lundi 26 mars 2012

Sénégal: Macky SALL ou le changement dans la continuité coloniale.

Komla KPOGLI
26 mars 2012
Web. http://lajuda.blogspot.com

Dans une Afrique où il est de coutume pour les tyrans de s'accrocher à leur fameux fauteuil présidentiel, lorsque dans un territoire un satrape perd le pouvoir, c'est plutôt normal que les partisans du changement pour le changement soient aux anges. Des Africains du territoire du Sénégal et beaucoup d’autres sont à la fête après que Abdoulaye Wade ait été sorti et qu’on ait porté, par vote, à sa place son ancien premier ministre Macky Sall. Ce matin, on apprend par la presse qu'un peu partout dans ce territoire l'heure est à la fête et aux réjouissances populaires. Mais si on prend un peu de recul, il est à constater que ce changement n'annonce rien de nouveau et même, il faut oser le dire, rien de bon. Mieux, il ressemble fort malheureusement pour les fêtards et autres optimistes béats à une continuité. C'est juste un changement de personne pour mieux ancrer le système.
Macky Sall, le nouveau président du territoire du Sénégal.
Tout d'abord: le nouvel élu se définit lui-même comme un libéral. Wade est aussi un libéral et il l'a toujours revendiqué et assumé. Qu'est-ce dont qu'un libéral dans le champ politico-économique? Un libéral c'est un partisan sur le plan politique de la démocratie et des libertés individuelles; et sur le plan économique c'est un capitaliste. Dans le contexte africain où les Etats ne sont que le visage d'autrui, l'expérience a montré que le libéral est un fervent partisan de la suppression des barrières douanières, de la libéralisation du mouvement des capitaux, de la construction des infrastructures moins rentables pour le pays mais bénéfiques aux entreprises transnationales, de l’augmentation des taxes et impôts, de la privatisation des secteurs publics de l’eau, de l’électricité, de la réduction des dépenses de santé, de l’éducation, de la réduction des salaires, du blocage des avancements voire du dégraissage dans la fonction publique, de la suppression de tout soutien public aux agriculteurs et de tous les frais affectés au bien-être de notre peuple. Bref, le libéral est celui qui a pour mission de transposer mécaniquement le modèle libéral  en Afrique et détruire la vision africaine de la vie en communauté. Et toutes ces mesures ne visent rien sauf à faire des économies pour payer la « dette » et attirer les « bailleurs » et les « opérateurs économiques étrangers ». Un libéralisme de plus en plus rejeté violemment dans son berceau occidental où on lui cherche désespérément des alternatives mais revendiqué sous les cieux africains. Macky Sall est de ceux-là qui vantent la fameuse initiative PPTE qui énonce débilement que plus un pays alourdit sa pauvreté et sa dette, plus il va vers son développement.

Ensuite: Macky Sall est un homme du système. Il a été nourri à la mamelle de l'ex-président Wade auprès de qui il a fait ses premières armes depuis les années 1980 au sein du PDS (Parti Démocratique Sénégalais). Elu président de la cellule Initiatives et Stratégies et secrétaire général de la Convention régionale du Parti démocratique sénégalais (PDS) de Fatick en 1998, il fut l'un des artisans en 2000 de la victoire de Wade qui le récompense en le nommant Conseiller Spécial. Son ascension ne s'arrête pas là. En 2001, Sall devient ministre des Mines, de l’Énergie et de l’Hydraulique, puis ministre d'Etat en 2002 à différents postes. En avril 2004, il est nommé vice-président du comité directeur du Parti démocratique sénégalais (PDS) et le 21 avril 2004 Macky Sall est nommé Premier ministre par Abdoulaye Wade, poste qu'il occupe jusqu’à la réélection d’Abdoulaye Wade en 2007. 

Continuant sa carrière, Sall passe de la primature à la présidence de l’Assemblée nationale le 20 juin 2007. C'est à ce poste qu'il va rencontrer sa première pierre d'achoppement. Certain d'être par son parcours politique un fils du président Wade, il "ose" convoquer Karim Wade, fils du président Wade à l'Assemblée pour audition sur les travaux de l'Agence nationale de l'Organisation de la Conférence Islamique (ANOCI). Le courroux du vieux lion de la Teranga Wade est immédiat. Il opte pour les liens du sang en punissant le « fils politique » au bénéfice de Karim. Le poste de numéro 2 du PDS est supprimé par le comité directeur qui décide aussi de réduire le mandant du président de l'Assemblée de cinq à un an. L'infamie est insupportable pour Sall qui démissionne du PDS et crée son propre parti, l'Alliance pour la République. Comme on peut le voir, Macky Sall est un homme du système qui l'a fait du début jusqu'à son niveau actuel. Il ne l'a jamais remis en cause et ne le fera pas. Macky Sall se définissant comme un libéral n’a jamais posé que de question sur l’économie coloniale dans laquelle le territoire du Sénégal baigne en compagnie de tous les autres avec le Franc CFA à l’appui. Jamais de question non plus sur les cultures coloniales notamment l’arachide dans laquelle le territoire du Sénégal excelle. jamais, il n'a mentionné que le cadre africain est un cadre vicié et impropre au développement à cause de son extraversion absolue depuis des siècles à présent. Il n’a pas quitté le navire colonial (Etat colonial) parce que fondamentalement il est mauvais et que piloté avec la boussole étrangère, il ne peut donc que mener le peuple africain du Sénégal à l’accident final.

