vendredi 26 avril 2013

L'Arlésienne des "armes chimiques" syriennes.

Il y a quelques jours, Moaz Al-Khatib fait "chef de l'opposition syrienne" par qui on sait a déposé pour une deuxième fois sa démission, fatigué d'attendre un pouvoir qui, manifestement, tarde à lui échoir. Ses mentors coincés entre la Russie et la Chine qui refusent, pour le moment en tout cas, de céder le passage à ces "guerriers démocratiques" tardent à démocratiser la Syrie avec des bombes. Moaz Al-Khatib n'a pas manqué de rappeler à ses mentors leur promesse non-tenue de fournir des armes aux groupes mercenaires qui sont censés accomplir la mission de renverser le gouvernement Al-Assad. " Reprenant l'antienne du massacre commis par les forces nationales syriennes, le démissionnaire écrit: «Durant ces deux dernières années, nous avons été égorgés par un régime d’une brutalité sans précédent, alors que le monde nous observait...Toutes les destructions des infrastructures syriennes, la détention de dizaines de milliers de personnes, l’exil forcé de centaines de milliers d’autres (…) n’ont pas suffi pour que la communauté internationale prenne une décision afin de permettre au peuple de se défendre»
Redoutant visiblement d'autres défections dans les rangs des laquais positionnés pour capter le pouvoir lorsque Bachar Al Assad serait renversé, les Occidentaux, à leur être les Etats-Unis d'Amérique et leurs lieutenants britanniques et israéliens nous resservent le réchauffé des "armes chimiques" qui auraient été utilisées par l'armée nationale syrienne. Il s'agit pour eux d'une tentative d'accélération du calendrier pouvant, si la propagande prenait, déboucher sur une décision des "guerriers démocratiques" occidentaux de forcer le passage avec le pari que le couple sino-russe finira par céder et laisser faire.

En septembre 2012, nous avions publié le texte ci-dessous sur cette histoire d'armes chimiques qualifiées à l'époque par Barack Obama suivis par ses amis de "ligne rouge" dont le franchissement "changera les calculs" étatsuniens. A l'heure où on nous ressort ces armes qui ressemblent point pour point aux mythiques armes de destruction massive de Saddam Hussein, nous rediffusons ce texte.

Bonne lecture.
 
Comment la propagande pro-guerre contre la Syrie évolue-t-elle?
03 septembre 2012
Komla KPOGLI
Web. http://lajuda.blogspot.com

