vendredi 7 novembre 2008

Togo : le retour des brebis perdues ?

Rodrigue KPOGLI
http://lajuda.blogspot.com/

Le Togo a changé. Illusion !
Et positivement. Supercherie illusoire encore !

Des Togolais renvoyés en exil par feu Eyadèma Gnassingbe, sont en train de regagner le bercail. Certains, définitivement. D’autres, par intermittence. Dans tous les cas, ces retours sont annoncés urbi et orbi via la presse. Et en clamant ainsi leur retour, ces « voyageurs » prouvent l’existence d’un Togo périlleux et dangereux pour les opposants. Ils se donnent donc une image d’hommes courageux, bravant la peur et l’insécurité en comptant sur la protection de l’opinion préalablement ameutée.

L’objectif – semble-t-il - de ces annonces tambour battant, est de se donner des garanties sécuritaires en alertant la communauté nationale et les observateurs étrangers. Une façon de rentrer au Togo sous le regard des uns et des autres en vue de dissuader le pouvoir en place et ses milices de tenter quoi que ce soit contre le nouvel arrivant.

Cette démarche astucieuse contre le régime togolais tartuffe par essence, est tout à fait compréhensible. Cependant, il faut affirmer que les « rentrants » rendent service au régime de Faure Gnassingbé « à l’insu de leur plein gré », quoi que, les véritables motifs des rentrants ne sont pas toujours transparents, mais ça c’est un autre débat. Comment justifier que le Togo demeure une dictature, ne garantissant aucune sécurité aux « opposants exilés » depuis une vingtaine d’années voire plus, et y retourner ? Rentrer au Togo, la peur au ventre d’être arrêté, kidnappé ou assassiné et y sortir sans égratignures, c’est au crédit du pouvoir en place. Croyant exposer le pouvoir, c’est plutôt l’effet contraire qui se produit, car si les ces exilés politiques peuvent retourner au Togo, aux yeux du monde, c’est que quelque chose a changé en bien. Ainsi, ces publicités gratuites claironnant ces retours sont au profit du clan Gnassingbe. Il est d’ailleurs remarquable qu’aucun des voyageurs ne mentionne des ennuis avec le pouvoir. Sauf, Eloi Koussawo qui a jugé utile de raconter ses aventures. Mais Koussawo a été complètement désavoué. Sur la toile, il a été lynché et qualifié de menteur. C’est peu dire que personne n’a cru à son histoire. Et cela, c’est au bénéfice du régime togolais.

De deux choses l’une, ou alors le Togo est une tyrannie où la peur et la répression élisent domicile. Et dans ce cas, revoir la terre natale est impossible, pour le moins provisoirement, aux exilés voulant y aller officiellement. Ou alors, le Togo a changé et est devenu une démocratie où chaque citoyen a le droit d’aller et de venir à son gré. Et dans ce cas, tout Togolais vivant à l’étranger ou non, peut entrer et sortir sans crainte et sans annonce.

En annonçant leur retour dans les media et en faisant le mouvement aller-retour, ces Togolais donnent au pouvoir un visage humain, et font de lui une démocratie qui n’attente plus à l’intégrité physique de ses opposants, et qui garantit la sécurité à tout Togolais. Ce qui en réalité est faux, si on se réfère au tout récent assassinat d’Atsutsè Kokouvi Agbobli.

Gilchrist Olympio, pourchassé pendant longtemps par le clan Gnassingbe est probablement celui qui a ouvert le bal des retours. Olympio est rentré au Togo depuis un an déjà. Ce qui fait dire à certaines personnes que le Togo a changé et que le fils n’agit pas comme son père. Les raisons du retour d’Olympio ne sont pas simplement le retour de l’enfant au pays, et sa position politique aujourd’hui mériterait d’être débattue, mais ce n’est pas notre préoccupation ici.

S’il est tout à fait exact que la lutte pour la démocratie au Togo, se déroule sur la terre togolaise aux côtés du peuple, il n’en demeure pas moins vrai que les retours dans les conditions actuelles, sont la confirmation de l’échec du combat démocratique. Car, après avoir osé la lutte, ces Togolais finissent par se rendre compte d’une évidence : celle de la réalité faite d’impuissance. Quand la chasse n’a pas été bonne, les chasseurs rentrent bredouille au bercail.

Ces démocrates, regagnent un pays sous une dictature bien plus féroce mais plus subtile qu’avant leur départ du Togo. A leur arrivée, ils verront un Togo dévasté. Un Togo, étranglé où la population rumine sa colère. Un Togo, en apparence libre, mais en réalité fermé et étroitement surveillé. Ils verront des médias (journaux écrits, radios et télévisions) en apparence ouverts et critiques alors que peu le sont vraiment. Ils verront des patrimoines publics abandonnés et un réseau routier en déliquescence avancée. Ils verront le tissu social en lambeaux. Ils trouveront un système médical complètement inexistant. Ils verront des Togolais plus misérables qu’avant. Ils verront une jeunesse laissée-pour-compte et qui vit de la débrouillardise. Ils verront l’insouciance des soi-disant dirigeants et mesureront le degré de leur criminalité. Ils verront que nos cimetières sont immenses et ne cessent de grandir. Alors, se rendront-ils compte de l’immensité de la tâche qui attend les Togolais. Ils s’apercevront que nos objectifs ne sont pas atteints et que la fin de la lutte est plus éloignée que le début. Ils s’apercevront que c’est le retour à la case départ et que leur histoire ressemble à quelques exceptions près, à celle du crabe qui est retourné dans la boue après avoir entretenu l’illusion d’une propreté définitive dans l’eau.

Cyniquement, pour le régime tyrannique togolais, ces retours sont du pain béni. Dans la perspective électorale de 2010, quelle bonne image que baby Gnassingbe se forge en laissant rentrer au Togo, ces opposants qu’Eyadema Gnassingbe n’a jamais voulu voir ! Le clan Gnassingbe utilisera ces retours comme des trophées de réconciliation et du changement durable. Car, sous Gnassingbe-père, il n’a pas été possible à ces exilés, de s’approcher de la terre natale. Ainsi, la victoire frauduleuse qui se profile une nouvelle fois à l’horizon 2010, sera justifiée par l’argument selon lequel le vote en faveur de Faure Gnassingbe est l’adhésion du peuple togolais à sa politique d’apaisement, de réconciliation et de changement. Laquelle politique aurait permis à des Togolais exilés de retrouver la terre natale. Le retour des vampires bailleurs de fonds sera aussi allégué.

On aura beau contredire cette version de l’histoire. Elle présente, cependant, une certaine logique argumentaire, aux yeux des observateurs étrangers ignorant les réalités locales. Déjà en octobre 2007, lors des législatives, le Rassemblement du Peuple Togolais au pouvoir depuis un demi-siècle bientôt, a expliqué sa victoire volée par l’adhésion des Togolais à la politique d’apaisement et de réconciliation de Faure Gnassingbe et avait mis en avant la présence de Gilchrist Olympio au Togo, comme preuve palpable du changement.

En définitive, ces Togolais veulent se présenter comme des hommes courageux, bravant la peur, l’insécurité et la brutalité d’un pouvoir sanguinaire. C’est perdu ! Ils sont d’ores et déjà, dans les mains du clan au pouvoir, des trophées de la réconciliation et du changement à brandir au bon moment, avec le credo que ce que le père n’a jamais voulu faire, le fils l’a réalisé. Cela fera partie des justifications qui nous seront sorties en 2010. Cela nous fera bondir, mais hélas ! Nous aurons du mal à convaincre. Puisque dans une logique purement stratégique, nous aurons perdu en étant incohérent dans nos analyses et démarches.

lundi 27 octobre 2008

L’obscurité, un outil de libération de l’Afrique.

27 octobre 2008

Le continent africain est dans le noir. Ces derniers temps, une crise énergétique sans cesse plus aigüe sévit partout en Afrique. Les villes déjà difficilement électrifiées, ploient sous les délestages chroniques. Les petites villes et les villages, quant à eux, ne rêvent même pas d’électricité. Les seules sources d’éclairage qu’ils connaissent, c’est la lampe-tempête à pétrole lampant et le feu de bois.

Les peuples en ont assez et ils ne cessent de le clamer. En effet, la question de l’énergie électrique est au centre d’énormes bras de fer entre les Africaines et leurs guignols de gouvernants. Ces derniers n’hésitent pas à envoyer le couple militaro-policier, réprimer les revendications populaires pour l’accès à l’électricité. Ainsi, au lieu d’offrir l’électricité aux peuples africains, on leur offre des balles, des matraques et des coups de fouets. Comme toujours ! Car, aux yeux des satrapes tropicaux et leurs alliés, les peuples africains n’ont aucun droit.

Guinée, Togo, Nigeria, Guinée Equatoriale, Cameroun, Gabon, Zimbabwe… Partout il est difficile aux populations d’avoir de l’énergie. Alors que la majorité des pays africains disposent d’énormes réserves de gaz, de pétrole, d’eau et de charbon, une infime minorité des villes accède à l’énergie.

Les pions africains, prétendant faire face au mécontentement grandissant des peuples, parlent de groupes électrogènes chinois et de centrales nucléaires. Le Togo, par exemple, a opté pour la première solution comme le témoigne le directeur général de la Compagnie énergie électrique du Togo (CEET), Kodjo Pédassou, qui déclare avoir commandé 20 containers de groupes électrogènes diesels depuis septembre 2007. Un autre financement de 209 millions USD pour la construction d’une centrale électrique à Lomé a été accordé à Contour Global Togo par Overseas Private Investment Corporation (OPIC), l’agence de garantie des exportations du gouvernement américain. La Banque d'investissement et de développement de la CEDEAO (BIDC) a, quant à elle, accordé un prêt de 6,25 milliards FCFA à la Compagnie d'énergie électrique du Togo (CEET) pour la réhabilitation et l'extension de son réseau de distribution.