Enfin: Macky Sall est Grand Croix de l’Ordre national du Lion et Grand Officier de l’Ordre de la Pléiade de la Francophonie. Il a été surtout fait Grand Officier de la Légion d’Honneur française, le 25 mars 2008 en plein trouble avec son mentor Abdoulaye Wade par l’Ambassadeur français Jean-Christophe Ruffin. Les textes de la Légion sont clairs : « La Légion d'honneur est la plus haute décoration française. Elle récompense les mérites acquis par les citoyens, en dehors de toute considération sociale ou héréditaire et ce, dans tous les secteurs d'activité du pays. » La Légion d’Honneur n’est attribuée qu’aux français, comme le précise l’article R.16 du Code de la Légion d’Honneur. A titre exceptionnel toutefois les étrangers peuvent être décorés en fonction de leur personnalité et des services rendus à la France.  Macky Sall est-il français? Si, oui dans ce cas, les Africains du Sénégal auront élu un français qui ne peut que travailler pour son pays à la tête de ce territoire. Il y aurait alors erreur sur la personne. S'il ne l'est pas, quels sont donc ces services que Macky Sall a rendu, rend et rendra encore à la France pour qu’il ait cette récompense ? On peut aisément le deviner, mais bien malin est celui qui pourra montrer des preuves quand on sait que la caractéristique principale de la Françafrique est de procéder dans l’opacité. Mais étant à plusieurs reprises ministre des mines, de l’énergie et de l’hydraulique, on peut imaginer des contrats en faveur des multinationales françaises. Mais, pas seulement. Avec cette médaille, il n’est pas seulement question de récompenser les services rendus dans le passé. Il est probablement question aussi de préparer le terrain pour d’autres bonnes œuvres dans le futur en faveur de la Métropole. Car, la France a ceci de particulier qu’elle sait repérer très tôt les bons chevaux sur lesquels elle mise depuis leur plus jeune âge en leur offrant des gadgets les plus clinquants afin de les mettre sous son contrôle très tôt. C’est cette caste que les coloniaux appelaient « l’élite indigène » dont la mission est de lier solidement les territoires d’Afrique à la Métropole.

Dans un cadre colonial comme c’est le cas dans l’Afrique actuelle, le pouvoir d’Etat ne peut être remis en n’importe quelle main. Il ne peut que quitter une main soumise pour retomber dans une autre encore voire plus servile. Lorsque, par le hasard de l'histoire, ce pouvoir parvient à un homme qui n'est pas coopté par la Métropole, la vie de ce dirigeant devient un enfer. Tout est mis en oeuvre pour l'assassiner (Sankara et bien d'autres) ou pour le renverser (Laurent Gbagbo et bien d'autres). Ce système ne peut dès lors se sentir que renforcé si la transmission du pouvoir se fait avec la participation du peuple à travers la voie électorale comme c’est le cas au Sénégal. Le peuple africain de ce territoire vient de "choisir" le changement de personne dans la continuité d’un système.

Mais pour beaucoup d’Africains tout ceci n’est qu’accessoire, l’essentiel étant que Wade, le "vieux Wade" s’en aille. Ainsi donc, en poursuivant la curiosité de visiter ce qu’on appelle la toile et les réseaux sociaux, on s’aperçoit que ce qui préoccupe effectivement ce n’est ni de se demander de quoi cette fameuse alternance et cette « leçon de démocratie » a le nom, ni d’interroger la politique dont Macky Sall est porteur, ni d’étudier le cadre dans lequel le « nouvel élu » devra agir, ni de mesurer les résultats que cet homme a fait, puisqu’il a été au pouvoir depuis 10 ans et ceux qu’il pourra obtenir avec ses nouvelles responsabilités. Non, tout ceci n’est que questionnements académiques voire hors-sujet. Ce qui intéresse et qui est motif de joie c’est que non seulement Wade et Cie aient quitté le pouvoir, mais encore que la nouvelle première dame du territoire du Sénégal ne soit pas une « blanche », mais une noire, une Africaine.
Que les compatriotes du Sénégal aient mis en échec le projet Sarkowade qui visait à monarchiser ce territoire avec un plan qui devrait léguer le trône présidentiel à Karim Wade après le règne de son père, c'est un fait, mais si « le changement » doit uniquement signifier pour beaucoup le changement de personne à la tête de nos territoires et l'avènement d'une première dame noire au lieu d'une blanche alors là, on est plus que mal barrés. A ce coup, il n’est pas étonnant que l’Afrique soit toujours dans la colonisation sans que beaucoup s’en aperçoivent.

En conclusion, il faut redire que le cadre africain est un cadre colonial. Il fonctionne pour satisfaire les besoins de l’extérieur au mépris des préoccupations endogènes. Tant que ce cadre ne sera pas remis en cause, détruit et reconstruit à l’aune des valeurs et des besoins intérieurs, c’est peine perdue qu’on se tue à doter les proto-Etats africains de présidents et des gouvernements. Espérer que l'Afrique sortira des rapports d'exploitation et de soumission qu'elle entretient avec l'extérieur (notamment avec l'Occident) avec des élections à l'issue desquelles on attend des élus des réformes revient à jouer à une poule qui couve des œufs pourris avec l’espérance que les 21 jours de couvaison déboucheront sur l’éclosion de poussins. On ne réforme pas la colonisation, on la détruit. Si tel n'est pas le cas, alors les rapports coloniaux deviennent selon les mots prononcés dans son allocution radiotélévisée du 6 avril 1962 par De Gaulle, des "rapports de coopération" qui en réalité continuent par servir la Métropole. 

