dimanche 13 janvier 2013

Et si nous n'étions pas des colonies?


"Nous, nous sommes une colonie de la France, donc la France doit nous aider », "La France doit remplir son devoir et tuer les terroristes pour nous puisque c'est elle qui nous a colonisés",  "C'est très bien que la France intervienne", "La France doit intervenir pour nettoyer le terrain", "L'intégrité du Mali est plus importante que toute idéologie, donc la France doit faire la guerre pour nous débarrasser du cancer islamiste ", "Quoi!? Vous voulez que la France laisse les terroristes coupés les mains aux Maliens?", "La France doit nous débarrasser de ces voyous"..., voilà quelques-unes des phrases qui résonnent dans certains milieux. Le 04 juillet 2012 déjà, Sadou Diallo, maire de la « ville » de Gao disait ceci sur RTL,: "La France est intervenue en Libye qui est une colonie de l'Italie. Nous, nous sommes une colonie de la France, donc la France a un devoir moral d'intervenir militairement au Mali pour nous aider. Si j'étais un intellectuel, j'allais porter contre eux, contre l'ONU...pour non-assistance à personne en danger". Il faut dire que ça vole bien bas: l'homme noir qui réinvente le "rôle positif de la colonisation?". Après la Côte d'Ivoire, la Libye, la Centrafrique où la France a guerroyé et guerroie, voici sonnée l'heure où le colonisateur prétendu chassé d'Afrique depuis les années 60, est prié de revenir. Les troupes militaires qu’il base dans les territoires indépendants dépendants dans l’indifférence quasi-absolue des africains sont priées de descendre dans l’arène pour nous. Qu'aurions-nous donc fait si nous n'étions pas un peuple-enfant dont le bon développement et la sécurité eussent été confiés aux colons, bons « Pères Blancs »? L'homme noir qui fête depuis 50 ans ses indépendances a trouvé une échappatoire: à chaque difficulté, il demande aux colons de qui il prétend avoir ravi les indépendances de le secourir, au nom même de leurs devoirs de tutelle et au nom du fardeau de l’homme blanc. En agissant ainsi, l'homme noir a perdu un des attributs les plus essentiels de la vie: la capacité de se défendre dont est doté tout être aussi bien végétal qu'animal. Dans les 1990, un groupe de Zouglou du territoire de Côte d'Ivoire chantait "venez nous sauvez ooohhh, galère va nous tuer oooh". Ces paroles traduisent dans une terrible exactitude l'un des traits philosophiques africains à savoir que "nous ne pouvons pas grand chose nous-mêmes contre nos démons". Cette logique démissionnaire ne se limite pas uniquement à l'absence de moyens. Elle est aussi la traduction de l'image que l'Africain se fait de lui-même, c'est-à-dire, un Etre dont la vie est plus que sacrée. Laquelle vie ne mérite en aucune circonstance être sacrifiée pour une cause qui serait hautement plus noble. L’homme noir ne dit-il d’ailleurs pas qu’une vie misérable vaut mieux que la mort ? Cette image se double de ce que l'homme noir se pense et se déclare Pharaon, un pharaon qui ne peut pas ou ne doit pas mouiller sa chemise ni pour sa terre, ni pour l'avenir de ses enfants, car ce pharaon est si beau, si fort, inventeur de toute chose quoique nu et n'ayant qu'un vague souvenir de son passé. Un tel Pharaon, peut-il se convaincre que la liberté a un prix qu’il est obligé de payer lui-même ? Ainsi donc à la pauvreté de nos moyens s'ajoute l'arrogance de la Race des Seigneurs qui n’a pour devoir que de charger ses esclaves des tâches desquelles ses traits pharaoniques la dérogent. Qui sont ces esclaves? Occidentaux et Chinois.

