mardi 7 juillet 2009

Michael Jackson, une victime de la sous-humanisation des Noirs.




07 juillet 2009
Rodrigue KPOGLI
Web. http://lajuda.blogspot.com


Il est un courant de pensée qui voudrait déconnecter Michael Jackson du peuple noir. En effet, depuis le décès de celui-ci, des commentaires et des articles pointent du doigt sa dépigmentation presque totale. Les auteurs de ces textes expliquent qu’en raison de ceci, s’ils étaient Noirs, ils n’allaient jamais accepté que Jackson leur soit rattaché. C’est tout simplement le mauvais Noir, le Noir qui ne voulait pas l’être, clament-ils.

Cette observation, à première vue, n’a rien d’inacceptable sauf qu’elle est fausse si elle est soumise à une analyse plus minutieuse. Pour des raisons suivantes, la star planétaire ne doit pas être rejetée.

D’abord, Michael Jackson, de son vrai nom Michael Joseph Jackson, décédé le 25 Juin 2009 à Los Angeles, dans l’Etat de Californie à l’âge de 50 ans, est un chanteur qui cumulait également les attributions de danseur, chorégraphe, auteur-compositeur, producteur et même acteur de cinéma. Perfectionniste jusqu’aux ongles, le Roi de la Pop a vendu plus de 750.000.000 disques, un record inégalé jusqu’ici et inégalable à coup sûr. Cette réussite est celle d’un Noir (nègre), descendant d’esclaves. Et ce record éternel, le peuple Noir ne doit pas le jeter car, il est l’œuvre d’un de ses enfants nés en déportation esclavagiste. Au contraire, il doit rentrer dans le patrimoine noir particulièrement et ceci pour rappeler aux détracteurs qu’ils ont beau humilier, maltraiter et rejeter les Noirs, l’histoire humaine - depuis l’apparition de l’Homme sur terre en passant par l’Egypte antique - ne se fait pas en dehors de ces derniers.

Ensuite, derrière l’immensité artistique jacksonienne, se cache un homme au cœur généreux et sans frontières. A la différence de nombre de ses collègues artistes, Michael Jackson a destiné une bonne part de ses gains au soutien des œuvres caritatives. Déjà en 1985, Michael Jackson co-écrit avec Lionel Richie la chanson "We Are The World" pour aider à vaincre la faim en Afrique, plus spécifiquement en Ethiopie. En 1992, Jackson crée la Fondation Heal The World, une organisation caritative pour porter assistance aux enfants et à l'environnement martyrisés par l’avidité humaine. Cette fondation agit avec des organisations locales et nationales pour partager des expertises et des infrastructures existantes pour porter assistance et aides aux enfants désavantagés, lutter contre la faim, la drogue, les abus d'alcool et la maltraitance infantile dans le monde.
En 1995, il sort "History: Past, Present and Future" et consacre le titre "Earth Song" à la défense de l’environnement et de la nature, la perte de la biodiversité, la déforestation des forêts tropicales, la sécheresse, la guerre ou encore la pollution. Il interviendra entre autres aussi en Afrique du sud en finançant la lutte contre le sida.
En 2000, le Guiness des Records le reconnaît comme la star qui soutient financièrement le plus grand nombre d’associations humanitaires. Pour cette générosité, les Noirs doivent avoir de la fierté et rendre hommage à cet homme qui par ses actions, a montré qu’il avait une avance considérable sur la plupart de ses congénères surtout ceux d’Afrique qui bien qu’ayant la peau totalement noire et les cheveux crépus agissent contre leur peuple dans une allégresse doublée d’un égoïsme surdimensionné.

La grandeur de Jackson, s’il faut encore la démontrer à ceux qui font semblant de ne rien voir, c’est ce qui s’est passé lorsque ses funérailles avaient été annoncées. Pour 11.500 places disponibles au Staples Center mues en 11.000 tickets, il y a eu 1,6 million demandeurs. De quoi marquer à nouveau la différence avec tous ceux, artistes talentueux certes, qu’on tente désespérément de rapprocher de lui. Les Noirs auront donc tort de rejeter cet homme qui avec Nelson Mandela, lors de sa libération le 11 février 1990 et son élection à la présidence en 1994, et Barack Obama lors de son élection en novembre 2008, sont les seuls à franchir avec autant de facilité toutes les frontières et fédérer ainsi autant de générations autour de leur personne.

Mais l’artiste, comme tout humain, a d’énormes qualités. Des défauts aussi. Et ceux-ci peuvent être résumés en l’incapacité voulue ou non de Michael Jackson de ne pas lever sans fioriture ni hésitation les suspicions pédophiles qui pesaient sur lui et sa propension quasi pathologique à se blanchir la peau. Sur ce dernier point, ceux qui l’attaquent ont raison car, Jackson était plus beau et mille fois plus attrayant lorsqu’il était Noir. Quant aux tourments sexuels qu’on lui prêtait, il sera blanchi par la justice le 13 juin 2005 puis à sa mort, Jordan Chandler, qui l’a accablé toutes ces années pour le plus grand bonheur des médias, a avoué le 29 juin 2009 avoir menti sous la pression paternelle en ces termes « Je n'ai jamais voulu mentir et faire de mal à Michael Jackson mais mon père m'a ordonné de dire que des mensonges. Maintenant, je ne peux plus dire à Michael Jackson comment je suis désolé et s'il veut me pardonner. Pour la première fois, je ne supporte plus de mentir. Il ne m'a rien fait et c'était uniquement des mensonges pour enrichir mon père. » Aveu tardif ! L’image de Jackson en a souffert. Mais pas seulement, puisqu’il a dû débourser 22 millions de dollars US à la famille du garçon pour pouvoir obtenir l’abandon des poursuites.