Le Sénégal de son côté, choisit la voie nucléaire suivant ainsi les pays maghrébins. Karim Wade, en août dernier, est allé –semble t-il- négocier le nucléaire avec Sarkozy qui a saisi l’occasion pour lancer le fiston Wade sur la voie municipale de Dakar, le préparant ainsi cyniquement et doucement à la succession de son père Abdoulaye Wade. Quel gâchis, au moment où ces énergies sont combattues par des occidentaux de plus en plus acquis aux énergies propres et renouvelables.

Si les guignols africains optent pour ces énergies polluantes et coûteuses, c’est qu’en plus d’être intellectuellement myopes, la commande des électrogènes et des centrales est une vraie occasion de surfacturation et de magouilles à ne pas rater. Les prêts qu’ils ont acquis pour faire de telles commandes sont aussi des aides liées. Lesdits prêts signifient que les machines doivent être livrées par des filiales industrielles des institutions qui les ont financées ou en tout cas par leurs partenaires.

Quand on voit le coût de ces machines et les contraintes liées à leur entretien, la seule question qu’on peut se poser est de savoir ce que les guignols africains font du soleil, du vent et des immenses cours d’eau dont l’Afrique dispose. Engager l’Afrique sur la voie nucléaire alors que la médiocrité ambiante mine tous les Etats-croupions africains, c’est exposer les populations à une mort certaine. On imagine mal une surveillance irréprochable des centrales dans le contexte africain actuel avec des dirigeants pareils. Quant à la solution des groupes électrogènes, elle est ridicule et dérisoire face aux besoins des peuples. Pour le Togo, le directeur de la CEET affirme d’ailleurs que seuls 14% des besoins nationaux seront couverts par les groupes électrogènes ainsi commandés. En plus, cette solution implique des coûts supplémentaires en carburant. Dans tous les cas, les dégâts environnementaux sont assurés.

Face à cette situation, pourquoi ne pas choisir le solaire étant donné la présence quasi permanente du soleil dans le ciel africain. Quel cadeau ! Pourquoi ne pas investir dans l’éolienne, quand on connait la quantité et la qualité du vent en Afrique.

Le solaire et l’éolienne peuvent largement solutionner la crise énergétique en Afrique, puisque le soleil et le vent sont là en abondance. Il est temps de travailler ces sources dont le développement lancera le progrès industriel de l’Afrique avec une moindre pollution environnementale en plus.

Mais les guignols africains ne vont pas s’engager sur cette voie. Leurs tuteurs occidentaux et asiatiques ne vont pas non plus le leur permettre. Car, l’accès des Africains aux énergies renouvelables pouvant assurer leur indépendance, est une question éminemment géopolitique et géostratégique. Les matières premières peuvent être transformées sur place. Ceci empêcherait les guerres entretenues qui ont pour enjeux le pétrole, le gaz, l’or, l’uranium, le coltan, le cobalt, le diamant. L’agriculture peut enfin se moderniser et les Africains pourront se détourner des produits d’exportation : café, cacao, thé, banane, etc., ou ils pourront tout au moins influer sur leurs prix.

Le solaire et l’éolienne sont des énergies décentralisées par essence, utilisables partout sans grosse infrastructure, contrairement aux schémas politiques actuels, qui cherchent à centraliser et contrôler l’accès énergétique au maximum. L’accès par des peuples africains à de nouveaux modèles d’énergie, est donc une nette menace pour les systèmes en place car ces énergies rendront les peuples africains indépendants d’une source d’énergie unique contrôlée, et qui brasse surtout un maximum de profits.

Enfin, dans une perspective de prédation, la lumière n’est pas une bonne chose pour l’Afrique. Une Afrique dans le noir est économiquement plus rentable puisque c’est dans l’obscurité que les magouilleurs, les corrupteurs et les corrompus agissent. L’éclairage des rues va inévitablement éclairer les esprits. Il y aura foisonnement de médias, le développement de l’internet, bref, les initiatives citoyennes n’auront plus de grandes difficultés à se mettre en place. Ceci est donc inacceptable pour les prédateurs, à cause de la menace que cela représente pour les réseaux politico-mafieux et criminels qui opèrent en Afrique. C’est bien connu, ils n’aiment pas la lumière, les vampires !

En clair, les crises énergétiques sont fabriquées et savamment entretenues pour maintenir les peuples africains dans l’immobilisme voire l’obscurantisme. Elles ne sont en aucun cas involontaires et liées à un déficit pluviométrique, comme aiment l’expliquer les guignols africains. Au contraire, ils maintiennent l’Afrique dans le noir pour mieux écraser les peuples, mieux voler leurs richesses, mieux contrôler les mouvements des citoyens… avec la complicité des néocoloniaux occidentaux et asiatiques.

Mais les Africains doivent comprendre une chose. Si les ennemis du peuple, que sont les soi-disant présidents africains, certains de nos propres frères, les ONG, le FMI, la BM, l’OMC, les multinationales et d’autres outils néocoloniaux, opèrent dans l’obscurité contre nous, il nous faut à contrecoup, nous servir de cette même obscurité pour préparer le grand nettoyage. Elle ne doit plus servir simplement pour dormir, et ne doit plus constituer un obstacle à l’action ; les peuples africains doivent plutôt en profiter pour tisser patiemment la nasse de la révolte contre ces sinistres faiseurs de nuit.
A malin, malin et demi.

Rodrigue KPOGLI

samedi 18 octobre 2008

La francophonie : comment les langues et les cultures africaines sont asphyxiées.

18 Octobre 2008

Rodrigue KPOGLI
http://lajuda.blogspot.com/

C’est du 17 au 19 octobre 2008 à Québec, que se tient le XIIème sommet de la sulfureuse Francophonie, organisation néocoloniale tenue d’une main de fer par la France et certains de ses amis notamment le Canada, une partie de la Belgique et une partie de la Suisse. Malgré un climat de tempête financière, cette rencontre, à laquelle d’ailleurs les valets africains participent comme toujours, confirme que la clientèle africaine, quelle que soit la situation du marché, reste fidèle aux galéjades francophones. La présence d’immenses délégations africaines à ce sommet démontre à merveille que les vassaux africains ne savent même pas de quoi l’Afrique a besoin, surtout en ces temps de crises où la logique aurait voulu la rupture avec les différents instruments de domination au service des pays occidentaux. Que dire encore de la présence de Kufuor, président du Ghana, pays d’héritage colonial anglophone, qui se présente aussi parmi les canailles francophones africaines ! Sinon, que la faune s’étend bien !

Le grand Diouf, Secrétaire général de la Francophonie, dominant largement les 155cm talonnettes comprises du petit Bongo, sait parfaitement que tous ces clients africains sont des voleurs de suffrages démocratiques et des assassins. Mais il sait aussi que lui-même, à l’époque de sa présidence au Sénégal, avait aussi fait partie de cette bande de guignols assoiffés de sang et de gadgets.

Voilà que des nègres, incapables de promouvoir leurs propres langues et leur propre culture - qu’ils ne connaissent d’ailleurs même pas - s’agitent et se présentent en rang pour porter la langue et la culture de leur maître. Ces jongleurs maléfiques, véritables instruments alternatifs de colonisation, trépignent de joie dans leur participation à la dévastation de la société africaine. L’œuvre coloniale est ainsi gaillardement assurée.

D’ailleurs, Sarkozy le roi des français, n’a même pas perdu son temps à ce sommet, car sa visite chez Bush pour parler de la crise financière, est évidemment bien plus importante que la prétendue promotion de la langue et de la culture françaises. Les nègres vont se charger des tâches promotionnelles. Les chiens étant toujours prompts à prendre des initiatives de chasse pour ramener les proies à leur maître. En visitant le sommet francophone au pas de charge, Sarkozy au moins sait distinguer l’essentiel du superflu ; en fin de compte, il assure les deux à la fois en sous-traitant le second aux métayers nègres.

On peut virevolter dans tous les sens, on peut inventer les thèmes les plus actuels lors de ces sinistres carnavals, et surtout on peut engager des milliards d’euros pour polir l’image de ce machin. On peut utiliser des tonnes de savon pour laver cette machine, son odeur nauséabonde reste dans la conscience africaine, car elle ne fait que soutenir via ses missions d’observateurs électorales, les mascarades électorales en Afrique et les massacres qui s’en suivent.

Culturellement, la francophonie étouffe et tue les langues négro-africaines au quotidien. Dans les pays africains, il est interdit de parler sa langue maternelle à l’école, et le délit est sévèrement sanctionné. Quel pays africain n’a pas connu ce qu’on appelle le SIGNAL : ces objets qu’un élève doit s’attacher au cou s’il commet le crime de parler sa langue maternelle. Qui a oublié les raclées pour avoir osé parler sa langue maternelle ?