Les Africains doivent se rendre à l’évidence que lorsqu’on ne maîtrise pas son espace, on ne peut le transformer. Les africains du Sénégal peuvent avoir le sentiment de choisir « leur président », mais ils ne décident de rien du tout. Ils vivent sur un territoire qu’ils ne maîtrisent pas. D’où l’urgence de ne pas se satisfaire d’un changement qui n’en est pas un. D’où l’urgence de refuser de célébrer le faux et le mirage.

Le travail revient donc une fois encore aux filles et fils du peuple noir. Lorsque chacun assumera sa part de responsabilité avec gravité en pensant à l’avenir et au devenir de nos enfants, nous pourrons nous lever pour dire non à un système qui présente nos illusions comme nos plus brillantes réussites. Et ceci nécessite de la formation, des stratégies les plus redoutables et des hommes cohérents, aguerris et capables d'organiser la masse au mieux désordonnée, au pire, orientée quasi-totalement vers un paradis dont l'accès est conditionné par la pauvreté sur terre, la soumission à toute autorité y compris la plus crasse sous le fallacieux prétexte qu'elle vient de "Dieu". Seul un Etat véritable, une construction maîtrisée de l’intérieur peut conduire les populations d’Afrique à la satisfaction de leurs besoins. Mais pour arriver à cet Etat en Afrique, il faudra nécessairement et préalablement mettre à sac les proto-Etats érigés en Afrique par le colonialisme uniquement pour ses propres besoins. 

vendredi 17 février 2012

La Libye, l'an 1 du chaos et du pillage.

Ecoutons bien ces trucs tirés de la Radio Suisse Romande: "Ils ont le droit de garder les armes car ce sont eux qui ont libéré le pays", pays libéré, alors comme se fait-il que "les anciens sont toujours là?". Le journaliste dit Guerre Civile: plutôt Guerre d'agression de l'OTAN. "Pays qui apprend la Liberté": oui, la liberté de la désillusion, de règlements de compte, de l'instabilité, de torturer, de tuer, de piller, de laisser les richesses entre les mains étrangères...aaah la Liberté. "25.000 morts", pourquoi 25.000 'seulement'? 50 à 100.000 plutôt, non? Est-ce la guerre civile qui a causé ces 25.000 morts?

mardi 7 février 2012

Le MOLTRA salue le bon sens du député Serge Letchimy.


Le MOLTRA (Mouvement pour la Libération Totale et la Reconstruction de l'Afrique) soutient totalement les propos du député apparenté PS de Martinique Serge Letchimy qui a interpellé aujourd'hui Claude Guéant sur "sa" hiérarchie des civilisations. En effet, il y a 48 heures, Claude Guéant, ministre français de l'intérieur et de la sécurité disait que «contrairement à ce que dit l’idéologie relativiste de gauche, pour nous, toutes les civilisations ne se valent pas».  

Le député Letchimy rétorque à l'Assemblée nationale française, ce mardi, 7 février 2012 en ces termes: "Vous nous ramenez, jour après jour, à des idéologies européennes qui ont donné naissance aux camps de concentration au bout du long chapelet esclavagiste et colonial. Le régime nazi, si soucieux de purification, était-ce une civilisation ? La barbarie de l'esclavage et de la colonisation, était-ce une mission civilisatrice ?" Cette déclaration a suscité une vague d'indignation dans l'hémicycle. Les ministres et les députés du parti au pouvoir ont quitté la salle et il est demandé au député de présenter ses excuses. Pourtant ces mots relèvent de la VERITE. La pure VERITE! Mais ça leur crève le tympan et ça leur rougit les yeux. N'est-ce pas au nom d'une prétendue supériorité que le nazisme est né? N'est-ce pas cette même supériorité qui fonde les projets colonial et esclavagiste? Où sont les guerres intra-européennes? Où sont les massacres entre Allemands et Français? Où met-on le génocide contre les Indiens d'Amérique? Où est l'esclavage contre les noirs? Les crimes coloniaux dans toute l'Afrique et en Asie? Où laisse t-on génocide contre les Juifs au coeur de l'Europe, la Shoah? Et l'inquisition, des tontes publiques faites aux femmes? Les femmes en Occident n'ont eu droit de participer à la vie publique qu'après 1945 et voyons leur place concrètement aujourd'hui. Ou bien ces faits là ne relèvent pas d'une civilisation qu'on tente de présenter comme la meilleure? Où sont les crimes commis récemment en Irak, en Afghanistan, en Libye, en Côte d'Ivoire? Et les assassinats des scientifiques iraniens en cours? Et les aborigènes? Les mensonges en cours sur la Syrie? Alors oui, les civilisations ne se valent pas: il y a en qui exportent la mort chez les autres et qui volent les autres pour s'affirmer et d'autres qui sont chez eux avec leurs contradictions internes suscitées ou aggravées par cette civilisation dite supérieure.
Alors, oui, Monsieur GUEANT, la civilisation barbare occidentale est la meilleure. Plus que toute autre civilisation elle est mortifère.
Mais ça, ces vierges effarouchés provocateurs  souhait ne veulent pas l'entendre et ils fuient l'hémicycle tels des vampires sur qui on tente de braquer la lumière. Ils adorent oeuvrer dans l'obscurité, la nuit.

