mardi 31 mai 2005

Tchad: la J.U.D.A dénonce le tripatouillage constitutionnel de Déby.

COMMUNIQUE DE PRESSE

Le pouvoir tchadien s’apprête à organiser une consultation référendaire pour modifier la constitution de la République du Tchad en vue d’abroger notamment la limitation du mandat présidentiel pour ainsi permettre au président Idriss DEBY de régner à vie. La France a déjà accordé sa bénédiction à cet attentat contre la loi fondamentale tchadienne. Le ministre Xavier Darcos avait salué l’adoption par l’Assemblée nationale du Tchad, de ce texte trafiqué.

La Jeunesse Unie pour la Démocratie en Afrique-J.U.D.A- se fait le porte-parole de la jeunesse africaine pour dénoncer et condamner sans retenue cette triviale mise en scène qui ne vise rien d’autre qu’à faire de Monsieur Idriss DEBY président à vie et du Tchad, une monarchie.

En conséquence, la J.U.D.A. demande :

- aux organisations politiques républicaines d’intensifier la campagne pour le boycott.

- à des acteurs de la Société civile tchadienne à rejeter purement et simplement cette mise en scène Chiraco-Débyenne.

- à la Jeunesse tchadienne de se mobiliser dans un esprit citoyen pour s’abstenir de participer à cette tentative indigne et honteuse de coup d’état constitutionnel, car aller à ce référendum voire se prononcer pour le OUI revient à conférer à très court terme le statut de monarchie au Tchad, à inscrire dans la durée piétinement des règles élémentaires de la démocratie et de l’Etat de droit, à perpétuer les violations systématiques des droits de l’Homme, à ajourner la disparition du clientélisme, du pillage, de la corruption, de la mauvaise gouvernance et de l’analphabétisme ainsi que de la division contre lesquels d’honnêtes citoyens tchadiens se battent depuis des années.

- au peuple du Tchad de ne pas participer ainsi à la légitimation du tripatouillage constitutionnel programmé par ceux qui font preuve d’un carriérisme révoltant et qui souhaitent le perpétuer au sommet de l’Etat. Le Tchad n’a nullement besoin d’un président à vie au moment même où des millions de ses fils croupissent dans la misère dans toute sa dimension et à une époque où les enjeux mondiaux commandent une démocratisation absolue des institutions étatiques dans nos pays.

- à ceux qui pour une raison ou une autre sont amenés à participer à cette consultation qui se prépare, dans un souci patriotique et du sens du devoir citoyen à voter NON pour rejeter absolument cette grave et préjudiciable tentative à l’émergence d’un Tchad démocratique.

Aussi, la J.U.D.A. invite impérieusement la Jeunesse africaine dans son ensemble à une solidarité agissante en faveur de la Jeunesse tchadienne en particulier et du peuple frère du Tchad en général en manifestant à l’échelle continentale sa vive désapprobation face à la mythomanie d’un système politique visiblement hostile à l’alternance démocratique malgré son incapacité notoire depuis des années à poser les premières pierres d’un Etat de droit au Tchad.

Pour la J.U.D.A, l’émergence d’une nouvelle Afrique impose à la Jeunesse africaine de mettre un coup d’arrêt à cette hydre de démocraties tropicalisées qui, par effet de contagion, crucifie l’âme du peuple africain déjà victime de nombreuses injustices.

De l’Union Africaine, la J.U.D.A exige des actions urgentes et concrètes au lieu de rester impuissante devant les tragi-comédies qui enfoncent de plus en plus l ’Afrique dans le gouffre et par conséquent l’éloigne des projets d’union et d’intégration viables.

Les mouvements de défense des droits de l’Homme, de promotion de la démocratie ainsi que d’autres organisations citoyennes surtout celles de Jeunesse au Tchad ne doivent céder à aucune forme de corruption ni d’intimidation encore moins de distraction car ils ont le soutien dans leur lutte, de tous les Africains épris de liberté, de justice et de paix basées sur la dignité humaine.

Enfin, la J.U.D.A. se met à l’entière disposition des démocrates tchadiens pour les soutenir et les accompagner dans toutes leurs manifestations, communications, pétitions, débats, forum…

Lomé, le 31 mai 2005

Pour la J.U.D.A.

Le Secrétaire Général,
Komla KPOGLI

samedi 14 mai 2005

Rodrigue Kpogli, SG de la J.U.D.A s'entretient avec Didier Ledoux

Après la publication des résultats officiels de la présidentielle du 24 avril au Togo et tout ce qui s’en est suivi, le Secrétaire Général de la Jeunesse Unie pour la Démocratie en Afrique -J.U.D.A- Rodrigue KPOGLI se prononce sur la situation. La J.U.D.A qui est une association de promotion, de défense des droits de l’homme et de la démocratie, œuvre pour l’émergence d’une nouvelle Afrique. Cette association de Jeunes Africains, est membre du Collectif des Associations de la Société Civile et des Organisations syndicales du Togo (CASCOST).
ARCANES : les élections du 24 Avril dernier, selon-vous, sont-elles démocratiques ?

Rodrigue KPOGLI : Absolument pas ! Il ne suffit pas de la présence d’électeurs dans les centres de vote, du déploiement du matériel électoral et des observateurs pour parler d’élection démocratique, mais des élections démocratiques supposent un fichier électoral crédible, le respect des lois électorales du début jusqu’à la fin et surtout le résultat qui doit être conforme au choix du peuple dans les urnes.
Au Togo, c’est plutôt l’antithèse de ces principes rudimentaires qui a été observée. De la distribution sélective des cartes d'électeur à la proclamation de faux résultats en passant par le gonflement évident du fichier électoral, le processus a été vicié et entaché de beaucoup de fraudes.
Donc ce qui s’est passé n’a aucune similitude avec des élections démocratiques. C’est du vol à main armée du suffrage populaire. Et c’est du jamais vu !

ARCANES : Pourquoi parlez-vous de vol à main armée ?

Ecoutez, nous n’avons pas d’autres mots pour qualifier ce qui s’est passé à la proclamation des prétendus résultats par la CENI. Ces résultats, la main sur le cœur, ne correspondent à aucune donnée réelle. C’est de la fiction absolue. Mais lorsque le peuple togolais, seul et unique détenteur de la souveraineté démocratique voulait s’y opposer, on a tourné le bout du fusil vers lui. C’est dommage et déplorable que certains togolais animés d’un égotisme néfaste, enfoncent leur propre pays dans le gouffre.
La suite, tout le monde le sait, c’est des morts, des blessés, des exilés involontaires et des dégâts matériels très importants. La violence était telle que le peuple togolais a abandonné son droit de contester le faux substitué au vrai, à lui, présenté.

ARCANES : Quel constat, la J.U.D.A peut-elle faire de la situation des droits de l’homme en ce moment au Togo ?

