jeudi 3 mars 2011

Discours de Mouammar Khadafi à la 64e Assemblée générale de l’ONU.

Nous avons décidé de publier le discours de Mouammar Kadhafi devant la 64ème session de l'Assemblée générale de l'ONU en septembre 2009. Ce discours est important par son contenu (même si certaines appréciations faites par Kadhafi sont fausses notamment son enthousiasme sur l'avènement de Barack Obama et même s'il fait l'impasse sur le rôle policier que Kadhafi joue en matière de l'immigration en faveur de l'Europe), mais les médias l'avaient totalement ridiculisé sous prétexte que le messager est "un fou", "un mythomane", "un dingue" qui ne manque pas d'extravagance ni d'excès. Au moment où l'actualité remet cet homme à la une, relire ce discours peut aider.

Ce midi, la CPI de Luis Moreno OCAMPO, sous l'instigation de qui on devine, a prétendu ouvrir des enquêtes contre Khadafi et 14 autres personnes de son régime pour crime contre l'humanité (à géométrie variable). A une question d'un journaliste sur la célérité avec laquelle la CPI agit et les sources d'informations dont elle dispose alors qu'elle a mis des années pour traiter le dossier de la Centrafrique, Moreno Ocampo a bafouillé et s'est contenté de dire que ce n'est pas la même chose. Dans son discours devant l'ONU, Khadafi a justement parlé de cette Cour pénale. 

Bonne lecture.




Cette vidéo montre comment le discours a été ridiculisé...Pour les Occidentaux, personne n'est habilité à parler de leurs crimes. Celui qui le fait est, selon eux, en proie à la folie, à la haine et à l'excès.



