tout au moins du révisionnisme contre lesquels les Africains se battent quotidiennement. En conséquence, nous devons manifester toute notre solidarité, fut-elle, verbale aux Tibétains et marquer notre dégoût quant aux agissements de la Chine qui a connu, elle-même, en son temps, une histoire douloureuse.


Rodrigue KPOGLI

mardi 25 mars 2008

Le racisme dans les stades: indignation ou hypocrisie française


Ces derniers temps, il y a résurgence des comportements racistes dans les stades européens et français particulièrement. Les joueurs africains sont humiliés par des spectateurs racistes qui émettent des cris de singes ou claironnent tout au long du match « sales nègres ». Le cas Ouaddou- joueur marocain de Valenciennes- qui a frappé les consciences, s'inscrit dans une continuité. Au cours d'un match, même le Tchèque Milan Barros se pince le nez et se ventile pour « éviter l'odeur » du Camerounais Mbia. Samuel Eto'o, Marc Zoro, Kébé et bien d'autres ont eu leur lot d'humiliations. Eux et bien d'autres ont et en auront malheureusement encore. Ce n'est pas une fatalité mais une réalité regrettable. Car nombre d'occidentaux ne peuvent se départir de l'élan raciste qui a poussé leurs aïeux à théoriser et pratiquer l'esclavage, la shoah, la colonisation, l'élimination des Indiens et bien d'autres crimes. Si le néocolonialisme reste aujourd'hui une réalité, c'est que chez la majorité des Occidentaux, le racisme est héréditaire. Ces gens ne supportent pas des humains d'autres cultures coupables d'avoir une peau différente de la leur. Pour d'autres, le racisme est, à notre avis, d’ordre stratégique. Il fallait bien décréter une race inférieure quelque part pour faire passer certaines volontés, idées et pratiques que d'autres ne peuvent tolérer.

L'exemple vient du sommet ou soigner le mal à partir des racines

Comment peut-on aujourd'hui lutter contre l'humiliation des joueurs africains dans le championnat français sans autopsier un passé si présent dans les esprits? Le poisson commence par pourrir de la tête, dit-on. Il ne faut pas aller trop loin dans l'histoire pour rechercher les racines du mal. Jacques Chirac disait le 19 juin 1991 que les Africains (Noirs et Maghrébins) ont une odeur insupportable et font trop de bruits. Cela ne l'a pas empêché de devenir président et de se considérer cyniquement à la face du monde comme « l'avocat de l'Afrique ». Et les chefs de circonscriptions africains n'ont jamais manqué l'occasion d'adouber le « cher Jacques » et de s'agglutiner autour de lui pour des photos de famille. Drôle famille!

Son successeur n'a pas fait mieux. De « la racaille » des banlieues qu'il voulait « nettoyer au Kärcher », Sarkozy de la rupture est devenu président des Français dans la continuité. Pour une rupture, il n'en fallait pas mieux. A Dakar à l'université Cheick Anta Diop le 26 juillet 2007, il crache à la figure des Africains en mondovision, en déclarant que l'homme Africain n'est pas entré dans l'Histoire et que le problème de ce continent est que ses enfants s'entretuent et sont corrompus congénitalement. Même si certains Français ont condamné ces propos à travers des écrits et des paroles, il n’en demeure pas que ces critiques n'ont pas été suffisamment fortes pour contraindre Sarkozy à l'excuse. Au contraire, son entourage en l'occurence Henri Guaino, s'est félicité que ce discours restera dans les annales et dans les discussions pour une dizaine d'années au moins. Pour justifier une pareille imbécillité, certains esprits malins, ont culpabilisé le griot du roi qu'est Henri Guaino, auteur des récitations de Sarkozy. Une façon subtile de dédouaner ce dernier connu pour son habitude à se passer de ses conseillers qu'il n'hésite pas à griller à l'occasion. Le même Guaino a, lui-même, justifié le discours de Dakar lors d'une émission « Ce soir ou jamais » de France3 avec l'aide bien précieuse d'un certain philosophe Camerounais, André Mbem dressé contre Aminata Traoré, pourfendeuse du discours incriminé.

Encore une fois, tout finit par rentrer en ordre. Personne ne peut punir Sarkozy et ses conseillers d'avoir insulté les Africains. Comme son prédécesseur, Sarkozy se dit « ami de l'Afrique et des Africains ». Si aujourd'hui, il coule dans les sondages, c'est bien davantage à son incurie à résoudre l'équation du pouvoir d'achat, à l'exposition de sa vie privée et à son style « bling bling » qu'il le doit. Ce n'est guère pour ses propos racistes à l'égard des Africains.