L’hostilité du Togo à l’égard des droits humains est connue depuis des lustres. Mais aujourd’hui, c’est l’automne pour les droits de l’homme au Togo ; en ligne de mire le droit à la vie et à l’intégrité physique, source d’autres privilèges reconnus à l’Homme.
Permettez-nous, avant d’entrer en détail, de nous incliner avec toute la tristesse au cœur et sincèrement, devant la dépouille de ceux qui sont froidement abattus par balle, à coup de gourdins, de machettes, de lances, de haches pour avoir osé contester le faux et l’injustice. Les blessés innombrables qui souffrent aujourd’hui, méritent notre admiration et soutien. Aux familles de ces victimes, nos salutations de compassion et de solidarité.
Les atrocités auxquelles nous avions été témoins ne sont rien d’autre que de la barbarie que nous condamnons avec la dernière rigueur.
Du 24 au 29 Avril a été des journées de farouche répression. Le sang a coulé à flot. Des maisons ont été visitées et des atrocités indicibles ont été commises.
Sur toute l’étendue du territoire, le cri du sang a été entendu. Le bilan est au-delà de la centaine de morts et des centaines de blessés.
Ce contexte de terreur entretenu par des miliciens appuyés par les éléments des FAT était prévisible. Les multiples appels des organisations de défense des droits de l’Homme pour l’envoi des troupes internationales pour protéger le peuple s’inscrivaient dans cette logique confirmée plus tard par la démission de l’ex-ministre de l’Intérieur Akila Esso Boko. L’acte de M. Boko avait une forte portée citoyenne. C’était un coup de Trafalgar pour ceux qui ont planifié le naufrage du peuple togolais ; on voulait même le lyncher. Mais personne n’a pris en considération ces alarmes.

On note plusieurs disparus et plus de 18.000 togolais réfugiés au Bénin et au Ghana.
Les menaces et intimidations graves sur les défenseurs des droits de l’homme. Le droit à l’information est aboli. La coupure des lignes téléphoniques durant des jours. Il faut aussi parler de la fermeture et de l’interdiction de diffuser adressée aux médias privés et indépendants à savoir les radios Kanal FM, Maria, Nana FM, Nostalgie. Radio Lumière à Aného a été incendiée, son directeur en fuite, est traqué jusque dans son dernier retranchement. Peace FM à Kpalimé a vu son émetteur enlevé et son directeur aussi en fuite. La presse écrite aussi est mise au pas, elle est étranglée pour être domestiquée.
Cette ambiance déplorable est indigne du 21ème siècle juste pour des élections. C’est tout comme une guerre ; l’aviation militaire a été mise à contribution pour mâter la contestation. Les cas de torture et de viols collectifs ne sont plus à compter. Ces violations graves et lourdes des libertés et droits des togolais continuent sous d’autres formes à savoir des enlèvements, des sévices corporelles administrées aux personnes arbitrairement détenues et des visites inopinées au domicile des défenseurs des droits de l’homme qui sont toujours menacés avec leur famille. Ainsi la situation politique en ce moment au Togo peut se résumer à la honteuse mais populaire sagesse, largement partagée et représenter par l’image d’un singe trois fois taré : un singe qui, tour à tour, ne voit volontairement rien, ne dit rien volontairement, n’entend volontairement rien. Un singe crétinisé, décérébré.

Il faut condamner toutes ces violences qui n’ont pour but que de faire asseoir une autorité illégitime. Les préposés et les commettants de ces actes inhumains, même si aujourd’hui ne sont pas inquiétés, il faudra un jour qu’ils répondent de leurs crimes devant des tribunaux. Autrement, ils subiront la sanction de la justice divine car il est des abominations que la loi de la nature ne pardonne pas.

ARCANES : Malgré cette description négative, pourquoi alors, selon vous, la communauté internationale a-t-elle reconnu les résultats du vote ?

Ecoutez, le Togo est victime d’une sorte de conspiration internationale. Reconnaître les résultats de surcroît fictifs issus de ce très heurté processus électoral, relève du blasphème démocratique. C’est une injure grave à l’intelligence du peuple togolais qui n’a connu que des souffrances sous le régime RPT.
Mais la diplomatie étant ce qu’elle est, les Etats ont préféré le cynisme et l’hypocrisie à la justice en se réfugiant derrière la CEDEAO.
Il faut le souligner, la J.U.D.A n’a jamais compté sur la communauté internationale, car à voir ce qui s’est passé au Rwanda où 1 Million de personnes ont été massacrés aux yeux de cette communauté, on ne peut que déchanter. Pour cela la J.U.D.A a toujours plaidé pour une solution authentique, si vous voulez, endogène pour le Togo.
C’est quand même étonnant de voir toute la communauté internationale s’aligner sur la position de la CEDEAO, ce syndicat des chefs d’Etat majoritairement acquis à la cause française. Cela semble une attitude des moutons de panurge. C’est un unanimisme assassin.

ARCANES : Comment percevez-vous le rôle de la France dans la situation du Togo ?

La France a été et est un danger pour les peuples africains. Consciente de ses faiblesses et atteinte d’un complexe d’infériorité face aux USA qu’elle cherche vaille que vaille à concurrencer, la France ruine les Etats africains en les maintenant sous une tutelle plus que destructrice.

La France fait tout pour qu’à la tête de nos pays se trouvent des préfets locaux, des métayers dont la mission est de veiller aux intérêts mafieux et méphistophéliques de ce qu’on nomme la Françafrique. Cette alliance contre-nature qui depuis Foccart, ne cesse d’accoucher que des monstres et des carriéristes en Afrique.
Pour Chirac et ses apôtres, la dictature dans le contexte africain est un mot, non un mal. Et ce qui vient d’être accompli au Togo confirme la réelle intention de Chirac selon qui les peuples d’Afrique ne sont pas mûrs pour la démocratie.
De plus pour la France, la démocratie en Afrique doit être un produit manufacturé importé, à utiliser en référence à la notice prescrite par le laboratoire élyséen. Les peuples africains n’ont rien à y faire.

Ainsi tous les reproches faits à la diplomatie française ne lui ont pas fait changer de tactique. Au mépris de la dignité du peuple togolais, la patrie des droits humains, comme on ose l’appeler, a intronisé le fils de son « ami » et qui est aussi l’« ami personnel » de son président, Chirac.

Mais, la France doit savoir que, sur le continent africain émerge une nouvelle génération d’hommes qui ne veut plus être sous cette tutelle dévastatrice.
Voyez, après avoir enfoncé le peuple togolais dans les profondeurs abyssales de l’amertume, cette France accueille l’ex-ministre Boko sous prétexte de le protéger contre les autorités togolaises qui le réclament. Côté humanitaire d’une laide façon de faire ! C’est très facile ! Chirac croit alors s'acheter bonne conscience à vingt cinq francs CFA.
Ce geste humanitaire petit format cache en réalité d’autres intentions.
Il faut nécessairement une nouvelle politique africaine de la France. Et pour cela, le peuple français doit dans son ensemble mettre la pression avec des manifestations de protestation à l’image des Américains qui ont publiquement dénoncé et cela massivement la politique étrangère de Bush lorsqu’il décida d’envahir l’Irak.

La Jeunesse africaine demande la solidarité du peuple français dans ce combat contre le néocolonialisme qui ne doit plus être l’affaire de certaines personnalités qui sont d’ailleurs victimes d’une censure orchestrée dans la presse française.
Face à l’injustice infligée par la France officielle aux Africains, le silence des Français frise la complicité.

ARCANES : Pourquoi mêlez-vous le peuple Français de cette histoire ?

Le Peuple Français est détenteur du suffrage. Il peut sanctionner les dirigeants qui n’incarnent pas ses aspirations. Vous comprenez à ce moment là que la mobilisation des Français contre l’inhumaine politique africaine de la France, peut faire évoluer les choses de façon positive. De ce point de vue, les médias ont un rôle prépondérant à jouer.
La dénonciation du néocolonialisme français doit dépasser les frontières des associations telles que Survie, Agir, MEDDA…et autres partis tels les Verts de Mamère, la LCR de Besanscenot, ou de certaines personnalités du monde universitaire qui ne bénéficient que de rares espaces dans la presse française. Il faut qu’elle devienne vraiment populaire, provoquant ainsi un débat national.

