samedi 24 janvier 2009

Ces pauvres qui donnent de l’argent à Faure Gnassingbè.


24 janvier 2009
Rodrigue KPOGLI
http://lajuda.blogspot.com/

Faure Gnassingbè, vient de fermer son prétendu tour de présentation des vœux dans les différentes régions du pays. Cet homme qui -ne l’ignorons jamais- a capté le pouvoir dans le sang avec la complicité des puissances néocoloniales, de l’armée française et des forces armées togolaises, a cru utile d’aller de région en région pour adresser ses « vœux aux populations togolaises ». Comme si les familles togolaises qu’il a endeuillées voulaient de ses vœux. Comme si le pauvre cotonculteur, assoiffé et spolié des fruits de son labeur, attendait les vœux d’un pion des multinationales et des institutions financières internationales. Comme si les Togolais majoritairement appauvris, se nourrissaient des vœux dans un pays pris en otage, où les infrastructures s’écroulent et où les suppressions d’emplois commencent par s’accumuler.


Faisant de cette occasion une véritable opération de campagne de la présidentielle de 2010, Faure Gnassingbè a profité pour se faire tresser des lauriers qui en réalité sont inexistants et raconter des histoires et des promesses aux populations togolaises que son imagination conçoit comme une masse d’idiots et de moutons.


Alignant des fadaises le long de son parcours, le fils à papa au pouvoir et son cortège de bonimenteurs ont offert leur concert des Plateaux à la Maritime. Le best of de ce concert a eu lieu dans les Savanes. Arrivé à Dapaong, chef-lieu de la région des savanes, le 19 janvier 2009, Gnassingbè II a eu droit à un « accueil chaleureux ». Le « porte-parole des populations » Nana Gnèmè, représentant du Chef canton de Mango-ville entame la lèche : « votre bilan est positif », déclare-t-il en direction de Faure Gnassingbè. Puis, il cite : « au plan national, la politique d'apaisement social et de réconciliation qui a permis le retour des partenaires internationaux, les consultations nationales, et au plan local, la construction à Dapaong d'un grand hôtel, du marché, d'une maternité au CHR, les prix aux groupements agricoles, etc. »


En récompense, Faure Gnassingbè a reçu des « populations » de la région, un chèque de 500 mille francs CFA au titre de leur contribution au paiement de la caution de sa campagne pour la présidentielle en vue. Formidable élan de générosité des Savanes!


Encaissant le chèque, l’heureux récipiendaire dira « je veux vous remercier pour l'importante contribution que vous avez apportée au paiement de ma caution. J'en ferai un bon usage. Ce geste-là seul, me prouve que, en 2010, ici dans les savanes, je sais, vous savez, qui arrivera en tête ».


Ce cinéma est d’un goût extraordinairement mauvais pour qui connaît les pratiques du RPT. L’épisode est mal ficelé ou tout au moins, il est cousu de fil blanc. Car, le vendredi 7 mars 2008, à Nangbéto dans la préfecture de l’Ogou, s’est tenu un « conseil des ministres » qui avait entre autre discouru sur la pauvreté au Togo. Dans l’habituel communiqué lu à la télévision par Cornelius Aïdam, Ministre de la communication et de la formation civique à l’époque, il ressortait d’une enquête menée par le ministère de l’économie et des finances qu’ « un individu est considéré comme pauvre, s’il dispose d’un revenu annuel inférieur à 242 094 FCFA à Lomé, 156 115 FCFA dans la région Centrale, 155 026 FCFA dans la région de la Kara et 157 294 FCF dans la région des Savanes ».


Le communiqué précisait : « sur la base de ces seuils de pauvreté, il résulte que 24 % des personnes vivant à Lomé sont pauvres, 69, 4 % le sont dans la région maritime, 56, 2 % dans région des plateaux, 77, 7 % dans la région centrale, 75 % dans la région de la Kara et 90, 5 % dans région des savanes. Au niveau national, on estime que 61, 7 % des Togolais sont pauvres. Ainsi, la pauvreté est plus accentuée en milieu rural qu’en milieu urbain. »

Venant d’un gouvernement comme celui du Togo connu pour la perfection de son usine à opacité, tous ces chiffres sont à prendre avec des pincettes. Cependant, il est à noter que suivant les chiffres officiels, 90,5% de la population des savanes sont pauvres. Autrement dit, au Togo, la région des Savanes est la plus pauvre. Comment alors comprendre que ce soient justement ces populations qui aient choisi d’offrir de l’argent à Faure Gnassingbè pour sa candidature à l’élection à venir ? Les plus pauvres du Togo ont paradoxalement choisi de cautionner le régime qui durant un demi-siècle, les a méprisés et n’a rien proposé comme solution à leur misère. Etrange logique, n’est-ce pas ? Les Savanes n’ont pas assez de l’incurie voire de l’indifférence du clan Gnassingbè face à leur misère ! Ces populations ne sont pas seulement contentes. Mieux, elles en redemandent, subventionnent et cautionnent même le fils du défunt Eyadèma. Pitié ! Le cynisme du RPT n’a plus de nom.


Mais comme dans tout système inhumain, la perversité est poussée aux limites de l’acceptable, Faure Gnassingbè et ses apôtres locaux, par cette opération démoniaque, associent les populations sans voix de la région à leur propre malheur. Cuire les victimes dans leur propre jus rend la sauce plus agréable, n’est-ce pas M. Debbasch ? Le peuple togolais n’a-t-il pas toujours été associé, lui-même dans son ensemble à l’ignominie du RPT ? Qui a oublié les moments d’animation, de réjouissances populaires, de marches de soutien, de motions de soutien et des lettres de félicitations adressées à « Papa Eyadèma, l’homme de paix » qui a passé sa vie à taper sur les Togolais, à les massacrer et les envoyer en exil ? C’est ce régime antipeuple, inhumain et mensongèrement propagandiste qui se pérennise sous nos yeux enfiévrés.


Il n’y a aucun doute que le chèque de 500 mille francs CFA attribué « au Bien Aimé de la République » soit l’œuvre de ces « natifs » zélés de la région présents au gouvernement ou au sein du RPT désirant par cet acte, montrer qu’ils sont avec Faure Gnassingbè qu’il pleuve ou qu’il neige. Un des natifs de la région, quasi-éternel ministre s’est illustré déjà sous « papa Eyadèma » par l’organisation de fraudes électorales à répétition dans la région. Celui-ci, suivant des témoignages des militaires recueillis par notre organisation, à chaque élection, déplace des militaires le jour du vote pour bourrer les urnes contre deux boîtes de sardine, une baguette de pain et cinq mille francs CFA.


Ce chèque offert à Faure Gnassingbè, aussi modique soit sa valeur, est non seulement la symbolique que les vieilles recettes servent toujours mais surtout que le RPT est apte à toutes les stratégies y compris les plus monstrueuses pour s’attribuer des victoires qu’il ne remportera jamais. Ceux qui clament que le régime togolais est entré dans le renouveau sont invités à revoir leur grille de lecture. Et ce n’est pas la célébration du 13 janvier, du 24 janvier et bien d’autres vieux fonds de commerce toujours à la mode qui montreront le contraire.


Face à ces pratiques là, il est inutile de se plaindre à Blaise Compaoré, à la CEDEAO, à l’UE ou à l’ONU. Le monde est ce qu’il est, avec toute sorte de complicités et de connivences suivant les intérêts des uns et des autres. Seule une véritable mobilisation des forces endogènes, efficacement organisées et dotées de moyens adaptés, constitue la solution pour le Togo.


On ne le dira jamais assez !

vendredi 23 janvier 2009

Rencontre du MDTE: Rodrigue KPOGLI "si un travail sérieux est engagé dès à présent...pour 2010, on peut espérer pour le Togo."

SYNTHESE DE LA TABLE RONDE DU MDTE

Comme les années précédentes, la 3ème édition de la journée citoyenne du MDTE a eu lieu sous la forme d’une table ronde sur la situation togolaise, le 27 décembre 2008 à Paris, Salle de la Mixité. Le thème choisi cette année était : Bâtir une alternative crédible pour le Togo.

La rencontre a démarré en début d’après-midi, après qu’une délégation conduite par le docteur Martin AMOUZOU, Administrateur délégué du MDTE, ait assisté à 12h, en la Chapelle de l’Agneau de dieu, à une messe d’action de grâce célébrée en mémoire de M. le Ministre Atsutsè Kokouvi Joachim Agbobli, mort à Lomé le 15 août 2008 dans des circonstances mystérieuses.

D’emblée, le décor est planté avec la projection de « Mascarade », un film réalisé avant et après l’élection présidentielle de 2005. C’est un documentaire qui en retraçant les différents épisodes que le Togo a connus à la mort du président Gnassingbe Eyadema, fait témoigner des acteurs de la société civile ainsi que de simples citoyens. Ce faisant, il remet les participants dans cette ambiance particulière de l’époque.

C’est alors que le docteur Martin AMOUZOU prend la parole pour leur souhaiter la bienvenue et exposer les propositions du MDTE sur le sujet mis à l’ordre du jour à savoir, bâtir une alternative crédible pour le Togo. Pour l’Administrateur délégué du MDTE, l’alternative pour le Togo se trouve nécessairement dans la détermination des bâtisseurs togolais et dans le choix opéré par ceux-ci. Aussi invite-t-il tous les togolais, où qu’ils résident, à s’accorder sur une vision à partir de laquelle des actions doivent être menées en vue de satisfaire les attentes du peuple togolais.