Discours de Mouammar Khadafi à la 64e Assemblée générale de l’ONU
Au nom de l’Union africaine, je voudrais saluer les membres de l’Assemblée générale des Nations Unies, et j’espère que cette séance sera l’une des plus historiques de l’Histoire du monde.
Au nom de l’Assemblée générale en sa soixante-quatrième session, présidée par la Libye, de l’Union africaine, d’un millier de royaumes africains traditionnels et en mon propre nom, je voudrais saisir cette occasion, en tant que Président de l’Union africaine, pour féliciter notre fils M. Obama qui participe pour la première fois à l’Assemblée générale en sa qualité de Président des États-Unis, et pour le saluer étant donné que c’est son pays qui nous accueille pour cette réunion.
Cette séance a lieu alors que nous devons faire face à de nombreux défis, et que le monde entier devrait s’unir et rassembler ses efforts pour relever les défis qui constituent notre principal ennemi commun, à savoir les changements climatiques et les crises internationales comme le déclin de l’économie capitaliste, les crises de l’eau et de la nourriture, la désertification, le terrorisme, l’immigration, la piraterie, les épidémies naturelles et celles causées par l’homme, ainsi que la prolifération nucléaire. Sans doute le virus de la grippe H1N1, originairement destiné à être utilisé comme une arme militaire, a-t-il été créé en laboratoire et s’est-il répandu accidentellement. Ces défis incluent également l’hypocrisie, la pauvreté, la peur, le matérialisme et l’immoralité.
Comme on le sait, l’ONU a été créée par trois ou quatre pays, à l’époque unis contre l’Allemagne. L’ONU s’est formé avec les pays qui s’étaient réunis pour lutter contre l’Allemagne pendant la Seconde Guerre mondiale. Ces pays ont constitué un organe appelé Conseil de sécurité, dont ils sont devenus les membres permanents, et se sont octroyé le droit de veto. Nous n’étions pas là à l’époque. L’ONU a été conçue selon les volontés de ces trois pays, et nous a demandé de nous conformer à une vision originellement destinée à lutter contre l’Allemagne. Voilà en substance ce qu’était véritablement l’ONU lorsqu’elle fut fondée il y a plus de 60 ans.
Cela s’est produit en l’absence de quelque 165 pays, dans une proportion d’un sur huit, c’est-à-dire qu’un pays était présent pour huit absents. Ils ont créé la Charte, dont j’ai ici une copie. Si on lit la Charte des Nations Unies, on trouve que le Préambule de la Charte diffère de ses Articles. Comment cela se peut-il ? Tous ceux qui étaient présents à la Conférence de San Francisco en 1945 ont participé à la rédaction du Préambule, mais ils ont laissé les Articles et le Règlement intérieur du soi-disant Conseil de sécurité à des experts, des spécialistes et aux pays intéressés, ceux-là mêmes qui avaient créé le Conseil de sécurité et s’étaient unis contre l’Allemagne.
Le Préambule est très attrayant, et personne n’a rien à y redire, mais toutes les dispositions qui viennent ensuite contredisent complètement le Préambule. Nous rejetons ces dispositions, et nous ne les observerons jamais ; elles sont révolues depuis la fin avec la Seconde Guerre mondiale. Le Préambule dit que toutes les nations, grandes ou petites, sont égales. Sommes-nous égaux s’agissant des sièges permanents ? Non, nous ne sommes pas égaux. Le Préambule déclare noir sur blanc que toutes les nations sont égales, qu’elles soient grandes ou petites. Avons-nous le droit de veto ? Sommes-nous vraiment égaux ? Le Préambule dit que nous avons les mêmes droits, que nous soyons une grande ou une petite nation. C’est ce qui est dit dans le Préambule et ce sur quoi nous nous sommes mis d’accord. Le droit de veto contredit donc la Charte. Les sièges permanents contredisent la Charte. Nous n’acceptons ni ne reconnaissons le droit de veto.
Le Préambule de la Charte déclare qu’il ne sera pas fait usage de la force des armes, sauf dans l’intérêt commun. C’est le Préambule que nous avons adopté et signé, et nous avons rejoint l’ONU parce que nous voulions que la Charte reflète ces idées. Il dit que la force des armes ne doit être utilisée que dans l’intérêt commun de toutes les nations, mais que s’est-il passé depuis ? Soixante-cinq guerres ont éclaté depuis la création de l’Organisation des Nations Unies et du Conseil de sécurité – 65 depuis leur création, faisant des millions de victimes de plus que la Deuxième guerre mondiale. Ces guerres, ainsi que le recours à l’agression et à la force au cours de ces 65 guerres, sont-elles dans l’intérêt commun de tous ? Non, elles sont dans l’intérêt d’un ou trois ou quatre pays, mais certainement pas de toutes les nations.
Nous discutons pour savoir si ces guerres étaient dans l’intérêt d’un pays ou de toutes les nations. Cela contredit de manière flagrante la Charte des Nations Unies que nous avons signée et, à moins que nous agissions conformément à la Charte des Nations Unies que nous avons adoptée, nous la rejetons et nous n’avons pas peur de parler à quiconque de façon peu diplomatique. Nous parlons à présent de l’avenir de l’ONU. Il ne devrait y avoir ni hypocrisie ni diplomatie parce que cela concerne la question importante et vitale de l’avenir du monde. C’est l’hypocrisie qui a entraîné les 65 guerres depuis la création de l’ONU.
Le Préambule déclare également que s’il est fait usage de la force des armes, cela doit être une force de l’ONU – par conséquent, une intervention militaire de l’ONU, avec l’accord conjoint des Nations Unies, et non pas seulement d’un, deux ou trois pays qui recourent à la force des armes. L’ensemble des Nations Unies doit décider d’entrer en guerre pour maintenir la paix et la sécurité internationales. Depuis la création de l’ONU en 1945, si un pays commet un acte d’agression envers un autre, l’ensemble des Nations Unies doit condamner et mettre fin à cet acte.
Par exemple, si la Libye attaque la France, l’Organisation des Nations Unies devra prendre des mesures répressives contre l’ennemi libyen car la France est un État indépendant et souverain, membre de l’Assemblée générale des Nations Unies. Nous avons l’obligation de défendre la souveraineté des États de manière collective. Cependant, 65 guerres offensives ont été menées sans que l’ONU prenne de mesures de répression. Huit d’entre elles étaient des guerres destructrices et de grande ampleur ayant entraîné la mort d’environ deux millions de personnes. Ces guerres ont été menées par les États disposant d’un siège permanent au Conseil de sécurité et du droit de veto. Les États sur lesquels nous nous appuyons et comptons pour garantir la sécurité et l’indépendance des peuples ont eux-mêmes porté atteinte à leur indépendance et ont eu recours à la force oppressive. Nous pensions qu’ils feraient reculer l’ennemi, protégeraient les populations et apporteraient la paix dans le monde et nous nous apercevons que ces pays utilisent la force brutale alors qu’ils bénéficient de sièges permanents au Conseil de sécurité ainsi que du droit de veto, qu’ils se sont octroyé.
« Aucune disposition de la présente Charte n’autorise les Nations Unies à intervenir dans des affaires qui relèvent essentiellement de la compétence nationale d’un État ». Cela signifie que le régime étatique relève des affaires intérieures d’un pays et que personne ne peut intervenir dans ces affaires. Le régime en place peut être dictatorial, démocratique, socialiste, capitaliste, réactionnaire ou progressiste, cela concerne la société elle-même car il s’agit d’affaires intérieures. À Rome, Jules César a été élu dictateur. Le Sénat lui a donné pouvoir en ce sens car ils considéraient que la dictature étaient à l’époque utile à Rome. C’est une question interne. Qui peut dire à Rome : « Pourquoi avez-vous nommé Jules César dictateur ? ». Voilà le point sur lequel nous sommes d’accord, le Préambule. La Charte ne mentionne pas le droit de veto. Si on nous avait dit que le veto y serait inscrit, pourquoi serions-nous devenus membres de l’Organisation des Nations Unies ?
Nous avons rejoint l’Organisation des Nations Unies car nous y sommes égaux en droits et non pour que se présente ensuite un État qui s’est arrogé le droit de s’opposer à toutes nos décisions et dispose d’un siège permanent. Qui le lui a accordé ? Quatre États se sont octroyé leur siège. Le seul pays qui dispose d’un siège permanent à l’issue d’un vote de l’Assemblée générale est la Chine. Nous lui avons donné nos voix pour qu’il y siège de manière permanente. La Chine est le seul État dont la présence au Conseil est démocratique. S’agissant des quatre autres sièges, leur présence relève de la dictature, nous a été imposée et nous ne la reconnaissons pas ni ne devons l’accepter.
La réforme du Conseil de sécurité ne doit pas s’orienter vers une augmentation du nombre de sièges. Une telle mesure reviendrait à « ajouter trop d’eau à l’argile », comme le dit littéralement un proverbe arabe. J’ignore comment l’interprète a traduit cette expression mais elle est l’équivalent de « retourner le couteau dans la plaie ». Sa traduction n’est pas aisée mais elle signifie « empirer les choses » ou « rajouter une couche ». De quelle façon ? Car d’autres grands pays rejoindraient alors ces grandes puissances dont nous subissons les décisions et dont l’emprise sera de plus en plus pesante. Nous nous opposons par conséquent à une augmentation du nombre de sièges permanents. Cette solution n’est pas la bonne et serait même risquée car elle renforcerait davantage le rôle des grandes puissances. Les pays du tiers monde seraient alors écrasés ainsi que tous les petits pays qui composent désormais le groupe des Cent, les cent petits pays qui forment le Forum des petits États.
La création de nouveaux sièges pour d’autres grandes puissances entraînerait l’écrasement de ces pays. Nous rejetons cette idée qui doit être abandonnée et à laquelle il faut s’opposer fermement. En outre, cela entraînerait une pauvreté, des injustices et des tensions accrues à l’échelle mondiale et entraînerait une compétition féroce entre de très nombreux pays pour l’obtention de sièges au Conseil de sécurité. Seraient ainsi en concurrence l’Italie, l’Allemagne, l’Indonésie, l’Inde, le Pakistan, les Philippines, le Japon, le Brésil, le Nigéria, l’Argentine, l’Algérie, la Libye, l’Égypte, la République démocratique du Congo, l’Afrique du Sud, la Tanzanie, la Turquie, l’Iran, la Grèce et l’Ukraine. Tous ces pays revendiqueront un siège au Conseil de sécurité jusqu’à ce que le nombre de membres du Conseil atteigne presque celui de l’Assemblée, ce qui n’est pas réaliste.
Quelle est la solution ? La proposition requise est soumise aujourd’hui à l’Assemblée générale, présidée par M. Ali Treki, qui devra se prononcer par vote. Il s’agit de prendre en compte les décisions prises à la majorité des voix de l’Assemblée générale sans tenir compte de tout autre organe. Cette solution fermera la porte à l’animosité entre les pays et à une augmentation du nombre de sièges au Conseil de sécurité.
Cette proposition est soumise à l’Assemblée générale, au Secrétaire général et à M. Treki. Cela permettra de baser l’appartenance à l’Organisation sur le fédéralisme, d’instaurer un système démocratique fondé sur l’égalité de tous les États Membres et de confier le mandat du Conseil de sécurité à l’Assemblée générale. Les fédérations, plutôt que les États, en seront membres. En effet, si nous ouvrons la voie à la réforme du Conseil telle qu’elle est actuellement envisagée, tous les États voudront disposer d’un siège au Conseil de sécurité, ce qui est leur droit puisque l’égalité entre les États est inscrite dans le Préambule de la Charte. Comment les en empêcher ? Qui peut le leur interdire ?
Qui peut empêcher l’Italie de revendiquer un siège si on en accorde un à l’Allemagne ? L’Italie est le premier pays à avoir rejoint les Alliés et quitté l’Axe alors que l’Allemagne était l’agresseur et a été vaincue. Pas l’Allemagne actuelle, l’Allemagne nazie. De même, si l’Inde obtient un siège, ce à quoi elle peut légitimement prétendre, le Pakistan doit en avoir un aussi. Ces deux États disposent de l’arme nucléaire et sont en guerre. C’est une solution dangereuse. Si le Japon obtient un siège, pourquoi en refuser un à l’Indonésie qui est le plus grand pays musulman au monde ? Que répondrez-vous ensuite à la Turquie, à l’Iran, à l’Ukraine, au Brésil, à l’Argentine ou à la Libye, qui a abandonné son programme d’armement nucléaire et qui mérite donc le droit de siéger au Conseil de sécurité car elle a contribué à la sécurité internationale ? L’Égypte, le Nigéria, l’Algérie, le Congo, l’Afrique du Sud, la Tanzanie et l’Ukraine sont également des États importants. Il faut abandonner cette idée.
L’élargissement du Conseil est un stratagème absurde. Comment procéder à la réforme de l’ONU si d’autres grandes puissances viennent nous imposer leur volonté ? La solution est donc l’instauration de la démocratie au sein du Congrès du monde qu’est l’Assemblée générale. Il faut confier le mandat du Conseil de sécurité à l’Assemblée générale, le Conseil devenant simplement un organe exécutif pour la mise en œuvre des décisions de l’Assemblée.
L’Assemblée est le Parlement du monde, le congrès mondial, le législateur. Seules ses décisions ont un caractère obligatoire. C’est cela la démocratie. Le Conseil de sécurité doit se soumettre aux décisions de l’Assemblée générale et ne doit pas s’élever au-dessus d’elle. S’il le fait, nous devons le rejeter dès à présent. Ce sont là les organes législatifs des Membres de l’Organisation des Nations Unies et leurs résolutions devraient avoir force de loi. On dit que l’Assemblée générale devrait faire tout ce que le Conseil de sécurité recommande. Au contraire, le Conseil de sécurité devrait faire tout ce que l’Assemblée décide. Il s’agit des Nations Unies, de l’Assemblée qui compte 192 pays. Il ne s’agit pas du Conseil de sécurité qui ne compte que 15 États Membres.
Comment pouvons-nous être satisfaits de la paix et de la sécurité mondiales lorsque le monde entier est contrôlé par seulement cinq pays ? Nous sommes 192 nations et pays et nous sommes comme des orateurs dans le Speakers’ Corner (coin des orateurs) de Hyde Park à Londres. Nous ne faisons que parler et personne n’applique nos décisions. Nous faisons de la figuration et n’avons pas notre mot à dire. Nous sommes exactement comme les orateurs du Speakers’ Corner. Nous faisons simplement un discours et, ensuite, nous disparaissons. C’est ce que vous faites actuellement.