ARCANES : Quel regard portez-vous sur l’attitude de la coalition dont font partie les partis radicaux ?

Nous ne comprenons jamais ce qualificatif « radicaux » collé à des partis qui refusent de cautionner l’absurdité et l’obscurantisme. Y-a-t-il de parti plus radical au Togo que le RPT, parti au pouvoir ? Ce parti a montré qu’il est prêt à exploiter tous les moyens pour parvenir à ses fins.

La démocratie naît d’abord du refus de l’arbitraire. Et si refuser l’arbitraire, c’est être radical alors il y a plus de radicaux dans le monde que de modérés.
Ceci étant dit, nous voudrions dire que le choix du candidat unique a été une bonne chose. Même si cela a été un accouchement à la césarienne, il faut reconnaître que cette option a orienté le peuple dans un sens. Cet accouchement difficile et douloureux a eu néanmoins un vrai soutien populaire.

Mais, à notre sens, la gestion efficiente et efficace de la période post-électorale reste tout de même un défi à relever par l’opposition togolaise qui jusque-là, a toujours bénéficié d’une disponibilité populaire et massive.

Nous croyons que ce peuple et sa jeunesse sont prêts à décoller ou à soulever une montagne à la seule condition qu’ils aient un levier. Il leur faut un vrai leader qui leur montre le chemin. De ce point de vue, il est plus question de stratégies et de moyens appropriés que de discours cyclothymiques.

ARCANES : Faure Gnassingbé. a promis un Gouvernement d’union nationale au cours de la campagne, il le réitère après sa victoire et la communauté internationale demande la même chose. Qu’en pensez-vous ?

Il revient aux partis politiques de juger de l’opportunité d’une telle proposition. Mais à notre avis, le Gouvernement d’Union Nationale est une fabrication de la françafrique qui vise à légitimer une autorité illégitime voire inexistante au départ. De plus, le principe de gouvernement d’union nationale n’existe pas en droit public et dans aucune faculté de sciences politiques, vous ne verrez de ses traces.
Le parti vainqueur d’une élection forme un gouvernement et les autres sont dans l’opposition.
C’est farfelu qu’après chaque fraude électorale, on nous sorte cette idée de gouvernement d’union nationale ou gouvernement de large ouverture. Et c’est toujours applicable en Afrique où on croit faire de la réconciliation en associant les adversaires politiques autour de la mangeoire. Puisque selon les adeptes de cette idéologie, les Africains et surtout les politiques ne se battent que pour aller brouter du côté où l’herbe est verte. C’est bien une formule sordide sortie du laboratoire françafricain comme de l’antalgie. Le peuple est aujourd’hui plus qu’hier, divisé et déchiré. On crée un antagonisme Nord-Sud. On montre le Nord comme attaché au système et le Sud comme hostile à lui.
On tente coûte que coûte de substituer à un problème politique, une question ethnique insensée. Les résultats proclamés officiellement ont été même conçus sur cette base. C’est dommage qu’on en arrive là.

Même les violences de l’après élection ont pris ce sens. Ceux qui sont à l’origine de cette conception des choses sont en train d’orienter le Togo vers le suicide.
Le pont Nord-Sud proclamé est plutôt un mur de séparation. C’est un danger insidieux qui guette le Togo.
L’union ne pourra avoir pour fondement la force. Nous vous disons que ce qui se passe au Togo est une situation à degré en dessous zéro de la politique.

ARCANES : Donc pour vous, pas de gouvernement d’union nationale ?

Ecoutez, la Françafrique fonctionne en 3 étapes :

1- On organise les élections présidentielles frauduleuses en faveur d’un homme oint à l’Elysée.

2- On réprime la contestation dans le sang puis on appelle à la formation d’un Gouvernement d’Union Nationale.

3- On organise les élections législatives, municipales ou locales pour sauver les meubles et rendez-vous 5 ans après pour la même chose.

La J.U.D.A ne saurait être le tableau d’affichage d’un certain courant de pensée qui voudrait qu’on se contente de la symbolique. Le symbole n’a aucune valeur lorsque la chose réelle peut être obtenue. Donc le Gouvernement d’Union Nationale, symbole de l’unité nationale est une contorsion politicienne qui semble du cautère appliqué sur une jambe de bois.

Le Togo est un pays sur la civière depuis des années, il a besoin d’un gouvernement légitime pour le redresser.

ARCANES : Le collectif de la société civile à laquelle la J.U.D.A appartient a-t-elle une position sur la question du Gouvernement d’Union Nationale ?

Nous ne savons pas. Le collectif n’a jamais été entendu. Nous avions toujours fait des propositions à la classe politique qui, de part et d’autre nous considère comme des opposants et donc des ennemis à combattre.

ARCANES : La J.U.D.A nourrit-elle de l’espoir pour le peuple togolais ?

Tant qu’on vit, il y a de l’espoir. Il est vrai que le Togo est très mal en point actuellement. Nous constatons aussi que l’Union Africaine reste une illusion au regard de ce qui se passe au Togo, qui depuis le 26 Avril est devenu officiellement une monarchie héréditaire.
Beaucoup d’Etats emprunteront certainement cette voie puisque c’est toléré au Togo. Nous ne croyons pas que l’Afrique sortira de si tôt de l’auberge et ira de l’avant si ses Etats rament à contre-courant du renouveau en faveur des monarchies héréditaires. Dès lors, une véritable mobilisation de la Jeunesse Africaine faisant émerger une opinion publique à l’échelle continentale s’impose pour rejeter ces pratiques précambriennes et démystifier ceux qui se croient dépositaires d’un droit divin de gouverner en Afrique. Déjà, nous avons des rois qui modifient les constitutions pour régner ad vitam eternum.

Ces tristes réalités ne nous décourageront pas. Les grandes idées qui ont servi de remèdes aux maux de ce monde sont nées à des moments d’extrêmes difficultés.
Nous croyons que des solutions plus qu’une solution, existent au cas du Togo.

ARCANES : Merci pour votre disponibilité.

C’est nous qui vous remercions.

Propos recueillis et transcrits par Didier Ledoux

samedi 23 avril 2005

Arrestations des proches du ministre Boko: violations loudres et flagrantes des doroits de l'Homme.

COMMUNIQUE DE PRESSE

En appui à la déclaration du Collectif des Associations de la société civile et des organisations syndicales, la Jeunesse Unie pour la Démocratie en Afrique, J.U.D.A, se félicite de ce que dans une sortie plus que matinale le 22 avril, le ministre de l’intérieur, en charge de l’administration électorale, ait formulé une demande de report du scrutin présidentiel, assortie d’un schéma de sortie durable de la longue et absurde crise que connaît le Togo.

Cet acte d’une forte portée citoyenne, est un coup de Trafalgar pour le Gouvernement, au regard de sa détermination à organiser ces présidentielles de manière la plus opaque possible le 24 avril malgré les évidents risques courus. Au lieu de considérer les propositions de Mr BOKO, il a été désavoué par le président par intérim et 11 de ses proches dont 10 de ses collaborateurs et sa sœur ont été arrêtés. Plusieurs autres membres de sa famille et de ses amis officiers des Forces Armées Togolaises sont actuellement sous menaces.

Il s’agit ni plus ni moins de violations flagrantes et lourdes des droits et libertés de ces citoyens togolais qui ne sont coupables en rien sauf d'être des proches de Mr BOKO. La J.U.D.A élève donc de très vives protestations contre cet énième arbitraire du vétuste et décadent système qui régit le Togo où le délit de parenté est érigé en règle pour faire payer aux proches d’un dissident ou d’un opposant politique le prix de son engagement pour la vérité et la justice.