Pour le MOLTRA, le député Serge Letchimy a tenu des propos de bon sens. Par les temps qui courent, il est nécessaire et salutaire que quelqu'un rappelle au sein même de ses salons feutrés à cet Occident, qui comptant sur ses armements et ses outils de propagande mensongère, déploie son arrogance et son mépris à l'égard de tous les peuples qu'il a dû écraser pour se hisser actuellement sur le toit du monde.
Le député n'a pas à présenter des excuses à qui que ce soit. C'est une polémique inutile et un mauvais procès que de vouloir faire passer le député Letchimy pour ce qu'il n'est pas.

Pour le MOLTRA, l'UMP, Sarkozy et toutes les personnes qui soutiennent les propos de Claude Guéant salissent la mémoire des centaines de millions de victimes de la civilisation occidentale à travers le monde.

7 février 2012
Komla KPOGLI
SG du MOLTRA
Web. http://lajuda.blogspot.com


Voici son intervention dans son intégralité :
Segre Letchimy
"Nous savions que pour M. Guéant la distance entre immigration et invasion est totalement inexistante et qu'il peut savamment entretenir la confusion entre civilisation et régime politique. Ca n'est pas un dérapage, c'est une constante parfaitement volontaire. En clair, c'est un état d'esprit et c'est presque une croisade. M. Guéant vous déclarez du fond de votre abîme, sans remord ni regret, que toutes les civilisations ne se valent pas. Que certaines seraient plus avancées voire supérieures."
"Non M. Guéant, ce n'est pas "du bon sens", c'est simplement une injure qui est faite à l'Homme. C'est une négation de la richesse des aventures humaines. C'est un attentat contre le concert des peuples, des cultures et des civilisations. Aucune civilisation ne détient l'apanage des ténèbres ou de l'auguste éclat. Aucun peuple n'a le monopole de la beauté, de la science du progrès ou de l'intelligence. Montaigne disait "chaque homme porte la forme entière d'une humaine condition". J'y souscris. Mais vous, monsieur Guéant, vous privilégiez l'ombre."
"Vous nous ramenez, jour après jour, à des idéologies européennes qui ont donné naissance aux camps de concentration au bout du long chapelet esclavagiste et colonial. Le régime nazi, si soucieux de purification, était-ce une civilisation ? La barbarie de l'esclavage et de la colonisation, était-ce une mission civilisatrice ?"
"Il existe, M. le premier ministre, une France obscure qui cultive la nostalgie de cette époque, que vous tentez de récupérer sur les terres du FN [À ce moment-là,François Fillon se lève et part, suivi du gouvernement]. C'est un jeu dangereux et démagogique qui est inacceptable. Il existe une autre [France], celle de Montaigne, de Condorcet, de Voltaire, de Césaire ou d'autres encore. Une France qui nous invite à la reconnaissance, que chaque homme..." [M. Letchimy est alors coupé par le président de l'Assemblée, Bernard Accoyer].

samedi 4 février 2012

La Chine construit le siège de l'Union Africaine: applaudir?

Le siège de l'Union Africaine construit par la Chine
Lorsqu'un peuple perd confiance en lui-même, c'est la porte ouverte à toutes les drôleries. Il gobe avec un appétit vorace tous les prix de consolation. Il perçoit même dans les humiliations les plus basses, dans les escroqueries les plus choquantes, la réalisation de ses ardents désirs et la matérialisation de la justice. Dans ce registre, difficile de faire mieux que les africains actuellement. 2011 avait renvoyé aux africains, à travers la double agression occidentale contre les territoires de la côte d'Ivoire et de la Libye, une photographie des faiblesses qu'ils alignent depuis qu'ils avaient fuit l'Egypte pharaonique. Ces faiblesses font de l'Afrique, le berceau de l'histoire, une des terres les plus faciles à conquérir au monde. Et cette conquête se fait d'ailleurs avec la complicité de quelques africains qui trouvent là soit des miettes du pouvoir colonial, soit naïvement l'illusion d'une libération des griffes de "dictateurs" dont le seul tort est de s'opposer à l'exploitation outrancière du continent. 


Lorsqu'un peuple perd confiance en lui-même, c'est la porte ouverte à toutes les drôleries. Il gobe avec un appétit vorace tous les prix de consolation. Il perçoit même dans les humiliations les plus basses, dans les escroqueries les plus choquantes, la réalisation de ses ardents désirs et la matérialisation de la justice. Dans ce registre, difficile de faire mieux que les africains actuellement. 2011 avait renvoyé aux africains, à travers la double agression occidentale contre les territoires de la côte d'Ivoire et de la Libye, une photographie des faiblesses qu'ils alignent depuis qu'ils avaient fuit l'Egypte pharaonique. Ces faiblesses font de l'Afrique, le berceau de l'histoire, une des terres les plus faciles à conquérir au monde. Et cette conquête se fait d'ailleurs avec la complicité de quelques africains qui trouvent là soit des miettes du pouvoir colonial, soit naïvement l'illusion d'une libération des griffes de "dictateurs" dont le seul tort est de s'opposer à l'exploitation outrancière du continent. 