Une fois que le Conseil de sécurité sera transformé en pouvoir exécutif qui, seul, appliquera les résolutions adoptées par l’Assemblée générale, il n’y aura plus de rivalité pour devenir membre du Conseil. Une fois que le Conseil de sécurité sera transformé en outil pour appliquer les résolutions de l’Assemblée générale, il n’y aura plus de compétition. Le Conseil de sécurité devrait, tout simplement, représenter toutes les nations. Conformément à la proposition présentée à l’Assemblée générale, il devrait y avoir des sièges permanents au Conseil de sécurité pour toutes les unions et tous les groupes de pays.
Les 27 pays de l’Union européenne devraient avoir un siège permanent au Conseil de sécurité. Les pays de l’Union africaine devaient avoir un siège permanent au Conseil de sécurité. Les pays d’Amérique latine et de l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est devraient avoir des sièges permanents. La Fédération de Russie et les États-Unis d’Amérique sont déjà des membres permanents du Conseil de sécurité. La Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC), une fois qu’elle est pleinement constituée, devrait avoir un siège permanent. Les 22 pays de la Ligue des États arabes devraient avoir un siège permanent. Les 57 pays de l’Organisation de la Conférence islamique devraient avoir un siège permanent. Les 118 pays du Mouvement des pays non alignés devraient avoir un siège permanent.
Il y a également le G-100 ; peut-être les petits pays devraient eux aussi avoir un siège permanent. Les pays qui ne font pas partie de ces unions que j’ai mentionnées pourraient peut-être avoir également un siège permanent qu’ils occuperont à tour de rôle tous les six ou 12 mois. Je pense notamment aux pays comme le Japon et l’Australie qui ne font pas partie de ces organisations, telles que l’ASEAN, ou comme la Fédération de Russie qui n’est pas membre des unions européenne, latino-américaine ou africaine. Cela pourrait être une solution pour ces pays si l’Assemblée générale vote pour cette proposition.
Cette question est de la plus haute importance. Comme je l’ai déjà dit, l’Assemblée générale est le Congrès et le Parlement du monde, le dirigeant du monde. Nous sommes les nations qui la composent et toute entité qui ne fait pas partie de cette l’Assemblée générale ne sera pas reconnue. Le Président de l’Assemblée, M. Ali Abdussalam Treki, et le Secrétaire général, M. Ban Ki-moon, rédigeront le texte du projet et établiront les comités nécessaires pour présenter cette proposition et la mettre aux voix. Notre proposition est donc que le Conseil de sécurité sera composé d’unions de nations. Ainsi, nous consacrerons les principes de justice et de démocratie et nous n’aurons désormais plus un Conseil de sécurité composé de pays choisis parce qu’ils ont des armes nucléaires, de grandes économies ou des technologies avancées. C’est ça le terrorisme. Nous ne pouvons permettre que le Conseil de sécurité soit dirigé par des superpuissances : c’est bien là le terrorisme en soi.
C’est ce que nous devrions faire si nous voulons un monde unifié, sûr et pacifique. Si nous voulons continuer de vivre dans un monde en proie à la guerre, c’est à vous de voir. Nous continuerons d’avoir des conflits et de nous battre jusqu’au jour du jugement dernier ou de la fin du monde. Tous les membres du Conseil de sécurité devraient avoir le droit d’user du veto, ou alors, nous devrions nous débarrasser de l’idée même du veto avec cette nouvelle formation du Conseil. Ce serait un véritable Conseil de sécurité. Selon ces nouvelles propositions présentées à l’Assemblée générale, ce serait un conseil exécutif contrôlé par l’Assemblée générale qui aura réellement le pouvoir et pourra faire toutes les règles.
Ainsi, tous les pays seront sur un pied d’égalité au sein du Conseil de sécurité, tout comme ils le sont au sein de l’Assemblée générale. Au sein de l’Assemblée générale, nous sommes tous traités sur un pied d’égalité pour ce qui est de devenir membre et de voter. Tel devrait également être le cas au sein du Conseil de sécurité. Aujourd’hui, un pays a le droit de veto, un autre pays n’a pas le droit de veto ; un pays a un siège permanent, un autre pays n’a pas de siège permanent. Nous ne saurions accepter cela et nous ne devrions accepter aucune résolution adoptée par le Conseil de sécurité dans sa composition actuelle. Nous avons été placés sous tutelle, nous avons été colonisés et maintenant nous sommes indépendants. Nous sommes ici aujourd’hui pour décider de l’avenir du monde d’une manière démocratique pour maintenir la paix et la sécurité de toutes les nations, grandes et petites, sur un pied d’égalité. Sans cela, c’est du terrorisme, car le terrorisme n’est pas seulement celui d’Al-Qaida, mais revêt également d’autres formes.
Nous devrions être guidés par la majorité qui se dégage des votes au sein de l’Assemblée générale seulement. Si l’Assemblée générale prend une décision en la mettant aux voix, ses ordres devraient être suivis et sa décision devrait être appliquée. Nul n’est au-dessus de l’Assemblée générale ; toute entité affirmant être au-dessus de l’Assemblée générale devrait quitter l’ONU et être isolée. La démocratie n’est pas pour les riches et les plus puissants ou pour ceux qui commettent des actes terroristes. Toutes les nations devraient être et devraient apparaître sur un pied d’égalité.
Aujourd’hui, le Conseil de sécurité est le symbole du féodalisme de la sécurité, du féodalisme politique exercé par les membres permanents pour se protéger et pour s’en servir contre nous. On ne devrait pas l’appeler Conseil de sécurité mais Conseil de terreur. Sur le plan politique, s’ils ont besoin d’utiliser le Conseil de sécurité contre nous, ils s’adressent au Conseil de sécurité. S’ils n’ont pas besoin de l’utiliser contre nous, ils ignorent le Conseil de sécurité. S’ils ont un intérêt à défendre ou un but à poursuivre, ils respectent et magnifient la Charte des Nations Unies ; ils ont recours au Chapitre VII de la Charte et l’utilisent contre les nations pauvres. Mais, s’ils souhaitent violer la Charte, ils l’ignorent comme si elle n’existait pas du tout. Si l’on donne un droit de veto aux membres permanents du Conseil de sécurité qui ont déjà le pouvoir, c’est de l’injustice et du terrorisme et nous ne saurions le tolérer. Nous ne devrions pas vivre à l’ombre de cette injustice et sous la terreur.
Les superpuissances ont des intérêts mondiaux complexes, et elles se servent du veto pour défendre ces intérêts. Par exemple, au Conseil de sécurité, ils utilisent le pouvoir de l’Organisation des Nations Unies pour défendre leurs intérêts et pour terroriser et intimider le tiers monde, amenant celui-ci à vivre dans la terreur.
Depuis le début, depuis sa création en 1945, le Conseil de sécurité n’a pas assuré la sécurité. Au contraire, il a produit la terreur et des sanctions. Il est uniquement utilisé contre nous. Pour cette raison, nous ne nous engagerons plus à mettre en application les résolutions du Conseil de sécurité après ce discours, qui marque le quarantième anniversaire.
Soixante-cinq guerres ont éclaté : ou des combats entre petits pays, ou des guerres d’agression menées contre nous par les superpuissances. Le Conseil de sécurité, en violation flagrante de la Charte des Nations Unies, n’a pris aucune mesure pour mettre fin à ces guerres ou ces actes d’agression contre des petits pays et peuples. L’Assemblée générale va voter un certain nombre de propositions historiques. Ou bien nous agissons ensemble, ou bien nous serons divisés. Si chaque nation avait sa propre version de l’Assemblée générale, son Conseil de sécurité ainsi que les divers instruments, et si toutes les nations étaient sur un même pied d’égalité, les puissances qui ont maintenant des sièges permanents seraient obligées de se servir de leurs organes souverain – qu’il y en ait trois ou quatre – et d’exercer leurs droits contre elles-mêmes. Cela ne nous préoccupe pas du tout.
Aucune importance s’ils veulent garder leurs sièges permanents. Les sièges permanents ne nous préoccupent pas du tout. Nous n’accepterons jamais d’être sous leur contrôle ou celui du droit de veto qui leur a été accordé. Nous ne sommes pas stupides au point de donner le droit de veto à des superpuissances pour qu’elles s’en servent pour nous traiter comme des citoyens de deuxième ordre ou des nations paria. Ce n’est pas nous qui avons décidé que ces pays étaient des superpuissances et des nations respectables qui ont le pouvoir d’agir au nom de 192 pays.
Vous devriez également comprendre que la raison pour laquelle nous ne tenons pas compte des résolutions du Conseil de sécurité est que celles-ci sont utilisées uniquement contre nous et pas contre les superpuissances qui ont des sièges permanents et le droit de veto. Ces puissances n’utilisent jamais de résolutions contre elles-mêmes.
Mais elles sont utilisées contre nous. Cela a réduit l’Organisation des Nations Unies à un simulacre de ce qu’elle est censée être, a causé des guerres et a violé la souveraineté des États indépendants. Cela a entraîné des crimes de guerre et des génocides, et tout cela en violation de la Charte des Nations Unies.
Puisque personne ne tient compte du Conseil de sécurité de l’Organisation des Nations Unies, tous les pays et toutes les communautés ont créé leurs propres Conseils de sécurité, et en conséquence, le Conseil de sécurité qui siège ici se retrouve isolé.
L’Union africaine a déjà institué son propre Conseil de paix et sécurité, l’Union européenne a créé un Conseil de sécurité et les pays asiatiques ont déjà crée leur Conseil de sécurité. Bientôt, l’Amérique latine aura son propre Conseil de sécurité, de même que les 120 pays non alignés.
Cela signifie que nous n’avons plus confiance dans le Conseil de sécurité de l’Organisation des Nations Unies, qui ne nous a pas donné de sécurité, et c’est pour cette raison que nous sommes maintenant en train de créer de nouveaux Conseils de sécurité régionaux.
Nous ne nous engageons pas à respecter les règles ou les résolutions du Conseil de sécurité de l’Organisation des Nations Unies sous sa forme actuelle parce qu’il n’est ni démocratique ni juste, mais dictatorial. Personne ne peut nous forcer à nous joindre au Conseil de sécurité ou à obéir ou respecter ses résolutions ou ses ordres, avec sa structure actuelle.
Par ailleurs, il n’existe ni respect à l’égard de l’Organisation des Nations Unies ni considération pour l’Assemblée générale, qui constitue en fait la vraie Organisation des Nations Unies, mais dont les résolutions n’ont pas force obligatoire. Les décisions de la Cour internationale de Justice, l’organe judiciaire international, sont uniquement rendues contre les petits pays et les nations du tiers monde. Les pays puissants échappent à l’attention de la Cour. Ou alors, lorsque des décisions judiciaires sont prises contres ces pays puissants, elles ne sont pas mises en application.
L’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) est une agence importante du système des Nations Unies. Cependant, les pays puissants ne sont pas obligés de lui rendre des comptes et ne relèvent pas de sa compétence. Nous avons découvert que l’AIEA est uniquement utilisée contre nous. On nous dit qu’il s’agit d’une organisation internationale, mais si tel est le cas, tous les pays du monde devraient relever de sa compétence. Si elle n’est pas réellement internationale, nous ne devrions plus l’accepter et nous devrions fermer ses portes, tout de suite après le prononcé de ce discours.
M. Treki, en sa qualité de président de l’Assemblée générale, devrait parler au Directeur général de l’AIEA, M. ElBaradei, et lui demander s’il est prêt à contrôler les stocks d’énergie nucléaire dans tous les pays et à vérifier toutes les éventuelles augmentations de stocks là où il existe des soupçons à ce sujet. S’il répond par l’affirmative, alors nous accepterons que l’agence est compétente. Si par contre il dit qu’il ne peut pas aller dans certains pays qui ont des capacités nucléaires et qu’ils ne relèvent pas de sa compétence, alors nous devrions fermer les portes de cette agence et rejeter sa compétence.
Pour votre information, j’ai appelé M. ElBaradei lorsque nous avions ce problème de la bombe nucléaire libyenne. J’ai appelé M. ElBaradei et je lui ai demandé si l’Agence contrôlait la mise en application des accords conclus entre les superpuissances pour réduire leurs fournitures nucléaires, et s’il savait s’il y avait une augmentation d’activité nucléaire dans ces pays. Il m’a répondu qu’il n’était pas en mesure de demander aux superpuissances de se laisser inspecter.
Alors cela veut-il dire que c’est nous uniquement que l’Agence inspecte ? Si tel est le cas, cette agence n’est pas une organisation internationale, puisqu’elle est sélective, tout à fait comme le Conseil de sécurité et la Cour internationale de Justice. Ceci n’est pas équitable, c’est contraire à l’esprit de l’Organisation des Nations Unies. Nous nous opposons catégoriquement à cette situation.
S’agissant de l’Afrique, qu’il y ait une réforme de l’Organisation des Nations Unies ou non, et même avant qu’on procède au vote sur des propositions historiques, on devrait accorder à l’Afrique un siège permanent au Conseil de sécurité. Elle n’a que trop attendu.
Même en laissant de côté la réforme de l’Organisation des Nations Unies, nous pouvons certainement dire que l’Afrique a été colonisée, isolée et persécutée et qu’on lui a ravi ses droits. Ses habitants ont été réduits en esclavage et traités comme des animaux, tandis que son territoire a été colonisé et mis sous un régime de tutelle. Les pays de l’Union africaine méritent un siège permanent. C’est une vieille dette qui doit être payée, et cela n’a rien à voir avec la réforme de l’Organisation des Nations Unies. C’est un sujet prioritaire et l’un des points les plus importants qui figurent à l’ordre du jour de l’Assemblée générale. Personne ne peut dire que l’Union africaine ne mérite pas un siège permanent.
Qui pourrait s’opposer à cette proposition ? Je défie quiconque de la contester. Où est la preuve que l’Union africaine ou le continent africain ne méritent pas un siège permanent ? Personne ne peut raisonnablement le nier.