Molles critiques et indifférence

Quand ce sont de molles critiques et une certaine indifférence qui sanctionnent les autorités qui insultent les Africains, il est clair qu'elles deviennent et servent de modèles aux citoyens moyens. Lorsque le premier des citoyens français humilie les Africains, ce ne sont pas les citoyens moyens qui s'en priveront dès qu'ils en ont l'occasion. En un mot, lorsque l'exemple vient d'en-haut, on ne peut s'étonner de son émulation au sein de la société. C'est pour cela que nonobstant l'appel des officiels du foot français et du sous-ministre Bernard Laporte en faveur de sévères sanctions contre ceux qui traitent les joueurs africains de singes et de « sales negros », le problème demeure entier.

Faire recours aux « singes » pour collectionner des médailles

Cependant ces Français ont la mémoire courte et sont frappés du sceau de l'amnésie. Restons dans le foot après tout. En 1998, pour obtenir la coupe du monde, les Français ont dû faire recours aux Africains c'est à dire « aux singes ». Dans l'équipe de France d'alors, sur les 23 joueurs, il n'y avait de Français authentiques que Laurent Blanc, Didier Deschamps, Emmanuel Petit, Lionel Charbonnier, Barthez, Dugarry, Stéphane Guivarc'h. Tous les autres sont des étrangers et principalement Africains dont le plus célèbre, Zidane est supplié de ne pas quitter l'équipe à chaque fois qu'il souhaite aller en retraite. Aujourd'hui, c'est la même situation. De Malouda à Mandanda en passant par Govou, Nasri, Benzema et bien d'autres, la France pioche le meilleur des pays africains- ses colonies- pour garnir sa maison et décrocher des titres. Rôle positif de la colonisation? Bien sûr! Comme si les pays africains n'avaient pas eux besoin de grandeur et d'honneur sportive, la France n'hésite pas à sortir le grand jeu de la nationalité et de l'argent pour capter les jeunes qui auraient pu briller et stimuler les autres jeunes africains. En procédant de la sorte, la France pille l'Afrique et prive les sociétés africaines de modèles.

Ces gladiateurs des temps modernes qui ignorent l'histoire

Ironie du sort, ces gladiateurs des temps modernes ne s'émeuvent pas lorsque leurs compatriotes se trouvent en mauvaise posture. Mis à part Lilian Thuram qui mérite respect, le reste fait litière des problèmes de leurs congénères. Ils agissent comme si l'enfer c'est les autres. Chose inimaginable de la part des autres groupes humains notamment les Juifs par exemple. Insultez un Juif et vous trouverez pratiquement tous les Juifs sur votre chemin. Cette solidarité n'est pas une évidence chez les Africains. Et c'est bien dommage car d'importants détails de l'histoire leur échappent.

Lors de la guerre contre le nazisme, la France a dû faire recours aux Africains. Dès que la victoire fut acquise, ceux-ci ont été démobilisés et renvoyés à leurs casseroles. Leurs soldes n'étaient même pas versés. Ils n'ont eu droit à aucun suivi médical ni psychologique. Et lorsqu'ils se sont organisés pour revendiquer leurs droits à Thiaroye au Sénégal en 1944, c'est à coups de canon qu'ils ont été accueillis. Voilà comment on est payé quand on est des singes. En monnaie de singes, bien sûr! C'est pour cette raison qu'il est incompréhensible de voir des Africains s'enthousiasmer pour enfiler le maillot français alors même que des cris de singes sont dirigés contre leurs compatriotes. Leur silence, leur laxisme ou leur indifférence à l'égard du racisme est une complicité mieux une démission de leur titre d'homme. Ils ne méritent aucun respect.

Les joueurs africains de l'équipe de France doivent monter au créneau

Le jour où les Africains de l'équipe de France dont ils sont si fiers, se souviendront de l'histoire et décideront de jouer leur rôle d'hommes responsables, les cris de singes et les injures racistes cesseront ou du moins marqueront les pas dans les stades. Mais en attendant ce jour, on a beau faire porter aux joueurs des T-shirt frappés de messages antiracistes, la justice peut condamner quelques abrutis pour injure raciste, on a beau monter des spots publicitaires condamnant le racisme dans les stades, on a beau inviter Basile Boli (ami de Sarkozy) et bien d'autres au Journal de 20 heures, cela ne changera grands choses.

Les Africains sont interpellés

Beaucoup d'Européens ont pris l'habitude d'insulter les Africains en toute impunité et c'est cela qui favorise cette « ferveur » raciste. Cependant lorsqu'on insulte un Juif en France, ce sont les pouvoirs publics, l'ensemble de la classe politique et parfois le Président lui-même qui prennent les devants de la condamnation et appellent vivement la justice à se saisir de la situation et punir les auteurs. On vient d'ailleurs d'en avoir l'illustration avec le limogeage du sous-préfet de Saintes, Bruno Guigue1 qui a osé critiquer dans une tribune, la politique d'Israël (ce qui n'a rien d'antisémite). Il n'en est pas ainsi des Africains. Comme quoi, il existe des droits de l'Homme auxquels ne peut prétendre « l'homme Africain » si cher à Sarkozy. Pour ces raisons, les Africains sont interpellés. Ils doivent s'unir et se montrer solidaires pour se faire respecter.