Sur ses changements physiques, Michael Jackson peut et doit certainement être condamné. Mais de là, à vouloir lui coller des étiquettes de traitrise et de racisme à l’envers, c’est ignorer que cet homme n’a presque pas connu d’enfance car, trop tôt star. On pourra même affirmer que Jackson n’a pas eu le parcours pouvant lui permettre de se forger une identité à toute épreuve dans un pays où le racisme a été systématisé, il y a encore quelques années. La vérité c’est que Jackson est la nième victime de la pensée occidentale, blanche qui voudrait que le Noir ne soit pas un homme. Cette pensée transformée en science qui fait du Noir, un sous-homme, un esclave naturel, un colonisé, humilié et injurié perpétuellement. Un Etre qui pour avoir le statut d’Homme doit être un assimilé, un Noir « blanchi de la tête jusqu’aux pieds » après avoir eu honte de sa personne et de son histoire écrite par les maîtres. Michael Jackson n’est que le symbole le plus abouti et le plus radical de cet homme noir. On a beau injurier et coller tous les superlatifs à Joe Jackson, le père « tyran » de Michael, c’est d’un cynisme criard et par lâcheté que des observateurs et des commentateurs si avisés de cet évènement, oublient de mentionner la pensée « blanche » qui a catégorisé les Noirs dans la « race » inférieure plus proche des singes que de « l’Homme ». Lesquels Noirs doivent travailler pour « ressembler » aux « Blancs » pour espérer devenir Homme.

Michael Jackson est victime de cette pensée là. Avait-il les ressources de ne pas se comporter en conséquence ? Le doute est permis car, comme écrit plus haut et admis de tous, le petit Michael n’a pas connu une vie ordinaire accompagnée de formation psychologique immunisante. Sans doute l’artiste s’est-il lui-même rendu compte qu’il avait commis une faute lourde en entamant le processus qui doit le conduire au monde blanc. Aussi, a-t-il tenté de se racheter en composant « Black or White » comme pour dire que Noir ou Blanc, c’est égal. Puis, « Remember the time » dans lequel en compagnie d’Eddy Murphy, il confirmait que l’Egypte antique était complètement nègre. Pourquoi donc continuer le « blanchissement » de son corps alors qu’on affirma soi-même qu’être Noir ou Blanc, on est égaux ou que l’Egypte antique l’une des plus brillantes civilisations humaines était l’œuvre de son peuple ? Un jour, peut-être, Michael Jackson lui-même livrera des explications en complément ou en rupture avec le vitiligo dont il se disait victime. Mais en attendant ce jour, le phénomène de blanchissement est aussi le fait d’un grand nombre d’Africaines et d’Africains complexés qui passent leur temps à chercher les produits décapants les plus modernes pour se dépigmenter ou s’attribuer des cheveux à l’Occidentale.

Faut-il sonner le tocsin à ces Noirs pour leur rappeler qu’on ne change pas son ADN ? Et qu’il n’y a aucun mal à être Noir ? Contrairement à l’idée communément acceptée et largement véhiculée par l’école coloniale ainsi que les intellectuels aliénés et organiques à l’œuvre dans les sociétés africaines, l’Afrique noire pré-esclavagiste avait l’une des organisations sociétales les plus abouties. C’est plutôt un retour vers ce passé avec un regard critique pour rebâtir une identité commune, assumée et revendiquée qui fera du Noir, un homme respecté et non la perpétuation des méthodes diverses par lesquelles il veut fuir sa personne pour trouver un refuge plus qu’éphémère et voué à un échec certain dans la peau d’un autre.

dimanche 28 juin 2009

Togo 2010: contribuer à l'alternance ou réaliser de bons chiffres d'affaires ?


28 juin 2009
Rodrigue KPOGLI
Web. http://lajuda.blogspot.com/


La présidentielle de 2010 arrive à pas de géant. On note une agitation politique dans tous les sens. La radicalisation jouée et surjouée de « l’opposition » le dispute aux coups foireux et aux manipulations du RPT – parti au pouvoir – bras local du capitalisme néocolonial. Ce parti autiste jusqu’au bout, dans sa sempiternelle logique de triompher par la fraude, la force brute et les manipulations de masse manie avec dextérité son arme favorite de distribution de centaines de millions de francs CFA pour susciter des mouvements de soutien.

A cette veille d’élection, une de plus, « l’opposition togolaise » après avoir, sous moult aspects, flirté avec la tyrannie quinquagénaire, juge le temps opportun d’offrir une autre facette au peuple togolais, ce bétail électoral lâché, spolié, moqué, tué puis caressé dans le sens du poil selon les circonstances.

Dans cette ambiance électrique, la société civile, ce fourre-tout, n’est pas en reste. Elle s’active elle aussi à son niveau. Les concepteurs et les experts de projets sont à pied d’œuvre. C’est le bon moment de faire des affaires car - semble-t-il – il y a des fonds de soutien à la démocratie en circulation dans le monde qu’il faut mobiliser. Pour aller à la conquête d’une partie de cet argent, ces orpailleurs écrivent des plans, créent des structures associatives ou fusionnent celles déjà existantes sous des acronymes d’occasion avec un double objectif en réalité.

L’objectif affiché par certaines de ces organisations est de combler les lacunes des partis politiques en misant sur des ateliers et autres séminaires de formation de la population à l’exercice du vote et à l’adoption d’un comportement civique voire citoyen tout au long de ce qui est appelé abusivement, processus électoral. D’autres clament qu’elles tenteront le coup de la collecte des résultats le jour du vote pour en faire un décompte parallèle et indépendant des proclamations de la Commission électorale officielle. C’est bien et c’est beau tout ceci. Sauf que, par expérience, cet objectif avoué sert de paravent à un but tout à fait inavoué et inavouable : se faire une sorte de beurre sur la misère du peuple. Bon nombre de responsables associatifs en ces périodes sont triplement plus préoccupés par ce qu’ils vont empocher que ce qu’ils doivent faire pour contribuer à la libération de la patrie.

Même en voulant s’inspirer de ce qui se fait ailleurs, on réussit au Togo à transformer les réussites d’autres cieux en fonds de commerce personnels ou claniques. En 2007 dans le cadre des législatives, par exemple, lorsqu’une partie de la presse, voulant copier des initiatives qui ont contribué à la transparence des élections dans les pays limitrophes notamment au Bénin, elle a plutôt gauchi l’outil en le transformant en une machine à capter des financements aux fins de pouvoir réaliser enfin ses vieux rêves en se procurant du confort superflus. D’autres encore, une fois les fonds mobilisés se taillent une quote-part pour prétendument mobiliser d’autres pans du peuple togolais notamment la diaspora. Des sommes qui au finish, disparaissent dans le flot de leurs dépenses personnelles.

