mardi 24 mars 2009

SEMAINE DES PATRIOTES

Deuxième édition

En avril 2007, la Jeunesse Unie pour la Démocratie en Afrique (J.U.D.A) organisait en mémoire des martyrs de la démocratie au Togo, une semaine d’actions dénommée Semaine des Patriotes[1]. Il était recommandé à l’issue de cette première édition, de pérenniser la manifestation pour qu’elle soit annuelle. Des difficultés de plusieurs ordres ont poussé la J.U.D.A à la rendre biannuelle. Pour cette raison, la deuxième édition de la Semaine des Patriotes aura lieu du 22 au 29 avril 2009 à Lomé.

PROGRAMME PROVISOIRE

- Mercredi 22 avril 2009 à 15h 00 : ouverture de la Semaine des Patriotes.

Film : Reportage sur la Présidentielle de 2005 au Togo.
Conférence-débat : Lutte contre l’impunité : où en est le Togo ?
Lieu : Foyer Pie XII, Lomé.

- Vendredi 24 à 15h 00 : conférence-débat.

Thème : Comment sortir le Togo de la misère et de l’appauvrissement?
Lieu : Foyer Pie XII, Lomé.

- Samedi 25 avril 2009 à 15h 00 : projection de film.
Film : La Mascarade (film portant sur les élections de 2005) suivi de débats.
Lieu : Foyer Pie XII, Lomé.

- Lundi 27 avril 2009 à 10h 00 : retrouvailles et recueillement suivis de discussions.

1) La lutte pour l’indépendance du Togo : expériences et leçons à retenir.
2) La conquête de la liberté au Togo : état des lieux et perspectives.
3) La dette du Togo : naissance, estimation, gestion et conséquences.
Lieu : Foyer Pie XII, Lomé.

- Mercredi 29 avril 2009 à 14h 30 : échanges sur des questions d’actualité.

1) Problème de criminalité et d’insécurité au Togo: position et propositions alternatives.
2) Election présidentielle de 2010 : l’alternance aura-t-elle lieu et quel rôle de la jeunesse ?
3) La démocratie et l’Etat de droit sont-ils compatibles avec les pratiques politiques au Togo?
Lieu : Foyer Pie XII, Lomé.


Tous les démocrates et militants ainsi que les organisations œuvrant pour la liberté et les droits humains sont cordialement invités à participer ce programme citoyen.

Contactez : lajuda2000@hotmail.com
Visitez : http://lajuda.blogspot.com


[1] http://lajuda.blogspot.com/2008/01/compte-rendu-de-la-semaine-des.html

jeudi 19 mars 2009

Madagascar : des enseignements, oui certainement, un modèle, non !


19 mars 2009
Rodrigue KPOGLI
Web. http://lajuda.blogspot.com


Pour nous Togolais, écrasés par une tyrannie quinquagénaire rajeunie en 2005 dans un rituel sanglant, toute situation politique dans laquelle des corps de l’armée rejoignent ce qui est coutumièrement appelé l’opposition est un signe de changement démocratique. Cette façon quasi-automatique de percevoir les choses est malsaine et tronquée.

Ce qui se passe actuellement à Madagascar- il faut le clamer- n’est pas fondamentalement dans le sens du progrès de la culture démocratique. Car, même si le président déchu Ravalomanana n’est pas un ange, il y a des éléments à clarifier dans le fond de l’affaire (ce qui sera l’objet d’un article en préparation).

Pour un peuple comme celui du Togo désirant sortir des griffes d’une des dictatures les plus obscures au monde, qu’il y ait des leçons à retenir du cas malgache, c’est certain. Mais, applaudir voire recommander ce changement pour le moins sombre dans le fond et visiblement téléguidé n’est pas un exercice lucide.

A cet effet nous nous livrons à la tâche de relever quelques leçons pouvant être apprises par les Togolais. :

1- Les arguments utilisés contre le pouvoir de Marc Ravalomanana.

Outre les reproches classiques adressés aux dirigeants africains, le président malgache est culpabilisé d’avoir acheté un avion Boeing 737-700 à Walt Disney Louisianne (USA) à 60 millions de dollar alors même que la majorité des malgaches arrivait péniblement à s’assurer deux repas quotidiennement. Contrairement à Madagascar où ce luxe paradoxal est utilisé politiquement, au Togo, Eyadéma Gnassingbè qui avait acquis un avion du Sultan de Brunei alors même son peuple tirait le diable par la queue, a voyagé tranquillement à bord de son vieux coucou jusqu’à ce qu’il ne prenne feu à Niamey. Aujourd’hui c’est dans un silence assourdissant que ses enfants, ayant grandi dans le luxe sur le dos des Togolais, continuent cette folie des grandeurs en s’octroyant 3 Rolls-Royce à hauteur de 900.000 dollar US pour Kpatcha et une Maybach coûtant 1,2 millons d’Euros pour Faure Gnassingbé.

Pendant que la question de la vie chère a été récupérée à Madagascar par Andry Rajoelina, alias TGV, au Togo les prix des denrées alimentaires et de premières nécessités ont monté vertigineusement dans une relative indifférence. Le maïs avait franchi des seuils jamais égalés, les carburants avaient flambé alors même que les salaires stagnaient et le porte-monnaie des Togolais était vide. Nous, au Togo, en bons spécialistes de la débrouillardise, nous avons fait avec. Rares sont pourtant les peuples qui peuvent se garder de toute réaction face à de pareils mépris.

Un troisième reproche qui est fait à Ravalomanana était la cession de quelques 1.300.000 ha, la moitié des terres cultivables du pays à une entreprise privée, le sud-coréen Daewoo, pour la culture de maïs transgénique destinée à la population coréenne. Au Togo, le pouvoir a cédé une partie de la plage de Lomé à un certain Christian Dervieux qui est en train de la transformer complètement en un complexe hôtelier qui sera inaccessible aux togolais moyens. Une minutieuse enquête révèlerait certainement d’autres terres vendues ou cédées aux multinationales et aux soi-disant investisseurs étrangers. La question de la terre est sensible partout. Cependant au Togo, rare sont ceux qui se sont émus à propos de cette affaire. Les politiques quant à eux, ont d’autres chats à fouetter.

Comme on peut le voir à travers ces trois arguments, le Madagascar n’est pas le Togo et les Togolais ne sont pas les Malgaches. Il y a donc à apprendre chez ces derniers la façon dont les questions de divergence sont travaillées.

2- Le comportement de l’armée.

C’est le point sur lequel certains observateurs togolais insistent le plus. Des éléments de l’armée malgache ont tiré sur les foules dans un premier temps, puis se sont abstenus. Plus tard, l’armée dans presque sa totalité à la différence de quelques hauts gradés, a rejoint les manifestants. « Nous ne sommes pas là pour tuer nos compatriotes » ont-ils d’ailleurs clamé. Au Togo, l’armée n’a pas cet esprit. Elle est jusqu’au-boutiste et animée d’une volonté manifeste de montrer ses muscles aux civils.
Sur le plan purement formel, le comportement de l’armée malgache doit servir de leçon aux forces armées togolaises.

3- l’endurance et la détermination des manifestants malgré les écueils.

On a pu noter à Madagascar que malgré la répression, les masses n’ont pas renoncé. Et les manifestants ont continué leur mouvement dès lors qu’ils estimaient que la cause était juste et digne d’être portée.
En tant que peuple en lutte, les Togolais doivent retenir cette leçon importante de détermination et de ténacité.

4- le rassemblement autour d’une cible.

Encore une fois, dans la forme des choses, il y a regroupement à Madagascar autour d’une cible : le pouvoir en place. Des individus et organisations les plus hétéroclites se sont réunis pour agir contre leur cible. Et ce regroupement conscient des enjeux qui sont les siens, n’a pas perdu du temps ni dans des querelles interpersonnelles de bas étages ni dans des considérations individuelles. Il avait aussi conscience de ses objectifs et donc, avait tu les divergences face à l’adversaire du moment.