Rodrigue KPOGLI

1 Officiellement, le sous-préfet a été limogé par son ministre de tutelle Michelle Alliot-Marie pour avoir violé le devoir de réserve que lui impose sa fonction. Mais personne n'est dupe. Heureusement!

jeudi 6 mars 2008

TOGO: La presse en danger



COMMUNIQUE

Restriction inacceptable à la liberté d’expression au Togo.

La Haute Autorité de l'Audiovisuel et de la Communication (HAAC) par sa décision N°0001/HAAC/08/P* vient d'interdire « définitivement » des éditoriaux, billets ou réflexions de Daniel Lawson-Drackey sur la Radio Nana FM au motif que ses analyses violent de façon constante les règles déontologiques et de la dignité humaine.

Aussi affirme la HAAC avoir recommandé à maintes reprises et sans succès à la direction de la Radio Nana FM de supprimer les productions du journaliste sur ses ondes.

Il est à noter que le HAAC ne mentionne dans son édit aucune plainte de citoyens togolais contre les analyses de Daniel Lawson-Drackey.

En fondant sa décision sur des formules vagues et des principes qu'aucun fait concret ne viole, la HAAC montre son acharnement contre la voix d'un journaliste qui ne fait que son métier. Elle montre aussi qu’elle est à l’oeuvre pour établir une presse de complaisance qui s’interdit des analyses sérieuses et objectives au Togo. Il faut rappeler que le vendredi 22 février 2008, la HAAC avait convoqué les directeurs de publication et rédacteurs en chef de la presse privée écrite à son siège à Lomé pour leur reprocher la diffusion des informations relatives au clivage Faure – Kpatcha. Par ces méthodes, la HAAC témoigne en outre que la démocratie au Togo chantée ces derniers temps reste un leurre.

La Jeunesse Unie pour la Démocratie en Afrique (J.U.D.A) s'élève vivement contre cette décision et ces agissements qui violent gravement la liberté de presse et qui sont de toute évidence, un complot contre la liberté d'expression et d'opinion déjà bafouées ou quasi inexistantes au Togo.

Elle condamne cette propension de la HAAC à museler tous les médias qui s'élèvent contre les pratiques mafieuses du pouvoir illégitime qui régente en toute impunité le Togo depuis un demi-siècle. En procédant ainsi, la HAAC agit contre l'avènement de la démocratie au Togo.

Elle demande donc à la HAAC d'annuler sa décision et de laisser travailler en toute tranquillité et responsabilité ceux des journalistes qui n'ont pas encore perdu leur courage ou ne sont pas encore détournés de leur mission au Togo.

Pour une fois encore, la J.U.D.A appelle Philippe EVEGNON, un journaliste ayant payé sous Eyadéma Gnassingbé un lourd tribut pour la liberté de presse au Togo, à se ressaisir et à refuser de servir, alors qu'il préside la HAAC aujourd’hui, d'instruments de répression et de musellement de ses confrères d'hier.

Enfin la J.U.D.A lance un appel au peuple togolais à la mobilisation contre cette parodie de démocratie dans laquelle les institutions n'oeuvrent pas pour agrandir les libertés mais plutôt s'activent avec zèle pour les restreindre au profit d'un clan.

ACTIONS RECOMMANDEES

La Jeunesse Unie pour la Démocratie en Afrique (J.U.D.A) demande à tous les militants et organisations de défense des valeurs démocratiques de se mobiliser pour obtenir le retrait de la décision de la HAAC précitée.

Veuillez envoyer vos appels et textes à l’adresse mentionnée ci-dessous:

- protestant contre l'interdiction sur la Radio Nana FM des analyses de Daniel LAWSON-DRACKEY qui constitue une restriction inacceptable à la liberté d’expression garantie notamment par le Pacte international relatif aux droits civils et politiques et la Charte Africaine des droits de l’homme et des peuples ainsi que la Constitution Togolaise;

- demandant l'annulation immédiate et sans conditions de cette interdiction;

- demandant à la HAAC de laisser la presse jouer son rôle librement.


Adresse de la HAACBP : 8697, Lomé - TOGO
Tél : +228 250 16 78
Fax : +228 250 16 80
Cel : +228 903 45 90


Le 06 Mars 2008

Pour la J.U.D.A
Le Secrétaire Général,

Komla KPOGLI

jeudi 28 février 2008

TCHAD: Et maintenant?