De plus, les fonds pour la démocratie ainsi recherchés proviennent de milieux financiers ayant plutôt intérêt à voir le type de gouvernement comme celui du Togo perdurer. Ces fonds sont de véritables pièges à cons destinés à s’acheter une image totalement contraire aux pratiques réelles des donateurs. Les fondations et les instituts qui soi-disant financent la démocratie sont des officines de multinationales, d’hommes d’affaires sans scrupules et d’Etats qui prospèrent dans des cadres anomiques où les populations sont systématiquement réprimées, les syndicats muselés, la presse étranglée ou corrompue et les libertés complètement étouffées par un appareil répressif mis en place et soutenu par les mêmes agents… Bref, un cadre qui permet au capital financier de réaliser de mirobolants profits sans aucune entrave. En recherchant mordicus ces fonds, les orpailleurs en période électorale sont consciemment ou non des outils dont la finance se sert pour s’attribuer à vil prix, une bonne conscience.

Dans un continent où l’industrie associative est l’un des secteurs les plus prospères, rien ne peut retenir ces experts en recherche de fonds. C’est ainsi que les fondations trouvent toujours des suppôts en Afrique pour faire passer leur image de bienfaiteurs d’une bonté universelle.

Voilà comment une bonne partie de « nous-mêmes » s’active pour libérer le Togo. Cette partie a compris qu’à défaut de travailler pour une cause perdue d’avance - à moins que cette fois-ci les Togolais ne surprennent tout le monde - faute d’organisation sérieuse et de planification rigoureuse en amont, elle peut se servir habilement des projets de formation sur la démocratie pour empocher des miettes en attendant la prochaine occasion.

Le peuple togolais se trouve donc pris en otage par une mafia internationale et une pègre locale qui sous le désir affiché de se battre pour lui, travaille avec acharnement pour voir se réaliser ses propres ambitions. Il faut alors que les Togolais, afin de ne pas servir une fois encore de dindon de cette farce électorale qui allie des intérêts aussi multiples, soient d’une vigilance extrême pour identifier l’ivraie du bon grain et déjouer ainsi la tactique de ces pêcheurs en eau trouble.

Le peuple du Togo et d’ailleurs en Afrique ne seront libérés que lorsque les conditions objectives et subjectives seront réunies. Parmi ces dernières, chacun des acteurs doit jouer sa partition avec sincérité, intégrité et esprit de sacrifice pour le bien commun tout en développant la capacité individuelle puis collective de lire le monde et les différentes forces qui, sous le fallacieux argument de porter le flambeau de la démocratie, le dominent en se servant de multiples outils dont l’arme du financement. Ceci pour éviter définitivement d’être les alliés conscients ou inconscients de nos « ennemis » avec lesquels on agit pour fragiliser davantage l’Afrique au lieu de la relever.

En définitive, pour qu’il y ait une démocratie qui réponde aux intérêts de peuple d’Afrique, celle-ci doit pouvoir être financée par les ressources endogènes. Les forces alternatives doivent se mobiliser, s’organiser pour réaliser ceci. Les ressources ne manquent pas en Afrique. Ce n’est qu’à ce prix que l’Afrique pourra s’affranchir totalement.

mercredi 24 juin 2009

Le vol des dictateurs caché en France.

Dans un nouveau rapport dévoilé, mercredi 24 juin, le CCFD-Terre solidaire détaille le système des « biens mal acquis » par une trentaine de chefs d’État. Plus de 95 % des avoirs détournés n’ont pas été restitués aux populations

La saisie symbolique, par un collectif, d'un bien mal acquis, en l'occurence un hôtel particulier parisien. (AFP/FRANCK FIFE) Prestigieux hôtels particuliers à Paris, châteaux en France, voitures de luxe, jets privés… En mars 2007, un rapport du Comité catholique contre la faim et pour le développement (CCFD-Terre solidaire) détaillait une partie des biens des chefs d’État parmi les plus pauvres de la planète.
L’enquête portait le titre « Biens mal acquis… profitent trop souvent », pour désigner les milliards d’euros détournés par ces dirigeants, notamment africains. Les premières plaintes contre des présidents corrompus s’appuyèrent ultérieurement sur les conclusions du document.
Deux ans après, en 2009, l’ONG revient à la charge à travers une deuxième étude intitulée « Biens mal acquis, à qui profite le crime ? », qui sera rendue publique mercredi 24 juin. Son premier constat est que la corruption n’épargne aucun continent. D’après les coauteurs de l’enquête, Antoine Dulin et Jean Merckaert, « entre 105 et 180 milliards de dollars (75 et 130 milliards d’euros) ont été perçus par une trentaine de dictateurs » africains, américains, asiatiques et européens.

Des dirigeants décédés dans le haut du panier
En tête de ce palmarès figurent des dirigeants aujourd’hui décédés : Saddam Hussein (entre 7,2 et 28,8 milliards d’euros détournés), le chah d’Iran Mohammed Reza Pahlavi (25,2 milliards d’euros), l’Indonésien Mohamed Suharto (12,6 milliards d’euros), l’Ivoirien Félix Houphouët-Boigny (5 à 7 milliards d’euros)…D’autres chefs d’État cités dans le document sont encore en exercice. Le président Eduardo Dos Santos qui gouverne l’Angola d’une main de fer depuis 1979 est soupçonné d’avoir détourné environ 3 milliards d’euros des caisses de l’État, notamment par le biais de commissions sur les ventes de pétrole.
En Guinée équatoriale, « 80 % du revenu national serait monopolisé par l’oligarchie » dirigée par Teodoro Obiang Nguema. En Asie, le président kazakh Noursoultan Narzabaïev aurait touché plus de 700 millions d’euros de pots-de-vin, toujours via les revenus pétroliers.Dans « ce palmarès de la honte », entre le nom de Paul Biya qui dirige le Cameroun sans discontinuer depuis 1982. Le travail de journalistes, syndicats et responsables associatifs locaux, a permis de mettre au jour un système de détournements généralisés au profit du président et de sa famille. Les Biya posséderaient des châteaux en France et en Allemagne, ainsi que de nombreuses sociétés dans le bois ou l’exploitation minière. Le couple présidentiel est également accusé d’avoir « très directement mis en faillite, à force de pillage, la Société camerounaise de banque ».