La Francophonie a tué la littérature africaine. Les auteurs africains sont quasiment absents du marché littéraire européen francophone. Mais à l’inverse, les livres français pullulent en Afrique.
Les médias français, notamment RFI et TV5, sont largement diffusés en Afrique pour assurer le Service Après Vente. Ainsi, ces médias inondent l’Afrique d’idées et d’images destinées à écraser la culture africaine et à la dénigrer. De ce fait, pour s’informer sur l’Afrique, des millions d’africains sont obligés d’écouter Radio France Internationale et de se référer à des agences comme l’Agence France Presse, Reuters et autres. Ce sont les seuls canaux disponibles. D’ailleurs ce sont les seuls qu’on crédite. C’est ainsi que, dans une logique purement idéologique, les informations sont « traitées et masterisées » avant d’être retransmises aux Africains, qui, dans une large proportion, ne savent pas encore qu’ils consomment ainsi des produits hautement toxiques.

Tel un cancer qu’on ne peut combattre, la francophonie se propage et atteint la jeunesse africaine de plein fouet, à travers des associations et des organisations dites de la société civile. Le comble, c’est que ce sont ces jeunes qui assurent la pérennité de ce qu’on peut appeler le bras politico-culturel de cette para ONU Françafricaine, en acceptant des miettes de financements en échange de la promotion de la démocratie, du dialogue et du développement, concepts nébuleux dont se sert la machine francophone pour brouiller les esprits. Elle réussit même à noyauter la jeunesse africaine en instituant les Conseils nationaux de jeunesse (CNJ) comme seul interlocuteur de la jeunesse auprès des dictateurs africains. L’objectif de ces CNJ est en réalité de fondre tous les mouvements de jeunesse dans un creuset en vue de casser une contestation juvénile sans cesse croissante en Afrique aujourd’hui.

Pendant que les pions-gouvernants africains promeuvent activement les langues d’autrui, les langues africaines, elles - décrétées vernaculaires, ou patois, ou encore dialectes - ne sont en aucun cas reconnues dans les pays occidentaux, membres de la francophonie. On s’indigne lorsque les africains parlent leurs langues dans les rues des pays occidentaux. La presse ne manque d’ailleurs pas de relayer la frustration des populations locales qui se font casser les tympans avec les « langues de singes » qui les inondent. La francophonie est-elle active contre ce genre de choses ? Non !

Quant aux satrapes africains, ils ne pensent même pas à une langue africaine qui doit porter l’unité africaine qu’ils prétendent construire. Quand on les voit si actifs dans le soutien du français ou de l’anglais, on ne peut s’empêcher de leur demander à quand un sommet sur le swahili ou le bambara !! Ils n’y pensent même pas, ces cancres démagogues qui adorent pourtant les sommets et les réunions spectacles où ils se livrent à de véritables défilés de modes. A quand un sommet africain avec pour invités les dirigeants occidentaux pour la promotion des langues africaines dans le monde ? Et dire que l’esclavage et la colonisation ont soi-disant pris fin !

Consciente d’ailleurs des puanteurs de la francophonie, la ministre des Relations internationales responsable de la Francophonie au Canada, Monique Gagnon-Tremblay, ne se cache pas pour déclarer lors de la cérémonie de passation des pouvoirs de la présidence de la Conférence ministérielle de la Francophonie, que la Francophonie souffre d’un déficit d’image et que sa réalité, complexe et multiple, est mal comprise chez nous comme ailleurs. Elle rajoute que nous avons le devoir d’offrir au monde l’image d’une organisation sensible aux préoccupations des citoyens, en phase avec les besoins de notre époque, soucieuse d’efficacité et de résultats.

En clair, les « francofauves » ne travaillent pas pour transformer la réalité des populations. Au contraire, il faut leur offrir une image de sensibilité à leurs préoccupations. Et, la communication-propagande sachant que l’image est plus importante que la réalité, on comprend alors aisément pourquoi à Québec, on lie la promotion de la langue française à la gouvernance et la démocratie, ainsi qu’à la promotion de l’environnement. Ça fait neuf et propre, l’environnement et la démocratie, n’est-ce pas ?

Peu importe le temps que cela prendra. La maison francophone est appelée à disparaître pour une véritable renaissance de l’Afrique, aujourd’hui encore engluée dans les marécages du néocolonialisme, infestés de caïmans et de tyrannosaures. Mais en attendant ces temps-là, commençons à nous mobiliser, à nous organiser et à révéler aux yeux de nos populations la vraie nature satanique de cette machine qu’est la francophonie.

samedi 11 octobre 2008

M. Wade et Bongo : demandez la fermeture des bases militaires avant de nous parler de « réciprocité » avec la France.

AFRIQUE

M. Wade et Bongo : demandez la fermeture des bases militaires avant de nous parler de « réciprocité » avec la France.

11 Octobre 2008

Le « Joola », cordon ombilical entre la région Sud de Casamance et le reste du Sénégal a coulé dans la nuit du 26 septembre 2002. Bilan : 1953 morts. Parmi ceux-ci, se trouvaient 22 Français. En France, leurs familles ont porté plainte en 2003 débouchant sur l’instruction ouverte à Evry pour "homicides involontaires et défaut d’assistance à personne en danger".
Les responsables de ce drame n'ont pas réellement été punis. Il est vrai que certaines têtes sont tombées politiquement et une certaine indemnisation pécuniaire a été attribuée aux familles des victimes. Mais le volet pénal du naufrage a été enterré par le vieux Wade et ses amis alors qu’il aurait été logique que Wade, un incapable majeur, un des joyeux néolibéraux africains, assume ses propres responsabilités avant tout.

Le 12 septembre 2008, Jean-Wilfried Noël, un juge d’Evry, en région parisienne délivrait neuf mandats d’arrêt internationaux contre de hauts dignitaires sénégalais, dont le premier ministre d’alors, Mame Madior Boye, pour leur responsabilité présumée dans le naufrage du "Joola". Ces mandats valant inculpation visent aussi l’ex-ministre des Forces armées Youba Sambou, l’ex-ministre des Transports Youssouf Sahko et de hauts responsables de l’armée dont le général Babacar Gaye, alors chef d’état-major général des armées ainsi que d’autres de la marine.

Quelques jours plus tard, le Sénégal riposta et annonça des poursuites contre le juge français pour "forfaiture et discrédit sur les institutions". Puis, évoquant la réciprocité, une plainte a été déposée contre Jean-Pierre Raffarin et Dominique de Villepin, respectivement premier ministre et ministre de l’intérieur et de la sécurité d’alors, ainsi que Jacques Bravo, alors maire du 9ème arrondissement de Paris dans l’affaire de l’incendie de l’hôtel Paris Opéra qui avait fait deux morts et quatre blessés graves, tous ressortissants sénégalais.

Wade prend les Africains pour des idiots en agissant ainsi. Lui qui n’arrive même pas à faire juger Hissène Habré, le pion Tchadien déchu, peut-il juger deux ex-premiers ministres de la France, puissance néocoloniale impénitente ? Wade dont le gouvernement n’arrive même pas à faire infliger des amendes aux chauffards qui violent les feux tricolores au Sénégal, peut-il oser juger deux hommes politiques français de premier plan ? Non, évidemment car Wade n’a ni les moyens, ni le courage encore moins la volonté de le faire. Le Sénégal dépend sur de nombreux plans de la France. Du moins, officiellement. Pourtant dans les faits, c’est le contraire qui est vrai. Comme d’ailleurs pour tous les pays africains.

Cette histoire est donc, le rugissement d'un tigre en papier. Elle est destinée à noyer le poisson tout comme les expulsions de Français par Bongo du Gabon en "réciprocité" des expulsions des Africains en France. Le Valet ne peut oser punir son Maître. Ce sont des opérations de communication voire d’enfumage destinée à tromper le peuple africain et pour lui faire croire qu’il a des dirigeants responsables, capables de défendre ses intérêts face à des néocoloniaux français et d’ailleurs. En somme, faire croire au peuple, qu’ils sont à la barre. Il n’en est rien dans la réalité car, les dirigeants africains sont des pions contre notre peuple qu’ils méprisent, violent, volent et massacrent dans le but de satisfaire leur appétit et les intérêts de leurs mentors.

D’ailleurs, le vieux Wade qui rêve de transformer le Sénégal en un Togo-bis, est en train de positionner son fils Karim pour lui succéder. Et le fiston Karim se fait actuellement conseiller par Sarkozy qui l’a convaincu à l'Elysée le 20 août dernier de briguer la municipalité de Dakar. La Françafrique ne dort pas ! Le renouvellement des espèces de l’enclos françafricain est assuré. Et les affaires louches vont continuer avec ces fils-à-papa. Les Africains n’ont qu’à agrandir les cimetières ou se préparer à nettoyer au Karcher les écuries! La jeunesse est une fois encore interpellée. A elle de prendre le devant des choses en toute responsabilité.

Voilà des individus à qui il est demandé de fermer les bases militaires et de rompre les accords secrets de défense- véritables couteaux sur la gorge des peuples. Il est attendu d’eux un non ferme et définitif à l’aide et à la coopération qui ne sont rien que des astuces pour vider l’Afrique de ses richesses. Il est attendu d’eux une opposition aux règles inéquitables du commerce mondial propagées par l’OMC. Il est attendu d’eux, le rejet des fraudes électorales et des violences policières et militaires. Il leur est demandé de s’opposer aux impositions du FMI, de la Banque Mondiale et de leurs mentors. Il leur est demandé de relever leurs manches, de construire l’unité africaine, de créer des emplois, de s’occuper de la santé, de l’éducation et du bien-être du peuple. On attend qu’ils s’opposent aux monopoles des entreprises des puissances néocoloniales sur les marchés africains. On attend qu’ils refusent de soumettre le peuple au paiement de la dette. Rien de tout ça. Car, ce sont des valets locaux auxquels nous devons nous débarrasser impérativement. A défaut, ils offriront toujours cette illusion de souveraineté face à la France qui, pourtant les porte et maintient au pouvoir. Ils joueront toujours à la comédie devant le peuple.