La J.U.D.A exige la relaxe pure et simple de ces personnes arbitrairement arrêtées et la cessation immédiate des menaces à l’endroit des autres proches de Mr BOKO car ces actes ne sont rien d’autres que des mesures dilatoires et vilaines en réponse à un problème qui méritait des actions responsables.

Elle observe avec une très grande tristesse que malgré que le Togo soit sur une civière depuis de longues années, le régime plus qu’impopulaire du RPT, s’obstine dans un obscurantisme destructeur. La J.U.D.A interpelle donc la conscience des tenants du système à faire montre de courage et de patriotisme pour que dans l’unité et la paix fondée sur la dignité humaine, la liberté et la Justice, un Togo démocratique émerge au grand bénéfice de tous ses citoyennes et citoyens.

Enfin, la J.U.D.A estime opportun d’inviter impérieusement le Peuple du Togo dans son ensemble et particulièrement la Jeunesse à créer les conditions de leur libération et surtout à agir, ainsi que le recommande l’article 150 de la Constitution, dans un esprit citoyen en vue de faire échec à toute autorité illégitime- quelle qu’elle soit -qui voudra s’imposer à eux à l’issue du très heurté processus électoral au lieu d’espérer en la "Communauté internationale" encore plus en la CEDEAO.Une autre Jeunesse au service d’une Afrique nouvelle…


Lomé le 23 avril 2005.

Le Secrétaire Général
Rodrigue KPOGLI

mercredi 20 avril 2005

La J.U.D.A exige la libération de l'ex-premier ministre AGBEYOME et la réouverture de la radio Kanal Fm.


COMMUNIQUE DE PRESSE

L’arrestation de Mr AGBEYOME et son incarcération à la prison de Kara depuis le 8 avril 2005 constitue non seulement une violation grave des droits et libertés à lui, reconnus par la Constitution, mais aussi une vengeance à l’ex-premier ministre qui en juin 2002 a dénoncé courageusement les excès et la cruauté du système R.P.T.

La J.U.D.A. s’indigne du fait que Mr AGBEYOME puisse payer pour un passé reconnu aujourd’hui par le R.P.T. comme pas très glorieux.

En conséquence la J.U.D.A. exige la libération immédiate et sans condition de Mr AGBEYOME ; ceci pour que le « pardon pour le passé » demandé par le R.P.T. au cours de la campagne électrorale, ne soit pas perçu comme une boutade prononcée du bout des lèvres pour des fins électoralistes.

La J.U.D.A. saisit cette opportunité pour crier sa désolation face à la décision de la HAAC, de limiter la couverture de la campagne électorale et le reste du très heurté processus électoral aux seuls médias publics.

Cette décision ne reposant sur aucun fondement légal, viole de surcroît, manifestement l’article 26 de la Constitution Togolaise qui garantit la liberté de presse.L’interdiction adressée aux médias indépendants de couvrir le processus électoral et surtout la fermeture de la Radio Kanal FM cet après midi pour des motifs fallacieux viennent démontrer que le code de la presse exhibé, il y a quelques mois comme une victoire de la liberté d’expression au Togo, n’est qu’un leurre.

La J.U.D.A. dénonce ces mesures de la HAAC visant à réduire au silence des médias qui font un compte rendu impartial et fidèle de la situation actuelle du Togo. Il faut reconnaître que sans les médias indépendants et privés, les informations ne parviendront au peuple togolais que de façon biaisée et dangereusement partiale.

La J.U.D.A exige donc, la réouverture immédiate de la Radio Kanal FM. Elle appelle les autres organes de presse ciblés à ne pas céder à l’intimidation et aux menaces de ceux qui œuvrent avec ardeur pour inscrire le Togo dans le cercle très fermé des Etats voyous au monde.

Enfin la J.U.D.A salue et soutient sans ambiguïté la position citoyenne de l’U.J.I.T, de l’OTM , de l’ URATEL, de l’O.R.E.P.I face à la tentative de mise au pas de la presse indépendante au Togo.

Lomé le 20 avril 2005

Pour la Coordination

Secrétaire Général

Rodrigue KPOGLI

lundi 4 avril 2005

Présidentielle du 24 avril 2005 au Togo: graves irrégularités dans l'opération de distribution des cartes d'électeur.


DECLARATION

La Jeunesse Unie pour la Démocratie en Afrique a suivi l’opération de révision et de distribution des cartes d’électeur pour le scrutin présidentiel du 24 avril prochain.

Cette opération débutée le lundi 28 mars 2005 est entachée d’après nos observations, de graves irrégularités qui mettent en doute la régularité du processus électoral en cours.

1.) Etablissement de nouvelles cartes d’électeur. Le constat est amer :

- Impossibilité pour des personnes âgées de plus de 23 ans de s’inscrire. Il leur est demandé de justifier le pourquoi elles ne se sont pas faites inscrire en 2003.
- Absence de cartes vierges ou du moins leur insuffisance en quantité. Plusieurs personnes n’ont pas pu s’inscrire parce que les cartes vierges sont épuisées.
- Impossibilité pour les personnes de 18 ans au moins de s’inscrire. Plusieurs personnes dans ce cas sont des élèves ou des apprentis qui disposent plutôt de leur carte scolaire ou d’apprentissage. Il leur a été refusé l’inscription au motif qu’ils n’avaient pas de carte d’identité nationale.
- Impossibilité pour des personnes ayant changé de domicile de s’inscrire. La raison est simple. Il leur est demandé de retourner à leur point de départ pour se faire établir une attestation de radiation. Il en est ainsi pour tous les agents de l’Etat mutés depuis 2003. Il en est de même pour ceux qui pour des raisons diverses, ont changé de domicile.
- Impossibilité pour des personnes dans certaines localités de s’inscrire même sur présentation de cartes d’identité nationale.

2.) Retrait des cartes d’électeur Beaucoup de problèmes à ce niveau également:


- Cas des personnes sans pièce d’identité. Elles ne sont pas autorisées à retirer la carte même sur présentation d’autres pièces d’identité. Alors même que la filiation était constituée.
- Des personnes présentant la carte d’électeur de 1998 et de 2003. Il leur est refusé de retirer la nouvelle carte alors que certaines personnes avaient joint leur acte de naissance ou nationalité.
- Des noms mal écrits. Une inadéquation entre la pièce d’identité nationale et la carte d’électeur vaut refus de retrait alors que d’autres indices auraient suffi à l’identification.
Il faut noter que les fautes d’orthographe provenaient surtout de la carte d’électeur.
D’une manière globale, la J.U.D.A. note que:

a) l’encre indélébile n’est pas disponible dans certains centres de vote. Mais le retrait et l’inscription se font.

b) dans certains centres d’inscription, les listes ne sont pas affichées tandis que dans d’autres, l’ordre des listes a été permuté ; ceci crée une perte de temps aux citoyens qui cherchent leur nom toute une journée et finissent par abdiquer lorsqu’ils n’en peuvent plus.

c) les inscriptions et le retrait se font dans certains centres d’inscription sans la carte d’identité ou avec une carte d’identité qui n’est pas encours de validité alors que dans d’autres c’est impossible.

d) des préfets et de sous-préfets voire des chefs coutumiers envoient des cartes vierges dans les pays limitrophes à remplir.