Banques et paradis fiscaux jouent un rôle central
Au passage, le rapport du CCFD revient sur le rôle joué par Elf, racheté depuis par Total, dans la grande corruption générée par l’or noir. « L’entreprise française aurait ainsi prêté, en 1992, plus de 80 millions d’euros à la société nationale des hydrocarbures, au profit de Paul Biya, via une banque des îles Vierges. En contrepartie, Elf s’assurait un approvisionnement de pétrole par avance et engrangeait une commission de 20 millions d’euros. »
Avec les multinationales, les banques et paradis fiscaux installés pour la plupart dans les pays riches jouent un rôle central dans l’organisation du système des « biens mal acquis ». C’est en effet sur des comptes occidentaux que sont abrités le produit des détournements de fonds publics. Pas seulement en Suisse, au Luxembourg, ou aux îles Caïmans mais aussi en France.
« Aucune action ne semble avoir été entreprise à l’encontre des banques françaises dont il est pourtant démontré que les succursales à Londres et en Suisse détenaient des comptes du général nigérian Abacha », rappelle l’étude du CCFD. La responsabilité des Occidentaux est illustrée par l’épineux dossier des restitutions des fonds volés. Au nom de la raison d’État, rares sont les saisies d’hôtels particuliers ou de comptes de dictateurs de pays « amis ».
« Certains voudront en rester à la condamnation des dirigeants kleptocrates, rappellent les auteurs du rapport. Ils passeront à côté du sujet. Ce qui heurte, c’est qu’en dépit des promesses répétées de guerre à la corruption (NDLR : dans les pays riches), seuls 1 % à 4 % des avoirs détournés ont été restitués aux populations volées. »

23 millions d’euros bloqués à la Banque de France
En la matière, la France fait figure de mauvais élève. Alors qu’elle affiche volontiers son important dispositif législatif contre le blanchiment et la corruption, elle reste bonne dernière à l’heure de saisir ou de restituer les biens mal acquis qu’elle abrite. De la fortune de Saddam Hussein par exemple, seul son yacht aurait été rendu à l’Irak.
Malgré la résolution 1483 du Conseil de sécurité de l’ONU réclamant le retour des richesses du pouvoir déchu, 23 millions d’euros resteraient toujours bloqués à la Banque de France.
Depuis deux ans, le ministère de la justice tente aussi d’empêcher un procès sur les biens mal acquis qui mettent en cause le Congolais Denis Sassou Nguesso, Teodoro Obiang Nguema, et le défunt Omar Bongo.
En novembre 2007, le parquet a d’abord classé l’affaire sans suite. Après une nouvelle plainte en décembre 2008 de l’ONG Transparence internationale France et d’un contribuable gabonais, jugée recevable par le juge, le procureur a déposé un nouveau recours en irrecevabilité. Le dossier est actuellement en appel. « Si les procédures françaises vont à leur terme, conclut Jean Merckaert, ce sera un signal extrêmement fort envoyé aux dirigeants des pays concernés, et pas seulement à eux. »

Olivier TALLÈS

mardi 23 juin 2009

Les résistances africaines: un week-end à Paris.

Du 12 au 14 juin s’est tenue une série d’activités militantes au siège de la Confédération Paysanne à Paris. Dénommé Week-end des résistances africaines, l’évènement a été organisé par Survie-France et a connu la participation d’une centaine de personnes étalée sur les trois jours. Des militants, sympathisants et organisations venus des villes de France et d’autres pays, dont Jeunesse Unie pour la Démocratie en Afrique, ont fait le déplacement.

Déjà dans l’après-midi du vendredi 12 juin, une opération de vote simulé a eu lieu à la Place de République à Paris suivie d’une marche de protestation dénommée du « bruit contre le silence » conduisant les manifestants au Métro Belleville. Ces deux manifestations visaient à dénoncer la parodie d’élection présidentielle qu’organise Sassou Nguesso au Congo-Brazzaville et le silence complice des autorités françaises. Pour cela, l’opération de vote a donné une victoire totale à Sassou avec un score de 100%.

La soirée cinéma qui a suivi au siège de la Confédération paysanne a été meublée par des films : « Quand Sankara », « Paroles de Fana » portant sur le Forum des Peuples au Mali en 2005 et un extrait de « Mascarade » sur la présidentielle d’avril 2005 au Togo. Les réalisateurs présents ont échangé sur leur oeuvre avec l’assistance préalablement galvanisée par les paroles extraordinaires de Négus, un slameur d’origine togolaise.

Des ateliers ont comblé une partie de la journée du samedi 13 juin. Plus tard, Sanou Mbaye, l’auteur de « l’Afrique au secours de l’Afrique » a présenté son livre et a discuté avec les participants. Selon, M. Mbaye, la crise économique actuelle offre une opportunité à l’Afrique de sortir de la pauvreté. Elle devra donc revoir sa gouvernance, savoir profiter de sa coopération avec la Chine, recouvrer sa souveraineté monétaire en sortant par exemple du piège du franc CFA. L’auteur, constatant le manque de fonds d’investissement en Afrique, s’est dit porteur d’un projet de création d’une banque d’investissement axé sur l’argent de la diaspora africaine. Avant la fin de la journée marquée par un magnifique spectacle de lecture « l’extraordinaire voyage d’un cascadeur en Françafrique » par la Compagnie A bout portant, le Grand Forum appelé « Résistances africaines ici et là-bas » s’est tenu. Les invités étaient appelés à réfléchir sur « comment agir ensemble ». Les cas de la Mauritanie, du Congo-Brazzaville, du Niger, du Burkina-Faso, du Togo et du Cameroun ont été étudiés. Les différents intervenants ont convenu de la nécessité d’intensifier l’échange d’informations entre les organisations luttant contre les réseaux françafricains et de fédérer les combats jusqu’ici circonscris dans les frontières nationales pour en faire une lutte continentale.