Pendant que les premiers doivent faire des guerres gratuitement pour les africains, au nom d'un humanitarisme assassin, les seconds doivent leur fournir des routes, des hôpitaux, de l’eau potable...Aux Occidentaux, en tant que "nos colonisateurs" soumis à la toute puissance des colonisés, de veiller à notre sécurité, et aux pays émergents notamment les chinois de "développer" l'Afrique pour nous. Dans ce jeu de rôles distribués par le Pharaon, l'Occident qui est, depuis les razzias négrières transatlantiques, chargé du développement continental, aurait échoué si lamentablement que la tâche revient naturellement aux nouveaux venus, les chinois et autres pays émergents drapés dans la vertu "d'un partenariat Gagnant-Gagnant". Comme si en termes de slogans, la colonisation occidentale n'est pas elle, fondée sur le "gagnant-gagnant", l’idée du « win-win » des nouveaux venus est adorée aujourd'hui sous les tropiques car portée, nous dit-on, par de nobles pays qui seraient l'exact opposé des pays occidentaux. Ainsi donc, sous la coupe d'un groupe armé de 3 à 4.000 hommes au Mali, tout s'est effondré. Le soldat, ce fameux militaire africain qui inspire tant la crainte aux civils, chargé de défendre le pays s'est fondu dans la masse en enlevant son treillis qu'il a enfouit dans le sol ou qu'il a brûlé au préalable. Est-ce étonnant? Tout le peuple Noir n'est-il pas pris en otage et immobilisé par des groupuscules violentes pilotées par des individus sans foi, ni loi, dénommés "chefs d'Etat" ou "Chefs de la Rébellion"?

Il est grand temps de commencer par réfléchir sur ce que nous sommes devenus en tant que peuple au fil de l’histoire. L’homme noir, arrogant dans l’ignorance,  dans la méchanceté, dans le cynisme et surtout dans l’indifférence se contente trop souvent d’être dans la négation et dans le refus de se voir tel qu’il est dans ses immenses faiblesses. L’homme noir nie qu’il soit resté esclave, il nie qu’il soit resté colonisé, il nie qu’il soit faible, il se limite, au mieux des cas, à s’indigner dans la dispersion contre toute attaque verbale voire physique conduite par ses adversaires qui aurait dû le conduire à se souder à ses congénères et à agir de concert avec eux. 

En aout 2012, nous écrivions ceci: "La condition nécessaire pour la vie est la capacité de se défendre. Quiconque perd son aptitude à se défendre n'a aucune chance dans un monde où seules dans les séries de dessins animés le Lion est ami avec la gazelle et où seuls dans les livres des témoins de Jéhovah on présente un paradis où tous les êtres y accédant sont amis. Les sociétés désarmées et dispersées n'ont qu'une fin: l'extinction ou la servitude. Avant même de penser à progresser, les peuples doivent éviter d'être asservis, et lorsqu'ils sont déjà asservis, leur priorité doit être de briser leurs chaînes, de libérer les énergies ainsi confisquées afin de les réorienter vers la satisfaction des besoins locaux." Que dire de plus à l’heure actuelle?

Nicolas Sarkozy à qui beaucoup d’africains reprochaient son « l’homme africain n’est pas assez entré dans l’histoire », répondait, par la voix de Henri Guaino, qu’il n’avait fait que dire la vérité et qu’il attend quelques années encore pour que ce célèbre discours de Dakar rentre définitivement dans l’histoire. Aussi, Sarkozy invitait-il l’homme africain « immobile » dans son environnement à confier son destin, dans un pacte de servitude volontaire, à l’homme moderne angoissé, c’est-à-dire l’homme blanc qui n’avait pas attendu son consentement pour s’engager dans son œuvre de civilisation coloniale après celle accomplie au travers des chaînes de l’esclavage. Le président retraité a-t-il besoin de ce temps supplémentaire lorsqu’on voit qu’acculé, « l’homme africain » revendique son statut de colonisé qui impose à la France et à l’Occident alias la Communauté internationale l’obligation de le débarrasser des coupeurs de bras et de pieds, des destructeurs de mausolées et des porteurs de la Charia préalablement aidés par les mêmes de ses terres ?