Après qu'on ait vu des africains danser, se rouler par terre de voir le président Laurent Gbagbo capturé et le Guide de la révolution libyenne, Muammar Kadhafi assassiné, voici que des noirs sautent et dansent parce que la Chine vient d'ériger en béton et en verre le siège de l'Union Africaine à Addis Ababa. Voici qu'on nous annonce l'avènement d'une bonne colonisation car douce et bâtisseuse. Il ne manquait plus que ça: ériger, à la satisfaction des "panafricanistes", en béton armé la médiocrité et le sabotage de panafricanisme. Nkrumah voulait-il de cette Union africaine là? Marcus Garvey, Padmore, Touré, Lumumba, Olympio, Sankara...avaient-ils voulu que l'Union Africaine soit peuplée des Faure Gnassingbé, des Bongo, des Déby, des Sassou, des Ouattara, des Compoaré, des Biya, des Kabila, des Zuma...? Les pères fondateurs avaient-ils rêvé que ce soit la Chine qui vienne construire ce qui devrait symboliser l'émancipation du continent? Quand ils disaient que l'heure de nous-mêmes devrait sonner, disaient-ils par là que nous soyons incapables de construire l'Afrique? Kwame Nkrumah, revient voir l'état dans lequel nous sommes!!! Peut-être Kwame Nkrumah, tu nous demanderas si nous sommes dignes de ton héritage.


Quelle est la fierté qu'on puisse tirer de ce que la Chine vienne élever l'extraversion et la domination africaine en palais en verre? Quelle est cette grandeur vantée qu'on n'a pas construit soi-même? L'affirmation de soi est-elle une oeuvre réalisée par l'extérieur sur son sol ou la maîtrise pleine et entière de son propre espace? L'idée qu'il faille, entre deux colonisations, entre deux maux, préférer le moindre est généreuse, mais cette idée poussée à l'extrême frise l'inconscience, l'immaturité et débouche sur le ridicule sans commune mesure. Elle est la preuve manifeste que nous n'avons pas d'ambitions et que nous ne sommes animés que par de courtes vues. Elle devient même suicidaire lorsqu'elle revient à préférer un poison lent sous le prétexte tranquillisant que la victime aura encore quelques heures à respirer avant de trépasser. Oui, nous travaillerons avec la Chine! Oui, nous discuterons avec l'Occident! Mais pas avant de nous relever et redresser l'Afrique. Une Afrique à genou ne peut rien gagner du fameux GAGNANT-GAGNANT qui est la nouvelle hymne dont un des couplets les plus chantés est la mondialisation que des africains aiment bien entonner dès qu'on leur dit de travailler pour eux-mêmes et de lutter pour reconquérir leur espace. 


C'est la loi du plus fort qui gouverne les relations internationales. Le dominé ne gagne que des miettes, fussent-elles des palais en verre. Redressons-nous et nous verrons que nous défendrons mieux nos intérêts et nous aurons une Afrique plus bâtie que celle que l'illusion nous miroite au travers du fameux partenariat WIN-WIN vanté par des satrapes et qui ravi tant ces africains incapables de voir le monde dans sa réalité. Les africains n'ont donc rien retenu de l'histoire de la colonisation occidentale dont les éléments précurseurs avaient été emballés dans les fameuses oeuvres sociales que l'Europe réalisait en Afrique. La Chine, depuis quelques années vient faire la même chose en Afrique, mais la désespérance et la perte de confiance en soi résultant des siècles de destruction notamment par l'esclavage et le colonialisme euramércains poussent les africains à admirer cette autre colonisation. La Chine n'est pas plus morale que les autres pays. Elle n'a pas à l'être. Elle joue ses intérêts.


Nous sommes une fois encore à côté de la plaque. Nous sommes fatigants. 


Komla KPOGLI
Web. http://lajuda.blogspot.com 

jeudi 2 février 2012

Qui veut "sauver" les africains du Sénégal? Les USA et la France postulent.

Les Etats Unis d'Amérique demande à Abdoulaye Wade de quitter le pouvoir. Cette demande contente pas mal d'africains qui n'hésitent pas à voir là une main tendue au peuple africain du Sénégal qui bute sur l'entêtement de Wade. En effet, Abdoulaye Wade force le passage en violant la constitution du territoire du Sénégal qui limitait le mandat présidentiel à deux quinquennats. 

Pendant que ces africains n'ont pas fini de savourer le geste des Etats Unis d'Amérique considéré comme un soutien au peuple africain du Sénégal, voici que la France, oui vous avez bien  lu, la France se jette à l'eau et appelle à son tour, par la voix d'Alain Juppé, ministre des affaires étrangères, à un "passage de générations à Dakar". Et de préciser, à propos de la présidentielle du 26 février prochain dans ce territoire, "nous avons regretté que certaines sensibilités ne soient pas représentées. Nous avons même souhaité que le passage de générations soit organisé. Je préfère vous dire que le message a été entendu à Dakar (...) et enfin nous avons, bien sûr, appelé à la retenue et à l'absence de toute violence". Avec ces propos venant de l'Occident, voici que des africains sautent les bras en l'air et crient à tue-tête que la France et les USA soutiennent le peuple. Ces esprits visiblement naïfs, n'ont visiblement pas assez lu l'histoire. Ils ne savent pas de quoi est faite la puissance des pays occidentaux notamment de ces deux loups qui semblent rôder autour du poulailler sénégalais sous l'acclamation populaire. 