Un débat très intéressant sur le thème : « la mondialisation, paradis fiscaux et judiciaires, biens publics à l’échelle mondiale : on en est où ? On fait quoi ? », conjointement animé par José Gayoso, membre d’ATTAC-France et Alain Denault a clôturé le week-end, le dimanche. Les deux conférenciers ont démontré que le G20 n’ayant pas résolu la question des paradis fiscaux, il revient aux citoyens d’agir afin que les choses changent et qu’enfin les Etats puissent retrouver leur souveraineté monétaire en reprenant la planche à billet en main. Rappelons qu’Alain Denault, auteur de « Noir Canada » avait, les deux premiers jours, entretenu les participants sur les thématiques « sociétés minières dans la Mafiafrique » et « approche interdisciplinaire sur les affaires en Afrique ». Il a montré que le Canada, malgré son image idyllique et de bonté a développé un important arsenal juridique pour protéger les intérêts de l’industrie minière mondiale. Ainsi, plusieurs multinationales se logent au Canada d’où elles injectent des fonds spécifiquement que dans le secteur minier africain avec des conséquences effroyables pour les hommes et l’environnement en Afrique.

Outre ces activités, Rodrigue Kpogli a été invité à un débat sur Fréquence Paris Pluriel sur entre autres sujets : le décès de Bongo Ondimba, la françafrique et la renaissance africaine…avec des membres de Survie-Paris.

Quelques extraits vidéo ici http://www.dailymotion.com/etrangeRencontre/1
Emission débat sur PFP ici http://www.afriradio.net/audio142.html


21 juin 2009
Rodrigue KPOGLI
Web. http://lajuda.blogspot.com/












dimanche 7 juin 2009

Omar Bongo, un des vieux crocodiles de la françafrique est mort.




07 juin 2009
Rodrigue KPOGLI
Site : http://lajuda.blogspot.com/

A la tête du Gabon depuis 41 ans, Omar Bongo est mort dimanche, à 73 ans, des suites d'un cancer dans une clinique à Barcelone (Espagne).

Omar Bongo retourne en terre certainement avec le sentiment du devoir accompli : celui d’avoir réussi à prolonger et d’avoir réalisé dans les faits – car en Droit le Gabon est un Etat indépendant – le rêve de Léon Mba qui n’a cessé de pleurnicher jusqu’à sa mort afin que le Gabon devienne un département français et de s’être personnellement enrichi et d’avoir enrichi ses amis proches et lointains au détriment du peuple Gabonais affamé, enclavé et humilié.
Ami de tous les gouvernements français depuis De Gaulle, Albert-Bernard Bongo devenu El Hadj Omar Bongo puis Ondimba (le peuple lui réclame du changement démocratique, il lui offre des changements de nom personnel), n’a jamais cessé d’être l’Agent des Services secrets français qu’il était à sa prise du pouvoir. Fort de sa longévité et de la fortune amassée au sommet du Gabon, Le Hadj s’octroie le luxe de financer des campagnes électorales en France notamment celle de François Mitterrand comme l’a écrit Pierre Péan dans « Affaires africaines ». Il laisse aussi un gigantesque parc mobilier et immobilier en France et des comptes bancaires secrets qui bien évidemment font et feront le bonheur des paradis fiscaux qui les hébergent. Le peuple gabonais pendant ce temps manque de tout. Avec un tel bilan, la terre ne lui sera pas légère du tout. Et les Africains qu’il prétendait cyniquement représenter ne se mettront pas en deuil, non plus.

Pour montrer toute l’influence de l’Elysée sur ce pays et confirmer que Bongo n’est qu’un agent en Afrique, Nicolas Sarkozy a été immédiatement informé du décès du vieux poulain de 73 ans.

Nicolas Sarkozy, lors de la campagne présidentielle, a eu lui aussi en 2007 sa part de « conseils et d’avis » du doyen. Lors du congrès d’investiture de l’UMP en janvier 2007, porte de Versailles, la fille Bongo, Pascaline, et son époux, le ministre gabonais des Finances, Paul Toungui étaient aux premiers rangs des soutiens de Sarkozy qui une fois élu, n’a pas tardé à recevoir son bienfaiteur Bongo fin mai 2008 à l’Elysée.

Nous l’avions déjà dit. La mort de Bongo n’apportera rien de salutaire au peuple gabonais, car les héritiers Ali et Pascaline Bongo sont déjà positionnés et portés par Bolloré – ami personnel de Sarkozy – par Christophe de Margerie de TotalFinaElf et par bien d’autres vampires pour capter le pouvoir, comme ce fut le cas du Togo où les fils du défunt Gnassingbe ont été portés au pouvoir sous le double poids du viol et des violences. De toute façon, le clan Bongo garde solidement les rênes du pouvoir avec l’appui total des militaires français stationnés au Gabon au 6ème BIMA et sur la base aérienne depuis 1975 en totale harmonie avec les bases du Sénégal, du Djibouti et à partir desquels les coups les plus tordus sont opérés pour contrôler les peuples d’Afrique, sécuriser le pillages de richesses africaines par les multinationales et maintenir les vassaux de gouvernants en place contre des peuples assoiffés de liberté et humiliés par la faim. Les cas les plus récents sont ceux de l’agression de la Côte d’Ivoire de Laurent Gbagbo et d’incessants sauvetages d’Idriss Deby du Tchad.

Pour sortir du suicide collectif qui se profile à l’horizon sous des pouvoirs africains actuels et éviter que le roi (pères) ne meurt pour que vive le roi (fils), la seule solution qui reste au peuple d’Afrique et à la jeunesse africaine (celui du Gabon, aujourd’hui en situation) est de prendre la mesure du mal que font ces sous-fifres afin d’agir efficacement pour les mettre hors d’état de nuire et couper, in fine, l’herbe sous les pieds de leurs mentors nichés à l’ombre et vidant l’Afrique de ses richesses en toute quiétude. Rien n’arrêtera cette caste de rapaces sauf à lui opposer une résistance farouche menée par une solide organisation de la jeunesse éclairée par notre histoire. Laquelle organisation puise sa force dans les valeurs endogènes africaines et menée par des femmes et des hommes foncièrement animés par l’esprit du bien commun, de patriotisme et de courage sans aucune trace de compromission.

dimanche 24 mai 2009

L’Afrique peut-elle un jour avoir un hôpital pouvant soigner "ses" gouvernants ?



Omar Bongo : 41 ans de règne, pas d’hôpital au Gabon !