La propagande médiatique a changé et a pris un nouveau cap sur la Syrie. Après des slogans : «  des massacres contre son propre peuple », « des massacres épouvantables  de Bachar Al-Assad » et toutes ces choses non vues mais criées et répétées qui n’ont pas (encore) réussi à bouger la position de la Russie et de la Chine, voici venu l’heure des « armes chimiques ». Les chiffres macabres avancés et distillés depuis Londres par l’OSDH, l’agence de presse et officier du registre mortuaire des « insurgés-rebelles-révolutionnaires » pupilles de l’Occident, se présentant comme une organisation de défense des droits de l’Homme, n’auront donc pas suffi pour obtenir des « bombardements justes et humanitaires » sur la Syrie. Les outrances mensongères de Laurent Fabius, de Hillary Clinton et autres petits tireurs d’élite médiatico-intellectuels n’auront pu réussir, pour le moment en tout cas, à obtenir de la Russie et de la Chine ne serait-ce qu’un fléchissement. Il faut donc monter d’un cran le matraquage et trouver plus grave que les massacres. Et qui s’en est chargé ? Le sous-lieutenant, l’Etat mercenaire par excellence des Etats-Unis et de ses alliés au Moyen-Orient : Israël.
Constatant la persistance de la fermeté sino-russe face à toutes les ruses et autres pièges savamment enrobés dans le tissu troué des projets de résolution ou des contacts diplomatiques nocturnes, la question des « armes chimiques » détenues par la Syrie revient subitement au devant de la scène. Le mode opératoire est digne d’intérêt : le 20 juillet 2012, Ehoud Barak, le ministre israélien de la Défense, effectuant une tournée d'inspection sur le plateau du Golan à la frontière avec la Syrie, a clairement laissé entendre que « l'armée israélienne ne permettrait en aucun cas le transfert d'armes de destruction massive syriennes. L'Etat d'Israël ne peut accepter le transfert d'armes de pointe de la Syrie au Liban. Nous surveillons étroitement (...) le Hezbollah qui pourrait essayer de tirer avantage de la situation…Il n'est pas approprié d'en dire plus pour le moment sur quand nous allons agir, comment nous agirons, ou si vraiment nous agirons. Nous suivons tout cela de très près». Voilà la naissance d'une nouvelle argumentation en faveur du projet d'agression contre la Syrie: la menace des armes chimiques.
 «La Syrie a accumulé le plus important arsenal d'armes chimiques du monde et dispose de missiles et de roquettes capables d'atteindre n'importe quel point du territoire israélien», a confirmé le général Yaïr Naveh, le chef d'état-major adjoint.
Les deux dirigeants seront suivis par le chef du gouvernement israélien. « Peut-on imaginer que le Hezbollah dispose d'armes chimiques, c'est comme si Al-Qaïda avait des armes chimiques », a affirmé M. Netanyahu le 22 juillet 2012. « C'est une chose inacceptable pour nous, pour les Etats-Unis, et nous devrons agir pour l'empêcher s'il en est besoin » a prévenu M. Netanyahu.
Constatant ce nouveau tournant dans la communication de ses ennemis, Damas a indiqué le lundi 23 juillet 2012 qu'elle n'utiliserait ses armes chimiques qu'en cas d'"agression étrangère". « Aucune arme chimique ou non conventionnelle ne sera utilisée contre nos propres citoyens (...), ces armes ne seront utilisées qu'en cas d'agression étrangère », a indiqué le porte-parole du ministère syrien des Affaires étrangères.
Mais ce tournant dans la communication a fait son effet et va être maintenu. Désormais, les parrains de la rébellion armée contre la Syrie vont marteler le même message afin de mieux ancrer dans les têtes la dangerosité du gouvernement dirigé par Al Assad. La technique est si bien rôdée que Barack Obama, le prix Nobel des guerres justes et humanitaires s’est fendu des menaces très claires le 20 août dernier : « Nous avons été très clairs envers le régime d'Assad, mais également envers les autres acteurs sur le terrain, sur le fait que, pour nous, une ligne rouge serait de voir un arsenal complet d'armes chimiques en train d'être déplacées ou utilisées. Cela changerait mes calculs. » Et, pour être encore plus clair et montrer que « les acteurs sur le terrain » est une formule pour désigner en réalité le gouvernement d’Al Assad, Obama a tenu à préciser : « Nous ne pouvons pas nous trouver dans une situation dans laquelle des armes chimiques ou biologiques tombent entre les mains des mauvaises personnes ».
A partir du moment où l’Oncle Sam a parlé des armes chimiques suivant ainsi son sous lieutenant Israël, il était évident que toutes les autres hyènes de la bande iront dans le même sens. Telle est l’une des règles fondamentales de la chasse élaborées par la meute.
Une semaine après l’Oncle Barry, François Hollande surnommé dans certains milieux revanchards « le Mou » ou « Le Flou » ou encore « Flamby » le 27 août 2012, François Hollande ira répéter le nouveau mot d’ordre : « Je le dis avec la solennité qui convient : nous restons très vigilants avec nos alliés pour prévenir l’emploi d’armes chimiques par le régime (syrien), qui serait pour la communauté internationale une cause légitime d’intervention directe », lors d’un discours devant quelque 200 ambassadeurs français réunis à l’Elysée. Son ministre des affaires étrangères, Laurent Fabius qui, déjà en août professait que « Bachar Al Assad ne mérite pas d’être sur terre », ira énoncé sur Europe1 le 31 août que « il est certain que nous jugeons M. Bachar al-Assad responsable de l'utilisation de ces armes et s'il y avait la moindre tentative d'en faire utilisation directement ou indirectement la réponse serait immédiate et fulgurante ».
Sur France 3, dimanche 02 septembre 2012, Alain Juppé déchu du ministère des affaires étrangères pour cause de défaite électorale de Sarkozy a affirmé que les pays Occidentaux et leurs alliés (agresseurs) doivent «se passer d'un feu vert onusien pour attaquer la Syrie au cas où le risque de prolifération d'armes chimiques se dessinait ». Alain Juppé, un des assassins directs de Mouammar Kadhafi et des dizaines de milliers de personnes en Libye et en Côte d’Ivoire a précisé que « sur la question d'utiliser la force ou pas, notre doctrine de toujours-et je pense qu'il ne faut pas l'abandonner- est qu'on utilise la force qu'avec le feu vert des Nations unies. Est-ce que dans un certain nombre de situations extrêmes, comme le risque de prolifération des armes chimiques, on peut se passer de ce feu vert? Oui, je pense qu'il faut l'envisager ».
David Cameron, premier ministre britannique et Ban Ki Moon, secrétaire général de l’atlantiste ONU iront dans le même sens. Ce dernier  déclarant le 23 juillet 2012 depuis Belgrade : « il serait répréhensible de voir quiconque en Syrie envisager l'utilisation d'armes de destruction massive comme des armes chimiques. J'espère sincèrement que la communauté internationale gardera un oeil là-dessus pour que rien de tel ne se produise ».
La Turquie, le Qatar, l’Arabie Saoudite et tous les autres pions sont sur la même longueur d’ondes.Comme on le voit, les stratèges pro-guerre auront le triste mérite d’avoir tout essayé. La nouvelle rhétorique fondée sur les armes chimiques menaçantes pourra ainsi justifier une agression contre la Syrie en escamotant le double refus sino-russe et mettre ainsi la Chine et la Russie devant le fait accompli tout en misant sur le fait que, peut-être, ces deux pays n'iront pas jusqu'à livrer une guerre ouverte à l'Occident pour la Syrie. Rien n'est moins sûr.
Israël étant le pays qui fabrique en direction prioritairement des opinions occidentales l’essentiel de l’information sur ce qu’on appelle le monde arabe, démontre une nouvelle fois au travers de ce changement de rhétorique face à la Syrie qu’il sait tenir son rôle. Rôle qu’ont dépeint Stephen Walt et John Mearsheimer dans leur ouvrage « Le Lobby pro-israélien et la politique étrangère américaine » paru en 2007.
En effet, lors de la « Guerre des six jours » en 1967, Israël a arraché à la Syrie une partie de son territoire appelée le plateau du Golan d’où environ 100.000 syriens furent renvoyés. En 1981, le plateau du Golan passe sous les lois israéliennes et le territoire est repeuplé par quelques 18.000 colons israéliens. La Syrie tient absolument à reprendre ce territoire et pour ce faire, elle arme le Hezbollah et le Hamas qu’elle utilise pour maintenir la pression sur Israël. Comme le montrent Walt et Mearsheimer, seuls Yitzhak Rabin en 1994 assassiné plus tard et Ehud Barak dans un premier temps, puis opposé en 2000 furent favorables parmi tous les dirigeants israéliens de retourner à la Syrie le territoire volé contre un traité de paix. Ariel Sharon qui a succédé à Ehud Barak lui-même ayant fait marche arrière déclarera : « même dans mes moments de fantaisie les plus fous, je n’aurais jamais accepté une telle concession ». Ehud Olmert, successeur de Sharon confirmera : «  Le plateau du Golan restera en notre possession pour toujours ». Tous ses successeurs s’inscriront dans la même logique. « Israël n’abandonnera jamais le plateau de Golan ; cette région fait partie intégrante d’Israël et est vitale pour sa sécurité et sa protection » tranchait Yisraël  Katz, député israélien lorsque Javier Solana, Secrétaire général du Conseil de l’Union Européenne, en 2007, disait souhaiter aider la Syrie à récupérer ledit territoire.
Face à l’insistance syrienne va alors être engagée une œuvre de diabolisation du gouvernement syrien par Israël, ses dirigeants, ses intellectuels, ses médias et les puissants lobbies qui le soutiennent inconditionnellement dans sa logique de confiscation du Golan. Ariel Sharon, le 15 mars 2003 dira de Bachar Al Assad qu’il est un « homme dangereux et incapable d’un jugement sain »  avant d’appeler les Etats Unis à exercer sur Al Assad « une très forte pression » pour l’empêcher de soutenir le Hamas et le Hezbollah. Toujours en 2003, pour Ephraïm Halevy, conseiller pour la sécurité nationale de Sharon, Assad « irresponsable et insolent succombait fréquemment à de mauvaises influences », « on ne pouvait pas fermer les yeux sur ses machinations. Mais avant d’arriver à la guerre, il y a toute une gamme de mesures qui peuvent être prises pour limiter les crocs du jeune, arrogant et immature président syrien ». L’immaturité de Bachar Al- Assad étant sa volonté de voir la Syrie regagner le plateau du Golan.
Les deux auteurs citent beaucoup de personnalités allant dans le même sens dans les médias israéliens aussi bien qu’étatsuniens où elles accouchaient fréquemment leur propagande en vue de pousser l’opinion et les décideurs politiques occidentaux notamment étatsuniens à catégoriser la Syrie et éventuellement à lui livrer une guerre. « La Syrie avait un fort pouvoir de nuisance, beaucoup plus fort que l’Irak » Yoshi Alphar. « Je me demande si, étant donné la qualité de leurs sources, les Syriens n’avaient pas eu vent de la conspiration du 11 septembre et avaient omis d’en avertir les Etats Unis » Itamar Rabinovich, ancien ambassadeur d’Israël aux USA. « Prochaine étape : serrer la vis à la Syrie. Il faut utiliser tous les moyens nécessaires y compris la force militaire pour obtenir un changement de comportement et/ou de régime à Damas », journaliste israélo-américain Yossi Klein Halevi, 15 avril 2003 dans le Los Angeles Times. « La Syrie, amie du terrorisme, a elle aussi besoin d’un changement », Zev Chafets, 16 avril 2003 dans New York Daily News. « Je ne serai pas surpris si les armes de destruction massive que nous n’arrivons pas à trouver en Irak avaient pris le chemin de la Syrie » Eliot Engel. « Assad est un homme excessivement dangereux » Jed Babbin…On pourrait en citer d’autres. Mais c’est fastidieux. Soulignons simplement qu’à la même époque, il y avait une loi dénommée Syria Accountability Act qui fut votée par le congrès étatsunien sous l’instigation d’Eliot Engel et de l’AIPAC avec pour objectif d’intégrer la Syrie à la liste des pays de « l’Axe du Mal ».
La Syrie n’est donc pas dans l’œil du cyclone depuis 2011. Elle est ciblée bien avant le début du fameux « Printemps arabe ». Les mouvements de foule de ces deux dernières années dans les pays où l’Occident bénéficiant dans certains cas des yeux fermés de la Chine et de la Russie n’ont servi qu’à tendre vers la réalisation d’un objectif prévu de longue date à Damas. Pour ce faire, rien de plus efficace que de resservir les vieilles mais redoutables recettes des armes chimiques, bactériologiques voire de destruction massive. C’est en cela que les responsables israéliens qui font semblant de ne jouer aucun rôle en Syrie actuellement avaient été les premiers à réorienter la communication pro-guerre en la faisant passer du stade compassionnel des massacres nécessitant une intervention humanitaire bloquée par les méchants et cyniques Russes et Chinois au cap de la menace des armes chimiques, « ligne rouge » autour duquel les agresseurs tentent à présent de mobiliser. Il faut rappeler, pour finir, que les armes chimiques dont il est question sont celles que la Syrie avait achetées à l’Egypte en 1973, lesquelles ne font peur ni à Israël ni à l’Occident car disposant de moyens de dissuasion suffisants.
Le prochain sur la liste est l’Iran. Les dirigeants israéliens ne cachent même pas leur démarche. Certain que tous les actes qu’il aura à poser, que ce soit aujourd’hui ou demain, contre l’Iran a et aura l’appui moral et matériel de l’Occident notamment des Etats Unis d’Amérique, des dirigeants israéliens annoncent qu’ils pourront frapper l’Iran avant les élections américaines de novembre prochain, obligeant ainsi ce tuteur bienveillant à l’accompagner dans cette nouvelle mission. Ce matin, 03 septembre 2012 sur BFMTV, Jean Jacques Bourdin a essayé en vain d’obtenir de Laurent Fabius un mot de la diplomatie française allant à l’encontre du projet israélien. Projet qui au demeurant, ne fâche pas la plupart des diplomaties occidentales. Loin de là, elles le soutiennent, lui fournissent même des moyens pour son accomplissement. A la fin, Fabius n’a trouvé qu’une condamnation ou simplement de réserves quant à une future agression contre l’Iran. Il dira « je me demande même si les Iraniens ne sont pas dans une stratégie double en se faisant frapper puis dire « nous on ne faisait rien, on nous a tapés dessus faire. Ils deviennent ainsi la victime et du même et du coup ils récupèrent une espèce de légitimité auprès des populations ». C’est dire combien ce monde là réserve donc des surprises aux proies contre lesquelles il planifie des attaques. Il temps, grand temps que les peuples affaiblis ou faibles commencent sérieusement par penser sérieusement à leur survie en se regroupant, en se dotant de la conscience des enjeux, en fédérant autour d’un leadership avisé et responsable avec l’idée de rechercher les moyens les plus appropriés pour répondre aux défis que ce monde là pose et posera.