Pour le MDTE, ces actions doivent particulièrement viser la jeunesse et la femme togolaises, l’une et l’autre devant être remobilisées afin de leur permettre de reconquérir les voies et moyens de leur épanouissement citoyen. L’Administrateur Délégué du MDTE stigmatise au passage, une des pratiques singulières en cours à l’Ambassade du Togo à Paris. En effet, celle-ci conditionne la délivrance de visas aux franco-togolais résidant dans leur patrie d’adoption en France et désireux de se rendre dans leurs familles au Togo, à la production systématique d’un certificat d'hébergement de leur autre patrie, le Togo. Aussi appelle-t-il à une mobilisation générale et immédiate de la diaspora contre ce dispositif inique. Enfin le docteur Martin AMOUZOU réitère le souhait, pour ne pas dire la revendication légitime de tous les togolais de la diaspora, de pouvoir eux aussi exercer leur droit de vote dans nos représentations nationales à l’étranger.
C’est dans ce contexte et pour toutes ces raisons que le MDTE lance un appel à toutes les organisations togolaises de lutte, pour la constitution d’une PLATEFORME préfigurant une diaspora togolaise unifiée.

Il s’agira rappelle-t-il, d’une solide organisation structurante des bâtisseurs, porteuse et promotrice d’une vision consensuelle, claire et lisible du peuple togolais, dotée des ressources humaines et financières nécessaires, soucieuse et respectueuse d’un fonctionnement démocratique fondé sur la transparence et la loyauté. Ce sont là, les conditions minimales qui pourraient conférer une certaine crédibilité à cette entreprise citoyenne.

Prenant à son tour la parole, M. Rodrigue KPOGLI, Secrétaire Général de la JUDA (Jeunesse Unie pour la Démocratie en Afrique), dresse le bilan de toutes les tentatives censées réaliser le changement au Togo et constate leur échec, faute d’organisations sérieuses, structurées et dotées de moyens appropriés. Mieux, il pointe du doigt les précipitations, les improvisations, les détestations, les retournements de veste, ainsi que le manque d’ambitions et de consistance qui ont conduit l’opposition dans sa forme globale à se décrédibiliser.

De plus, M. KPOGLI considère que l’opposition institutionnelle a perdu beaucoup de plumes avec la signature d’un Accord politique largement en-deçà des enjeux, et de la participation d’une large partie de ses forces au gouvernement dit d’union nationale.

C’est face à cette situation que le Secrétaire Général de la JUDA énonce l’urgence d’une alternative portée par des citoyens honnêtes, courageux, engagés et foncièrement patriotes. Selon lui, le Togo a le choix entre la collaboration ou la participation et la lutte ou l’affrontement. La seconde option est celle que retient son mouvement, qui propose comme seule alternative crédible, une mobilisation tout azimuts aux fins d’une révolte saine et populaire contre le système RPT et ses alliés.

Pour ce faire, M. KPOGLI appelle à poser autrement le problème togolais en voyant dans le système RPT au pouvoir, non pas une machine ethnique mais une des organisations mafieuses locales aux ramifications extérieures, qui emprisonnent l’ensemble du continent africain, dans un régime d’appauvrissement total et de domination. Car, cette lecture dit-il, met en lumière les cibles qui sont les nôtres et clarifie le chemin des alliances et des « amitiés », qui ont ruiné la cause nationale plus qu’elles ne l’ont aidée à s’élever.

M. KPOGLI estime que pour être crédible, la lutte pour le changement au Togo doit faire l’état des lieux de ses moyens, se fixer des objectifs à court, moyen et long termes, mobiliser plus qu’hier des moyens humains, logistiques et financiers, pouvoir affecter ses moyens à des objectifs bien ciblés pour endiguer la dispersion et les gâchis connus jusqu’ici. Il met à nouveau l’accent sur la nécessité de doter la « structure des bâtisseurs » d’un discours clair, d’un plan d’informations et des outils de communication lui permettant d’atteindre les populations en toute autonomie. Puis, M. KPOGLI propose dans une logique d’écoute, la création d’une cellule de veille de l’opinion. Cette cellule doit être dotée d’une capacité à faire remonter les volontés exprimées à la base en vue de leur formuler des réponses dans la mesure du possible.

A propos de l’échéance de 2010, M. KPOGLI pense que c’est un rendez-vous manqué dans la mesure où aucun travail sérieux et structuré n’est fait en amont pour la gagner. Il affirme que la JUDA a constaté un vide récurrent dans « l’entre-deux-élections » caractérisé par une léthargie des forces alternatives spoliées de leur victoire et d’une lente acceptation populaire du fait accompli. Mais, le Secrétaire Général de la JUDA imagine que si un travail sérieux est engagé dès à présent par les forces optant pour des élections comme seule alternative, alors, on peut espérer pour le Togo.

M. KPOGLI conclut sa communication en convergeant avec le MDTE sur la nécessité d’une présence permanente sur le terrain, à travers des actions. Mais a-t-il ajouté, en tenant compte des objectifs et du cap fixés préalablement avec une capacité d’évaluation périodique pour identifier les réussites à conforter ou les failles, erreurs ou fautes à rectifier.

Un débat riche et très constructif modéré par M. Raymond AYIVI, a suivi les exposés, au cours duquel les différents intervenants, en apportant des contributions significatives, ont salué l’initiative de cette journée citoyenne. Les échanges se sont poursuivis en coulisses entre les organisateurs et les participants, autour d’une collation variée et des rafraîchissements.

Le MDTE remercie tous les participants venus de près ou de loin et donne rendez-vous en décembre 2009 à la diaspora européenne, à qui il souhaite une bonne et heureuse année, ainsi qu’à tout le peuple togolais.

L'Administrateur Délégué,
Dr Martin AMOUZOU

mardi 13 janvier 2009

La J.U.D.A condamne l'assassinat de Marthe Ekemeyong Moumié et exige des enquêtes.


DECLARATION DE LA J.U.D.A
C’est avec une profonde tristesse doublée d’une colère inexprimable que la Jeunesse Unie pour la Démocratie en Afrique (J.U.D.A) a appris l’assassinat le 07 janvier 2009 à Ebolowa de Marthe Ekemeyong Moumié, veuve de Félix Moumié, militant indépendantiste camerounais empoisonné à Genève en 1960 au thallium par William Bechtel sur mandat des Services secrets français. Le corps de la panafricaniste a été retrouvé le 08 janvier en état de putréfaction les yeux crevés, les dents arrachées, la jambe cassée, le corps plein de griffures. Les traces de spermes qu’elle porte, démontrent clairement que la Panafricaniste âgée de 78 ans a été violée avant d’être étranglée.

La J.U.D.A, indignée et résolument opposée à la culture de l’impunité érigée en norme sur le continent africain, condamne fermement ce crime odieux et appelle l’ensemble des mouvements de défense des droits de l’Homme et de promotion du panafricanisme à exiger toute la lumière sur cet inqualifiable meurtre. Elle exprime ses vives condoléances à la famille de l’illustre martyre et lui apporte un sincère soutien en ces moments d’intense douleur.

En ce moment de deuil et d’affliction, la J.U.D.A témoigne aux panafricanistes et à tous les combattants pour la liberté et la justice au Cameroun, sa douleur car, l’Afrique vient de perdre une de ses plus dignes femmes dont la persévérance est exemplaire à plus d'un titre.

Le système MVONDO BIYA au pouvoir depuis 27 ans s’est manifestement donné toute la peine pour ne pas protéger la veuve Moumié qui, ces quarante dernières années, s’activait dans la solitude pour que la lumière soit faite sur l’assassinat de Félix Moumié et pour le rapatriement de son corps enterré en Guinée. En 2004, la veuve découvrira que la tombe de son mari est profané et ses restes, emportés. Malgré cela, feue Ekemeyong Moumié a inlassablement continué le combat pour l’indépendance du Cameroun qui à ce jour, demeure chimérique comme partout ailleurs en Afrique.

La J.U.D.A salue le courage et la conviction de cette femme qui, malgré les actions, les intimidations et les privations infligées par le néocolonialisme et la Françafrique, a su rester ferme jusqu’à la mort.

Elle rappelle aux bourreaux qui, par cet assassinat, croyaient peut-être éteindre définitivement cette voix du combat panafricaniste, qu’ils se sont trompés. A tout jamais, ils viennent d’ériger un monument supplémentaire et indestructible dans la mémoire collective africaine.

La J.U.D.A exhorte vivement toute la jeunesse africaine à la mobilisation, à l’organisation et à un sursaut panafricaniste pour soutenir le combat du peuple africain du Cameroun qui tente courageusement de mettre fin à un système politique qui, tout en semant la mort dans son déploiement, garantit l’impunité et la sécurité à tous les criminels qui lui rendent service et qui, contre vents et marées, veut s’éterniser. Partant de là et dans cette même perspective panafricaniste, la J.U.D.A encourage la jeunesse à faire face à tous ces pantins de dirigeants qui opèrent contre le peuple africain au profit d’eux-mêmes et de leurs alliés. Car, sans une action globale, concertée et vigoureuse menée par la jeunesse, il n’y aura point de salut pour notre Afrique.