Au Togo, c’est difficile de réussir une œuvre pareille. Tant les détestations et les inimitiés sont patentes. Lorsque le cynisme, la duplicité, l’hypocrisie et les calculs personnellement mesquins gagnent les rangs de ceux qui prétendent affronter le pouvoir en place, il n’y a pas de rassemblement possible des forces. Au contraire, c’est la stratégie de peau de banane et de division qui l’emporte pour le plus grand bien de la cible.

A ce niveau également, nous Togolais avons à apprendre de ce qui se passe à Madagascar.

5- l’utilisation efficiente des médias.

A Madagascar, le mouvement d’Andry Rajoelina a fait propager dans le pays, des informations voire des intoxications via les médias. Le camp adverse a beau jeu d’apporter le démenti sur l’affaire Daewoo et sur la démission de Ravalomanana le 17 mars dernier… C’était trop tard. La bataille de la communication a été gagnée d’avance par le TGV et ses partisans. C’est une leçon à retenir. La réalité au Togo est que les partisans de la démocratie ont toujours relégué la question de la possession des médias au second plan.

Nous n’avons cessé de le clamer : les médias sont un outil important pour l’aboutissement d’une lutte. Ne pas en avoir, c’est se priver d’une arme essentielle.

6- le leadership de la contestation.

Il est à rappeler que l’objet de ce texte est de montrer quelques leçons à retenir du cas malgache sur le plan purement formel mieux, organisationnel.

La plus importante leçon -à notre avis- est le leadership de la contestation malgache. Sans entrer dans le fond du sujet, voilà un jeune de 34 ans, DJ de night Clubs, sans autres expériences politiques que la mairie de Tananarivo remportée depuis seulement le 12 décembre 2007 avec 63, 32% des voix des 40% des électeurs. Cet homme est le créateur de l’imprimerie numérique Injet et propriétaire d’une chaîne de télévision et de radio Viva. Mais, il sait aussi parler aux foules en transcrivant leurs préoccupations en discours politique. On lui a fait un minimum de confiance malgré ses faiblesses. Son coup a donc été gagnant.

Alors qu’à Madagascar, ce jeune qui n’est certainement pas le meilleur est porté, au Togo, on pense et on sérine que le devant de la scène doit être réservé à la caste d’opposants constituée de vieux loups et caïmans bardés de diplômes pourtant notoirement affaiblis. Personne autre que ces vieux leaders professionnels ne peut prendre des initiatives sans être systématiquement exposé au dénigrement, à la calomnie, aux tentatives tutélaires souvent réussies à travers des opérations de récupérations et in fine aux blocages de toute sorte. Une idée qui ne porte pas le cachet des partis traditionnels est vouée à l’échec, puisqu’il lui manquerait la bénédiction d’une population devenue finalement, à force de miser sur un hypothétique homme providentiel au détriment d’une organisation collective, l’otage à la fois du pouvoir et de l’opposition.

Au Togo, nous avons érigé des mythes et des dieux de la politique dont il nous est presque impossible de nous débarrasser aujourd’hui. Quand on se fait des dieux, forcément on les adore. Quelle que faute qu’ils aient commis, ces dieux sont irremplaçables. N’ayant plus le statut humain, ces acteurs politiques au sens théâtral du terme sont devenus des arêtes qui nous sont restées en travers de la gorge.

Les Malgaches viennent de nous faire la leçon que le meilleur leader n’est pas obligatoirement celui que l’on attend et que celui-ci n’est pas nécessairement où il est attendu. Allons-nous en tant que peuple en lutte méditer toutes ces leçons de forme, ou allons-nous continuer à vanter une certaine expérience au détriment du dynamisme, de la constance et d’une véritable stratégie de conquête du pouvoir ?

dimanche 8 mars 2009

La renaissance africaine est-elle possible ?

08 mars 2009
Rodrigue KPOGLI
Web : http://lajuda.blogspot.com/

La situation de l’Afrique, de manière globale, crée la dépression chez tous les esprits conscients. Alors que les dirigeants africains totalement corrompus exhibent le luxe le plus révoltant, les populations, elles sont assoiffées, affamées, méprisées, rongées par les maladies, appauvries et livrées à elles-mêmes. Partout, les infrastructures de base font défaut. Les seules institutions qui fonctionnent sont le pillage des richesses et les brutalités militaro-policières contre les peuples préalablement désarmés. Face à cette situation, la Renaissance de l’Afrique est prônée, car ce continent, berceau de l’humanité, a connu de grandes époques de progrès avant sa descente aux enfers. L’Egypte ancienne et les grands empires avaient offert au sol africain, bien avant le développement des autres parties du globe, des civilisations florissantes.

Les atrocités de l’Histoire à travers les razzias et déportations arabes et transatlantiques, la colonisation et aujourd’hui le néocolonialisme ont fini par mettre l’Afrique à genou. Les dignes fils qui, depuis ces temps immémoriaux, voulaient redonner à l’Afrique la dignité et la fierté par le travail et les valeurs ancestrales sont vite étiquetés et assassinés. En lieu et place de ceux-ci, on a mis des imbéciles et des ignares qui se foutent royalement des peuples dont ils se disent pourtant issus.

Ceux qui dirigent aujourd’hui en Afrique, sont des marionnettes soit fabriquées dans les écoles militaires occidentales, soit conditionnées dans les universités néolibérales américaines ou européennes. Ainsi, ne savent-ils des peuples qu'ils doivent "diriger" que ce qu’ils ont appris de leurs metteurs en scène. Imposés par d’incessants coups de forces militaires ou par des fraudes électorales à répétition, ces vassaux ont pour mission -entre autre- de:

1- collecter des impôts et taxes pour payer la soi-disant DETTE

2- faire passer des lois, favorisant les multinationales pour rendre légales leurs pillages

3- continuer l'œuvre coloniale de démolition de la société africaine en laissant couler sa culture et ses valeurs

4- perpétuer la domination des Occidentaux en tuant nos langues, nos pratiques religieuses en laissant fleurir abondamment des églises importées pour endoctriner et mieux soumettre les peuples

5- soumettre les Africains à une agriculture exportatrice qui fournit du coton, café, cacao, banane, cola, fleur, thé, arachide, ananas, caoutchouc, huile de palme ... aux pays étrangers en délaissant les produits vivriers. Ainsi, les Africains sont affamés

6- ouvrir les marchés africains aux produits vivriers importés à grands frais et aux capitaux étrangers (privatisation-bradages)

7- écraser tout Africain qui oserait ouvrir les yeux aux peuples d’Afrique

8- maintenir et diffuser par le biais de l’école néocoloniale, la version actuelle de l’histoire sur l’esclavage, la colonisation et toutes les relations du monde avec l’Afrique.

Pour accomplir ces missions, les Occidentaux et aujourd’hui les Chinois, et dans une certaine mesure l’Inde donnent à leurs pions africains de l'argent, des hommes (conseillers) et des armes. Tout ceci aux frais des Africains qui doivent travailler pour payer les balles qui les tuent.

Les dirigeants africains bénéficient en retour de tout ce service rendu de l'argent, du maintien au pouvoir, des comptes bancaires dans les paradis fiscaux, l’accueil de leurs enfants et proches dans les écoles et universités occidentales, des immeubles cossus en Occident et ailleurs dans le monde.

Ces gens n'ont aucun souci. Ils se foutent de l’état de l'Afrique. Si non, quels problèmes ont-ils une fois résolu? L'éducation de la jeunesse ou la santé du peuple? La faim ou le paludisme? L’électrification ou la construction des routes? Quoi, concrètement? Ils n'ont jamais rien réalisé. Et s'ils se réunissent dans des sommets, ce n’est pas pour poser clairement les problèmes et leur formuler des solutions fiables. Puisqu'eux-mêmes sont Le PROBLEME. Mieux, tout ce qu'ils arrivent à faire, c'est d'appeler les puissances étrangères au secours face aux peuples qui crient contre eux. Ainsi, ont-ils réussi à semer dans l'esprit des peuples, l'idée d'une "Communauté Internationale" qui leur viendrait en aide. Alors, justement qu'il n'existe aucune Communauté Internationale en dehors des cinq membres permanents de l’ONU.
Ils sont dans l’enfumage perpétuel. Ces spécialistes des spectacles macabres passent de l’OUA à l’UA, de la Commission de l’UA à une Haute Autorité sans aucun fond. Avec les hommes de cet acabit, l’Afrique ne peut pas avancer et ne va pas avancer.