Un autre point qui devrait faire l’objet d’un vote à l’Assemblée générale est celui de l’indemnisation des pays qui ont été colonisés, afin d’empêcher qu’à l’avenir, un continent ne soit colonisé et ne voie ses droits usurpés ou ses richesses pillées.
Pourquoi les Africains vont-ils en Europe ? Pourquoi les Asiatiques vont-ils en Europe ? Pourquoi les Latino-Américains vont-ils en Europe ? C’est tout simplement parce que l’Europe a colonisé l’Afrique et l’Asie. Elle a pillé et exploité les ressources nationales de ces pays – le pétrole, les minéraux, l’uranium, l’or et les diamants, les fruits et les légumes, le bétail et les populations. Nous avons aujourd’hui une nouvelle génération en Asie, en Afrique et en Amérique latine qui cherche à récupérer ces ressources pillées, et c’est son droit.
J’ai récemment arrêté à la frontière libyenne un millier d’Africains qui se dirigeaient vers l’Europe. Je leur ai demandé pourquoi ils y allaient et ils m’ont répondu que c’était pour reprendre les richesses qui leur avaient été volées ; sinon, ils n’auraient pas quitté leur pays. Qui peut nous rendre ce qui nous a été volé ? Si vous décidez de restituer toutes ces richesses, il n’y aura plus d’immigration des Philippines, d’Amérique latine, de Maurice et d’Inde. Qu’on nous rende ce qui nous a été volé. L’Afrique a droit à 777 000 milliards de dollars de réparations des pays qui l’ont colonisée. Les Africains exigeront cette somme, et si vous ne la leur donnez pas, ils iront là où vous avez emmené ces milliers de milliards de dollars. Ils ont le droit de le faire. Ils doivent suivre la trace de cet argent et le ramener.
Pourquoi n’y a-t-il pas d’immigration libyenne vers l’Italie, alors même que la Libye est si proche ? L’Italie devait une compensation au peuple libyen. Elle a accepté ce fait et signé un accord avec la Libye, accord qui a été approuvé par les Parlements libyen et italien. L’Italie a reconnu qu’elle avait eu tort de coloniser la Libye et que c’était une chose à ne pas refaire ; et elle s’est engagée à ne pas attaquer le peuple libyen par voie terrestre, aérienne ou maritime. L’Italie a également accepté de verser à la Libye 250 millions de dollars de réparations chaque année pendant 20 ans et de construire un hôpital pour les Libyens mutilés par les mines plantées sur le territoire libyen pendant la Seconde Guerre mondiale. L’Italie a présenté des excuses et promis qu’elle n’occuperait plus jamais le territoire d’un autre pays. Il faut saluer ces mesures prises par l’Italie, qui était un royaume à l’époque du régime fasciste et qui a beaucoup apporté à la civilisation, ainsi que le Premier Ministre Berlusconi et son prédécesseur qui ont également apporté leurs contributions en la matière.
Pourquoi le tiers monde exige-t-il des réparations ? Afin qu’il n’y ait plus de colonisation afin que les pays grands et puissants ne colonisent plus, sachant qu’ils auront à verser des réparations. Il faut punir la colonisation. Les pays qui ont nui à d’autres peuples à l’époque coloniale doivent verser des réparations pour les dommages et les souffrances infligés sous leur domination.
Il y a une autre chose que je voudrais dire, mais avant cela – et la question est assez délicate – je voudrais faire une petite digression. Nous, les Africains, sommes heureux et même fiers qu’un fils de l’Afrique soit aujourd’hui Président des États-Unis d’Amérique. C’est un événement historique. Aujourd’hui, dans un pays où autrefois les Noirs ne pouvaient pas côtoyer les Blancs dans les cafés ou les restaurants, ou s’asseoir à côté d’eux dans les autobus, le peuple américain a élu à la présidence un jeune homme noir d’origine kenyane, M. Obama. C’est merveilleux, et nous en sommes fiers. C’est le début d’un changement. Mais en ce qui me concerne, Obama est un soulagement temporaire pour les quatre ou huit prochaines années. J’ai bien peur que nous ne revenions au point de départ. Personne ne peut garantir comment l’Amérique sera gouvernée après Obama.
Nous serions heureux qu’Obama puisse rester éternellement Président des États-Unis d’Amérique. La déclaration qu’il vient de prononcer montre qu’il est totalement différent de tous les présidents américains que nous avons vus. Les présidents américains avaient pour habitude de nous menacer avec toutes sortes d’armes, disant qu’ils allaient envoyer les opérations Tempête du désert, Raisins de la colère, Rolling Thunder, et des roses empoisonnées pour les enfants libyens. C’était leur façon de procéder. Les présidents américains avaient pour habitude de nous menacer avec des opérations telles que Rolling Thunder au Viet Nam ; Tempête du désert en Iraq ; Mousquetaire en Égypte en 1956, alors que l’Amérique y était opposée ; et les roses empoisonnées envoyées par Reagan aux enfants libyens. Vous vous rendez compte ! On aurait pu croire que les présidents d’un grand pays ayant un siège permanent au Conseil de sécurité et le droit de veto nous auraient protégés et donné la paix. Et qu’avons-nous eu au contraire ? Des bombes guidées au laser lancées par des F-111. C’était leur façon de procéder : nous dirigerons le monde, que cela vous plaise ou non, et nous châtierons tous ceux qui s’opposeront à nous.
Ce que notre fils Obama a dit aujourd’hui est complètement différent. Il a appelé sincèrement au désarmement nucléaire, ce dont nous nous félicitons. Il a également déclaré que l’Amérique ne pouvait pas, seule, régler les problèmes auxquels nous sommes confrontés et que pour ce faire, le monde entier doit œuvrer de concert. Il a dit que nous devons faire plus que ce que nous faisons actuellement, à savoir des discours. Nous sommes d’accord et nous nous en félicitons. Il a ajouté que nous étions venus à l’ONU pour parler les uns contre les autres. Il est vrai que lorsque nous venons ici, nous devrions communiquer sur un pied d’égalité. Et la démocratie, a-t-il dit, ne saurait être imposée de l’extérieur. Tout récemment encore, les présidents américains disaient que la démocratie devrait être imposée à l’Iraq et à d’autres pays. Obama a dit que c’était une affaire intérieure, et il a dit vrai lorsqu’il a déclaré que la démocratie ne pouvait être imposée de l’extérieur.
Restons attentifs avant d’aborder le point sensible. Considérez quelques instants l’expression suivante : « un monde multipolaire ». Le monde doit-il forcément être multipolaire ? Pourquoi les nations ne seraient-elles pas toutes placées sur un pied d’égalité ? Donnez-nous la réponse. Quelqu’un est-il en mesure de répondre et d’affirmer que la multipolarité est préférable ? Pourquoi n’y aurait-il pas d’égalité entre les nations, sans aucun pôle ? Est-il important d’avoir un patriarche ? Est-il important d’avoir des papes ? Doit-il y avoir des dieux ? Pourquoi vouloir un monde multipolaire ? Nous rejetons l’idée d’un monde multipolaire. Nous voulons un monde sans pôles dans lequel toutes les nations, petites et grandes, sont égales. Les pôles nous écrasent.
Le point sensible que je souhaite aborder est l’emplacement du Siège de l’Organisation des Nations Unies, le lieu où nous nous trouvons actuellement. Je vous remercie de bien vouloir rester attentifs. Vous avez tous traversé des océans et des continents – l’océan Atlantique, l’océan Pacifique, l’Asie, l’Europe et l’Afrique – pour venir ici. Pourquoi ? Est-ce Jérusalem ? Est-ce le Vatican ? Est-ce La Mecque ? Vous êtes tous éreintés, endormis et souffrez du décalage horaire dont vous pâtissez sur le plan physique. Une personne vient d’arriver après 20 heures de vol et vous lui demandez de prononcer une allocution et de discuter de l’avenir du monde.
Il est clair que vous êtes tous assoupis et fatigués. Pour quelles raisons ? Pourquoi cette fatigue ? Vous, par exemple, dans votre pays, les gens dorment en ce moment, en pleine nuit, mais vous êtes réveillés alors que vous devriez dormir en fonction de votre horloge biologique. Je me suis réveillé ce matin à quatre heures, heure locale de New York, avant l’aube, car en Libye cela correspond à 11 heures du matin. Je me suis levé tard si on tient compte du fait qu’il est 11 heures en Libye. Je suis debout depuis 4 heures ce matin.
Réfléchissez et dites-moi ce qui justifie toute cette fatigue. Si cela a été décidé en 1945, la situation doit-elle pour autant perdurer jusqu’à aujourd’hui ? Pourquoi ne pas envisager un lieu intermédiaire et confortable ? C’est là le premier point. Le deuxième point important concerne les États-Unis, le pays hôte chargé d’assurer la sécurité au Siège de l’ONU et de veiller à la sécurité des délégations permanentes et des dizaines de chefs d’État qui se rendent au Siège chaque année. Cela implique une sécurité renforcée, des dépenses, des coûts et une tension extrême à New York et dans tout le pays.
Je veux délester l’Amérique de ce poids. Soulagez-la de cette charge et remerciez-la. Remerciez l’Amérique et dites-lui que vous voulez l’aider et tranquilliser New York. Il faut rassurer l’Amérique. Elle n’aura plus à assumer la responsabilité de dizaines de chefs d’État qui se rendent au Siège. Imaginons que quelqu’un fasse exploser l’avion ou la voiture d’un Président. Un terroriste peut aussi venir faire sauter ce bâtiment qui, d’ailleurs, est la cible d’Al-Qaida. Oui, ces locaux. Pourquoi alors n’ont-ils pas été frappés le 11 septembre ? C’est qu’ils n’ont pas eu le choix. Les opérations avortées étaient peut-être dirigées contre ce lieu, qui est la prochaine cible visée. Mes propos sont fondés. Des dizaines de membres d’Al-Qaida sont en effet détenus dans nos prisons et leurs aveux sont très troublants. L’Amérique vit ainsi sous très haute tension car le bâtiment de l’Organisation des Nations Unies peut être la cible d’un détournement d’avion ou d’un missile pouvant entraîner la mort de dizaines de chefs d’État. Nous voulons soulager l’Amérique de ce poids. Nous la remercions, ne demandons qu’à l’aider et à transférer le Siège dans un lieu non menacé.
Au bout de 50 ans, le Siège devrait être transféré vers une autre partie du monde. Cinquante ans en Occident suffisent. Les 50 années suivantes, il devrait se trouver au centre du globe ou en Orient et ainsi de suite tous les 50 ans : à l’Est, à l’Ouest, au centre. Le Siège se trouve ici depuis 64 ans, soit 14 ans de plus que la période qu’il faudrait respecter. Il devrait être transféré.
Cela n’a bien entendu rien à voir avec les États-Unis. C’est un service que nous rendons à l’Amérique, une aide que nous lui apportons en la remerciant. La situation en place était d’actualité en 1945 mais ne saurait être maintenue aujourd’hui. Nous ne l’acceptons plus. Cette proposition est bien entendue soumise à un vote de l’Assemblée générale et de l’Assemblée générale seulement. Au titre de la section 23 de l’Accord de siège, le Siège de l’Organisation des Nations Unies ne peut être transféré que si l’Assemblée générale le décide à la majorité simple. Si 51 % des membres de l’Assemblée générale approuvent le transfert du Siège, le Siège doit être transféré. Nous n’avons pas à supporter tous ces tracas et à faire le voyage jusqu’ici depuis l’Inde, les Philippines, l’Australie ou les Comores. Je suis étonné que l’on demande à mon frère Ahmad, Président des Comores, de venir prononcer une allocution à l’Organisation des Nations Unies après 14 heures de vol. Comment peut-il prononcer une allocution alors qu’il subit les effets du décalage horaire ? Les personnes qui viennent ici subissent d’autres tracas.
Les États-Unis ont le droit d’imposer des restrictions importantes car le pays est la cible d’Al-Qaida, des terroristes. Il a le droit de prendre des mesures de sécurité et nous ne remettons certainement pas cela en cause. Cependant, sommes-nous obligés de passer par toutes ces mesures ? Cela n’est pas obligatoire. Pourquoi ? Pour nous rendre à New York ? Notre venue à New York et toutes ces mesures ne s’imposent pas. Un Président m’a fait part de ses griefs et expliqué que son copilote attitré n’avait pas été autorisé à entrer aux États-Unis en raison de restrictions. Il a alors demandé comment il pouvait traverser l’océan Atlantique sans lui et on lui a répondu de faire le voyage sans copilote ! Pourquoi ? Il n’a aucune obligation. Il n’est pas tenu de venir. Un autre Président s’est également plaint à moi et m’a dit que le chef de sa garde présidentielle n’avait pas obtenu de visa à cause d’une confusion sur son nom. Il a protesté mais est venu sans lui. Un autre Président m’a raconté que son médecin personnel n’avait pas pu l’accompagner car l’octroi de son visa posait problème et qu’il ne pouvait pas entrer aux États-Unis.
Vous constatez par vous-mêmes que les mesures sont ici extrêmement strictes. Si un pays a des relations tendues avec les États-Unis, il se voit imposer le choix de son représentant et de la composition de sa délégation. Il faut faire 50 pas dans une direction, marcher 500 mètres dans telle autre direction, comme si on se trouvait à Guantanamo. S’agit-il d’un membre de l’Organisation des Nations Unies ou d’un détenu de Guantanamo ?
Voici ce qui est soumis au vote de l’Assemblée générale : le transfert du Siège. Si 51 % de ses membres votent pour le transfert du Siège, il faudra procéder à un autre vote pour décider de son nouvel emplacement : au centre du globe ou en Orient ? Imaginons que l’Assemblée choisisse la première option et que la candidature de deux villes, Syrte et Vienne, soit soumise à un vote. Est-ce que, au centre du globe, vous souhaitez que le Siège se trouve à Syrte ou à Vienne ? À Syrte. Vous pouvez avancer sur 1 000 kilomètres sans que personne ne vous en empêche. Vous pouvez venir avec votre avion privé rempli de toutes les personnes qui vous entourent, même si elles n’ont pas de visa ; du moment qu’elles accompagnent le Président, elles le peuvent. C’est un pays sûr. Peut-on admettre de voir ses mouvements limités à 500 mètres ? La Libye n’a d’animosité envers personne et n’est pas menacée. De même, je ne pense pas que Vienne impose non plus de telles restrictions. Si, à l’issue du vote, le choix se porte sur l’Orient, il faudra opter pour la capitale indienne, Delhi, ou la capitale chinoise, Beijing.