jeudi 4 avril 2013

Insupportable, le mensonge aux français? Vraiment?

Jérome Cahuzac, ex.ministre du budget a avoué avoir détenu un compte bancaire en Suisse.


Les Occidentaux, en l'occurrence les français ne sont choqués et ulcérés que si leurs hommes politiques touchent directement à leur propre argent. Mis à part cela, il n'y a aucun souci, aucun cas de conscience, aucun questionnement moral. La vie politique et surtout la vie économique françaises sont financées depuis des siècles et des siècles avec l'argent des Africains totalement dévalisés et saignés à blanc par les Occidentaux et leurs laquais mis au pouvoir en Afrique après 04 siècles de razzias négrières transatlantiques. Mais ça c'est rien. Un ministre du budget planque quelques euros en Suisse, là, "c'est grave, très grave". C'est une "trahison". C'est une "crise gouvernementale". C'est une "crise de régime". De l'argent d'Afrique dans les tambours, dans les mallettes, dans les paniers à bananes en direction de la classe politique française, ça c'est rien du tout. Là, il n'y a plus d'enquêteurs, pas de journalistes indépendants, pas de citoyens indignés. Tout le monde ferme durement les yeux: ni vu, ni connu! A peine quelques petits bruits de certains qualifiés de français "automutilateurs" voire antipatriotes. En Février 2012, en pleine campagne électorale, le candidat Hollande envoie Fabius au Gabon. Pourquoi? Tout le monde devine, mais l'intéressé lui-même disait qu'il était juste aller au Gabon donner une conférence. Eh ouiiii!!! Pour avoir donné une bonne conférence au Gabon, Ali Bongo sera reçu à l'Elysée quelques mois plus tard par le nouvel élu François Hollande. En 2007, la première visite de Sarkozy après son élection fut réservé à feu Bongo père. Le Copé, voleur de votes à l'UMP qui joue au flic moralisateur en ce moment là, qu'est-il allé chercher en Côte d'ivoire tout récemment? Aussi, entend-on les français crier contre le mensonge de leur ministre du budget déchu pour fraude fiscal. Depuis quand ces gens-là s'indignent du mensonge qui est érigé en méthode de gouvernement sur la scène internationale par les politiques occidentaux pour qui le mensonge est = à la vérité dès lors qu'il permet d'atteindre les objectifs visés. Quels mensonges n'a-t-on pas entendu ces dernières années seulement: les armes de destruction massive d'Irak, le bombardement de Laurent Gbagbo contre sa population, bombardement de Kadhafi contre son propre peuple, la guerre au Mali pour uniquement ( et pour rien d'autre) sauver les Maliens des islamistes coupeurs. Mieux, Hollande est allé jusqu'à dire que cette guerre coloniale menée par une France en financièrement faillite est le remboursement de la dette que la France doit aux Africains qui combattirent contre les troupes hitlériennes. 



Comme quoi le mensonge ne choque nos "amis" français que s'il touche là encore à leur argent. Lorsque leurs politiques détruisent d'autres pays et mentent effrontément pour nourrir leurs thèses impérialistes, ça, ça n'est pas un problème. Alors, insupportable, le mensonge aux français? Quand trouveront-ils insupportables les mensonges qui fondent la politique française en Afrique? Quand les français s'indigneront-ils avec autant de force contre le franc CFA confisqué en Banque de France dans un silence de cimetière depuis sa création? Quand s'indigneront-ils de voir leurs hommes politiques écumer à longueur de journée les territoires africains pour y trouver des fonds pour financer leur carrière en parfaite symbiose avec les pions africains abusivement appelés "dirigeants africains"? Quand les français crieront-ils le caractère insupportable du soutien ferme que leur beau pays la France apporte à ses hommes de main en terre africaine contre le peuple africain? Et les guerres orchestrées, les pillages de tout genre, les pollutions environnementales, la corruption généralisée orchestrés en Afrique par les multinationales et les mensonges répandus dans les médias pour entretenir ce système cannibale en arguant incessamment l'incapacité congénitale des africains, les français vont-ils un jour les trouver insupportables? 