e) les heures d’ouverture et de fermeture des centres d’inscription ne sont pas respectées. Ouverture tardive et fermeture prématurée.

f) des individus circulent et prennent le nom des non inscrits en leur promettant de leur trouver des cartes le mardi 5 avril 2005.

g) Des individus circulent pour collecter une somme de1000 FCFA par personne pour leur ramener des cartes d’électeurs après quelques heures.

h) la formation des agents est inefficace au regard de l’interprétation variée des textes notamment le code électoral et les consignes données.

i) le taux de retrait des cartes n’atteint pas 35% au jour d’aujourd’hui.

j) le manque d’information amène des commentaires déplacés et exagérés entre les agents et les populations .

k) la commission administrative n’applique pas l’article 65 alinéa 3 du code électoral qui lui demande de procéder à une enquête lorsqu’une personne désire retirer sa carte ne dispose pas de pièce d’identité . La J.U.D.A. estime qu’il est opportun de demander aux autorités en charge de l’organisation des élections de prolonger la date du retrait et d’inscription en tenant compte des difficultés et irrégularités sus-énumérées.

l) des violences ont émaillé par endroit l’opération de distribution à cause des tracasseries et autres obstacles qui ennuient les populations.

m) des citoyens qui tentent de s’opposer à ces pratiques sus-mentionnées, sont l’objet de bastonnades et de violences administrées par des individus clairement identifiés comme miliciens du parti au pouvoir.

La J.U.D.A. demande à l’organe législatif de siéger immédiatement en vue d’adapter le code électoral au fait que la majorité des Togolais ne dispose pas de carte d’identité nationale. Cette réalité n’est pas exclusive au Togo mais elle est celle de tous les pays d’Afrique où les populations ne disposent pas de pièce d’identité. C’est bien là, la preuve de l’échec de nos Etats à former des citoyens responsables.

Elle exige également une prolongation des opérations d’inscription et de retrait des cartes et aux autorités en charge de l’organisation du scrutin de veiller à la distribution des dites cartes jusqu’à la veille du vote.

Considérant les enjeux des présidentielles prochaines, la J.U.D.A. exige que soit facilitée la participation de tous les Togolais à l’élection du Président de la République. Il est inutile de rappeler que le vote est un droit auquel nul ne peut porter atteinte.

Les mesures tendant à restreindre le suffrage sont d’une époque révolue et les graves entorses aux principes de base d’un Etat démocratique notées en ce moment au Togo sont à condamner . Ces faits, selon la J.U.D.A jettent un sérieux doute quant à la volonté des autorités actuelles d'organiser des élections libres et crédibles.

La Jeunesse Togolaise doit alors se mobiliser et redoubler de vigilance pour faire échec à toutes les formes de manipulation, d’achat de conscience et de fraudes quelle que soit leur origine.

Fait à Lomé le 04 avril 2005
Le Secrétaire Général
Rodrigue KPOGLI

dimanche 3 avril 2005

TOGO : Démocratie ensanglantée

  • Les criminels ne peuvent pas organiser des élections propres

La Jeunesse Unie pour la Démocratie en Afrique- J.U.D.A.- prend acte :

- du rétablissement de la Constitution de 1992 modifiée en 2002 par l’Assemblée Nationale ;

- du retrait de Faure Gnassingbé de la présidence de la République qu’il occupait illégalement et illégitimement avec les soins bienveillants de la caste des officiers supérieurs des FAT appuyée par la France.

Elle salue les Etats, les institutions et ONG nationales et internationales, les partis politiques et toutes les personnes qui, par la pression de façon concrète et permanente, ont contribué à ces décisions.

La J.U.D.A estime cependant que ces décisions aussi importantes soient-elles ne suffisent pas à elles seules pour parler du retour à la légalité constitutionnelle. Le retour à la légalité constitutionnelle signifierait l’application stricto sensu de l’article 65 de la Constitution qui règle clairement et ce depuis 1992, la question de la dévolution du pouvoir présidentiel intérimaire au Togo.

En conséquence, la J.U.D.A marque son plus grand étonnement vis-à-vis de la précipitation avec laquelle la CEDEAO a levé ses sanctions imposées au Togo à la suite de la forfaiture du 5 Février et avalisé la nomination à la présidence intérimaire de Abass Bonfoh, complice et coauteur du coup d’état car c’est lui qui a conduit l’Assemblée Nationale- une chambre d’enregistrement – à légaliser cette délinquance politique.

La J.U.D.A considère donc que jusqu’alors il n’y a pas de retour à l’ordre constitutionnel et le retrait de Faure Gnassingbé n’est qu’une démission de façade.

Dans ce contexte, les populations togolaises étaient fondées à manifester leur désapprobation. Cependant la J.U.D.A note avec une vive préoccupation que toutes les formes d’opposition sont réprimées violemment et systématiquement :
  • Les assassinats ciblés, les arrestations arbitraires, les tortures, les traitements inhumains et dégradants à répétition et dans l’impunité la plus totale.
  • la répression violente et sanglante des événements de la prison civile le 6 Février et des manifestations pacifiques des 12, 14, 27 Février 2005 à Lomé suivie de l’expédition punitive dans le quartier de Bè le lundi 28 occasionnant 5 morts dont 3 repêchés de la lagune et des dizaines de blessés par balles et à coups de matraques cloutées.

    On note au total une vingtaine de morts, au moins 50 blessés et des dizaines de disparus depuis le 05 Février.
  • les entraves au droit à l’information.
  • les menaces et intimidations permanentes sur les défenseurs des droits de l’homme. Cette situation amène les victimes des violations des droits humains et autres blessés à s’enfermer dans un mutisme assassin.


La J.U.D.A s’indigne profondément de ce climat de terreur entretenu au Togo. Elle condamne vivement ces actes qui sont de graves et massives violations des droits de l’homme et déplore très sincèrement que cet aspect des réalités togolaises n’ait pas été pris en compte par la CEDEAO et les autres décideurs dans la quête de solution à la crise.


La J.U.D.A condamne sans aucune réserve le fait que le quartier de Bè soit ciblé et étouffé dans une sorte de frontières où des citoyens togolais sont fusillés comme des lapins et bastonnés dans le silence complice des autorités en charge de la sécurité au Togo.


La J.U.D.A réitère son appel à la communauté internationale pour l’envoi des troupes onusiennes en vue de prévenir un éventuel génocide au Togo.


La J.U.D.A exige donc de l’ONU, de l’UE, de l’UA et de la CEDEAO à procéder à des enquêtes pour identifier les responsables de ces violations des droits de l’homme qui frisent la sauvagerie. Ceci pour que soit endigué l’atavisme des atrocités au Togo.


Elle attire l'attention de tous sur :


1-le fait que les autorités intérimaires au Togo sont responsables de crimes imprescriptibles au regard de l’article 150 de la Constitution du Togo.


2-le caractère partisan et corrompu de la Cour constitutionnelle qui a béni le coup de force du 5 Février.


3-la partialité et le caractère antirépublicain de l’armée togolaise qui a pris fait et cause pour ceux qui ont choisi de monarchiser le Togo.

La décision appelant à la tenue d’élections dans cette atmosphère d’illégalité et de violence absolue témoigne à suffisance que les Togolais et particulièrement la Jeunesse ont le devoir citoyen de faire valoir avant tout leurs propres choix politiques et, in fine, espérer l’appoint de la communauté internationale.


Enfin, la J.U.D.A demande une fois encore au Gouvernement SAMA de prendre des mesures idoines pour que soit mis fin au climat de terreur qui règne au Togo et protéger particulièrement les populations du quartier de Bè et que les droits de tous les Togolais soient garantis selon les normes nationales et internationales reconnues.