Il y a eu hésitations, confusions et contradictions. Mais au bout du compte, la France est venue au secours du régime du président tchadien Idriss Déby Itno, pour la seconde fois en moins de deux ans. Le Tchad constitue une base stratégique essentielle au déploiement des forces françaises, en plein cœur de l’Afrique, à proximité du conflit soudanais, du golfe de Guinée gorgé de pétrole, et de l’uranium nigérien. C’est aussi le bastion français le plus proche de Fachoda, vieux complexe jamais vraiment évacué. Réagir à l’action des rebelles, c’était avant tout réaffirmer sa position sur l’échiquier de la sous-région.


Le ministère de la Défense continue à démentir l’intervention de l’armée. Mais les rebelles persistent, et condamnent l’absence de neutralité française, « sans équivoque partie prenante dans le conflit du Tchad ». Ils récusent ainsi la légitimité de l’Eufor pour participer au retour de la paix au Darfour. Cette force d’intervention européenne, que la France doit commander sur le terrain, a commencé à se déployer. Son arrivée était au cœur des enjeux de l’avancée des rebelles sur N’Djamena soutenus indirectement par Khartoum, et au centre des tergiversations françaises.


La France a également fini par réagir, après un long silence embarrassé, à propos des opposants emprisonnés au moment où les rebelles quittaient la capitale. Paris a demandé une « clarification sans délai », notamment « des informations précises sur les motifs pour lesquels ils ont été emprisonnés, sur les lieux où ils se trouvent, et sur les procédures judiciaires dont les autorités tchadiennes pensent qu’elles leurs sont applicables ».


Une intervention française n’aurait de sens que si elle obtenait du président Déby non pas seulement la grâce des aventuriers de l’Arche de Zoé, mais des garanties en termes de démocratisation du régime et de respect de droits humains, notamment dans la gestion des revenus pétroliers. La rupture voulue par le chef de l’État français, Nicolas Sarkozy, ne peut être perceptible que si Paris se range pour une fois du côté de la population tchadienne, seule vraie victime de ces combats à répétition.


Lucas Patriat
Voir http://www.tchadforum.com/node/651

Marchés Tropicaux

mercredi 27 février 2008

Arche de Zoé: les dessous de l'affaire par une radio suisse



L'affaire de l'Arche de Zoé recèle de nombreux mystères qui visiblement n'ont pas vocation à être éclaircis, notamment par les medias français..Comme d'habitude depuis le 6 mai 2007, les "révélations" arrivent de l'étranger et notamment de la Suisse. Cette fois-ci, les "révélations" d'une radio Suisse "Couleur 3" dans l'émission "La Planète Bleue" sont tellement énormes qu'on a vraiment du mal à y croire. Au delà des faits, on se demande quand même pourquoi les medias français n'ont pas parlé de ce qui s'est dit dans cette émission en Novembre 2007..(et on ne peut pas s'empêcher de se rappeler les premières accusations des officiels tchadiens concernant cette histoire...)


Avant de lire le texte de ce qui a été dit dans l'émission, sachez qu'effectivement , François Sarkozy fait partie de Paris Bio Tech et que cette entité s'est défendue des allégations portées contre elle sur une page de son site (voir le texte publié à la fin de cette note. Tout d'abord les allégations diffusées sur "Couleur 3":


Quand la fameuse affaire de l’Arche de Zoé a éclaté, curieusement, le Président Sarkozy n’est pas venu au secours des enfants victimes, ni des familles abusées, mais des voleurs d’enfants.


