lundi 5 novembre 2012

Habitués à l'odeur de la mort!

Que cherche le nez si ce n'est du bon air à respirer? Que désire le système si ce n'est des alliés les plus dévoués?

Nous voici devenus, dans notre doute profond et paralysant, les alliés les plus solides de nos dominateurs en demandant au devoir sacré de la libération du temps. Prétendant le vide dans lequel nous tomberions si nous osons la Rupture, alléguant faussement l'absence de leadership et de stratégie en notre sein, rusant avec nos propres malheurs que nous faisons semblant de ne pas voir dans leur gravité, nous complaisant dans la dispersion et dans les petites guerres de "chefions" sans sceptres, de généraux sans bataillons, ravis de nos petites identités coloniales nationales et ethniques, nous contentant de l'idée selon laquelle une vie misérable vaut mieux que la mort, et gérant scrupuleusement les miettes qui tombent de la table des maîtres en attendant des jours meilleurs, nous voici réduits à nous accrocher au temps. Du temps? C'est la première fois dans l'histoire de l'humanité que des esclaves dans les fers, demandent du temps pour prendre leurs responsabilités. Le poids de leurs fers n'est donc pas si lourd. Normalement, ce sont les tenants du système qui postulent le temps et qui demandent de ne pas bousculer les traditions, et qui sèment profondément la fumeuse stratégie d'aller molo-molo et qui véhiculent le sophisme selon lequel avec le temps, les réformes vont arriver. Mais là, les tenants du système n'ont même plus besoin de le faire, les esclaves veillent à tout ceci à leur place. Redisons avec Thomas Sankara que les esclaves qui n'est pas prêt LE JOUR MÊME où il est tombé en servitude de s'assumer ne mérite pas effectivement que l'on s'apitoie sur son sort.

Dans les hallucinations collectives constatées ici ou là, nous sommes devenus un masse noire de Grands diseurs, petits faiseurs! Vous trouverez des milliers de fanatisés, de masturbateurs chevronnés, de débateurs plats, de mobilisés et même de convaincus pour un sujet sur la religion et autres sophismes socio-historiques. Des milliers de Noirs à brocarder sur tel ou tel acte immoral d'un Noir qui aurait trahi par tel ou tel geste nos codes ou la cosmogonie africaine. Des milliers de Noirs à gloser à longueur de journées sur l'Egypte pharaonique déchue. Des millions d'artisans cherchant à coup de verbes pompeux à élaborer une citoyenneté mondiale: "citoyens du monde", "mondialisés", "africains transnationaux", etc...Vous en trouverez bien moins voire vous n'en trouverez point pour un sujet réel qui demande de prendre nos responsabilités pour venir en aide à notre peuple, que ce soit ici ou là-bas. Des enfants d'Afrique en Ayiti, à Cuba, aux USA (dans une moindre mesure) sont sous les ravages de l'Ouragan Sandy; nous regardons ailleurs. Nous sommes devenus une masse dispersée et désorganisée, habituée à l'odeur de la mort. Tellement habitués à l'odeur du cadavre, de notre propre cadavre, habitués aux fers, habitués à la douleur, rien ne nous impressionne plus trop, en somme. Plus d'un millénaire de traite arabe-musulman subi, certes à une échelle minime par rapport aux razzias négrières industrielles transatlantiques durant quatre siècles suivies de la colonisation dans laquelle l'Afrique se trouve toujours. Il y a donc de quoi être insensibles à la douleur, surtout si, par la religion la masse est orientée dans sa dispersion vers les cieux paradisiaques dont l'accès serait conditionné à la misère dans toute sa splendeur sur et, par l'école coloniale, cette masse est enfermée dans des connaissances proportionnées - pour reprendre un terme utilisé par les coloniaux - à ce qui est attendu des indigènes dans le leurre d'une réussite individuelle. Comme le dit le proverbe africain, "On ne peut plus avoir honte de sa nudité lorsque l'on est une fois tombé en plein marché."