Cela est logique, mes frères, et ne peut pas soulever d’objections. Par la suite, vous me remercierez d’avoir présenté cette proposition. Remerciez alors ceux qui ont voté pour. Vous n’aurez ainsi plus à subir 14, 15 ou 20 heures de vol pour venir ici ; pourquoi supporter cela ? Personne ne dit que la contribution des États-Unis à l’ONU sera réduite. Pourquoi avoir une mauvaise opinion de l’Amérique ? Au contraire, les États-Unis honorent leurs engagements envers cette Organisation et n’auront aucune raison de s’indigner ou de protester, bien au contraire. L’Amérique vous remerciera de l’avoir délestée d’un poids. L’Amérique devrait nous remercier d’avoir pris sur nous ce fardeau et toutes les restrictions, même si cet endroit est la cible de terroristes.
Nous en venons maintenant aux questions qui seront examinées par l’Assemblée générale. Nous sommes sur le point de remettre l’ONU en question ; la vieille Organisation va s’éteindre et une nouvelle va émerger. Ce n’est pas un rassemblement ordinaire. M. Obama lui-même l’a dit : il s’agit d’une réunion historique.
Pourquoi les guerres qui ont eu lieu après la création de l’ONU ont-elles éclaté ? Où était le Conseil de sécurité, où était la Charte, où était l’ONU ? Il devrait y avoir des enquêtes et une intervention judiciaire. Pourquoi y a-t-il eu des massacres ? Commençons par la guerre de Corée, qui a eu lieu après la création de l’ONU. Comment une guerre a-t-elle pu se déclarer et causer des millions de victimes ? Des armes nucléaires auraient pu être utilisées au cours de cette guerre. Les responsables de ce conflit devraient être jugés et devraient payer des indemnités et des dommages.
Venons-en maintenant à la guerre du Canal de Suez en 1956. Ce dossier devrait être grand ouvert. Trois pays ayant un siège permanent au Conseil de sécurité et qui jouissent du droit de veto au Conseil de sécurité ont attaqué un État Membre de l’Assemblée générale. Un État souverain – l’Égypte – a été attaqué, son armée décimée, des milliers d’Égyptiens tués et de nombreuses villes égyptiennes détruites, tout cela parce que l’Égypte voulait nationaliser le Canal de Suez. Comment une telle chose a-t-elle pu arriver à l’ère de l’Organisation des Nations Unies et de sa Charte ? Comment est-il possible de garantir qu’une telle chose n’arrivera plus, à moins de reconnaître ses torts passés ? C’était là de dangereux événements et les dossiers des guerres de Corée et du Canal de Suez devraient être rouverts.
Ensuite, passons à la guerre du Vietnam. Cette guerre a fait 3 millions de victimes. Pendant 12 jours, plus de bombes ont été larguées que pendant les quatre années qu’a duré la Seconde guerre mondiale. C’était un conflit plus acharné, et il s’est produit après la création de l’ONU et après que nous avions convenu qu’il n’y aurait plus de guerres.
L’avenir de l’humanité est en jeu. Nous ne pouvons rester silencieux. Comment pouvons-nous nous sentir en sécurité ? Comment pouvons-nous être satisfaits ? Il s’agit de l’avenir du monde, et nous qui sommes membres de l’Assemblée générale des Nations Unies devons faire en sorte que de telles guerres ne se répètent pas à l’avenir.
Puis ce fut au tour du Panama d’être attaqué, alors qu’il s’agissait un État Membre indépendant de l’Assemblée générale. Quatre mille personnes ont été tuées, et le Président de ce pays a été arrêté et jeté en prison. Noriega devrait être relâché, nous devrions rouvrir ce dossier. Comment pouvons-nous autoriser un pays qui est un État Membre de l’ONU à faire la guerre à un autre pays et à s’emparer de son Président, à le traiter comme un criminel et à le mettre en prison ? Qui accepterait cela ? Cela peut survenir de nouveau. Nous ne devons pas nous taire. Nous devons mener une enquête. Chacun d’entre nous pourrait se retrouver dans la même situation, surtout si une telle agression est perpétrée par un État Membre doté d’un siège permanent au Conseil de sécurité et chargé de veiller au maintien de la paix et de la sécurité dans le monde.
Ensuite, ce fut la guerre à Grenade. Ce pays a été envahi alors qu’il était un État Membre. Il a été attaqué par 5 000 navires de guerre, 7 000 soldats et des dizaines d’avions militaires, or c’est le plus petit pays du monde. Cela s’est produit après la création de l’ONU et du Conseil de sécurité et de son veto. Et le Président grenadien, M. Maurice Bishop, a été assassiné. Comment cela a-t-il pu se produire en toute impunité ? C’est une tragédie. Comment pouvons-nous déterminer que l’ONU est une bonne chose ou pas, qu’un certain pays est bon ou ne l’est pas ? Pouvons-nous, oui ou non, être en sécurité ou heureux au sujet de notre avenir ? Pouvons-nous, oui ou non, faire confiance au Conseil de sécurité ? Pouvons-nous, oui ou non, faire confiance à l’Organisation des Nations Unies ?
Nous devons jeter un coup d’œil sur les bombardements en Somalie, et ouvrir une enquête. La Somalie est un État Membre de l’ONU et un pays indépendant, dirigé par M. Aidid. Nous exigeons une enquête. Pourquoi cela est-il arrivé ? Qui a permis que cela arrive ? Qui a donné le feu vert pour que ce pays soit attaqué ?
Nous avons ensuite l’ex-Yougoslavie. Aucun pays n’était aussi paisible que la Yougoslavie, construite pas à pas et morceau par morceau après avoir été détruite par Hitler. Nous l’avons nous aussi détruite, comme si nous refaisions la même chose qu’Hitler. Tito avait progressivement construit ce pays pierre par pierre, puis nous sommes arrivés et nous l’avons anéantie au nom d’intérêts impérialistes personnels. Comment pouvons-nous nous en satisfaire ? Pourquoi ne pouvons-nous pas en être contents ? Si un pays pacifique tel que la Yougoslavie a connu une telle tragédie, l’Assemblée générale doit faire une enquête et doit décider qui devrait être jugé devant la Cour pénale internationale.
Puis, nous avons la guerre en Iraq – la mère de tous les maux. L’ONU devrait également enquêter sur ce dossier. L’Assemblée générale, présidée par Dr. Treki, devrait mener une enquête. L’invasion de l’Iraq était une violation de la Charte des Nations Unies. Cela s’est fait sans justification aucune par des superpuissances siégeant de façon permanente au Conseil de sécurité. L’Iraq est un pays indépendant et un État membre de l’Assemblée générale. Comment ces pays peuvent-ils attaquer l’Iraq ? Comme le stipule la Charte, l’ONU aurait dû intervenir et stopper l’attaque.
Nous avons pris la parole à l’Assemblée générale et nous l’avons exhortée à user de la Charte pour faire cesser cette attaque. Nous étions contre l’invasion du Koweït, et les pays arabes ont combattu aux côtés de pays étrangers au nom de la Charte des Nations Unies.
La première fois la Charte a été respectée. La deuxième fois que nous avons voulu utiliser la Charte pour stopper la guerre contre l’Iraq, personne ne l’a utilisée et ce document fut totalement ignoré. Pourquoi ? M. Treki et l’Assemblée générale devrait enquêter pour déterminer s’il y avait la moindre raison d’envahir l’Iraq. En effet, les raisons de cette attaque restent mystérieuses et ambiguës, et nous pourrions nous trouver face à la même situation.
Pourquoi l’Iraq a-t-il été envahi ? L’invasion elle-même était une grave violation de la Charte des Nations Unies, et c’était en outre une erreur. Il y a aussi eu un massacre total ou un génocide. Plus de 1,5 million d’Iraquiens ont été tués. Nous voulons que la Cour pénale internationale (CPI) soit saisi du dossier iraquien, et que ceux qui ont commis des meurtres de masse contre le peuple iraquien soient jugés.
Il est facile de juger Charles Taylor, Bashir, ou Noriega. C’est une tâche aisée. Entendu, mais qu’en est-il de ceux qui ont commis des meurtres de masse contre les Iraquiens ? Ne peuvent-ils pas être jugés ? Ne peuvent-ils pas comparaître devant la CPI ? Si la Cour n’est pas capable de faire ce que nous lui demandons, alors nous ne devrions pas l’accepter. Ou bien elle est conçue pour chacun d’entre nous, petits ou grands, ou bien nous devons la rejeter.
Quiconque commet un crime de guerre peut être jugé, mais nous ne sommes pas du bétail ou des animaux comme ceux que l’on massacre pour l’Aid. Nous avons le droit de vivre, et nous sommes prêts à nous battre et à nous défendre. Nous avons le droit de vivre dans la dignité, sous le soleil et sur la terre ; on nous a déjà mis à l’épreuve et nous avons tenu bon.
Il y a également d’autres choses. Pourquoi les prisonniers de guerre iraquiens peuvent-ils être condamnés à mort ? Lorsque l’Iraq a été envahi et que le Président iraquien a été arrêté, il était prisonnier de guerre. Il n’aurait pas dû être jugé, il n’aurait pas dû être pendu. Une fois la guerre terminée, il aurait dû être libéré. Nous voulons savoir pourquoi un prisonnier de guerre devait être jugé. Qui a condamné à mort le Président de l’Iraq ? Y a-t-il une réponse à cette question ? Nous connaissons l’identité du juge qui a conduit le procès. Mais quant à ceux qui ont serré le nœud autour du cou du Président le jour du sacrifice et l’ont pendu, ces personnes portaient des masques. Comment une telle chose a-t-elle pu se produire dans un monde civilisé ? Il s’agissait de prisonniers de guerre de pays civilisés obéissant au droit international. Comment des ministres d’un gouvernement et un chef de l’État ont-ils pu être condamnés à mort et pendus ? Ceux qui les ont jugés étaient-ils des avocats ou des membres d’un système judiciaire ?
Savez-vous ce que les gens disent ? Ils disent que les visages derrière ces masques étaient ceux du Président des États-Unis et du Premier Ministre du Royaume-Uni et que ce sont eux qui ont exécuté le Président iraquien.
Pourquoi les bourreaux ne montrent-ils pas leur visage ? Pourquoi ne connaissons-nous pas leur grade ? Pourquoi ne savons-nous pas s’il s’agissait d’officiers, de juges, de soldats ou de docteurs ? Comment se fait-il que le Président d’un État Membre de l’Organisation des Nations Unies ait été condamné à mort et exécuté ? Nous ne connaissons pas l’identité de ses bourreaux. L’ONU a le devoir de répondre à ces questions. Qui a exécuté la sentence de mort ? Ces personnes doivent bien avoir un statut juridique ou des responsabilités officielles. Nous devons connaître leur identité et nous devons savoir si un docteur était présent et quelle a été la nature de toutes les procédures judiciaires. Cela vaut pour tout citoyen ordinaire et encore plus pour le Président d’un État Membre de l’ONU qui a été exécuté de cette façon.
Mon troisième point concernant la guerre en Iraq porte sur Abu Ghraib, qui a constitué une honte pour l’humanité. Je sais que les autorités américaines vont enquêter sur ce scandale, mais l’ONU ne doit pas l’ignorer non plus. L’Assemblée générale devrait elle aussi mener une enquête. Les prisonniers de guerre détenus à la prison d’Abu Ghraib ont été torturés ; des chiens ont été lâchés sur eux ; des hommes ont été violés. Ces faits sont sans précédent dans l’histoire des guerres. Des actes de sodomie ont été commis, un péché sans précédent, auquel aucun agresseur ou envahisseur ne s’était jamais livré encore. Les prisonniers de guerre sont des soldats, mais ces prisonniers – là ont été violés dans leur geôle par un État qui est membre permanent du Conseil de sécurité. Cela va à l’encontre de la civilisation et de l’humanité. Nous ne pouvons pas rester sans rien dire ; nous devons connaître les faits. Aujourd’hui encore, il reste 250 000 prisonniers iraquiens, hommes et femmes, à Abu Ghraib. Ils sont maltraités, persécutés et violés. Il faut impérativement procéder à une enquête.
Passant à la guerre en Afghanistan, il faut là aussi qu’une enquête soit menée. Pourquoi sommes-nous contre les Taliban ? Pourquoi sommes-nous contre l’Afghanistan ? Qui sont les Taliban ? Si les Taliban souhaitent avoir un État religieux, il n’y a pas de problème. Prenez par exemple le Vatican. Est-ce que le Vatican représente une menace pour nous ? Non. Il s’agit d’un État religieux, très pacifique. Si les Taliban veulent créer un émirat islamique, qui dit que cela fait d’eux des ennemis ? Quelqu’un prétend-il que Ben Laden est un Taliban ou qu’il est afghan ? Ben Laden est-il taliban ? Non, il n’est pas taliban et il n’est pas afghan. Les terroristes qui ont frappé la ville de New York étaient-ils taliban ? Venaient-ils d’Afghanistan ? Ils n’étaient ni l’un, ni l’autre. Pour quelle raison a-t-on donc déclenché la guerre en Iraq et en Afghanistan ?
Si je voulais vraiment tromper mes amis américains et britanniques, je les encouragerais à envoyer davantage de troupes et à poursuivre ce bain de sang. Mais jamais ils ne l’emporteront en Iraq ou en Afghanistan. Regardez ce qui leur est arrivé en Iraq, qui est un désert. Les choses sont encore pires dans les montagnes de l’Afghanistan. Si je voulais les tromper, je leur dirais donc de continuer la guerre en Iraq et en Afghanistan. Mais non, je veux sauver les citoyens des États-Unis, du Royaume-Uni et des autres pays qui combattent en Iraq et en Afghanistan. C’est pourquoi je leur dis : laissez l’Afghanistan aux Afghans ; laissez l’Iraq aux Iraquiens. S’ils veulent se faire la guerre entre eux, ils sont libres de le faire.
L’Amérique a eu sa Guerre civile, et personne n’est intervenu. Il y a eu des guerres civiles en Espagne, en Chine et dans d’autres pays partout dans le monde, aucune zone de la planète n’a été épargnée par la guerre civile. Qu’il y ait donc une guerre civile en Iraq. Si les Iraquiens veulent une guerre civile et s’entretuer, laissons-les faire. Qui peut affirmer que si les Taliban forment un gouvernement, ils posséderont alors des missiles intercontinentaux ou des avions capables de frapper New York ? Les avions qui ont attaqué New York ont-ils décollé d’Afghanistan ou d’Iraq ? Non, ils ont décollé d’aéroports américains. Pourquoi donc s’en prendre à l’Afghanistan ? Les terroristes n’étaient pas afghans, ni talibans, ni iraquiens.
Pourquoi nous taisons-nous ? Nous ne devons jamais être des fauteurs de guerre. Quiconque ne dit pas la vérité est un suppôt de Satan. Nous sommes attachés à la paix et à la sécurité internationales. Notre intention n’est pas de mépriser ou de ridiculiser le genre humain. Nous voulons sauver l’humanité.
En tant que Président de l’Assemblée générale, M. Ali Treki devrait ouvrir une enquête sur les assassinats, en plus d’une enquête sur les guerres. Qui a tué Patrice Lumumba, et pourquoi ? Nous voulons simplement que cela figure dans les annales de l’histoire africaine. Nous voulons savoir comment un dirigeant africain, un libérateur, a pu être assassiné ? Qui l’a tué ? Nous voulons que nos fils puissent lire l’histoire de l’assassinat de Patrice Lumumba, le héros de la lutte pour la libération du Congo. Nous voulons connaître les faits, même 50 ans plus tard. C’est l’un des dossiers que nous devons rouvrir.