Le 13 janvier 2008

Pour la J.U.D.A

Le Secrétaire Général
Rodrigue KPOGLI

lundi 12 janvier 2009

13 janvier 1963 - 13 janvier 2009: hommage à Sylvanus Olympio sur Africa N°1.

Demain, 13 janvier 2009, Africa N°1 (http://www.africa1.com/index.php) rend hommage à Sylavnus Olympio, premier président du Togo, assassiné le 13 janvier 1963.

Nous sommes invités à l'émission matinale d'Eugénie Dziecky, Les Matins d'Eugénie (http://www.africa1.com/matins_eugenie.php) à partir de 9h 40 minutes T.U.

Vous êtes cordialement invités à écouter cette émission.

La J.U.D.A

jeudi 11 décembre 2008

Droits de l’Homme : l’aveu français.



10 décembre 2008
Rodrigue KPOGLI
http://lajuda.blogspot.com/

Les Africains sont un des peuples ayant toujours dénoncé la duplicité occidentale et française en particulier. Eux qui subissent sans solution de discontinuité, les affres de la politique française, ont enfin un soutien de taille. Bernard Kouchner, ministre français des affaires étrangères avoue ce que les Africains savent depuis la pénétration des Européens de l’Afrique.

Dans une interview interview au Parisien, publiée le mercredi 10 décembre 2008, Bernard Kouchner fait la confession « je pense que j’ai eu tort de demander un secrétariat d’Etat aux droits de l’homme. C’est une erreur. Car il y a contradiction permanente entre les droits de l’homme et la politique étrangère d’un Etat, même en France ».

Cet aveu vaut son pesant d’or, fondamentalement pour deux raison. D’abord, parce que Bernard Kouchner n’a pas choisi n’importe quel jour de l’année pour dire cette vérité que les peuples opprimés connaissent depuis longtemps. Il a choisi le 10 décembre 2008, jour du 60ème anniversaire de la Déclaration universelle des Droits de l’Homme adoptée en 1948 par 48 Etats membres de l’ONU contre 8 abstentions. Faire cet aveu en cette journée très symbolique pour les associations de défense des droits de l’Homme qui dans les pays africains, n’ont pas encore compris qu’il y a droits de l’Homme et droits de l’Homme, est plus que marquant.

Ensuite, Bernard Kouchner n’est pas ignorant ou un simple d’esprit. Cofondateur de Médecins sans frontières et de Médecins du monde, ancien haut fonctionnaire de l'ONU, Kouchner est l’une des voix les plus affirmées à défendre le « droit d’ingérence » humanitaire, ce concept ambigu qui voudrait que certaines raisons morales justifient la violation de la souveraineté nationale d’un Etat. Bref, Kouchner est l’un des plus fervents défenseurs de la civilisation occidentale droitdelhommiste qui pourtant n’a accordé aucun droit à l’Homme qu’elle a rencontré sur son passage. Pour un homme qui a tant « aimé » les droits de l’homme au point de le montrer devant les caméras avec le port des sacs de riz au Nigeria lors de la guerre du Biafra suscitée et soutenue par la France pour faire main basse sur le pétrole, le revirement est extraordinaire. Mais, mieux vaut confesser tard ses mensonges que de les porter dans l’au-delà.

Ceux qui croient que les Occidentaux défendent les droits de l’homme et corollairement la démocratie dans le monde ont tout faux. D’ailleurs tout au long de l’histoire, les Occidentaux ont toujours utilisé la notion des droits de l’Homme quand cela les arrange et les méprisent quand il y a nécessité. C’est ainsi que dans beaucoup de pays africains et ailleurs, ils soutiennent des tyrans qui leur offrent gracieusement leur pays et renversent tous ceux qui tentent de s’opposer à leurs intérêts. Comme quoi, les droits de l’Homme sont à géométrie variable. Dans la réalité, il existe des droits de l’homme qui ne s’appliquent pas aux Africains et aux indigènes, car ces Peuples sont à cheval entre l’Homme (le Blanc) et le Singe. Et c’est justement parce qu’ils ne sont pas des Hommes qu’ils ont eu à supporter la plus grande déportation de l’humanité qu’ont été les razzias esclavagistes et les pires formes d’humiliations à travers la colonisation, l’apartheid et le néocolonialisme aujourd’hui. Certainement, c’est aussi au nom des droits de l’Homme que les descendants d’Esclavagistes, les fils de colons et les néocolonialistes s’arrogent le droit de définir ce qui a été ou non positif dans cette série de crimes en lieu et place des victimes.

Bernard Kouchner avoue aussi « on ne peut pas diriger la politique extérieure d’un pays uniquement en fonction des droits de l’homme. » Et d’assumer finalement « Diriger un pays éloigne évidemment d’un certain angélisme. » Quelle franchise !

Et pourtant dans sa politique africaine, la France ne cesse de se vanter de mettre les droits de l’Homme au centre des préoccupations. A chaque fois qu’elle est montrée du doigt dans le soutien total qu’elle apporte aux tyrans locaux, la France hausse le ton traite tous ces contradicteurs de menteurs, d’imbéciles, de mauvaise foi, de haineux et d’ingrats. C’est ainsi que par exemple sur le Togo, Michel Barnier a récusé toute implication française dans la succession sanglante de Faure Gnassingbe à son feu père, grand « ami de la France » et « ami personnel » de Chirac. Au Rwanda, la France nie toute implication dans le génocide alors que des organisations comme Survie, à travers une enquête citoyenne, ont démontré son rôle incontestable. La France adopte la même attitude lorsqu’une commission d’enquête Rwandaise décrit sa responsabilité. En Côte d’Ivoire en 2004, la France n’a jamais tiré sur la foule de manifestants aux mains nues. Au Tchad, la France n’a jamais maintenu Idriss Deby, malgré l’incessant secours porté à ce tyran qui ne réalise de progrès dans ce pays qu’en rajoutant Itno à son nom à l’instar de Bongo qui aussi trouve que ce dont les Gabonais ont besoin c’est de rajouter Ondimba à son nom. Promis juré, la France est le seul pays au monde à mettre les droits de l’Homme au centre de sa diplomatie ! Elle n’a pas assassiné Sylvanus Olympio au Togo. Thomas Sankara était mort naturellement. Félix Moumié assassiné et dont la tombe a été profanée et dont le corps a disparu en Guinée depuis 2004, la France et Messmer n’y sont pas impliqués. Les tripatouillages constitutionnels pour permettre aux pions africains de s’éterniser au pouvoir et de se faire remplacer par leurs progénitures sous la houlette de Constitutionnalistes et autres Juristes tels Charles Debbasch, Robert Bourgi, c’est la mise en œuvre des droits de l’Homme.

Aujourd’hui, Kouchner dit enfin la vérité et ne semble plus être dans cette posture d’une France toujours immaculée, angélique et de loin en avance sur les autres. Combien de fois n’a-t-on pas entendu des Français clamer être les meilleurs au monde dans tel ou tel domaine ? Enfin, peut-être faut-il le reconnaître. La France est le meilleur de tous les pays du monde en toute chose y compris dans le mensonge et la duplicité. Dire une chose et faire exactement son contraire ou faire une chose et s’attribuer exactement le contraire, telle est sa spécialité en Afrique.

Finalement Kouchner s’inscrit dans une parfaite cohérence car, n’a-t-il déjà pas eu à montrer que les droits de l’Homme sont incompatibles avec les affaires ? La compagnie pétrolière Total, accusé de toute part et notamment par Aung Sun Suu Kyi, Prix Nobel de la Paix 1991, de soutenir la junte militaire en Birmanie et de faire recours au travail forcé et à la séquestration, a fait recours à Kouchner pour tenter de se blanchir. Début 2003, l'un des avocats de Total, Jean Veil sollicite amicalement la Société BK Conseil, un cabinet de consultant international créé par Bernard Kouchner, aux fins de rédiger un rapport sur le rôle du groupe pétrolier dans ce pays. Après un séjour du 25 au 29 mars 2003, un document de dix neuf pages a été pondu par BK Conseil qui blanchit Total contre 25.000 € d'honoraires hors frais. Horrifiés, les opposants crient au scandale, et dénoncent la légèreté du travail pour n’avoir pas été interrogé par BK Conseil. Kouchner persiste : « Je suis sûr à 95 % que les gens de Total ne sont pas capables de faire ça, ce ne sont pas des esclavagistes. » Quelques mois plus tard, en novembre 2005, le travail du Grand défenseur des droits de l’Homme a été vidé de sa substance : Total décide d'indemniser les esclaves que « BK Conseil » affirmait n’avoir pas vu.


Merci, M. Kouchner de reconnaître en ce jour du 10 décembre 2008, qu’il y a contradiction permanente entre les droits de l’homme et la politique étrangère de la France. C’est ce que les Africains disent depuis environ cinq siècles. A partir de ce moment, la France doit tirer les conclusions qui s’imposent. Ceux qui en Afrique, ignorant les réalités du monde et refusant de lire correctement l’Histoire, croient naïvement ou par petits intérêts égoïstes liés aux miettes de financements qu’ils ne cessent de quémander des ONG et Fondations occidentales en faveur de leur business associatif, que les pays Occidentaux, parce qu’ils « blablatent » sur la morale et sur l’Homme, sont des défenseurs des libertés en Afrique, alors même qu’ils soutiennent les guignols de tyrans, sont à présent sensibilisés.