La renaissance passe alors impérativement par la neutralisation de ces agents inhibiteurs que sont ces carriéristes de gouvernants. La jeunesse africaine, si elle veut vraiment l’unité continentale, doit s’engager et affronter avec énergie ces machines à détruire. Mais cela doit se faire à partir de deux ruptures:

1- Rupture avec des Gouvernants africains pions et complices des ennemis de l'Afrique.

Cela veut dire simplement que nos organisations et associations ne doivent plus être des lèche-bottes et des ailes marchantes du parti au pouvoir. Nos associations ne doivent plus aller dans les palais présidentiels ou les ministères pour louer et décerner des prix, contre des billets de banque, à de vieux dictateurs incapables de poser les fondements d'un progrès social sur le sol africain. Car beaucoup de dirigeants associatifs aiment rencontrer les membres des gouvernements sous prétexte qu'ils portent des doléances à ces dirigeants. Les gouvernants africains se foutent de tout ça. Ne nous trompons pas. Ces gens là, sont de vrais blocages à une Afrique émancipée. Un seul exemple: combien de nous savent qu'actuellement se déroule à Paris, un procès sur ce qu'on nomme l'Angolagate?

l'Angolagate est un gigantesque trafic d'armes dans lequel Dos Santos a sorti 790 millions de dollars US pour corrompre Jean Christophe Mitterrand, fils du président Mitterrand, l'écrivain Jean-Loup Sulitzer, Georges Fenech, ancien président des magistrats professionnels, Charles Pasqua le mafieux et père spirituel de Sarkozy, Jacques Attali conseiller de Mitterrand et de Sarkozy, Jean-Charles Marchiani conseiller de Pasqua, Jean-Pierre Falcone trafiquant franco-angolo-canadien et surtout de Arcady Gaydamak franco-canado-israelo-russe... pour avoir des armes pour combattre Savimbi. Alors justement que le même Savimbi était soutenu par des Occidentaux notamment les USA.

Rendez-vous compte ! 790 millions de dollars US ! Et ce n’est certainement que la partie émergée de l’iceberg. Combien de postes de travail ne peut-on pas créer avec cet argent ? Combien de villages ne peut-on pas électrifier avec cet argent? Combien de maladies ne peut-on pas guérir avec ça ? Combien d'enfants ne peut-on pas nourrir avec cette somme ? ...Or Dos Santos a pris sa part et ses complices aussi la leur. Puis, c'est le silence! Des comptes ont été ainsi créés à Dos Santos dans les paradis fiscaux dont la Suisse, Luxembourg et les Îles Caïmans. Ce seul exemple suffit pour parler du mépris total pour les peuples. Point besoin d’ajouter les 817.000 euros hérités par Kouchner de Bongo pour avoir - soi-disant - aidé le système sanitaire gabonais à s’améliorer pendant même que les Gabonais continuent de mourir des maux de tête. Pas besoin non plus d’ajouter toutes les autres affaires sous ces tropiques. Donc, le problème de l’Afrique, c'est cet axe maléfique alliant nos soi-disant gouvernants et leurs complices étrangers, qui agissent contre Nous, le Peuple.


2- Rupture avec les Fondations, ONG internationales, et autres financements extérieurs.

Ces institutions tirent leurs financements des dons de multinationales et autres individus qui font fortune sur le dos des Peuples Africains et sur le dos des millions de pauvres en Occident et ailleurs dans le monde. Parfois, elles ont leurs financements des services secrets occidentaux ou des gouvernements impérialistes et néocolonialistes. Il faut donc cesser de leur faire des yeux doux. Solliciter des financements d’elles, c’est leur apporter notre caution. Partager le butin d'un vol, c'est être complice du voleur. Est-ce normal d'accepter des soi-disant financements qui ne sont en réalité que le 1/1.000.000.000ème de ce qui nous est arraché dans le sang, de surcroît ? Le comble, c'est qu’une certaine école prétend qu'accepter ces financements, c'est profiter de ce qui nous est volé. Non, nous ne devons plus accepter d'être volé. Nous ne devons plus accepter d'avoir les miettes des richesses qui sont les nôtres. C'est à nous de donner aux autres les miettes sur nos richesses, si nous le voulons. Nous devons à présent, refuser d'être à la merci des voleurs. Nous qui sommes les propriétaires du champ, nous ne devons plus dépendre de la part que nous attribue le voleur.

La jeunesse africaine doit cesser de ramper derrière la Francophonie qui prétend organiser des séminaires à l'endroit de la jeunesse et dit financer les organisations de jeunesse et de la société civile. C’est la même Francophonie qui couronne de l'autre côté des élections truquées et étrangle nos langues. La langue française nous l'avons héritée par contrainte esclavagiste et coloniale. Il n'y a donc ni grandeur ni honneur à perpétuer et à perfectionner un outil colonial. Ce n'est pas la francophonie qui nous apprendrait, à nous Africains, le dialogue, la culture de la paix et de démocratie. Quand nos Ancêtres débattaient sous l'Arbre à palabre et réglaient les problèmes dans un esprit de paix, les Français se faisaient la guerre et faisaient la guerre aux Espagnols, aux Anglais, aux Allemands...jusqu'à concurrence de deux guerres qu'ils ont étendues au monde entier. Donc, retournons à notre histoire, revoyons notre culture et tirons-en les enseignements pour éclairer notre chemin.

Si toute cette pègre saupoudre nos associations, c'est pour calmer ceux qui dans la masse, risquent de faire monter la colère. C'est aussi pour illusionner les peuples que ce que l'Etat, patiemment déconstruit et méthodiquement émasculé en Afrique, ne peut faire, les ONG le peuvent. Par le biais de ces miettes, la pègre contrôle l’ensemble de la société africaine.

Il est temps de mettre fin au business que nous faisons subrepticement avec nos associations et ONG. Laissons les miettes de financements à ces officines néo-impérialistes habillées en humanitaires. Laissons-leur les partenariats empoissonnés. Mettons nos business associatifs entre parenthèses pour un moment. Et sauvons notre Afrique. Acceptons d'avoir faim aujourd'hui et battons-nous contre ces manipulations. Une fois la victoire remportée, nos organisations associatives et autres seront financées par nous-mêmes. C’est ainsi que nous créerons des conditions de réussite à nos enfants.

Avec la crise économique qui frappe singulièrement les pays capitalistes, les années à venir seront probablement les plus rudes pour l'Afrique sous l'égide des pouvoirs publics pions et complices de toutes les humiliations infligées à nos peuples. Les pays en difficulté vont agresser encore plus violemment l'Afrique et voler ses richesses. Et la Chine qui ne cesse de monter mais confrontée elle aussi à la crise, va avoir besoin de plus de matières premières pour son économie. La Chine va être encore plus active en Afrique. Bien entendu -dans les conditions actuelles- au détriment des peuples africains.

Au lieu de nous prostituer avec nos associations, il faut, au contraire, les mobiliser pour apprendre à nos peuples l'esprit de la juste révolte, du courage, de la contestation patriotique, de la construction à l'aune des valeurs qui sont les nôtres. Du rejet de ce qui est injuste, en fin de compte.

A défaut, tôt ou tard, nos descendants mesureront ce que nous leur avons légués. Au fond de nos tombes, nous comparaîtrons devant leurs tribunaux. Nous serons jugés et condamnés avec toute la sévérité liée à leur vigueur juvénile et à leurs souffrances. Cela constituera pour nous, une seconde mort!

samedi 7 mars 2009

Ah, la CPI condamne Omar Al-Bachir et oublie Bush !