A la vérité, lorsque les Noirs s'organiseront et prendront le devant pour affronter leurs problèmes internes, ils auront pris la décision d'amoindrir l'aura et l'image des autres qui se présentent comme des Bons Samaritains au secours du Noir miséreux et assoiffé, profitent de cette posture pour faire passer aussi bien leurs intérêts que leurs idées (religion surtout) et gagner auprès des masses noires des titres qui deviennent indéboulonnables, parce que solidement fixés par des dons empoisonnés et de "petits gestes" au moment des peines en face desquelles leur propre peuple aurait brillé par son absence. Aussi, ne pourront-ils plus se plaindre de la puissance des autres qui les infantilisent et s'immiscent dans leurs affaires. 

Komla KPOGLI

samedi 3 novembre 2012

HAÏTI: pouvons-nous toujours détourner nos regards?

ALLONS-NOUS TOUJOURS RESTER INDIFFERENTS AU SORT DES ENFANTS D'AFRIQUE? QUI SONT CELLES ET CEUX QUI SONT DISPOSES A NOUS AIDER A TRAVAILLER SUR CE DOSSIER? MERCI D'AVANCE DE NOUS ECRIRE. 





AVEC CET OURAGAN, IL NOUS FAUT PRENDRE NOS RESPONSABILITÉS ET AGIR. LE MOLTRA A DÉCIDÉ DE LANCER UN APPEL AUX AFRICAINS POUR UNE COLLECTE DE DONS EN FAVEUR DE NOTRE PEUPLE EN HAÏTI. NOUS METTONS A LA DISPOSITION DE NOS COMPATRIOTES QUI VEUL
ENT BIEN AGIR UN COMPTE BANCAIRE SUR LEQUEL ILS PEUVENT ENVOYER LEURS DONS.



L'Ouragan Sandy a frappé notre peuple en Haïti. Au moins 60 morts recensés pour le moment, au moins 20.000 personnes ont vu leurs maisons ravagées, 1 million de personnes directement menacées de famine. Les médias occidentaux (et c'est normal) parlent et se préoccupent avant tout de la vie et de l'état de leurs cousins occupant l'Amérique qui ont eux aussi subi les foudres de l'Ouragan Sandy, mais dans une proportion moindre. N'ayant ni médias puissants, ni organisations humanitaires internes, notre peuple, le peuple Noir assiste encore une fois en spectateur impuissant ou ignorant à la mort de ses enfants une fois encore en Haïti. La Mère Afrique, sous la férule des tyrans à la solde de l’étranger, est dans un coma tellement profond qu’elle ne ressent plus aucune douleur lorsque ses enfants périssent. Que ce soit sur ses propres terres, en mer avec ses enfants dits clandestins, ou plus loin sur d’autres continents. Il est loin, très loin le temps où cette mère protégeait ses progénitures. Aujourd’hui, sans couverture maternelle, les enfants d’Afrique sont à la merci autant des catastrophes naturelles ou provoquées qu’à celui des autres hommes qui ne cessent de les mépriser, les humilier, les exploiter, les spolier et les contrôler mentalement. Dans cet océan de ruines et de désolation, où sont les organisations du peuple Noir? Où sont les associations de soutien à nos compatriotes d’Haïti en ces moments de douleurs intenses ? Nulle part ! Nous sommes devenus un peuple sans conscience, sans organisation, sans soucis alors que dans cette vallée humaine, notre histoire est celle qui devrait le plus conduire à l’esprit d’inventivité, de la prospective et d’interrogations permanentes en vue de la formulation de solutions inédites. 
En janvier 2010, lorsque les tremblements de terre avaient détruits notre peuple en Haïti, nous écrivions "Aujourd’hui le drame de notre peuple en Haïti peut-il nous pousser à la réflexion ? Peut-il nous aider à prendre conscience de notre état ? Il le faut absolument car, un peuple qui est en guerre sans le savoir est absolument voué à l’échec. Il y a donc urgence à nous réveiller et à nous organiser au plus vite." Puis, nous ajoutions "Il aurait été digne pour l’Afrique de prendre le devant dans le secours de ses enfants en Haïti. Mais les cris de détresse de nos frères et sœurs nous atteignent à peine. Non pas parce que nous sommes sourds. Si l’Afrique brille par son absence c’est d’une part qu’elle est guidée par d'incultes sanguinaires, inconscients des menaces qui guettent le peuple noir. Ces dictateurs construits à des fins exclusivement extérieures n’ont aucune mission à l’égard de notre peuple. Ils volent, tuent et pillent. Ils planquent leur butin dans les paradis fiscaux ou l’investissent dans l’immobilier et le luxe en Occident. Convaincus que par leurs faits l’avenir de l’Afrique est saboté, ces tyrans ont décidé de sauver le leur et celui de leurs progénitures."