Chassée d’Afghanistan, la France brille en Afrique où elle est restée, selon les coloniaux, « une puissance africaine ». Brocardé pour sa nonchalance et pour son impuissance face aux difficultés multiformes que vivent les français en ces temps de crise économique, François Hollande retrouve la virilité en Afrique où coup sur coup, il sauve le soldat Bozizé en Centrafrique et déclare la guerre au Mali, puis frappe en Somalie après avoir reçu en kyrielle de vassaux africains à l’Elysée. Profondément divisée et aigrit contre un « gouvernement socialiste mou  et flou" en France, globalement la classe politique française retrouve son unité voire son unanimité en Afrique. Oui, la France est une puissance africaine. Il faut être particulièrement aveugle pour ne pas le voir. Avec cette énième guerre joliment rebaptisée intervention, ce pays confirme cette puissance et, du fait des propos réjouis des uns et des autres, à commencer par ce qu’on appelle étrangement « les dirigeants africains », il trouve un justificatif supplémentaire à sa présence sous les tropiques : « si la France intervient, vous l’accusez d’intervenir et de colonialisme, si elle n’intervient pas, vous l’accusez de ne pas intervenir et d’être indifférente. Que voulez-vous au juste, ingrats africains ? » Voilà la phrase qui va nous revenir à la figure ces temps-ci. Cette antienne va nous être resservie. Et nous serons bien obligés de l’encaisser, car nous sommes des lâches, des court-termistes aveugles et des dominés. Mais ces dominés là se pensent si beaux et si importants que leur terre ne mérite pas que leur vie lui soit dédiée. Après tout, diront les plus philosophes parmi nous, « n’est-ce pas un juste retour des choses  ? » Quoi, « un juste retour des choses ? ». Oui, en ce sens que « les Africains avaient fait des « guerres mondiales » aux côtés des européens, c’est donc notre tour de les appeler au secours ». Misère !!!

Dis-donc! Dans les années Gnassingbé 1er au Togo, ripostant aux africains du Zaïre de Mobutu, père fondateur de "l'Animation", les africains de ce territoire chantaient "sans Eyadéma que serait le Togo? Sans Gnassingbé, le Togo serait perdu! Sans Eyadéma que serait le Togo? Sans Gnassingbé, le Togo serait perdu !". Aujourd'hui, l'ambiance, d’une manière quasi-générale en Afrique, rappelle ces moments de délire et de démission collective organisée faisant reposer la vie et l'avenir de toute la masse sur les frêles épaules d'un homme, le Timonier. Ce Deus ex machina s'appelle aujourd'hui, selon les cas, la France, la «communauté internationale", la Chine, Jésus, Allah,  la Bible, le Coran et quoi encore... Et si nous n'étions pas des colonies? Heureusement pour nous, nous sommes restés des colonies !

13 janvier 2013

Komla KPOGLI
Web. http://lajuda.blogspot.com

samedi 12 janvier 2013

Guerre au Mali : Les dessous d’une "intervention contre le terrorisme"

Publié le 15 novembre 2012, mis à jour le 12 janvier 2013

Et le nègre réinventa et s'accrocha au "devoir du colonisateur". 

Le 04 juillet 2012, sur RTL, le Maire de Gao, Sadou Diallo disait ceci: "La France est intervenue en Libye qui est une colonie de l'Italie. Nous, nous sommes une colonie de la France, donc la France a un devoir moral d'intervenir militairement au Mali pour nous aider. Si j'étais un intellectuel, j'allais porter contre eux, contre l'ONU...pour non-assistance à personne en danger"


Le 11 janvier 2013, voici ce que déclarent deux nègres à Paris.


Comment se fait-il que lorsque des criminels coupent, au nom d’un certain islam, des mains et des pieds aux gens au Mali, les intérêts de l’Europe seraient en jeu ?.... Pourquoi des mausolées détruits et des coups de fouet administrés aux nègres qui ne sont "pas assez entrés dans l’histoire" au Mali constituent-ils une menace pour la sécurité de l’Europe ? Eh bien vous allez comprendre ce qui se joue au Mali, territoire où les États-Unis d’Amérique travaillent sur l’ouverture d’une base de lancement de drones après celles ouvertes en Ouganda, en Éthiopie et à Djibouti aux côtés des flottes aériennes de surveillance basées en Mauritanie, au Burkina Faso et au Soudan du Sud.

Capture d’image d’une vidéo montrant le 11 septembre 2012 un homme, pied et main coupés par des islamistes à Gao
afp.com

Ayant refusé de nous organiser pour acquérir la capacité de lire les évènements et entre les lignes et ainsi savoir de quoi il est question et comment nous positionner, voici ce que dit Yves Le Drian, ministre français de la défense dans Libération : "Nous avons appelé l’attention de nos partenaires sur le fait que la sécurité de l’Europe est en jeu au Mali. Les Britanniques et les Allemands ont répondu présents. Nous avons alors mandaté Catherine Ashton pour qu’elle établisse un concept d’opération, dont nous discuterons le 19 novembre à vingt-sept. Au Mali, ce n’est pas la France qui va aider les Africains à mener cette opération, mais bien l’Europe...On ne peut pas laisser s’installer un sanctuaire terroriste majeur à nos portes." Voilà qui est clair : LA SECURITE DE L’EUROPE EST EN JEU AU MALI. Ceci pour plusieurs raisons. Mais comme Jean-Yves Le Drian ne mentionne pas ces raisons, nous allons le faire à sa place :

