dimanche 15 juillet 2012

"Les africains doivent se débarrasser de la cargaison de proverbes et d'aphorismes philosophico-religieux qui leur permettent de justifier leurs souffrances" Komla KPOGLI

M. Komla Kpogli, Secrétaire Général du MOLTRA (Mouvement pour la Libération Totale et la Reconstruction de l’Afrique) a bien voulu répondre aux questions du Lynx. Ici, il nous parle de Guillaume Soro, Alassane Ouattara et de leurs maîtres Occidentaux. Fin connaisseur de la situation socio-politique ivoirienne, l’analyste politique regrette que les africains ne cernent pas encore les contours de l’impérialisme français : « L’internationale Socialiste n’a rien à avoir avec ce qu’imaginent certaines têtes africaines. On n’est pas là dans un groupe de fraternité ou une amicale où on défend de mythiques idéaux auxquels seuls des africains croient. La France y est pour défendre ses intérêts multiformes » martèle t-il. Un condensé du drame ivoirien dans une interview inédite. Lecture !

Interview réalisée par Camus Ali Lynx.info le 14 juillet 2012


Lynx.info : Soro a été reçu par Claude Bartolone. Comment expliquez-vous que la France n’ait pas de problèmes à s’asseoir avec les officiels africains  fortement soupçonnés d’atteintes aux droits de l’homme ?

Komla KPOGLI : La seule raison qui explique ce soutien sans faille de la France aux tyrans africains est que ces derniers sont ses créatures. Ce sont des créatures qui travaillent pour les intérêts de la métropole. Nous sommes en pleine colonisation même si beaucoup, vraiment beaucoup d’africains ne s’en rendent pas compte ou font semblant de ne pas s’en rendre compte. Nous avons là, une « élite indigène », collaboratrice coloniale qui n’a d’autres tâches que de veiller à la conservation et au renforcement du système de protectorat colonial. En retour la métropole se doit de lui apporter tout ce qu’il faut pour qu’elle mène à bien sa mission. Il n’y a donc rien d’étonnant dans cette rencontre Bartolone-Soro. C’est naturel que deux entités qui travaillent pour la même cause se rencontrent.
Pour ce qui est des droits de l’homme, il serait grand temps, pour les africains de se demander, en fonction des réalités et non de leurs vœux oniriques ou de leurs illusions noires, quels sont ces droits et quel est cet homme qui a ces droits. Dans le système de protectorat colonial, les seuls droits qui existent sont ceux de la métropole et les détenteurs de ces droits sont la « race blanche» et les entreprises commerciales qui s’implantent dans la colonie. Les habitants de la colonie ainsi protégée n’ont que des devoirs. Le reste relève du rêve.

Lynx.info : Guillaume Soro à Paris demande à Laurent Gbagbo de se confesser….

K.K : Les africains doivent savoir qu’une des lois de l’histoire est que ce sont les vainqueurs qui dictent les règles du jeu. Il ne s’agit pas de morale ou de sentiments. Les hommes qui animent les institutions coloniales ne perdent pas leur temps avec ce genre de notions. Donc, il est tout à fait normal que ce soit Guillaume Soro qui intime l’ordre à Gbagbo d’avouer ses fautes et non le contraire.  Les peuples et leurs dirigeants déchus se font diriger par les pires bouffons. C’est ainsi. Il ne s’agit pas de la parole de Dieu que des africains aiment tant ou de sagesse africaine. 
Malheur donc aux peuples vaincus et qui, dans la défaite, refusent d'en diagnostiquer les raisons pour espérer se redresser. Car, aussi longtemps qu'ils seront des vaincus, ces peuples sont destinés à payer la rançon de la défaite aux vainqueurs aussi criminels soient-ils.

Lynx.info : Guillaume Soro dit qu’il n’a pas donné l’ordre de tuer Ibrahim Koulibaly. Vous connaissez bien le drame ivoirien. Entre Guillaume Soro, Alassane Ouattara et la France, qui tue les Ivoiriens ?

K.K : Il y a une constance de l’histoire que nous, africains, refusons de cerner : lorsque des agresseurs étrangers veulent parvenir plus facilement aux desseins qu’ils se sont fixés, ils utilisent les maillons faibles, de véritables aliénés et véritables machines à détruire au sein du territoire cible. Ces maillons faibles, les agresseurs les sélectionnent, les forment, les outillent, les équipent et les mettent en mouvement. En Afrique, c’est beaucoup plus facile car l’école et la religion prédisposent une masse incroyable d’individus à défendre plus l’extraversion que l’endogène qu’ils connaissent à peine. Dans le territoire de Côte d’Ivoire, Guillaume Soro, Alassane Ouattara et leur cohorte de fantassins sont de ceux-là. Dans le territoire du Togo, par exemple, les Faure Gnassingbé, Bawara, Bodjona et leur race de caniches franco-africains sont ces maillons faibles. Dans les territoires des deux Congo, ce sont respectivement Kabila et Sassou Nguesso et leurs spadassins. A Djibouti, c’est Omar Guelleh et ses apôtres…
Tous ces génies africains ont leurs ancêtres que sont les Houphouët-Boigny, Eyadéma Gnassingbé, Omar Bongo, Senghor, Gabriel Lisette, Blaise Diagne, Felix Eboué…Ces homme-liges habillés en préfets locaux ou en gouverneurs ont légué à leurs héritiers trois fonctions : 1) conserver et renforcer les structures d’exploitation et de désintégration de l’Afrique, 2) surveiller et réprimer les sujets que nous sommes et 3) renforcer l’intégration des territoires qu’ils régentent dans l’économie mondiale détenue par les tuteurs regroupés aujourd’hui au sein du G8.

Lynx.info : Voyez-vous encore Alassane Ouattara envoyé un de ses seigneurs de guerre à la justice ?

K.K : Le 05 décembre 2011 sur la fameuse France 24, Florent Geel, directeur Afrique de la Fédération internationale des Ligues des droits de l’homme (FIDH) avait fixé le nombre de celles et ceux qui devraient comparaître devant les tribunaux pour crime de guerre, notamment devant la CPI qui, il faut le rappeler n’est pas une cour de justice mais un tribunal politique car sélectionnant soigneusement ses inculpés, à « 3 au minimum et au maximum à 7 personnes ». Florent Geel avait précisé que toutes ces personnes sont, selon ses propres termes « du camp Gbagbo ». Pour le reste, pris de bégaiements, le Monsieur Afrique du FIDH avait énoncé que les crimes commis par la France, l’ONU et leurs protégés locaux dirigés par le couple Ouattara-Soro « ne sont pas de même nature ». On peut donc conclure qu’en raison de leur caractère fixé par Florent Geel, il n’y a ni criminels, ni « seigneurs de guerre », pour reprendre vos mots, dans le camp franco-ouattariste.

Pour la stabilité du pouvoir franco-ouattariste, personne n’a intérêt à livrer qui que ce soit. C’est là que vous voyez le caractère purement politique de la justice dont on nous parle. Peut-être qu’il va y avoir quelques assassinats maquillés en accidents ou en maladies pour neutraliser des éléments dérangeants lors d’opérations spéciales ou clandestines par les forces spéciales des pays protecteurs de la satrapie de Ouattara. S’il n’est pas nécessaire d’éliminer physiquement certains autres éléments qui deviennent trop nuisibles, non pas pour ce qu’ils ont fait et font contre les africains de Côte d’Ivoire mais pour la tranquillité du système, eh bien, ils seront livrés à la justice franco-ouattariste pour « tentative de coup d’état » ou « atteinte à la sûreté de l’Etat ».