Pourquoi ? Pour protéger qui ? Pourquoi Nicolas Sarkozy est-il allé au Tchad chercher les journalistes français et les hôtesses espagnoles ? Pourquoi le président français a-t-il annoncé, haut et fort, qu’il irait chercher lui-même les membres de l’association « Arche de Zoé », quoi qu’ils aient fait, mettant ainsi le feu à un baril qui n’avait pas besoin d’arrogance pour s’enflammer. S’agit-il d’une maladresse due à la précipitation, ou l’affaire des illuminés de l’Arche de Zoé cacherait t-elle une autre affaire autrement grave, bien plus glauque, qui aurait conduit le président français à la gaffe internationale ? Y aurait-il des imbrications entre l’exfiltration d’enfants tchadiens vers l’Europe, l’industrie pharmaceutique, et les milieux d’affaire ? Chaque jour qui passe voit apparaître de nouvelles questions. Pourquoi et comment l’association l’Arche de Zoé, a-t-elle bénéficié de passe-droits au ministère des affaires étrangères, au ministère de la défense, voire au ministère de l’intérieur ? Pourquoi et comment l’association l’Arche de Zoé, a-t-elle pu utiliser les avions Transal de l’armée française, pour transporter son matériel de N’Djaména à Abéché ? Pourquoi les services du ministère français de la défense, connaissaient-ils le plan de vol du Boeing affrété par Eric Breteau, le président de l’Arche de Zoé ? Le Boeing atterrit à Abéché, un aérodrome sous contrôle militaire tchadien … et français, certains gradés français étant présents dans la tour de contrôle. C’est depuis Abéché, que, grimés en blessés, les gamins devaient embarquer dans l’avion garé en bout de piste. Est-ce que les moyens tout à fait étonnants dont a profité l’Arche de Zoé, est-ce que la précipitation maladroite du président Sarkozy, à s’impliquer personnellement dans l’affaire, aurait un rapport avec le financement trouble de l’association l’Arche de Zoé ? Cette affaire, qui est tout le contraire d’une histoire de pieds nickelés, soulève tellement de questions, que certains se demandent aujourd’hui, si derrière cette bavure humanitaire, ne se cache pas une affaire d’une toute autre ampleur, une affaire d’expérimentations thérapeutiques sur des patients pas du tout volontaires.L’association l’Arche de Zoé est une initiative d’un organisme français Paris Biotech Santé. Elle est financée par une société de développement de produits pharmaceutiques BioAlliance Pharma, dont le propre frère du président, François Sarkozy, est vice-président du conseil de surveillance. Certains observateurs se demandent si BioAlliance Pharma, qui mène des recherches sur le sida et pratique des essais thérapeutiques, n’aurait pas un lien avec l’affaire des infirmières bulgares, dont la libération avait déjà été négociée par la famille Sarkozy. Quelles sont les réelles activités de BioAlliance Pharma, dont fait partie le frère du président Sarkozy ? La compagnie développe des médicaments pour traiter des maladies décrites comme mille fois plus virulentes en Asie du Sud-Est et dans l’Afrique subsaharienne que chez nous. Pour développer ces traitements la société pratique des expérimentations sur des patients, comme par exemple pour le Loramic, cinq cent quarante patients répartis sur quarante sites différents à travers le monde. Stéphanie Lefèvre, la secrétaire générale de l’Arche de Zoé, est directrice adjointe de Paris Biotech Santé. Et François Sarkozy, le frère du président, figure avec elle parmi les membres du comité d’évaluation de cet organisme spécialisé dans la recherche bio-médicale. D’où les questions qui enflent sur le web. Y aurait-il un rapport entre ces sociétés pharmacologiques, et l’intervention du président Sarkozy au Tchad. C’est comme la maladie d’Alzheimer, devenue grande cause nationale française, aussitôt après l’élection de Nicolas Sarkozy. Cette déclaration surprise aurait-elle un rapport avec le fait que son frère, François Sarkozy, siège à AEC Partners, dont le principal client est l’américain Pfeizer, leader mondial de l’industrie pharmaceutique, et spécialiste du traitement de la maladie … d’Alzheimer. Au printemps dernier, le Nigéria a attaqué devant la justice internationale le géant Pfeizer, qui aurait je cite : « effectué en 1996, de façon illégale, l’essai clinique d’un médicament, le Trovan, sur deux cents enfants » fin de citation. L’inventeur du Viagra aurait secrètement utilisé des enfants comme cobayes, pour tester de nouvelles molécules, sous couvert d’aides humanitaires. Onze enfants sont morts lors de ces tests. D’autres ont subi de graves séquelles : surdités, paralysies, lésions cérébrales, cécités. Le Nigéria réclame dix milliards de dollars à Pfeizer. C’est le Washington Post qui a révélé le scandale. Le journal belge sept sur sept s’interroge lui aussi sur le rôle de Paris Biotech Santé, où travaille Stéphanie Lefèvre, la secrétaire générale de l’Arche de Zoé, et François Sarkozy le frère du président. Je cite « L’Arche de Zoé n’est pas une histoire d’amateurs. Ils sont très professionnellement organisés, et ne manquent pas de fonds et de soutiens, en tout genre. La soit disant « petite » association semble avoir préparé cette opération au Tchad, avec beaucoup de relations d’influence, et de moyens techniques et financiers. » Fin de citation. Pourquoi le président Sarkozy veut-il aller récupérer les militants de l’Arche de Zoé au Tchad ? Pourquoi a-t-il voulu aller récupérer les infirmières bulgares en Lybie ? Est-ce que c’est juste pour faire le beau, pour parader devant les caméras du monde entier, ou est-ce que tout en haut de l’état français, on redouterait que des choses finissent par se dire dans les geôles africaines. On évoque notamment des expérimentations humaines financées par de puissants labos de biotechnologie, sous couvert d’aide humanitaire. Non, non, bien sûr, çà se serait de la science fiction ! Fin de citationLe texte de défense publié sur le site de Paris Biotech