Nous ne pouvons plus laisser notre peuple mourir en spectateurs en Haïti. 

AVEC CET OURAGAN, IL NOUS FAUT PRENDRE NOS RESPONSABILITÉS ET AGIR. LE MOLTRA A DÉCIDÉ DE LANCER UN APPEL AUX AFRICAINS POUR UNE COLLECTE DE DONS EN FAVEUR DE NOTRE PEUPLE EN HAÏTI. NOUS METTONS A LA DISPOSITION DE NOS COMPATRIOTES QUI VEULENT BIEN AGIR UN COMPTE BANCAIRE SUR LEQUEL ILS PEUVENT ENVOYER LEURS DONS.

Komla KPOGLI
Secrétaire Général du MOLTRA

vendredi 2 novembre 2012

L'Afrique actuelle ne va nulle part


De mémoire, jamais aucun pays, mieux, aucun continent ne s'est lancé sur la scène mondiale avec des problèmes internes irrésolus: sans élaboration de son identité, sans définition de ses intérêts, sans identification de ses ennemis réels et potentiels. Sans réalisation de son unité territoriale, sans construction de l'esprit de PEUPLE, sans édification d'une gouvernance travaillant pour le
renforcement endogène, sans outils de défense, sans idée sur le traitement à réserver aux ennemis intérieurs... 

Or, on voit très bien comment certains "intellectuels" font l'impasse sur les faiblesses de l'Afrique et sa désorganisation, sa déstructuration totale depuis des millénaires, le tout entretenu depuis 50 ans par une "élite coloniale collaboratrice dans l'exploitation de l'Afrique" pour prétendre que le salut serait dans un changement de "partenaire". On fait croire que l'Afrique, dans sa forme actuelle, et dans l'état actuel de sa gouvernance va quelque part. Non, l'Afrique actuelle n'a aucun avenir; on le voit très bien avec des fameux nouveaux partenariats auxquels des "stratèges" africains appellent l'Afrique. Ces "nouveaux partenariats" qui se font pour des matières premières (minières, énergétiques et agricoles) contre des stades de football, des mosquées, des écoles, des routes, des dispensaires, des hôtels construits sans transfert de techniques (l'Afrique n'ayant, au stade actuel, aucun moyen d'obliger ces fameux partenaires à cela, est d'une bêtise incroyable. 

L'énergie étant le fondement du développement industriel, si un continent s'engage à exporter et à extravertir son énergie et ses matières premières, ce dernier s'est engagé à s'anémier pour le bien des autres. D'où la nécessité pour le peuple noir d'avoir prise sur son espace avec un leadership avisé et en mission pour redresser la barre, avec un agenda africain et non au gré de l'émergence de telle ou telle "nouvelle" puissance qui chercherait à se renforcer en allant chasser sur nos terres avec son propre agenda caché sous un vocabulaire qui nous aliène à ses intérêts. Il n'y aura pas une autre voie. Le reste n'est qu'ignorance des réalités de ce monde ou la peur de s'assumer en affrontant les difficultés liées à l'exercice de l'autonomie.

Komla KPOGLI

dimanche 28 octobre 2012

vendredi 19 octobre 2012

Les Africains eux-mêmes croient-ils en la renaissance de l'Afrique?

Voici une question que nous tenterons de discuter prochainement. Question grave qui va nous obliger de nous voir tel que nous sommes.

jeudi 18 octobre 2012

Afrique: le chantier est certes immense mais pas impossible.