 Komla KPOGLI

dimanche 17 mars 2013

L'AFRICAIN ACTUEL N'EST PAS BEAU A VOIR

Notre devoir, n'est pas de rester là, comme des poules mouillées regrettant notre grandeur passée à jamais engloutie par des forces pour qui la MAAT et autres exagérations moralo-spiritualistes africaines n'ont aucune signification. Notre devoir n'est pas de rester là à tresser des couronnes à un peuple qui a été poussé à renoncer à son âme, à son identité et à la vie même. Il faut le dire tout net: L'homme africain actuel n'est pas beau à voir. Et ce n'est pas les costumes taillés sur mesure dans lesquels il s'enfonce avec des titres ronflants que l'école coloniale lui a décernés qui changeront quoi que ce soit. Il ne peut y avoir de motifs de fierté pour un peuple qui fut grand, mais qui a lourdement chuté après avoir, tour-à-tour, servi, dans la nudité totale, ses différents conquérants. Il ne s'agit donc pas de passer notre temps à compter sur le bout des doigts les Noirs qui ont inventé ceci ou cela, comme pour prouver à ceux qui nous ont toujours nié notre caractère d'HUMAIN que nous aussi nous comptons pour quelque chose. Nous n'avons rien à prouver à ceux-là. Notre devoir, dans ce cas, c'est de dire à ce peuple où il en est, où il risque d'être demain, s'il continue par jouer au plus beau, au plus intelligent, au plus ceci ou cela alors même que son sol lui est ravi sous ses pieds. Notre devoir c'est de prouver à nous-mêmes et surtout à nos descendants que nous sommes capables de remonter la pente et reconquérir la place qui est la nôtre. Les Noirs doivent donc retrouver le sens de peuple et retrouver le goût du combat. Car, la vie est un combat et il n'y aucune raison que cela change de sitôt.

KPOGLI Komla

jeudi 7 mars 2013

DE L'OR MALIEN A L'EFFIGIE DE KANKAN MOUSSA VERS LA SUISSE.




Quand la guerre va, l'or va, peut-on dire!
Le vendredi 1er mars 2013 a eu lieu un évènement important à Bamako au MALI. L’entreprise suisse Swiss Bullion Company qui travaillait depuis pour mettre la main sur une part de l'or de ce territoire vient de poser, sous les auspices du fameux président par intérim DIOUNCOUNDA TRAORE, la première pierre d'une entreprise d'extraction et d'exploitation de l'or à 45 millions d'euros soit 30 milliards de FCFA. La Suisse, avec toute la discrétion qui la caractérise, est très impliquée au Mali. Avec la partition de ce territoire dont les frontières en lignes très droites sont la marque indélébile du couteau européen de Berlin 1884-1885, la Suisse a toujours publiquement dit qu'elle offrait sa médiation entre le MNLA et l'AZAWAD d'une part, et le MALI (Sud) d'autre part. Au fond, la Suisse soutenait le MNLA depuis de nombreuses années. D'ailleurs, la Confédération suisse, à travers son Département fédéral des Affaires étrangères (DFAE), a participé à l’organisation et au financement d’une réunion politique des rebelles touareg indépendantistes du Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA) les 25, 26 et 27 juillet 2012 à Ouagadougou. Et sous le couvert d’une clarification de ses revendications, en vue d’un règlement politique de la crise que connait le Mali, la Suisse a financé le MNLA, l’aidant ainsi à adopter des «dispositions urgentes pour l’atteinte des objectifs du MNLA». Swiss Bullion Compagny connaissant la force des symboles, et pour flatter le sens historique des Africains a choisi avec les Maliens de dénommer son entreprise "Raffinerie Kankou Moussa" et la présente comme une initiative de la Chambre des mines du Mali (CMM) appuyée par PAMBC, un pool bancaire italo-suisse. "Les pièces produites seront ensuite poinçonnées à l’effigie de l’empereur mandé Kankou Moussa comme pour rappeler au monde que le Mali d’aujourd’hui est en symbiose et en parfaite harmonie avec son glorieux passé millénaire", a détaillé le président de la CMM, Abdoulaye Pona qui précise que « la production industrielle annuelle attendue est de 106 tonnes d’or dès 2013, y compris les 50 tonnes réalisées par les huit premières mines du Mali, auxquelles viendront s’ajouter les 6 tonnes de Wassoul’Or et les 50 tonnes annuelles de la nouvelle mine de Gounkoto». Les lingots du métal jaune qui sortiront de cette nouvelle manufacture seront produits sous le label de la London Bullion Metals Association (LBMA).

Les Africains du Mali n'auront, comme par le passé avec Anglogold, Goldfiels, Axmin et d'autres compagnies minières au Mali, pas grand-chose de cet or, mais ils se contenteront de l'image de Kankan Moussa sur les lingots suisses. Nous qui aimons tellement notre GRANDEUR PASSEE pourquoi ce symbole ne nous sera pas largement suffisant. A quand, une image des EGYPTIENS KEMITS sur des barils de pétrole africain?

KPOGLI Komla

mercredi 20 février 2013

GBAGBO-CHAVEZ: l'un devant la CPI, l'autre rétabli au pouvoir par son peuple.


Le 11 avril 2002, les USA et leurs hommes de main au Venezuela orchestraient un coup d'état militaire contre Hugo Chavez. Pedro Carmona, président du syndicat des patrons fut proclamé président par interim à sa place le 12 avril 2002, avec dissolution du Parlement. Le 13 avril, au petit matin, des millions de partisans de Chavez sortirent dans la rue. Chavez est alors transféré sur une base navale à Turiamo, où il marque dans une note manuscrite "Je n'ai pas renoncé au pouvoir légitime que le Peuple m'a donné". Après ceci, il est transféré à l'Île La Orchilla. Le peuple vénezuelien marcha alors aussi bien sur la télévision que sur la présidence confisquées par Carmona et ses partisans. Entre temps, les USA annoncèrent avoir reconnu le "nouveau gouvernement". Mais, le peuple fut encore plus décidé et réussit à mettre en déroute les putschistes qui prirent la fuite. Au petit matin du 14 avril une unité heliportée libère Chavez à La Orchilla et le ramène à Caracas pour le rétablir au pouvoir. N'eût été la présence active d'un peuple organisé et courageux qui avait compris qu'il ne pouvait laisser l'histoire se faire dans et sur son dos, Hugo Chavez serait aujourd'hui probablement à la place qu'occupe le Président Gbagbo à la CPI. Les Vénézuéliens qui ne sont pas des extraterrestres non plus, eux, n'avaient pas attendu qu'on déporte leur leader devant une quelconque parodie de Cour Pénale en espérant qu'un prétendu DROIT sera dit en sa faveur. Non, ils ont immédiatement réagi pour sa libération. 
Quelle idée donc de sauter de joie d'assister à une justice lorsque celui qui juge est celui-là même qui a capturé le président Gbagbo après avoir fait des milliers et des milliers de morts à la suite d'incessants bombardements. Il a juste troqué ses treillis et matériel militaires contre le charme d'une justice qui, en réalité, n'en est pas une, et contre un Code Pénal et contre des toges de juges et d'avocats. Les Occidentaux ont parfaitement réussi leur coup: faire croire qu'ils rendent justice (au nom de qui?) et de nombreux africains, ne se satisfaisant que du décors en oubliant les rapports de force et la réalité politique qui sous-tendent ce fameux procès, tombent les deux pieds joints dans le piège. Apprenons parfois à apprendre chez les autres. Seuls les peuples qui sont prêts à se sacrifier pour leur liberté et surtout pour leur terre s'évitent les humiliations, le déshonneur et les lois dictées par les autres. Ceux qui, en revanche, espèrent pieusement, dans la prière, dans la joie ou dans la retenue due à la désorganisation et à la dispersion, que leurs maîtres leur rendent LA justice par les artifices du droit dont ils sont les seuls prescripteurs et exécuteurs sont à jamais condamnés à la servitude.