La Cour pénale internationale (CPI) de La Haye, avec le courage et l’hardiesse qu’on lui connaît, a délivré hier, mercredi, un mandat d’arrêt international, contre le président soudanais, Omar el-Béchir, qui a été inculpé pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité dans la guerre qui sévit au Darfour, la région occidentale du Soudan. Luis Moreno-Ocampo, Procureur de ladite Cour, a déclaré : « Nous avons de lourdes preuves contre Omar Al-Bachir. » Mais, il n’a pu obtenir une accusation de génocide contre le dirigeant soudanais qu’il souhaitait de tous ses vœux. Le décor est planté. le devoir de vérité étant un processus juste et moralement légitime, à quand un procès pour la guerre en Irak ? A quand un procès pour la guerre en Tchétchénie ? A quand un procès pour crime contre l’humanité, contre la France lors de la guerre d’indépendance au Cameroun, avec notamment, l’assassinat de Ruben Um Nyombé et la répression sanglante en pays Bamiléké entre 1960 et 1970, avec 156 villages rayés, et plus de 40 000 personnes massacrées ? Et que dire de Madagascar, avec le 29 mars 1947, la massacre de 100 000 personnes pour la pacification de l’île ? Et le massacre de Sétif et Guelma en Algérie, le 8 mai 1945, plus de 20 000 morts ? Chut, pas de repentance !


La vision occidentale


Irène Khan, Secrétaire générale d’Amnesty International, est ravie. Elle a déclaré : « Le droit est clair. Le président Omar al-Bachir doit se présenter devant la CPI afin d’assurer sa défense. S’il refuse, les autorités soudanaises doivent se charger de l’arrêter et de le remettre immédiatement à la CPI ». Comme c’est mignon. On ne l’a pas entendu lors de l’offensive israélienne à Gaza. On ne l’a pas entendu non plus, après la fin du règne de George Walker Bush ou de Tony Blair, ces acteurs actifs de l’invasion mensongère d’Irak, vrai crime contre l’humanité. Ironie du sort, ce dernier a été même nommé à la tête du Quartette (ONU, USA, UE, Russie) pour le Proche-Orient depuis 2007 et qui a effectué un voyage le 1er mars dernier à Gaza. Rappelons que ce Quartette « prône » la paix, en excluant le Hamas.

Démagogie abyssale. Ce même Quartette s’est réuni récemment à Charm-el-Cheikh pour la conférence sur la reconstruction de Gaza, détruit par Israël. Autre crime contre l’humanité, et autres crimes de guerres. Un saupoudrage fantaisiste. Si la communauté internationale veut réellement protéger les soudanais, ce n’est pas en prenant une décision aussi grave, qui peut se retourner in fine, contre ce peuple éprouvé. Défendre les droits de l’homme c’est bien. En abuser c’est mal. Enfin, la petite corporation des dictateurs africains va comprendre disent les Occidentaux, qui éludent bien sûr le fait que, ces derniers, sont aussi les plus gros investisseurs dans les sociétés occidentales. Et surtout, qu’on ne vient pas demain, nous accuser de néo-colonialisme et bla bla bla, ajoutent-ils.

C’est un très bon exemple selon les instances européennes, qui récitent à gorge déployée, les règles internationales et lois onusiennes. Au titre de la résolution 1593 (2005) du Conseil de sécurité, qui engage le Soudan à coopérer avec la CPI, les autorités soudanaises sont juridiquement tenues d’arrêter toute personne faisant l’objet d’un mandat d’arrêt, entend-on ici et là. Et si on commençait par ceux qui ont organisé depuis bientôt dix ans, les principaux conflits en cours dans le monde, je doute fort que les donneurs de leçons internationaux soient exempts. Pour petit rappel, en Irak, depuis l’invasion américaine, c’est plus de 1 311 700 irakiens tués. Passons.

La vision africaine.

Salam Aleikum, Aleikum Salam. Salutations amères depuis hier en Afrique. Selon que vous serez puissant ou misérable, les jugements de cour vous rendront blanc ou noir... La blogosphère africaine se lâche. Entre certains heureux, d’autres malheureux, c’est un manège indescriptible. Honteux dit un blogueur, hypocrite renchérit un autre, pour fustiger la faiblesse africaine, arguant que Bush mériterait, lui, la CPI, plus que Omar Al-Bachir. Tous les chefs d’Etats africains récusent le mandat d’arrêt, ainsi que les pays du Golfe. Le malaise est présent.

Pour le gabonais Jean Ping, président de la Commission de l’Union africaine (UA), qui n’est pas allé avec le dos de la cuillère, le mandat d’arrêt de la CPI « menace la paix au Soudan ». « Nous constatons que la justice internationale ne semble appliquer les règles de la lutte contre l’impunité qu’en Afrique comme si rien ne se passait ailleurs, en Irak, à Gaza, en Colombie ou dans le Caucase ». C’est quoi ce droit qui ne s’applique qu’aux faibles ? C’est quoi ce droit à géométrie variable ?

Personne n’exonère le grassouillet Omar Al-Bachir, loin s’en faut, mais, il faut arrêter ces indignations sélectives. Le Darfour, semble-t-il, bien sûr des chiffres donnés à la volée par l’ONU, qui parle de 300 000 morts soi-disant, des violés par milliers, et des millions de déplacés, après 6 ans de conflit. Mais, ce n’est pas seulement le fait du Gouvernement soudanais, la région étant infestée de groupes armés rebelles, hostiles à Khartoum.

La CPI selon les africains, c’est la « Connerie permanente internationale ». C’est vrai que ce sont pour la plupart des leaders du tiers-monde, dont africains, qui sont victimes de l’acharnement de cette institution. En revanche, les plus forts, ne sont jamais inquiétés, malgré leurs différents forfaits et méfaits, à travers le monde. Sans doute, ce manichéisme qui ne voit le mal que chez les autres. L’ex-président américain George Bush Jr., ne parlait-il pas de l’axe du bien avec ses guerres préventives ? Ce mandat d’arrêt délivré contre le président soudanais cache aussi, par ailleurs, une forte odeur de pétrole. Son tort ? Celui d’avoir concédé des concessions ad vitam aeternam semble-t-il, à la Chine. Pot aux roses découvert ? Qui avouera cette vision des choses ?

La vérité cachée.

Le pétrole semble être finalement, une malédiction pour tous les peuples africains noirs. La découverte de vastes gisements d’or noir, a aiguisé les convoitises occidentales. Entre posture et imposture, esprit grégaire et arrogance, il faut faire payer au prix fort, ce régime dictatorial, disons-le, qui fait confiance à l’ex géant endormi et aux pieds d’argile il y a à peine 20 ans, la Chine, nouveau pays émergeant et puissance mondiale désormais. Ainsi, cet Occident qui semble aller au chevet des pauvres africains qui meurent de faim, a armé le Tchad et les rebelles du sud-Soudan de feu, John Garant, pour tenter de s’opposer à la percée chinoise dans la région, et faire main basse sur les produits miniers et pétrolifères du Darfour.

La grande discorde entre la communauté internationale et Pékin vous l’avez sans doute compris, c’est le Soudan. Depuis 2004, le Conseil de sécurité de l’Onu, brandit la menace des sanctions sur Khartoum, avec notamment, l’embargo sur les armes. Heureusement que le veto chinois, a toujours protégé l’ex Nubie. Oui, le Soudan est à l’origine du déplacement de milliers de personnes, dans les zones pétrolières. Mais, le Soudan fournit à la Chine, plus de 7% de ses importations de brut. Il y a aujourd’hui, installées au Soudan, pas moins de 14 sociétés chinoises d’importances. Parmi ces dernières, la China National Petroleum Corporation qui a investi des milliards de dollars dans le champ pétrolier de Muglad, qui produit, plus de 500 000 barils par jour, une raffinerie d’une capacité de 2,5 millions de tonnes par an. En plus, la Chine a mis sur pied, un oléoduc long de 1 500 kilomètres pour l’exportation de brut à partir d’un terminal sur la Mer Rouge.

Contrairement à l’Europe, la Chine n’a jamais lié son aide à l’Afrique à des conditions politiques. Les droits de l’homme, la bonne gouvernance et tutti quanti, sont relégués au second plan soit. Mais, en réalité, les autres font-ils mieux lorsque leurs intérêts, même personnels, sont menacés ? Qui ne se souvient de cet homme politique français, plus proche de la péripatéticienne, avide de gain et ne se souciant même pas du travail forcé en Birmanie, qui avait rendu un rapport bidonné pour disculper Total ? Hélas pour les Occidentaux, Pékin n’a qu’une seule exigence, que les pays qu’il aide, ne collabore pas avec le régime dissident de Taipei. Enfin, pour que ce propos n’exonère pas Omar Al-Bachir, voici une vidéo compromettante mais, balayons devant nos portes, aussi.