Wade parle aujourd’hui de réciprocité alors qu’il n’a même pas pu lever le petit doigt contre le discours de Sarkozy sur la terre Sénégalaise. Au contraire, il dira que Sarkozy « est un ami de l’Afrique, victime de son nègre Henri Guaino ».

Le Sénégal n’est capable de quoi que ce soit contre la France sur cette question d'incendie à Paris et sur bien d'autres encore. La stratégie des pantins africains est de se donner une image de dirigeants responsables et indépendants des puissances néocoloniales. Ce qui est parfaitement faux.

Ces sautes d’humeur de « réciprocité » ne trompent personne. Wade et Bongo, deux vieux crocodiles dans la mare françafricaine, vous n’avez aucun crédit dans vos actes et paroles. Vous n’en aurez jamais. Osez demander le démantèlement des bases militaires françaises au Sénégal et Gabon à partir desquels la France contrôle l’Afrique de l’Ouest et l’Afrique centrale, avant de nous parler de « réciprocité » judiciaire ou politique.

Rodrigue KPOGLI

jeudi 9 octobre 2008

Trafic d'armes : l'affaire Jacques Monsieur plane sur l'Angolagate

ENQUETE
C'est devenu un classique chez les avocats pénalistes confrontés à une grosse affaire politico-financière. A l'ouverture de l'audience, faire le procès du juge et de l'enquête. Dans l'Angolagate, les ténors du barreau ont plutôt choisi d'attaquer la procédure, déjà mise à mal pendant l'enquête. Pourtant, une affaire similaire de trafic d'armes a été jugée au printemps dernier à Bourges. Elle devrait, logiquement, faire jurisprudence. Analyse.

Un jugement passé inaperçu, dans une affaire similaire

Mercredi 21 mai 2008, il y avait peu de monde au Tribunal de grande instance de Bourges. Pourtant, ce jour-là, les magistrats rendaient public leur décision sur une énorme affaire de trafic d'armes. Or, l'histoire du marchand belge Jacques Monsieur s'est écrite à la même époque que celle de Pierre Falcone. Dans les années 90, M. Monsieur, fils de bonne famille passionné de chevaux de dressage lusitaniens, s'installe à Lignières (Cher) pour restaurer un haras au pays de l'âne noir.
Fort de ses contacts avec les réseaux Pasqua, il poursuit son activité d'intermédiaire, avec l'assentiment des services secrets occidentaux, comme il l'expliquera dans l'unique entretien accordé en 2004 à RFI. Il achète, vend et livre toute sorte d'armes à des pays aussi différents que l'Iran, l'Inde, le Venezuela, le Togo, le Qatar, les deux Congo… Un vrai « lord of war », surnommé « the fox » (le renard) dans le milieu.
Le cas Monsieur est intéressant pour les avocats engagés dans la procédure de l'Angolagate, car les points de similitude sont nombreux :
Jacques Monsieur effectue de nombreuses transactions entre pays étrangers (armes iraniennes vendues au Congo Brazzaville en 1997) ;
il passe le plus souvent par une société (Matimco) basée à l'étranger (Bruxelles) ;
il utilise de nombreuses banques étrangères (Luxembourg, Suisse) et des relais dans les paradis fiscaux ;
la seule matérialité établissant le « commerce illicite d'armes » repose souvent sur un contrat ou une lettre de crédit signé, ou parfois un échange de faxes.

Une jurisprudence constante depuis 1939

Logiquement, maître Hervé Cabeli, avait plaidé durant la procédure la nullité des poursuites, puisque les transactions ne passaient pas, matériellement, par la France. Un argument repris dès mardi par les avocats de l'Angolagate.
Dans son jugement, le TGI de Bourges est formel (voir le document). Les poursuites pour « commerce illicite d'armes » sont valables, car elles reposent sur le décret-loi de 1939 qui définit deux principes :
dans l'article 2, il est indiqué que la fabrication et le commerce d'armes de guerre « ne peuvent fonctionner et l'activité de leurs intermédiaires ou agents de publicité ne peut s'exercer qu'après autorisation de l'Etat et sous son contrôle ».
dans l'article 24, le même texte « sanctionne expressément toute personne qui “exercera son activité en qualité d'intermédiaire” à l'occasion de la fabrication ou du commerce des matériels, armes et munitions des catégories visées à l'article 2 du décret, sans qu'aucune condition de nationalité de la personne ne soit édictée ».

Et la conclusion des juges est d'une logique implacable :

« Aucune des dispositions du décret-loi précité n'impose, par ailleurs, que le matériel d'armement ou les munitions transitent sur le territoire national, le texte se bornant à incriminer les personnes accomplissant des actes de commerce ou agissant en qualité d'intermédiaire, dès lors qu'un seul élément de l'acte de commerce a été accompli sur le territoire national ;
L'argumentation de Jacques Monsieur -tendant à la démonstration de l'existence d'un vide juridique dans l'hypothèse où les armes et munitions n'ont pas transité sur le territoire national- devra donc être écarté ; »

En 2001, la Cour de cassation a déjà « nettoyé » la procédure

L'agitation de la prestigieuse brochette d'avocats de l'Angolagate ressemble fort à un coup pour rien. D'autant plus que cette procédure, comme toutes les affaires politico-financières d'envergure, a fait l'objet d'un peignage juridique pointilleux. Tout le monde semble avoir oublié qu'en juin 2001, la Cour de cassation avait annulé une partie de la procédure et des mises en examen, au motif justement de non-conformité avec le décret de 1939. (Voir la vidéo)
Pour mémoire, Jacques Monsieur a écopé d'une peine lourde (quatre ans de prison) mais avec sursis, notamment parce qu'il avait déjà purgé une autre peine, en Belgique, pour les mêmes faits et d'une amende ridicule (4500 euros) au regard des sommes en jeu.
Quant à ses complices, factotums ou représentants dans des pays étrangers, ils ont aussi eu droit à des peines avec sursis et de toutes petites amendes. Dans la mesure où personne -ni les prévenus ni le ministère public- n'a fait appel de cette décision judiciaire, ce jugement est aujourd'hui définitif.
David Servenay

mardi 7 octobre 2008

Angolagate : le roman français du trafic d'armes

ENQUETE
L'Angolagate, une incroyable affaire politico-financières de trafic d'armement, est jugée à Paris à partir de ce lundi.

Après le procès Elf en 2003, le tribunal de Paris juge à partir de ce lundi l'une des plus incroyables affaires politico-financières. L'Angolagate, comme on l'a surnommé, offre une plongée dans l'univers clos, secret et très lucratif du commerce des armes. Commerce illicite ou autorisé ? Et si oui, de quelle manière ? La question plannera en permanence jusqu'en mars 2009, date prévue de la fin de l'audience.

Quand un militant tiers-mondiste du PS croise les Pasqua boys

C'est l'histoire d'un militant tiers-mondiste du PS qui croise au printemps 1993 l'ancien responsable de la cellule Afrique de l'Elysée. Passionné par l'Afrique australe, Jean-Bernard Curial connaît bien Jean-Christophe Mitterrand. Il connaît encore mieux la génération des maquisards communistes parvenus au pouvoir à Luanda, à la faveur d'une guerre civile qui dure depuis vingt ans.
Le président angolais, José-Edouardo Dos Santos, rencontré dans le maquis en 1973, l'a mandaté pour chercher des armes en Europe. Après un accord de paix signé en 1992 avec les rebelles de l'Unita, le conflit menace de reprendre. Mais voilà, l'Angola est sous embargo de l'ONU. Il faut donc emprunter des chemins de traverse.

Une affaire hors normes

Outre le nombre des prévenus (42), la taille du dossier judiciaire (170 tomes d'environ 1000 pages chacun et 1000 scellés), les avocats mobilisés (60 ténors du barreau), ce procès est prévu pour durer jusqu'au printemps, à raison de 58 audiences pour faire le tour de la question.Les prévenus risquent en théorie de cinq à dix ans de réclusion, les faits examinés représentent 790 millions de dollars de transactions, étalées sur cinq ans (1993-1998), autour de trois pays : l'Angola, le Cameroun et le Congo-Brazzaville.

En croisant Mitterrand, Curial entre en contact avec le réseau des Pasqua boys. Ce que la France officielle refuse (pas de ventes d'armes vers un pays en guerre civile), la France de l'ombre le fera.
Le tout nouveau ministre de l'Intérieur du gouvernement Balladur a placé ses hommes dans les circuits contrôlant l'Afrique des armes et du pétrole : Jean-Charles Marchiani, chargé des questions de sécurité et de renseignement au cabinet du ministre, plusieurs responsables de la Sofremi, société d'exportation de matériel de sécurité rattachée au ministère de l'Intérieur ainsi qu'un duo d'intermédiaires de haut vol, Pierre-Joseph Falcone et Arcadi Gaydamak.