Lomé le 3 Mars 2005


Pour le Bureau Exécutif
Le Secrétaire général


Rodrigue KPOGLI

mardi 15 février 2005

Dénonciation de la France et Appel à solidarité de la Jeunesse Africaine.


DECLARATION

La Jeunesse Unie pour la Démocratie en Afrique s’insurge contre la France et lance à un appel de solidarité à la Jeunesse d’Afrique.

Le Togo est actuellement en train de vivre une situation délicate. Après la mort du dictateur Eyadema, la France par le biais d’une poignée d’officiers supérieurs des Forces Armées Togolaises (FAT), intronise Faure Gnassingbe, fils du défunt dictateur qui a dirigé le Togo d’une main de fer durant 40 ans. Durant son long et catastrophique règne, Eyadema a écrasé le peuple togolais avec le soutien et l’appui indéfectibles des régimes successifs de la France.

L’intronisation illégale et totalement illégitime de Faure Gnassingbé, est non seulement une honte pour notre continent qui se bat avec ses dignes fils pour sortir des marécages de la médiocratie, mais aussi une manifestation évidente de la « Françafrique » dont l’existence est niée par son champion incontesté Jacques CHIRAC. Lors du sommet de la Francophonie à Ouagadougou en 2004 et plus récemment lors de sa visite le 2 février dernier au Sénégal, CHIRAC par cynisme, tartufferie et par sa capacité à jouer la belle-de-nuit, affirme que la Françafrique n’existe pas.

Aujourd’hui, le Togo est victime de cette politique françafricaine aux accointances nauséabondes. La J.U.D.A n’en veut pour preuve que :

-le stationnement stratégique des forces françaises à Lomé. Les FAT sont bâties par la France. Elles ont toujours bénéficié de l’appui technique et logistique de l’armée française pour piétiner les revendications démocratiques du peuple togolais. Aujourd’hui encore, elles ont eu l’aval de la France pour introniser Faure Gnassingbé. Celui qui a réalisé cette stratégie chiracquienne, c’est une femme, une mère de famille, Alliot-Marie, « ministre de la défense des intérêts français en Afrique ».

-la présence d’un fervent Françafricain, Charles DEBBASCH, aux côtés des putschistes. Ce constitutionnaliste français a pour mission de trouver des arguments juridiques tordus et inopérants pour donner un visage légal au coup d’Etat militaire.

-l’attitude ambiguë de la France. Dès l’annonce de la mort du vieux dictateur, Chirac a regretté « la mort d’un ami de la France qui est aussi un ami personnel ». Après avoir séché ses larmes, Chirac au lieu de condamner le coup d’Etat, appelle au retour à l’ordre constitutionnel puis à l’organisation d’élections sans aucune précision quant à leur nature et de qui les organise.
Sous la pression mondiale, la France finit par condamner amicalement le putsch. Après, elle déclare « suivre Faure Gnassingbé dans ses promesses » faites dans un discours qualifié de « discours à la Nation » dont Chirac a pris soin de veiller à son contenu. Alors même que Faure Gnassigbé était incompétent à faire un tel discours. La France veut légitimer ainsi cette autorité inexistante.

-le patrouille des troupes françaises aux côtés des FAT dans les quartiers de Lomé.

Ces faits indéniables font dire à la J.U.D.A que le peuple togolais est non pas en face des putschistes togolais mais plutôt en face d’une puissance, la France.

Donc la J.U.D.A lance un appel de solidarité à la Jeunesse Africaine dans toute sa globalité pour aider les Togolais à se libérer de ce système inhumain.

Jeunesse d’Afrique, un Togolais qui tombe aujourd’hui sous les balles meurtrières alors qu’il ne revendiquait que le respect de la légalité constitutionnelle, est avant tout un Africain de moins dans notre commun combat pour une nouvelle Afrique. C’est pourquoi, nous devons raffermir dans une solidarité forte notre engagement et resserrer nos rangs.

La J.U.D.A estime qu’il est encore temps de nous constituer en un Front Africain contre le Néocolonialisme (FAN) avec ses démembrements. Celui du Togo est né sous la houlette de la J.U.D.A. Le FAN-Togo invite donc la Jeunesse d’Afrique à se mobiliser pour :

-faire respecter l’ordre constitutionnel au Togo.

-faire savoir à la France et à Chirac que contrairement à ce qu’il disait à Thabo Mbeki il y a quelques semaines, qu’il doit « étudier la psychologie des Africains » avant d’orchestrer leurs pratiques abominables et malsaines. Les nouvelles générations d’Africains ne sont plus disposées à supporter la tutelle française.

-faire retirer par la France, ses troupes armées et avant leur départ de replacer le Togo dans la logique constitutionnelle.

-mettre la pression sur le peuple français qui doit manifester son désaccord avec la politique étrangère de la France et surtout sa politique africaine à travers des protestations populaires comme il l’a fait à l’égard de la politique étrangère de Bush.
La J.U.D.A estime que la charité bien ordonner commence par soi-même. Pour cette raison, les Français sont appelés à relever le défi et exiger par exemple que leur soit exactement expliqué ce qui a conduit les Ivoiriens à s’en prendre aux citoyens français alors que ces derniers avaient toujours vécu dans la quiétude totale. Le sentiment antifrançais ne nait ex-nihilo. Au lieu de parler de xénophobie, les Français doivent agir sur leurs dirigeants avant qu’il ne soit trop tard, sinon les Togolais épris de liberté seront un peuple xénophobe de plus.

-faire cesser le fait que nos Etats d’Afrique avec la complicité de certains de nos propres frères, servent de champs d’expérimentation des concepts malsains conçus dans les laboratoires élyséennes.

-éviter à l’Afrique une guerre inutile de plus.

Le temps de nous-mêmes à sonner. Jeunesse d’Afrique, levons-nous tous ensemble, dans un sursaut panafricain pour condamner à travers des manifestations populaires à l’échelle continentale, et éviter que ce dangereux précédent- une transmission héréditaire du pouvoir d’Etat dans une République-organisé de main de maître par CHIRAC, ne se reproduise plus jamais. Car pour réaliser l’Union Africaine, il nous faut baliser les écueils qui obstruent notre avancée commune.

Fait à Lomé le 15 février 2005
Pour la Coordination
Le Secrétaire Général,
Rodrigue KPOGLI

lundi 14 février 2005

REPRESSION: Silence, on intronise le prince du Togo.

Communiqué

Silence, on intronise le prince !

Le coup de force organisé par le quarteron d’officiers supérieurs des Forces Armées Togolaise(FAT) parmi lesquels des officiers retraités ont rapidement enfilé leur vieux treillis décrochés pour les besoins de la cause, constitue une forfaiture et un gangstérisme militaro-politique unanimement dénoncée par l’opinion mondiale.

En intronisant nuitamment Faure Gnassingbé le 5 février 2005, avec la complicité de la France, ces officiers confirment la suprématie de leur junte sur la Nation Togolaise depuis 1963.

La dénonciation à juste titre et de droit par les Togolais de cette illégalité absolue, n’est pas du goût de ceux qui ont planifié la monarchisation du Togo. Ainsi, ces « autorités »de fait ont déclenché une violente répression contre tous ceux et celles qui prônent le retour à l’ordre constitutionnel à l’intérieur du Togo. La Jeunesse Unie pour la Démocratie en Afrique- J.U.D.A –observe avec tristesse et désolation les violations fragrantes, systématiques et massives des droits humains qu’entraîne cette forfaiture.

