mardi 2 août 2005

GUINEE: la J.U.D.A appelle le Général Conté à tirer les leçons de l’échec de son régime.

DECLARATION

La situation socio-politique et économique de la Guinée préoccupe au plus haut point la Jeunesse Unie pour la Démocratie en Afrique –J.U.D.A- qui dénonce la gestion chaotique de Lansana Conté ; gestion qui a incontestablement provoqué une détérioration avancée du tissu social guinéen dont les derniers lambeaux sont en train de voler en éclat.

Déjà une bonne partie de Guinéens est privée d’électricité, d’eau potable, du droit à l’éducation, des soins de santé voire de la nourriture. Aujourd’hui contraints par la faim et par une pauvreté héréditaire beaucoup de Guinéens vivent de désespoir ; certains ne doivent leur survie qu’au pillage des magasins de riz. C’est inacceptable !

De plus le long règne de Conté n’a ni permis à la Guinée de poser les premières pierres d’une démocratie, ni d’inscrire les droits humains au centre de ses préoccupations, encore moins d’esquisser un début de développement.

Il est donc temps que Lansana Conté et son équipe de carriéristes tirent les enseignements de la situation de détresse dans laquelle se trouve la population guinéenne.

Contrairement à la Françafrique qui pense que la Guinée est un bel exemple de stabilité politique, la J.U.D.A estime quant à elle que le régime Conté est plutôt le symbole vivant de la stagnation voire de stagflation .

Le général Conté et ses sbires ne doivent pas faire montre de narcissisme doublé de mauvaise foi pour ignorer qu’ils sont assis sur une poudrière civile susceptible d'exploser à tout moment.

Fort de ce qui précède, la JUDA :
  • dénonce le régime Conté qui dans un esprit résolument buté, s’accroche au pouvoir malgré son incurie à résoudre les moindres difficultés du peuple Guinéen.
  • demande au nom des sans voix et en appui aux appels des organisations citoyennes de la Guinée, la démission pure et simple de l’équipe Conté.
    Cet acte courageux aura pour effet non seulement d’être une porte de sortie très honorable au Général Conté - car il n’est jamais trop tard pour bien faire - mais aussi donnerait une nouvelle dynamique à la Guinée qui par là doit reprendre le train de la démocratie qu’elle a pendant de longues années, quitté.
  • demande à l’armée guinéenne de ne plus constituer de socle à un régime qui ne répond pas aux besoins vitaux des administrés et plonge sans aucun souci la valeureuse Jeunesse de la Guinée dans la clochardisation totale.
  • exige de la France et de toute la famille françafricaine de cesser de servir de béquille au pouvoir Conté pour ainsi abréger les souffrances du peuple guinéen.
  • exhorte vivement les forces démocratiques guinéenne à une collaboration plus rapprochée et sincère dans l’intérêt commun.
  • appelle la Jeunesse africaine à se débarrasser courageusement de la cuirasse de l’indifférence voire de la peur pour une solidarité agissante avec les frères démocrates Guinéens.
Fait à Lomé, le 02 août 2005

Pour le Bureau Exécutif

Le Secrétaire Général
Rodrigue KPOGLI

mardi 19 juillet 2005

La J.U.D.A dénonce l'arrestion arbitraire des journaliste au Tchad et demande leur libération immédiate.

L’incarcération des journalistes par le régime DEBY constitue une grave violation des libertés et droits de l’homme, particulièrement la liberté de presse qui est la manifestation vivante de la liberté d’expression et d’opinion constitutionnellement garantie au Tchad .
La J.U.D.A très préoccupée par cette situation intolérable, dénonce très vivement cet énième arbitraire d’un régime aux abois. L’incitation à la haine ethnique alléguée pour arrêter ces journalistes n’est pas et ne peut être le fait de la presse tchadienne qui joue son rôle de manière responsable et professionnelle mais plutôt d’un régime corrompu, clanique qui bien qu’ayant atteint son extremum, fait tout pour le tout en vue de s’éterniser au pouvoir contre le gré des peuples.
La J.U.D.A. tient à rappeler au pouvoir tchadien que tuer ou arrêter le porteur d’une mauvaise nouvelle ne suffit pas pour changer le cours des choses. Bien au contraire !La J.U.D.A. estime urgent de demander :
  • la relâche immédiate et sans condition de ces journalistes qui n’ont commis aucun tort si ce n’est qu’avoir fait leur travail en toute honnêteté,
  • la cessation immédiate de toute tentative de mise au pas et de strangulation de la presse au Tchad,
  • à la Justice tchadienne de ne pas servir d’instruments de domestication et de musellement de la presse et par ricochet de toutes les voix discordantes nécessaires à la construction d’une véritable démocratie,
  • à l’ensemble des défenseurs des libertés démocratiques au Tchad à ne pas baisser pavillon au moment même où Idriss DEBY par une mascarade de referendum, veut visiblement de plonger le Tchad dans une gouffre insondable,
  • à l’ambassadeur de France au Tchad de cesser d’encourager l’emprisonnement arbitraire des journalistes qu’il qualifie de « partisans, irresponsables… ne doivent bénéficier d’aucune aide publique… ». Car faut-il rappeler à cet ambassadeur comme tout autre ménestrel de cet acabit que l’époque de traiter les Africains comme des sous-hommes, est révolue. La J.U.D.A. ne souhaite pas en dire plus.
Enfin, elle interpelle les autorités tchadiennes à méditer ces mots de SOCRATE lorsque arbitrairement condamné à mort, il disait aux juges : « si vous croyez qu’en tuant les gens, vous empêcherez qu’on vous reproche de vivre mal, vous êtes dans l’erreur. Cette façon de se débarrasser des censeurs n’est ni très efficace, ni honorable ; la plus belle et plus facile, c’est, au lieu de fermer la bouche aux autres, de travailler à se rendre aussi parfait que possible. »

Fait à Lomé, le 19 juillet 2005
Pour la coordination
Le Secrétaire Général ,

Komla KPOGLI

samedi 2 juillet 2005

Il est temps que la RDC cesse d’être démocratique que de nom.

La Jeunesse Unie pour la Démocratie en Afrique (J.U.D.A) condamne énergiquement la répression qui a fait 2 à 12 morts selon les sources, des dizaines de blessés ainsi que plusieurs arrestations arbitraires lors de la manifestation d’une partie de l’opposition le 30 juin 2005 contre la prolongation de la transition en République Démocratique du Congo.
Cette sauvage répression est un mépris grave et manifeste du droit à la vie et à l’intégrité physique des citoyens congolais qui ne faisaient qu’exercer un droit constitutionnel, celui de manifester.