Une paire d'intermédiaires très complémentaires

L'efficacité de cette paire repose sur leur complémentarité. Falcone, fils de pied-noir d'Algérie, négociant en fruits, polyglotte, « très chaleureux, sympathique, très énergique », comme le décrit l'actrice Charlotte Rampling, marié à une ancienne miss Bolivie, quatre téléphones portables en poche, suivi en permanence par une Mercedes bourrée de gardes du corps : l'archétype du négociateur prêt à prendre des risques que les Etats ne peuvent assumer. Selon la bonne vieille doctrine du feu orange : si vous êtes pris la main dans le sac, on ne vous connaît pas.
Arcadi Gaydamak, ancien colonel du KGB, émigré en France dans les années 70, tour à tour traducteur, informaticien et self-made man, « secret, froid et taciturne » selon les témoins interrogés par le juge Courroye.Il a acquis la nationalité israélienne en 1972, puis française en 1986. Il est proche d'un ancien chef d'Etat-major de l'armée de terre soviétique. Quand le bloc de l'Est s'effondre, ses contacts au sein du complexe militaro-industriel russe vont se transformer en or.
La répartition des rôles est simple : Gaydamak fournit la marchandise en puisant dans les vieux stocks d'armes et de munitions de l'Armée rouge, tandis que Falcone gère les relations avec les Angolais. Elisio de Figuereido, l'ambassadeur itinérant de Dos Santos en Europe, chargé des affaires délicates et des comptes en Suisse, joue l'entremetteur avec les généraux, spécialistes des questions d'approvisionnement en armes. En cinq ans, les deux hommes vont fournir pour 790 millions de dollars de matériels militaires : camions, fusils, lance-roquettes, mines antipersonnel...

Quand la main droite de l'Etat ne sait pas ce que fait la main gauche

Pour monter cette opération, le tandem utilise une vraie société slovaque, ZTS-Osos. Mais la véritable plate-forme commerciale est au 56, avenue Montaigne, Paris VIIIe, dans un magnifique hôtel particulier sous l'enseigne Brenco. Le tout-Paris y défile. Paul-Loup Sulitzer, Jacques Attali, Georges Fenech, Jean-Noël Tassez, Paul Anselin… Autant de relais politiques que le PDG de Brenco arrose, à coup de centaines de milliers de francs, en liquide. Pour obtenir un rendez-vous, un contact, faire évoluer une position.

Tout comme une armée de petites mains : hôtesses, secrétaires, attachées de presse, factotums divers. Tous ont droit à des compléments de rémunération défiscalisés. Pourquoi ? Parce que l'argent coule à flots, sans avoir forcément emprunté des circuits très réguliers. En effet, les Angolais ont proposé aux intermédiaires français une caution pétrolière -20 000 barils /jour- en cas de problème de paiement. L'instruction judiciaire a aussi démontré que de hauts responsables angolais ont perçu de substantielles commissions. Etrangement, aucun d'eux n'est renvoyé devant la justice française.

Au sein du gouvernement français et à l'Elysée, certains hommes savent que Paris a deux mains qui s'ignorent. Interrogé par Philippe Courroye, Alain Juppé, ministre des Affaires étrangères à l'époque des faits, jure ses grands dieux qu'il a découvert le pot-aux-roses dans la presse.Tout comme Edouard Balladur, Premier ministre et François Léotard, ministre de la Défense. Charles Pasqua, renvoyé devant le tribunal pour « trafic d'influence » et les hommes du président Mitterrand, étaient nécessairement au courant du deal angolais. Ils seront à la barre.

Les enjeux du procès : qui savait ? Pourquoi a-t-on laissé faire ?

Le président du tribunal, Jean-Baptiste Parlos, va donc avoir cinq mois d'audience pour déterminer les responsabilités individuelles des 42 prévenus de cette affaire.
Pour ce faire, ce magistrat expérimenté (outre l'anti-terrorisme, il a aussi instruit l'affaire Borrel) et ses assesseurs auront aussi à évoquer des questions plus générales :
Que savaient le gouvernement et les responsables politiques de l'époque ?
Que savaient les services secrets français ?
Pourquoi laisser faire ce genre d'intermédiaires ?
Qui en a réellement profité ?
Est-il possible de sanctionner ce genre d'agissements ?
Est-ce que ça continue aujourd'hui ?

Là encore, le procès Elf va servir d'étalon. Où l'observateur risque de découvrir, à nouveau, les vertiges de la raison d'Etat et ses deux visages, le lumineux et l'obscur.

Photo : Charles Pasqua, François Léotard, Alain Juppé et Edouard Balladur en mai 1997 (Christine Grunnet/Reuters).

vendredi 19 septembre 2008

La J.U.D.A dénonce le régime criminel de Lansana Conté et appelle à la solidarité de la jeunesse africaine.

19 septembre 2008

DECLARATION DE LA J.U.D.A

La situation socioéconomique se détériore gravement en Guinée[1]. Pendant que notre peuple de Guinée crie ses douleurs et manifeste contre toutes les carences et surtout contre le manque d’électricité, Lansana Conté - au pouvoir depuis 1984 - et ses alliés, déploient l’armée et la police pour tabasser les manifestants et leur tirer dessus. C’est un truisme que de dire que ces répressions font des morts et des blessés.

Ces derniers mois, en effet, il n’y a pas de jours où le peuple a manqué de signifier son ras-le-bol au clan Conté et ses alliés. Femmes, hommes, vieux, jeunes et enfants, tous s’insurgent contre les brimades et les privations de la mafia « Contée » qui plus est, rackette la population tant au marché que dans la rue. Malheureusement, la situation en Guinée n’est que le reflet de ce qui se passe dans tous les pays africains, à quelques degrés près.

La Jeunesse Unie pour la Démocratie en Afrique (J.U.D.A), dans son élan panafricaniste, s’insurge contre cette méthode sauvage de répondre aux requêtes de notre peuple et rappelle au clan Conté et à ses alliés qu’en tuant notre peuple, ils se rendent responsables de crimes qui ne resteront pas éternellement impunis.

La J.U.D.A apporte son total soutien à notre peuple guinéen contre le régime clanique, tyrannique, corrompu, kleptocrate et criminel de Conté soutenu mordicus par des alliés africains, occidentaux et asiatiques.

Pour mémoire, lors de la grève générale en 2007 qui, visiblement, conduisait le régime à sa dernière demeure, la France a simultanément permis à Conté de réprimer les manifestations en lui fournissant des armes et a piloté une médiation par le biais de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO). Pour paralyser le mouvement, elle a réuni les syndicats et les représentants de Conté afin de leur faire accepter un de ses serviles laquais en la personne de Lansana Kouyaté[2], en tant que premier ministre et chef de gouvernement, personnage ayant tant traîné dans toutes ces « institutions africaines » que la France tient sous sa botte. Comme si la crise se résumait à l’érection d’un poste d’un chef de gouvernement qui jusque là était du ressort du général Conté.

De toute évidence, notre peuple en Guinée, à l’image de l’ensemble du peuple africain, est dans la fosse aux lions. Il ne doit compter que sur lui-même. Toutes les expériences montrent que le peuple Africain est victime des richesses de son sous-sol et de son sol. Il existe une forte complicité entre les Etats néo-impérialistes (Occidentaux et asiatiques), leurs multinationales et les pions africains contre notre peuple.

Tenant compte de ces données, la J.U.D.A appelle les mouvements alternatifs guinéens à la vigilance. Elle les encourage vivement à plus d’organisation et de détermination pour faire triompher les intérêts du peuple et éviter que la momie Conté au pouvoir, dans sa décomposition, entame définitivement l’âme déjà éreintée de notre peuple en Guinée.

Le long règne de Conté n’ayant ni permis à la Guinée de poser les premières pierres d’une démocratie, ni d’inscrire les droits humains au centre des préoccupations étatiques, encore moins d’esquisser un début de développement, au nom de la jeunesse africaine, la J.U.D.A estime qu’il est donc temps que Lansana Conté et son équipe de carriéristes tirent les enseignements de la situation de détresse dans laquelle leur rapacité a plongé la Guinée.

Par ailleurs, la J.U.D.A rappelle à l’armée et à la police leur devoir qui consiste à la protection du peuple et non à l’envoi de milices qui suivent Conté et ses alliés dans leur entêtement criminel, dans le pillage systématique et dans leur volonté de tirer sur tout ce qui bouge contre eux. Car une Guinée libérée, libre, démocratique et engagée enfin pour la satisfaction des besoins de ses enfants, ne se fera pas contre elle. Mais bel et bien avec elle.

La J.U.D.A, enfin, exhorte vivement toute la jeunesse africaine à la mobilisation, à l’organisation et à un sursaut panafricaniste pour soutenir notre peuple en Guinée. Partant de là et dans cette même perspective panafricaniste, elle l’encourage à faire face à tous ces pantins de dirigeants qui opèrent contre le peuple africain au profit d’eux-mêmes et de leurs alliés. Sans cela, les souffrances s’aggraveront, nos richesses nous échapperont toujours, une bonne partie de notre peuple continuera à engraisser les requins de la Méditerranée, et les Africains seront toujours humiliés à travers le monde. Notre peuple paiera éternellement la dette odieuse, les infrastructures balbutiantes resteront en l’état ou s’effondreront, la santé de notre peuple restera toujours un détail, et l’éducation toujours extravertie et privée de moyens. Notre école véhiculera toujours des inepties telles que la coresponsabilité dans l’esclavage et nos valeurs africaines resteront toujours ridiculisées et méprisées. Notre agriculture produira toujours du café, du cacao, de l’arachide, du thé… pour nourrir les autres pendant que nous-mêmes avons faim. Des guerres néocoloniales iront en croissant sous une couverture ethnique mensongère, et les injonctions néolibérales du FMI, de la Banque mondiale, de l’OMC et de toute leur bande passeront toujours…

Bref, sans une action globale, concertée et vigoureuse menée par la jeunesse, il n’y aura point de salut pour notre Afrique.