1- intimidation et menaces conduisant à la fermeture illégale et irresponsable des médias privés notamment les radios Nostalgie, Kanal FM, Nana FM, Lumière et la Télévision 7 (TV7).

2- intimidations, menaces et arrestations des militants des droits de l’homme. En effet, messieurs TSEVI Kokou et AKPOSSOGNA Kodjovi ont été kidnappés autour de 19heures GMTsur le chemin de la maison après une réunion du Collectif de la Société civile tenue au siège de la LTDH le 11 février2005 ; 72 heures plus tard, ils ont été retrouvés dans les locaux de la Gendarmerie Nationale.

Aujourd’hui 14 février 2005, c’est avec stupéfaction que la J.U.D.A a été informée de l’arrestation de Senna NOMENYO et de Banfiti KOMBIAGOU respectivement Secrétaire Général et Président de l’ONUTA (Observatoire Nationale pour l’Unité Totale de l’Afrique).

3- violente et sanglante répression de la manifestation des forces démocratiques le samedi 12 février.

La J.U.D.A dénombre 5 morts et une vingtaine de blessés parmi lesquels 3 cas graves. En effet, il a été confirmé que les milices du RPT appuyées par des éléments des FAT ont procédé à l’arrestation des manifestants et même des personnes dans des quartiers, loin des lieux de la manifestation. Les personnes arrêtées ont été toutes convoyées comme du bétail au siège de RPT à TOKOIN Wuiti. Au siège du RPT, parti du président Eyadema, les « gorilles » comme ils s’appelaient eux-mêmes ont procédé à la répartition des personnes arbitrairement arrêtées qu’ils nommaient du « gibier » qu’ils ont embarqué « au boulevard de la mort » selon leur propres termes. « Ce boulevard de la mort » se révélait être une forêt située derrière l’Etat Major dans les environs de Kégué où les « gorilles » ont découpé les habits de leurs « gibiers » avec des couteaux puis les ont brûlés avec les pièces d’identité qu’ils contenaient. Enfin, suivront les tortures, les sévices et les bastonnades systématiques : les gifles, les coups de poing et de pieds à la tête, aux fesses, dans le ventre et aux organes génitaux ainsi que des bastonnades à coups de crosses, de matraques, de gourdins, de planches au bout de fer et de pointe rouillée occasionnant des blessures graves sur les personnes arrêtées.

La J.U.D.A constate avec amertume d’une part qu’un blessé avait perdu un œil et deux autres ont eu les bras, la tête et les pieds fracturés gravement et d’autre part que 2 téléphones portables, une voiture 4x4 vidée de ses occupants, convoyés au siège du RPT et une somme de 25 000fcfa ont été emportés par les miliciens.

C’est grâce aux populations riveraines « du boulevard de la mort »qui ont fourni des vêtements et de l’argent aux victimes ensanglantées qui ont pu rejoindre la ville et le siège de la LTDH.

La J.U.D.A condamne très vivement ces traitements cruels, inhumains et dégradants qui sont contraires à la Convention des Nations Unies dont le Togo est partie.

Elle rappelle aux auteurs de ces actes abominables que les fondements des actions de révolte des Togolais sont constitutionnels et en manifestant leur désobéissance le samedi dernier dans les rues de Lomé, les citoyens n’ont fait qu’exercer les droits à eux reconnus par les articles 45 et 150 alinéa 2 de la Constitution Togolaise. Ainsi, la J.U.D.A estime absurde et antirépublicaine, la sauvagerie des éléments armés qui ont consciemment exercé des violences à l’égard d’honnêtes citoyens. Ces éléments doivent savoir que ce qui leur est demandé dans les circonstances actuelles, ce n’est pas de tuer et de torturer mais plutôt comme tout autre citoyen togolais, de désobéir et de s’organiser en appui aux civils pour renverser l’autorité illégitime. Cela constitue pour eux, comme pour tout autre citoyen togolais, « le plus sacré des droits et le plus impératif des devoirs ».Malheureusement, ce 14 février « décrété » journée morte, a connu les mêmes actes de barbaries. Ainsi, des citoyens togolais ont été abattus froidement dans les rues de Lomé pour avoir tenté de faire respecter le mot d’ordre et même à domicile tout simplement parce qu’ils sont identifiés pour leur engagement au service des droits humains. On note des assassinats dans les quartiers de Wuiti, de Bè et d’Adakpamé. Pour le moment la J.U.D.A a dénombré une vingtaine de morts et une dizaine de blessés. Les assassinats de ce jour opérés par les milices armées à visage découvert, inquiètent car ils conduisent irrésistiblement le Togo vers le chaos total.

Face à cette situation de terreur, la J.U.D.A appelle le gouvernement SAMA à prendre ses responsabilités afin de :

-procéder à une enquête internationale et impartiale pour identifier et punir les commettants et les préposés des actes barbares du Samedi 12 février et des assassinats ciblés du 14février ainsi que ceux qui ont été commis dans les locaux de la prison civile de Lomé le 8 février.

-ordonner sans aucune forme de procédure, la réouverture des médias audiovisuels illégalement fermés. Les motifs fallacieux qui militent en faveur de cette fermeture, sont ridicules et inopérants en ce moment précis.

Pour la J.U.D.A, ce n’est pas en supprimant ou en faisant taire le porteur de la mauvaise nouvelle que celle-ci cesserait de l’être. Les seuls canaux qui font la fierté de ce pays en diffusant les vraies et justes informations, ne peuvent pas souffrir d’une telle décision qui n’est que dilatoire.

La J.U.D.A demande que les dispositions de l’article 26 de la Constitution qui garantit la liberté de presse, soient appliquées immédiatement.

-faire libérer sans aucune condition les deux défenseurs des droits de l’homme à savoir TSEVI Kokou et AKPOSSOGNA Kodjovi, Senna NOMENYO et de Banfiti KOMBIAGOU qui ont été victimes d’un kidnapping dont les auteurs doivent subir les lois pénales applicables en la matière et en même temps leur garantir une réparation adéquate.

- prendre toutes les mesures nécessaires afin de protéger l’intégrité physique et morale de tous les citoyens togolais en général et les défenseurs des droits de l’homme en particulier.

- garantir le respect des droits humains et des libertés fondamentales sur toute t’étendue du territoire national selon les lois nationales et les normes internationales.

Enfin , la J.U.D.A lance un appel républicain à la Jeunesse Togolaise de ne pas fléchir et aux défenseurs des droits de l’homme de rester constamment actifs dans une solidarité agissante pour dénoncer toutes les dérives jusqu’au retour à l’ordre constitutionnel.

Fait à Lomé, le 14 février 2005

Pour la Coordination
Le Secrétaire Général,

Rodrigue KPOGLI

mardi 8 février 2005

Coup d'état du 05 Février 2005 au Togo.


DECLARATION

Alors que le peuple togolais apprenait à peine la nouvelle du décès du Président Eyadema et que le corps encore haletant était à peine rangé, une gigantesque pantalonnade aux allures médiévales organisée par une poignée d’officiers supérieurs des FAT( Forces Armées Togolaises), ordonnait nuitamment l’intronisation de Faure GNASSINGBE, fils du défunt Eyadema.

Cette mise en scène unanimement rejetée par toute la communauté mondiale, viole gravement l’article 65 de la Constitution de la République Togolaise et consacre la suprématie absolue de l’armée sur la Nation toute entière, seule et unique détentrice de la souveraineté.

