lundi 16 juillet 2012

Togo: le double piège d'une démission gouvernementale organisée.

16 juillet 2012 
Komla KPOGLI
MOLTRA
Web. http://lajuda.blogspot.com 


Gnassingbé 2 et son premier ministre démissionnaire Houngbo.

Pour celui qui ne connaît que moyennement ou pas du tout le fonctionnement du système, la démission ou le limogeage (peu importe ce qu’on veut faire dire à cet acte) de Gilbert Houngbo, le premier ministre de Faure Gnassingbé, est une victoire qui traduit une crise au « sommet de l’Etat togolais.» Quand bien même, il y aurait beaucoup à dire sur la réalité d’un Etat dans le territoire du Togo, disons simplement que cette lecture est d’un optimisme exagéré. L’optimisme en soi, lorsqu’on combat une tyrannie, n’est pas une mauvaise chose. Mais lorsqu’il ne traduit qu’une croyance infondée, un enthousiasme qui ne tient pas compte de l’effort à fournir pour atteindre l’objectif, la catastrophe n’est pas loin. Cette lecture, donc, qui veut percevoir dans cette démission une victoire, signe d’une certaine sensibilité de la part du régime franco-Gnassingbé est d’un optimisme qu’une réflexion en profondeur trahit.

C’est une chose bien connue que l’action politique, a fortiori celle dans un contexte de lutte pour la libération, est fondée sur une analyse approfondie et que quiconque veut s’inscrire dans l’action en cernant mal les données frappe toujours à côté, galvaudant ainsi l’énergie qu’il déploie. Celui qui sait analyser le problème et qui sait utiliser les moyens – violents ou pacifiques – qu’il a à sa disposition détient une longueur d’avance sur ses adversaires. Celui-ci est logiquement le maître du jeu. C’est lui qui dicte le tempo et pousse son ou ses adversaires à être dans la réaction et non à être dans l’initiative. Fort de ce principe, Faure Gnassingbé et ses services, maîtrisant parfaitement les moyens de la violence, ont manifestement analysé froidement la situation actuelle et ont décidé, après réflexion, de jouer une carte majeure en attendant les fameuses législatives de novembre prochain : démissionner ce qui est appelé le gouvernement. Là apparaît la ruse qui est le second outil dont se sert le système colonial mis à part la violence.

L’opération est présentée par le régime franco-Gnassingbé lui-même comme un acte se situant « exclusivement dans le cadre de la nouvelle dynamique que le Chef de l’Etat entend insuffler au dialogue politique. » Laquelle dynamique, selon les termes mêmes de la fameuse mise au point lue à la télévision togolaise et largement diffusée par d’autres canaux, « vise dans un souci d’ouverture et de cohésion nationale, à associer à la gestion des affaires publiques, l’ensemble des forces vives et des courants représentant la classe  politique togolaise. L’objectif poursuivi est donc de permettre à ceux qui le souhaitent d’apporter leur contribution à la construction nationale, en prenant une part active à la préparation des prochaines échéances électorales dans un climat consensuel et apaisé. »

On a tenté dans certains milieux d’expliquer le « communiqué conjoint de la présidence et de la primature » qui démentait toute divergence entre Houngbo et Gnassingbé II comme le signe même de « la panique », de « la confusion » voire de « la crise » entre le tandem dont l’un serait modéré dans le mal et l’autre radical. Il n’en est rien à bien observer les choses. En élaborant ce communiqué et en le faisant présenter à la télévision par deux individus arborant les accents dignes des bouffons du roi, le régime franco-Gnassingbé veut se donner l’image d’un gouvernement moderne qui communique et explique ses choix et décisions à ses administrés perdus par diverses interprétations journalistiques voire incantatoires qui traversent le pays. Le régime se pare ainsi du manteau d’une institution qui coupe court aux rumeurs en informant et en apportant des éclairages qui, en fait, renforcent l’obscurité dont il est le créateur.