Mise au point : 21 décembre 2007


Des propos malveillants tenus sur certains blogs et des informations erronées faisant état de liens entre Paris Biotech Santé et l'Arche de Zoé, nous amènent de nouveau à apporter les précisions suivantes :


Paris Biotech Santé n'a jamais donné aucune subvention à aucun organisme humanitaire depuis sa création. Vous trouverez ci après une certification de l'expert comptable et une du Commissaire aux Comptes (Pièce jointe). Par ailleurs, l'expert comptable ne travaille pas et n'a jamais travaillé avec l'Arche de Zoé. (Pièce jointe). Toutes ces personnes sont assermentées.
Les seuls avocats de PARIS BIOTECH SANTE sont Maîtres Sophie de Senhiles et Marie Eve Ibar Abadie.


Stéphanie Lefebvre est directeur adjoint de Paris Biotech Santé à titre professionnel. A titre personnel, elle était jusque là secrétaire générale de l'Arche de Zoé. La seule erreur qu'elle ait commise vis-à-vis de Paris Biotech Santé est d'avoir communiqué une adresse mail professionnelle dans les statuts de l'Arche de Zoé.


La lettre du 25 avril 2005 (Pièce jointe) reprise récemment dans un hebdomadaire est totalement sortie de son contexte. Cette période, il y a donc 30 mois, correspond à l'après-tsunami, où il existait un élan national. En ma qualité de pédiatre, je proposais éventuellement de récupérer des caisses de médicaments (soutien logistique) ou de trouver des collègues pédiatres pouvant répondre à des questions médicales (réseau). Il n'y a eu aucune suite à cette lettre.
La lecture de notre site est suffisamment explicite et transparente sur l'aide apportée aux sociétés incubées (leur nom, leurs activités, les aides que nous apportons) pour se rendre de compte de l'ineptie de tous ces propos.


En effet, les projets soumis sont évalués par un comité indépendant, composé de spécialistes intervenant à titre gracieux. Notre structure d'aide à la création d'entreprises dans le domaine de la santé humaine a permis la création de 400 emplois et 44 sociétés au 31 décembre 2006 exclusivement dans Paris et sa région et ce au service des malades.


Olivier Amédée-Manesme




Contact Presse : Mary Sills 06 21 33 52 43 - mary.sills@free.fr


fin de citation


lundi 25 février 2008

CAMEROUN: recrudescence de la violence policière







Déclaration de PRODHOP

Le 10 février 2008, MM. Jean Bosco TALLA, Directeur de publication Délégué du Front et KEMETE Hervé, Reporter, ont été brutalement arrêtés à Zoatélé alors qu’ils faisaient leur travail.

Le 16 Février 2008, les forces de l’ordre ont brutalisé les populations de Douala qui avaient organisé une manifestation pacifique contre la révision de la Constitution, au quartier Bépanda au lieu dit « Stade Ndoungué » . Bilan : trois arrestations donc un molesté violemment, de nombreux dégâts matériels PRODHOP avait sorti une déclaration à ce sujet.
Le 21 février 2008, les éléments du Commissariat Central ont posé les scellés sur les studios de Télévision de Equinoxe sous divers prétextes ;

Le 23 février 2008, les forces de l’ordre ont réprimandé une manifestation pacifique des populations au Quartier dit Carrefour Madagascar et village à Douala. Bilan, deux jeunes assassinés (cf. photos) et de nombreux dégâts matériels (cf. photos).
Toute cette violence et intimidation visent à faire taire ceux qui s’opposent au projet de la révision de l’article 6 alinéa 2 de la Constitution du 18 janvier 1996.

Par ailleurs, l’arrêté du Gouverneur du Littoral interdisant toute manifestation publique ne contribue pas à apaiser le climat déjà tendu dans notre pays.

La liberté d’expression, la liberté de revendication pacifique sont les principes universels qui ont été ratifiés par l’Etat Camerounais.

PRODHOP demande que ces principes soient respectés par le gouvernement Camerounais.

PRODHOP :

- Condamne avec sa dernière énergie les brutalités orchestrées par le gouvernement sur les jeunes manifestants aux mains nues.

- S’inquiète de la montée de la violence instaurée et entretenue par les forces de l’ordre.