>>> >>>Allain Jules

vendredi 20 février 2009

Des exécutions sommaires et extrajudiciaires au Togo.

DECLARATION DE LA J.U.D.A

Depuis des dizaines d’années, les forces dites de l’ordre au Togo abattent à bout portant des individus présentés à la télévision comme « des malfrats ». Dans leur communiqué habituel, les responsables desdites forces donnent des faits non-vérifiables, établissent la culpabilité des morts et lancent leur formule magique « c’est lieu d’appeler toute la population à la vigilance ».

Le mercredi 19 février 2009, la télévision nationale a rapporté que « les forces de l’ordre ont abattu mercredi matin à Agoè (banlieue de Lomé), trois malfrats appartenant à un réseau ayant participé à un braquage dans la nuit de mardi. Il s’agirait d’un braquage des individus qui revenaient de l’aéroport, emportant des portables, des bijoux et une importante somme d’argent. Selon le témoignage d’une des victimes "les malfrats ont fait usage de leurs armes en nous intimant l’ordre de nous coucher. Ils nous ont frappés et nous ont dépouillés".

Cet état de chose, devenu banal au Togo en raison de sa fréquence, est en réalité une violation systématique des droits humains dont le régime ensanglanté togolais s’est fait une spécialité. D’ailleurs le gouvernement, dans un communiqué a cautionné ce meurtre en saluant « le travail remarquable que les forces de l’ordre font dans la lutte contre la criminalité au Togo » et appelé à la "mobilisation des forces de l’ordre et de sécurité, de corps judiciaires et de toute la population, afin de contribuer dynamiquement à enrayer ce fléau". Aussi, mentionne le texte gouvernemental, "la résurgence de l’insécurité est un frein aux efforts d’apaisement politique et social, de protection des personnes et des biens".

S’il est tout à fait exact que l’insécurité est un phénomène à combattre, il est cependant inadmissible que la politique du gouvernement togolais en cette matière, soit celle rien que de la terreur.

La Jeunesse Unie pour la Démocratie en Afrique (J.U.D.A) condamne donc vivement cette façon de lutter contre la criminalité et l’insécurité et mentionne avec insistance que ces tueries sont donc des exécutions sommaires et extrajudiciaires qui nécessitent des enquêtes.

Elle demande à l’opposition parlementaire de se saisir de la question, d’interpeller le gouvernement et d’exiger l’ouverture des enquêtes au sujet de ces meurtres bénis au plus haut sommet de l’Etat sous prétexte que les individus tués sont des « malfrats ».

La J.U.D.A rappelle qu’aucune loi togolaise n’autorise les forces dites de l’ordre à abattre des « malfrats ». Au contraire, dans leur devoir d’agents garantissant la sécurité de la population, elles doivent être outillées légalement et techniquement pour faire face à toutes les situations. Seuls des cas extrêmes et justifiés factuellement peuvent faire appel au recours à des moyens d’actions non-conventionnels. Mais, l’amer constat est que dans un pays où les agents de sécurité et tous les autres corps du même ordre ont la gâchette facile et où ils ne savent taper que sur les faibles, les pauvres et les civils non-armés, la tendance est naturellement à l’usage des armes à feu et de la violence physique sur les présumés délinquants.

Résolument attachée aux valeurs ancestrales du respect de la vie humaine et aux principes d’Etat de droit, la J.U.D.A estime foncièrement que les forces dites de l’ordre doivent tenter jusqu’au bout dans la légalité d’arrêter les « malfrats » et autres délinquants- présumés innocents avant leur condamnation pénale- et les confier à la justice. En les fusillant à priori, les agents montrent leur incapacité totale à assumer leur mission avec tous les risques qu’elle comporte et sèment ainsi la terreur au sein des populations.

Aussi, souligne la J.U.D.A, la croissance de la criminalité, d’une part, est l’œuvre du contexte politique togolais fait de violences, d’impunité, d’injustices, de vols, de viols, de brimades et de crimes dont les premiers responsables sont au sommet de l’Etat. Lorsque l’exemple vient du haut, c’est toute la société qui est menacée. Pour cette raison, la J.U.D.A appelle une fois de plus à une mobilisation générale pour la fin de l’impunité au Togo. D’autre part, l’insécurité et la criminalité ne peuvent que prospérer dans un pays où les gouvernants illégitimes et autoproclamés, appauvrissent le peuple et s’occupent à s’accrocher au pouvoir par tous les moyens au lieu de travailler à créer des emplois, à fournir un cadre de vie de prospérité aux citoyens, à cultiver les valeurs culturelles africaines, à bâtir des infrastructures, bref, à développer les capacités productrices du pays.

Enfin, pour la J.U.D.A, il est impérieux que toutes les forces alternatives se mobilisent et se rassemblent pour mettre fin à ce régime tyrannique et notoirement infichu de faire face aux moindres problèmes sans recours à la violence contre les togolais. Car, sans la fin de ce régime ensanglanté et adepte du crime, le Togo n’aura pas de salut.

Le 20 février 2009
Pour la J.U.D.A
Le Secrétaire Général
Rodrigue KPOGLI

lundi 9 février 2009

Les chefs traditionnels et la tragi-comédie des Gnassingbè.


09 février 2009
Komla KPOGLI
Site : http://lajuda.blogspot.com/

Lors de la rencontre du MDTE à Paris en décembre 2007, nous disions que pour une remobilisation du peuple togolais, il était important de revoir le rôle des autorités traditionnelles pour enfin leur accorder plus d’attention. Nous affirmions : « la chefferie traditionnelle dans notre pays est malade. Elle est même inféodée au pouvoir. Le moment est arrivé de la déconnecter du pouvoir pour lui confier un rôle dans la promotion de la démocratie[1] ».

Cette chefferie au Togo était devenue un des instruments les plus efficaces du parti unique. Sous feu Eyadema Gnassingbè, les autorités coutumières étaient des agents locaux du RPT (Rassemblement du Peuple togolais, au pouvoir depuis 1963) dont elles diffusaient la propagande. Elles animaient les rencontres politiques, portaient des habits à l’effigie du dictateur et transmettaient toute la pensée officielle aux populations. Aujourd’hui, après la mort du tyran, les pratiques anciennes demeurent nouvelles. Le fils, en digne hériter de son père, perpétue visiblement cette tradition d’aliénation et de manipulation des pouvoirs traditionnels.

Le 29 janvier dernier, Faure Gnassingbè a convoqué 350 chefs de canton au Palais des Congrès de Kara pour se faire adouber. L’image rappelait ces grandes cérémonies au cours desquelles, feu Eyadema invitait les autorités coutumières pour qu’elles lui apportent leur caution morale et politique. On apprendra que Faure Gnassingbé, par le fait de prince, a doublé leurs indemnités de fonction, à l’issue de cette journée qui soi-disant était destinée à « échanger sur la chefferie traditionnelle et sa contribution au processus de réconciliation et d'apaisement engagé depuis 2005 par le Chef de l'Etat ». En lieu et place d’échanges et de contributions, on a eu droit à un chapelet de mots dithyrambiques à l’endroit du « Bien Aimé de la République ».

Les chefs traditionnels ont loué les bienfaits du roi Gnassingbè II en témoignant « leur reconnaissance au gouvernement qui, malgré la crise économique mondiale, reste à l'écoute des préoccupations quotidiennes de ses populations. La gratuité de l'école dans les établissements publics du primaire, le recrutement de nouveaux agents dans la fonction publique et la gratuité des ARV aux malades du sida ont été les principaux sujets au centre des débats ; les chefs traditionnels se félicitent ainsi des avancées enregistrées dans tous ces domaines par les autorités togolaises. Ils mettent par ailleurs un accent particulier sur la relance des filières du coton et du café-cacao, la recherche de l'accroissement des productions vivrières pour le développement du secteur rural et l'aboutissement d'un véritable progrès social. A cet effet, l'Union des Chefs Traditionnels du Togo exprime sa gratitude au gouvernement pour la fourniture suffisante en intrant dont 25.000 tonnes d'engrais restent à l'entière disposition des paysans. » Tout va bien alors au pays des Merveilles où la réalité des populations est faite d’indescriptibles misères ! Les chefs traditionnels, dans la profanation des valeurs ancestrales dont ils sont maîtres devenus, ont décidé de continuer de se détourner de la morale et d’aligner des mensonges pour des miettes.