La JUDA rend hommage à ces victimes tombées pour la liberté et la démocratie. Elle présente aussi aux familles éplorées ses sincères condoléances et leur témoigne sa compassion. Elle souhaite aux blessés un prompt rétablissement.

Pour la J.U.D.A, un mort de plus est un mort de trop dans ce pays qui a déjà perdu beaucoup de ses bras valides pouvant œuvrer pour son développement.

Elle rappelle que si les morts étaient utiles en quelque chose, la RDC aurait déjà atteint un indice de développement largement au – dessus de nombre de pays occidentaux.

Par conséquent, la J.U.D.A :
  • demande avec insistance à l’UA de diligenter une enquête en accord avec l’ONU et l’UE en vue d’identifier et punir les auteurs de cette révoltante répression du 30 juin 2005 en RDC, selon les normes internes et internationales.
  • exige de l’UA une condamnation sans équivoque de ces évènements sanglants qui se développent de plus en plus en Afrique, car ce ne sont pas les morts ou les éclopés à vie qui feront la renaissance et l’intégration africaines.
  • appelle à la conscience des militaires et autres hommes en tenue ou encore armés à ne plus tirer sur leurs concitoyens qui ne revendiquent que de meilleures conditions d’existence pour tous.
  • estime qu’il est temps que la RDC cesse d’être démocratique que de nom.
  • rappelle aux autorités de la RDC que la paix véritable ne se trouve pas au bout du fusil. Au contraire, la J.U.D.A pense que le salut de la RDC est dans l’organisation sur une base consensuelle, le plus vite possible, d’élections justes et transparentes, ouvertes à tous qui mettra fin à une transition lassante et frustrante pour une population sinistrée.
  • demande une fois encore à toute la jeunesse africaine de se mobiliser contre la banalisation du mal qui a assez duré dans nos pays africains.
La J.U.D.A saisit cette opportunité pour réitérer son appel pour le retrait du siège de l’Union Africaine de l’Ethiopie qui s’est rendu indigne de ce privilège avec la sauvage et sanguinaire répression des manifestations populaires au lendemain des élections législatives contestées. Car pour la J.U.D.A, s’il est vrai qu’en l’honneur du Négus Hailé Selassié, Addis Abéba a été consacré en 1963, siège de l’OUA, il serait logique, conformément aux principes de l’UA, que l’organisation panafricaine soit désormais basée dans un Etat exemplaire en matière des droits de l’homme, des valeurs démocratiques ainsi que dans la promotion d’un panafricanisme intégral.

Fait à Lomé, le 2 Juillet 2005

Pour la Coordination
Le Secrétaire Général

Komla KPOGLI

jeudi 30 juin 2005

Hommage de la J.U.D.A à François-Xavier Verschave, président de la Survie

• A la lecture de ce message, que chaque patriote africain observe une minute de silence en mémoire de celui qui a montré qu’on pouvait être Français autrement.

C’est une immense tristesse qui nous envahit en ce moment où nous faisons le douloureux devoir de saluer la mémoire de Mr François-Xavier Verschave, président de la Survie, militant exceptionnel pour la cause africaine qui a tiré sa révérence ce 29 Juin 2005 à la suite d’un cancer.


Toute la jeunesse Africaine, sérieusement peinée, par la modeste voix de la Jeunesse Unie pour la Démocratie en Afrique - J.U.D.A- présente ses condoléances les plus attristées à la famille de l’illustre disparu et compatit sincèrement à ses douleurs. Elle rend un vibrant et plus que mérité hommage à cet homme de cœur pour le courage et l’ honnêteté qui ont guidé ses actions en faveur des sans voix Africains sous le joug du néocolonialisme français, la « françafrique ».
En ce moment de deuil et d’affliction, nous témoignons à toute l’Association Survie, à ses membres et à tous les combattants pour la liberté et la justice, notre douleur car, nous venons de perdre une pièce maîtresse dont la place manquera pour toujours dans notre lutte commune. Nous ne trouverons jamais les justes mots pour qualifier ce grand homme qu’est le combattant Verschave qui, armé d’un courage légendaire dans un environnement où le cynisme et l’hypocrisie l’ont emporté sur la vérité, la justice et la dignité, tire au clair, jusqu’à son dernier souffle, les câbles diplomatiques, financiers et politiciens souterrains qui lient les sommités africaines à l’Elysée et à des milieux mafieux de cette France-là. Malgré les terribles inimitiés des uns et la censure orchestrée des autres, Mr Vershave a su rester ferme dans ses convictions.
Sans verser dans aucune exagération, la J.U.D.A affirme ici que le très riche et gigantesque travail de Mr Vershave avec l’Association Survie en faveur d’une autre Afrique, est une lumière qui éclaire et éclairera plus que jamais les sentiers sinueux et pénibles sur lesquels notre jeunesse s’est engagée. Faut-il rappeler que la J.U.D.A est l’une des toutes premières associations à signer en Juillet 2004 la Pétition contre le soutien de la France à ses "amis dictateurs" initiée par Survie.


Pour une fois encore la Jeunesse Africaine par l’entremise de la J.U.D.A se félicite de l’immense richesse héritée de Mr Vershave et prend solennellement l’engagement devant sa dépouille mortelle de s’approprier ses œuvres pour continuer le combat en vue de la libération effective de notre continent, comme il l’a toujours rêvée.


Désormais outillée, la Jeunesse Africaine doit à présent agir pour que le détournement de l’aide publique au développement, le pillage des richesses de l’Afrique, le soutien de la France à des dictatures africaines, la coopération militaire franco-africaine, la dette du tiers-monde et de l’Afrique particulièrement, l’assassinat des opposants politiques, les coups d’état françafricains, l’influence criminelle des multinationales en Afrique, l’aide de la France au développement des élections truquées dans les pays africains, les bases militaires françaises…bref toutes pratiques obscures exposées par le « célébrissime » disparu et qui ont pour effet d’étouffer l’émergence d’une Afrique démocratique et débarrassée de la pauvreté, disparaissent en faveur d’un panafricanisme intégral.
Nous n’aurons aucune excuse si malgré l’apport de Mr Vershave, les forces néocoloniales triomphent de nous.