PRODHOP demande :
- l’abrogation immédiate de l’arrêté du gouverneur du Littoral ;

- que les forces de l’ordre cessent de tirer sur les manifestants pacifiques

- la levée immédiate des scellés à la Télévision Equinoxe

- L’abandon de poursuite judiciaire contre M. Jean Bosco TALLA et KEMETE Hervé, deux journalistes du FRONT

PRODHOP :

- Appelle toutes les associations nationales et internationales de défense des droits de l’Homme à dénoncer et condamner ces violations flagrantes des droits de l’Homme
- Appelle l’opinion internationale à faire à ce que les coupables permanents des ces exactions soient jugés et condamnés .

Douala, le 25 Février 2008
Maximilienne C. NGO MBE
Secrétaire Générale de PRODHOP

lundi 11 février 2008

Faure Gnassingbé, Bolloré et Sarkozy


Le président togolais Faure Eyadema, fils de son père, raconte à ses interlocuteurs français cette histoire édifiante.

En marge du sommet Europe-Afrique de Lisbonne, le 08 décembre 2007, Sarkozy le reçoit dans sa chambre d’hôtel. Il veut lui parler de la concession du port autonome de Lomé, et il lui tient (selon Faure Eyadema) ce langage :

« vous en êtes où de ce projet ? » demande Sarkozy.
Faure Eyadema. -les procédures sont en cours.
Sarkozy. - Bolloré est sur les rangs. Quand on est ami de la France, il faut penser aux entreprises françaises.
Et peut être aussi aux prochaines vacances présidentielles !

Voilà ce qu’écrivait le journal français « Canard Enchaîné » dans son édition N° 4554 du 06 février 2008 appuyé d’un dessin présentant un Nicolas Sarkozy portant une guitare et disant « Je vais vous interpréter « les copains d’abord ». Puis sur le même dessin, on peut voir un panneau portant l’inscription « Port Bolloré ».

Il est de notoriété que le port autonome de Lomé et toutes les autres ressources du Togo n’ont jamais été un outil au service de son développement. C’est plutôt une chasse gardée de la France et de ses entreprises. Les autres pays occidentaux en profitent eux aussi.

Il n’y a pas très longtemps Bolloré et Dupuidauby se sont livrés à un combat presque mortel sur la concession de ce port. Chacune des parties en conflit avait mobilisé la presse locale qui a pris fait et cause pour l’une ou l’autre des entreprises parfois pour les deux en même temps. Et cela a été possible certainement à coup de quelques billets de francs CFA qui ont pu mobilisé les directeurs de publication eux-mêmes, qui, faut-il le rappeler, ne se déplacent que pour les « causes majeures ». Cet état de choses avait indigné certaines consciences, en son temps mais la majorité des Togolais n’avait rien aperçu.

A travers cette discussion, rapportée par Canard Enchaîné, on peut aisément comprendre ce dont il est question. Sarkozy dit à Faure Gnassingbé qu’étant donné que c’est la France qui l’a mis au pouvoir, il lui faut remercier la France via ses entreprises. Bolloré qui, au lendemain immédiat de son élection, a mis Sarkozy dans son yatch privé à Malte et qui continue de financer les déplacements de Sarkozy, doit avoir le port autonome de Lomé. Pour mémoire, il faut souligner que ce port ainsi que bien d’autres secteurs d’activités économiques, biens familiaux pour le clan qui dirige le Togo depuis bientôt un demi siècle, ont été toujours au service de Bolloré et d’autres entreprises françaises corrompues.

Chacun de nous peut imaginer la suite de la discussion entre Sarkozy et son poulain. La Françafrique continue. Et ce n’est point une surprise.

Tout le travail est à nous, peuple Africain, peuple togolais, jeunesse africaine, jeunesse togolaise. Rien ne changera si nous ne prenons pas nos responsabilités.

Rodrigue KPOGLI

mercredi 6 février 2008

Cameroun: La J.U.D.A dénonce le coup d'état constitutionnel de BIYA

DECLARATION

Le président du Cameroun, Mvondo Paul BIYA s’apprête à faire passer la Constitution à la moulinette. L’objectif est de sauter le verrou de la limitation du mandat présidentiel pour rallonger la durée de vie de son pouvoir personnel. Pour atteindre cet objectif antidémocratique qui aura un impact catastrophique sur ce pays déjà sinistré, Mvondo BIYA veut modifier l’alinéa 2 de l’article 6 de la constitution camerounaise promulguée par lui-même le 18 janvier 1996 et qui dispose : « le Président de la République est élu pour un mandat de sept (7) ans, renouvelable une fois ».

Présidant le Cameroun depuis 1982, Mvondo BIYA a été "élu" sur la base de ce texte constitutionnel en 1997 et "réélu" en 2004. Alors que son deuxième mandat prend fin en 2011, BIYA et ses apôtres s’obstinent à modifier la Constitution.