Le site Republicoftogo.com rapportait « le président de l'Union des chefs traditionnels du Togo, Togbui Agokoli IV, a exprimé « toute la reconnaissance des chefs au président de la république pour les actions qu'il mène en vue de faire évoluer les conditions de vie et de travail aux Togolais ». Et d’ajouter que Agokoli IV a promis le soutien des chefs au gouvernement et au président en temps opportun pour lui permettre de poursuivre "ses actions de réconciliation et de modernisation du Togo". Traduction : les chefs traditionnels ont « décidé » de voter pour Faure Gnassingbè et le RPT lors des prochaines échéances électorales. Pour un corps social, hier fort respecté, et qui aujourd’hui devait rester au-dessus de la mêlée, compte tenu des responsabilités qui sont les siennes dans la société africaine et togolaise, les déclarations des chefs coutumiers sont inacceptables. Elles sont un parti pris flagrant qui malheureusement n’est pas une révélation aux yeux des togolais. Les chefs traditionnels- médiocres, arrivistes et petits de tête qu’ils sont et foulant aux pieds toutes les valeurs ancestrales- au Togo se sont illustrés à maintes reprises dans leur soutien au régime mafieux du Togo. Ils ont, sous la houlette de l’inénarrable Agokoli IV et bien d’autres soudards de son acabit, pleuré et supplié, à travers les rues poussiéreuses de Lomé et des villages, Eyadema Gnassingbè de rester au pouvoir, de modifier la constitution et de se présenter comme candidat en 2003. Ces imbéciles de chefs disaient porter la voix des populations. Grossières et pathétiques manœuvres dans un pays où les chefs se sont totalement ruinés pour s’être laissé violer à répétition par un pouvoir politique maléfique et méprisant les populations.

Curieusement, ces chefs traditionnels engoncés dans leur pagne croient représenter encore quelque chose aux yeux des populations. Alors que dans les villes, villages et hameaux, leur autorité morale est déjà mise à mal par une modernité ruineuse, aujourd’hui, en raison de leur positionnement politique pro-RPTiste, leurs décisions et règlements ne sont plus suivis, leur personnalité est largement méprisée et leur trône injurié et contestée. C’est peu dire si la cohésion sociale locale est malmenée sous ces individus dont la déchéance morale est aussi immense que leur ventre.

Pour le clan Gnassingbè et sa bande qui savent bien jouer sur les images en prévision des coups tordus qu’ils mijotent, il suffit que les chefs traditionnels soient vus à leur côté et surtout qu’un sceptre soit remis à leur joker- comme ce fut le cas à Kara -pour qu’ils justifient demain une victoire politique, en vérité, volée. Si, on ne tient compte que des images et du discours tenus par le groupe d’Agokoli IV, il serait incompréhensible que Faure Gnassingbè ne soit pas élu. La réalité est cependant infiniment plus complexe que ces soutiens fantoches et arrachés à coups de billets de banque. Feu Gnassingbè 1er utilisait la même tactique : organiser des marches de soutiens puis surfer sur ces manœuvres de masses pour s’adjuger des victoires qu’il volait dans la réalité. Dans ce jeu nauséabond, de même que Faure Gnassingbè sait qu’il joue sur les images, les chefs traditionnels sont conscients eux-aussi que leur soutien n’est que verbal et la réalité de l’isoloir le jour du vote, rattrapera ce cinéma. Mais dans ce jeu, la somme n’est pas nulle. Une partie a plus d’avantages sur l’autre. Faure Gnassingbè saura utiliser l’image pour justifier son hold up. C’est en cela que ces manifestations sont désastreuses.

Le pourrissement de la société togolaise est en marche. Il est urgent d’accorder quelques moments de réflexions sur la chefferie togolaise dont l’alignement politique ne peut qu’enrhumer davantage nos peuples écartelés entre un passé forcé à partir et une modernité qui tarde à venir.

La Jeunesse Unie pour la Démocratie en Afrique a déjà proposé des pistes. Il s’agit de réhabiliter la chefferie, de la déconnecter du régime RPT, de lui faire donner par voie législative, le droit à des indemnités de fonction et d’entretien de leur palais et d’exiger en retour fermement leur neutralité politique. Ce n’est qu’à ce prix que les chefs traditionnels pourront jouer dans la cohésion, dans l’intégrité et dans le respect de nos us et coutumes, leur rôle de gardien des valeurs africaines, de modérateur dans les conflits et d’irremplaçables agents de démocratisation et de développement.


[1] Communication de Rodrigue KPOGLI http://lajuda.blogspot.com/2008/01/compte-rendu-de-la-recontre-de-paris.html

samedi 24 janvier 2009

Ces pauvres qui donnent de l’argent à Faure Gnassingbè.


24 janvier 2009
Rodrigue KPOGLI
http://lajuda.blogspot.com/

Faure Gnassingbè, vient de fermer son prétendu tour de présentation des vœux dans les différentes régions du pays. Cet homme qui -ne l’ignorons jamais- a capté le pouvoir dans le sang avec la complicité des puissances néocoloniales, de l’armée française et des forces armées togolaises, a cru utile d’aller de région en région pour adresser ses « vœux aux populations togolaises ». Comme si les familles togolaises qu’il a endeuillées voulaient de ses vœux. Comme si le pauvre cotonculteur, assoiffé et spolié des fruits de son labeur, attendait les vœux d’un pion des multinationales et des institutions financières internationales. Comme si les Togolais majoritairement appauvris, se nourrissaient des vœux dans un pays pris en otage, où les infrastructures s’écroulent et où les suppressions d’emplois commencent par s’accumuler.


Faisant de cette occasion une véritable opération de campagne de la présidentielle de 2010, Faure Gnassingbè a profité pour se faire tresser des lauriers qui en réalité sont inexistants et raconter des histoires et des promesses aux populations togolaises que son imagination conçoit comme une masse d’idiots et de moutons.


Alignant des fadaises le long de son parcours, le fils à papa au pouvoir et son cortège de bonimenteurs ont offert leur concert des Plateaux à la Maritime. Le best of de ce concert a eu lieu dans les Savanes. Arrivé à Dapaong, chef-lieu de la région des savanes, le 19 janvier 2009, Gnassingbè II a eu droit à un « accueil chaleureux ». Le « porte-parole des populations » Nana Gnèmè, représentant du Chef canton de Mango-ville entame la lèche : « votre bilan est positif », déclare-t-il en direction de Faure Gnassingbè. Puis, il cite : « au plan national, la politique d'apaisement social et de réconciliation qui a permis le retour des partenaires internationaux, les consultations nationales, et au plan local, la construction à Dapaong d'un grand hôtel, du marché, d'une maternité au CHR, les prix aux groupements agricoles, etc. »


En récompense, Faure Gnassingbè a reçu des « populations » de la région, un chèque de 500 mille francs CFA au titre de leur contribution au paiement de la caution de sa campagne pour la présidentielle en vue. Formidable élan de générosité des Savanes!


Encaissant le chèque, l’heureux récipiendaire dira « je veux vous remercier pour l'importante contribution que vous avez apportée au paiement de ma caution. J'en ferai un bon usage. Ce geste-là seul, me prouve que, en 2010, ici dans les savanes, je sais, vous savez, qui arrivera en tête ».


Ce cinéma est d’un goût extraordinairement mauvais pour qui connaît les pratiques du RPT. L’épisode est mal ficelé ou tout au moins, il est cousu de fil blanc. Car, le vendredi 7 mars 2008, à Nangbéto dans la préfecture de l’Ogou, s’est tenu un « conseil des ministres » qui avait entre autre discouru sur la pauvreté au Togo. Dans l’habituel communiqué lu à la télévision par Cornelius Aïdam, Ministre de la communication et de la formation civique à l’époque, il ressortait d’une enquête menée par le ministère de l’économie et des finances qu’ « un individu est considéré comme pauvre, s’il dispose d’un revenu annuel inférieur à 242 094 FCFA à Lomé, 156 115 FCFA dans la région Centrale, 155 026 FCFA dans la région de la Kara et 157 294 FCF dans la région des Savanes ».