KPOGLI Komla

Laurent GBAGBO: CPI ou la politique comme justice.


C'est bien, pour les uns et les autres, d'espérer LA justice pour le président Laurent Gbagbo. Malheureusement, elle n'aura pas lieu. Ce n'est pas être un oiseau de mauvaise augure que de dire cette cruelle réalité. Ce à quoi on assiste, ce n'est pas la justice, mais LA POLITIQUE au sens pur du terme. Mais, manifestement, l'Occident, la France, l'Angleterre et Etats-Unis d'Amérique en tête, ont réussi à faire admettre à beaucoup d'Africains que la CPI est une Cour de Justice. Ils ont réussi grâce à la technique de la diffusion médiatique des procès sous forme de théâtre, à faire adhérer bien d'africains à l'idée qu'il est question de DROIT alors que la présence (honteuse!) du président Laurent Gbagbo devant cet instrument POLITIQUE qu'est la CPI n'est que le résultat du colonialisme subi par l'Afrique depuis six siècle maintenant. Le président Gbagbo n'est là que par le fait du prince franco-ONUsien. Tout ce cinéma, avec des avocats défenseurs (bien nécessaires car découlant du fonctionnement même du système) et autres dispositifs juridiques et judiciaires ont ceci de grave qu'ils confèrent une sorte de légitimité aux Occidentaux de capturer tout dirigeant africain qui leur résiste. Psychologiquement, c'est terrible car l'image qui passe c'est que l'Occident rend JUSTICE, confirmant, par ricochet, son ascendant et surtout son rôle prescripteur de la norme, alors qu'il ne fait que de la PURE POLITIQUE après avoir procédé scientifiquement, et dans une certaine mesure avec notre consentement tacite, au renversement des responsabilités.



Le président Laurent GBAGBO est soumis à un tribunal politique dénommé Cour Pénale Internationale dont la mission est de capturer et de sanctionner dans une parodie organisée, avec présence de caméras et d'avocats, ceux qui, dans les territoires qu'on aspire à garder sous domination, auront commis le péché de résister à l'ordre mondial tel que les Occidentaux l'ont établi depuis le Moyen Âge. Donc, on n'a pas capturé le président Gbagbo après avoir tué des milliers et des milliers d'africains en Côte d'Ivoire pour le relâcher 1 an plus tard. Il nous faudra donc, si nous voulons peser sur les évènements, réfléchir plutôt à ce que nous devons faire pour écourter son séjour en déportation que rêver d'une issue heureuse de cette parodie de justice.


KPOGLI Komla

"Tant que l’ordre colonial sera en vigueur en Afrique, des gugusses comme Soro Guillaume iront le plus loin possible."

LUNDI, 18 FÉVRIER 2013 


Pour comprendre le jeu de Poker entre chefs d'Etats africains, la France, les multinationales, seigneurs de guerre et barbouzes qui se passe en Côte d'Ivoire, Lynx.info s'est retourné vers l'analyste togolais Komla Kpogli, Secrétaire Général du Mouvement pour la Libération Totale et la Reconstruction de l'Afrique (Moltra). Dans cette interview, il nous décrit la Côte d'Ivoire sous Alassane Ouattara, nous peint le gugusse Guillaume Soro et s'offusque contre Florent Geel, directeur Afrique de la Fédération internationale des Ligues des droits de l’homme (FIDH) qui peut dire qui doit aller à la CPI et ou non ! Un condensé de tout le drame ivoirien dans une interview. Lecture !

Interview réalisée par Camus Ali Lynx.info


Lynx.info : France, multinationales, Alassane Ouattara, Blaise Compaoré, Guillaume Soro. Vous avez une idée de celui ou de ceux qui dirigent la Côte d’Ivoire ?

Kpogli Komla: Chacune de ces entités tire ce qu’elle veut de la situation actuelle dans ce territoire. La Côte d’Ivoire d’aujourd’hui, à l’instar de la quasi-totalité des territoires africains, est un chaos méthodiquement organisé. Ce territoire est revenu pleinement dans le circuit colonial après l’accidentelle parenthèse Laurent Gbagbo. Ce désordre intérieur facilite la canalisation de toutes les ressources vers l’extérieur. Les laquais placés au pouvoir dans ce territoire disant à voix basse que leur heure ayant sonné, mettent en pièce tout ce qui leur tombe sous la main. Ainsi, chacun vole ce qu’il peut et laisse les multinationales occidentales et, dans une certaine mesure, les multinationales des pays dits émergents faire main basse sur l’ensemble de l’économie. Les dividendes de cette rapine reviennent à Ouattara et à ses seigneurs de guerre. Mais au-delà, il y a d’autres acteurs qui bien que moins visibles, sont non moins redoutables dans ce joyeux pillage : ce sont les Israéliens, les Libanais, les Syriens, et quelques autres groupes installés depuis des siècles en Afrique. Donc, Ouattara et ses seigneurs de guerre assurent la police locale contre des miettes largement suffisantes à eux distillées par leurs mentors et soutiens d’horizons divers qui contrôlent tout l’appareil productif exclusivement confiné aux matières premières minières, agricoles et minéralières. Il n’y a pas très longtemps, on a entendu dire un peu partout que la Côte d’Ivoire est de retour sur la scène internationale. Et pourquoi donc ? Parce que les Occidentaux étaient partis là-bas tenir une conférence sur le cacao et la banane, une poignée d’euros en main. C’est dire combien, les Africains sont moqués. Quelle fierté y-a-t-il à être des « puissances » de cacao, de café, de banane, de coton, d’arachide…pour alimenter les autres ? Même aux temps du président Laurent Gbagbo, les africains de Côte d’Ivoire ne cessaient de se vanter d’être le premier producteur mondial de cacao. On va où avec ça ? Et Alassane Ouattara se paie de mots avec cet état de choses en répétant inlassablement qu’il fera de la Côte d’Ivoire un pays émergent (rires). On ne devient pas un pays émergent en accrochant les peuples qu’on régente illégitimement d’ailleurs à une économie cacaoyère, caféière, bananière, arachidière et rentière le tout solidement vissé à un Franc CFA détenu par la France et l’Europe. Un pays émergent quand on danse sur tous les toits d’être un PPTE (Pays Pauvre Très Endetté)?! Il n’y a qu’en Afrique qu’un bouffon puisse soumettre un peuple à de pareilles plaisanteries. Il n’y a qu’ici qu’on clame que compétir pour être « élu » par les maîtres de l’ordre mondial pays très « appauvri » et très endetté après s’être soumis aux mesures d’ajustements structurels renommées savamment Initiative Pays Pauvres et Très Endettés est la manifestation même d’un progrès économique. Le peuple noir a donc du boulot face à de telles moqueries. Il lui faut commencer sérieusement par réfléchir, s’organiser puis aller vers la douloureuse reconquête de son espace pour le reconstruire et pour le sanctuariser définitivement avec un dispositif militaire puissant continental au sommet duquel doit trôner l’arme nucléaire.


Lynx.info : Grèves tout azimut, pauvreté ambiante, pays divisé… Des analystes disent que la gestion d’Alassane Ouattara comme président rappelle étrangement à sa gestion comme premier ministre. C’est ça ?