Gnassingbé II et ses conseillers piègent, par leur manœuvre, ce qu’on appelle l’opposition au Togo. En démissionnant l’équipe Houngbo, le régime a procédé en deux temps. D’abord, il n’a pas motivé cette démission, laissant ainsi les commentateurs et autres milieux politiques contestataires se livrer à des tentatives de décodage. Chacun alla de son analyse allant de « non-événement » à « l’effet des manifestations en cours dans le pays », de l’indifférence à l’enthousiasme qui voyait la crise atteindre le sommet. Ensuite, le régime a repris la machine de propagande pour fournir une explication laconique et surtout axée sur la négation d’une divergence de vue entre ce que les communicants de circonstance à la télévision togolaise ont appelé la présidence de la République et la primature. Puis, dans un troisième temps qui est la phase décisive, le régime invite « l’ensemble de la classe politique et les acteurs de la société civile » à des consultations devant aboutir à la mise en place d’une nouvelle équipe gouvernementale - l’ancienne équipe pouvant être reconduite avec s’il le faut quelques légères retouches - dont la mission essentielle sera d’organiser les élections législatives avec des textes électoraux et un système de découpage viciés et verrouillés en amont. Tout le monde aura compris que cet appel à discuter vise d’abord les groupes contestataires de la tyrannie franco-togolaise, car les acteurs qui sont en dehors de ce cercle sont prêts à toute heure à se rendre chez celui qu’ils appellent le chef de l’Etat sans même que celui-ci les y invitent. Ces derniers sont des « dialogueurs » professionnels. Eux ne sont pas un problème. Ce ne sont pas eux la cible.

La manœuvre, probablement conseillée par les parrains de la tyrannie des Gnassingbé, est redoutable dans sa finalité. Car, elle conduit à un double piège. Entre les deux options, il n’y a pas d’alternative, quand on analyse les choses en profondeur. Choisir une voie c’est choisir le résultat inverse. Ainsi, si les « opposants » participent aux consultations et adhèrent au futur « gouvernement », ils iront juste pour voir se réaliser avec leurs mains, leur concours, un nouveau vol du suffrage sachant que le dispositif de la fraude est déjà en place avec un code électoral et un redécoupage taillés sur mesure. Dans ce cas et c’est ce qui arrivera probablement, si les « opposants » se montrent critiquent au lendemain de ce nouveau braquage du suffrage populaire, le régime, les nouveaux cooptés désignés sous le vocable d’élus et leurs alliés internationaux tenteront de décrédibiliser les critiques des « opposants » en alléguant que les élections furent organisées en leur présence, par un gouvernement auquel ils avaient pris part et que, par conséquent, décrier ces législatives organisées par un gouvernement auquel ils avaient participé est une inconséquence totale. Une campagne de décrédibilisation intensive taisant tout ce qui a été fait en amont sera entamée aussi bien à l’intérieur du territoire togolais qu’à l’extérieur, présentant cette « opposition » comme incohérente et ne sachant pas exactement ce qu’elle veut.

Dans le cas contraire, si les « opposants » refusent d’aller aux consultations et donc logiquement refusent d’entrer dans ce gouvernement qui sera, de toutes les façons, formé, on leur opposera demain l’argument selon lequel ils avaient été conviés à participer au gouvernement chargé de l’organisation du scrutin alors querellé et qu’ils avaient refusé. On leur dira que s’ils y avaient participé, les choses auraient été différentes et ils auraient pu « limiter les dégâts ». Les « opposants » seraient donc indexés comme les victimes de leur propre opposition. On ressortira du placard le précédent de la fameuse « politique de la chaise vide » pratiquée par la même « opposition » qui, par son absence à l’Assemblée nationale entre 1998-2003, aurait favorisé la modification de la Constitution par le RPT permettant ainsi à Gnassingbé 1er de s’offrir une présidence à vie. Ce nouveau refus, somme toute légitime, qui peut déboucher sur un boycott (compréhensible) de « l’opposition » aux prochaines mascarades législatives va servir de justificatif à tout ce qui va suivre au Togo, la puissance militaro-policière constamment activée.