1- La sécurité de l’Europe est en jeu au Mali parce que toute la région sahélo-saharienne est en reconfiguration. L’idée étant de morceler davantage l’espace pour mieux le contrôler et maîtriser ses ressources : En 2011, on a eu la naissance du Sud Soudan sous l’instigation du trio Israël, USA et Europe avec l’acceptation de la Chine qui a réussi à sauver sa part d’approvisionnement en pétrole en s’accrochant au Soudan de Béchir. En 2012, on est allé dans le même sens au Mali avec le squelettique Azawad. En toile de fond, l’or et bien d’autres ressources.

2- La sécurité de l’Europe est en jeu au Mali parce que pas loin de là l’Europe (l’Allemagne en tête) réalise actuellement un énorme projet d’installation de panneaux solaires géants appelé DESERTEC. Ce parc solaire fournira de l’électricité à l’Europe gratuitement. Donc, il faut faire en sorte que cet espace soit sécurisé.

3- La sécurité de l’Europe est en jeu au Mali parce que, des orpailleurs français appelés des chercheurs avaient découvert en début de cette année 2012, de gigantesques réserves d’eau dans le Sahara. La guerre de l’eau qui se déroule actuellement sous nos yeux dans le monde et qui va s’accentuer eu égard à la rareté vers laquelle on se dirige pousse l’Europe à parler de sa sécurité au Mali.

4- La sécurité de l’Europe est en jeu au Mali parce que la France qui n’a pas d’uranium sur son sol est quand même le premier exportateur de l’énergie nucléaire au monde. Pourquoi ? Tout simplement parce que la France dispose sur sa préfecture du NIGER des mines gigantesques d’uranium qu’elle exploite depuis 60 ans bientôt gratuitement. Une mine énorme est découverte à Imouraren au Niger. Ce qui a poussé AREVA à investir actuellement au moins 1,5 milliards d’euros en vue de racler proprement cette mine. Des centaines de français et d’européens affluent actuellement dans le coin où ils sont en train de construire une sorte de ville minière. Les prises d’otage et autres révoltes armées peuvent gêner un peu la chose. La Chine n’est pas loin non plus de là. Donc, l’Europe a ici aussi sa sécurité en jeu.

5- La sécurité de l’Europe est en jeu au Mali parce qu’il faut que l’Europe démontre à ses ressortissants qui aiment le tourisme exotique que leur sécurité est et sera garantie un peu partout, notamment dans cette région.

6- La sécurité de l’Europe est en jeu au Mali parce qu’après avoir armé et utilisé ces islamistes pour détruire la Libye, la France surtout espérait qu’avec ce "geste d’amitié", ces gars libéreraient ses ressortissants. Il n’en est rien. Les gars disent que ce ne sont pas eux qui détiennent les français, mieux qu’ils ne savent pas où ils sont exactement. Parfois, ils disent "on va vous aider à les libérer" puis, c’est Jacques où es-tu ? La patience a ses limites. Même si les otages risquent la mort, eh bien, mieux vaut une fin effroyable qu’un jeu de nerfs sans fin, surtout que l’Europe sait ce qu’elle gagne par rapport à la vie de 3 ou 5 otages.

Voilà quelques-unes des raisons pour lesquelles les bruits de bottes résonnent là. Qu’on détruise des mausolées ou qu’on coupe des mains, des pieds aux Nègres, ou qu’on viole les filles africaines sous l’autel d’un islamisme poussiéreux là-bas, ça n’est pas le problème de l’Occident. Au demeurant, comme ces faits criminels émeuvent la masse, eh bien, les stratèges les mettent devant pour mieux atteindre, avec le consentement tacite ou expresse des spectateurs que nous sommes, leurs buts. En parlant uniquement de la sécurité de l’Europe avec la mise en avant du TERRORISME qui serait aux portes de l’Europe, le ministre français de la défense nous montre l’arbrisseau qui cache mal la forêt.