Lynx.info : …mais Hillary Clinton voudrait au moins que Guillaume Soro assiste comme témoin à la CPI…

K.K : Ce type de déclarations fait partie de la stratégie des puissances terroristes comme les Etats-Unis d’Amérique. Il n’y a rien de nouveau là. Il s’agit de se donner l’image d’un pays qui est impartial, qui veut la justice, qui est pour l’équité et pour la « démocratie » telle que les africains l’imaginent. Cette stratégie de déclaration fracassante voire menaçante a pour don de calmer les masses populaires victimes et de les attirer vers ces pays, de les conduire à fonder un espoir illusoire dans une mythique bonté et dans une légendaire assistance des gouvernements de ces pays qui sont, en réalité, les commanditaires des crimes dont il est question.
C’est exactement ce que fit François Mitterrand lors de la conférence de la Baule que les élites coloniales africaines incapables de lire le monde présentent toujours comme La Rupture. Après avoir proclamé à la face du monde une chose (la France ne fera plus ceci ou cela, la France ne fera ceci ou cela que si…), Mitterrand, en fin colonialiste, dit et fait son contraire dans la réalité et dans les coulisses en rassurant son auditoire de tyrans obséquieux  sur un discours qui n’était qu’une communication nécessaire pour l’image de la France.

Lynx.info : Finalement c’est pas Guillaume Soro que nous savons que la CPI a émis des mandats contre Blé Goudé, Simone Gbagbo et Dogbo Blé. En Côte d’Ivoire c’est un seul camp qui a tué ?

K.K : Oui, c’est un seul camp qui a tué. C’est ce que nous disent la FIDH, la CPI, la France et l’ONU. Les ballets incessants des procureurs de la CPI dans les arcanes de la satrapie de Côte d’Ivoire sont des preuves supplémentaires que lorsqu’une certaine justice et le crime le plus crapuleux sont amis, ce dernier peut être certain de son impunité. Mais non seulement un seul camp a tué, surtout les massacres de l’autre camp que rien ne justifie au demeurant, sont immunisés d’office. Car, ce sont de bons crimes commis par des pupilles dont les tuteurs cumulent les fonctions de juges suprêmes. C’est cela l’histoire. Les vainqueurs ne s’avouent pas criminels.

Pour renverser cette tendance les peuples soumis doivent se donner la peine de se redresser. Ceci demande un travail permanent de prise de conscience, de mobilisation et d’organisation autour d’un leadership avisé et visionnaire qui doit naître au sein des soumis. Regroupés, formés et munis d'outils adéquats nous sommes appelés à vaincre. Dispersés et sans idées directrices ni leadership éclairé, nous sommes collectivement condamnés.

Lynx.info : Comment expliquez-vous la haine que vouait les socialistes français à Laurent Gbagbo ?

K.K : Ce qui caractérise les Etats, les vrais, c’est le nationalisme économique au nom duquel leurs élites politico-économiques se donnent les moyens pour aller prendre l'argent et les ressources là où ils se trouvent. C’est à dire que ces élites, qu’elles soient de gauche, de droite, du centre ou des extrêmes, sont mues par la défense des intérêts nationaux. C’est cela la mission que leur confient leurs concitoyens qui les élisent. L’Internationale Socialiste n’a rien à avoir avec ce qu’imaginent certaines têtes africaines. On n’est pas là dans un groupe de fraternité ou dans une amicale où on défend de mythiques idéaux auxquels seuls des africains croient. La France y est pour défendre ses intérêts multiformes. Donc si, dans un tel groupement un dirigeant veut s’opposer à ces intérêts, ne serait-ce que de la plus bénigne des façons, il est haï et lorsque les foudres de la métropole s’abattent sur lui, les socialistes français ne sont pas là. Au contraire, les socialistes français, en parfaits patriotes, mettent les connaissances qu’ils ont pu acquérir sur ce valet indélicat dans l’Internationale au service de leur pays. Ils n’ont rien à foutre des amitiés auxquelles seules les africains croient. Ainsi quand le président Gbagbo ose toucher à des questions comme celles du franc CFA ou de la soumission totale de satrapes africains à la France ou encore lorsqu’il évoque le territoire de Côte d’Ivoire comme « pas une sous-préfecture de la France », il touche le sacré. Les châtiments ne peuvent finir que par arriver sur fond d’une quasi-communion métropolitaine.
Quand l’Occident défend ses intérêts, la dissidence n’est pas de mise, c’est l’union sacrée. Sans même qu’on demande à tout le monde de se mettre en position, chacun sait la position qu’il doit tenir aussi bien dans les cafés, dans le métro que dans les médias. C’est cela l’esprit de peuple. Les africains l’ont perdu depuis belle lurette.

De plus, les socialistes d’aujourd’hui, qu’ils soient français ou d’autres nationalités, sont des capitalistes. Historiquement d’ailleurs, ce sont les plus fervents défenseurs du colonialisme nimbé dans les oripeaux de missions humanitaires qui se signalaient déjà par leur double discours. Malgré tout ceci, il existe une bande d’irréductibles africains qui continuent par se convaincre que François Hollande est un cas à part et qu’il signera bientôt Le Décret sortant l’Afrique de l’orbite économique française.

Lynx.info : …. Dans une interview à Lynx.info, Odile Biyidi présidente de l’association Survie ne voit pas François Hollande faire mieux en Afrique. Vous êtes du même avis ?

K.K : Ce qu’il faut observer c’est que les français eux-mêmes disent que Sarkozy et Hollande c’est quasiment la même chose, c’est-à-dire la même politique, le même fond en quelque sorte. La seule différence, quand on écoute là encore les français, entre les deux hommes se situe sur le terrain du comportement et du style. Ça, c’est ce que disent les français eux-mêmes. Mais, pour beaucoup d’africains forcés de croire en leurs rêves fiévreux, c’est la fin d’une époque avec l’avènement de François Hollande. Cette attitude montre que nous ne sommes pas encore conscients de ce qui est la trame des relations que le monde extérieur, particulièrement la France, entretient avec l’Afrique.
Et, larmoyants, ne voulant pas tenter autre chose que ce que nous avons toujours fait, nous nous accrochons donc désespérément à nos pires ennemis croyant qu'avec le temps, par notre soumission et par notre gentillesse extrême, ils entendront raison et nous délivreront du mal qu'ils nous infligent suite à un humanisme qu'ils auraient retrouvé.

Au fond, nous nous détestons et nous détestons nos enfants les plus lucides. Si nous nous gargarisons de Cheikh Anta Diop et d'autres dignes fils d'Afrique c'est souvent juste par mode, par commodité et pour l'affichage. Pas pour mettre en application ce qu'ils nous enseignent. Quasi jamais d'accord sur l'essentiel, l'accessoire emporte notre adhésion et sur l'essentiel chacun fait à sa tête. Bref, nous avons donc perdu la boussole et ne désirons la retrouver que tièdement. Avec cet esprit tordu, pas étonnant que nous occupions le rang du peuple le plus colonisé dans cette vallée humaine. Il n’est, en conclusion, pas étonnant en nous accrochant à la fictive bonté retrouvée de nos ennemis, que nous soyons l’unique peuple que n’importe quel individu pour peu qu’il soit d’une couleur de peau un peu plus claire insulte proprement et que nous occupions la place, la triste place de colonisés et de recolonisés par n’importe qui. Car, lorsqu’un peuple ne croit plus en lui-même, c’est la porte ouverte à tous les vents.