Notre lutte ne sera jamais arrêtée parce qu’elle est justement une lutte de libération. Ce qui, en revanche, fait vraiment peur c’est le fait que certains africains n’aient pas encore compris ou refusent de comprendre que les territoires africains ne sont en rien indépendants et que du fait de l’assassinat des leaders ou leur renversement par coup d’état, le processus qui conduisait l’Afrique à sa libération a été interrompu. Cette interruption brutale a été menée de main de maître dans l’espace francophone par le Général De Gaulle, vénéré par le peuple français et une quelques africains qui ont attribué ou confirmé l’attribution de son nom à des rues et des places en terre africaine. Une autre source d’inquiétude réside dans le fait que d’autres africains encore considèrent toujours l’Occident comme une partie de la solution sinon la solution alors que l’Occident est bel et bien une bonne partie du problème. 

Toutefois, en dehors de la répression brute, le colonialisme utilise d’autres outils plus doux, moins perceptibles pour nombreux africains pour briser la résistance ou en tout cas pour retarder la prise de conscience des africains. Il s’agit entre autres des médias (BBC, RFI, France 24, CNN, Vox of America, Deutsche Welle…) dont les africains en raffolent, car se disent-ils ainsi civilisés en les écoutant, des séries télévisées, des sectes et autres loges maçonniques qui mystifient les plus crédules, de l’école coloniale, du catholicisme colonial, du protestantisme le plus éculé, de l’évangélisme born-again destructeur, du business associatif qui appâte avec des miettes de fonds et financements des esprits qui manifestent des signes de compréhension, des ONG prétendument humanitaires paralysant toute imagination locale et consolidant l’extraversion, des centres culturels français, allemands (instituts Goethe)…faisant des africains qui les fréquentent des amis de ces cultures au détriment de la culture africaine, des institutions telles que la francophonie qui structure patiemment mais résolument la jeunesse africaine en la dotant des CNJ (Congrès National de la Jeunesse) et le Commonwealth promouvant les langues des pays qui les ont pensées aux fins de conserver et renforcer les liens entre les métropoles et les colonies… 

Face donc à toute ceci, le chantier est certes immense mais pas impossible. Il faut d’abord que les noirs commencent par s’emparer de la vertu de l’humilité pour apprendre et ainsi recouvrer la mémoire historique, car sans apprentissage point d’ouvrage. Il faudra aussi commencer par admettre que sous un leadership éclairé, les peuples les plus médiocres ont pu faire des bonds dans l'histoire et qu’en conséquence l’attitude typiquement négro-africaine qui nous fait haïr celles et ceux de nos enfants qui sont lucides et capables d'imprimer un rythme de marche relève de la folie qui conduit au suicide. C'est uniquement sous un leadership capable que nous relèveront la tête et dans ce cas, il faut dénoncer les mesquineries qui nous minent, braquer la torche sur les petits coups bas, éclairer les petits arrangements nocturnes pour isoler, détruire ou court-circuiter les gens les plus vaillants parmi nous et saboter les initiatives les plus audacieuses, ne plus confier aux plus incapables mais qui par la ruse et le torpillage des autres s’accaparent des tâches qu'ils se précipitent à couler dans l’immobilisme le plus paralysant. Dans un souci d’efficacité chacun a certainement une place, mais n'importe quelle place ne convient à n'importe qui. Ce n’est qu’à partir de tout ceci qu’une organisation globale bien structurée et munie des moyens les plus adaptés conduira notre marche vers des plaines vertes après avoir vaincu des difficultés les plus terribles imposées par le système que nous avons en face de nous.

KPOGLI Komla

dimanche 14 octobre 2012

Africains: la rançon de la défaite.


Quand l'on ne vit pas l'éloignement ou la perte de la maîtrise de sa terre natale comme un drame absolu; quand, en définitive, l'on se sent bien chez autrui que l'on fait passer dans sa conscience pour chez soi, on ne peut que prendre l'idée de la reconquête pour une simple posture. Voici donc que le noir se dit français, il se déclare suisse. Il se prend en photos dans les rues parisiennes ou new-yorkaises en proclamant qu'il est chez lui. "Chez nous en France", "chez nous en Suisse", "chez nous à Washington", voilà quelques-unes des incantations que le noir s'administre et professe et qui suscite un rire que, par souci d'image et de retenue, l'autochtone évite d'exprimer publiquement.