Pour la J.U.D.A

Le Secrétaire Général

Rodrigue KPOGLI

http://lajuda.blogspot.com/

PS : Sur la Guinée, voir :

1-http://lajuda.blogspot.com/2005/08/guinee-la-juda-appelle-le-gnral-cont.html

2-http://lajuda.blogspot.com/2005/11/la-juda-condamne-la-tuerie-de-jeunes.html



[1] Premier producteur mondial de bauxite, la Guinée a des réserves de minerais et de métaux précieux divers à savoir d’importants gisements de bauxite, d’or, de fer, d’uranium, de cuivre. La Guinée est aussi bourrée d’eau.

[2] ancien secrétaire exécutif de la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cedeao) - de 1997 à 2001. Depuis 2003, il occupait le poste de le représentant de l'Organisation internationale de la Francophonie (OIF) en de la République de Côte d’Ivoire.


vendredi 12 septembre 2008

L’Afrique est-t-elle condamnée à être perpétuellement violée par l’Occident ?


Togo : un pion de plus pour le FMI et la BM.

Comme sorti de la naphtaline, Fossoun HONGBO est nommé premier ministre au Togo, succédant ainsi à Komlan MALLY. Cette nomination n'est que l'aboutissement des rondes incessantes à Lomé des responsables du FMI et de la Banque Mondiale. En effet, ces deux institutions ont visité le Togo à plusieurs reprises depuis la signature de l'accord politique dit global.

Sous prétexte d'aider le Togo à se développer, ces deux vampires, accompagnés de leur aile marchante de la Banque Africaine de Développement (BAD), agités par les marionnettistes de l’UE et de Washington, s'activent plutôt à faire payer la dette, à demander une plus grande ouverture du marché togolais aux capitaux étrangers ainsi que l'accélération des privatisations, si tant est qu'il reste encore quelque chose à privatiser sous le ciel togolais. De toute évidence, Komlan Mally, premier ministre depuis le 3 décembre 2007, et démis de ses fonctions le 5 septembre dernier, a été incapable de mobiliser les ressources pour satisfaire les besoins des "bailleurs de fonds".

Chose curieuse, à chaque visite des missions du FMI et de la Banque Mondiale au Togo, la presse locale s'enthousiasme et présente la chose comme une tournée d'inspection à l'issue de laquelle, les dirigeants togolais sont sanctionnés et humiliés, ou comme une opération purement humanitaire au chevet d’un peuple togolais miséreux. Grossière erreur! C'est mal comprendre le rôle et le pouvoir de nuisance desdites institutions, qui en réalité, sont à la solde des puissances occidentales et principalement des firmes transnationales. Contre les prêts et autres (négligeables) dons, le FMI et la BM ainsi que les "donateurs" exigent, sans possibilité de recours, le démantèlement de l’Etat.

Pour atteindre ces objectifs, tant au Togo qu’ailleurs en Afrique, il faut avoir aux postes clés des hommes ou des femmes moulés et dressés dans des écoles occidentales néolibérales, experts dans des institutions internationales, ne connaissant aucune réalité du terrain sur lequel ils sont lâchés, suffisamment armés pour défendre les intérêts de leurs mentors, et n'ayant qu'une approche financièrement rentable des problèmes du pays. Capables de réciter à la minute toutes les théories d'ailleurs, ces marionnettes n'ont d’autres connaissances de l'histoire de leur pays que celles apprises de leurs maîtres. Les droits des citoyens n'existent pas à leurs yeux. Ils doivent réprimer ou étouffer les forces alternatives, à savoir l’opposition et les syndicats et faire adopter des lois toujours plus favorables aux étrangers. Ainsi, leur présence au pouvoir rassure les investisseurs étrangers. D'ailleurs le site de propagande du pouvoir RPT ne s'en cache pas. Dans un article titré La surprise du chef, on lit « Le nouveau locataire de la Primature aura à poursuivre le travail entamé par son prédécesseur, Komlan Mally, et à mettre en œuvre les grands chantiers de modernisation au Togo ; des chantiers qui vont bénéficier du soutien financier des institutions internationales comme le FMI, la Banque mondiale, l’Union européenne ou la BAD ».

La preuve en est que HOUNGBO se définit comme un keynésien. L'additif d'afro-optimiste dont il s'affuble est plus propagandiste et démagogique qu'autre chose. Il aurait dû ne pas l'évoquer car si notre bonhomme connaissait l'Afrique, il aurait compris que justement, c’est l’adhésion systématique des dirigeants africains aux théories importées qui, paralyse l’Afrique. L'Afrique a un modèle de société propre, fondé sur la liberté individuelle et la solidarité, hier représenté par l'existence d'un champ privé aux côtés d'un champ communautaire. Toute politique économique qui ne tient pas compte de cette réalité est vouée à l’échec et ne peut qu’encore massifier la pauvreté en concentrant les richesses du pays entre les mains d’une poignée d’individus disposant du capital. Le modèle économique africain est tout tracé. C’est l’économie populaire consistant à ouvrir l’actionnariat au peuple en transformant le champ collectif en entreprises publiques où chacun des citoyens doit investir, et le champ personnel en entreprises privées.

Houngbo a pour mission d’accélérer la casse sociale en continuant l’assainissement des finances publiques et la modernisation du Togo. Deux pratiques consistant en réalité à procéder à la suppression des barrières douanières, la libéralisation du mouvement des capitaux, la construction des infrastructures moins rentables pour le pays mais bénéfiques aux entreprises transnationales, l'augmentation des taxes et impôts, la privatisation des secteurs publics de l'eau, de l'électricité, la réduction des dépenses de santé, de l'éducation, la réduction des salaires, au blocage des avancements voire au dégraissage dans la fonction publique, la suppression de tout soutien public aux agriculteurs et de tous les frais affectés au bien-être de notre peuple. Bref, transposer mécaniquement le modèle libéral au Togo (et en Afrique) et détruire la vision africaine de la vie en communauté… Toutes ces mesures visent à faire des économies pour payer la « dette » et attirer les « bailleurs » et les « opérateurs économiques étrangers ». Un libéralisme pourtant de plus en plus violemment contesté dans son berceau occidental.

Au lieu de laisser ces guignols de dirigeants vendre les pans entiers de nos pays à des investisseurs étrangers, nous devons nous organiser et réaliser avant tout l’unité de l’Afrique. Ceci passe impérativement par le balayage systématique des marionnettes kleptomanes qui osent actuellement parler au nom du peuple africain. Manifestement, ces hommes et ces femmes, par leurs méthodes et leur indifférence face aux problèmes de notre peuple, prouvent qu’ils ne sont pas des nôtres, malgré leur peau noire. Ces criminels endurcis se moquent royalement de tout ce qui se passe autour d’eux. Voici deux exemples. Face au problème de l’immigration des jeunes africains accompagnés de femmes et d’enfants, dont les embarcations de fortune coulent, et qui se font dévorer par des requins de la Méditerranée, ils n’ont de réponses que le silence. Pire, ils demandent aux Européens de leur fournir des outils pour contrôler leurs frontières. Face au peuple qui crie sa faim et sa soif, dans les rues, ils n’hésitent pas à lui tirer dessus. Jamais dans l’histoire de l’Afrique, on a vu d’Hommes si prompts à travailler contre leur propre peuple. Non, jamais ! Tant que ces « dirigeants » seront au pouvoir, point de salut pour l’Afrique. Mais, il ne suffit pas de les renvoyer. Ceux qui les remplaceront doivent connaître notre peuple, son histoire, ses forces et ses faiblesses ; ceci pour formuler des solutions adaptées à ses besoins. Ces nouveaux dirigeants doivent être responsables, intègres, animés d’un esprit farouchement patriotique et comprenant l’acquisition du pouvoir comme une mission sacerdotale et non, comme un outil d’enrichissement personnel.

Il faut ensuite définir notre propre stratégie de développement à partir de notre culture, et affronter le marché en réglementant les investissements étrangers pour éviter que les secteurs essentiels de l’économie échappent aux populations locales. Nous devons jouer nos intérêts en établissant des partenariats avec les entreprises étrangères qui favorisent la formation et les transferts de technologies afin d’ajouter de la valeur à la production locale, et innover ainsi pour les producteurs locaux.

Au lieu de nous astreindre à des obligations néolibérales que les Etats occidentaux violent allègrement, nous devons procéder à une allocation massive de crédits à bon marché aux opérateurs du secteur informel pour les faire passer de l’informel au formel et accorder des subventions à l’éducation, à la santé, à la production vivrière, à l’industrie, à l’habitat, à la recherche scientifique et à la technologie. Les pays africains ne relèveront la tête que s’il émerge une classe moyenne locale - véritable moteur du développement - avec un soutien au commerce régional, à l’exportation et aux petites et moyennes entreprises. Aussi, dans un cadre démocratique, il nous faut élaborer des lois pour contrecarrer la fuite massive des capitaux et renationaliser les sociétés publiques privatisées, mieux, bradées.

Aucun Etat n’a pu se développer en démantelant ses propres bases. Or c’est ce que les « bailleurs de fonds » imposent à l’Afrique. Notre réponse doit être un refus clair et net. Les USA, les Etats européens et les dragons asiatiques ont tous réglementé, contrôlé, protégé durant toute la phase préliminaire de leur développement, et continuent de recourir aux mêmes pratiques autant que nécessaire. En forçant l’Afrique à agir à contre-courant, le FMI et la Banque Mondiale ainsi que leurs marionnettistes, l’inscrivent dans une logique de tutelle permanente.