Lynx.info : …. Alors pour le développement de l’Afrique, droite comme gauche c’est blanc bonnet et bonnet blanc ? Que doivent faire les africains alors ?

C’est une évidence que beaucoup trop d’africains la tête dans le sable ou dans les nuages ne veulent pas accepter. La droite et la gauche et toutes leurs déclinaisons ne sont que des marqueurs électoraux destinés aux électeurs de leur pays. Ça n’est pas pour nous. Les dirigeants de chaque pays sont là pour une mission précise : servir les intérêts nationaux. Si, un peuple ou un groupe d’hommes naïfs et rêveurs attend que, parce que de gauche ou de droite, ces dirigeants viennent le décharger du poids de la soumission et du pillage, c’est tant pis pour lui.

Il faut donc que les africains prennent conscience massivement de ce qui fait problème. Les africains doivent se débarrasser des aphorismes, des sagesses populaires, des citations philosophico-moralistes et religieuses et de la cargaison de proverbes africains qui leur permettent de justifier leurs souffrances et leur refus de s’organiser. Que nous nous rassemblions dans des groupes organisés en nous départissant des identités coloniales dont nous sommes si fiers. Identités qui nous font passer pour des Togolais, des Maliens, des Camerounais, des Ivoiriens, des Gabonais, des Somaliens…peuples émiettés, compartimentés, ethnicisés et enfermés dans des enclos coloniaux n’ayant rien en commun si ce n’est notre devoir de rester sous la coupe d’un colonialisme qui finira par nous sortir de notre « misère naturelle » avec l’aide d’un « Dieu » importé. En nous redéfinissant, nous nous donnons ainsi un des outils les plus importants à savoir l’outil psychologique ou mental pour la reconquête de notre espace. Car, l’outil psychologique est le père de l’outil matériel. Un peuple morcelé et colonisé qui prend conscience de son état, qui s’organise autour d’un leadership intelligent, responsable et muni de matériels adéquats pour lutter et qui décide de forcer le destin pour reprendre sa place qui lui est volée, voilà un peuple qui n’est pas loin de la résurrection et du retour. L’enjeu est de taille : il s’agit de regagner notre espace, le posséder effectivement, le transformer et le sécuriser définitivement. Ce n’est pas une mince affaire quand on sait ce que le camp adverse possède comme avantages sur nous. Donc si nous ne sommes pas capables tout au moins de faire preuve de discipline, d’intelligence et d’esprit de renoncement, c’est-à-dire de sacrifices, ce sera mission quasi-impossible. Déjà, pendant que nous essayons d’insuffler une nouvelle conscience, voici que des négro-africains armés de la bible et du coran cassent tout sous l’œil moqueur de « l’élite indigène ». Une pseudo-élite fièrement sortie de l’école coloniale pour qui le plus grand service à rendre à l’Afrique consiste à s’approprier les parcelles du pouvoir sous sa direction, à servir les multinationales, à se faire recruter par des ONG et autres organisations internationales paralysantes avec le titre vide de fonctionnaires internationaux dont ils en raffolent.

Lynx.info : Finalement Alassane dirige la Côte d’Ivoire avec un parlement monocolore. Comment expliquez-vous que la communauté internationale ne se sente pas offusquée pour un pays qui sort de la guerre ?

Qu’est-ce que la communauté internationale ? N’est-ce pas les pays qui ont porté Ouattara au trône ? Pourquoi doivent-ils être mécontents de voir les éléments qu’ils ont portés au pouvoir dans le territoire de Côte d’Ivoire détenir toutes les rênes de l’administration coloniale? On n’a pas fait la guerre au peuple africain de Côte d’Ivoire pour que le pouvoir soit réparti suivant la force des parties en présence et dans l’intérêt des populations locales. La communauté internationale, alias les Occidentaux, n’a rien à foutre avec ces histoires de « démocratie » et de « justice » telles que nous les imaginons dans notre monde d’africains. Cessons donc de nous poser les mauvaises questions.

Lynx.info : Komla Kpogli : Je vous remercie.

C’est nous qui disons merci au Lynx.

dimanche 8 juillet 2012

Pas étonnant que nous soyons colonisés et recolonisés



Tout le monde se projette en Afrique pour les 5, 10, 20, 50, 100 prochaines années sauf nous-mêmes. La tête et le regard tournés vers d'autres cieux ou vers le ciel pour implorer un "Dieu" importé et imposé, nous avons perdu la maîtrise de notre espace et n'avons de la vie que la satisfaction médiocre d'un quotidien triste et sans saveur.
Nos têtes sont plus dures que les dents du caïman. Peuple triste et égoïste dont les enfants se montrent suffisants dans la bêtise et dans la dispersion.Nous sommes fiers dans le désordre, dans la désorganisation et dans le refus du rassemblement agissant.


Larmoyants et ne voulant pas tenter autre chose que ce que nous avons toujours fait, nous nous accrochons désespérément à nos pires ennemis croyant qu'avec le temps et par notre soumission et notre gentillesse extrême, ils entendront raison et nous délivreront du mal qu'ils nous infligent par un humanisme qu'ils auraient retrouvé.
Nous nous détestons et nous détestons nos enfants les plus lucides. Si nous nous gargarisons de Cheikh Anta Diop et d'autres dignes fils d'Afrique c'est souvent juste par mode, par commodité et pour l'affichage. Pas pour mettre en application ce qu'ils nous enseignent.
Quasi jamais d'accord sur l'essentiel, l'accessoire emporte notre adhésion et sur l'essentiel chacun fait à sa tête. 
Nous avons donc perdu la boussole et ne désirons la retrouver que tièdement. 
Avec cet esprit tordu, pas étonnant d'occuper le rang du peuple le plus colonisé de cette vallée humaine. Pas étonnant que nous soyons colonisés et recolonisés x fois.

Komla KPOGLI

mercredi 4 juillet 2012

Une primogéniture coloniale revendiquée.


Quelqu'un vient en France réclamer le droit d'aînesse colonial. C'est-à-dire que "Nous, nous sommes une colonie française" donc la France doit s'occuper de nous. Si elle s'est "occupée" de tuer Kadhafi dont le pays "est une colonie de l'Italie" pourquoi laisserait-elle nous autres, SA COLONIE détruire par les Islamistes qu'elle soutient manifestement avec le nouveau mercenaire occidental, le Qatar? Voilà comment nous finissons. Dans notre paralysie générale, nous en sommes réduits à revendiquer le droit d'ainesse colonial: sorte de primogéniture coloniale revendiquée au nom de laquelle la Mère Patrie a des obligations envers la colonie.






"La France est intervenue en Libye qui est une colonie de l'Italie. Nous, nous sommes une colonie de la France, donc la France a un devoir moral d'intervenir militairement au Mali pour nous aider. Si j'étais un intellectuel, j'allais porter contre eux, contre l'ONU...pour non-assistance à personne en danger" dixit Monsieur le Maire. 

Nous ne savons même plus quoi dire pour camoufler les faiblesses que nous traînons depuis notre fuite de l'Egypte pharaonique. Quel triste parcours pour un peuple qui fut le plus brillant sur terre! Malheureusement, la génuflexion devant ceux justement qui créent des problèmes qui sont les nôtres va continuer, puisque nous n'entendons pas nous rassembler autour des idées fortes portées par un leadership avisé afin de reconquérir notre espace.