Il faudra donc retrouver l'esprit de peuple. Car, la première condition pour un peuple de se défendre, de se libérer et de progresser réside dans le sentiment profond qu'il a de son identité d'être, par origine et par destination, un peuple. C'est d'abord la conscience de cette appartenance qui forge les outils matériels, techniques et organisationnels nécessaires à la lutte pour la vie collective d'une masse. C'est c'est esprit qui permet aux peuples de se battre pour reconquérir leur espace occupé. Les Noirs étant isolés les uns des autres, dispersés aussi bien sur le sol africain que dans les îles et autres terres de déportation ont perdu ce sentiment de peuple. N'ayant plus la notion de peuple, et ne désirant que trop peu la retrouver, il est tout à fait normal de voir la place qu'occupe le peuple noir dans cette vallée humaine. Particulièrement, peu de nos enfants déportés entendent avoir encore quelque chose avec leur lieu d'origine d'où ils furent enlevés et déportés par les négriers et vraiment trop peu sont disposés à entendre l'appel du retour à la maison. Démontrant ainsi que notre peuple est disposé à faire sien et à accepter se coucher là où "l'homme blanc" et autres puissances en action lui indiquent ou le propulsent au gré de leurs intérêts.

Les africains doivent savoir qu’une des lois de l’histoire est que ce sont les vainqueurs qui dictent les règles du jeu. Il ne s’agit pas de morale ou de sentiments. Les hommes qui animent les institutions coloniales ne perdent pas leur temps avec ce genre de notions. Les peuples et leurs dirigeants déchus se font diriger par les pires bouffons et trouvent leur vision des choses complètement altérée. C’est ainsi. Il ne s’agit ni de parole de Dieu que des africains aiment tant, ni de proverbes africains justificateurs de notre état. Malheur donc aux peuples vaincus et qui, dans la défaite, refusent d'en diagnostiquer les raisons pour espérer se redresser. Car, aussi longtemps qu'ils seront des vaincus, ces peuples sont destinés à payer la rançon de la défaite aux vainqueurs aussi criminels soient-ils.

 Komla KPOGLI

samedi 13 octobre 2012

Rendez-vous à Grenoble.


Rendez-vous à Grenoble le jeudi 25 octobre 2012. Informez vos amis et compatriotes. Venez nombreux.

jeudi 11 octobre 2012

François Hollande recrute ses "Henri Guaino" Africains.

Tous les peuples normaux et ayant fait le choix de la vie au lieu de la mort et des fers préfèrent, pour leur propre survie, avoir affaire à des adversaires ou à des ennemis ouvertement hostiles et qui se démasquent à l'occasion. C'est alors qu'ils forgent leurs propres identité ainsi que leurs armes toute catégorie confondue pour pouvoir les combattre. Tel n'est pas le cas chez des Africains. Visiblement, beaucoup d'Africains préfèrent un ennemi rusé, un ennemi qui cache son jeu sous de bons mots, un ennemi qui avance à pas masqués. Un ennemi qui souffle donc sur les morsures qu'il leur inflige et qui peut aller jusqu'à recruter dans leurs propres rangs les éléments endogènes derrière qui il se réfugie pour mieux frapper à mort. L'ennemi qui agit ainsi acquiert chez nombreux africains le titre d'ami ou de partenaire de l'homme noir. C'est ainsi que beaucoup s'étaient réjouis de voir Nicolas Sarkozy chassé de l'Elysée et remplacé par François Hollande vu comme "mieux que son prédécesseur". On a entendu même des "militants noirs" battant campagne pour le candidat Hollande proclamer que celui-ci allait apporter aux Africains un "soulagement" aux noirs écrasés depuis des siècles par la France. D'aucuns avaient dit que Hollande "même s'il ne va rien changer dans les relations franco-africaines, il sera moins pire, moins hostile que Sarkozy". "Lui au moins n'ira pas insulter les Africains en Afrique comme Sarkozy l'avait fait le 27 juillet 2007 à l'Université Cheikh Anta Diop de Dakar au Sénégal", "Hollande, lui ne sera pas aussi ouvertement violent et ouvertement raciste à l'égard des Africains", avait-on encore entendu dire dans d'autres milieux. C'est que tout simplement les auteurs de telles affirmations ne savent pas de quoi ils parlent. Ils ignorent manifestement que le "soft power" (puissance d'influence ou puissance masquée) qu'on peut attribuer en la circonstance à François Hollande en matière des relations franco-africaines est plus redoutable que le "hard power" (puissance militaire brutale) déployé par Nicolas Sarkozy qui disaient ouvertement les choses.