Mais l’un des problèmes fondamentaux que nous devons affronter, c’est la dette. Nous devons refuser de la payer car « l’argent emprunté » n’est qu’un instrument d’asservissement du peuple et qui finance une répression systématique : nous ne pouvons accepter de payer les fusils et les balles qui nous massacrent.

Rodrigue KPOGLI

Secrétaire Général de la J.U.D.A

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samedi 6 septembre 2008

Sous le pouvoir actuel, la réconciliation n’aura pas lieu au Togo.

L’Accord politique dit global a recommandé la lutte contre l’impunité pour parvenir à la réconciliation au Togo. Depuis quelques mois, le clan au pouvoir dans sa duplicité naturelle, ruse en agitant une Commission Vérité et Réconciliation aux yeux volontairement malvoyants de la soi-disant communauté internationale. Le peuple togolais, lui, assiste impuissant, et à la limite indifférent, à ce cynique spectacle.

Pour la Jeunesse Unie pour la Démocratie en Afrique (J.U.D.A), aucun processus de réconciliation n’aboutira au Togo sous la présidence actuelle, véritable annexe du ministère de la défense. Mais au-delà de cette situation, il existe d’autres raisons pour lesquelles on peut légitimement conclure que le pouvoir togolais est en train de faire diversion.

1- Le processus de réconciliation est présenté comme une affaire exclusivement togo-togolaise. Comme si des forces extérieures n’ont eu aucune responsabilité dans les drames successifs dont le peuple togolais a été victime depuis l’assassinat de Sylvanus Olympio ou depuis 1958 selon « l ’Accord politique Global ». Pourtant, cette conception de la réconciliation aurait été bénéfique pour le peuple togolais si au moins, le pouvoir en place avait été au service des intérêts togolais et disposé à promouvoir un véritable consensus national.

2- A la mort d’Eyadèma Gnassingbé, la France[1] avait dépêché une mission de la Direction Générale de la Sécurité Extérieure (DGSE) au Togo pour piller les archives et y soustraire tous les documents compromettant pour les régimes successifs de la France depuis 1963[2]. Une des étapes fondamentales de la réconciliation, c’est la découverte de la vérité sur les violations des droits des citoyens, leurs auteurs et leurs motivations. En somme, l’établissement de la vérité sur tout ce qui s’est passé. L’accès aux archives est une condition sine qua non dans la mise en exergue de cette vérité. En soustrayant donc ces archives, la France efface une partie non négligeable de cette vérité dont l’éclosion est indispensable pour une véritable réconciliation au Togo.

3- L’Allemagne a certainement enquêté et découvert les auteurs de l’incendie de l’Institut Goethe le 28 avril 2005. Mais, à ce jour, elle n’a pas officiellement demandé l’arrestation de ces criminels. Pourquoi ? Evidemment parce que ces derniers sont du côté du pouvoir et donc amis de la France. Ainsi, au nom de la règle « les amis de mon ami, sont mes amis », du partenariat franco-allemand depuis la fin de la seconde guerre mondiale, et de l’importance du couple franco-allemand dans la construction européenne, l’Allemagne a dû fermer cette parenthèse. Si les pyromanes avaient été du côté de l’opposition, nulle doute que Berlin les aurait fait arrêter, juger et condamner.
Si l’Allemagne - qu’on dit soutenir le mouvement démocratique au Togo à l’opposé de la France - avait inquiété les auteurs de cet incendie, on aurait pu espérer que la lutte contre l’impunité, avait débuté. En ne le faisant pas, les autorités berlinoises jouent leurs intérêts tout comme la France, au détriment du peuple togolais.

4- En novembre 2004, lors d’une audience de la délégation de l'Union Européenne relative à l’arrestation d’un des animateurs du mouvement estudiantin, le responsable nous pose cette question: que pensez-vous de Faure Gnassingbé? Etonné, nous avions dit que si la question était de savoir si Faure Gnassingbé pouvait diriger le Togo après son papa, le problème ne se posait pas puisque nous sommes dans une république avec une Constitution et non en monarchie héréditaire[3]. Quelques mois plus tard, Gnassingbé-père mourut et son fils lui succéda. Cela signifie que même avant la mort d'Eyadéma Gnassingbé, son successeur était déjà tout désigné à l'insu de notre peuple. Le reste ne relèvera que des formalités d'usage.

5- Le processus de la réconciliation est « accompagné » par le HCDH au Togo (Haut Commissariat de l’ONU aux Droits de l’Homme). Son représentant, Musa Yarro Gassama, dit de son organisation qu’elle est au Togo pour accompagner le gouvernement dans la mise en oeuvre des recommandations formulées dans les différents rapports nationaux et internationaux, notamment celui sur les violences survenues lors de la présidentielle de 2005. Nous avions rencontré cette institution sur le cas d’un jeune Togolais gratuitement battu et blessé en 2007 par des gardes du corps de Kpatcha Gnassingbé. Au lieu de traiter le cas, les responsables du HCDH nous ont demandé de ne pas ébruiter l’affaire. Et lorsqu’avec l’accord de la victime que nous avions préalablement fait soigner, la J.U.D.A avait alerté l’opinion, les responsables du HCHD nous ont appelés au téléphone pour nous exprimer leur « déception » et leur « désaccord ».
Comment une telle institution peut-elle honnêtement travailler contre l’impunité et pour la réconciliation au Togo ? De plus, les relations quasi-intimes qu’entretiendraient certains responsables du HCDH avec des officiels togolais viennent créditer nos inquiétudes quant à son impartialité.

Il apparaît alors clair que les criminels au pouvoir au Togo, avec la bénédiction des puissances étrangères, ne peuvent conduire valablement le processus de réconciliation. Misant sur le temps, tout ce qui est fait actuellement est destiné à créer l’illusion populaire. La réconciliation n’aura pas lieu sous ce pouvoir qui, loin d’être une transition démocratique, est un rajeunissement de la tyrannie. C’est pourquoi, la réconciliation passe nécessairement par l’avènement d’un régime démocratique soucieux des intérêts du Togo, et par l’accès complet aux archives pour découvrir qui au Togo et à l’étranger a voulu que le peuple vive ces différents drames et pour quelles raisons. Cela suppose un travail acharné d’un mouvement démocratique réorganisé, restructuré, pourvu de moyens efficaces [4], et capable d’élaborer les stratégies les plus victorieuses à moyen ou long terme.

Rodrigue KPOGLI


[1] Il a été rapporté à la J.U.D.A et à d’autres organisations membres du CASCOST que les forces françaises ont été vues aux côtés des Forces armées Togolaises, patrouillant dans les rues de Lomé. Le Ministre de la coopération d’alors Michel Barnier avait farouchement nié cette information et avait traité ceux qui disaient cela de « menteurs » sur RFI.

[2] Des archives gênantes pour la France au Togo in « Canard Enchaîné » du 04 mai 2005.

[3] http://lajuda.blogspot.com/2008/04/27-avril-1958-27-avril-2008-50-ans-de.html

[4] Voir Communication de Rodrigue KPOGLI, Secrétaire Général de la J.U.D.A lors de la rencontre du MDTE à Paris le 29 Décembre 2007 sur http://lajuda.blogspot.com/2008/01/compte-rendu-de-la-recontre-de-paris.html

mardi 2 septembre 2008

Armes illégales, le documentaire choc


« Les armes légères (ou armes de poing) tuent mille personnes par jour dans le monde », expliquent Paul Moreira et David André dans leur documentaire Armes, trafic et raison d’Etat, diffusé mardi 2 septembre sur Arte (à l’issue de cette diffusion, Paul Moreira et David André seront sur Arte pour un Chat en direct) .

Ces deux journalistes d’investigation ont mené une enquête passionnante sur le trafic des armes en circulation sur la planète (plus de 700 millions pour 14 milliards de balles produites), une enquête qui les mène de l’Afrique à l’Europe, en passant par l’ancienne Union soviétique, les Etats-Unis et le siège de l’ONU.

Amnesty International et Oxfam, via le programme Control Arms, visent à enrayer ce funeste trafic qui a déjà causé cinq millions de morts civils, rien qu’en République du Congo, et rapporte 1 200 milliards de dollars par an. Control Arms c’est une équipe d’enquêteurs minutieux qui, grâce à l’aide d’humanitaires et de reporters en place sur le terrain, possèdent une incroyable base de données leur permettant de tracer le cheminement de ces armes, du producteur au « consommateur ».

D’aucuns penseront que le combat que mène Control Arms est illusoire, utopique, voué à l’échec. Une pétition initiée par Amnesty International et Oxfam a pourtant déjà récolté un million de signatures de citoyens du monde entier. A l’ONU, 153 pays sur 192 sont déjà prêts à signer une convention internationale. Un seul Etat s’oppose fermement à cette convention : les Etats-Unis…

Paul Moreira, co-auteur du documentaire Armes, trafic et raison d’Etat, est l’invité de ces rendez-vous de l’Agora. Il répond aux questions d’Olivier Bailly.


Agoravox : Votre documentaire commence comme un film de Michael Moore. Un clin d’œil ?
Paul Moreira : Nous avons voulu commencer par cette fausse pub, en réalité un vrai clip de campagne d’Amnesty International. C’est très provocateur et ça nous replace dans notre contexte culturel, avec le téléachat. Ça dit surtout que les armes ne sont pas des produits comme les autres.