Monsieur François-Xavier Verschave, la mort ne vous éloignera jamais de nous. Notre génération est très honorée de vous avoir connu. Que la terre vous soit très légère !


Fait à Lomé le 30 juin 2005


Pour la coordination de la J.U.D.A,
Le Secrétaire Général




Rodrigue KPOGLI

samedi 18 juin 2005

La situation des armes légères en Afrique de l’Ouest


COMPTE RENDU DE LA CONFERENCE–DEBAT ORGANISEE PAR LE RESEAU IANSA-TOGO DANS LE CADRE DE LA CELEBRATION DE LA SEMAINE D’ACTION MONDIALE SUR LES ARMES LEGERES

LIEU : CENTRE CULTUREL FRANÇAIS DE LOME


Thème : La situation des armes légères en Afrique de l’Ouest


I- Introduction


Le 17 Juin 2005 à 15 heures, le réseau International Action Network on Small Arms (IANSA-TOGO) avait organisé une conférence débat avec l’appui du centre des Nations Unies pour le désarmement en Afrique dans le cadre de la célébration de la semaine d’action sur les armes légères du 06 au 12 juin 2005.


« La situation des armes légères en Afrique de l’Ouest » tel est le thème débattu au cours de cette conférence. En effet la prolifération des armes légères et de petit calibre est devenue un des plus sérieux défis sécuritaires en Afrique et dans d’autres parties du monde depuis la fin de la guerre froide .Cette prolifération incontrôlée de ces armes à travers le continent africain constitue une menace à la sécurité nationale et régionale, à la stabilité à long terme et au développement durable. En Afrique Occidentale, la situation est très préoccupante compte tenu de la multiplication des foyers de tension : les armes circulent, elles tuent et nous devons les contrôler. Ainsi la communauté internationale sous l’appui des ONG, s’engage à partir des campagnes à lutter contre ce phénomène à travers une restriction de la demande et de l’utilisation de ces armes et améliorer la transparence dans le commerce des armes légères.


Deux points essentiels ont meublé cette conférence. Il s’agit d’une part de la réflexion sur la situation des armes légères en Afrique de l’Ouest et d’autre part
les principales initiatives des pays de la sous- région pour lutter contre la prolifération des armes légères et de petit calibre.


II- Le point de la situation des ALPC en Afrique de l’ouest


Les conflits en Afrique voient l’utilisation abusive d’armes légères à grande échelle. Ainsi l’accumulation excessive et déstabilisante des armes légères et de petit calibre affectent bon nombre de pays africains. Selon les statistiques des Nations Unies 639 millions d’armes légères circulent dans le monde et alimentent les conflits intra-étatiques depuis la fin de la guerre froide dont 8 millions en Afrique de l’Ouest.


De 1990 à 2000, on dénombre plus de 2 millions de morts dans la sous–région en plus des déplacés, des réfugiés, des homicides volontaires, des vols à main armée.

Au Nigeria, on estime à un million les armes circulant illicitement. Les crises en Côte d’Ivoire, au Liberia, en Sierra Léone, Guinée Bissau peuvent éventuellement constituer des sources d’approvisionnement vers les pays à forte crise socio-politique. Selon de nombreux chercheurs, 50 % des victimes de ces armes sont des civils dont une majorité de femmes et d’enfants. Pratiquement les armes portatifs de fabrication locale et importée sont utilisées dans la plupart des conflits armés internes .Ces armes ne provoquent pas directement la guerre mais leur grande disponibilité les rend plus meurtrières. Alors, il est donc indispensable de bien contrôler leur transfert afin d’éviter leur dissémination dans des pays où les conflits trament.


III- Les mesures prises pour contrôler les ALPC


La prolifération des armes légères et de petit calibre fait peur en raison de leur facile accessibilité due au trafic illicite. Elle menace également la paix et la sécurité du continent africain .Les pays africains ont déclaré qu’ils mènent des efforts en vue d’éradiquer la prolifération des ALPC et ce dans le cadre des mécanismes sous régionaux tels que le moratoire de la CEDEAO sur l’importation, l’exportation et la production des armes légères dont ils ont lancé un appel à une assistance financière en vue de la mise en œuvre effective.


Selon le conférencier T. ZANG, coordonnateur du programme des Relations civiles militaires, UNREC, la stabilité de l’Afrique de l’Ouest est encore précaire en raison de plusieurs facteurs parmi lesquels les mouvements trans-frontaliers de combattants malgré les progrès réalisés au Liberia et en Sierra Leone. Cependant la CEDEAO ne baisse pas les bras et renforce ses capacités institutionnelles à travers la création de l’Unité des armes légères au sein du secrétariat exécutif de la CEDEAO afin de lui permettre de mieux assurer le leadership politique dans la lutte contre la prolifération des armes légères et de mieux suivre l’ensemble des initiatives en cours dans la sous région.


Elle veut en outre dépasser le simple cadre du volontarisme politique pour établir des contraintes juridiques auxquelles doivent se conformer les Etats et les autres acteurs ; bref transformer le moratoire en convention en vue d’une lutte efficace contre la prolifération des ALPC dans la zone CEDEAO.


IV- L’implication de la société civile


Selon le conférencier, la stratégie de la société civile dans la sous région dont une importante composante est réunie au sein du « Réseau Ouest Africain sur les Armes Légères »WANSA : West Africain Network ON Small Arms, dans le cadre de ce processus, est double.


D’une part, faire le lobbying auprès des décideurs dont un groupe de chefs d’Etats et de gouvernement pour les amener à soutenir, faire adopter et appliquer la future convention et d’autre part contribuer à la réflexion sur le contenu de cette convention en proposant un projet de convention parrainé par les organisations de la société civile.


Pour mieux coordonner les actions, de la société civile dans le contrôle des armes, le réseau IANSA-TOGO disparaît au profit d’une nouvelle structure appelée R.E.N.A.L : Réseau National d’Action contre les Armes Légères.

V- Clôture de la conférence


La conférence débat a pris fin aux environs de 18 h GMT par une prise de photo de famille.


Leçons apprises


Cette activité nous a permis de mieux connaître la situation des armes légères ainsi que leurs conséquences négatives sur le processus d’intégration et de développement de la sous-région ouest africaine.