24 mai 2009
Rodrigue KPOGLI
Site : http://lajuda.blogspot.com/

La communication officielle le disait affecté par la mort de sa dulcinée Edith, décédée à Rabat (Maroc) en mars dernier. On le disait en retrait pour pouvoir faire le deuil. Cette version des évènements a été vite rattrapée par les faits qu’on ne saurait cacher pendant longtemps. Omar Bongo est malade !

Le ministre des affaires étrangères espagnol Miguel Angel Moratinos a, le jeudi 21 mai 2009, personnellement porté l’information à la connaissance du monde : Bongo est bel et bien souffrant d’un cancer intestinal et est hospitalisé dans une clinique privée à Barcelone.

Voilà un soi-disant chef d’Etat malade qui pourtant ne dit rien à son peuple. Ses services non plus, n’ont daigné l’informer. Car, selon ces gens là, on ne déclare pas la maladie du chef. Le chef ne doit souffrir qu’en catimini. Mieux, il doit mourir « subitement » comme ce fut le cas pour nombre de ces guignols dont Eyadema Gnassingbè. Ils doivent mourir ainsi pour surprendre leurs peuple et adversaires

L’objectif de cette cachotterie imbécile ne s’inscrit en rien dans la tradition africaine comme veulent le faire croire ses auteurs. Bien au contraire, elle est la manifestation d’une conception du pouvoir qui fait de ces mythomanes téléguidés et cleptomanes patentés, des « hommes forts ». Des hommes quasi-robotisés rompus à diriger leur pays de manière brute voire barbare. Lorsqu’on se proclame gaillardement homme fort de son pays, on doit dissimuler en conséquence ses faiblesses qui en réalité, ne sont rien que des faiblesses humaines. Or, ces pantins se donnent une image surhumaine d’eux-mêmes en vantant une santé à toute épreuve.

Cette attitude maladive de se présenter en êtres infaillibles est non seulement le signe d’un mépris absolu à l’égard du peuple, mais aussi celui de la coupure totale de ces soi-disant gouvernants des populations et la peur constante que les premiers ont au ventre en sachant que les secondes peuvent exploiter leur moment de faiblesses pour se soulever.

Mais le plus révoltant dans cette lente agonie de Bongo est ailleurs.

Ce bout d’homme moustachu régente le Gabon depuis 41 ans. Ainsi, se fait-il appeler cyniquement « doyen d’Afrique ». Aujourd’hui le doyen est malade. Curieusement, celui que Madilu chantait récemment en serinant « Bongo, le bâtisseur du Gabon et dont le projet, c’est des actes » se retrouve aujourd’hui non pas dans l’un des hôpitaux qu’il a bâti au Gabon mais en Espagne dans une clinique privée. Il n’y a donc aucune infrastructure sanitaire équipée pour s’occuper du cancer du « Bâtisseur ». Pourtant, Bernard Kouchner, l’expert en santé publique et spécialiste aussi des opérations humanitaires sous le feu des projecteurs, célèbre par son sac de riz sur les épaules, vient d’empocher les derniers 817.000 euros- le rapport Kouchner aurait coûté au total 2,6 millions d’euros- pour avoir apporté son expertise pour l’amélioration du secteur de la santé dans ce pays béni des dieux et pourvu de fabuleuses richesses dont le pétrole et n’abritant qu’environ 1,5 millions d’âmes. Les infrastructures de base y manquent cruellement et la majorité de la population vit dans la pauvreté la plus honteuse.

Ami de tous les gouvernements français depuis De Gaulle, Albert-Bernard Bongo devenu El Hadj Omar Bongo puis Ondimba, n’a jamais cessé d’être l’Agent des Services secrets français qu’il était à sa prise du pouvoir. Fort de sa longévité et de la fortune qu’il a amassé au sommet du Gabon, Le Hadj s’octroie le luxe de financer des campagnes électorales françaises notamment celle de François Mitterrand comme l’a écrit Pierre Péan dans « Affaires africaines ». Le candidat Sarkozy a, lors de la campagne présidentielle, eu lui aussi en 2007 sa part de « conseils et d’avis » du doyen. Lors du congrès d’investiture de l’UMP en janvier 2007, porte de Versailles, la fille Bongo, Pascaline, et son époux, le ministre gabonais des Finances, Paul Toungui étaient aux premiers rangs des soutiens de Sarkozy qui une fois élu, n’a pas tardé à recevoir son bienfaiteur Bongo fin mai 2008 à l’Elysée.
Voilà, une bonne manière de doter le Gabon d’hôpitaux en finançant les partis politiques en France. Une autre bonne manière d’équiper son pays, c’est de s’acheter de luxueuses voitures et d’avoir de gigantesques hôtels personnels ou encore de disposer des comptes bancaires en France, en Suisse ou ailleurs. Aujourd’hui, le doyen Bongo se fait administrer des soins en Espagne. C’est un terrible aveu : le Gabon n’a aucun hôpital digne de ce nom. Au lieu d’une ambulance qui le dépose dans un centre de soin bien équipé du pays, Bongo saute dans un avion pour l’étranger. Les pauvres populations, elles doivent mourir tranquillement.

Bongo n’est pas le seul à agir de cette façon. Eyadema Gnassingbe, Bokassa, Mobutu, Conte…l’ont fait jusqu’à leur mort. Nguesso, Compaore, Biya et autres continuent de sauter dans un avion pour se faire soigner à l’étranger aux moindres maux de gorge attestant ainsi en mondovision qu’ils ne bâtissent rien dans leur pays respectif.