Quant au rôle des petits préfets tels que Blaise Compaoré, Alassane Ouattara, Faure Gnassingbé...et leur CEDEAO, il a suffi qu’on lance la bombe mensongère d’une alliance future avec les coupeurs de mains au Mali avec leurs fameux opposants en vue de leur ravir leur trône pour qu’ils enfilent leurs costumes de petits chefs de guerre. Nul autre que Ouattara, le préfet du territoire de Côte d’Ivoire ne symbole mieux ce petit spadassin au garde-à-vous. On lui a dit que les partisans du président Laurent Gbagbo "sont en contact avec les islamistes" et qu’après le Mali, cette mythique alliance marcherait sur son territoire. Cela a largement suffi pour le mobiliser. Ces gens là également, ce n’est pas les mains et les pieds coupés des Africains du Mali qui les préoccupent. Si ces gars là étaient des "humanistes" ou des Africains de coeur, on l’aurait su. Eux-mêmes sont de grands massacreurs des peuples qu’ils régentent au profit de qui on sait. Qu’est-ce qui mobliserait un Blaise Compaoré assassin de son compagnon d’armes, Thomas Sankara et de bien d’autres dont Norbert Zongo ? Des petits mains coupées au Mali ? Faure Gnassingbé, le tueur, héritier du trône qu’il conquit en 2005 après avoir sacrifié au moins 1000 personnes et qui depuis lors assassine et qui, par sa soldatesque, fait régulièrement ouvrir le crâne aux populations qui manifestent contre lui ? Ou bien, est-ce Alassane Ouattara, le boucher transporté dans les chars français encadrés par l’ONU qui serait offusqué par des pieds coupés et des mausolées détruits ? Ou encore est-ce Soro Guillaume, l’éventreur, en bon chrétien qui n’a jamais vu couler une goutte de sang qui serait révolté de voir à la télévision pour la première fois de sa vie de moine isolé des mondanités des gouttes de sang ? Allons ! Allons !



Publié le 15 novembre 2012 mis à jour le 12 janvier 2013
 
KPOGLI Komla.

vendredi 11 janvier 2013

Afrique: un continent nu et désorienté dans un monde sans sentiments.



Nous rediffusons en ce début d'année 2013 le texte publié en janvier 2012 sous le titre "Afrique: la photographie que 2011 a renvoyée aux africains". La situation continentale (Mali, Centrafrique, République démocratique du Congo, Nigeria, Soudan, Togo, Côte d'Ivoire...) n'a pas évolué, et ne peut pas évoluer dans le cadre politico-économique actuel. Ce cadre colonial est fait pour deux objectifs complémentaires: bloquer tout élan ou toute initiative tourné vers les besoins intérieurs, et mobiliser, sous des satrapes appelés abusivement "dirigeants africains", par la répression militaro-policière ou par des techniques de servitude volontaire toutes les ressources africaines vers l'extérieur. Avec les difficultés de tous ordres que vivent les pays occidentaux qui contrastent avec le dynamisme des puissances montantes, il faut bien dire que l'Afrique, bourrée de matières premières et totalement paralysée par des siècles d'exploitation gratuite est un enjeu majeur. Facile d'accès, démilitarisée d'office, l'Afrique est armée non pas pour qu'elle pèse sur le monde, mais pour qu'elle s'autodétruise par des guerres permanentes que la majorité de ses populations ne comprend pas toujours. Ainsi, ce que les spécialistes en spécialités africaines appellent "conflits ethniques" exposent au grand jour l'absence d'outils de défense et de stratégie endogènes offrant donc aux Maîtres du Monde l'opportunité de procéder à des "interventions humanitaires" qui sont en réalité de véritables guerres à des fins économiques. Pris dans le piège, les africains se résolvent à appeler au secours leurs propres bourreaux. Les sinistrés africains attribuent ainsi aux pyromanes le titre noble et bénéfique de pompiers. Mieux, lorsque, par exemple, on demande à la France, aux Etats-Unis d'Amérique, à l'OTAN, à l'ONU alias G7 de venir livrer une guerre contre tel ou tel groupe armé ou régime, on ne se pose pas la question de savoir qui finance cette fameuse intervention? Qui paie les chars, les avions, les drones, les troupes combattantes? Pense-t-on que la guerre gratuite existe? Pense-t-on que les "guerriers blancs" sont des anges qui ont pour mission de puiser dans le budget du ministère de la défense de leur pays pour aller gratuitement secourir des miséreux mourant sur des terres aussi fertiles et aussi riches? Ce serait trop beau pour être vrai. La facture de la guerre humanitaire s'adresse au "demandeur", car il n'est même pas normal que celui-ci ait l'argent et l'argent du beurre. Le pays bombardé paie les bombes, d'une manière ou d'une autre, avant ou après.  