Sarkozy n’a-t-il pas lui-même précédé Kouchner en disant à Dakar en juillet 2007 que la France ne peut se substituer aux Africains -ce qu’aucun Africain lui demande d’ailleurs- dans leur revendication relative aux libertés et droits. Traduction : la France ne s’occupe pas des droits de l’Homme en Afrique. Ce n’est qu’une confirmation de ce que les peuples d’Afrique ne cessent de dire. Ce message Sarkoziste n’est pas tombé dans les oreilles de sourds. La jeunesse africaine l’a entendu et exige de la France qu’elle n’intervienne pas lorsque les peuples s’opposent aux guignols de dirigeants qui les oppriment.

lundi 8 décembre 2008

Pourquoi est-il si difficile d’avoir un leadership responsable au Togo.

08 décembre 2008
Rodrigue KPOGLI

Les premières années de la lutte du Togo pour la démocratie étaient conduites par quelques figures qui sont apparues comme des leaders pouvant rassembler. Progressivement, elles se sont décrédibilisées, soit par leur incapacité à organiser efficacement la riposte face aux multiples assauts meurtriers du système RPT, soit par leur empressement à jouir des privilèges d’un pouvoir qu’elles n’ont pas encore acquis. Ainsi, de l’inorganisation couplée à l’absence de stratégies, aux retournements de casaque en passant par des indécisions, des hésitations, des incohérences et des querelles interpersonnelles de bas étage, l’embryonnaire leadership togolais s’est considérablement ruiné.

Me Yaovi Agboyibo sachant que le Comité d’Action pour le Renouveau (CAR) n’a pas d’avenir sous sa présidence après qu’il ait servi de premier ministre à Faure Gnassingbe, a réalisé un formidable coup de communication en se faisant remplacer par Me Apevon Dodji. Dans un pays où les partis d’opposition sont souvent accusés à tort de ne pas appliquer l’alternance en leur sein, Me Agboyibo a réussi à convertir ce qui est un échec en une victoire éclatante.

M. Gnininvi, après la signature de l’Accord politique de Ouaga dit Global, fonce la tête baissée. Rien ne semble arrêter la CDPA dans sa logique de gain à tout vent, ignorant que sur « le chemin de la trahison, il n’y a que le fleuve de la honte à traverser ».

M. Olympio, courbant l’échine devant la pression d’une improbable Communauté Internationale, et mordant à l’appât de la primature promise et obtenant un assouplissement sur le verrou de résidence taillée à sa mesure dans les dispositions électorales, a fait apposer la signature de l’UFC au bas de l’Accord de Ouaga.

Quant à Edem Kodjo et Ayeva Zarifou et quelques autres de leur acabit, ils ont convaincu les Togolais sur leur vocation d’éternels prostitués politiques bien avant l’avènement de Faure Gnassingbe au pouvoir, à la place de son père.

Inutile de souligner le caractère éminemment violent consubstantiel au pouvoir RPT qui, à travers sa formidable industrie de l’impunité, crée la peur et l’intimidation. Le débat démocratique faisant l’objet d’une prohibition non-écrite sous ce régime tyrannique héréditaire, la constipation gagne les esprits qui auraient pu briller sous d’autres cieux.

A ces éléments, il faut ajouter que le peuple togolais est caractérisé par une triple contradiction :

1- Lorsqu’un leader est devant lui, le peuple togolais dit qu’il le dépasse.
2- Lorsqu’un leader est à ses côtés, le peuple togolais estime qu’il le pousse.
3- Lorsqu’un leader est derrière lui, le peuple togolais pense que celui-ci le talonne.

Ainsi, au Togo, veut-on un leadership idéal, constitué d’immaculés et de Saints. Cette exigence, cette volonté de ne pas laisser des vendeurs d’illusions berner les masses voire les utiliser pour des intérêts personnels, n’est pas une mauvaise chose en soi. Seulement, à partir de cette conception acquise sans doute par expérience, les Togolais sont parvenus à supporter difficilement tout individu désirant prendre le devant des choses.

Chacun pense donc être le plus apte et s’estimant être le Saint que tout le monde souhaite voir surgir. C’est certainement pour cette raison là que dès que Madame X sort la tête, on lui tape dessus. Dès que Monsieur Y pointe son nez, on le lui casse. Dès que le Citoyen Z ose, on le renvoie dans son nid en lui opposant toute sorte de principes qui parfois, ont du mal à tenir la route. Progressivement, des initiatives ont été incidemment découragées. Et la vacuité finissant par gagner nos rangs, y a établi aujourd’hui le printemps de la non-pensée. Après des années d’incubation sournoise, des acteurs de la casse sortent l’artillerie lourde pour mitrailler toute tentative de réflexion et de rappel aux fondamentaux qui nous ont échappés depuis un bon moment déjà.

Peut-être que l’inconscient collectif marqué par les 40 ans de traversée du désert sous la férule d’Eyadema Gnassingbe, se dit, plus jamais, il n’a besoin de guide ni de leader pour avancer. Personne ne veut suivre l’Autre, ne serait-ce que le temps de surmonter collectivement les obstacles qui jonchent le chemin.

Dans cette panne générale qui assèche la pensée et l’esprit d’initiative, la recherche de la solution individuelle devient la norme. Ce qui écrase l’idée que lorsqu’un problème se pose pour l’ensemble de la collectivité, il ne peut y avoir de solution que celle collective. Les issues individuelles ne peuvent qu’être un pis-aller dans cette situation. Dans le cas togolais, chacun crée son parti politique, chacun crée son association, chacun crée son organisation… Bref, chacun monte sa chapelle en attendant que l’orage vienne emporter toutes ces initiatives qui témoignent de notre incapacité à bâtir un outil collectif de lutte démocratique à la taille de l’enjeu qui est le nôtre.

Sur cette pente savonneuse, nous avons réussi l’exploit d’avoir 83 partis politiques au Togo. Dans ce Capharnaüm politico-affairiste sans cesse croissant, se fréquentent une certaine opposition constituée de 4 à 6 partis de tendance pseudo-socialistes, 8 à 10 partis d’obédience pseudo-libérale, 12 à 15 pseudos partis dits socio-démocrates et tous les autres sans idéologie ni gouvernail qui gravitent autour du pouvoir en attendant que le vent tourne dans l’autre sens pour opérer leur virage. Il en est de même pour des structures associatives. Ces doublons loin d’enrichir l’arène socio-politique togolaise, la grèvent énormément.

Bientôt vingt ans après le début des hostilités entre une tyrannie soutenue de l’extérieur et portée par une milice militaro-policière et le peuple togolais affamé et écrasé mais connaissant parfaitement l’enjeu, les questions que se pose le mouvement démocratique restent les mêmes : Boycotter ou non des élections perdues d’avance ? Bulletin unique ou multiple ? Candidature unique ou multiple ? Liste électorale refaite ou révisée ?

La persistance de ces questions, en réalité, rudimentaires, est la preuve que le mouvement démocratique a du chemin devant lui. C’est aussi la preuve qu’il n’a pas tiré les leçons des fautes et erreurs du passé. Car, si le diagnostic est fait sans complaisance et les enseignements retenus, ces questions ne se poseraient plus. La seule chose qui vaille la peine dans ce cas, serait de travailler vigoureusement pour la mise sur pied d’une véritable stratégie de conquête du pouvoir avec la complicité du peuple togolais si éreinté par le système RPT.

Une autre raison pour laquelle, il est si difficile d’avoir un leadership responsable au Togo, se trouve dans le manque d’écoute entre les différents îlots d’intégrité qui résistent encore. Ce déficit se manifeste en ce que les idées des uns et des autres ne retiennent pratiquement aucune attention. Normalement, c’est à partir d’elles que des alliances de travail doivent se nouer. En somme, c’est le m’as-tu-vu permanent constituant à quelques exceptions, des reprises des idées précédemment mises en évidence qui fleurit. Ces reprises d’idées sans pour autant se rapprocher de leurs auteurs signifient clairement qu’une compétition malsaine de personnes se joue dans nos rangs.

A l’orée de la présidentielle de 2010, le mouvement démocratique a donc du pain sur la planche। Il doit surmonter en l’espace d’un an toutes les contradictions qui la minent depuis une vingtaine d’années. Ou, il réussit ce pari et alors 2010 sera une année de succès démocratique ou, il échoue dans la reconstruction et alors, le peuple togolais assistera pour une nième fois à une tragi-comédie électorale. Cela n’est pas une mince affaire quand on sait qu’actuellement les cartes sont complètement brouillées et qu’on ne sait avec exactitude l’identité des uns et des autres après l’APG et son corollaire de gouvernement dit d’union nationale. 

Mais à cœur vaillant, point d’œuvre impossible। Il faut partir de ce qui est en alliant les valeurs d’intégrité, de cohérence et de résistance à toute épreuve, aux idées alternatives qui, par un travail de synthèse, pourraient être fédérées pour toute fin utile. A défaut, seule une planification sur un moyen ou long terme avec un agenda bien précis tenu par des citoyens intègres, foncièrement patriotes et soutenus moralement, matériellement et intellectuellement, peut constituer la solution.

mercredi 19 novembre 2008

Sarkozy : quand l’insolence reçoit le prix du courage.

19 septembre 2008
Rodrigue KPOGLI
http://lajuda.blogspot.com/

Le ridicule ne tue pas. Vraiment !