La J.U.D.A élargit son cercle d’amitié et de contacts en rencontrant d’autres acteurs de la société civile du Togo, travaillant dans ce secteur très important d’armes légères.


La J.U.D.A a compris la nécessité d’œuvrer activement dans le RENAL mis en place pour qu’un véritable contrôle se fasse sur les armes légères.

Lomé, 18 juin 2005
Par M. AHIANKU Komla Elikplim

Membre actif de la J.U.D.A

mercredi 8 juin 2005

A propos de la divergence de points de vue entre la Commission et la présidence en exercice de l’Union Africain sur le Togo

Pour aider à une solution juste et durable à la crise du Togo, aggravée par les élections frauduleuses, émaillées de graves violations des droits humains, le président de la commission a décidé, en conformité avec les textes régissant le fonctionnement de l’Union africaine, de la mise sur pied et de l’envoi sur le terrain d’une équipe de médiateurs sous la conduite de Monsieur Keneth KAUNDA.

Quelques jours plus tard, le président Olusegun OBASANJO du Nigeria, président en exercice de l’UA déclare « nulle et de nul effet » cette décision pourtant régulière et salutaire voire honorable pour l’institution panafricaine.

La Jeunesse Unie pour la Démocratie en Afrique-J.U.D.A- regrette avec amertume et dénonce avec force cette dérive autoritaire du président en exercice de l’UA qui, par cette palinodie, met dangereusement la crédibilité de l’institution en jeu et sème publiquement le désordre au sein de l’UA encore en peine à poser les premières pierres de ses fondements démocratiques.
La J.U.D.A sans aucun complexe se demande si l’attitude du président en exercice ne serait-elle pas la révélation au grand jour du marchandage dont la situation au Togo est l’objet. En effet, il nous semble sans doute que les actions entreprises depuis un certain moment par le président en exercice en faveur de la légitimation du pouvoir de Faure GNASSINGBE, seraient le prix que le Nigeria devrait payer pour espérer bénéficier de la part du tuteur de l’Afrique, de la suppression de sa dette et du soutien à sa candidature au poste de membre permanent au Conseil de sécurité de l’ONU.

N’est-ce pas aussi la preuve vivante de l’existence d’une vieille Afrique entichée des apparences et des discours démagogiques, faisant ainsi le lit au néocolonialisme ? Cette vieille Afrique qui condamne les coups d’état mais paradoxalement cautionne le traficotage des constitutions et les fraudes électorales, ainsi que les compromissions débouchant sur du rafistolage institutionnel pour ainsi attribuer une prime à la criminalité et à la prévarication transformées en institutions dans certains pays africains.
.
Fidèle à son éthique et consciente de la nécessité de l’émergence d’une nouvelle Afrique, la J.U.D.A apporte son indéfectible soutien à la Commission et l’encourage vivement dans ses initiatives en faveur de la démocratie au Togo et en Afrique toute entière. Elle appelle le Président de la Commission à assumer sans aucune faiblesse les responsabilités à lui attribuées par les textes ; ceci pour donner de l’espoir aux Africains déçus par l’ex-OUA..

Au nom de la Jeunesse d’Afrique, la J.U.D.A invite la présidence en exercice à comprendre qu’il est grand temps pour le continent de cesser de marquer le pas en bordure du monde démocratique et de l’urgence d’un leadership non seulement responsable mais aussi et surtout capable de redresser les frères qui par narcissisme ou égoïsme, tenteraient de sortir du droit chemin mettant ainsi la cohésion de leur peuple en péril. De plus, de notre point de vue, l’Afrique des apparences ne peut relever les défis et réaliser le NEPAD dont le président OBASANJO est l’un des promoteurs.

Quant aux mouvements de la Jeunesse panafricaine, la J.U.D.A les exhorte, une fois encore, à plus de courage en vue de manifester leur réprobation contre les pratiques qui étouffent de profondes mutations tant dans les institutions que dans les mentalités dont le continent a plus que jamais besoin. La Jeunesse panafricaine a aussi l’impérieux devoir de soutenir la commission dans sa logique en faveur de la véritable paix fondée sur le respect de la démocratie et de la justice au Togo et inciter l’UA dans son ensemble à prendre ses responsabilités devant l’histoire pour éviter que le cas du Togo ne serve de précédent dangereux car, faut-il le rappeler, l’admission du régime issu du coup d’état de 1963 au Togo au sein de l’ex-OUA, avait ouvert la voie au grand et incessant bal des coups d’état sanglants en Afrique.

Aussi, il serait salutaire pour les peuples que les dirigeants des organes de l’UA harmonisent plus que jamais leur position pour désavouer publiquement toutes les formes de piétinement des règles démocratiques notamment et les modifications intempestives, aux fins exclusivement claniques voire familiales, les mascarades électorales et les violations systématiques des droits de l’homme qui se développent sans cesse dans les Etats africains.



Lomé le 8 juin 2005

Pour la Coordination
Le Secrétaire Général



Rodrigue KPOGLI

mardi 31 mai 2005

Tchad: la J.U.D.A dénonce le tripatouillage constitutionnel de Déby.

COMMUNIQUE DE PRESSE

Le pouvoir tchadien s’apprête à organiser une consultation référendaire pour modifier la constitution de la République du Tchad en vue d’abroger notamment la limitation du mandat présidentiel pour ainsi permettre au président Idriss DEBY de régner à vie. La France a déjà accordé sa bénédiction à cet attentat contre la loi fondamentale tchadienne. Le ministre Xavier Darcos avait salué l’adoption par l’Assemblée nationale du Tchad, de ce texte trafiqué.

La Jeunesse Unie pour la Démocratie en Afrique-J.U.D.A- se fait le porte-parole de la jeunesse africaine pour dénoncer et condamner sans retenue cette triviale mise en scène qui ne vise rien d’autre qu’à faire de Monsieur Idriss DEBY président à vie et du Tchad, une monarchie.

En conséquence, la J.U.D.A. demande :

- aux organisations politiques républicaines d’intensifier la campagne pour le boycott.

- à des acteurs de la Société civile tchadienne à rejeter purement et simplement cette mise en scène Chiraco-Débyenne.