C'est dire donc que les africains ont d'énormes combats à livrer. Contre eux-mêmes avant tout. Car, ils doivent se débarrasser de ce qu'ils ont jusqu'ici considéré comme des acquis et penser contre ceux-ci. D'une certaine manière, penser contre eux-mêmes. C'est à ce prix qu'ils pourront lire le monde et les motivations aussi bien idéologiques, économiques, politiques qui conduisent les comportements des entités: Etats, Multinationales, Organisations Internationales, Religions, ONGs...auxquelles ils ont affaire. Cette étape franchie, nous pourrons alors savoir ce qui nous reste à faire pour reconquérir notre espace, puis procéder radicalement à sa transformation. 


Le chemin est long, rude et il va l'être davantage étant donné que les africains n'ont pas d'alliés dans le monde. Mais les africains n'ont pas le choix et c'est vain de vouloir se réfugier dans la fuite en avant et dans des rêveries infantiles pro-chinoises, pro-indiennes, pro-russes, pro-brésiliennes ou, on ne sait dans quelle alliance internationaliste chimériques. Le monde est un jeu d'intérêts sans pitié. Aucun peuple ne fait le bonheur d'un autre. Aucun peuple n'a ni le temps, ni la vocation, ni les ressources pour veiller au bien-être d'un autre. Surtout pas ceux qui, par camouflage et par propagande, répandent partout qu'ils sont la transfiguration de la bonté. L'histoire, la vraie, est là pour renseigner celles et ceux qui veulent, en la matière, se draper une fois encore dans le doute cartésien. De Gaulle, un des plus grands patriotes français ayant le plus bataillé pour maintenir l'Afrique dans "la vie de la Métropole" ne disait-il pas que la vie internationale, sinon la vie tout court est un combat et qu'en conséquence, il soit donné à chacun selon les œuvres de ses armes? Autrement dit, les peuples défaits et vaincus occupent bien la place qu'ils méritent. Et, si par indolence et par désorganisation, ces peuples ne se redressent pas en reconquérant leur trône volé, ils n’ont qu’à s'asseoir à même le sol. Personne ne regrettera leur position. 


Si nous, africains décidons définitivement d'être maitres de nous-mêmes (et il est grand temps pour une Afrique africaine) et non de devenir des serviteurs de pays dits émergents (Afrique chinoise, Afrique turque, Afrique indienne, Afrique brésilien qui sont en cours) après avoir si platement servi les intérêts occidentaux (Afrique occidentale), aussi farouche que soit la résistance contre nous, nous triompherons. Telle est la sanction des peuples qui croient en leur destin et qui mettent tout en jeu pour y parvenir. A défaut, en Afrique, on passera d'une année à l'autre, d'un calendrier à l'autre accompagné des meilleurs vœux qui soient de façon permanente, sans pour autant qu'il y ait la moindre aube nouvelle à l'horizon.


Bonne lecture:




Afrique: la photographie que 2011 a renvoyée aux africains.

Pour une Afrique protégée par ses enfants

L’année 2011 a renvoyé aux africains une photographie d’eux-mêmes. Une image pendant longtemps ignorée ou réfutée mais qui, grâce à ou à cause des évènements majeurs, leur est revenue en pleine figure. La violence et la laideur de cette photographie poussent certains africains à tenter désespérément de rejeter sa conformité à la réalité. D’autres souhaitent tout simplement ne rien savoir sur l’existence de cette photographie. Ainsi, pense-t-on qu’il suffit de nier une réalité pour qu’elle cesse d’exister. Pourtant, il est trop tard pour faire l’impasse sur cette photographie de groupe que l’année 2011 nous a offerte de nous-mêmes.

dimanche 6 janvier 2013

Ziad Takieddine, la France et la corruption: qui arrêtera les crimes français?



Komla KPOGLI
06 janvier 2013
Web: http://lajuda.blogspot.com 

L’année commence-t-elle bien pour toutes les personnes qui luttent depuis des lustres pour montrer les pratiques de la France à l’extérieur, particulièrement dans les territoires africains ? Le 05 janvier 2013, Laurent Ruquier et ses chroniqueurs ont reçu dans l’émission « On n’est pas couché » sur France 2, Ziad Takieddine, homme d’affaires franco-libanais.