Ce qui est encore plus parlant dans ce positionnement purement tactique, c'est de voir que certains "dirigeants politiques" du territoire du Sénégal appellent ouvertement les occidentaux à demander à Wade d'arrêter. Ces gens demandent à l'Occident, alias la Communauté internationale, de s'occuper de Wade pendant qu'il est encore temps, comme elle l'aurait fait avec Kadhafi en Libye. Quelle crasse lecture des réalités des relations internationales? Car, ce qui s'est passé en Libye, loin d'être un soutien au peuple, est plutôt une conquête d'un pays qui a été ciblé depuis le crime commis par la révolution de 1969 en mettant les occidentaux et notamment les britanniques ainsi que leurs suppôts rassemblés autour du Roi Idriss. L'Occident n'a jamais été aux côtés des peuples en lutte pour leur émancipation. Si un "leader d'opposition" dans un territoire africain ne l'a pas encore compris, c'est que la sortie n'est pas pour demain pour ces enclos coloniaux appelés Etats africains où sont enfermés des populations qui n'ont aucune maîtrise sur leurs espaces. Que dire de ce que la France a fait dans le territoire de Côte d'Ivoire? Du Gabon au Togo en passant par le Centrafrique, le Tchad, les deux Congo, les occidentaux sont-ils aux côtés des peuples ou des satrapes qu'ils ont mis en place? Pourquoi soutiendraient-ils soudainement les africains du territoire du Sénégal?

Faut-il simplement rappeler à ces esprits que lorsqu'on se fait "aider" par des génocidaires, par des plus grands criminels au monde, par des pays colonialistes, par des gens qui, sous le manteau de la démocratie et des libertés, détruisent des sociétés entières pour alimenter leur propre économie, il faut s'attendre au retour du bâton. Il faut s'attendre à payer la rançon. C'est pourquoi celles et ceux qui se réjouissent de voir les fameux Etats Unis d'Amérique demander à Wade de quitter le pouvoir, doivent bien mesurer cette réjouissance à l'aune de la contrepartie à payer une fois Wade parti. 

Les USA ne soutiennent pas les peuples dans leur combat pour le progrès. Jamais! Il n'est pas de leurs intérêts. Partout, ils ont plutôt sabordé la volonté des peuples de s'affranchir. Il n'y a qu'à voir au plus près de nous dans des territoires africains du Togo, de Côte d'Ivoire, du Gabon, du Kongo avec cette fameuse élection de Joseph Kabila... Il faut aussi regarder l'Egypte où les USA et en finesse Isräel font tout afin de briser l'élan révolutionnaire du peuple avec des contorsions militaro-politiques. Plus loin, regardons la Palestine, dès que le peuple a voté pour le Hamas, les USA ont dit que ça ne compte pas. Pire, les palestiniens ont été punis, privés de nourritures et de tout. Donc, les faits historiques contredisent ces réjouissances et commandent que notre peuple au Sénégal ou ceux qui pilotent la contestation contre Wade écrivent des communiqués ou prennent la parole pour demander clairement qu'ils ne veulent pas "l'aide" des USA, ni celle de quelque Etat occidental que ce soit. 


Aucun peuple ne libère un autre. Aucun peuple ne travaille pour un autre sauf les noirs qui, dans les cadres esclavagiste puis colonial, ont été conduits à se mettre au service exclusif de l'Occident et des autres. Et si nous remontons un peu plus dans l'histoire, les peuples soumis, par exemple, par l'Empire romain avaient eux-aussi oeuvré pour le bonheur des tiers victorieux que furent ces Romains. Jusqu'à la preuve contraire, les noirs n'ont pas mis sous leur domination ou sous leur tutelle ni les Occidentaux ni les Chinois pour que ceux-ci travaillent pour leur bonheur. C'est donc une belle illusion que de vouloir attendre de ces autres notre salut. Si nous voulons vraiment être libres, libérons-nous nous-mêmes avec des armes qui sont les nôtres utilisées avec intelligence et tact. Payons le prix de notre liberté nous-mêmes. C'est comme cela qu'un peuple s'affirme.



02 février 2012
Komla KPOGLI.

samedi 28 janvier 2012

Sénégal: Abdoulaye WADE met le feu au village.

Abdoulaye Wade et son fils Karim
Abdoulaye Wade vient de faire valider sa candidature par la "Cour constitutionnelle" qui, du coup, a écarté celle du chanteur Youssou N'dour. Aussitôt après cette décision de la cour, et c'est prévisible car Wade a décidé de violer la Loi fondamentale, le pays s'est enflammé. Des villes et des quartiers de la capitale, Dakar s'insurgent contre cette double parodie de justice qui valide d'un côté une candidature qui ne devrait pas l'être et invalide celle qui devrait être validée. Ces manifestations ont déjà enregistré au moins un mort et de lourds dégâts matériels. 

Dans la culture africaine, une personne âgée ne met pas le feu à la case. Elle ne divise pas la maison. Elle ne monte pas les membres de la famille les uns contre les autres. Elle ne détruit pas le village avant de rejoindre les ancêtres. A fortiori le pays. A 86 ans, Abdoulaye Wade fait exactement le contraire et montre combien ces laquais à qui on a confié la direction des territoires africains ont rompu avec notre peuple. Bien sûr que c'est une gageure que de croire que son départ à la tête du Sénégal ferait de ce territoire, un pays libre où le peuple jouera un rôle dans les décisions. Bien sûr que le départ de Wade à la tête territoire du Sénégal ne signera pas la fin de son rôle de point focal de la françafrique d'où part très souvent des mauvais coups que la France assène à l'Afrique. Mais en forçant le passage, Wade renforce le système et fragilise davantage la renaissance africaine qu'il aime tant vanter. 