Komla KPOGLI

dimanche 1 juillet 2012

Mouammar Kadhafi: une si longue traque.


Mouammar Kadhafi, assassiné le 20 octobre 2011

Dans la longue liste des tentatives d'assassinat de Mouammar Kadhafi depuis septembre 1969, figure celle du 27 juin 1980. Ce jour-là, à 20h 59 aux larges de l'ìle d'Ustica en Italie, un avion de la compagnie Itavia s'écrase en mer avec 81 personnes à bord. Officiellement, il s'agit d'un accident. Mais la réalité est ailleurs: il s'agit pour les Services Secrets français d'assassiner Mouammar Kadhafi qui devait voyager à Varsovie à la même heure en empruntant le même itinéraire. A la dernière minute le Guide Libyen avait changé d'avis. Le SDECE devenu la DGSE, les services secrets français avaient déjà, avec les instructions du président Giscard D'Estaing, tenté à plusieurs reprises de liquider Kadhafi. Après ce raté d'Ustica, non seulement les 14 personnes appelées à témoigner devant le juge en Italie sont mortes l'une après l'autre dans des conditions mystérieuses, mais aussi les agents du SAS (services secrets britanniques) et surtout ceux d'IFREMER (Institut Français de Recherche pour l'Exploitation de la Mer) lié au SDECE chargés de récupérer l'épave de l'avion avaient fait leur boulot à moitié. 

Les agents d'IFREMER sortirent quelques morceaux de l'avion en laissant au fond de la mer la partie touchée par le missile. Le chef des Service secrets militaire italien Pascuale Notarnicola dira que "la vérité a été laissée au fond de la mer". Giscard d'Estaing limogera Alexandre de Marenches, le chef du SDECE suite à une nouvelle tentative d'assassinat en août 1980 à travers le soulèvement de la garnison de Tobrouk avec comme stratégie de marcher sur Tripoli en passant par Benghazi avec le soutien de quelques tribus bédouines. Giscard d'Estaing dira plus tard dans ses Mémoires que l'un des 4 secrets transmis en 1981 à Mitterrand concernait Mouammar Kadhafi, qui sera finalement supprimé par Sarkozy, Obama, Cameron, Berlusconi et Al Thani (émir du Qatar) réunis au sein de l'OTAN avec le commandant Canadien, Charles Bouchard qui a depuis Naples, dirigé les bombardements sur la Libye. 

La Chine et la Russie avaient quant à elles donné un feu vert-clair à cette coalition d'assassins en laissant passer la fameuse résolution 1973 prescrivant "la protection des populations civiles". Une notion promue par Gareth Evans, ancien président de  International Crisis Group basée à Bruxelles et à Washington, une prétendue ONG bien connue en Afrique où elle se présente comme oeuvrant pour "la prévention et la résolution des conflits armés."

Ustica démontre une nouvelle fois que lorsque les hyènes occidentales pourchassent un homme ou une femme appelé dans leur jargon une cible, elles sont capables de tout y compris l'assassinat de leurs propres compatriotes en décrétant cyniquement qu'il s'agit "d'accident". Dans une patience redoutable et dans la logique du principe de la continuité de l'Etat, les prédécesseurs passent le dossier de chasse à leurs successeurs en cas d'alternance. Ces hyènes ne renoncent pas. Même si on peut noter ici ou là des variations dans les tactiques et les modes opératoires, l'objectif stratégique est toujours maintenu. Il demeure invariable. Une chasse à l'homme, en l'occurrence celle de Mouammar Kadhafi, débute dans les années 1969, immédiatement à sa prise du pouvoir par la révolution et prend fin en 2011. Soit 42 ans après. Cette hargne, cette patience et ce jusqu'au-boutisme sont diaboliquement admirables et méritent d'être appris par des militants que nous voulons être: ne jamais renoncer tant que nos objectifs ne sont pas atteints. 


Comme les hyènes ne renoncent que lorsqu'elles atteignent leur cible, les mots qui suivent doivent être les nôtres aujourd'hui: "Je ne fais confiance à un colonialiste ou à un impérialiste que lorsqu'il est mort", écrivait Kwame Nkrumah le 12 septembre 1960 à Patrice Lumumba menacé de toute part. 

Komla KPOGLI

samedi 30 juin 2012

COMMUNIQUÉ DE PRESSE




LA DIASPORA TOGOLAISE EN SUISSE APPELLE A MANIFESTERCONTRE LES VIOLATIONS DE DROIT DE L’HOMME QUI SE POURSUIVENTIMPUNEMENT AU TOGO


Le Comité Suisse de Soutien au CST-Togo (Collectif Sauvons le Togo) appelle tous les Togolaises et Togolais, Africaines et Africains, les ami(e)s du Togo en Suisse et dans les pays frontaliers de la Suisse à une grande manifestation pour dénoncer la répression sauvage et les multiples arrestations arbitraires par le gouvernement togolais des militants des associations civiles et des droits de l’homme, des leaders et des sympathisants de partis politiques del’opposition togolaise, qui manifestent pacifiquement et les mains nues contre les abus et les dérives dictatoriales du pouvoir RPT-UNIR et alliés.


Date : samedi le 07 juillet 2012
Lieu : Place des Nations Unies à Genève
Heure : 14h 00Nous voulons :· 


Soutenir le Collectif Sauvons le Togo et le peuple togolais dans leur lutte pourl’instauration réelle de la démocratie et de l’Etat de droit au Togo;
· Apporter notre solidarité et notre soutien aux victimes et aux familles desvictimes des répressions;
· Dénoncer le soutien de la France et de l’ONU au régime dictatorial etsanguinaire de Faure Eyadema Gnassingbé;
· Dénoncer la violence de l’armée togolaise contre la population civile quimanifeste pacifiquement et les mains nues;
· Dénoncer les arrestations arbitraires des leaders du CST Me AJAVON, Me AFANGBEDJI, Me KPANDE, Me AGBOGAN, M. KODJO Agbéyomé et desmanifestants pacifiques des 12, 13 et 14 juin 2012 détenus dans les prisons ou gardés dans des lieux secrets et demander leur libération sans condition, l’arrêt immédiat des poursuites judiciaires infondées, injustes et cyniques engagées à leur encontre ainsi que la restitution de tous les biens saisis à leurs propriétaires;
· Dénoncer également le cas de persécutions arbitraires et de poursuitesjudiciaires infondées à l’encontre de M. Atsu Rabuny King et d’autres cassimilaires;
· Réclamer l’arrêt de toute forme de harcèlement, d’intimidation et demusellement au Togo des journalistes tant nationaux qu’internationaux demanière à garantir la liberté d’expression au Togo;
· Exiger des autorités togolaises le retour à la Constitution d’Octobre 1992,l’adoption d’un nouveau code électoral consensuel de toute la société civile etde la classe politique togolaise, la mise en oeuvre effective desrecommandations du Rapport de la Commission Nationale des Droits del’Homme (CNDH) sur la torture, notamment par la poursuite, le jugement et lacondamnation des auteurs d’actes de tortures au Togo;
· Nous réclamons en outre le départ de Faure Eyadema Gnassingbé du pouvoiret la mise en place d’un gouvernement de transition démocratique chargéd’organiser les élections générales en vue.· Nous demandons par ailleurs à la communauté internationale et auxambassadeurs en poste à Lomé à prendre la mesure de la gravité de la crisepolitique qui secoue notre pays et d’agir dans l’intérêt suprême du Peupletogolais opprimé.