C’est dire donc qu’à tous les coups donc, le régime franco-rptiste sort gagnant. En verrouillant le processus en amont, ce régime s’est assuré une sortie glorieuse quelque soit la position de « l’opposition » entre ces deux voies. A moins que celle-ci joue sa propre carte sur fond de sa stratégie propre, avec son agenda propre et des moyens qu’elle saura se donner. Ici se pose une nouvelle fois la question de savoir si cette « opposition » dispose de la capacité psychologique et des armes physiques pour un combat frontal, ou si elle est capable de « jouer au simple mais non au fol » ou de « s’allier au lointain pour attaquer le voisin », ou encore de conjuguer simultanément la stratégie du chaud et du froid face à un système dont Gnassingbé II et ses acolytes civilo-militaires ne sont que des tenants locaux et immédiatement visibles.

Il s’agira d’être capable de maîtriser le camp adverse, sa stratégie, ses tactiques, son mode opératoire, son commandement, ses centres de pouvoir et de décision, ses alliés objectifs et subjectifs, bref de disposer sur lui une vision globale, puis d’élaborer les outils appropriés pour directement ou indirectement (ou conjuguer les deux à la fois) contrecarrer ceux du camp d’en-face, les neutraliser, les retourner si possible et les aliéner si nécessaire. Il s’agira aussi pour « l’opposition » de se scruter, de se soumettre elle-même au scanner de la réalité, de sa réalité et des objectifs voulus, d’identifier ses forces, ses faiblesses, ses alliés, ses tactiques pour réorganiser la marche avec une répartition responsable de tâches et pour instaurer en son sein une discipline devant lui permettre de tirer un maximum du minimum dont elle dispose. Ceci suppose qu’elle mette sur pied une vraie cellule de réflexion dont la mission sera de nourrir la volonté et le courage et leur donner la puissance attendue en les orientant vers des cibles bien visées.

Cette troisième voie permettra, si elle est maîtrisée, à ce qu’on appelle l’opposition togolaise de faire échouer le double piège qui se trouve au bout de la démission organisée de l’équipe Houngbo. 

dimanche 15 juillet 2012

"Les africains doivent se débarrasser de la cargaison de proverbes et d'aphorismes philosophico-religieux qui leur permettent de justifier leurs souffrances" Komla KPOGLI

M. Komla Kpogli, Secrétaire Général du MOLTRA (Mouvement pour la Libération Totale et la Reconstruction de l’Afrique) a bien voulu répondre aux questions du Lynx. Ici, il nous parle de Guillaume Soro, Alassane Ouattara et de leurs maîtres Occidentaux. Fin connaisseur de la situation socio-politique ivoirienne, l’analyste politique regrette que les africains ne cernent pas encore les contours de l’impérialisme français : « L’internationale Socialiste n’a rien à avoir avec ce qu’imaginent certaines têtes africaines. On n’est pas là dans un groupe de fraternité ou une amicale où on défend de mythiques idéaux auxquels seuls des africains croient. La France y est pour défendre ses intérêts multiformes » martèle t-il. Un condensé du drame ivoirien dans une interview inédite. Lecture !

Interview réalisée par Camus Ali Lynx.info le 14 juillet 2012


Lynx.info : Soro a été reçu par Claude Bartolone. Comment expliquez-vous que la France n’ait pas de problèmes à s’asseoir avec les officiels africains  fortement soupçonnés d’atteintes aux droits de l’homme ?