- à la Jeunesse tchadienne de se mobiliser dans un esprit citoyen pour s’abstenir de participer à cette tentative indigne et honteuse de coup d’état constitutionnel, car aller à ce référendum voire se prononcer pour le OUI revient à conférer à très court terme le statut de monarchie au Tchad, à inscrire dans la durée piétinement des règles élémentaires de la démocratie et de l’Etat de droit, à perpétuer les violations systématiques des droits de l’Homme, à ajourner la disparition du clientélisme, du pillage, de la corruption, de la mauvaise gouvernance et de l’analphabétisme ainsi que de la division contre lesquels d’honnêtes citoyens tchadiens se battent depuis des années.

- au peuple du Tchad de ne pas participer ainsi à la légitimation du tripatouillage constitutionnel programmé par ceux qui font preuve d’un carriérisme révoltant et qui souhaitent le perpétuer au sommet de l’Etat. Le Tchad n’a nullement besoin d’un président à vie au moment même où des millions de ses fils croupissent dans la misère dans toute sa dimension et à une époque où les enjeux mondiaux commandent une démocratisation absolue des institutions étatiques dans nos pays.

- à ceux qui pour une raison ou une autre sont amenés à participer à cette consultation qui se prépare, dans un souci patriotique et du sens du devoir citoyen à voter NON pour rejeter absolument cette grave et préjudiciable tentative à l’émergence d’un Tchad démocratique.

Aussi, la J.U.D.A. invite impérieusement la Jeunesse africaine dans son ensemble à une solidarité agissante en faveur de la Jeunesse tchadienne en particulier et du peuple frère du Tchad en général en manifestant à l’échelle continentale sa vive désapprobation face à la mythomanie d’un système politique visiblement hostile à l’alternance démocratique malgré son incapacité notoire depuis des années à poser les premières pierres d’un Etat de droit au Tchad.

Pour la J.U.D.A, l’émergence d’une nouvelle Afrique impose à la Jeunesse africaine de mettre un coup d’arrêt à cette hydre de démocraties tropicalisées qui, par effet de contagion, crucifie l’âme du peuple africain déjà victime de nombreuses injustices.

De l’Union Africaine, la J.U.D.A exige des actions urgentes et concrètes au lieu de rester impuissante devant les tragi-comédies qui enfoncent de plus en plus l ’Afrique dans le gouffre et par conséquent l’éloigne des projets d’union et d’intégration viables.

Les mouvements de défense des droits de l’Homme, de promotion de la démocratie ainsi que d’autres organisations citoyennes surtout celles de Jeunesse au Tchad ne doivent céder à aucune forme de corruption ni d’intimidation encore moins de distraction car ils ont le soutien dans leur lutte, de tous les Africains épris de liberté, de justice et de paix basées sur la dignité humaine.

Enfin, la J.U.D.A. se met à l’entière disposition des démocrates tchadiens pour les soutenir et les accompagner dans toutes leurs manifestations, communications, pétitions, débats, forum…

Lomé, le 31 mai 2005

Pour la J.U.D.A.

Le Secrétaire Général,
Komla KPOGLI

samedi 14 mai 2005

Rodrigue Kpogli, SG de la J.U.D.A s'entretient avec Didier Ledoux

Après la publication des résultats officiels de la présidentielle du 24 avril au Togo et tout ce qui s’en est suivi, le Secrétaire Général de la Jeunesse Unie pour la Démocratie en Afrique -J.U.D.A- Rodrigue KPOGLI se prononce sur la situation. La J.U.D.A qui est une association de promotion, de défense des droits de l’homme et de la démocratie, œuvre pour l’émergence d’une nouvelle Afrique. Cette association de Jeunes Africains, est membre du Collectif des Associations de la Société Civile et des Organisations syndicales du Togo (CASCOST).
ARCANES : les élections du 24 Avril dernier, selon-vous, sont-elles démocratiques ?

Rodrigue KPOGLI : Absolument pas ! Il ne suffit pas de la présence d’électeurs dans les centres de vote, du déploiement du matériel électoral et des observateurs pour parler d’élection démocratique, mais des élections démocratiques supposent un fichier électoral crédible, le respect des lois électorales du début jusqu’à la fin et surtout le résultat qui doit être conforme au choix du peuple dans les urnes.
Au Togo, c’est plutôt l’antithèse de ces principes rudimentaires qui a été observée. De la distribution sélective des cartes d'électeur à la proclamation de faux résultats en passant par le gonflement évident du fichier électoral, le processus a été vicié et entaché de beaucoup de fraudes.
Donc ce qui s’est passé n’a aucune similitude avec des élections démocratiques. C’est du vol à main armée du suffrage populaire. Et c’est du jamais vu !

ARCANES : Pourquoi parlez-vous de vol à main armée ?

Ecoutez, nous n’avons pas d’autres mots pour qualifier ce qui s’est passé à la proclamation des prétendus résultats par la CENI. Ces résultats, la main sur le cœur, ne correspondent à aucune donnée réelle. C’est de la fiction absolue. Mais lorsque le peuple togolais, seul et unique détenteur de la souveraineté démocratique voulait s’y opposer, on a tourné le bout du fusil vers lui. C’est dommage et déplorable que certains togolais animés d’un égotisme néfaste, enfoncent leur propre pays dans le gouffre.
La suite, tout le monde le sait, c’est des morts, des blessés, des exilés involontaires et des dégâts matériels très importants. La violence était telle que le peuple togolais a abandonné son droit de contester le faux substitué au vrai, à lui, présenté.

ARCANES : Quel constat, la J.U.D.A peut-elle faire de la situation des droits de l’homme en ce moment au Togo ?

L’hostilité du Togo à l’égard des droits humains est connue depuis des lustres. Mais aujourd’hui, c’est l’automne pour les droits de l’homme au Togo ; en ligne de mire le droit à la vie et à l’intégrité physique, source d’autres privilèges reconnus à l’Homme.
Permettez-nous, avant d’entrer en détail, de nous incliner avec toute la tristesse au cœur et sincèrement, devant la dépouille de ceux qui sont froidement abattus par balle, à coup de gourdins, de machettes, de lances, de haches pour avoir osé contester le faux et l’injustice. Les blessés innombrables qui souffrent aujourd’hui, méritent notre admiration et soutien. Aux familles de ces victimes, nos salutations de compassion et de solidarité.
Les atrocités auxquelles nous avions été témoins ne sont rien d’autre que de la barbarie que nous condamnons avec la dernière rigueur.
Du 24 au 29 Avril a été des journées de farouche répression. Le sang a coulé à flot. Des maisons ont été visitées et des atrocités indicibles ont été commises.
Sur toute l’étendue du territoire, le cri du sang a été entendu. Le bilan est au-delà de la centaine de morts et des centaines de blessés.
Ce contexte de terreur entretenu par des miliciens appuyés par les éléments des FAT était prévisible. Les multiples appels des organisations de défense des droits de l’Homme pour l’envoi des troupes internationales pour protéger le peuple s’inscrivaient dans cette logique confirmée plus tard par la démission de l’ex-ministre de l’Intérieur Akila Esso Boko. L’acte de M. Boko avait une forte portée citoyenne. C’était un coup de Trafalgar pour ceux qui ont planifié le naufrage du peuple togolais ; on voulait même le lyncher. Mais personne n’a pris en considération ces alarmes.