Qui a tué le Secrétaire général Hammarskjöld ? Qui a tiré sur son avion en 1961 et pourquoi ?
Il y a également l’assassinat du Président des États-Unis Kennedy en 1963. Nous voulons savoir qui l’a tué et pourquoi. Quelqu’un du nom de Lee Harvey Oswald, qui a ensuite été tué par un certain Jack Ruby. Pourquoi l’a-t-il tué ? Jack Ruby, un Israélien, a tué Lee Harvey Oswald, qui a tué Kennedy. Pourquoi cet Israélien a-t-il tué l’assassin de Kennedy ? Puis Jack Ruby, l’assassin de l’assassin de Kennedy, est mort dans des circonstances mystérieuses avant d’avoir pu être jugé. Nous devons ouvrir ces dossiers. Le monde entier sait que Kennedy voulait enquêter sur le réacteur nucléaire israélien Dimona. Cette affaire concerne la paix et la sécurité internationales ainsi que la question des armes de destruction massive. C’est pourquoi nous devons ouvrir ce dossier.
Et puis il y a le dossier Martin Luther King, révérend et militant noir des droits de l’homme dont l’assassinat est le résultat d’un complot. Nous devons ouvrir ce dossier et savoir qui sont les responsables et les traduire en justice.
Ensuite, il y a l’assassinat du Palestinien Khalil al-Wazir, ou Abu Jihad, tué dans l’attentat perpétré contre lui dans un État Membre souverain, la Tunisie, où il vivait en toute quiétude. Quatre navires de guerre, deux sous-marins et deux hélicoptères ont pris part à l’agression. La souveraineté de cet État a été bafouée pour tuer Khalil al-Wazir. Comment se taire devant de tels actes ? Devons-nous continuer d’être exposés chaque jour à des attaques par des sous-marins et des navires de guerre qui débarquent sur nos côtes pour prendre qui ils veulent sans avoir à rendre des comptes ? Nous devons demander des comptes ? Nous devons ouvrir le dossier de l’assassinat d’Abou Ayad et enquêter sur les circonstances troubles de sa mort. Vient ensuite l’opération Ferdan, ou opération « Yanbu’ al-chabab » (Elixir de jeunesse), au cours de laquelle ont été tués Kamel Nasser, un poète, Kamel Adwan et Abu Youssef al-Najjar, trois Palestiniens agressés au Liban, un État souverain Membre de l’Assemblée générale des Nations Unies alors qu’ils croyaient vivre en sécurité dans la capitale. Dans cette affaire, nous devons découvrir l’auteur de ce crime pour qu’il soit jugé et qu’un tel acte ne se reproduise pas.
Nous avons déjà évoqué l’invasion de la Grenade, membre de cette Assemblée, lors de laquelle le Président Bishop a trouvé la mort. Sept mille soldats, 15 navires de guerre et des dizaines de bombardiers ont participé à cette opération contre un État Membre. Il s’agit de crimes qu’on ne peut taire. Autrement, nous donnerions l’impression d’être des sacrifiés et chaque année viendrait le tour de l’un d’entre nous. Nous ne sommes pas des animaux en laisse. Nous luttons pour notre existence, pour nos enfants et nos petits-enfants. Nous n’avons pas peur car nous avons le droit de vivre. La Terre n’a pas été créée pour les grandes puissances. Dieu l’a créée pour nous tous. Est-ce que nous allons y vivre dans la servilité ? Certainement pas.
Des enquêtes doivent être ouvertes sur d’horribles guerres, assassinats et massacres. Le massacre de Sabra et Chatila a fait 3 000 morts. Cette zone était sous la responsabilité de l’armée israélienne d’occupation. Un massacre y a été perpétré contre des hommes, des femmes et des enfants pour la plupart Palestiniens. Trois mille morts… Comment se taire devant un tel crime alors que le Liban est un pays indépendant et membre de cette Assemblée qui a été occupé, dont la région de Sabra et Chatila a été prise sous contrôle et où 3 000 personnes ont été tuées ?
Ensuite, il y eu la tuerie de Gaza en 2008. Pour rappel, 1 000 femmes y ont été tuées ou blessées ainsi que 2 200 enfants, soit 3 200 femmes et enfants. Cinquante bâtiments des Nations Unies ont été détruits durant l’agression ainsi que 30 autres appartenant à des organisations non gouvernementales. Soixante centres de soins ont été détruits et 40 médecins et infirmiers ont trouvé la mort alors qu’ils œuvraient dans le cadre de l’action humanitaire. Il s’agit là du massacre de Gaza, perpétré en décembre 2008.
Les agresseurs sont connus et toujours en vie. Ils doivent être jugés par la Cour pénale internationale. Seuls les petits États et les pays du tiers monde sont-ils traduits devant cette institution, à l’exclusion des protégés ? Si elle n’est pas internationale, nous non plus ne la reconnaissons pas ; si elle est internationale, alors tous les pays doivent être justiciables. Si les décisions de la Cour ne sont pas respectées et appliquées, si l’Agence internationale pour l’énergie atomique n’est pas au service de tous les pays, si l’Assemblée générale n’a aucun poids et si le Conseil de sécurité est monopolisé, alors à quoi sert l’Organisation des Nations Unies ? À rien. Qu’est-ce que l’Organisation des Nations Unies ? Qui sommes-nous ? Il n’y a pas de Nations Unies.
Venons-en maintenant à la piraterie. Il s’agit d’un phénomène qui peut se propager à toutes les mers du monde et constituer un danger similaire au terrorisme. S’agissant de la piraterie au large des côtes somaliennes, j’affirme que les Somaliens ne sont pas des pirates. Nous sommes les pirates. Nous avons mis la main sur leurs ressources, leurs moyens d’existence, leurs zones économiques et leurs eaux territoriales. Tous nos bateaux – libyens, indiens, américains, japonais et de tous les autres pays – commettent des actes de piraterie, et nous sommes tous des pirates. Nous avons violé les eaux somaliennes et une fois le pays submergé, nous sommes venus le piller. Afin de protéger leurs ressources halieutiques qui constituent leurs richesses et celles de leurs enfants, les Somaliens se sont tournés vers la piraterie. Ce ne sont pas des pirates car ils protègent les ressources destinées à leurs enfants. Vous voulez à présent régler le problème de manière erronée en proposant d’envoyer des bateaux de guerre contre les Somaliens. Ces bateaux doivent plutôt être dirigés contre les pirates qui ont mis la main sur les richesses des Somaliens et les ressources de leurs enfants. Ce sont les bateaux de pêche étrangers qu’il faut attaquer.
J’ai rencontré les pirates et leur ai dit que j’œuvrais à l’élaboration d’un traité avec la communauté internationale stipulant que la zone économique maritime de Somalie de 200 miles marins doit être respectée, conformément au droit de la mer, et que toutes les ressources maritimes de cette zone appartiennent aux Somaliens. Le monde doit respecter cette région, et tous les pays doivent s’interdire de procéder à des rejets toxiques polluants dans les eaux territoriales et près des côtes somaliennes. En contrepartie, les somaliens doivent cesser d’attaquer les navires. Cet accord sera finalisé et soumis à l’Assemblée générale des Nations Unies. Voilà quelle doit être la solution plutôt que d’envoyer d’autres navires pour attaquer les Somaliens. Encore plus astucieux, des navires de guerre ont été envoyés pour empêcher aux Somaliens de quitter les ports et donc de rapporter le fruit de leur pêche à leurs enfants.
Nous n’abordons pas le problème de la piraterie de la bonne façon, de même que nous n’adoptons pas la bonne approche pour lutter contre le terrorisme et les maladies. Pourquoi la manière de faire face aux maladies est-elle erronée ? Si les vaccins contre la grippe porcine – il y aura peut-être à l’avenir la grippe du poisson car les entreprises liées aux services de renseignement y travaillent – se vendent à des prix prohibitifs, c’est qu’il s’agit de commerce. Un virus est créé et propagé à travers le monde pour que les entreprises capitalistes fassent des profits grâce à la vente des médicaments. Cela est inadmissible. Les vaccins et les médicaments ne doivent pas se vendre mais doivent être offerts gratuitement. Lisez le Livre Vert, il interdit de vendre les médicaments. Annoncez la gratuité des médicaments et des vaccins et les virus ne se propageront plus car ils sont créés pour que des vaccins soient mis au point et que les entreprises capitalistes en tirent profit. C’est une mauvaise démarche. Proclamez la gratuité des vaccins, même en cas de virus réels car ils doivent être fournis gratuitement. Le monde doit s’évertuer à fabriquer ces vaccins pour sauver des vies. Toutes ces questions, dossiers et affaires sont portés à l’attention de l’Assemblée générale des Nations Unies qui doit s’y consacrer pleinement.
Passons maintenant à la Convention d’Ottawa qui interdit la production, le transfert et la vente des mines terrestres. Il s’agit la d’une erreur. Les mines sont une arme défensive et non pas offensive. Les mines ne se déplacent pas et n’attaquent pas mais demeurent là où elles ont été placées. Pourquoi se rendre là où elles se trouvent ? Je décide de placer des mines le long ces frontières de mon pays ; celui qui viole ces frontières se retrouve avec la main et le bras coupés. Je demande aux pays qui ont ratifié la Convention de revoir leur position. Pour plus de détails sur ce sujet, le site Web « alqadafi.net » offre de plus amples explications concernant les amendements à apporter. Cette Convention doit être soit amendée soit abrogée. Ils veulent aussi nous dépouiller de nos mines antipersonnel. Je veux utiliser des mines devant chez moi et devant mon exploitation. C’est un moyen de défense et non une arme offensive. Éliminez plutôt les armes nucléaires et les missiles qui traversent les frontières.
S’agissant de la question de Palestine, la solution à deux États est irréalisable, et je vous exhorte à ne plus l’envisager. La solution est l’instauration d’un seul État démocratique où cohabiteraient, entre autres, juifs, musulmans, Palestiniens et chrétiens, comme au Liban. La solution à deux États n’est pas réalisable. La partition du territoire est vouée à l’échec car il ne s’agit pas de deux États voisins. Ils sont d’ores et déjà totalement imbriqués. Ce sont deux pays où il y a des interactions de territoires et de populations. Ils sont entremêlés. On ne peut pas établir de zone tampon entre eux car il n’existe pas de zone de séparation. Il y a en effet un demi-million de colons israéliens en Cisjordanie et 1 million de Palestiniens colonisés dans le territoire appelé Israël. Comment en faire deux États ?
Le monde doit envisager l’instauration d’un seul État démocratique exempt de fanatisme religieux et de sectarisme fondé sur la nationalité ou la langue. Ces attitudes réactionnaires n’ont plus lieu d’être. Ce sont des idées remontant à l’époque du rideau de fer, de la Seconde Guerre mondiale, d’Arafat et de Sharon. Cette époque est révolue. La nouvelle génération veut un seul État démocratique et nous devons déployer tous les efforts possibles pour y parvenir. Il faut imposer un seul État dans lequel chacun peut vivre en paix. Regardez les jeunes palestiniens et les jeunes israéliens. Ils veulent vivre en paix dans un seul pays démocratique. Il faut en finir avec ce problème qui embarrasse le monde entier.
Le Livre Blanc, que vous pourrez garder, M. Treki, propose la solution intitulée « Isratine ». Il n’y a pas d’animosité entre nous. Les Arabes n’ont pas d’animosité contre les Israéliens. Ils sont cousins et vivent ensemble, en paix. Les réfugiés palestiniens devraient regagner leur pays pour vivre en paix dans un État unique.
C’est vous qui les avez brûlés. C’est vous qui êtes responsables de l’holocauste et qui avez construit les fours crématoires et les chambres à gaz et en Europe. C’est vous qui haïssez les juifs, ce n’est pas nous. Nous leur avons donné refuge pendant l’ère romaine, lorsqu’ils ont été expulsés d’Andalousie, et à l’époque de la guerre avec Hitler, des fours crématoires d’Hitler et des gaz mortels. Nous les avons protégés. Vous les avez expulsés. Et vous leur avez dit d’aller combattre les Arabes. Rétablissons la vérité. Nous ne sommes pas des ennemis des Juifs. Ce sont nos cousins. Les Juifs vont un jour avoir besoin des Arabes, et les Arabes vont les protéger dans l’avenir, comme ils l’ont fait dans le passé. Rappelez-vous ce que Titus, Hadrien, Édouard Ier et Hitler ont fait aux Juifs. C’est vous qui les haïssez, qui haïssez les Sémites.
En quelques mots, la question du Cachemire appelle une seule solution, à savoir que le Cachemire devienne un État indépendant, ni indien ni pakistanais, pour que ce conflit se termine.
S’agissant du Darfour, je souhaite que l’aide des organisations internationales dont vous parlez soit affectée à des projets en faveur du développement industriel, de l’irrigation et de l’agriculture, l’industrialisation et l’irrigation. La paix règne désormais au Darfour, il n’y a pas de guerre. C’est vous qui avez dramatisé la situation à des fins d’ingérence, pour y asseoir votre influence, en raison du pétrole et au détriment des habitants du Darfour.
L’affaire Hariri est devenue un problème de l’ONU parce que vous avez demandé à l’ONU d’enquêter sur l’affaire Hariri, Dieu ait son âme. Vous voulez sacrifier le sang de Hariri et tirer profit de sa dépouille pour régler des comptes avec la Syrie. Sinon pour quelle autre raison ? Le Liban n’est-il pas un État indépendant, avec un parquet, des lois, des tribunaux et une force de police, capable de trouver les coupables ? En réalité, ce ne sont pas les coupables que l’on recherche, mais on cherche plutôt à régler des comptes avec la Syrie. L’affaire Hariri est sacrifiée et l’enquête ne donnera aucun résultat. Partant, il faut que l’Organisation des Nations Unies soit également saisie des affaires Abou Ayad, Khalil al-Wazir, Kennedy, Lumumba et Hammarskjöld.
La Libye assure actuellement la présidence de l’Assemblée générale, et c’est son droit. La Libye peut contribuer à aider le monde à passer d’une époque à une autre ; à passer d’un monde malmené, affligeant, humilié, terrifié, redoutable et menaçant à un monde où règnent l’humanisme et la tolérance. J’assurerai le suivi de cette action avec l’Assemblée générale, avec M. Treki et avec le Secrétaire général, car nous ne permettons aucune complaisance ni concession s’agissant de la destinée de l’humanité, du combat que mènent les hommes pour vivre en paix, de la lutte du tiers monde en particulier et des 100 petits pays pour vivre comme il se doit sous le soleil et sur Terre. Ce combat sera poursuivi jusqu’au bout.
Président du Conseil de la Révolution de la République arabe libyenne populaire et socialiste.