Connu du grand public pour avoir été négociant en armements entre la France et certains pays (Arabie Saoudite, Pakistan, Syrie, Libye…), Ziad Takieddine a des ennuis judiciaires depuis un moment. Ses amis politiques français qui ont lui ont confié des rôles et bénéficié en retour de ses largesses (c.f vidéo) ne subissent que très peu les effets des charges médiatico-judiciaires qu’il connaît. Mieux, tout ce beau monde en costume cravate le lâche et nie l’amitié qui le lie à Ziad Takieddine, devenu selon ses propres mots « un ami encombrant ». Donc, l’homme d’affaires a décidé de balancer et de livrer une partie, une partie probablement, de la vérité. 



Ce qui nous intéresse ici, c’est principalement le volet libyen de la gigantesque machine à corrompre que dépeint publiquement Ziad Takieddine. L’homme avait déjà éclairé nos lanternes sur la guerre contre la Libye et fait des déclarations sur le rôle primordial (ce tout observateur attentif avait d’ailleurs vu) du Qatar. 


Sur France 2, Ziad Takieddine a été un cran plus loin. Il informe le public que 400 millions d’euros ont été offerts par la Libye de Kadhafi à différentes personnalités parmi lesquelles Nicolas Sarkozy via des comptes bancaires et différentes sociétés françaises. Interrogé sur le chiffre de 50 millions d’euros qui circule depuis les déclarations de Saïf-El Islam Kadhafi en 2011 demandant à Sarkozy de rendre l’argent que la Libye lui avait filé pour sa campagne électorale en 2007, l’homme d’affaires répond « il s’agit là juste d’une goutte d’eau ». Il confirme avoir des preuves et avoir déjà parlé au juge chargé du dossier. On attend donc la suite. 


Sur la guerre contre la Libye, l’interviewé confirme ce que bon nombre d’observateurs disaient, à savoir que les bombardements et toutes les destructions que le pays a subis étaient fondés sur un montage. Ne niant pas le « caractère dictatorial » du régime Kadhafi, il reconnait toutefois que les raisons pour tuer Kadhafi sont loin d’être celles qu’on avait  inventées et propagées massivement. 

Ziad Takieddine déclarera aussi que la corruption en France est tellement gigantesque que le déclin de ses exportations en est sa conséquence immédiate. « La France perd des marchés et n’exporte plus rien à cause de la corruption. Personne ne fait plus confiance à la France », affirme-t-il. Mais ce type de déclaration n’est pas nouveau en France. Ce pays qui se présente comme « Le pays des droits de l’Homme » est bien connu pour son goût immodéré pour l’argent des tyrans africains pour qui financer la vie politique française de la Gauche à Droite en passant par les Extrêmes est un devoir patriotique. On se souvient dans ce registre des « révélations » d’un autre franco-libanais et gabonais par intérêt pour qui feu Omar Bongo fut « papa », Robert Bourgi, « Monsieur Afrique » de Nicolas Sarkozy qui en septembre 2011, affirmait avoir convoyé des fonds de l’Afrique aux hommes politiques français un nombre incalculable de fois. Le public français s’est à peine ému de cette situation connue de longue date, car quel est le but des colonies si ce n’est d’être au service de la Métropole. Quelques jours d’émotion dans certaines chaumières et les propos de Robert Bourgi qui soi-disant étaient, selon les médias français des « révélations » avaient fini par se dissoudre. Les plus rusés des commentateurs à l’époque avaient ressorti l’antienne du « pas de preuves, pas de preuves » ou « pareilles allégations contribuent à favoriser les extrémistes puisqu’elles présentent toute la classe politique de gouvernement comme une bande de Tous Pourris » pour tuer le scandale que les optimistes avaient annoncé. Les témoins de bonne moralité, comme ils sont légion en France étaient montés au créneau pour dénoncer les règlements de compte sordides et autres tentatives de déstabilisation entre différentes factions françafricaines.  La suite, on la connait : pas d’affaires Bourgi. 


Une fois encore la justice française a accompli son devoir. Celui d’être la protectrice des crimes aussi bien économiques que politiques que cette France-là  commet au su et au vu de tous à l’extérieur de ses frontières, particulièrement en Afrique. Cette justice française qui aime coller des peines très très dures aux politiques corrompus à savoir : emprisonnement avec sursis, quelques années d’inéligibilité, ou encore plus violemment, affaires classées sans suite… s’est montrée impitoyable à maintes reprises sur ces « Révélations-secrets de polichinelle » françafricaines. 