On note plusieurs disparus et plus de 18.000 togolais réfugiés au Bénin et au Ghana.
Les menaces et intimidations graves sur les défenseurs des droits de l’homme. Le droit à l’information est aboli. La coupure des lignes téléphoniques durant des jours. Il faut aussi parler de la fermeture et de l’interdiction de diffuser adressée aux médias privés et indépendants à savoir les radios Kanal FM, Maria, Nana FM, Nostalgie. Radio Lumière à Aného a été incendiée, son directeur en fuite, est traqué jusque dans son dernier retranchement. Peace FM à Kpalimé a vu son émetteur enlevé et son directeur aussi en fuite. La presse écrite aussi est mise au pas, elle est étranglée pour être domestiquée.
Cette ambiance déplorable est indigne du 21ème siècle juste pour des élections. C’est tout comme une guerre ; l’aviation militaire a été mise à contribution pour mâter la contestation. Les cas de torture et de viols collectifs ne sont plus à compter. Ces violations graves et lourdes des libertés et droits des togolais continuent sous d’autres formes à savoir des enlèvements, des sévices corporelles administrées aux personnes arbitrairement détenues et des visites inopinées au domicile des défenseurs des droits de l’homme qui sont toujours menacés avec leur famille. Ainsi la situation politique en ce moment au Togo peut se résumer à la honteuse mais populaire sagesse, largement partagée et représenter par l’image d’un singe trois fois taré : un singe qui, tour à tour, ne voit volontairement rien, ne dit rien volontairement, n’entend volontairement rien. Un singe crétinisé, décérébré.

Il faut condamner toutes ces violences qui n’ont pour but que de faire asseoir une autorité illégitime. Les préposés et les commettants de ces actes inhumains, même si aujourd’hui ne sont pas inquiétés, il faudra un jour qu’ils répondent de leurs crimes devant des tribunaux. Autrement, ils subiront la sanction de la justice divine car il est des abominations que la loi de la nature ne pardonne pas.

ARCANES : Malgré cette description négative, pourquoi alors, selon vous, la communauté internationale a-t-elle reconnu les résultats du vote ?

Ecoutez, le Togo est victime d’une sorte de conspiration internationale. Reconnaître les résultats de surcroît fictifs issus de ce très heurté processus électoral, relève du blasphème démocratique. C’est une injure grave à l’intelligence du peuple togolais qui n’a connu que des souffrances sous le régime RPT.
Mais la diplomatie étant ce qu’elle est, les Etats ont préféré le cynisme et l’hypocrisie à la justice en se réfugiant derrière la CEDEAO.
Il faut le souligner, la J.U.D.A n’a jamais compté sur la communauté internationale, car à voir ce qui s’est passé au Rwanda où 1 Million de personnes ont été massacrés aux yeux de cette communauté, on ne peut que déchanter. Pour cela la J.U.D.A a toujours plaidé pour une solution authentique, si vous voulez, endogène pour le Togo.
C’est quand même étonnant de voir toute la communauté internationale s’aligner sur la position de la CEDEAO, ce syndicat des chefs d’Etat majoritairement acquis à la cause française. Cela semble une attitude des moutons de panurge. C’est un unanimisme assassin.

ARCANES : Comment percevez-vous le rôle de la France dans la situation du Togo ?

La France a été et est un danger pour les peuples africains. Consciente de ses faiblesses et atteinte d’un complexe d’infériorité face aux USA qu’elle cherche vaille que vaille à concurrencer, la France ruine les Etats africains en les maintenant sous une tutelle plus que destructrice.

La France fait tout pour qu’à la tête de nos pays se trouvent des préfets locaux, des métayers dont la mission est de veiller aux intérêts mafieux et méphistophéliques de ce qu’on nomme la Françafrique. Cette alliance contre-nature qui depuis Foccart, ne cesse d’accoucher que des monstres et des carriéristes en Afrique.
Pour Chirac et ses apôtres, la dictature dans le contexte africain est un mot, non un mal. Et ce qui vient d’être accompli au Togo confirme la réelle intention de Chirac selon qui les peuples d’Afrique ne sont pas mûrs pour la démocratie.
De plus pour la France, la démocratie en Afrique doit être un produit manufacturé importé, à utiliser en référence à la notice prescrite par le laboratoire élyséen. Les peuples africains n’ont rien à y faire.

Ainsi tous les reproches faits à la diplomatie française ne lui ont pas fait changer de tactique. Au mépris de la dignité du peuple togolais, la patrie des droits humains, comme on ose l’appeler, a intronisé le fils de son « ami » et qui est aussi l’« ami personnel » de son président, Chirac.

Mais, la France doit savoir que, sur le continent africain émerge une nouvelle génération d’hommes qui ne veut plus être sous cette tutelle dévastatrice.
Voyez, après avoir enfoncé le peuple togolais dans les profondeurs abyssales de l’amertume, cette France accueille l’ex-ministre Boko sous prétexte de le protéger contre les autorités togolaises qui le réclament. Côté humanitaire d’une laide façon de faire ! C’est très facile ! Chirac croit alors s'acheter bonne conscience à vingt cinq francs CFA.
Ce geste humanitaire petit format cache en réalité d’autres intentions.
Il faut nécessairement une nouvelle politique africaine de la France. Et pour cela, le peuple français doit dans son ensemble mettre la pression avec des manifestations de protestation à l’image des Américains qui ont publiquement dénoncé et cela massivement la politique étrangère de Bush lorsqu’il décida d’envahir l’Irak.