mardi 1 mars 2011

Khadafi ou lorsque l'Occident découvre les crimes de ses amis!


Ainsi donc, les Occidentaux découvrent que Khadafi est un "dictateur", un "fou", un "dingue", un "psychopate"...Que sais-je encore?

Ce qui est toujours plaisant avec l'Occident, c'est qu'il découvre tardivement et à géométrie variable que tel ou tel est un dictateur et là tout le monde s'en donne à coeur joie. A partir de ce moment, on assiste à une diarrhée verbale et tous les superlatifs sont collés à celui-là qu'il y a peu, on recevait en grande pompe et on visitait régulièrement. On ne boutait pas le plaisir de lui prendre de l'argent pour financer les partis politiques et les campagnes électorales ainsi que pour résoudre certaines factures personnelles autant qu'on en faisait avec Bongo, Mobutu, Houphouet Boigny, Hassan II et Eyadéma...pour ne citer que ceux-là. Au fond, Dieu sait combien l'Occident et ses donneurs de leçons aiment à être avec les vainqueurs du moment. 

Voilà que les moralistes à deux sous, en viennent à se demander comment leur si propre pays, la France, qui n'a pas du sang des Indochinois, des Algériens, des Africains et parfois des Français, sur les mains, a pu recevoir un terroriste de la trempe de Khadafi sur son sol.
Eh bien, Mesdames, Messieurs, les moralistes et droitdel'hommistes de la 25è heure, oui votre beau pays la France a reçu Khadafi comme il a reçu plein d'autres tyrans plus frustres encore: Bokassa, Mobutu, Eyadéma, Bongo, Ben Ali, Paul Biya, Idriss Déby, Patassé, Bozizé....et bien d'autres. Et cette pratique ne va pas être arrêtée car la belle France (l'Occident) sait toujours comme d'autres pays intéressés, se prendre avec les dictateurs pour mettre la main sur les richesses des territoires qu'ils dirigent. Car, avant les soulèvements maghrébins, l'Occident fonctionnait avec des schémas qui faisaient des fils des dictateurs chéris de la région, leurs successeurs. Mais comme toujours, l'Occident sait aussi sauter par-dessus bord avant le grand naufrage.

Aujourd'hui même, cette si propre France place et soutient des fils d'Eyadéma (Togo), de Bongo (Gabon) à la place de leur père. Elle continue de soutenir des assassins comme Paul Biya qui l'été dernier n'a pas manqué de dépenser plus d'un million d'euros en une semaine dans cette si belle France. On n'avait alors entendu que de très froides indignations. Que dites-vous, chers droitdelhommistes de la 25è heure, à propos de Baby Doc hébergé jusqu'à ce jour en France?

Alors, une intervention de l'OTAN? Une intervention de l'ONU? Ceux qui en seront contents aujourd'hui, sont ceux-là même qui en pleureront demain. Car, la morale de l'histoire de l'humanité c'est que l'Occident ne roule jamais pour les autres. Pas plus pour des idées abstraites genre Liberté, Démocratie, Paix, Justice. Ce qu'il aime défendre ce sont SES I-N-T-E-R-E-T-S! Ni plus ni moins! Car, en définitive et à voir les choses de près, l'Occident n'est outillé que pour ses I-N-T-E-R-E-T-S.

Komla KPOGLI

lundi 7 février 2011

Débat politique sur la Côte d'Ivoire, la Tunisie et l'Egypte à Genève (Suisse).

La conférence est reportée au vendredi 11 mars 2011 à 19h 00 au même endroit. Toutes nos excuses. Merci pour votre compréhension.


Adresse:

Université populaire africaine en Suisse (UPAF.ch)
Rue des Savoises 15
CH-1205 Genève
Tél. +41 22 800 14 84 / +41 22 343 87 93
www.upaf.ch

Thème: 

"De la Côte d'Ivoire à la Tunisie et à l'Egypte : crises politiques et communauté internationale, entre déstabilisation et stabilisation"

Date et heure:

Vendredi 25.02.2011 à 19h00

Intervenants : 

Paul Ebona (enseignant, analyste politique)

Et

Komla Kpogli (secrétaire général de la JUDA/Jeunesse unie pour la démocratie en Afrique).

mardi 1 février 2011

Le temps de la révolution en Afrique.

Où sont les « révolutionnaires » d’Afrique subsaharienne ?

Les peuples sont en ébullition au Maghreb et la révolution y est en marche. En Afrique noire, c'est le calme plat alors que dictature, corruption, répression, humiliations, brimades, privations et tous les abus y sont légion, souvent à un degré plus élevé et sur une période plus vaste. Au Maghreb comme en Afrique subsaharienne, l'Occident apporte son soutien aux régimes tyranniques contre le peuple qui a été immobilisé durant des décennies par un appareil militaro-policier équipé et formé par les soins de qui on sait. Là-bas, ces régimes anti-peuples sont maintenus à coup de chantage d'un islamisme prétendu radicalement anti-occidental pendant que le sous-sol pétrolier et gazier est vidé tout comme les richesses de l’Afrique subsaharienne. Pourtant, là-bas, malgré tout ceci, le peuple se soulève...enfin. La révolution est en marche: La Tunisie d'abord. L'Egypte, actuellement. Même si les Occidentaux et leurs sous-fifres Israéliens tentent d'agiter le chiffon rouge des Frères Musulmans, personne n'est aveugle pour constater que ce chantage ne marche et ne marchera plus face à un peuple qui a décidé de vivre désormais. Le fameux rempart des dictateurs sanguinaires et ultra-corrompus à maintenir dans le "monde arabe" coûte que coûte contre l'islamisme et la bande à Al-Zawahiri et Ben Laden n'est que le dernier argument de ceux qui n'ont plus d'arguments face à un peuple qui exige publiquement la liberté, le respect et du pain.

En Afrique subsaharienne pendant ce temps, et pour le moment, c'est le grand silence. Nous "révolutionnaires africains" sommes en Occident. Nous vivons en Europe, au Canada, aux Etats-Unis… Nous avons choisi la voie du départ au lieu de celle du maintien des énergies sur place. Nous voulons éviter l'accident final à nos vies, à nos petites vies et sauver notre peau individuelle. Certes, le risque est énorme sur le terrain, mais peut-il en être autrement si notre mission est vraiment d'être aux côtés de notre peuple? Partir, en fin de compte, c'est grave. Mais là où le bât blesse encore plus gravement, c'est qu'une fois arrivés en Occident, des "révolutionnaires" s’installent et finissent par se noyer dans les eaux troubles du quotidien, éloignés de tout effort de mobilisation continue et coalisée. Pire encore, beaucoup encouragent le reste des « militants » restés au pays à quitter et à « venir s’installer en Occident » où, estime-t-on avec aplomb, il vaut mieux vivre ou mourir. Toute tentative de rassemblement de fond est piétinée et sabotée au profit d'un "militantisme" individuel plat ou de gigantesques coquilles vides qui ne peuvent que dévoiler les vraies intentions. La flamme s'étiole puis les « combattants » sombrent dans le consumérisme le plus vil. Beaucoup ne se sentent plus concernés par le sort de l'Afrique – encore qu'il faudra savoir si nombre l'aient une fois été - et s'il leur arrive de se plaindre de quelque chose, c'est du fait qu'on leur refuse les papiers ou qu'on leur montre du racisme. Or, ceci s'explique par cela. Il n'y aura de respect pour les Africains nulle part au monde tant que l'Afrique sera dans cet état catastrophique, abandonnée au pillage des multinationales, véritables promoteurs des pantins appelés « dirigeants africains ».

Et là, indexer la Françafrique ne suffira plus. Pointer le néocolonialisme ne suffira plus. Se lamenter de la trop forte capacité de nuisance de la France, des Etats-Unis, de l'Angleterre...et de l'implication de leur outil onusien dans "nos affaires intérieures" ne suffira plus non plus. Au plus vite, il faut former la masse, l'instruire des câbles souterrains qui immobilisent notre peuple, le pousser à abandonner cette voie de la résignation et du consentement à la souffrance instituée par les religions dites révélées et imposées à lui avec certaines spécificités particulières, et enfin, construire un leadership crédible, responsable et capable de porter le grand bouleversement nécessaire en Afrique subsaharienne et de la reconstruire sous l’impulsion absolue des forces endogènes avec seule mission, la résolution de nos problèmes .

Quand on est contre le néocolonialisme et ses branches, on les combat méthodiquement. La dénonciation seule ne suffit pas et c'est ce que nous montrent la Tunisie et l'Egypte ces derniers jours.

Quand on est opposé à la tutélisation outrancière de son pays, l'écrire sur internet, c'est bien. Mais se mobiliser avec des idées fortes et claires et pousser la masse à l’auto-organisation pour la révolution est encore mieux.

Quand on est contre les tyrannies africaines soutenues par l'Occident et par nombre de "puissances émergentes" ou lorsqu'on souffre de leurs affres, partir et s'abriter en Occident, peut être vu comme une forme de solution. Faire le tour des villes et villages occidentaux pour ramasser les anciens lits, les anciennes télévisions, les voitures d'occasion, les comprimés inutilisés voire périmés, les ordinateurs abandonnés...et les envoyer en Afrique peut être pris pour une forme de solution. Mais quelles solutions??

Le temps est donc arrivé de rompre avec les révolutions sur internet depuis les salons lointains - encore qu’il faille utiliser internet à des fins organisationnelles, ce qui est loin d’être le cas actuellement - pour une véritable révolution en Afrique noire à l'image de celle en cours au Maghreb qui nécessite une présence ou, tout au moins, une connexion et une structuration des forces sur le terrain.

Komla KPOGLI

Web, http://lajuda.blogspot.com

mercredi 19 janvier 2011

Afrique : Bientôt le retour dans les fers.

A quelle échéance les Africains redeviendront-ils comme ceux-ci?


Komla KPOGLI
19 janvier 2011



A voir l'évolution de l'histoire du monde, il ne serait ni idiot ni inutile de se poser la question de savoir si, un jour plus ou moins lointain, les Africains ne risquent pas de se retrouver razziés, capturés, les pieds et mains mis dans les fers. La réponse est oui, ce risque existe. Il est bel et bien possible que l'esclavage nous retombe dessus. Ceci pour plusieurs raisons:


D'abord, n’a-t-on pas ôté les chaînes des mains et des pieds de notre peuple pour mieux les lui visser à la racine de la tête ? Des chaînes connues aux temps de l'esclavage, on est passé aux chaînes mentales et psychologiques. Notre peuple est si dangereusement abruti et aliéné qu'il n'arrive pas depuis ces temps-là à percevoir le monde au travers de son propre prisme. C'est donc en toute logique qu’en majorité les africains ne comprennent pas le monde, ni son fonctionnement et ses différentes institutions, véritables attrape-nigauds, mis en place pour les tondre avec leur propre consentement précautionneusement vicié en amont. Les soi-disant institutions internationales, l'aide internationale, les ONGs... sont toutes des instruments faisant partie de la boîte à outils occidentale construite pour ses besoins et non pour ceux des nations auxquelles elles semblent en apparence s’adresser. Or, malgré l’évidence, nombreux sont ces africains qui jugent nécessaire la sollicitation de ces funestes organismes. Dès que leurs représentants, à des fins propagandistes, annoncent de l'aide, des prêts, des dons de matériels ou tel ou tel soutien, des Africains vont jusqu'à applaudir et danser. C’est là qu’on voit que notre peuple, psychologiquement atteint, n'est pas à l'abri.

Ensuite, notre peuple croit que le monde a changé. La réalité factuelle montre qu'il a peut-être changé pour les autres qui ne cessent justement de perfectionner leurs aptitudes à conserver leur emprise sur d'autres peuples. Mais, combien sont-ils ces Africains à continuer de clamer que les temps ont radicalement changé et qu'il n'est plus possible par exemple pour les autres de retrouver la force de nous enchaîner à nouveau. Cette façon de penser confirme la vulnérabilité inquiétante de notre peuple qui, globalement, oublie qu’il faut surtout compter sur le renforcement de ses propres capacités et la confection de ses outils d'autodéfense, et s'en remet religieusement plutôt au bon sens et au sophisme philosophico-moral des autres. Cette assurance à toute épreuve en les autres ne peut qu'exposer à la catastrophe car nul ne maitrise totalement les intentions des gens du dehors. Surtout que, de par notre longue et douloureuse histoire, le peuple noir l'a déjà appris à ses dépens.

La probabilité de voir les Africains à nouveau dans les chaînes devient plus grande lorsqu'on se réfère à l'absence totale d'un leadership crédible et responsable en Afrique. Ce vide créé depuis la défiguration de la société africaine par les razzias négrières, est accentué par la nouvelle génération d'Africains incapables de travailler dans des groupes organisés et dirigés, contrairement aux leaders du combat des indépendances matinalement assassinés pour empêcher toute mise à disposition des Africains des richesses de leur terre. Ce manque de leadership empêche tout combat massif et efficace contre les différents maux dont nous souffrons. Il expose donc les Africains à tous les dangers car, privés de boussole.