Nicolas Sarkozy de Nagy-Bocsa vient de recevoir le prix du courage politique décerné par la Revue Politique Internationale. Etes-vous jaloux ? En tous les cas, ce qui compte c’est de reconnaître au Roi des Gaulois, gesticulateur à rayonnement international, qui réussit à éteindre le soleil en prononçant des mots, le mérite de ce prix qui a été déjà décerné à Sadate, à De Klerk et à Jean Paul II. Vraiment Sarkozy le mérite. Au centuple même !

Sarkozy n’a-t-il pas eu le courage de traiter les jeunes des banlieues, de racaille qu’il faut nettoyer au karcher pour ramener la paix menacée en France ? N’a-t-il pas promis aux Français qu’il ira chercher la croissance avec les dents pour leur offrir ainsi plus de pouvoir d’achat ? Ne s’est-il pas attaqué violemment aux héritages de mai 68 ?

En ce qui concerne l’Afrique, et c’est ce qui nous intéresse beaucoup plus, Sarkozy, lors de la campagne présidentielle de 2007, a déclaré que la France n’a pas besoin de l’Afrique pour sa croissance. N’a-t-il pas clamé qu’il mettra fin tout de suite aux réseaux françafricains obscurs ? Le glorieux bateleur en chef n’a-t-il pas eu le courage de parler de la diplomatie des droits de l’Homme ?

Mais, il devient encore plus courageux lorsque les 52% de géniaux Français lui accordent le pouvoir. Tout de suite, Sarkozy forme une équipe gouvernementale marquée par le ministère de l’immigration et de l’identité nationale. Déclarer la guerre aux immigrés et aux sans papiers - des Hommes après tout - pour ne cesser de se proclamer président des droits de l’homme dans un pays qui se dit « Patrie des droits de l’Homme ». Quel formidable courage !

Rejetant lors de la campagne déjà, les héritages de mai 68, Sarkozy n’hésite pourtant un seul instant à monter dans le yacht de Bolloré pour des moments merveilleux à Malte. Lui qui a toujours vomi les excès issus de mai 68, se montre extrêmement friand de luxe avec les rolex et autres bling bling.

Le handsome boy Sarkozy a divorcé quand il le fallait et s’est remarié de suite. En compagnie de sa nouvelle compagne, le brillantissime Sarkozy est allé à Disneyland puis en Egypte avec le fils de sa sainteté Carla sur l’épaule. N’est-ce pas du courage ?

Un autre acte de courage du Roi Soleil, c’est de réussir à tisser une amitié avec les patrons de la presse et à mettre les journalistes dans un tracteur, comme des moutons, pendant que lui-même joue au cowboy sur un cheval blanc.

A Guilvinec, en novembre 2007, les pêcheurs manifestent. Le courageux ira leur parler. Il sera encore plus courageux lorsque quelques uns des manifestants lui lancent des insultes et revendiquent une augmentation de 140% de salaire comme lui. Il réplique au coup par coup et courageusement, il demande à ses agresseurs de descendre pour des explications mano à mano. Plus récemment, en février 2008, au salon de l’agriculture, dans un bain de foule, un visiteur lui lance « touche-moi pas, tu me salis ! ». Le courageux de la République française lui répond du tac au tac « casse-toi alors ! Casse-toi, pauvre con ! » Génial courage, n’est-ce pas ?

Acculé par des journalistes qui lui rappellent sa promesse sur le pouvoir d’achat, Sarkozy dira que les caisses sont vides. Alors qu’il a violemment tancé quelques jours auparavant son Premier ministre, François Fillon, pour avoir déclaré être à « la tête d’un Etat en faillite ». Quel courage politique !

Sous la pression toujours, le candidat du pouvoir d’achat devient courageusement le président du « Travailler plus pour gagner plus ». Cette fumeuse idée qui véhicule l’illusion qu’il faut travailler plus pour avoir les moyens de ne plus travailler. Puis, le jouissif Sarkozy appelle les Français - impatients matérialistes - à l’espérance religieuse et à entrer dans la « politique de civilisation » chère à Edgar Morin.

Conséquence : les bling bling et l’insolence sarkozistes sont durement sanctionnés. Sarkozy chute vertigineusement dans les sondages, qui vont le recadrer. Courageusement, Sarkozy entre enfin dans « le costume présidentiel ». C’est la fin des galipettes ?

Eh ben non ! Car Monsieur «Une idée nouvelle par jour», un des plus fervents défenseurs du capitalisme sauvage, proclamera lorsque le système plonge dans la crise, qu’il faut trouver les responsables et punir les coupables. Quel courage encore !

Quant à l’Afrique, après les courageux propos de campagne, place maintenant à l’exercice du pouvoir. Puisque la France n’a pas besoin de l’Afrique, comme la diplomatie française va désormais se fonder sur les droits humains et puisqu’il faut rompre avec la Françafrique, Sarkozy reçoit ou visite Sassou Nguesso, Bongo, Deby, Khadafi, Dos Santos, Mbeki, Bouteflika, Wade, Gnassingbe…

Courageusement, «l’homme aux trois cerveaux bien irrigués» renvoie Bockel qui a voulu imiter le courage de son patron en prétendant «signer l’acte de décès de la Françafrique agonisante». Fatale imitation ! N’est pas courageux qui veut. Bockel est viré et remplacé par Alain Joyandet qui ira présenter des excuses de la France pour les écarts de Bockel, en compagnie de Claude Guéant et de Bruno Joubert, respectivement secrétaire général et conseiller Afrique de l’Elysée, au Gabon le 10 avril 2008, au vieux crocodile françafricain Bongo. Bravo Sarkozy, le Courageux !

La France n’a pas besoin de l’Afrique. Mais garder les comptes d’opérations qui confisquent, jusqu’à une date récente, 65% de avoirs en devises des pays de la zone CFA, et où se trouvent aujourd’hui 50% de leurs avoirs, c’est être courageux. En marge du sommet Europe-Afrique de Lisbonne, le 8 décembre 2007, recevoir Faure Gnassingbé dans sa chambre d’hôtel pour lui rappeler que Bolloré est sur les rangs de la concession du port autonome de Lomé, et que quand on est ami de la France, il faut penser aux entreprises françaises : n’est-ce pas très courageux ?

La Françafrique est plus que jamais vivante. « Les réseaux d’un autre temps dont il faut se débarrasser », promesse du courageux candidat à la présidence lors de sa visite au Bénin, sont remis au goût du jour avec Robert Bourgi, le nouveau Foccart. Quel courage encore !

Sarkozy sait faire preuve aussi de courage militaire lorsqu’il s’agit de voler au secours d’un pion françafricain. Ainsi, en février 2008, acculé par une rébellion armée, Idriss Deby reçoit l’appui de son nouveau parrain. Faut-il rappeler que Sarkozy est allé courageusement chercher les trafiquants de l’Arche de Zoé « quoi qu’ils aient fait » ? Quelle bravoure aussi que de s’attribuer la libération des infirmiers bulgares de chez Kadhafi.

Le summum du courage présidentiel, c’est lorsque sur la tombe des massacrés de Thiaroye au Sénégal, Sarkozy prononce devant des Africains, le 26 juillet 2007, un discours dans lequel il dresse un bilan comptable de l’esclavage et de la colonisation ; deux idées géniales qui se sont corrompues malheureusement dans leur réalisation, et qui malgré tout, ont donné à l’Afrique des écoles, des routes, des dispensaires… et une civilisation ! Dans ce discours, Sarkozy rappelle que le drame de l’Afrique, c’est de ne pas avoir encore intégré l’Histoire. Prononcer ces mots en terre africaine devant la couche la plus vitale de sa population, sans craindre d’être lapidé ou que son auditoire vide la salle en guise de protestation dès les premières injures, n’est-ce pas être d’un courage excessif ?

Dire toutes ces abjectes vulgarités sur les Africains et avoir trois africaines à des postes ministériels de son gouvernement, puis nommer encore un préfet noir, n’est-ce pas courageux ?
Pour tous ces actes, Son Excellence Sarkozy, vous méritez le prix du courage politique 2008. Tout comme celui de « l’homme politique de l’année », distinction remise fin septembre par la très religieuse fondation Appeal of Conscience. Vous méritez aussi le prix du Humanitarian Award de la Fondation Elie Wiesel, laquelle attribue son prix à « des êtres exceptionnels qui ont consacré leur vie à combattre l’indifférence, l’intolérance et l’injustice ». Sarkozy est un homme exceptionnel, tolérant et juste !

Le Dalaï Lama, pressenti pour le prix du courage politique 2008, doit attendre. Il y a eu bien évidemment plus courageux que lui.

Comme un prix n’a de qualité que par celles de ceux qui le donnent, le prix du courage politique dont Sarkozy vient d’être récipiendaire est décerné par la Revue de Politique Internationale. Cette Revue est dirigée par Patrick Wasjman[1], qui se trouve être – par un heureux hasard - le conseiller en relations internationales de Patrick Devedjian, successeur de Sarkozy à la tête de l’UMP. Bref, c’est une revue dirigée par un UMP, conseiller du président de l’UMP qui attribue le prix du courage à un UMP. C’est une bonne chose quand entre amis, on se congratule, non ?