La Jeunesse africaine demande la solidarité du peuple français dans ce combat contre le néocolonialisme qui ne doit plus être l’affaire de certaines personnalités qui sont d’ailleurs victimes d’une censure orchestrée dans la presse française.
Face à l’injustice infligée par la France officielle aux Africains, le silence des Français frise la complicité.

ARCANES : Pourquoi mêlez-vous le peuple Français de cette histoire ?

Le Peuple Français est détenteur du suffrage. Il peut sanctionner les dirigeants qui n’incarnent pas ses aspirations. Vous comprenez à ce moment là que la mobilisation des Français contre l’inhumaine politique africaine de la France, peut faire évoluer les choses de façon positive. De ce point de vue, les médias ont un rôle prépondérant à jouer.
La dénonciation du néocolonialisme français doit dépasser les frontières des associations telles que Survie, Agir, MEDDA…et autres partis tels les Verts de Mamère, la LCR de Besanscenot, ou de certaines personnalités du monde universitaire qui ne bénéficient que de rares espaces dans la presse française. Il faut qu’elle devienne vraiment populaire, provoquant ainsi un débat national.

ARCANES : Quel regard portez-vous sur l’attitude de la coalition dont font partie les partis radicaux ?

Nous ne comprenons jamais ce qualificatif « radicaux » collé à des partis qui refusent de cautionner l’absurdité et l’obscurantisme. Y-a-t-il de parti plus radical au Togo que le RPT, parti au pouvoir ? Ce parti a montré qu’il est prêt à exploiter tous les moyens pour parvenir à ses fins.

La démocratie naît d’abord du refus de l’arbitraire. Et si refuser l’arbitraire, c’est être radical alors il y a plus de radicaux dans le monde que de modérés.
Ceci étant dit, nous voudrions dire que le choix du candidat unique a été une bonne chose. Même si cela a été un accouchement à la césarienne, il faut reconnaître que cette option a orienté le peuple dans un sens. Cet accouchement difficile et douloureux a eu néanmoins un vrai soutien populaire.

Mais, à notre sens, la gestion efficiente et efficace de la période post-électorale reste tout de même un défi à relever par l’opposition togolaise qui jusque-là, a toujours bénéficié d’une disponibilité populaire et massive.

Nous croyons que ce peuple et sa jeunesse sont prêts à décoller ou à soulever une montagne à la seule condition qu’ils aient un levier. Il leur faut un vrai leader qui leur montre le chemin. De ce point de vue, il est plus question de stratégies et de moyens appropriés que de discours cyclothymiques.

ARCANES : Faure Gnassingbé. a promis un Gouvernement d’union nationale au cours de la campagne, il le réitère après sa victoire et la communauté internationale demande la même chose. Qu’en pensez-vous ?

Il revient aux partis politiques de juger de l’opportunité d’une telle proposition. Mais à notre avis, le Gouvernement d’Union Nationale est une fabrication de la françafrique qui vise à légitimer une autorité illégitime voire inexistante au départ. De plus, le principe de gouvernement d’union nationale n’existe pas en droit public et dans aucune faculté de sciences politiques, vous ne verrez de ses traces.
Le parti vainqueur d’une élection forme un gouvernement et les autres sont dans l’opposition.
C’est farfelu qu’après chaque fraude électorale, on nous sorte cette idée de gouvernement d’union nationale ou gouvernement de large ouverture. Et c’est toujours applicable en Afrique où on croit faire de la réconciliation en associant les adversaires politiques autour de la mangeoire. Puisque selon les adeptes de cette idéologie, les Africains et surtout les politiques ne se battent que pour aller brouter du côté où l’herbe est verte. C’est bien une formule sordide sortie du laboratoire françafricain comme de l’antalgie. Le peuple est aujourd’hui plus qu’hier, divisé et déchiré. On crée un antagonisme Nord-Sud. On montre le Nord comme attaché au système et le Sud comme hostile à lui.
On tente coûte que coûte de substituer à un problème politique, une question ethnique insensée. Les résultats proclamés officiellement ont été même conçus sur cette base. C’est dommage qu’on en arrive là.

Même les violences de l’après élection ont pris ce sens. Ceux qui sont à l’origine de cette conception des choses sont en train d’orienter le Togo vers le suicide.
Le pont Nord-Sud proclamé est plutôt un mur de séparation. C’est un danger insidieux qui guette le Togo.
L’union ne pourra avoir pour fondement la force. Nous vous disons que ce qui se passe au Togo est une situation à degré en dessous zéro de la politique.

ARCANES : Donc pour vous, pas de gouvernement d’union nationale ?

Ecoutez, la Françafrique fonctionne en 3 étapes :

1- On organise les élections présidentielles frauduleuses en faveur d’un homme oint à l’Elysée.

2- On réprime la contestation dans le sang puis on appelle à la formation d’un Gouvernement d’Union Nationale.

3- On organise les élections législatives, municipales ou locales pour sauver les meubles et rendez-vous 5 ans après pour la même chose.

La J.U.D.A ne saurait être le tableau d’affichage d’un certain courant de pensée qui voudrait qu’on se contente de la symbolique. Le symbole n’a aucune valeur lorsque la chose réelle peut être obtenue. Donc le Gouvernement d’Union Nationale, symbole de l’unité nationale est une contorsion politicienne qui semble du cautère appliqué sur une jambe de bois.

Le Togo est un pays sur la civière depuis des années, il a besoin d’un gouvernement légitime pour le redresser.

ARCANES : Le collectif de la société civile à laquelle la J.U.D.A appartient a-t-elle une position sur la question du Gouvernement d’Union Nationale ?

Nous ne savons pas. Le collectif n’a jamais été entendu. Nous avions toujours fait des propositions à la classe politique qui, de part et d’autre nous considère comme des opposants et donc des ennemis à combattre.

ARCANES : La J.U.D.A nourrit-elle de l’espoir pour le peuple togolais ?

Tant qu’on vit, il y a de l’espoir. Il est vrai que le Togo est très mal en point actuellement. Nous constatons aussi que l’Union Africaine reste une illusion au regard de ce qui se passe au Togo, qui depuis le 26 Avril est devenu officiellement une monarchie héréditaire.
Beaucoup d’Etats emprunteront certainement cette voie puisque c’est toléré au Togo. Nous ne croyons pas que l’Afrique sortira de si tôt de l’auberge et ira de l’avant si ses Etats rament à contre-courant du renouveau en faveur des monarchies héréditaires. Dès lors, une véritable mobilisation de la Jeunesse Africaine faisant émerger une opinion publique à l’échelle continentale s’impose pour rejeter ces pratiques précambriennes et démystifier ceux qui se croient dépositaires d’un droit divin de gouverner en Afrique. Déjà, nous avons des rois qui modifient les constitutions pour régner ad vitam eternum.