Malgré les réactions d’hostilité du peuple et du monde entier à l’égard de ce coup d’Etat militaire, Faure GNASSINGBE a prêté serment devant la Cour Constitutionnelle après une réécriture incongrue et intempestive de la Constitution.

Face à cette situation qui hisse le Togo au rang d’une monarchie ou d’une principauté, la J.U.D.A fait la mise au point suivante :
  • le couronnement anticonstitutionnel et de surcroît opéré nuitamment de Faure GNASSINGBE est une délinquance politique orchestrée par les Apparatchiks tant militaires que civils du RPT en vue de ne pas se départir des privilèges excessifs dont ils jouissent depuis bientôt 40 ans.
  • cette intronisation est la révélation au grand jour de la volonté du clan GNASSINGBE de s’approprier la Res-publica qui est un patrimoine commun sur lequel nul ne peut exercer un droit péremptoire.
  • la réécriture, de la Constitution par l’Assemblée Nationale qui en réalité n’est qu’une chambre d’opérette démontre à suffisance non seulement qu’elle n’est pas l’émanation du peuple togolais mais également, elle est une béquille, même bancale, au service de la pérennisation de la dictature implacable du défunt Eyadema.
  • toutes les manœuvres organisées pour donner un visage légal à cette transmission héréditaire du pouvoir d’Etat au Togo sont antirépublicaines, illégitimes grossières, méchantes et donc inacceptables à tout point de vue et procèdent de la desquamation du coup de force réalisé la nuit du 05 février 2005 par la caste militaire.

En conséquence, la J.U.D.A exprime ses plus vives préoccupations face à cette situation et quant à l’avenir du Togo. Elle condamne sans équivoque et vigoureusement la dangereuse comédie faite d’épisodes diaprés allant de l’intimidation et l’usage abusif de la force au piétinement des règles fondatrices de la balbutiante démocratie au Togo.

La J.U.D.A se réjouit de la réaction de l’ensemble de l’opinion mondiale vis-à-vis de cette voie de fait du siècle organisée par le prolongement du régime d’Eyadema qui s’est pendant longtemps illustré dans la mascarade et la magouille dans tous les domaines.

La J.U.D.A salue tout particulièrement la réaction prompte et énergique de l’Union Africaine par la voix du Président en exercice OBASANJO et du Président de la Commission Alpha Omar KONARE. L’Union Africaine prouve par là sa ferme volonté à enrayer définitivement à l’échelle continentale les actes inhibiteurs à la démocratie et au développement.

La J.U.D.A appelle le peuple togolais à tirer les conséquences de l’hostilité mondiale vis- à-vis des « autorités de fait » qui régentent actuellement le Togo. Elle interpelle en particulier les FAT à une prise de conscience et de ne plus constituer un obstacle à l’émergence d’un Etat de droit qui garantirait un avenir meilleur pour tous les citoyens et citoyennes de notre cher pays.

La J.U.D.A rappelle au peuple togolais dans toutes ses composantes que certaines habitudes cultivées à l’extrême finissent par être nuisibles et destructrices. Il y a deux ans la constitution a subi une importante modification. Aujourd’hui, elle est foulée au pied et réécrite pour des fins politiciennes voire partisanes. La J.U.D.A estime que la loi fondamentale d’un Etat ne saurait subir un tel sort dans le silence des citoyens. C’est pourquoi, elle invite la jeunesse à une union active pour dire NON à cette énième et injuste opposition par un clan à notre marche vers la liberté et sauver, puisqu’il s’agit bien d’un sauvetage, la Patrie.

Enfin, la J.U.D.A demande au Gouvernement de SAMA de garantir le respect des droits de l’homme notamment le droit à l’intégrité physique et morale ainsi que le droit à l’information de tous les Togolais en ce moment de confusion entretenue à dessein et de faire lever immédiatement la mesure interdisant toute manifestation au Togo, car elle est contraire à la liberté d’expression garantie par la constitution.

Fait à Lomé le 08 février 2005

Pour la Coordination
Le Secrétaire Général,
Rodrigue KPOGLI

mercredi 5 janvier 2005

REPUBLIQUE CENTRAFRICAINE: Atteintes à la démocratie

Atteintes à la démocratie : candidature du Général BOZIZE et rejet de 7 autres candidatures par la cour constitutionnelle.


La situation politique actuelle en République Centrafricaine appelle la Jeunesse Unie pour la Démocratie en Afrique (J.U.D.A) à faire la mise au point suivante à l’endroit de l’opinion internationale et africaine :

La candidature de l’ex-putschiste, le Général François BOZIZE aux élections présidentielles de février 2005, est un parjure de sa parole de militaire donnée à sa prise du pouvoir en Centrafrique. La J.U.D.A estime que cette candidature n’est que la traduction de la volonté du Général François BOZIZE de s’accrocher au pouvoir pour ne pas perdre les privilèges mirobolants liés à la fonction de chef d’Etat en Afrique.

La J.U.D.A attire l’attention de tous sur les conséquences imprévisibles du comportement indigne, irresponsable et dépourvu de toute sagesse politique du Général François BOZIZE.

La J.U.D.A demande expressément au Général BOZIZE de se retirer de la course à la magistrature suprême car la démocratie est incompatible avec l’uniforme kaki.

Elle condamne sans réserve, le rejet de la candidature des 7 autres leaders politiques engagés dans la course à la magistrature suprême en Centrafrique. Cette décision prise par la Cour Constitutionnelle Centrafricaine est inique, injuste et hautement politicienne car en réalité, elle exprime la volonté personnelle et égotiste du Général François BOZIZE.

Dans cette optique, la J.U.D.A exige la dissolution immédiate de cette cour constitutionnelle et la mise sur pied d’une nouvelle cour intègre et capable de proclamer les résultats reflétant la volonté générale du peuple centrafricain.

Il est aussi impérieux de réintégrer dans la compétition à la magistrature suprême en République Centrafricaine, toutes les victimes de la dangereuse délibération de la cour constitutionnelle actuellement en place. Ceci, dans le souci de permettre au peuple centrafricain de choisir librement son dirigeant et d’éviter un conflit inutile, gravement attentatoire aux droits humains et à la démocratie en RCA. Le continent africain n’a pas besoin d’une Côte d’Ivoire bis.

La J.U.D.A rappelle au Général François BOZIZE devant « la communauté internationale » et africaine qu’il sera tenu pour responsable par la jeunesse africaine de tout acte préjudiciable à l’esprit d’unité nationale et la paix auxquels la RCA aspire profondément après de crises successives inutiles.

Elle demande à toute « la communauté internationale » et particulièrement à l’Union Africaine de prendre ses responsabilités et d’apporter au peuple centrafricain son soutien indéfectible en vue de contraindre le Général BOZIZE à retirer sa candidature pour organiser des élections justes, transparentes et équitables au lieu de se borner à des déclarations et autres appels aux effets inexistants.

La Jeunesse Unie pour la Démocratie en Afrique appelle vivement le peuple centrafricain dans son ensemble et sa jeunesse en particulier à se mettre debout et unie pour défendre sans faille la République.

Par la même, elle exhorte les mouvements et associations de promotion de la démocratie et de défense des droits de l’Homme à ne pas se laisser intimider ni distraire par un homme qui cherche à se légitimer manifestement par un hold up électoral car ils ont le soutien de tous les Africains épris de liberté, de justice et de paix.

Fait à Lomé le 05 janvier 2005

Pour la J.U.D.A
Le Président,

Benjamin NALIALI