Ce qui rend ce prix encore plus honorable – sans rire -, c’est que la Revue Politique Internationale est une revue qui s’est distinguée avec la publication de fausses interviews. Elle a publié une fausse interview de Barack Obama en pleine compétition pour l’investiture démocrate en 2007. Le porte-parole de Obama, Ben LaBolt avait qualifié l’interview de « supercherie incroyable ». Il en était de même pour Allan Greenspan, ancien président de la Réserve fédérale dont la porte-parole d'Alan Greenspan, Lisa M. Panasiti, déclarera que jamais, son patron n’a accordé d’interview à la Revue.[2] Quelles courageuses supercheries à vrai dire !

Etrangement, ce prix, à quelques exceptions près, ressemble à l’autosatisfaction que s’attribuent les pions africains qui invitent à coup d’espèces sonnantes et trébuchantes, leurs clients des fondations et autres instituts bidons pour leur décerner des gadgets sous forme de titres ronflants. Il en est ainsi par exemple des Honoris Causa, Père Magnanime de la Paix… reçus par feu Eyadema Gnassingbé.

Compte tenu de tout ce qui est dit, Vaillant Sarkozy, vous méritez véritablement le prix du courage politique. Continuez l’agitation, les provocations, les discours creux, les pantalonnades, les palinodies, les jonglages. Car, si vos shows médiatiques sont considérés comme du courage au point d’en être récompensés, c’est que si vous allez plus loin, vous aurez le Prix du Superhomme Politique.

On aura vraiment tout vu ! Même l’insolence est couronnée. Quelle belle époque !

[1] http://www.lejdd.fr/cmc/international/200846/sarkozy-fait-son-eloge_164820.html
[2] http://www.rue89.com/mon-oeil/2007/09/05/une-fausse-interview-dobama-dans-politique-internationale

samedi 15 novembre 2008

MISE AU POINT DE RODRIGUE KPOGLI


A PROPOS DES REACTIONS SUR LE TEXTE : RETOUR DES BREBIS PERDUES ?

15 novembre 2008
Rodrigue KPOGLI
http://lajuda.blogspot.com

En date du 07 novembre 2008, nous avons signé un texte : Togo : le retour des brebis perdues ? Ce texte suscite plusieurs réactions auxquelles, nous apportons des précisions suivantes :

1. Retours : bonne ou mauvaise chose.

La question ne se pose pas en ces termes. Nous disons que tous les Togolais ont le droit de sortir et de revenir. C’est un droit inattaquable. Mais là où se trouve le problème, c’est annoncer urbi et orbi, sa rentrée au Togo. C’est une belle publicité gratuite pour un pouvoir qui demeure antidémocratique, tyrannique et qui amasse ces coups de publicités pour justifier d’éventuelles tricheries électorales. D’ailleurs, Republicoftogo.com dans un article intitulé « Retour d’Exil », publié le 10 novembre 2008, s’est exclamé triomphalement en des termes suivants : « La politique de réconciliation prônée par le président Faure Gnassingbé porte ses fruits. De nombreux opposants exilés en Europe et en Afrique sont revenus au pays ces derniers mois. Dernier en date à annoncer son retour, Jean Yaovi Dégli… »

2. Déclencher une « polémique malsaine ».

Le texte n’a pas pour objet de susciter une polémique malsaine. Encore une fois, nous nous sommes épanchés sur la stratégie utilisée pour rentrer au Togo et non sur le choix des uns et des autres que nous respectons, absolument. Notre intérêt s’est plutôt porté sur les retours annoncés avec fracas qui, à contrecoup, rendent service au pouvoir en place.

3. Rentrer au Togo pour quels objectifs ?

Pour raison familiale (privé) ou pour raison politique (publique), tout Togolais à l’étranger, a le droit de retourner au Togo. Il faut, pour éviter la confusion, préciser l’une ou l’autre dans les annonces que l’on fait. Mais faire passer sa rentrée sous le manteau politique et la présenter sur des médias comme un acte courageux de lutte patriotique puis déclarer plus tard qu’on est allé voir sa mère malade, soutenir son oncle alité, visiter la tombe de sa cousine, assister à une messe, visiter sa communauté villageoise en fête, assister aux funérailles d’un de ses parents,… est discutable. Pardon ! Mais ces actes, aussi sympathiques et touchants soient-ils, ne sont pas d’ordre public. Ils n’intéressent pas tout le monde.

4. Un retour au bercail avec une stratégie politique concertée.

C’est une bonne chose pour la lutte démocratique au Togo si des Togolais exilés depuis des années, retournent sur le terrain avec à l’idée de se mettre en rapport avec des structures politiques et citoyennes qui y œuvrent encore. Mais ceci serait encore plus rentable si ces retours sont concertés, discutés avec d’autres personnes ou organisations au sein de la diaspora. Avec une telle méthode, ces retours au Togo sont mieux organisés. Ils ne seraient donc pas qu’une initiative privée, personnelle annoncée sur des médias, ouvrant la voie à toutes les spéculations possibles.

5. L’implication de la diaspora dans le combat pour les droits au Togo.

La J.U.D.A est l’une des rares organisations citoyennes à revendiquer publiquement et à plusieurs reprises, une place pour la diaspora dans toutes les initiatives politiques. Cet acharnement a poussé des voix -notamment dans une émission sur Radio Nostalgie à Lomé, sur les discussions à Ouagadougou, le représentant de la jeunesse du CAR- à traiter la J.U.D.A d’une organisation « mandatée pour la diaspora » ou « porte-parole de la diaspora ».

6. Hier critiquant les Togolais d’être restés à l’extérieur, aujourd’hui critiquant ceux qui retournent au Togo.

Des esprits allumés ont cru pouvoir nous blesser en relevant des contradictions dans nos démarches. Contrairement à ce qu’ils croient, nous n’avions jamais reproché aux compatriotes de la diaspora de rester à l’extérieur. Nous avions plutôt souvent affirmé qu’ils ne doivent voir leur éloignement géographique comme une bouée de sauvetage. Au contraire, nous leur demandons de s’engager de là où ils sont, à travers des organisations effectivement présentes sur le terrain. Pour preuve, voici ce que nous disions dans notre communication du 08 juin 2006 lors de la conférence publique à Lomé sur le thème : quelle jeunesse pour le Togo ?[1]

« Chers frères et sœurs,

Quel doit être le rôle de la diaspora dans le combat du peuple togolais ? Nous préférons à la diaspora, le terme les Togolais de l’étranger convaincus des idéaux démocratiques car la notion de diaspora est plus large. Et nous savons qu’au sein de cette diaspora, il y a une forme de mafia qui se développe ; des gens qui sont entre deux avions matin, midi, soir et qui émargent à des milliers d’euro ou de dollars pour des services clandestins. Toutes ces informations, nous les connaissons. Donc, nous devons en interne comprendre qu’une partie de cette diaspora là, est inféodée au pouvoir mais parfois joue à la plus engagée en faveur de la lutte démocratique.

Ces Togolais de l’étranger attachés aux valeurs démocratiques doivent sortir de la nervosité idéologique caractérisée par le djihad verbal pour travailler à un schéma stratégique pour libérer le Togo. Ils doivent se constituer en une sorte de diaspora juive qui, par mouvement retour, apportera sa force à la libération du Togo. Ces Togolais de l’étranger doivent comprendre que la gouvernance par Internet (l’E-gouvernance) qui consiste à lancer des appels via l’Internet alors qu’aucun relais n’est sur le terrain, ne sert pas véritablement. Ils doivent être sur le terrain, en pleine en action à travers des structures effectivement engagées. Les liens de fraternités et de familiarité qui ont été jusqu’ici les canaux habituels par lesquels ces camarades opèrent, doivent cesser d’avoir droit de cité pour faire place à des alliances stratégiques objectives et intelligentes. »

A Paris, le 29 décembre 2007, lors de la journée citoyenne du MDTE, nous disions dans notre communication : quel fil rouge maintenant après les législatives, que pour remobiliser le peuple togolais, il faut entre autre « qu’on ait une diaspora organisée, engagée et qui fait du lobbying et fournit dans la mesure du possible de la logistique aux personnes et structures sur le terrain. Merci à ceux qui d’ici s’engagent pour le développement du Togo mais nous souhaitons souligner avec force qu’envoyer ou rentrer au pays avec des livres des Occidentaux ne contribue en rien à l’éclosion mentale de la jeunesse. Au contraire, on l’abrutit. Il vaut mille fois mieux envoyer au Togo un seul livre de Cheikh Anta Diop que d’y déverser des tonnes de livres qui nous enseignent à longueur de journée « Abalo et Afi vont à l’école ».[2]

7. Directeur de conscience ou juge. Diabolisation ou étiquette de traitres.

Le texte « Retour des brebis perdues ? » n’a pour ambition ni de juger ni de diriger la conscience de qui que ce soit. Au contraire, estimant que chacun est libre dans ses jugements, le texte a volontairement passé sous silence les motifs des « rentrants ». Le texte n’a ni diabolisé ni étiqueté qui que ce soit. Nous analysons tout simplement les conséquences politiques possibles de la médiatisation de ces retours.

8. Prison de la pensée unique

Grossière caricature ! La pensée unique, c’est justement demander à tout le monde d’applaudir ces retours qui, par leur déroulement, mélangent motif familial ou personnel et intérêt politique commun tout en utilisant astucieusement le second pour servir le premier.