La vérité est qu'aucun locataire de l’Elysée n’est disposé, ni hier, ni aujourd'hui, encore moins demain, compte tenu de l’importance de l’Afrique dans la politique française, à lever la main. Tous ont eu et auront une politique ouvertement ou secrètement d’exploitation et de mépris à l’égard de l’Afrique tant que les africains ne décideront pas d’y mettre fin. Qu’elle soit ouverte ou discrète, la domination c’est la domination. Le Hard Power (puissance militaire) qu’on peut attribuer à Sarkozy ou le Soft Power (diplomatie d’influence) qu’on peut attribuer à Hollande sont appelés  à produire le même résultat : le renforcement d’une Afrique au service de la France. Au demeurant, le Soft Power, grâce à sa discrétion et ses pratiques de réseaux, avançant avec un discours apaisant, visiblement pacifique et cyniquement humanitaire à la bouche, se révèle très souvent plus efficace et moins saisissable, moins détectable que le bruit et les canons déployés par le Hard Power. Ce serait donc une grave erreur de penser que parce que le nouveau président français a un style différent, une méthode de travail différent il serait porteur de rupture. La France, puissance nucléaire, qu’elle soit dirigée par la Gauche ou la Droite, le Centre ou les Extrêmes utilise et utilisera les deux pratiques alternativement ou simultanément si les circonstances le commandent. Elle ne se débarrassera pas de ses attributs de puissance pour faire plaisir à on ne sait quel peuple.

La France recrute encore dans les rangs des Africains. Voici le visage des africains que François Hollande, président de la France a réuni à l'Elysée pour préparer son discours à prononcer à Dakar, demain vendredi 12 octobre 2012. Il s'agit de Elikia Mbokolo, historien natif du territoire de Congo et officiant aussi sur RFI (à gauche, grand format), de Sidiki Kaba, ancien président de la FIDH natif du territoire du Sénégal (petit format en bas) et de Mamadou Diouf (en haut à droite), natif lui aussi du territoire du Sénégal et directeur des "Etudes africaines" au sein de l'université new-yorkaise Columbia. Ce dernier est décrit par le journal en ligne Seneweb comme «le Guaino Africain de Hollande». Ces hommes sont appelés par Hollande pour l'aider à trouver les mots qu'il faut pour l'Afrique. Eh ouiii, "de nouveaux mots" pour l'Afrique selon les termes mêmes de Yamina Benguigui, la ministre française déléguée à la francophonie. Eh bien chers africaines et africains, vous allez boire de nouveaux mots depuis Dakar avec le concours de 03 de vos frères depuis Dakar où Sarkozy vous a insultés en 2007. Grâce à ces Africains, chers compatriotes africains, vous n'entendrez plus les mots du genre "l'homme africain n'est pas assez entré dans l'histoire" . Mais de gentils mots nouveaux dans le même cadre colonial, avec le Franc CFA, la Francophonie, la Coopération française, les bases militaires françaises, les coups d'état et autres guerres de pillage utiles pour la métropole. Mais vous aurez vos "nouveaux mots". C'est ce dont vous avez besoin: les mots.