Alors, quel sort la justice française va-t-elle réserver aux affirmations de Ziad Takieddine ? Et le peuple français, que va-t-il faire face aux « révélations » de cet homme d’affaires ? Les fameux journalistes spécialistes autoproclamés de l’Afrique et employés des marchands d’armes ou des « investisseurs » humanitaires en Afrique tels que Bolloré, Aréva, Lagardère, Dassault…que nous diront-ils cette fois-ci ? A la vérité, il n’y aura rien, comme il n’y a jamais rien eu. Pourquoi s’émouvoir pour des gens des colonies qu’on vole en faveur de la Métropole ? Comment donc accueillir les déclarations de Ziad Takieddine si ne ce n’est par un « bofff !!! » de mépris. Les français sont habitués à un monde politique pourri qui est son émanation. La cuisine politique française a un goût étrange et une odeur repoussante, mais le chauvinisme obligeant, beaucoup de français l’aiment et la protègent contre tout ce qu’ils considèrent comme une attaque contre leur beau pays. Dès que quelqu’un tente d’exposer les forfaitures de la France en Afrique ou ailleurs, il est traité d’antifrançais ou d’affabulateur. Ce pays, au fond, n’est jamais sorti malgré la Révolution de 1789, des sentiers de l’Ancien Régime. La parole des hommes politiques nationaux prime toute accusation ou toute révélation comportant un élément d’extranéité. 


C’est dire combien la moralité et les principes comptent pour quelque chose dans cette fameuse démocratie donneuse de leçons où à titre illustratif un corrompu en la personne d’Alain Juppé a pu redevenir ministre des affaires étrangères, fauteur de guerre, mais perçu et présenté comme une « Référence » en droiture comme on a pu le voir lors du conflit issu du tripatouillage électoral entre Copé et Fillon à la tête de l’UMP. C’est dire combien aussi, plus l’on est corrompu, plus on accède au sommet de la hiérarchie politique dans ce pays qu’est la France. Chirac connu pour être un voyou, fut tout de même président, puis il sera condamné en 2011 à deux ans de prison avec sursis (toujours le sursis !), Giscard, le grand trafiquant de diamant de la Centrafrique a eu lui aussi son heure, Sarkozy et sa bande sont trempés dans des affaires de corruption avec Bettencourt et Kadhafi entre autres. Que dire des socialistes ? Les années Mitterrand ? L’argent n’ayant pas de couleur, François Hollande et sa clique perpétuent la tradition de Mitterrand qui est pour le nouveau locataire de l’Elysée « un modèle ». Ainsi, en pleine campagne pour l’élection présidentielle française de 2012, Laurent Fabius futur ministre des affaires étrangères courut « animer une conférence sur les pays émergents au Gabon » et passa juste dire bonjour à Ali Bongo de chez qui il sortit les mains et les poches entièrement vides. Qu’ont dit les français ? Totalement indifférents !


Bertrand Russell disait qu’il est dans la nature de l’impérialisme que les citoyens de la puissance impérialiste soient toujours les derniers à se soucier de ce qui se passe dans les colonies. Autrement dit, il est illusoire d’attendre que le changement de l’ordre politico-économique et moral dans les colonies vienne de la Métropole. Car, celle-ci a besoin pour sa survie de garder dans son orbite les premières, et lorsque c’est nécessaire, la puissance coloniale procède à certaines retouches utiles consistant à desserrer le garrot aux colonies qui, ayant le sentiment de ne plus être étouffées par l’attache, voient pourtant leur sang couler beaucoup plus abondamment. C’est ce qu’on appelle pour ce qui est des territoires africains, l’indépendance. 


Pour finir, il est important de constater qu’un fin connaisseur des arcanes de la machine étatique de la France en la personne de Ziad Takieddine éclaire certains esprits qui ici ou là-bas, doutent toujours des vraies intentions des propagateurs de la liberté, de la démocratie et du développement dans le monde, notamment en Afrique. Si la justice française réservera le sort qu’on imagine, peut-être à tort, aux « révélations » de Takieddine, on peut tout de même espérer qu’elles puissent contribuer à l’édification de la conscience combattante des populations victimes de ces pratiques mafieuses que la propagande muette ou active nie ou relègue à l’aube des temps anciens.