9. Exil à vie ?

Aucun Etre humain intelligent ne peut souhaiter ni personnellement vivre en exil à vie ni le désirer pour ses compatriotes. Le problème n’est pas de connaître les partisans de l’exil permanent et de ceux qui sont contre. La question est de savoir éviter de prêter mains fortes- inconsciemment -au pouvoir tyrannique en place au Togo et de comment procéder pour rentabiliser au mieux les retours au bercail. Qui peut être heureux de quitter sa famille, ses amis, sa terre natale au point de vouloir perpétuer sa vie à l’étranger ? Ce manichéisme est le témoignage d’une mauvaise foi patente. Car, même les Noirs qui se sont retrouvés aux Amériques par la déportation esclavagiste, ne cessent de se frayer la voie du retour à leurs racines.

10.Toucher du doigt les enjeux, les carences et les améliorations à apporter.

C’est exactement ce à quoi s’est attelé notre texte. Réfléchir profondément sur les enjeux des publicités autour des rentrées. Quelles sont les carences de cette stratégie de communication et quelles peuvent en être les conséquences ? Retour solitaire ou concerté : lequel des deux est plus rentables ? Mieux organisé tout ceci avec l’appui des uns et des autres qui peuvent, soit contribuer en nature ou en idées, soit en fournissant des adresses au « rentrant. A moins d’avoir un agenda et des objectifs personnels (qui bien évidemment sont des droits mais qui méritent d’être clarifiés) qui n’ont tout de même rien à avoir avec le souci populaire de libérer le Togo de la tyrannie.

mercredi 12 novembre 2008

La libération de l’Afrique ne peut se faire que par les africains

11 novembre
Juliette Abandokwe


Au Congo, à Goma et sur le terrain, tout le monde sait parfaitement que l'infanterie angolaise est sur place, avant même qu'on en parle dans la presse et sur internet. Kabila veut rester discret sur la question, c’est un choix politique qui a ses raisons. La Monuc à son tour, au bénéfice d’un service de communication plus ou moins probant, avec ses choix politiques également, n'a qu’une maîtrise infime du terrain en fin de compte, en tout cas pas plus que les rebelles et les milices du terrain! Et surtout, pour des raison de crédibilité internationale, ne veut surtout pas l'avouer haut et fort. L'ONU ne peut pas connaître les collines environnantes de Goma mieux que les autochtones qui ont pris les armes..

Les oui et les non à ce sujet, ainsi que les accusations mutuelles diverses, ne sont que des manigances ethnopoliticiennes de surface, auxquelles nous devrions même refuser de nous intéresser, puisque manifestement une fabrication pour induire l’opinion internationale en erreur. Le plus important dans l'urgence, c'est l'intégrité immédiate et souveraine du territoire congolais, ainsi que la résolution du problème des centaines de milliers de réfugiés et déplacés, jetés sur les routes sans nourriture et sans soins. Une épidémie de choléra est d'ores et déjà déclarée. Les violences inouïes sur les femmes et les enfants, dans l'impunité la plus totale, ne connaissent plus de limites!

Sur un plan purement stratégique, si Kabila tente de contourner le chantage occidental en invitant les angolais à la rescousse, c'est une manière comme une autre de montrer à l'Occident que personne n'est indispensable. Dans l'absolu ce n'est pas mauvais. Il se retrouve ainsi dans une position similaire à celle de Mugabé, qui s'étant débarrassé des colons blancs du territoire zimbabwéen dans un élan libérateur de l'Occident, reste néanmoins un bourreau pour son peuple à travers une gouvernance dévastatrice.

Dans le cas du Congo, la condition du peuple congolais doit figurer en place no 1 sur la liste des priorités.. Mais voilà, là n'est pas sa place actuellement. On en parle certes, mais ce n'est pas en toute vérité la priorité no 1. L 'immobilisme de la communauté internationale présente sur le terrain, ainsi que de l'opinion publique internationale, est complètement intolérable. Tant que l’approvisionnement mafieux en ressources minières est préservé, et tant qu'on est bien chez soi et confortablement installé sur ses lauriers, en ce qui concerne particulièrement les diasporas, le reste n'a qu'une importance très minime, sinon inexistante.

Ce manque de responsabilité est extrêmement grave, et surtout rend la tâche très difficile, de par le manque de soutien intellectuel et de moyens, aux quelques uns qui cherchent à s'organiser pour agir. Car si certains s'évertuent, s'épuisent et se mettent en danger pour mobiliser leurs congénères, pour tenter de provoquer un sursaut véritablement et sincèrement patriotique, mais avec un succès si limité, c’est que le découragement a vraiment gagné du terrain.

Comment se motiver lorsqu'on fait face systématiquement à des compatriotes qui se désintéressent complètement de leur patrie après en avoir fui la misère.. Comment lutter efficacement lorsque les gens qui, par la distance, auraient les moyens intellectuels de lutter contre la propagande et les manigances ethnopoliticiennes des dirigeants de nos pays, que nous connaissons tous, tombent dans les rouages machiavéliques des pouvoirs en place, en jouant leurs jeux, de gré ou à l'insu de leur plein gré.

Car les forces de libération africaine qui sont là, sont complètement désintégrées et dispersées, à la grande joie des prédateurs qui font mine de ne rien voir, puisque tant qu'on ne leur fait pas trop ombrage, ils sont bien installés là où l'instinct de prédation les a installé, qu'il s'agissent des autochtones ou de ceux qui les soutiennent.

Les pays sont vendus aux multinationales, soit minières soit pétrolières. C’est elles, avec l’appui de la BM et du FMI, qui dirigent les pays africains. Les dirigeants-vautours ne sont en aucun cas l'expression de la volonté du peuple dont on se sert abusément. Comment peut-on faire croire au monde qu'un peuple a dit oui, alors qu'en réalité il a dit non. C'est une insulte monumentale aux peuples qui paient par leur sang et celui de leurs enfants, des dettes qui ne leur appartiennent aucunement, c'est un complot international, qu'on le veuille ou non. Ne sait-on pas que le oui n'a de la valeur si le peuple est en mesure de dire non?

Les pouvoirs en place sont devenus des monarchies avant l'heure. Avant que les inutiles rejetons – sorti du moule occidental - de ceux qui sont là aujourd'hui ne prennent le pouvoir, le système monarchique est déjà mis en route, et en plein fonctionnement. Le peuple n'a rien à dire. Il n'a qu'à se débrouiller avec la misère qu'on lui impose sciemment.

Les quelques uns qui tentent de composer dans le cadre d’un dialogue politique, choisissant une voie plus institutionnelle, n’ont pas choisi une voie beaucoup plus facile, si on exclu les motivations intéressées. Certes les moyens d’actions sont plus larges, mais un dialogue composé partiellement d’intervenants mafieux, et manifestement prêt à tous les coups pour garder leur pouvoir, ne peut pas avoir un résultat profondément réformateur et positif. Machiavel disait qu’en politique le choix est rarement entre le bien et le mal, mais entre le pire et le moindre mal. On ne peut donc qu’espérer qu’il enclenchera une dynamique de changement et d’évolution politique, forçant en quelque sorte le régime en place à sortir de sa cristallisation prédatrice et autoproclamée. Il fait bien sûr toutes les grimaces du monde pour éviter la confrontation, car celle-ci met forcément son équilibre en danger. Accessoirement, on n’apprend pas à un vieux singe à faire la grimace. Donc, à bon entendeur !

Mais pendant ce temps, les massacres plus ou moins institutionnalisés, perpétrés soit par les autorités elles-mêmes, soit par des milices armées alliées politiquement des uns et des autres, et la fuite de dizaines de milliers de personnes, sans compter la vie de misère radiculaire, sans même eau potable, deviennent une responsabilité dont personne ne veut s'affubler. Même les acteurs soi-disant à objectif humanitaire sont là pour des motifs inavoués, mais certainement pas pour ceux qu'ont aimerait croire. D'où encore l'endormissement accru de l'opinion publique occidentale qui aime déjà tant dormir.

Elle se réveille d'un oeil indifférent, lorsque les cadavres accostent les rives occidentales de la Méditerranée, à moitié mangés par les requins. Elle s'offusque lorsqu'elle voit trop de peaux noires dans son étroit champ de vision. Ah non! Tout mais surtout pas ça! Chacun chez soi. Et à chacun son assiette !

Encore une insulte monumentale aux peuples qui n'ont rien dans leur assiette, parce que les plus avides leur ont vidé leur assiette alors qu'ils tentaient même de la défendre. On a sorti les fourchettes pour manger, mais l'occident les a cassé avec leurs couteaux.

A l'heure qu'il est, ce sont maintenant les baguettes de chinois qui envahissent le terrain. C'était prévisible depuis des décennies! A l'heure de la Guerre Froide, les soviétiques craignaient déjà les baguettes des Chinois.

Dans cet immobilisme général, il est vraiment urgentissime que ce qui reste valide en Afrique, se redresse, lève le poing, et s'organise véritablement pour lutter de plus belle contre un état de choses auxquelles des millions se sont soumis depuis si longtemps. L'Afrique a perdu beaucoup de choses, mais elle n'a pas perdu sa Jeunesse. C'est une force inestimable sur laquelle elle doit pouvoir compter. Mais c'est aussi une force en danger, car déjà passablement prise en otage par les prédateurs qui cherchent à tout prix à paralyser tout élan de libération africaine.