Il ne peut en être autrement. Les Etats qui dominent l’histoire du monde depuis six siècles maintenant et ceux qui les rejoignent maintenant dans ce rôle directeur du monde sont à la recherche d’individus capables de jouer leur jeu dans des territoires qu’ils entendent conquérir ou garder sous leur tutelle. Alassane Ouattara et ses seigneurs de guerre rentrent parfaitement dans cette case. Donc, tous les maux que vous décrivez dans ne sont que le résultat de l’état du monde dans ce territoire.

Lynx.info : Pour le Pr Mamadou Koulibaly les promesses des amis de Ouattara quand il était au Golf Hôtel n’ont pas été honorées. Comment vous l’expliquez ?

Les promesses n’engagent que ceux qui y croient. De surcroît, ces gens n’ont aucun compte à rendre aux africains du territoire de Côte d’Ivoire qui ne les ont pas mis au pouvoir. Si ces gens-là sont au pouvoir aujourd’hui, c’est à la France, aux Etats-Unis d’Amérique, à la Banque Mondiale, au FMI, à des tyrans africains qu’ils le doivent. Dans une certaine mesure, ils le doivent aussi à la Russie et à la Chine. Ces deux pays, pourtant adulés par certains africains « fâchés » avec l’Occident, avaient, comme très souvent sur l’Afrique, laissé les choses se faire ou les avaient même cautionnées par leur vote au Conseil de Sécurité des Nations Unies. Voilà donc les entités envers lesquelles les satrapes de Côte d’Ivoire ont des engagements. Et, ils doivent les tenir. A défaut, ils seront virés.

Lynx.info : La Côte d’Ivoire pour beaucoup, n’appartient plus aux Ivoiriens. Le jeu de Poker qui se joue dans ce pays entre puissances Occidentales en est la vraie raison ?

Cela fait des années que nous disons publiquement que l’Afrique n’est pas le fait des africains. L’Afrique est toujours, contrairement aux dires de beaucoup, dans la colonisation. Il va de soi dans ces conditions que le territoire de Côte d’Ivoire n’appartienne pas aux africains qui y vivent. Au-delà des Occidentaux, d’autres pays en pleine ascension vers la grandeur historique s’activent et s’ancrent en Afrique. Aucun territoire africain n’échappe à cette guerre. L’Afrique demeure l’unique continent susceptible en ce 21è siècle d’être coupé, redécoupé et repartagé, car elle est non seulement désorganisée de bas en haut et de haut en bas, mais surtout elle ne dispose d’aucun Etat en son sein pourvu de la puissance de feu dissuasif. On peut même prévoir, vu l’évolution de la situation, une sorte de Conférence de Berlin nouvelle version pour voir les acteurs définir des règles évitant que cette concurrence débouche sur des chocs frontaux. A cette nouvelle conférence de Berlin, les Etats-Unis d’Amérique et la Chine pourraient jouer le rôle assumé par l’Allemagne de Bismarck au Congrès de 1884-1885, avec l’Europe, Israël, le Canada, l’Inde, la Russie, le Brésil, les monarchies du Golfe et la Turquie comme invités.

Lynx.info : Mr Komla Kpogli, vous connaissez bien la Côte d’Ivoire. Comment expliquez-vous le « coup politique » du PDCI et de Bédié qui ont préféré le Rdr qui avait mis fin à leur pouvoir contre le FPI de Laurent Gbagbo ?

Le PDCI a tout simplement joué pour éliminer un adversaire de taille. En s’alliant au RDR, plus précisément à Alassane Ouattara et à ses éléments armés, le PDCI a contribué activement à ruiner le FPI du président Laurent Gbagbo. Mais, le PDCI se dit qu’Alassane Ouattara quoiqu’il fasse sera toujours considéré par bien d’Africains de Côte d’Ivoire comme celui qui est arrivé sur le trône dans les chars et autres bombardiers français accompagnés de voyous et de criminels de guerre recrutés dans les parages et dirigés par Guillaume Soro. Ces faits font qu’aux yeux du PDCI, Ouattara ne sera jamais en mesure de maîtriser totalement la situation de sorte à garantir la sécurité des « affaires » aux investisseurs-pilleurs de divers horizons. C’est pourquoi le PDCI fait tout ce qu’il peut actuellement pour prouver à la France et à tous les autres détenteurs du vrai pouvoir dans ce territoire qu’il ferait mieux à la place d’Alassane Ouattara et ses miliciens à la présidence. Espérant convaincre ces parrains mafieux qui font et défont les régimes en Afrique, le PDCI brandit son expérience du pouvoir et son joker Houphouët-Boigny. Dans une moindre proportion, il brandit également l’ère Bédié qui ne fut pas si mal pour les parrains. Périodes au cours desquelles non seulement les français furent chez eux dans le territoire de Côte d’Ivoire, mais aussi leurs affaires connurent une prospérité foudroyante. Même si la France a fait son grand retour triomphal dans ce territoire sous Ouattara, les dirigeants du PDCI estiment qu’ils feraient mieux eux à la présidence. Et ces gens là déploient, dans cette offensive de charme, une diplomatie nocturne et silencieuse depuis un moment en direction de l’Elysée principalement.

Lynx.info : Vous voyez un retournement de situation avec la coalition FPI-PDCI- pour mettre fin à la dictature cruelle du Rdr lors des prochaines élections ?

A l’heure où nous parlons, aucun scénario n’est à exclure définitivement. « En politique, il ne faut jamais dire jamais », dixit le président Gbagbo. Lorsqu’on sait que le PDCI a été capable de s’allier à Alassane Ouattara qu’il a pourtant écarté hier sous prétexte qu’il n’est pas « ivoirien né de père et de mère eux-mêmes ivoiriens » ; lorsque le PDCI a montré qu’il peut se réclamer de Houphouët-Boigny présentée par la propagande comme l’Apôtre par excellence de la Paix et s’allier, dans le même temps, à des seigneurs de guerre conduits par Guillaume Soro, on ne peut rien écarter. Tant l’opportunisme et la propension d’être avec les vainqueurs du moment sont immenses de ce côté-là. Toutefois, il est peu probable de voir une alliance FPI-PDCI. Car, ce que le PDCI recherche depuis qu’il a perdu le pouvoir en décembre 1999 c’est la confiance de la France, véritable détentrice du pouvoir de dévolution du pouvoir dans sa « sphère d’influence ». C’est pourquoi le PDCI a coopéré dans la fermeture sanglante de la parenthèse accidentelle Laurent Gbagbo.

Lynx.info : A quelques jours des confirmations de charges contre Laurent Gbagbo, aucun seigneur de guerre de Ouattara n’a été inquiété. Comment expliquez-vous ce silence de la CPI, de la FIDH, de Human-Right et de l’Onu ?