Dans cette situation, la mort - aujourd’hui ou demain - de Bongo n’apportera rien de salutaire au peuple gabonais, car les héritiers Ali et Pascaline Bongo sont déjà positionnés pour capter le pouvoir, comme ce fut le cas du Togo où les fils du défunt Gnassingbe ont été portés au pouvoir sous le double poids du viol et des violences. Pour sortir du suicide collectif qui se profile à l’horizon sous des pouvoirs africains actuels, la seule solution qui reste au peuple d’Afrique et à la jeunesse africaine est de prendre la mesure du mal que font ces guignols de gouvernants afin d’agir efficacement pour les mettre hors d’état de nuire et couper, in fine, l’herbe sous les pieds de leurs mentors nichés à l’ombre et vidant l’Afrique de ses richesses en toute quiétude. Rien n’arrêtera cette caste de rapaces sauf à lui opposer une résistance farouche menée par une solide organisation de la jeunesse éclairée par notre histoire. Laquelle organisation puise sa force dans les valeurs endogènes de nos sociétés et menée par des femmes et des hommes foncièrement animés par l’esprit du bien commun, de patriotisme et de courage sans aucune trace de compromission.

mardi 14 avril 2009

SEMAINE DES PATRIOTES: PROGRAMME DEFINITIF

SEMAINE DES PATRIOTES

Deuxième édition

En avril 2007, la Jeunesse Unie pour la Démocratie en Afrique (J.U.D.A) organisait en mémoire des martyrs de la démocratie au Togo, une semaine d’actions dénommée Semaine des Patriotes[1]. Il était recommandé à l’issue de cette première édition, de pérenniser la manifestation pour qu’elle soit annuelle. Des difficultés de plusieurs ordres ont poussé la J.U.D.A à la rendre biannuelle. Pour cette raison, la deuxième édition de la Semaine des Patriotes aura lieu du 22 au 29 avril 2009 à Lomé.

PROGRAMME DEFINITIF

- Mercredi 22 avril 2009 à 15h 00 : ouverture de la Semaine des Patriotes.

Film : Reportage sur la Présidentielle de 2005 au Togo.
Conférence-débat : Lutte contre l’impunité : où en est le Togo ?


- Vendredi 24 à 15h 00 : conférence-débat.

Thème : Comment sortir le Togo de la misère et de l’appauvrissement?


- Samedi 25 avril 2009 à 15h 00 : projection de film.
Film : La Mascarade (film portant sur les élections de 2005) suivi de débats.


- Lundi 27 avril 2009 à 10h 00 : retrouvailles et recueillement suivis de discussions.

1) La lutte pour l’indépendance du Togo : expériences et leçons à retenir.
2) La conquête de la liberté au Togo : état des lieux et perspectives.
3) La dette du Togo : naissance, estimation, gestion et conséquences.


- Mercredi 29 avril 2009 à 14h 30 : Débats.

1) Problème de criminalité et d’insécurité au Togo: solutions alternatives.
2) Election présidentielle de 2010 : l’alternance aura-t-elle lieu et quel rôle de la jeunesse ?
3) La démocratie et l’Etat de droit sont-ils compatibles avec les pratiques politiques au Togo?

Lieu : CESAL Tokoin Séminaire, Lomé.


Tous les démocrates et militants ainsi que les organisations œuvrant pour la liberté et les droits humains sont cordialement invités à participer ce programme citoyen.

Contactez : lajuda2000@hotmail.com
Visitez : http://lajuda.blogspot.com

[1] http://lajuda.blogspot.com/2008/01/compte-rendu-de-la-semaine-des.html

dimanche 12 avril 2009

Cauchemar de Darwin : le Garçon paie l’addition.

Reconnu coupable de diffamation, l’historien François Garçon n’a eu de cesse de contester le réalisateur du Cauchemar de Darwin ! Retour sur un acharné

Depuis 4 ans, l’historien François Garçon cogne sur le documentaire à succès d’Hubert Sauper sorti en 2005 : Le cauchemar de Darwin. « Il y a dans ce film quelque chose de pourri », argumente l’homme dans les médias. Le réalisateur l’a poursuivi en diffamation et ce 11 mars, les juges ont tranché : il y avait quelque chose de pourri, surtout, dans l’argumentaire de l’historien.

Le film d’Hubert Sauper, noir tableau de l’industrie de la pêche à la perche du Nil en Tanzanie, nous faisait désespérer de la mondialisation. Il montrait, par l’image, comment notre appétit européen pour un poisson africain pas cher peut générer, en Afrique, misère et trafic d’armes. Après Le cauchemar de Darwin, on ne pouvait plus manger une choucroute de la mer sans une pensée critique sur notre import-export.

C’est alors qu’un savant professeur, inconnu du grand public, publie dans la revue de feu Sartre et Aron, Les Temps Modernes, une contre-enquête documentée : le film d’Hubert Sauper n’était qu’une « supercherie ».

Selon François Garçon, le documentariste aurait payé des enfants pour jouer des scènes de misère, et il ne peut pas prouver l’existence de trafics d’armes. Enfin, l’affirmation selon laquelle les carcasses du poisson expédié en Europe sont recyclées pour nourrir les pêcheurs africains serait fausse.

Après la gloire, le discrédit. Contre le film de Sauper, Garçon rassemble. La presse française publie ses mises en cause. Beaucoup de bien-pensants qui ont cru faire un acte d’humanité en éliminant de leur menu la perche du Nil, reprochent désormais à Sauper de les avoir dupés. En tête de la croisade, le gouvernement tanzanien lance deux sites Internet anti-cauchemar de Darwin. Il entend, ainsi, rendre à la Tanzanie l’image d’un pays sain, où les pêcheurs et les enfants mangent autre chose que les carcasses des poissons exportés vers l’Europe.

Sur le site www.darwinsnightmare.net, aujourd’hui disparu de la toile, on pouvait admirer des photomontages affichant un jovial Sauper en compagnie de… Saddam Hussein et Oussama Ben Laden. Plus sérieusement, on y trouvait aussi l’interview de l’un des protagonistes du film, Raphaël le gardien de nuit, qui avoue avoir été manipulé par le réalisateur.

Un témoignage qui achevait Sauper. Sauf qu’une scène a été oubliée au montage. Instructive : on y voit et entend le journaliste tanzanien, qui dicte sa réponse à Raphaël. Moins cachottier, François Garçon, lui, présente sur son site des interviews qu’il a lui-même tournées en Tanzanie, non coupées au montage. On y entend les enfants des rues affirmer qu’on ne les a pas payés pour « jouer », malgré les insistances du professeur Garçon, qui s’escrime à leur faire avouer le contraire.

Le rêve de Sauper

Devant les juges du Tribunal de grande instance de Paris, ces vidéos ont donné au réalisateur un argument massue pour dénoncer les attaques de Garçon et du gouvernement tanzanien contre son film.