Le communiqué précisait : « sur la base de ces seuils de pauvreté, il résulte que 24 % des personnes vivant à Lomé sont pauvres, 69, 4 % le sont dans la région maritime, 56, 2 % dans région des plateaux, 77, 7 % dans la région centrale, 75 % dans la région de la Kara et 90, 5 % dans région des savanes. Au niveau national, on estime que 61, 7 % des Togolais sont pauvres. Ainsi, la pauvreté est plus accentuée en milieu rural qu’en milieu urbain. »

Venant d’un gouvernement comme celui du Togo connu pour la perfection de son usine à opacité, tous ces chiffres sont à prendre avec des pincettes. Cependant, il est à noter que suivant les chiffres officiels, 90,5% de la population des savanes sont pauvres. Autrement dit, au Togo, la région des Savanes est la plus pauvre. Comment alors comprendre que ce soient justement ces populations qui aient choisi d’offrir de l’argent à Faure Gnassingbè pour sa candidature à l’élection à venir ? Les plus pauvres du Togo ont paradoxalement choisi de cautionner le régime qui durant un demi-siècle, les a méprisés et n’a rien proposé comme solution à leur misère. Etrange logique, n’est-ce pas ? Les Savanes n’ont pas assez de l’incurie voire de l’indifférence du clan Gnassingbè face à leur misère ! Ces populations ne sont pas seulement contentes. Mieux, elles en redemandent, subventionnent et cautionnent même le fils du défunt Eyadèma. Pitié ! Le cynisme du RPT n’a plus de nom.


Mais comme dans tout système inhumain, la perversité est poussée aux limites de l’acceptable, Faure Gnassingbè et ses apôtres locaux, par cette opération démoniaque, associent les populations sans voix de la région à leur propre malheur. Cuire les victimes dans leur propre jus rend la sauce plus agréable, n’est-ce pas M. Debbasch ? Le peuple togolais n’a-t-il pas toujours été associé, lui-même dans son ensemble à l’ignominie du RPT ? Qui a oublié les moments d’animation, de réjouissances populaires, de marches de soutien, de motions de soutien et des lettres de félicitations adressées à « Papa Eyadèma, l’homme de paix » qui a passé sa vie à taper sur les Togolais, à les massacrer et les envoyer en exil ? C’est ce régime antipeuple, inhumain et mensongèrement propagandiste qui se pérennise sous nos yeux enfiévrés.


Il n’y a aucun doute que le chèque de 500 mille francs CFA attribué « au Bien Aimé de la République » soit l’œuvre de ces « natifs » zélés de la région présents au gouvernement ou au sein du RPT désirant par cet acte, montrer qu’ils sont avec Faure Gnassingbè qu’il pleuve ou qu’il neige. Un des natifs de la région, quasi-éternel ministre s’est illustré déjà sous « papa Eyadèma » par l’organisation de fraudes électorales à répétition dans la région. Celui-ci, suivant des témoignages des militaires recueillis par notre organisation, à chaque élection, déplace des militaires le jour du vote pour bourrer les urnes contre deux boîtes de sardine, une baguette de pain et cinq mille francs CFA.


Ce chèque offert à Faure Gnassingbè, aussi modique soit sa valeur, est non seulement la symbolique que les vieilles recettes servent toujours mais surtout que le RPT est apte à toutes les stratégies y compris les plus monstrueuses pour s’attribuer des victoires qu’il ne remportera jamais. Ceux qui clament que le régime togolais est entré dans le renouveau sont invités à revoir leur grille de lecture. Et ce n’est pas la célébration du 13 janvier, du 24 janvier et bien d’autres vieux fonds de commerce toujours à la mode qui montreront le contraire.


Face à ces pratiques là, il est inutile de se plaindre à Blaise Compaoré, à la CEDEAO, à l’UE ou à l’ONU. Le monde est ce qu’il est, avec toute sorte de complicités et de connivences suivant les intérêts des uns et des autres. Seule une véritable mobilisation des forces endogènes, efficacement organisées et dotées de moyens adaptés, constitue la solution pour le Togo.


On ne le dira jamais assez !

vendredi 23 janvier 2009

Rencontre du MDTE: Rodrigue KPOGLI "si un travail sérieux est engagé dès à présent...pour 2010, on peut espérer pour le Togo."

SYNTHESE DE LA TABLE RONDE DU MDTE

Comme les années précédentes, la 3ème édition de la journée citoyenne du MDTE a eu lieu sous la forme d’une table ronde sur la situation togolaise, le 27 décembre 2008 à Paris, Salle de la Mixité. Le thème choisi cette année était : Bâtir une alternative crédible pour le Togo.

La rencontre a démarré en début d’après-midi, après qu’une délégation conduite par le docteur Martin AMOUZOU, Administrateur délégué du MDTE, ait assisté à 12h, en la Chapelle de l’Agneau de dieu, à une messe d’action de grâce célébrée en mémoire de M. le Ministre Atsutsè Kokouvi Joachim Agbobli, mort à Lomé le 15 août 2008 dans des circonstances mystérieuses.

D’emblée, le décor est planté avec la projection de « Mascarade », un film réalisé avant et après l’élection présidentielle de 2005. C’est un documentaire qui en retraçant les différents épisodes que le Togo a connus à la mort du président Gnassingbe Eyadema, fait témoigner des acteurs de la société civile ainsi que de simples citoyens. Ce faisant, il remet les participants dans cette ambiance particulière de l’époque.

C’est alors que le docteur Martin AMOUZOU prend la parole pour leur souhaiter la bienvenue et exposer les propositions du MDTE sur le sujet mis à l’ordre du jour à savoir, bâtir une alternative crédible pour le Togo. Pour l’Administrateur délégué du MDTE, l’alternative pour le Togo se trouve nécessairement dans la détermination des bâtisseurs togolais et dans le choix opéré par ceux-ci. Aussi invite-t-il tous les togolais, où qu’ils résident, à s’accorder sur une vision à partir de laquelle des actions doivent être menées en vue de satisfaire les attentes du peuple togolais.

Pour le MDTE, ces actions doivent particulièrement viser la jeunesse et la femme togolaises, l’une et l’autre devant être remobilisées afin de leur permettre de reconquérir les voies et moyens de leur épanouissement citoyen. L’Administrateur Délégué du MDTE stigmatise au passage, une des pratiques singulières en cours à l’Ambassade du Togo à Paris. En effet, celle-ci conditionne la délivrance de visas aux franco-togolais résidant dans leur patrie d’adoption en France et désireux de se rendre dans leurs familles au Togo, à la production systématique d’un certificat d'hébergement de leur autre patrie, le Togo. Aussi appelle-t-il à une mobilisation générale et immédiate de la diaspora contre ce dispositif inique. Enfin le docteur Martin AMOUZOU réitère le souhait, pour ne pas dire la revendication légitime de tous les togolais de la diaspora, de pouvoir eux aussi exercer leur droit de vote dans nos représentations nationales à l’étranger.
C’est dans ce contexte et pour toutes ces raisons que le MDTE lance un appel à toutes les organisations togolaises de lutte, pour la constitution d’une PLATEFORME préfigurant une diaspora togolaise unifiée.

Il s’agira rappelle-t-il, d’une solide organisation structurante des bâtisseurs, porteuse et promotrice d’une vision consensuelle, claire et lisible du peuple togolais, dotée des ressources humaines et financières nécessaires, soucieuse et respectueuse d’un fonctionnement démocratique fondé sur la transparence et la loyauté. Ce sont là, les conditions minimales qui pourraient conférer une certaine crédibilité à cette entreprise citoyenne.