Qui arrêtera ces seigneurs de guerre ? Alassane Ouattara qui est leur parrain local et qui normalement, dans l’ordre des comparutions devrait être le premier à être jugé? Alassane Ouattara qu’ils ont porté au pouvoir et qui en retour leur attribue des postes ? Il ne faut pas rigoler ! Ou bien, ces seigneurs de guerre vont-ils s’arrêter eux-mêmes ou vont-ils se présenter devant, on ne sait qui d’ailleurs, pour proclamer qu’ils désirent être jugés pour crimes de guerre, meurtres de masse et pillage économique?
Pour ce qui est de la CPI, de l’ONU et de leur cohorte d’ailes marchantes appelées organisations de défense des droits de l’homme, tant pis pour ceux qui croient toujours qu’elles sont là pour LA justice. Tout ceci fait partie des instruments de la boîte à outils dont les Occidentaux se servent pour punir des régimes politiques ou des acteurs socio-économiques qui ont le tort de menacer l’ordre mondial tel qu’il est dessiné depuis six siècles maintenant en voulant montrer le bon exemple aux peuples dominés. Pour le reste, rappelons à celles et ceux qui veulent y croire malgré tout que le 05 décembre 2011 sur France 24, Florent Geel, directeur Afrique de la Fédération internationale des Ligues des droits de l’homme (FIDH) avait fixé à “3 au minimum et au maximum à 7” le nombre des personnes à comparaître devant les tribunaux pour crime de guerre, notamment devant la CPI qui, il faut le rappeler, n’est pas une cour de justice mais un tribunal politique puisqu’elle passé son temps à sélectionner soigneusement ses inculpés et elle n’a cessé de distinguer les bons crimes commis par les Occidentaux et leurs divers sous-traitants des mauvais crimes commis par ceux qui osent les combattre. Florent Geel avait précisé que toutes ces personnes sont, selon ses propres termes « du camp Gbagbo ». Pour le reste, pris de bégaiements, le Monsieur Afrique du FIDH avait énoncé que les crimes commis par la France, l’ONU et leurs protégés locaux dirigés par le couple Ouattara-Soro « ne sont pas de même nature ». On peut donc conclure qu’en raison des critères énoncés par Florent Geel, il n’y a ni criminels, ni seigneurs de guerre, dans le camp franco-ouattariste.

Lynx.info : Selon vous, Ouattara ne « peut pas » ou ne « veut pas » envoyer ces criminels de guerre devant les tribunaux ?

Alassane Ouattara devrait être un des tout premiers à être envoyé devant les tribunaux, s’ils en existent réellement. La vérité de l’histoire c’est que ce sont les vainqueurs qui détiennent toutes les clés. Donc, ceux qui tiennent aujourd’hui le rôle prescripteur dans le territoire de Côte d’Ivoire n’iront pas s’automutiler pour faire plaisir à on ne sait quel peuple. Si les africains d’une manière générale, et ceux de Côte d’Ivoire en particulier veulent qu’il en soit autrement, ils doivent se battre et devenir vainqueurs. A ce moment là, ils pourront édicter de nouvelles normes afin de sanctionner les criminels. Mais tant que ce sont les criminels qui, forts de leur victoire, dirigent, nous n’aurons nos yeux que pour pleurer nos morts et que des mots pour décrire notre misère.

Lynx.info : Comment voyez-vous l’avenir de Guillaume Soro en Côte d’Ivoire ?

Des gugusses comme Soro Guillaume iront le plus loin possible tant que l’ordre colonial sera en vigueur dans les territoires africains. Car, il est le genre même de ce que les colonisateurs appellent « l’élite indigène » appelée à collaborer dans l’exploitation de l’Afrique. Donc, Soro Guillaume est appelé à monter encore plus haut. On le voit d’ailleurs être régulièrement accueilli en France et dans d’autres capitales occidentales comme un héros. Ce qu’il est effectivement. Un héros colonial ! Les Occidentaux adorent des types comme ça, car ils sont essentiels dans le dispositif colonial. En conséquence, seuls deux phénomènes pourront bloquer son ascension: soit, un coup de son propre camp qui aura décidé de l’évincer pour une raison ou une autre, et dans ce cas, c’est qu’on lui aura trouvé un successeur plus sûr et plus pervers, soit le peuple africain de Côte d’Ivoire en fusion avec des compatriotes africains d’autres territoires, dans un élan révolutionnaire, renverse l’ordre cannibale établi en Afrique, avec pour conséquence la destruction de tous les satrapes qui l’immobilisent dont Soro Guillaume.

Lynx.info : Nous ne pouvons terminer cet entretien sans évoquer l’arrestation de Charles Blé-Goudé. Dites-moi, arrêter Charles Blé-Goudé aura été un jeu d’enfants. Comment expliquez-vous que Ouattara sans beaucoup d’efforts parvient à mettre la main sur tous ses ennemis en fuite ?

Jamais l’Afrique n’a été autant uniformisée au sommet. Même aux pires moments des razzias négrières transatlantiques et arabo-berbères, même aux temps les plus sombres de la colonisation directe, il y avait dans des territoires africains des dirigeants au pouvoir qui résistaient et qui, de ce fait, constituaient des motifs de fierté et donc des modèles. 2011 a emporté les deux derniers résistants Laurent Gbagbo et Mouammar Kadhafi certes avec leur fragilité et leurs contradictions, mais des résistants quand meme. Ceux-là avaient de l’envergure et un discours assez audacieux dans cet ocean africain rempli de piranhas obséquieux envers leurs maîtres mais royalement sanguinaires envers notre peuple. 2011 a inauguré le printemps des cancres et des laquais à savoir les Gnassingbé, les Bongo, les Sassou, les Zuma, les Bozizé, les Guelleh, les Compaoré, les Rajoelina, les Jonathan...qui font la pluie et le beau-temps devant des populations qu'ils immobilisent. Etant dans le meme bateau, ces gens-là constituent une sorte de syndicat qui vole au secours de tout membre en difficulté. Ils ont un même ennemi à savoir tout Africain qui incarne une autre vision. On a vu la même débauche d’énergie lorsqu’il s’était agi de renverser le président Laurent Gbagbo. N’a-t-on pas vu les pires tyrans qui s’accrochent aux miettes du pouvoir colonial depuis des décennies à coups de massacres, de hold-up électoraux et de corruption ainsi que les petits bouffons qui ont succédé à leur père dans le sang et les larmes dans certains territoires mobiliser leurs fameuses armées pour aller donner une bonne leçon de démocratie à ce “dictateur” de Gbagbo? Ils ont tous coopéré pour porter Alassane Ouattara et ses gangs au pouvoir. Il est de leur devoir de les aider à traquer et à capturer tous leurs “ennemis” que sont les résistants. Mais au-delà de tout ceci, la capture de Blé Goudé pose plus la question d’une base-arrière à partir de laquelle les résistants africains pourront se déployer. Il faut y réfléchir sérieusement.

Lynx.info : Beaucoup vont jusqu’à dire qu’il y a bien une main française et surtout la main de l’Onuci derrière tout ceci….