A : En quoi le commerce des armes légères représente-t-il la face cachée de la mondialisation ?
PM : Le commerce des armes légères est un excellent moyen pour découvrir les acteurs de l’ombre employés par les gouvernements. Il y a des entreprises respectables, celles qui exposent au salon Milipol, qui font appel à ce commerce. Victor Bout, dont nous parlons dans le film et qui a inspiré le personnage du film Lord of War, est l’exemple type de la face cachée de la mondialisation. C’est une espèce de FedEx de l’ombre qui a accès aux armes de l’ancien bloc de l’Est. Ce genre de personnages, ce ne sont pas forcément des gens qui font partie de l’univers criminel. Parfois les Etats, pour des missions noires ou grises, font appel à eux.

A : Quels sont les pays émergents à la pointe de ce commerce ?
PM : La Chine, l’Inde, l’Egypte principalement.

A : Est-ce que des Etats peuvent aller jusqu’à vendre des armes à des guérillas qui leur sont hostiles ?
PM : Pour ce documentaire, nous n’en avons pas rencontré, mais d’une certaine manière pour la guerre de l’Angola, les Etats occidentaux ont armé les deux côtés. On sait que Jonas Savimbi, le chef de l’Unita, a été soutenu par les Américains. Il arrive que dans des conflits extérieurs on entretienne les deux camps. Au Congo, si on simplifie, on a une milice armée par le Rwanda (Laurent Kunda) et il y a d’autres groupes armés qui s’opposent.

A : Qu’est-ce qui se joue, régionalement et internationalement, au Congo ?
PM : Au Congo, les réserves minières sont très importantes et le pays qui contrôle ces ressources c’est le Rwanda. Le Rwanda contrôle le Nord-Kivu, c’est-à-dire l’est du Congo. Les relations des grandes puissances occidentales avec ces pays sont opportunistes. Prenez la Banro Congo Mining, qui est une filiale de l’entreprise canadienne Banro Corporation au conseil d’administration de laquelle on trouve des membres du gouvernement Bush. Leur intérêt c’est de pouvoir continuer à travailler en sécurité. Donc ils n’ont pas intérêt à avoir des ennemis locaux. C’est leur pouvoir de nuisance qui font la puissance de ces groupes armés. Au Congo, l’idée du traité de paix initial était bonne, mais elle a abouti à un vrai-faux processus de paix. L’ONU a dit « puisque c’est la paix, on va mixer les milices existantes dans l’armée congolaise ». Sauf que les milices sont restées fidèles à leurs premiers engagements…

A : Vous mettez en cause le groupe Bolloré, dont une filiale est installée en République du Congo. Y a-t-il eu des pressions de certains groupes pour que le documentaire ne passe pas sur Arte ?
PM : Non, pas du tout. D’ailleurs on n’accuse pas le groupe Bolloré de transporter des armes. Ce qu’on dit c’est que le commerce de minerais entretient la vente d’armes. C’est pourquoi l’ONU avait demandé au groupe Bolloré de se désengager du Congo, de ne pas investir dans la région. Ce qu’il y a de choquant c’est que la boîte de Bolloré que nous filmons sur place n’a jamais voulu rencontrer les gens de l’ONU.

Nous les avons filmés par hasard. Je faisais un plein d’essence. J’ai vu une société de transport du groupe Bolloré qui jouxte une entreprise de Minerais. J’ai filmé, je me suis dit que ça pourrait faire un plan intéressant. J’avais fait le plein et ça klaxonnait derrière, ce qui est assez fréquent dans les villes africaines, donc je n’y faisais pas attention. En fait, c’est moi qu’on klaxonnait. Derrière, il y avait deux types, un Noir et un Blanc. Ce dernier, dès que ça a commencé à tourner au scandale, s’est éclipsé. Il avait un accent sud-africain. L’autre était, si je me souviens bien, capitaine. Il avait une montre en or, ce qui prouve, dans ce pays ultra-miséreux, qu’il s’agissait d’un profiteur de guerre. D’après ce qu’on m’a dit par la suite, il n’est pas improbable que c’est un des gendarmes qui dirige une brigade chargée de protéger une mine. Et là, on est à trois heures du Rwanda… Il voulait m’embarquer. J’étais parti pour le poste, avec confiscation des caméras, ce qui aurait été le cauchemar. Et c’est là que je me suis aperçu combien les comptoirs de minerais étaient des lieux stratégiques.


A : Darfour, République démocratique du Congo, Guinée Conakry… Votre documentaire aborde essentiellement l’Afrique. Est-ce le continent le plus touché par ce commerce ?
PM : Nous aurions pu aller sur d’autres continents. L’enjeu c’est le minerai. Les armes affluent beaucoup où il y a des mines d’exploitation de minerais. Mais on aurait pu parler de l’Irak où, en 2007, 200 000 fusils d’assaut livrés par les Etats-Unis ont mystérieusement disparu…

A : Autre exemple cité dans votre documentaire : la Guinée, pays où sévit le dictateur Lansana Conté et qui a été le théâtre d’une très féroce répression de la part des troupes gouvernementales, en 2007 contre des manifestants pacifistes. Là, il n’est pas question de minerai.
PM : Non. La France vend des munitions à la Guinée, mais elle ne pouvait pas savoir que le gouvernement guinéen tirerait sur des civils… Maintenant, c’est vrai, elle le sait. Nous avons cherché à joindre pendant un mois le ministère des Affaires étrangères. On a eu quelqu’un qui nous a donné un chiffre concernant ces ventes de munition, dix fois inférieures aux registres des douanes vérifiés par l’ONU… A partir du moment où on a fait état de cette information, on n’a plus jamais eu de contact avec un officiel français.

En écho, m’est revenu le discours de Dakar de Nicolas Sarkozy - en fait le discours de Guaino - qui évoquait l’homme africain qui n’était pas entré dans l’Histoire. Là, en Guinée, des hommes sont dans l’Histoire, demandent des conditions de vie meilleures et on leur tire dessus avec des munitions vendues par la France.

A : Dans votre documentaire vous évoquez le travail de Control Arms. De quoi s’agit-il ?
PM : C’est une plate-forme principalement contrôlée par deux ONG, Amnesty International et Oxfam auxquels des bénévoles de tous les continents contribuent. Ça me semblait important d’avoir cet élément humain dans le documentaire. Ils ont très peu de moyen. Ils sont aidés par des humanitaires, des journalistes, etc. qui leur envoie des photos d’armes prises sur le terrain qui permettent d’enquêter sur leurs origines. Les enquêteurs de Control Arms sont très bons en ce qui concerne les bases de données. Ils arrivent à tracer la provenance des armes.

A : Y a-t-il des Etats derrière Control Arms ?
PM : Certains de leurs enquêteurs ont de très bons rapports avec des membres de gouvernements, en Grande-Bretagne, notamment. Ils sont très respectés. Le militantisme français, c’est par exemple Robert Ménard qui va gueuler, passer à la télé, exagérer un peu pourvu que ça serve le combat. Chez les Anglo-Saxons, précisément chez Amnesty, ce sont encore plus que des journalistes d’investigation ! Pour ce reportage, il a été plus facile d’avoir accès aux milices du Congo que de gagner leur confiance. Ils sont très embêtants pour les Américains ! Ils sont aussi du bon côté de la morale. Brian Wood, qui dirige les enquêtes, je le trouve assez fascinant, on dirait un personnage de John Le Carré ! Ces gens-là ne pensent pas qu’on arrivera un jour à supprimer le commerce des armes, mais ils combattent, ce sont des idéalistes indécrottables et c’est assez plaisant.

A : Vous consacrez une partie de votre documentaire à John Bolton, ancien ambassadeur des Etats-Unis à l’ONU, qui représente un courant très conservateur. C’est un ami de la NRA (groupe qui exerce un puissant lobbying à l’ONU) qui aimerait que le monde ressemble aux Etats-Unis, c’est-à-dire que chaque individu puisse s’armer librement.
PM : John Bolton a été placé à l’Onu par Bush pour démanteler les traités multilatéraux, comme par exemple Kyoto ou le Tribunal pénal international. Ce que prouve ce film c’est que les Etats-Unis sont le pays le moins mondialiste ou le moins internationaliste qui soit. Ils se considèrent comme la dernière grande puissance. Ils ne veulent pas de traité sur le commerce des armes légères. Les Américains sont très différents des Européens : les Européens s’engagent, mais en douce vendent des armes illégalement, comme c’est le cas de la France avec la Guinée.

Les Etats-Unis respectent les lois. S’ils s’engagent, ils savent qu’il y aura un appareil de contrôle de leur engagement, ce qui n’existe pas en Europe. Les Etats-Unis veulent préserver leur capacité à armer leurs milices qui sur le terrain font le boulot à leur place, ce qui permet de ne pas engager leurs hommes. C’est ce qui s’est passé avec les Contras au Nicaragua. C’est également ce qui s’est passé en Afghanistan quand ils ont armé les seigneurs de la guerre entre 2001 et 2004.

A : Que vous a appris ce documentaire ?
PM : Ce que m’a appris ce documentaire, c’est qu’une bonne arme ne meurt jamais. Dans les conflits que nous évoquons, il y a des armes qui ont 40 ou 50 ans. Souvenons-nous que le chef de guerre Gulbuddine Hekmatyar, qui en 2007 a prétendu avoir aidé Ben Ladden à s’évader de Tora Bora, a été armé massivement dans les années 80 par les Etats-Unis à l’époque de la guerre contre l’Union soviétique…


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