« On sort de trois ans de guerre », conclue Sauper. « C’était une polémique dangereuse, pour moi et pour la vie des personnes qui sont dans le film ; dangereuse aussi pour la liberté d’expression et pour notre art. » La meilleure manière de conjurer le sort sera de faire de toute cette histoire…un documentaire. Sauper y pense déjà.

Garçon quant à lui ne s’est pas démonté. D’abord parce que le tribunal a épinglé uniquement ses propos sur la rémunération des protagonistes du film, pas ses autres allégations. Et puis, même après ce jugement, il n’en démord pas ; Sauper a payé les enfants tanzaniens pour leur faire jouer des scènes de pauvreté. La preuve ? Cette fameuse séquence qui montre des petits, affamés, se jetant sur une marmite de riz encore fumant. « Il est absolument impossible que des enfants plongent leurs mains nues dans du riz brûlant », nous dit Garçon, joint par téléphone. Pour en finir avec cette polémique alimentaire, il propose à Bakchich un moyen de trancher définitivement le débat.« Essayez ce soir, au dîner, de plonger vos mains dans du riz brûlant : vous verrez bien que c’est tout simplement impossible !!! ».

vendredi 10 avril par Zoé Lamazou

Voir la video ici http://www.dailymotion.com/video/k6eeNvgR0ZmoK610VAc

mardi 31 mars 2009

Festival de lynchage de Noirs en Inde.

Photo Wikipédia

31 mars 2009
Rodrigue KPOGLI
http://lajuda.blogspot.com/


Les Noirs sont mal vus partout dans le monde. Objets de mépris, d'actes racistes, d'insultes, d'infamies, de discriminations les plus criardes, les Noirs sont difficilement acceptés par les autres. Les qualificatifs ne manquent pas pour les désigner: sales nègres, négros, sauvages, barbares, singes... Même dans les pays africains, les Noirs ne sont pas respectés. Ils sont méprisés par leurs guignols de gouvernants et subissent ainsi des mauvais traitements par leur fait.

L'historien-écrivain Runoko Rashidi. vient de filmer des scènes de lynchage de Noirs en Inde, appelés là-bas des Adivasis. Une partie de ces derniers restée attachée à la vie ancestrale, est considérée comme des sauvages. Parqués dans des villages, les autorités indiennes ont promis à ces noirs des avantages qui ne se réaliseront guère. C'est ainsi que révoltés, les Adivasis ont décidé de faire une marche de protestation en direction de la ville.

Refoulés par les autorités qui ont refusé de les recevoir, ces Noirs sont livrés à la vindicte populaire. Des populations se sont jetées sur eux et leur assénant des coups mortels dans une ambiance festive.

Quand on voit ces images, celles des jeunes africains échouant sans vie sur les côtes maltaises, libyennes ou italiennes et celles liées aux conditions dans lesquelles beaucoup d'Africains vivent dans des camps de détention en Europe, on se demande s'il n'est pas temps de libérer l'Afrique et d'en faire un sanctuaire pour les peuples noirs? Les pions de dirigeants africains ayant décidé de servir d'autres dieux et d'être des bouchers de leurs propres populations contre des miettes de pouvoir et le bonheur personnel ou clanique, il ne reste à la jeunesse africaine que le choix de la lutte pour la libération et de la construction d'une Afrique réunie et fondée sur des principes ancestrales du respect de la solidarité, de la parole donnée, de la vie et du bien commun en visant rien que le bonheur des peuples .

Avertissement : la vidéo ici en lien est d'une violence extraordinaire. Les âmes sensibles sont priées de ne pas la regarder.

jeudi 26 mars 2009

Un pionnier de l’art et de la peinture au Togo s’en est allé.

26 mars 2009
Pidice EGUI
Membre de la J.U.D.A



Les quarante-cinq dernières années de l’art au Togo ont été sûrement mais plus ou moins discrètement marquées par un artiste plasticien : Emmanuel Adambounou DABLA.

Né le 17 novembre 1934 à Lomé, cet homme de talent vient de nous quitter le 21 mars 2009.
Certains bâtiments administratifs, hôtels et églises portent encore ses griffes : de l’extérieur des enseignes lumineuses, des lettres en bois ou en plexiglas minutieusement dessinées, découpées et posées ; puis de l’intérieur les murs des halls, des salles de conférences et des salles d’attentes restent encore décorées par ses tableaux.
Artiste complet, son éclectisme n’est plus à démontrer : dessinateur, peintre en publicité, peintre et décorateur en bâtiment, portraitiste, paysagiste, cubiste, expressionniste.

Sorti de l’école coloniale où il prouva ses capacités en dessin, il partit se former et se perfectionner à l’école des grands dessinateurs au Ghana voisin.
Revenu du Ghana, il a su, dès les premiers instants, non seulement s’illustrer sur le plan national et international, mais il a pu surtout transmettre avec rigueur et dévotion son savoir-faire aux générations suivantes.
Mis à part ses propres enfants à qui il a légué cet important patrimoine, pas moins de deux cents élèves de diverses nationalités se sont formés à l’école du maître. Parmi eux, citons notamment Félix Agbokou, Papisco Kudzi, Angélo Sanouga, Sessofia Dabla etc…

Il fut entre professeur de dessin au Collège Mgr Cessou dans les années 90 et a notamment multiplié des expositions à Lomé et dans d’autres capitales ouest-africaines. Sa dernière exposition fut celle avec ses fils en février 2008 au Goethe Institut intitulée « La peinture de père en fils ».
Très attaché à son pays, il s’est fait le vœu de ne pas s’expatrier et de ne faire parler de lui à l’étranger que par son art.

Preuve en est une partie de sa carte de visite qui étale ses quelques mérites
-Médaillé d’argent en 1961 à la 10ème exposition d’art et technique de Paris
-1er Prix de la Foire Kermesse de l’Indépendance du Togo
-Diplômé à la 1ère exposition nationale Togolaise en 1965
-Diplômé d’Affiches aux Jeux Olympiques de Munich en 1972

Affaibli par la maladie et la force de l’âge, il vient de quitter ce monde dans sa 75ème année.

S’il existait un panthéon des hommes ayant marqué notre pays et leur époque, ce plasticien serait certainement aux premières loges.

Tout ce que nous pouvons lui souhaiter, c’est que la Terre lui soit légère.