Cette attitude butée de Wade confirme la nécéssité pour nous de globaliser le combat, de renforcer les instruments de lutte dans une solidarité agissante car aucun peuple ne peut sortir seul face au système colonial. Le cas du territoire de Côte d'Ivoire est là pour nous le rappeler.

Komla KPOGLI

mercredi 25 janvier 2012

RPT-TOGO: une dissolution qui renforce le système.

Faure GNASSINGBE, l'héritier du trône du territoire africain du Togo se croit suffisamment malin. Sur conseils et autres recommandations de ses amis et mentors françafricains, le criminel et l'autoproclamé président Faure Gnassingbé veut dissoudre le RPT (Rassemblement du Peuple Togolais, parti que les français ont créé en 1969 pour masquer le kaki de son feu père, Gnassingbé 1er). 



En procédant à cette dissolution du RPT et à la création d'un nouveau parti, Gnassingbé  II croit pouvoir effacer les crimes aussi bien politiques qu'économiques que le RPT a commis depuis 45 ans bientôt. Aussi, espère-t-il enfouir les massacres répétés de son feu père et ceux commis par lui-même sous un nouveau manteau. 


En fondant son fameux nouveau parti, Faure Gnassingbé vise à s'offrir, du moins symboliquement (et en politique, les symboles comptent) et en prévision des prochains vols du suffrage populaire, l'image d'un homme nouveau en rupture avec un passé où le RPT a, par violence et ruse cycliques, volé sans discontinuité les choix du peuple africain du Togo. Il espère montrer qu'il est un homme courageux qui est disposé à mettre fin au règne de la terreur dans le territoire Togo. Il n'y a rien, en réalité, de plus faux que ceci, puisque Faure Gnassingbé est bel et bien le prolongement du régime colonial dans lequel le territoire africain du Togo a été replongé le 13 janvier 1963 suite à l'assassinat de Sylvanus Olympio. Il faut dire donc, avec force, que Faure Gnassingbé et ses spadassins n'auront jamais le peuple africain du Togo avec ces subterfuges et ces changements cosmétiques confinant à l’injure à son intelligence. Tout simplement parce qu'aussi bien Gnassingbé 1er que son successeur, Gnassingbé 2 qui espère aujourd'hui se tailler le costume du réformateur, n'ont jamais été élus et ne le seront jamais. Le viol permanent est ce qui caractérise leur règne. Leur pouvoir est marqué par du sang et par le retour du territoire africain du Togo dans les jurons du colonialisme après l'assassinat de Sylvanus Olympio par le duo France-USA par le truchement des seconds couteaux démobilisés d'Algérie.  

Ce qui aurait été courageux de la part de Gnassingbé II, c'est moins la dissolution du RPT que son départ du pouvoir après avoir reconnu qu'il occupe une place qu'il a usurpée. Avec sa démission, il aurait montré qu'il est capable de prendre conscience et apte à mettre fin à un système qui a tout volé au peuple africain du Togo depuis maintenant des siècles. Et cet acte aurait eu le mérite de le grandir et de permettre aux africains du Togo d'entamer la réflexion sur la reconstruction de ce territoire si riche mais appauvri et saccagé avec une violence inouïe par une mafia locale dont les parrains agissent à visage découvert. En n'accomplissant pas cette renonciation – combien de togolais ne rêvent-ils pas de cela - qui aurait montré que le voleur a rendu l'objet volé et fait acte de contrition, Gnassingbé II lance un défi à tous, femmes et hommes, vieux et jeunes. Ce défi doit être relevé avec une organisation plus solide doublée d'une intelligence plus affirmée. 

Que le RPT soit dissout ou pas, cela ne change rien. La bande des Dalton se maintient et l'oeuvre de démolition coloniale de ce territoire continue avec une meute de jeunes loups dont la voracité n'a d'égal que son aliénation et son désir de se réaliser au détriment de l'intérêt national. C'est pour cette raison que la marche du peuple africain du Togo vers sa libération doit continuer. Cette marche doit continuer en s'appuyant sur des stratégies les plus élaborées. Car, il ne s'agit pas d'un combat politique classique où l'alternance politique finit par se réaliser au bout d'un certain temps. Il ne s'agit pas non plus d'espérer que cette tyrannie quinquagénaire dont la survie est fondée sur la négation de l'opinion populaire régulièrement exprimée, cède enfin sous le coup des manifestations populaires qui n'ébranlent guère ses fondations. On est en face d'un système colonial dans lequel le RPT et ses animateurs civilo-militaires ne constituent que des ramifications locales et c'est en tant que tel qu'il faut combattre.  