Fait à Genève, le 30 juin 2012.Le coordinateur du Comité Suisse de Soutien au CST (Collectif Sauvons le Togo) M. Kossi ESSIOMLE (0041/ 79 514 3153) kossi@bluemail.ch


Contacts utiles du Comité Suisse de Soutien au CST (Collectif Sauvons le Togo)
M. Koffi FOLIKPO (0041 / 78 7545786) kofi.folikpo@hotmail.comM. 
Jean-Paul OUMOLOU (0041 / 78 8067742) jeanpauloumolou@yahoo.fr
M. Rodrigue KPOGLI (0041 / 76 5427918) rodriguek2001@yahoo.fr
M. Kossivi O. DAGBENYO (0041 / 78 6829372) afrodag@hotmail.com
M. Franck AGBEKPONOU (0041 / 78 9018414) donfrancky@hotmail.com
M. Yawo ABOTSI (0041 / 78 6228700) tontonkind@yahoo.fr
M. Joël GOLO (0041 / 787625566) millesjoel@yahoo.ca


Itinéraire: Prendre de la gare de Genève Cornavain le Tram 15 en directiondes Nations, descendre à l’arrêt, Nations (Terminus.)

mardi 19 juin 2012

L'Afrique, la Libye et la "Communauté internationale


Le vendredi 18 mars 2011, nous publions sur le journal Alter Info un extrait d'une conférence donnée à Genève dont voici le lien  et le contenu http://www.alterinfo.net/L-Afrique-la-Libye-et-la-Communaute-internationale_a56419.html. 




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Quelques jours plus tard (le 21 mars 2011), un certain Pierre Adjété écrira ce qui suit sur un forum. Malheureusement, nous découvrons tardivement les mots de ce Monsieur. Ce n'est donc que maintenant que nous lui disons merci d'avoir relayé notre publication.


Salut Tous et Toutes!
Je ne désire pas forcément provoquer un débat, mais par cette fin de journée dominicale, j’ai eu du plaisir à écouter notre ami, togolo-suisse ou juste togolais, Rodrigue Kpogli. C’est instructif!Il dit des choses intéressantes, très amusantes parfois; malheureusement, il ne nous aide pas à être d’accord  avec lui. Parce que notre défi est justement d’arriver à être d’accord sur un minimum afin de pouvoir avancer… Dans ce cas, dans son cas, la grille d’analyse qui prend pour acquis que parce que l’on est « occidento » l’on a pas raison contre nous les Hottentots d'Africains, que l’ONU n’existe pas parce que dominée par les puissances possédant le Droit de Veto, qu’il y a injustice au Maroc, en RDC, au Togo donc on ne doit pas en régler au Côte d’Ivoire, en Libye, en Haïti ou ailleurs, cette logique est un peu courte et drôlement candide.
Il n’y a aucun mal que les pays comme les individus, les ONG choisissent leurs intérêts, leurs luttes, leurs risques mêmes… Personnellement, ce n’est pas la dominante dans mes choix, mais il m’est impératif de comprendre cela.
L’analyse de Rodrigue qui pointe du doigt tout le monde pour sauver l’Afrique et la refuser aux « Autres » -tout en parlant lui-même de la Suisse, est en ce point juste théâtral. Il nous faut comprendre que ce n’est pas une affaire de peau, ni de guerre des continents… On n’aime pas plus l’Afrique parce que l’on est Africain… Surtout, retenons encore pour ne pas l’oublier que « Le monde n’est pas juste, et ne le sera probablement jamais » disait JF Kennedy; chaque injustice de corrigée est et restera donc notre victoire commune et humaine, au Canada, en Suisse, en Libye ou ailleurs. La guerre des races est davantage celle de notre humaine condition… un gain à la fois, sans trop de folklore ni haine des autres, mais avec des principes et des convictions nobles et réalistes.
Tenons bon, chers tous et toutes!
psa
Pierre S. Adjété   "Ad Valorem"



http://democracymyright.blogspot.ch/2011/03/lafrique-la-libye-et-la-communaute.html

lundi 11 juin 2012

Le Mali et l'Azawad: l'espace sahélo-saharien en remodelage.



Komla KPOGLI
11 juin 2012
Web. http://lajuda.blogspot.com

"Qui vit de combattre un ennemi a tout intérêt de le laisser en vie", disait Friedrich Nietzsche. En identifiant AQMI (Al Qaeda au Maghreb Islamique) comme bras local d’Al Qaeda d’Oussama Ben Laden qui sévirait dans la région sahélo-saharienne, ceux qui prétendent combattre cette organisation, s'inscrivent dans cette perspective et se donnent toutes les latitudes pour façonner ou refaçonner cette partie de l’Afrique qui, depuis les temps immémoriaux, est l’objet de convoitises. 

L’espace sahélo-saharien est présenté comme une bande de terres arides, désertiques, pauvres, sans aucune richesse, sans intérêt géostratégique. On fait croire par tous les moyens que toutes les interventions qui sont faites dans cette région sont purement et simplement mues par une vision humanitaire dont l’Occident serait naturellement porteur, car il n’y aurait rien à prendre, ni à contrôler là-bas. Il y aurait uniquement de pauvres populations affamés et assoiffées à sauver. Pourtant, les explorateurs et autres géographes déjà au XVè siècle jugeaient riches ces terres. Non seulement, très tôt, on y a vu de larges voies commerciales, mais on y a vu aussi des richesses agricoles, minières et minéralières gigantesques. Lesquelles ressources sont renforcées par des découvertes récentes de pétrole au Nord du Mali, précédées par celui du Soudan et du Tchad ainsi que des mines de fer, d’étain, de gaz, de phosphate, de cuivre et d’uranium dans la région notamment au Niger. Aux temps médiévaux d’ailleurs les Arabes y trouvaient et y trafiquaient du sel, alors matière première d’une grandeur valeur et de l’or.

Dans ce climat de richesses extraordinaires non connues et inexploitées par les indigènes, où la France coloniale avait même voulu construire le Transsaharien, chemins de fer reliant les possessions françaises d’Afrique du Nord à l’Afrique occidentale française, on a récemment assisté à des stratégies de positionnement et d’alliance et de contre-alliance géopolitiques et géostratégiques des puissances mondiales. Car, là où il y a mines et richesses, il y a rivalités et conflits pour y accéder. Dans la région, donc, on a vu les Etats occidentaux pilotés par les Etats-Unis d’Amérique accompagnés de leurs Etats mercenaires européens et israélien d’une part et la Chine d’autre part, réussir à morceler le Soudan en jouant sur des conflits locaux rebaptisés pour l’occasion génocide au Darfour.

On a donc deux projets impérialistes qui se jouent : d’un côté, un projet atlantiste visant à drainer les ressources de la région via le Golfe de Guinée vers les USA et par la Méditerranée vers l’Europe, et de l’autre, un projet chinois désirant réunir le pétrole et autres matières premières du Niger, du Tchad, du Soudan et de la Corne de l’Afrique pour les faire passer par les routes maritimes de l’Océan indien et de la Mer rouge.

Aujourd’hui, le Mali, découpé et désintégré en deux territoires autonomes, l’Azawad et le Mali, sur fond d’alibi religieux confirme la pratique tentée au Nigeria avec la tentative sécessionniste inaboutie initiée par la France au Biafra dans les années 60  et celle réussie au Soudan le 09 juillet 2011 avec la création d’un Soudan du Sud qui n’a aucune vocation locale et endogène si ce n’est servir de couloir de passage du pétrole pour ses parrains. Autant on a joué sur le registre religieux pour opérer la désintégration du Soudan, autant la diversion religieuse voile le projet malien.  