L’hymne national que le régime Franco-Gnassingbé Eyadéma avait fait chanter aux africains du Togo durant 30 ans disait « écartons tout mauvais esprit qui gêne l’unité nationale, écartons-le tout comme l’impérialisme. Les règlements de compte, la haine et l'anarchie ne font que freiner la révolution. Si nous sommes divisés, l'ennemi s'infiltre dans nos rangs pour nous exploiter. A l'Union, l'Union, l'Union, Oh, Togolais! Nos ancêtres nous appellent. La Paix, la Paix, la Paix,Oh, Togolais! Nos aïeux nous l'ordonnent.». Ce couplet qu’on chantait à tue-tête cachait mal la réalité de la tyrannie. On est exactement dans ce schéma en Côte d’Ivoire aujourd’hui. Il faut écarter, sous-entendu, détruire, tuer « tout mauvais esprit » qui étant libre dans la nature peut constituer une gêne à l’ordre établi en Afrique depuis cinq siècles maintenant. Il faut traquer et liquider « tout mauvais esprit » qui puisse troubler par sa seule existence hors de contrôle la bonne marche des affaires. La main française et le bras onusien, c’est-à-dire le bras européo-étatsunien ont toujours frappé les africains. Au-delà des chiens renifleurs que sont les tyrans africains, ces gens-là espionnent eux-mêmes directement les africains allègrement en écoutant facilement toutes les communications, ils interceptent facilement les messages, ils contrôlent l’espace africain qu’ils observent librement et ils disposent à présent des bases de lancement de drones au Mali, en Ethiopie, à Djibouti en Ouganda aux côtés des flottes aériennes de surveillance basées au Burkina Faso, en Mauritanie et au Soudan du Sud. Les drones ont commencé par agir déjà. Bientôt, ils vont cibler des opposants, rebaptisés « dangereux terroristes » dans le jargon d’Obama et de ses lieutenants. C’est dire la facilité avec laquelle ils peuvent écarter « tout mauvais esprit ». C’est dire aussi l’immensité des batailles qui attendent les Africains s’ils tiennent à reconquérir leur espace.

Lynx.info : Komla Kpogli merci.

C’est à nous de vous remercier.


vendredi 15 février 2013

26 FEVRIER 1885: ET L'AFRIQUE ENTRA DANS UN PROFOND COMA



A peine sortie des fers négriers, l'Afrique va rapidement se retrouver au coeur des rivalités coloniales qui vont succéder aux rivalités esclavagistes connues les quatre siècles précédents. La Belgique, plus précisément le Roi des Belges représenté par Henry Stanley ( Gallois, de son vrai nom John Rowlands, devenu l'Américain Henry Stanley, enfant bâtard, car sa mère ne lui a jamais dit le nom de son père) et la France représentée par Savorgnan de Brazza vont vite s'affronter sur le bassin du Kongo que chacune des parties veut disposer exclusivement. En 1876 déjà, le rusé roi des Belges pour s'emparer du Kongo sans se faire remarquer par des géants tels que l'Angleterre, la France, le Portugal, l'Empire Ottoman...va réunir une conférence à Bruxelles pour soi-disant lutter contre les "esclavagistes arabes" et apporter le bonheur chrétien dans le territoire. Pour cela, Léopold 2 va créer l'Association Internationale Africaine (AIA) qui sera transformée 2 ans plus tard en Association Internationale du Congo (AIC) toujours avec des objectifs humanitaires qui cachent ses vrais intentions qui sont purement économiques. Le Portugal, vieil occupant de la région n'entendait pas laisser faire. Il va conclure un accord avec l'Angleterre pour bloquer l'accès à l'océan à l'AIC. De Brazza arriva au nom de la France. Le Portugal voyant la situation se compliquer, va émettre l'idée d'une conférence pour un partage équitable de la région. L'Allemagne qui, jusque-là, observait la scène à distance non sans intérêt, va s'emparer de cette idée pour convoquer une réunion à Berlin. Du 14 novembre 1884 au 26 février 1885, Bismarck rassemble les acteurs coloniaux pour donner à l'ordre colonial africain sa légitimité et sa légalité. Il s'agit pour le Chancelier Bismarck de mettre fin aux occupations "sauvages" en instituant des règles visant à déterminer entre pays européens concurrents en Afrique le droit de la première occupation, à ouvrir à la navigation libre les voies hydrographiques, et à statuer sur le traitement de la main-d'oeuvre locale. La déclaration de la conférence est clair:
"Voulant régler, dans un esprit de bonne entente mutuelle, les conditions les plus favorables au développement du commerce et de la civilisation dans certaines régions de l'Afrique, et assurer à tous les peuples les avantages de la libre navigation sur les deux principaux fleuves africains qui se déversent dans l'Océan Atlantique; désireux, d'autre part, de prévenir les MALENTENDUS et les CONTESTATIONS que pourraient soulever à l'avenir les prises de possessions nouvelles sur les côtes d'Afrique, et préoccupés en même temps des moyens d'accroitre le bien-être moral et matériel des populations indigènes, ont résolu, sur l'invitation qui leur a été adressée par le gouvernement impérial d'Allemagne, d'accord avec le gouvernement de la République française, de réunir à cette fin une conférence à Berlin et ont nommé pour leur plénipotentiaires, savoir: 


(Les pays ayant pris part aux travaux):


1. S.M L'empereur d'ALLEMAGNE
2. roi de PRUSSE
3.S.M L'Empereur d'AUTRICHE, roi de bohème et roi apostolique de HONGRIE
4. SM Roi des BELGES
5. S.M Roi du DANEMARK
6. S.M le Roi d'ESPAGNE
7. Le président des ETATS-UNIS D'AMERIQUE
8. Le président de la REPUBLIQUE FRANCAISE
9. S.M La Reine du ROYAUME UNI, de la GRANDE-BRETAGNE ET d'IRLANDE, impératrice des INDES
10. S.M Le Roi d'ITALIE
11. S.M Le Roi des PAYS BAS, grand duc de LUXEMBOURG
12. S.M Le Roi de PORTUGAL et des Algaves
13. S.M L'Empereur de toutes les RUSSIES
14. S.M Le Roi de SUEDE et NORVEGE
15. S.M l'Empereur des OTTOMAN (TURQUIE)"


De cette conférence va sortir l'Acte de Berlin qui attribua à la Belgique, le Congo sur 2 millions de km2, l'autre côté du fleuve Congo (Congo Brazza 500.000 km2) et le Niger furent attribués à la France . L'Angleterre aura le contrôle du Delta du Niger (Nigeria). Au Portugal reviendra le Cabinda. Elle marqua aussi la puissance de l'Allemagne qui, à partir de cette conférence, rentrera dans la compétition pour l'accaparement de l'Afrique. L'Acte de Berlin décréta aussi que Toute puissance européenne installée sur la côte peut étendre sa domination vers l'intérieur jusqu'à rencontrer une « sphère d'influence » voisine. Mais, elle précise qu'il n'y aura réelle annexion territoriale que s'il y a une preuve: "Traité conclu avec les indigènes". Ceci va susciter une course sanglante de la part des Européens pour ravir des signatures aux africains contraints par des guerres incessantes et des coups d'états remplaçant ici ou là des rois résistants qui seront, entre autres, déportés ou tués tout simplement.


Avec cette conférence de Berlin, l'Afrique est entrée encore plus profondément dans le coma dans lequel des siècles de razzias négrières arabo-musulmanes et industrialo-européennes l'avaient déjà plongé. L'Afrique est devenue à partir de ce moment, un espace morcelé où chacune des puissances européennes ancre profondément son influence. Les indépendances fictives ne feront qu'accentuer le phénomène avec une OUA (Organisation de l'Unité Africaine) confirmant ce morcellement colonial qui ne subira de modifications qu'à l'issue des deux guerres intra-européennes rebaptisées Guerres Mondiales. Plus tard, d'autres conflits coloniaux interviendront pour lui apporter ici ou là des retouches et d'autres sous-fragmentations, toujours dans le même objectif: maîtriser l'Afrique et ses ressources.


15 février 2013


KPOGLI Komla 
MOLTRA