Un tel positionnement montre que beaucoup d'Africains continuent de penser que le maître est bien disposé à "faire avancer les choses". Ce qui lui manquerait serait "une connaissance réelle de l'Afrique". Grave erreur de jugement! Car, quiconque attend des dominateurs de son peuple une "conversion", une reconversion de leur toute puissance en toute bonté est lui-même, soit naïf, soit en mission contre son peuple à son insu ou avec son plein accord.
Hier, le même François Hollande, rusé qu'il est et sachant parfaitement joué sur le décor recruta Christiane Taubira Victorin Lurel et George Pau Langevin pour en faire ministres dans le gouvernement français. 

Pour ce qui est de ces ministres "noirs" de la République française, nous avons toujours dit et répété à MOLTRA que tant que l'Afrique et les africains seront dans leur état de faiblesse permanent, quelques soient leurs rangs ou positions, seront l'objet d'injures et d'humiliations. Tant que nous n'allons pas reconquérir notre espace, la reconstruire et la sécuriser définitivement, les enfants d'Afrique seront ridiculisés partout dans le monde. Nous ne parlons même pas du mépris qui est la rançon que les dominants accordent à celle ou à celui qui, prétendant son intégration ou l'espérance réformiste, se joint aux maîtres pour renforcer le système de domination contre son propre peuple. Quand on sert la fameuse République, on dessert l'Afrique. On ne sert pas deux maîtres à la fois: c'est soit la France, soit notre peuple.


Toutes les sociétés qui se sont affranchies de la tutelle extérieure l’ont fait par leurs propres actions. Des actions endogènes qui, peut-être, finissent par la conclusion d’un accord ou d'un traité autour d’une table et endiguant ou paralysant ainsi la capacité de nuisance des attributs de puissance que déploient jusque-là leurs détenteurs. Visiblement, nous autres Africains aimons la liberté donnée, des indépendances octroyées et pas conquises de hautes luttes. Nous aimons mieux nous rendre à l'Elysée et autres palais des maîtres pour soi-disant "négocier" notre libération avec eux. Incapables de nous scruter tel que nous sommes, incapables de nous tourner vers nous-mêmes et corriger nos faiblesses et nous organiser réellement pour aller à la reconquête de notre espace, voici que des Africains s'inventent une mission et pas des moindres: aller "enseigner" l'Afrique au locataire de l'Elysée pour lui faire voir exactement ce qu'est l'Afrique. Espèrent-ils ces Africains qu'après discussion avec le maître, celui-ci "informé" à présent signe le décret de libération pour les territoires africains qui sont la propriété française. En voulant la liberté sans en payer le prix, nous faisons le choix de la servitude pour toujours. Car, quiconque confie la décision de sa libération à son maître est condamné pour toujours à la servitude. Il en est ainsi aussi bien des individus que des peuples.



Nous voulons toujours ramer à contre courant des lois de l'histoire. Nous offrons le visage d’un peuple qui n'a rien compris et qui ne veut rien comprendre dans un monde où être faible signifie disparaître et avoir des maîtres signifie misère, appauvrissement, sous-développement éternel. En nous présentant en agneaux dans un monde de loups, nous faisons de la provocation en direction des loups.



Les peuples qui trouvent des solutions à leurs problèmes ne sont pas ceux qui attendent qu’une puissance ouvertement coloniale leur ouvre les portes du paradis. Ce ne sont pas ceux qui espèrent que de bons esprits finiront par surgir dans la métropole pour mettre définitivement fin à leur exploitation ou leur apportent un « léger mieux ». Au contraire, ce sont les peuples qui se rassemblent, qui font leur unité et se battent pour refaire leur unité territoriale. Ce sont les peuples qui maîtrisent leur espace, qui l’occupent effectivement et le protègent par des dispositifs aussi bien juridiques que militaires. Ce n’est qu’à ce prix que ces peuples peuvent constituer des entités vivantes, solides, autonomes, respectées et peuvent échanger avec les autres sur la base de l’égalité et de confiance. Le reste n’est qu’ignorance suicidaire. En espérant la natte des autres, on finit par dormir à même le sol.

Komla KPOGLI