Le journal Le Canard Enchaîné nous apprend que le Qatar, un sous-Etat mercenaire du triumvirat Etats-Unis d’Amérique, Europe et Israël finance, disons plutôt, est utilisé pour financer les mouvements se réclamant islamistes et séparatistes dans le nord du Mali. Le Qatar, il faut le dire, est monté en épingle et présenté ces derniers temps sur la scène mondiale comme une puissance diplomatique émergente par l’Occident qui investit tel ou tel pays comme puissance en fonction des circonstances. Ainsi, a-t-on vu cette puissance nouvelle dotée de son Al Jezeera et de pétrodollars sévir en Libye où on l’a brandit comme l’Etat Arabe dont la présence ôtait à l’agression contre Mouammar Kadhafi son caractère occidental. Ce pays alibi joue le même rôle d’ailleurs en Syrie actuellement en compagnie de la Turquie et de l’Arabie Saoudite.

Outre ses richesses convoitées, le Sahel est perçu comme zone de séparation entre deux espaces géopolitiques différents : le Maghreb que l’Europe essaie de rattacher à elle notamment par le truchement de l’Union pour la Méditerranée et l’Afrique subsaharienne. Voie de commerce traditionnel et voie de passage des flux migratoires, le Sahel est décrété zone grise où peuvent se faire toute sorte de trafic à l’instar du trafic des armes opéré par l’OTAN et son allié de circonstance le Qatar lors de leur agression contre la Libye. En raison de l’inexistence d’Etats capables de contrôler cette région, les Etats africains n’en sont que de nom, elle sert de terrain de jeu à des acteurs de tout genre qui veulent la maîtriser chacun à son usage exclusif.

En 1885, Gerhard Rohlfs, voyageur allemand qui parcourait la région affirmait que « qui possède Tripoli possède le Soudan ». Aujourd’hui, en contrôlant la Libye, en armant les sous-fifres qui y règnent après l’assassinat de Kadhafi, on est en train de posséder la région et de la remodeler sous nos yeux. Des armes distribuées en Libye servent aujourd’hui d’outils de remodelage avec un paravent religieux.

L’utilisation du manteau religieux dans cette région ne date, au demeurant, pas d’aujourd’hui. Les expéditions des Almoravides au XIè siècle dans les empires africains du Mali, du Ghana, Songhaï cachées sous  le manteau de la religion visaient en réalité à prendre le contrôle politique du Sahel et à faire main basse sur l’or et les richesses de ses territoires. En décomposant le Mali et en instituant l’Azawad, on fait aujourd’hui la même chose que les Almoravides.

Eu égard à tout ceci, la construction d’une Unité Africaine réelle sera la solution. Pour le moment une telle idée est rejetée par les satrapes africains qui tirent leur existence même de la fragmentation du continent africain par des frontières tracées à l’équerre et au compas depuis le Conférence de Berlin en 1884-1885. Les guignols africains appelés dirigeants et leurs metteur-en-scène font tout ce qui est en leur pouvoir pour que l’Union Africaine au lieu d’intégrer l’Afrique et d’en faire une aire géopolitique maitrisée par une vision endogène, la paralyse plutôt en conservant ces frontières et en en faisant une de ses bases les plus fortes. Ces territoires n’étant pas le fait du peuple noir, il est évident que celui-ci ne les maîtrise pas et ne les maîtrisera pas. Ainsi, ces territoires seront-ils toujours l’objet de modelage, de remodelage, de reconfiguration, de partage et de repartage en fonction des circonstances et des intérêts de leurs fabricateurs. Le fait même que cette Union Africaine soit paraplégique devant le morcellement du Mali et soit réduite à demander une intervention des fauteurs de trouble reconvertis en pompiers montre bien qu’elle ne maîtrise rien et qu’elle ne fait que gérer une boutique d’Etats dont la gestation, l’accouchement et l’acte de naissance sont le fait des autres. En célébrant une telle Union Africaine qui désunit le continent au lieu de le réunir, qui l’installe dans la faiblesse au lieu de le renforcer, on a donné la clé de la recolonisation. Il en sera ainsi jusqu’au jour où le désordre africain auquel on a conféré le titre de l’ordre établi sera renversé et l’Afrique reconstruite à l’aune de son histoire, des ses valeurs et de ses intérêts. 
La balle est donc dans notre camp!


NB: Dans un billet intitulé: Après l'Afghanistan, le Mali, Jacque Attali demande une guerre au Mali. Dans son texte publié le 28 mai 2012, Jacque Attali dit: "il faudra une action militaire sur le terrain, avec un appui logistique à distance, des moyens d’observation, des drones et une capacité d’encadrement stratégique..." Cette guerre ne pouvant être menée ni par la CEDEAO, ni par l'Union Africaine,  l’Europe, selon les termes mêmes d'Attali, " devrait évidemment être unie et se mettre en situation de décider et d’agir par le biais de l'ONU ou de l'OTAN". 

mercredi 6 juin 2012

La conquête médiatique de l'Afrique: comment des pays et des groupes d'intérêts tissent leur toile autour de l'Afrique.


Komla KPOGLI
06 juin 2012

Dans les écoles de communication, il est bien connu que la meilleure propagande est celle qu’on se fait à soi. Il est bien connu aussi que pour bien vendre un produit, il faut communiquer intensément autour de lui. Ces assertions sont en train d’être vérifiées, une nouvelle fois, en terre africaine où se déploie actuellement un gigantesque marathon visant à y implanter des médias. Surtout, la télévision. L’image étant le moyen le plus évident de convaincre.

Après l’enracinement des médias tels que BBC (British Broadcasting Corporation), VOA (Voice of America), RFI (Radio France Internationale), DW (Deutsche Welle), CNN...renforcés par CCTV-F (Télévision chinoise en Français), France 24 qui sont parfois plus connus en Afrique que dans les pays d’où ces radios et télévisions émettent, voici venu l’heure de Al Qarra TV, Al Jezeera qui investissent la place.

Pour ceux qui doutent, le dispositif médiatique est l’un des meilleurs outils du Soft Power, puissance d’influence, qu’un pays, un groupe commercial, un acteur socio-politique et idéologique puisse déployer pour atteindre ses objectifs au moindre coût possible. Capacité d’atteindre une masse, capacité de faire adhérer à une cause, capacité de répéter un message et le faire entrer dans les cerveaux, capacité de transformer le vrai en faux et le faux en vrai, capacité de fidéliser un groupe d’hommes. Voilà quelques-unes des forces des médias.

Pendant que le sommeil se prolonge sous les tropiques, à pas masqués et prétendant la volonté d’informer les populations africaines – l’information étant un outil de guerre et la laisser entre les mains étrangères est plus que dangereuse – des détenteurs de capitaux et des groupes d’intérêts divers et variés sont en train de tisser leur toile médiatique autour de l’Afrique. Les tout premiers à avoir compris qu’il fallait prendre les Africains en étau, les dresser, leur labourer la tête pour les paralyser aussi bien dans la réflexion que dans l’action, les piller sans qu’ils s’en rendent compte sont les occidentaux. Avec BBC, RFI, DW, VOA, CNN, les agences Associated Press (USA), Reuters (Angleterre), AFP (France)…ils ont garanti des contacts avec les populations. Ils ont noué entre ces populations et leurs pays ainsi que les entreprises multinationales qu’ils servent des liens quasi indéboulonnables.  