Puisque les mouvements de lutte sont si difficilement viable sur le plan local, pourquoi pas alors s'organiser sur un plan transnational et panafricain. Car les obstacles, à quelques nuances près, sont similaires partout. Les prédateurs aussi se sont organisés d’une manière, à l'instar de l'UA, de la CEDEAO, ou de la CEMAC pour n'en citer que quelques unes. Donc, qu'attendant nous!?

Personne ne prétend qu'il est tâche facile de s'organiser, de s'associer de façon défensive, dans le cadre d'un système existant et bétonné. Mais nous savons tous que l’africain est très coriace! La preuve, malgré tous les cyclones et les tsunami, il est encore là. Et l'Afrique n'a absolument rien à perdre, au contraire, elle a tout à gagner. Et surtout sur le plan de la conscience. Car si sa conscience africaine a été anesthésiée depuis des siècles, imaginez sa force si elle se réveille. L’Afrique pourra largement gagner sur un plan offensif, soyons-en sûrs.

Mais il y a des conditions. Il faut agir de façon différente, de façon inattendue, et de façon surtout profondément intègre et patriotique, dans le respect de l'africanité qui caractérise l'Afrique profonde. La renaissance de l'Afrique ne peut se faire qu'uniquement dans ces conditions. Si elle tente de se faire sur le même chemin que les prédateurs de l'Afrique ont utilisé, l'échec sera garanti. L'Afrique doit à tout prix retrouver ce qu'elle a perdu dans son occupation par l'Occident. Elle doit renier et refuser tout ce qui ne correspond pas avec l'africanité qui la caractérise. Car ce sont les armes d'annihilation de la culture et des traditions africaines qui ont pour la plupart contribué à la ruine que l’Afrique connaît aujourd'hui.

vendredi 7 novembre 2008

Togo : le retour des brebis perdues ?

Rodrigue KPOGLI
http://lajuda.blogspot.com/

Le Togo a changé. Illusion !
Et positivement. Supercherie illusoire encore !

Des Togolais renvoyés en exil par feu Eyadèma Gnassingbe, sont en train de regagner le bercail. Certains, définitivement. D’autres, par intermittence. Dans tous les cas, ces retours sont annoncés urbi et orbi via la presse. Et en clamant ainsi leur retour, ces « voyageurs » prouvent l’existence d’un Togo périlleux et dangereux pour les opposants. Ils se donnent donc une image d’hommes courageux, bravant la peur et l’insécurité en comptant sur la protection de l’opinion préalablement ameutée.

L’objectif – semble-t-il - de ces annonces tambour battant, est de se donner des garanties sécuritaires en alertant la communauté nationale et les observateurs étrangers. Une façon de rentrer au Togo sous le regard des uns et des autres en vue de dissuader le pouvoir en place et ses milices de tenter quoi que ce soit contre le nouvel arrivant.

Cette démarche astucieuse contre le régime togolais tartuffe par essence, est tout à fait compréhensible. Cependant, il faut affirmer que les « rentrants » rendent service au régime de Faure Gnassingbé « à l’insu de leur plein gré », quoi que, les véritables motifs des rentrants ne sont pas toujours transparents, mais ça c’est un autre débat. Comment justifier que le Togo demeure une dictature, ne garantissant aucune sécurité aux « opposants exilés » depuis une vingtaine d’années voire plus, et y retourner ? Rentrer au Togo, la peur au ventre d’être arrêté, kidnappé ou assassiné et y sortir sans égratignures, c’est au crédit du pouvoir en place. Croyant exposer le pouvoir, c’est plutôt l’effet contraire qui se produit, car si les ces exilés politiques peuvent retourner au Togo, aux yeux du monde, c’est que quelque chose a changé en bien. Ainsi, ces publicités gratuites claironnant ces retours sont au profit du clan Gnassingbe. Il est d’ailleurs remarquable qu’aucun des voyageurs ne mentionne des ennuis avec le pouvoir. Sauf, Eloi Koussawo qui a jugé utile de raconter ses aventures. Mais Koussawo a été complètement désavoué. Sur la toile, il a été lynché et qualifié de menteur. C’est peu dire que personne n’a cru à son histoire. Et cela, c’est au bénéfice du régime togolais.

De deux choses l’une, ou alors le Togo est une tyrannie où la peur et la répression élisent domicile. Et dans ce cas, revoir la terre natale est impossible, pour le moins provisoirement, aux exilés voulant y aller officiellement. Ou alors, le Togo a changé et est devenu une démocratie où chaque citoyen a le droit d’aller et de venir à son gré. Et dans ce cas, tout Togolais vivant à l’étranger ou non, peut entrer et sortir sans crainte et sans annonce.

En annonçant leur retour dans les media et en faisant le mouvement aller-retour, ces Togolais donnent au pouvoir un visage humain, et font de lui une démocratie qui n’attente plus à l’intégrité physique de ses opposants, et qui garantit la sécurité à tout Togolais. Ce qui en réalité est faux, si on se réfère au tout récent assassinat d’Atsutsè Kokouvi Agbobli.

Gilchrist Olympio, pourchassé pendant longtemps par le clan Gnassingbe est probablement celui qui a ouvert le bal des retours. Olympio est rentré au Togo depuis un an déjà. Ce qui fait dire à certaines personnes que le Togo a changé et que le fils n’agit pas comme son père. Les raisons du retour d’Olympio ne sont pas simplement le retour de l’enfant au pays, et sa position politique aujourd’hui mériterait d’être débattue, mais ce n’est pas notre préoccupation ici.

S’il est tout à fait exact que la lutte pour la démocratie au Togo, se déroule sur la terre togolaise aux côtés du peuple, il n’en demeure pas moins vrai que les retours dans les conditions actuelles, sont la confirmation de l’échec du combat démocratique. Car, après avoir osé la lutte, ces Togolais finissent par se rendre compte d’une évidence : celle de la réalité faite d’impuissance. Quand la chasse n’a pas été bonne, les chasseurs rentrent bredouille au bercail.

Ces démocrates, regagnent un pays sous une dictature bien plus féroce mais plus subtile qu’avant leur départ du Togo. A leur arrivée, ils verront un Togo dévasté. Un Togo, étranglé où la population rumine sa colère. Un Togo, en apparence libre, mais en réalité fermé et étroitement surveillé. Ils verront des médias (journaux écrits, radios et télévisions) en apparence ouverts et critiques alors que peu le sont vraiment. Ils verront des patrimoines publics abandonnés et un réseau routier en déliquescence avancée. Ils verront le tissu social en lambeaux. Ils trouveront un système médical complètement inexistant. Ils verront des Togolais plus misérables qu’avant. Ils verront une jeunesse laissée-pour-compte et qui vit de la débrouillardise. Ils verront l’insouciance des soi-disant dirigeants et mesureront le degré de leur criminalité. Ils verront que nos cimetières sont immenses et ne cessent de grandir. Alors, se rendront-ils compte de l’immensité de la tâche qui attend les Togolais. Ils s’apercevront que nos objectifs ne sont pas atteints et que la fin de la lutte est plus éloignée que le début. Ils s’apercevront que c’est le retour à la case départ et que leur histoire ressemble à quelques exceptions près, à celle du crabe qui est retourné dans la boue après avoir entretenu l’illusion d’une propreté définitive dans l’eau.

Cyniquement, pour le régime tyrannique togolais, ces retours sont du pain béni. Dans la perspective électorale de 2010, quelle bonne image que baby Gnassingbe se forge en laissant rentrer au Togo, ces opposants qu’Eyadema Gnassingbe n’a jamais voulu voir ! Le clan Gnassingbe utilisera ces retours comme des trophées de réconciliation et du changement durable. Car, sous Gnassingbe-père, il n’a pas été possible à ces exilés, de s’approcher de la terre natale. Ainsi, la victoire frauduleuse qui se profile une nouvelle fois à l’horizon 2010, sera justifiée par l’argument selon lequel le vote en faveur de Faure Gnassingbe est l’adhésion du peuple togolais à sa politique d’apaisement, de réconciliation et de changement. Laquelle politique aurait permis à des Togolais exilés de retrouver la terre natale. Le retour des vampires bailleurs de fonds sera aussi allégué.

On aura beau contredire cette version de l’histoire. Elle présente, cependant, une certaine logique argumentaire, aux yeux des observateurs étrangers ignorant les réalités locales. Déjà en octobre 2007, lors des législatives, le Rassemblement du Peuple Togolais au pouvoir depuis un demi-siècle bientôt, a expliqué sa victoire volée par l’adhésion des Togolais à la politique d’apaisement et de réconciliation de Faure Gnassingbe et avait mis en avant la présence de Gilchrist Olympio au Togo, comme preuve palpable du changement.

En définitive, ces Togolais veulent se présenter comme des hommes courageux, bravant la peur, l’insécurité et la brutalité d’un pouvoir sanguinaire. C’est perdu ! Ils sont d’ores et déjà, dans les mains du clan au pouvoir, des trophées de la réconciliation et du changement à brandir au bon moment, avec le credo que ce que le père n’a jamais voulu faire, le fils l’a réalisé. Cela fera partie des justifications qui nous seront sorties en 2010. Cela nous fera bondir, mais hélas ! Nous aurons du mal à convaincre. Puisque dans une logique purement stratégique, nous aurons perdu en étant incohérent dans nos analyses et démarches.