Un autre élément qui fait peser sur les Africains le risque d'un retour dans les fers est la paresse intellectuelle. Celle-ci augmente le risque puisque lorsqu'on organise colloques, conférences ou écoles alternatives pour fournir des armes théoriques, idéologiques, matérielles voire spirituelles aux Africains dans un monde sans pitié, peu sont celles et ceux qui arrivent et se donnent les moyens pour atteindre leurs objectifs. En revanche, dès qu'il est question de célébration de fêtes, d'anniversaires, de mariages où il y a à manger, à boire, et à danser, les lieux sont pris d'assaut avec une ponctualité qui tranche avec ce qui est imbécilement appelé « l'horaire africain » à d'autres occasions.

Ce refus de tout effort de réflexion autonome et organisé consolide l'incapacité pour nombre d'Africains de revisiter l'histoire de leur continent aux fins de mieux la saisir pour pouvoir ensuite la réécrire. C'est donc en toute logique qu'on s'accroche à la version falsifiée de notre histoire écrite par les maîtres et vulgarisée par les canaux de l'école coloniale, de l'église et des médias.

Puis, il est tout à fait possible que les chaînes nous soient mises à nouveau bientôt, car notre peuple a été emmené à la conviction qu'il n'a ni adversaires et encore moins des ennemis. Cette assurance fait que ce peuple qui a les bornes de l'histoire totalement interverties aujourd'hui, persiste, malgré les épreuves de l'histoire, à accueillir tout le monde sans fixer de règles et sans aucune précaution, dans la droite ligne de nos ancêtres les pharaons finalement chassés de l'Egypte, ainsi selon la pensée du Roi Konboro au Mali du 12è siècle. Sous prétexte de la « teranga », l'Afrique n'a cessé d'accueillir et de nourrir ses propres bourreaux qui lui imposent ensuite langues, système de société et intérêts. Cette façon naïve de traiter avec les gens venus d’ailleurs dans un but précis, qui si facilement ensuite deviennent leurs maîtres, les africains se retrouvant soumis sur le propre terre, est suicidaire. On le voit bien aujourd'hui avec la Chine, qui, ayant bien compris que la proie africaine est abattue depuis le 15è siècle par l'Occident, l’infiltre avec une facilité déconcertante. La Chine s'installe non seulement pour faire des « affaires », mais aussi et surtout elle impose sa langue et sa culture en créant un peu partout des Instituts Confucius au Togo, au Kenya, au Cameroun et ailleurs, faisant diffuser des émissions de la radio-télévision chinoise sur les antennes locales en Afrique. Comme si BBC, RFI, Deutsche Welle, Voice of America, TV5, CNN, France24 et bien d'autres qui cernent les populations et leur administrent la propagande n'ont pas assez « drogués » les Africains.

Ces énormes faiblesses, si elles ne sont pas vite prises en main, conduiront à coup sûr les autres à remettre notre peuple dans les fers. Que ce soient avec les anciens maîtres ou les nouvelles puissances, la tendance montrent déjà où ces faiblesses vont entraîner l'Afrique. Déjà, les proto-Etats africains, construits et partagés entre les puissances du moment à Berlin en 1885, n'ont rien pu faire face aux mêmes prédateurs qui viennent de créer un sous-Etat au Sud-Soudan à la suite de ce qu'ils nomment un « référendum d'autodétermination » avec une claire intention de mettre la main sur le pétrole de ce foutu 54ème « Etat » africain.

La création ce pseudo Etat « chrétien » sud-soudanais en plein 21ème siècle, dans une indifférence absolue des Africains, est la preuve que le moment venu, nous serons avalés tout rond, tant l'écart semble gigantesque entre nos prédateurs et nous. Raison de plus pour que notre peuple comprenne enfin où ses faiblesses le drainent, alors même que n'importe qui peut venir en Afrique et imposer sa loi comme bon lui semble.

Aucun peuple ne tolère que son espace soit pénétré par les autres, sans qu'il ne maitrise la situation. Les Africains eux, n'ayant aucune prise sur leur espace, sont complètement contrôlés par des puissances externes qui, envahissant cet espace, deviennent ainsi les vrais maîtres de la situation.

Pour redresser la barre et éviter de sombrer totalement une fois encore dans les chaînes, une première entreprise s'avère nécessaire et urgente: prendre conscience que le risque pour les Africains de retourner aux fers existe. De là, il faudra qu'une majorité accède à une formation alternative en vue d'y recevoir une instruction thérapeutique autant individuelle que collective, afin de retrouver une conscience de peuple. Et enfin, le peuple africain devra faire face à ses problèmes de manière responsable et consciente, pour pouvoir ensuite les résoudre lui-même et rebâtir une Afrique sanctuarisée et capable de protéger efficacement et définitivement ses enfants. 

vendredi 7 janvier 2011

Expédition punitive à Témédja (Togo).

DECLARATION


Attenton: Des photos de l'expédition punitive à la fin du texte.

Des violences gratuites continuent d'être commises sur les populations au Togo. Le 1er janvier 2011, un militaire du camp de Témédja dans l'Ogou, dans une folie de vitesse a failli causer un accident de circulation qui aurait blessé ou tué un couple qui roulait lui aussi à moto sur la même voie. Le couple s'est plaint de l'attitude du militaire qui gare sa moto et intime l'ordre au couple de descendre. Le pilote fait descendre sa femme, puis descend à son tour. Il a fait comprendre au militaire motard qu'il roulait trop vite et qu'il a failli les cogner. Furieux, le militaire lui administre deux gifles. A la troisième gifle, l'agressé riposte et donne un coup de poing au militaire. Puis, éclate la bagarre à laquelle se mêlent deux autres militaires qui passaient. Deux riverains témoins de la scène ont secouru le couple qu'ils ont aidé à se battre contre les trois militaires.

Rentrés au camp, les trois militaires ont fait arrêter les trois hommes contre qui ils s'étaient battus. Les trois hommes ont été conduits au camp de Témédja où ils ont été battus, torturés puis libérés après 24 heures de garde à vue.

Le 04 janvier, aux environs de 20h 30 minutes, pendant que tout le monde pensait que l'affaire était close, des dizaines d'hommes en treillis et d'autres cagoulés firent une descente punitive sur la petite ville de Témédja notamment dans deux quartiers: Akossi Komé et Owui Komé. Depuis les environs du marché de Témédja, ils ont frappé enfants, femmes (enceintes: voir photos), hommes, jeunes et personnes âgées. Arrivés dans les deux quartiers, ils ont frappé à coup de crosses, de poings, de gourdins, de rangers tout ce qui bougeait. Ils fracassaient des portes pour tabasser tout ceux et celles qui essayaient de se cacher. Après avoir terrorisé tout le monde et blessé des dizaines de personnes, les militaires étaient repartis tranquillement au camp tout ragaillardis de leur oeuvre terroriste.

La Jeunesse Unie pour la Démocratie en Afrique (J.U.D.A) condamne avec vigueur cette expédition punitive qui est manifestement une voie de fait. Elle dénonce cette pratique des militaires et des forces dites de sécurité au Togo qui, loin d'être isolée et une nouveauté, s'inscrit dans une longue tradition de terreur dont ils le secret et de l'impunité et de la promotion dont ils bénéficient lorsqu'ils commettent des actes de cette nature.

Pour la J.U.D.A cet acte criminel et éminemment sauvage est la résultante du système d’impunité qui protège les crimes et autres violations des droits et libertés du peuple africain du Togo confronté depuis 40ans à une implacable et effroyable dictature, rajeunie à la suite de consultations électorales meurtrières et truquées en 2005 et 2010.

La J.U.D.A affirme haut et fort son indignation et appelle les consciences à ne pas s’accommoder de cet énième acte terroriste qui confirme ce territoire et ses institutions dans une tradition primitive et caverneuse où les corps habillés sont de véritables chasseurs d’hommes.

Elle appelle tous les défenseurs des droits et libertés à se joindre à elle pour exiger une enquête indépendante et sans délai afin que l'état réel des dégâts humains et matériels soient connus, que les victimes soient prises en charge et dédommagées et que les auteurs de cette expédition punitive gratuite soient identifiés et punis, y compris la hiérarchie du camp de Témédja qui l'a évidemment cautionnée.

Enfin, la J.U.D.A appelle tous les citoyens épris de liberté et soucieux du devenir de notre peuple au Togo à la mobilisation, à l'organisation puis à des actions à même de le libérer de ce régime tyrannique et colonialiste qui ne cesse de l'humilier et de bloquer son génie créateur depuis 40 ans. Car, sans la fin de ce gouvernement monarchique, illégitime et mafieux, les comportements criminels vont toujours prospérer.

07 janvier 2011

Pour la J.U.D.A
Le Secrétaire Général
Komla KPOGLI


Quelques photos de l'expédition punitive à Témédja le 04 janvier 2011

















samedi 1 janvier 2011

Que 2011 marque la fin de la cruauté en terre africaine.

Le 30 décembre 2010.
Le Secrétaire Général,
Komla KPOGLI

A cette fin d’année 2010 qui annonce l’an 2011, la Jeunesse Unie pour la Démocratie en Afrique (J.U.D.A) remercie toutes celles et tous ceux qui, de près ou de loin, ont bien voulu l’accompagner dans ses actions pour les objectifs communs de liberté, de démocratie et de paix fondée sur la dignité humaine.

L’année 2010 aura été une année pénible pour le peuple africain. Dans certains Etats, des rebellions, pilotées par des "mains blanches", ont germé ou celles déjà existantes, se sont consolidées avec l'appui de leurs mentors. Dans d’autres, ce sont des élections contre la démocratie savamment réalisées par les forces néocoloniales, qui ont été organisées.

Cette année finissante aura été aussi celle de l’apogée honteuse de l’immigration dite clandestine et de la fuite du continent d'une frange importante de la jeunesse, attestant l’incapacité notoire et dévastatrice des guignols dits dirigeants africains à poser les bases d’une société garantissant la justice sociale et les libertés démocratiques.

Ces rebellions savamment organisées et ces élections contre la démocratie drainent un cortège de comportements inhumains dont la jeunesse est la première victime : violations graves et massives des droits humains et libertés fondamentales, piétinement des faibles populations, blocage social, implications directes des Etats étrangers et tout processus de développement endogène relégué au second plan.

A l’orée de cette année nouvelle, la J.U.D.A se plie à la tradition pour présenter à la jeunesse patriotique africaine, ses vœux de santé, de persévérance, de courage et de solidarité. Elle souhaite que 2011 soit une année d’une meilleure organisation de nous tous pour des combats en perspective.

La J.U.D.A souhaite que l’année 2011 soit une année d'une meilleure structuration de la résistance en vue de la concrétisation de notre désir commun de bâtir une unité africaine des peuples et non des "chefs d’Etat" au mandat douteux voire usurpé.

Que l’année 2011 soit pour la jeunesse africaine une année de solidarité agissante dans les efforts de lutte pour la démocratie. Qu’elle apporte à chaque digne fille et fils d’Afrique de la force et du courage pour lutter contre les préfets locaux qui peuplent nos palais présidentiels et qui versent le sang des peuples privés de liberté, de justice, de nourriture, d'eau, de connaissances libératrices, de progès et de paix véritable.

La J.U.D.A réitère le vœux ardent que l’idée du Front Africain contre le Néocolonialisme (FAN) proposée dans sa déclaration datée du 15 février 2005 au moment où les puissances néocoloniales notamment la France s’évertuait à monarchiser le Togo- ce qui aujourd’hui est pleinement réalisé- se concrétise afin que nos luttes contre le néocolonialisme soient plus efficaces. Car, faut-il le dire, aucune jeunesse de quelque pays qu’elle soit, ne s’en sortira jamais seule.

Que 2011 marque la fin de la cruauté en terre africaine, la fin des embarcations de fortune sur la Méditerranée, la fin du pillage et du bradage des richesses de l’Afrique grâce à la mobilisation populaire.

Que cette année offre au peuple Africain - ce peuple constamment humilié, appauvri et soumis à plusieurs brimades et privations- plus de possibilités de théorisation, d'organisation et du courage dans ses efforts de libération.

Que l’année 2011 soit une année de grandes victoires pour le peuple Noir tout entier au devant duquel doit se trouver à jamais une jeunesse résolument engagée, unie et debout contre la dictature d’où qu’elle vienne.

Bonne et heureuse année à toutes et à tous.

Résistance, prospérité et réussite à la jeunesse patriotique africaine.