Ces médias ont toujours présenté l’Afrique comme une terre misérable, minée par des conflits fratricides et ethniques, pauvre et demandant éternellement l’aide d’un Occident généreux, bienfaisant et bon samaritain pendant que les richesses africaines sont drainées vers l’étranger. Ces médias ont installé dans le décor africain l’Occident, ses intérêts, ses vues, ses désirs, ses projets, ses hommes. Cette présence est présentée comme normale, légitime puisque purement humanitaire. Il en est ainsi de la présence des bases militaires françaises en Afrique qui y seraient rien que pour « sauver les africains et empêcher des guerres ethniques ». « L’ethnie » serait la mesure de toute chose en Afrique, selon les spécialistes médiatiques occidentaux. Des militaires britanniques envoyés de temps à autre dans tel ou tel pays, comme ce fut le cas en Sierra Léone et plus récemment en Somalie serait tout aussi des missions humanitaires. Les Etats-Unis d’Amérique qui déploient actuellement leur outil militaire Africom seraient eux aussi en train de s’installer en Afrique pour permettre aux Africains de vivre en sécurité et de ne plus se faire des guerres entre eux. Eux qui se sont « tant battus les uns contre les autres et souvent tant haïs, qui parfois se combattent et se haïssent encore mais qui pourtant se reconnaissent comme frères» disait Sarkozy dans le portrait qu’il fit de l’homme africain à Dakar.

Ailleurs, l’Occident défend ses intérêts. En Afrique, il est en mission humanitaire. Il n’y est que, parce qu’épris d’amour pour l’homme noir qu’il a tant aimé au point de l’avoir mis dans les fers de l’esclavage et de la colonisation, pour l’aider au développement. Et cela lui coûte d’ailleurs des sommes colossales, nous apprend-on dans ces médias. Ainsi donc inversé, et cette inversion répétée à l’infini, le rôle de l’Afrique dans l’économie mondiale est celui d’une terre qui n’a rien et à qui de bonnes âmes donnent tout. Pourtant les fameux « explorateurs » et « découvreurs » au XVIIIè siècle déjà la trouvaient immensément riche. Où sont donc passées les richesses qu’ils décrivaient dans leurs récits de voyage pour que l’Afrique soit devenue si « pauvre » qu’elle ne doive sa survie qu’à « l’aide » ?

Considérant l’Afrique comme son domaine réservé qu’il aide en le pillant, l’Occident voit d’un mauvais œil les incursions des autres sur ses terres. Le cas le plus patent est celui de la Chine qui, en pleine croissance, vient chercher ses ressources manquantes en Afrique, éternel continent à partager et à repartager entre puissances d’hier et celles naissantes. Confrontée donc aux tentatives d’empêchement et de « déstabilisation » des premières, la Chine définit une stratégie médiatique sur deux fronts en Afrique.  Il s’agit de construire et de polir son image à travers les médias qu’elle pilote elle-même et de joindre dans le même temps des journalistes africains à cette entreprise.

Sur le premier registre, la Chine a lancé depuis le 11 janvier 2012 sa section Afrique de la CCTV émettant depuis Nairobi au Kenya. CCTV Africa projette ouvrir 14 bureaux locaux dans différents territoires africains. Réduite pour le moment à 02 heures d’émission par jour, la CCTV Africa compte d’ici 2015 émettre 24 heures 24. Outre la chaîne de télévision, la Chine déploie son agence de presse Xinhua (Chine nouvelle) qui dispose déjà de plus de 150 correspondants dans toute l’Afrique.

Sur le second plan, la Chine, consciente que pour mieux évangéliser un peuple il faut associer des indigènes au projet, recrute et forme des journalistes africains. Visitant le 21 avril 2011 le Kenya,  Li Changchun, membre du comité permanent du bureau politique du comité central du PCC, affirmait que la Chine a formé 208 journalistes et patrons de médias africains entre 2004 et 2010. La tactique de la formation des journalistes africains continue de faire son œuvre. La guerre psychologique est donc engagée par la Chine au travers des Africains pour rassurer les Africains et rejeter le plus loin possible l’influence occidentale dans les territoires africains. Les pays occidentaux sont eux-mêmes des adeptes de cette stratégie qui repère des journalistes locaux, leur attribue des bourses pour la formation, les invite dans leurs ambassades pour leur offrir des amuse-gueule lors de ce qu’on appelle des séminaires de formation. En la matière donc la Chine ne fait que copier ses prédécesseurs.

Ainsi donc la combinaison de ces deux stratégies portées par le slogan de « Gagnant-gagnant » vanté par la Chine et incorporé aujourd’hui dans le vocabulaire africain, la Chine a plutôt bonne presse en Afrique. Son image polie passe mieux que celles des Occidentaux. Des « intellectuels » africains n’hésitent pas asséner à longueur d’articles ou de commentaires que la Chine est la seule et vraie « partenaire » que l’Afrique dispose. On cite le développement chinois en modèle sans jamais mentionner qu’il fut précédé de plusieurs révolutions sanglantes qui avaient détruit le règne des colons et leurs suppôts, et qui avaient ramené la Chine à ses racines culturelles. Les liens que Chine a avec l’Afrique sont présentés comme salvateurs pour une Afrique détruite par l’exploitation occidentale. Sans Etats en Afrique, avec des territoires dirigés par des pions et des individus sans foi ni loi, il y a toujours des « intellectuels » africains qui trouvent que le peuple africain profite de ces relations dont la principale caractéristique est de donner des contrats miniers et des contrats de construction d’infrastructures (et quelles infrastructures ?) aux chinois. Sans Etat, avec des dictateurs corrompus et assassins des africains qu’ils régentent parce que s’opposant à eux, qui va défendre les intérêts de l’Afrique, l’Afrique de la base et non du sommet en coupure totale avec celle-ci ? Comment peut-on penser intérêt du peuple en étant son plus fervent opposant ?

A la veille du Forum de Pékin (Beijing) en 2006, les autorités chinoises invitèrent 23 journalistes de 16 pays d’Afrique francophone afin de leur permettre de « vivre les réalités de la République populaire de Chine comme des témoins privilégiés de la transformation d’un pays par la magie du travail. » Ces journalistes missionnaires originaires du Bénin, Burundi, Cameroun, Congo, Congo (RDC), Djibouti, Gabon, Guinée-Conakry, Madagascar, Mali, Maurice, Niger, Seychelles, Tchad, Togo et des Comores, avaient été conduits dans des villes symboles et douchés dans le bain chinois durant leur séjour du 16 au 26 septembre 2006. Suite à ce forum, un plan d’action a été publié. Dans ce plan d’action de Beijing (2007-2009) Pékin annonçait sa décision d’aider les pays africains à former le personnel des radio-télévisions et à « inviter des responsables et des autorités de la presse et des groupes de médias, ainsi que des journalistes africains, à venir en Chine pour  échanger des vues, faire des reportages et explorer des modalités de coopération efficaces. » Une fois rentrés dans leur territoire respectif, la prédication laudatrice en faveur de la Chine peut commencer. A côté de ce dispositif médiatique, sans cesse renforcé par des bourses et autres dons chinois, Pékin fonde des Instituts Confucius partout dans les universités africaines et attire par des bourses des étudiants africains qui devront séjourner en Chine et revenir en Afrique y apporter l’amour de la Chine et y défendre ses intérêts.