Ces tristes réalités ne nous décourageront pas. Les grandes idées qui ont servi de remèdes aux maux de ce monde sont nées à des moments d’extrêmes difficultés.
Nous croyons que des solutions plus qu’une solution, existent au cas du Togo.

ARCANES : Merci pour votre disponibilité.

C’est nous qui vous remercions.

Propos recueillis et transcrits par Didier Ledoux

samedi 23 avril 2005

Arrestations des proches du ministre Boko: violations loudres et flagrantes des doroits de l'Homme.

COMMUNIQUE DE PRESSE

En appui à la déclaration du Collectif des Associations de la société civile et des organisations syndicales, la Jeunesse Unie pour la Démocratie en Afrique, J.U.D.A, se félicite de ce que dans une sortie plus que matinale le 22 avril, le ministre de l’intérieur, en charge de l’administration électorale, ait formulé une demande de report du scrutin présidentiel, assortie d’un schéma de sortie durable de la longue et absurde crise que connaît le Togo.

Cet acte d’une forte portée citoyenne, est un coup de Trafalgar pour le Gouvernement, au regard de sa détermination à organiser ces présidentielles de manière la plus opaque possible le 24 avril malgré les évidents risques courus. Au lieu de considérer les propositions de Mr BOKO, il a été désavoué par le président par intérim et 11 de ses proches dont 10 de ses collaborateurs et sa sœur ont été arrêtés. Plusieurs autres membres de sa famille et de ses amis officiers des Forces Armées Togolaises sont actuellement sous menaces.

Il s’agit ni plus ni moins de violations flagrantes et lourdes des droits et libertés de ces citoyens togolais qui ne sont coupables en rien sauf d'être des proches de Mr BOKO. La J.U.D.A élève donc de très vives protestations contre cet énième arbitraire du vétuste et décadent système qui régit le Togo où le délit de parenté est érigé en règle pour faire payer aux proches d’un dissident ou d’un opposant politique le prix de son engagement pour la vérité et la justice.

La J.U.D.A exige la relaxe pure et simple de ces personnes arbitrairement arrêtées et la cessation immédiate des menaces à l’endroit des autres proches de Mr BOKO car ces actes ne sont rien d’autres que des mesures dilatoires et vilaines en réponse à un problème qui méritait des actions responsables.

Elle observe avec une très grande tristesse que malgré que le Togo soit sur une civière depuis de longues années, le régime plus qu’impopulaire du RPT, s’obstine dans un obscurantisme destructeur. La J.U.D.A interpelle donc la conscience des tenants du système à faire montre de courage et de patriotisme pour que dans l’unité et la paix fondée sur la dignité humaine, la liberté et la Justice, un Togo démocratique émerge au grand bénéfice de tous ses citoyennes et citoyens.

Enfin, la J.U.D.A estime opportun d’inviter impérieusement le Peuple du Togo dans son ensemble et particulièrement la Jeunesse à créer les conditions de leur libération et surtout à agir, ainsi que le recommande l’article 150 de la Constitution, dans un esprit citoyen en vue de faire échec à toute autorité illégitime- quelle qu’elle soit -qui voudra s’imposer à eux à l’issue du très heurté processus électoral au lieu d’espérer en la "Communauté internationale" encore plus en la CEDEAO.Une autre Jeunesse au service d’une Afrique nouvelle…


Lomé le 23 avril 2005.

Le Secrétaire Général
Rodrigue KPOGLI

mercredi 20 avril 2005

La J.U.D.A exige la libération de l'ex-premier ministre AGBEYOME et la réouverture de la radio Kanal Fm.


COMMUNIQUE DE PRESSE

L’arrestation de Mr AGBEYOME et son incarcération à la prison de Kara depuis le 8 avril 2005 constitue non seulement une violation grave des droits et libertés à lui, reconnus par la Constitution, mais aussi une vengeance à l’ex-premier ministre qui en juin 2002 a dénoncé courageusement les excès et la cruauté du système R.P.T.

La J.U.D.A. s’indigne du fait que Mr AGBEYOME puisse payer pour un passé reconnu aujourd’hui par le R.P.T. comme pas très glorieux.

En conséquence la J.U.D.A. exige la libération immédiate et sans condition de Mr AGBEYOME ; ceci pour que le « pardon pour le passé » demandé par le R.P.T. au cours de la campagne électrorale, ne soit pas perçu comme une boutade prononcée du bout des lèvres pour des fins électoralistes.

La J.U.D.A. saisit cette opportunité pour crier sa désolation face à la décision de la HAAC, de limiter la couverture de la campagne électorale et le reste du très heurté processus électoral aux seuls médias publics.

Cette décision ne reposant sur aucun fondement légal, viole de surcroît, manifestement l’article 26 de la Constitution Togolaise qui garantit la liberté de presse.L’interdiction adressée aux médias indépendants de couvrir le processus électoral et surtout la fermeture de la Radio Kanal FM cet après midi pour des motifs fallacieux viennent démontrer que le code de la presse exhibé, il y a quelques mois comme une victoire de la liberté d’expression au Togo, n’est qu’un leurre.

La J.U.D.A. dénonce ces mesures de la HAAC visant à réduire au silence des médias qui font un compte rendu impartial et fidèle de la situation actuelle du Togo. Il faut reconnaître que sans les médias indépendants et privés, les informations ne parviendront au peuple togolais que de façon biaisée et dangereusement partiale.

La J.U.D.A exige donc, la réouverture immédiate de la Radio Kanal FM. Elle appelle les autres organes de presse ciblés à ne pas céder à l’intimidation et aux menaces de ceux qui œuvrent avec ardeur pour inscrire le Togo dans le cercle très fermé des Etats voyous au monde.

Enfin la J.U.D.A salue et soutient sans ambiguïté la position citoyenne de l’U.J.I.T, de l’OTM , de l’ URATEL, de l’O.R.E.P.I face à la tentative de mise au pas de la presse indépendante au Togo.

Lomé le 20 avril 2005

Pour la Coordination

Secrétaire Général

Rodrigue KPOGLI