Mais au Togo de Gnassingbé II, il ne s'agit pas uniquement de "dissoudre" le RPT et de le re-créer. Car au fond, il n'y a rien de nouveau sous ces cieux: la fameuse présidence reste et restera un annexe du ministère de la défense où la seule loi qui fait foi est l'accord de coopération militaire élaboré par et pour la France. Il s'agit aussi de liquider les banques du territoire. Ainsi, l'UTB (Union Togolaise de Banque) et la BTD (Banque togolaise de développement (!)). Ces deux banques seront bradées d'ici fin mars 2012 à 45 milliards de franc CFA qui sont déjà comptés dans le « budget national » suivant la loi des finances 2012. Un peu plus tard, la BIA et la BTCI devront passer aussi à la trappe. Comme quoi la dissolution n’atteint pas le RPT seulement. Tout coule. Il serait grand temps de mettre fin à cette  décomposition  globale. 

Aux dernières nouvelles, le congrès de dissolution du RPT est reporté à une date non-indiquée. Mais cela ne change rien à l'affaire.

Komla KPOGLI
25 janvier 2012

samedi 21 janvier 2012

Les leçons d'Afghanistan aux "combattants" africains..

Ne jamais se réjouir de la mort de quiconque. Même celle de son pire ennemi. Prenons acte de ces mots.

Toutefois, nous, africains qui combattons le colonialisme, devons savoir observer les faits, les actes et les méthodes aussi bien de nos adversaires que ceux d'autres peuples qui ont affaire à eux. Ceci doit être le cas avec la mort de 4 soldats français en Afghanistan. Ces soldats français sont abattus par un soldat de l'armée afghane qui, selon les talibans, serait leur homme infiltré. Quelles leçons tirer de ceci?

1) que la connaissance et la maîtrise de son environnement reste la première arme à utiliser contre les envahisseurs.

2) que lorsqu'on n'a pas les moyens lourds pour équilibrer frontalement les rapports de force avec son adversaire, on utilise au mieux ceux qu'on a à sa disposition.

3) qu'on peut/doit se rapprocher de sa cible en rusant sans toutefois trahir le but qu'on s'est fixé.

4) qu'on peut prendre les moyens de l'adversaire et chez lui pour réaliser ses propres objectifs.

La ruse et la violence étant les outils que le système utilise alternativement contre nous, il serait suicidaire de ne pas tirer les enseignements de ces pratiques. Et les Taliban, en jouant alternativement sur les deux tableaux, montrent qu'ils sont tout aussi intelligents que leurs adversaires qui, dans un premier temps, avaient déversé leur violence en les combattants à l'arme lourde avant de proclamer, et c'est là qu'intervient la ruse, qu'il y aurait de "bons taliban" avec qui négocier. On voit bien là que les objectifs sont les mêmes, mais que les moyens pour les réaliser, fondamentalement souples ou assouplis, varient (en fonction des circonstances). 

Les stratèges les plus avertis savent qu'un système quel qu'il soit, aussi total et apparemment verrouillé soit-il, a toujours des failles. Et ce sont donc ces failles qu'il faut exploiter au mieux. Mais pour y arriver, il faut des ressources humaines bien formées et bien organisées qui, à pas feutrés et en toute froideur, savent calculer et sont aptes à faire le mort quand il le faut et à agir au moment opportun. Malheureusement, beaucoup parmi les africains continuent de présenter le système qu'ils sont appelés à combattre comme un système sans faille contre lequel il n'y a pas d'autre solution en dehors de la confrontation frontale suicidaire dont ils n'ont visiblement pas les moyens ici et maintenant. Sous nos cieux, on veut mener la "lutte jusqu'à la victoire finale" avec des moyens qu'on n'a pas. C'est ainsi que nous nous sommes spécialisés dans l'élaboration des « stratégies » des armes que nous n'avons pas et que nous faisons l'éloge de l'immobilisme le plus plat. Nous installons le doute de nous-mêmes, le doute de notre capacité à utiliser "nos armes" dont l'existence est même niée par certains, et nous surestimons l'adversaire. Nous lui attribuons la couronne de l'invincibilité. Nous imaginons sa demeure, une forteresse impénétrable et nous affirmons que quiconque appelle à s’y rapprocher ne le fait que pour offrir au maître des lieux, de nouveaux alliés préalablement attirés par l’odeur du repas qui s’échappe de sa cuisine. Or, justement, il s'agit ni de le sous-estimer ni de le surestimer, mais le prendre tel qu'il est avec lucidité et froideur, puis combiner les moyens disponibles, leur donner une cohérence absolue en conformité avec notre but. En ne procédant pas ainsi, nous retardons aussi bien la prise de conscience populaire que l'action libératrice qui la suit. 

C’est un truisme que de répéter que nous sommes en guerre. L’enjeu c’est la réappropriation de notre espace, notre terre et la survie de notre peuple qui est en danger de mort. L’instinct de survie commande donc d’identifier et d’utiliser les armes dont dame nature a doté notre peuple. Sans exclure ni négliger le travail qui, à terme, doit réaliser une insurrection générale, les outils les plus anodins et les plus inoffensifs en apparence doivent être reconvertis en armes les plus puissantes. L’eau doit être reconvertie en feu…C’est ainsi que la quiétude qui permet à l’ordre cannibale de tenir à notre grand effarement, trouvera ses bases déstabilisées et son sommeil reposant perturbé.

Bref, il faut répéter ce que nous disons depuis un moment et que certains persistent à voir comme une traitrise ou un appel à rejoindre les dictatures africaines: "lorsqu'un peuple en lutte commence par se servir intelligemment et efficacement des moyens à sa disposition, la victoire n'est plus loin de sa portée."  

Komla KPOGLI
21 janvier 2012