L’offensive médiatique en Afrique ne se limite à ces seuls pays. Le Qatar déjà propriétaire des terres fertiles en Afrique arrive avec son Al-Jezeera. En février 2012, le pays lançait à Nairobi au Kenya Al Jezeera en Swahili avec un potentiel de 100 millions de téléspectateurs.  Dans un article publié le 28 mai 2012 par Georges Malbrunot et Paule Gonrales du Figaro nous informent que Al-Jezeera serait en train de réfléchir sur le lancement d’une version française qui sera basée à Dakar dans le territoire du Sénégal. Plus loin dans cet article, on apprend que le choix de Dakar est fait par le Qatar non seulement parce que «Al-Jazeera sera beaucoup plus libre de s'affranchir de certaines contraintes au Sénégal qu'à Paris», mais aussi parce que le Qatar est à la recherche d’une influence politique et entend par là contester la domination française dans la région. C’est dire combien l’Afrique est une proie discutée pendant que ses populations assommées par les pillages de toute sorte sont dans un  sommeil comateux.

Au-dela, prétendant condamner la diffusion d’images misérabilistes sur l’Afrique par d’autres médias, un groupe d’hommes menés par le tunisien Najib Gouiaa et le français Pierre Fauque financé par une banque dont Najib Gouiaa tait le nom, a créé Al Qarra TV. Sa rédaction permanente est basée à Paris et elle fait de l’information toute en images avec un réseau de correspondants en Afrique. On apprend par la voie de Najib Gouiaa que Al Qarra disponible pour le moment en Arabe, en Anglais et en Français, est en train de travailler sur « d’autres versions linguistiques du continent ». Cette télévision qui, selon l’aveu de son directeur Najib Gouiaa, reçoit 80% de ses images des agences Associated Press, Reuters et l’AFP et d’indépendants est suivie pour le moment massivement par les « cadres » et des « acteurs économiques et politiques ».

Comme on peut le voir, chacun active son Soft Power pour parvenir à ses fins en Afrique. En montrant notre incapacité à reconquérir notre espace et à l’occuper effectivement, nous avons laissé la terre africaine, ses richesses et son peuple à la merci de tous les vents et de tous les intérêts. Nous avons laissé notre espace territorial libre et à ce titre, il n’est que justice que d’autres viennent l’investir avec leurs idées et les produits. C’est dire combien le réveil sera lent et douloureux car, les résultats du Soft Power qui installe dans les cerveaux des croyances et des opinions difficilement modifiables sont les plus efficaces. En secrétant et en répétant à longueur de journées, des idées pour servir leurs intérêts divers et variés, ces médias fabriquent et conditionnent l’opinion africaine. Ils peuvent grâce à leur pouvoir de manipulation à grande échelle renverser des pouvoirs indésirables ou plonger les populations dans une léthargie assurant la plus grande stabilité à une tyrannie obséquieuse et docile. On a vu d’ailleurs de quoi France 24, RFI, BBC, CNN, VOA, DW ont été capables sur la Côte d’Ivoire. On a vu de quoi a été capable Al Jezeera sur la Libye avec des images hollywoodiennes de massacre de populations civiles par les hommes de Kadhafi tournées dans ses studios à Qatar. On vu combien France 24, BBC, CNN…ont été capables de fabriquer l’opinion aussi bien dans leur pays respectif que dans les pays désignés à subir des guerres humanitaires de l’Occident.

Il est donc nécessaire que les milieux de combat pour une autre Afrique intègrent dans leurs réflexions la question des médias. Par quel canal et comment, dans cette bataille satellitaire qui se mène sur le continent, arriver à parler aux Africains pour faire passer le message de la nécessité de renverser le désordre organisé imposé comme un ordre établi en Afrique ? Par quel canal démontrer aux Africains que leur seul et unique allié dans le monde est eux-mêmes ? Par quel canal et comment faire adhérer les Africains à la réalité selon laquelle la construction de véritables Etats dirigés par des hommes ayant le devoir de rendre compte de leurs actions précède toute idée de coopération? Par quel canal prouver aux Africains que les relations internationales sont fondées sur les logiques de puissance et d’intérêts alors qu’on leur vend l’opinion qu’elles sont l’œuvre de la paix et des fameux droits de l’homme ? Par quel canal remettre les valeurs africaines au centre des préoccupations à l’heure où toute sorte de cultes investit l’Afrique et coupe les Africains de leurs capacités créatrices les plus intrinsèques ? Ce ne sont pas les satrapes africains, ces contremaîtres rétribués au prorata du travail servile fourni par les Africains sous leur surveillance sanglante qui réfléchiront sur ces questions d’enjeux majeurs. Ils sont satisfaits de leurs parts dans le système. Ils n’ont rien à foutre du reste.

Toutes ces questions méritent de sérieuses discussions dans ces milieux. En laissant les Africains être informés et formés (au journalisme notamment) par les autres, disons plutôt déformés par les autres, on donne à ceux-ci le droit de les programmer contre eux-mêmes, contre toute l’Afrique et son avenir.

samedi 2 juin 2012

LA SOCIETE DU MENSONGE ET L'INTEGRATION

Intégration!
Intégration!


Voilà le mot inventé et utilisé dans les Sociétés du Mensonge (SdM) pour faire passer les Noirs de "l'état sauvage" à "la vie moderne". Et ce qui se passe c'est qu'il y a tellement d'africains qui gobent ça. Les "intégrés" bon teints croient ainsi influencer la Société du Mensonge (SdM). Mais dans la réalité des choses, ils se ridiculisent et exposent par leurs attitudes intégrationistes, tous les africains.
Faire l'âne pour avoir du foin! C'est une bonne méthode de survie. Mais, on peut rester âne après avoir reçu le foin. Ceux qui s'allient à la Société du Mensonge pour soi-disant faire "l'intégration" rendent le pire des services à notre peuple et à ce qui est appelé parfois avec grandiloquence, la Diaspora. Cela montre que certains croient et vendent toujours l'idée que notre destin est lié à celui de la Société du Mensonge. 

A la vérité, la Société du Mensonge n'a ni besoin d'intégrés ni d'intégration. Elle ne veut pas, au fond, que les autres notamment les africains connaissent ses codes d'accès, ses voies de succès...bref, ses forces. Ce qu'elle veut à travers la publicité de l'intégration -politique étatique- c'est la bonne conscience et des nègres-alibis, souriant sur la photo et qui par là montrent que ça ne se passe pas si mal que ça. Et ces nègres alibis, ce sont eux qu'on qualifient de policés, d'éduqués, de civilisés. Ils prennent la défense de la Société du Mensonge et ce sont eux qui ont accès à ses médias. 


A chaque problème, ces "policés" font appel à "l'intégration" comme la solution. Mieux, sur les sujets de fond, ces "policés" au nom des miettes qu'ils reçoivent de la Société du Mensonge, se murent dans un silence de cimetière. Ces professionnels de l'intégration, dans leur zèle, sont celles et ceux qui combattent le plus les autres africains qui exposent les contradictions, les mensonges de la Société du Mensonge à la place publique. Les "intégrés" et les "policés" trouvent que ces derniers sont "radicaux" et "haineux" et que c'est ce radicalisme qui pousse la Société du Mensonge à mépriser les africains et que lorsque nous deviendrons tous "intégrés", de "gentils intégrés" travaillant pour le bien de la SdM, nous serons heureux. Grossière erreur d'appréciation des choses!

Komla KPOGLI


16 juin 2011