Prenant à son tour la parole, M. Rodrigue KPOGLI, Secrétaire Général de la JUDA (Jeunesse Unie pour la Démocratie en Afrique), dresse le bilan de toutes les tentatives censées réaliser le changement au Togo et constate leur échec, faute d’organisations sérieuses, structurées et dotées de moyens appropriés. Mieux, il pointe du doigt les précipitations, les improvisations, les détestations, les retournements de veste, ainsi que le manque d’ambitions et de consistance qui ont conduit l’opposition dans sa forme globale à se décrédibiliser.

De plus, M. KPOGLI considère que l’opposition institutionnelle a perdu beaucoup de plumes avec la signature d’un Accord politique largement en-deçà des enjeux, et de la participation d’une large partie de ses forces au gouvernement dit d’union nationale.

C’est face à cette situation que le Secrétaire Général de la JUDA énonce l’urgence d’une alternative portée par des citoyens honnêtes, courageux, engagés et foncièrement patriotes. Selon lui, le Togo a le choix entre la collaboration ou la participation et la lutte ou l’affrontement. La seconde option est celle que retient son mouvement, qui propose comme seule alternative crédible, une mobilisation tout azimuts aux fins d’une révolte saine et populaire contre le système RPT et ses alliés.

Pour ce faire, M. KPOGLI appelle à poser autrement le problème togolais en voyant dans le système RPT au pouvoir, non pas une machine ethnique mais une des organisations mafieuses locales aux ramifications extérieures, qui emprisonnent l’ensemble du continent africain, dans un régime d’appauvrissement total et de domination. Car, cette lecture dit-il, met en lumière les cibles qui sont les nôtres et clarifie le chemin des alliances et des « amitiés », qui ont ruiné la cause nationale plus qu’elles ne l’ont aidée à s’élever.

M. KPOGLI estime que pour être crédible, la lutte pour le changement au Togo doit faire l’état des lieux de ses moyens, se fixer des objectifs à court, moyen et long termes, mobiliser plus qu’hier des moyens humains, logistiques et financiers, pouvoir affecter ses moyens à des objectifs bien ciblés pour endiguer la dispersion et les gâchis connus jusqu’ici. Il met à nouveau l’accent sur la nécessité de doter la « structure des bâtisseurs » d’un discours clair, d’un plan d’informations et des outils de communication lui permettant d’atteindre les populations en toute autonomie. Puis, M. KPOGLI propose dans une logique d’écoute, la création d’une cellule de veille de l’opinion. Cette cellule doit être dotée d’une capacité à faire remonter les volontés exprimées à la base en vue de leur formuler des réponses dans la mesure du possible.

A propos de l’échéance de 2010, M. KPOGLI pense que c’est un rendez-vous manqué dans la mesure où aucun travail sérieux et structuré n’est fait en amont pour la gagner. Il affirme que la JUDA a constaté un vide récurrent dans « l’entre-deux-élections » caractérisé par une léthargie des forces alternatives spoliées de leur victoire et d’une lente acceptation populaire du fait accompli. Mais, le Secrétaire Général de la JUDA imagine que si un travail sérieux est engagé dès à présent par les forces optant pour des élections comme seule alternative, alors, on peut espérer pour le Togo.

M. KPOGLI conclut sa communication en convergeant avec le MDTE sur la nécessité d’une présence permanente sur le terrain, à travers des actions. Mais a-t-il ajouté, en tenant compte des objectifs et du cap fixés préalablement avec une capacité d’évaluation périodique pour identifier les réussites à conforter ou les failles, erreurs ou fautes à rectifier.

Un débat riche et très constructif modéré par M. Raymond AYIVI, a suivi les exposés, au cours duquel les différents intervenants, en apportant des contributions significatives, ont salué l’initiative de cette journée citoyenne. Les échanges se sont poursuivis en coulisses entre les organisateurs et les participants, autour d’une collation variée et des rafraîchissements.

Le MDTE remercie tous les participants venus de près ou de loin et donne rendez-vous en décembre 2009 à la diaspora européenne, à qui il souhaite une bonne et heureuse année, ainsi qu’à tout le peuple togolais.

L'Administrateur Délégué,
Dr Martin AMOUZOU

mardi 13 janvier 2009

La J.U.D.A condamne l'assassinat de Marthe Ekemeyong Moumié et exige des enquêtes.


DECLARATION DE LA J.U.D.A
C’est avec une profonde tristesse doublée d’une colère inexprimable que la Jeunesse Unie pour la Démocratie en Afrique (J.U.D.A) a appris l’assassinat le 07 janvier 2009 à Ebolowa de Marthe Ekemeyong Moumié, veuve de Félix Moumié, militant indépendantiste camerounais empoisonné à Genève en 1960 au thallium par William Bechtel sur mandat des Services secrets français. Le corps de la panafricaniste a été retrouvé le 08 janvier en état de putréfaction les yeux crevés, les dents arrachées, la jambe cassée, le corps plein de griffures. Les traces de spermes qu’elle porte, démontrent clairement que la Panafricaniste âgée de 78 ans a été violée avant d’être étranglée.

La J.U.D.A, indignée et résolument opposée à la culture de l’impunité érigée en norme sur le continent africain, condamne fermement ce crime odieux et appelle l’ensemble des mouvements de défense des droits de l’Homme et de promotion du panafricanisme à exiger toute la lumière sur cet inqualifiable meurtre. Elle exprime ses vives condoléances à la famille de l’illustre martyre et lui apporte un sincère soutien en ces moments d’intense douleur.

En ce moment de deuil et d’affliction, la J.U.D.A témoigne aux panafricanistes et à tous les combattants pour la liberté et la justice au Cameroun, sa douleur car, l’Afrique vient de perdre une de ses plus dignes femmes dont la persévérance est exemplaire à plus d'un titre.

Le système MVONDO BIYA au pouvoir depuis 27 ans s’est manifestement donné toute la peine pour ne pas protéger la veuve Moumié qui, ces quarante dernières années, s’activait dans la solitude pour que la lumière soit faite sur l’assassinat de Félix Moumié et pour le rapatriement de son corps enterré en Guinée. En 2004, la veuve découvrira que la tombe de son mari est profané et ses restes, emportés. Malgré cela, feue Ekemeyong Moumié a inlassablement continué le combat pour l’indépendance du Cameroun qui à ce jour, demeure chimérique comme partout ailleurs en Afrique.

La J.U.D.A salue le courage et la conviction de cette femme qui, malgré les actions, les intimidations et les privations infligées par le néocolonialisme et la Françafrique, a su rester ferme jusqu’à la mort.

Elle rappelle aux bourreaux qui, par cet assassinat, croyaient peut-être éteindre définitivement cette voix du combat panafricaniste, qu’ils se sont trompés. A tout jamais, ils viennent d’ériger un monument supplémentaire et indestructible dans la mémoire collective africaine.

La J.U.D.A exhorte vivement toute la jeunesse africaine à la mobilisation, à l’organisation et à un sursaut panafricaniste pour soutenir le combat du peuple africain du Cameroun qui tente courageusement de mettre fin à un système politique qui, tout en semant la mort dans son déploiement, garantit l’impunité et la sécurité à tous les criminels qui lui rendent service et qui, contre vents et marées, veut s’éterniser. Partant de là et dans cette même perspective panafricaniste, la J.U.D.A encourage la jeunesse à faire face à tous ces pantins de dirigeants qui opèrent contre le peuple africain au profit d’eux-mêmes et de leurs alliés. Car, sans une action globale, concertée et vigoureuse menée par la jeunesse, il n’y aura point de salut pour notre Afrique.

Le 13 janvier 2008

Pour la J.U.D.A

Le Secrétaire Général
Rodrigue KPOGLI

lundi 12 janvier 2009

13 janvier 1963 - 13 janvier 2009: hommage à Sylvanus Olympio sur Africa N°1.

Demain, 13 janvier 2009, Africa N°1 (http://www.africa1.com/index.php) rend hommage à Sylavnus Olympio, premier président du Togo, assassiné le 13 janvier 1963.

Nous sommes invités à l'émission matinale d'Eugénie Dziecky, Les Matins d'Eugénie (http://www.africa1.com/matins_eugenie.php) à partir de 9h 40 minutes T.U.

Vous êtes cordialement invités à écouter cette émission.

La J.U.D.A