Contrairement aux idées reçues, le Cameroun n’est pas un pays stable. Il est plutôt le symbole de la stagnation et de profondes divisions. Les violations des droits de l’Homme sont légions et y sont impunies. La fraude électorale est une religion pratiquée par BIYA et ses adeptes. La corruption, la cleptomanie, le clientélisme et la gabegie sont des béquilles du pouvoir. Après un quart de siècle passé au pouvoir, BIYA et ses apôtres visiblement incapables de poser les bases d’une démocratie qui éviterait au Cameroun le déluge après eux, alors qu’ils avaient concentré entre leurs mains tous les leviers du pouvoir, doivent tout simplement partir.

La Jeunesse Unie pour la Démocratie en Afrique (J.U.D.A) se fait le porte-parole de la jeunesse africaine pour dénoncer et condamner sans retenue cette triviale mise en scène qui ne vise rien d’autre qu’à faire de BIYA, président à vie et du Cameroun, une monarchie.
Elle précise que toute la Jeunesse africaine tiendra pour seul et unique responsable, BIYA de tout ce qui adviendra à notre peuple au Cameroun, s’il persiste dans son entêtement à s’accrocher au pouvoir.

En conséquence, la J.U.D.A. demande :

- au Rassemblement Démocratique du Peuple Camerounais (RDPC) de refuser à BIYA cette aventure qui risque de plonger le Cameroun dans une ère de violences.

- à BIYA dans un esprit patriotique et de sagesse au regard de son âge, de laisser la chance à une nouvelle génération de Camerounais d’être portée au pouvoir démocratiquement avec pour mission de reconstruire une unité camerounaise au service du développement.

- aux organisations politiques républicaines d’intensifier la campagne pour un refus clair, ferme et définitif à cette volonté de tripatouiller la Constitution camerounaise.

- à des acteurs de la Société civile Camerounaise de rejeter purement et simplement cette mise en scène rétrograde et dangereuse.

- à la Jeunesse camerounaise de se mobiliser dans un esprit citoyen pour s’abstenir de participer à cette tentative indigne et honteuse de coup d’état constitutionnel, car accepter ce débat voire adhérer à l’idée d’un référendum sur la question dont les résultats sont connus à l’avance, revient à conférer à très court terme, le statut de monarchie au Cameroun. Cela revient aussi à inscrire dans la durée, le piétinement des règles élémentaires de la démocratie et de l’Etat de droit, à perpétuer les violations systématiques des droits de l’Homme, à ajourner la disparition du clientélisme, du pillage, de la corruption, de la mauvaise gouvernance et de l’analphabétisme ainsi que de la division contre lesquels d’honnêtes citoyens Camerounais se battent depuis des années.

- au peuple du Cameroun de ne pas participer ainsi à la légitimation du tripatouillage constitutionnel programmé par ceux qui font preuve d’un carriérisme révoltant et qui souhaitent le perpétuer au sommet de l’Etat. Le Cameroun n’a nullement besoin d’un président à vie au moment même où des millions de ses fils croupissent dans la misère dans toute ses dimensions et à une époque où les défis que l’Afrique doit relever, commandent une démocratisation absolue des institutions étatiques dans nos pays.

Aussi, la J.U.D.A. invite impérieusement la Jeunesse africaine dans son ensemble à une solidarité agissante en faveur de la Jeunesse Camerounaise en particulier et du peuple frère du Cameroun dans son ensemble en manifestant à l’échelle continentale sa vive désapprobation face à la mythomanie d’un système politique visiblement hostile à l’alternance démocratique malgré son incapacité notoire depuis des années à poser les premières pierres d’un Etat de droit au Cameroun.

Pour la J.U.D.A, l’émergence d’une nouvelle Afrique impose à la Jeunesse africaine de mettre un coup d’arrêt à ces démocraties tropicalisées qui, par effet de contagion, crucifient l’âme du peuple africain déjà victime de nombreuses injustices.

De l’Union Africaine, la J.U.D.A exige des actions urgentes et concrètes au lieu de rester impuissante devant les tragi-comédies qui enfoncent de plus en plus l ’Afrique dans le gouffre et par conséquent l’éloigne des projets d’unité et d’intégration viables.

Les mouvements de défense des droits de l’Homme, de promotion de la démocratie ainsi que d’autres organisations citoyennes surtout celles de Jeunesse au Cameroun ne doivent céder à aucune forme de corruption ni d’intimidation encore moins de distraction car ils ont le soutien dans leur lutte, de tous les Africains épris de liberté, de justice et de paix basées sur la dignité humaine.

Enfin, la J.U.D.A. se met à l’entière disposition des démocrates Camerounais pour les soutenir et les accompagner dans toutes leurs manifestations, communications, pétitions, débats, forum…


Le 06 Février 2008

Pour La J.U.D.A

Le Secrétaire Général,
Rodrigue K. KPOGLI