Komla KPOGLI : La seule raison qui explique ce soutien sans faille de la France aux tyrans africains est que ces derniers sont ses créatures. Ce sont des créatures qui travaillent pour les intérêts de la métropole. Nous sommes en pleine colonisation même si beaucoup, vraiment beaucoup d’africains ne s’en rendent pas compte ou font semblant de ne pas s’en rendre compte. Nous avons là, une « élite indigène », collaboratrice coloniale qui n’a d’autres tâches que de veiller à la conservation et au renforcement du système de protectorat colonial. En retour la métropole se doit de lui apporter tout ce qu’il faut pour qu’elle mène à bien sa mission. Il n’y a donc rien d’étonnant dans cette rencontre Bartolone-Soro. C’est naturel que deux entités qui travaillent pour la même cause se rencontrent.
Pour ce qui est des droits de l’homme, il serait grand temps, pour les africains de se demander, en fonction des réalités et non de leurs vœux oniriques ou de leurs illusions noires, quels sont ces droits et quel est cet homme qui a ces droits. Dans le système de protectorat colonial, les seuls droits qui existent sont ceux de la métropole et les détenteurs de ces droits sont la « race blanche» et les entreprises commerciales qui s’implantent dans la colonie. Les habitants de la colonie ainsi protégée n’ont que des devoirs. Le reste relève du rêve.

Lynx.info : Guillaume Soro à Paris demande à Laurent Gbagbo de se confesser….

K.K : Les africains doivent savoir qu’une des lois de l’histoire est que ce sont les vainqueurs qui dictent les règles du jeu. Il ne s’agit pas de morale ou de sentiments. Les hommes qui animent les institutions coloniales ne perdent pas leur temps avec ce genre de notions. Donc, il est tout à fait normal que ce soit Guillaume Soro qui intime l’ordre à Gbagbo d’avouer ses fautes et non le contraire.  Les peuples et leurs dirigeants déchus se font diriger par les pires bouffons. C’est ainsi. Il ne s’agit pas de la parole de Dieu que des africains aiment tant ou de sagesse africaine. 
Malheur donc aux peuples vaincus et qui, dans la défaite, refusent d'en diagnostiquer les raisons pour espérer se redresser. Car, aussi longtemps qu'ils seront des vaincus, ces peuples sont destinés à payer la rançon de la défaite aux vainqueurs aussi criminels soient-ils.

Lynx.info : Guillaume Soro dit qu’il n’a pas donné l’ordre de tuer Ibrahim Koulibaly. Vous connaissez bien le drame ivoirien. Entre Guillaume Soro, Alassane Ouattara et la France, qui tue les Ivoiriens ?

K.K : Il y a une constance de l’histoire que nous, africains, refusons de cerner : lorsque des agresseurs étrangers veulent parvenir plus facilement aux desseins qu’ils se sont fixés, ils utilisent les maillons faibles, de véritables aliénés et véritables machines à détruire au sein du territoire cible. Ces maillons faibles, les agresseurs les sélectionnent, les forment, les outillent, les équipent et les mettent en mouvement. En Afrique, c’est beaucoup plus facile car l’école et la religion prédisposent une masse incroyable d’individus à défendre plus l’extraversion que l’endogène qu’ils connaissent à peine. Dans le territoire de Côte d’Ivoire, Guillaume Soro, Alassane Ouattara et leur cohorte de fantassins sont de ceux-là. Dans le territoire du Togo, par exemple, les Faure Gnassingbé, Bawara, Bodjona et leur race de caniches franco-africains sont ces maillons faibles. Dans les territoires des deux Congo, ce sont respectivement Kabila et Sassou Nguesso et leurs spadassins. A Djibouti, c’est Omar Guelleh et ses apôtres…
Tous ces génies africains ont leurs ancêtres que sont les Houphouët-Boigny, Eyadéma Gnassingbé, Omar Bongo, Senghor, Gabriel Lisette, Blaise Diagne, Felix Eboué…Ces homme-liges habillés en préfets locaux ou en gouverneurs ont légué à leurs héritiers trois fonctions : 1) conserver et renforcer les structures d’exploitation et de désintégration de l’Afrique, 2) surveiller et réprimer les sujets que nous sommes et 3) renforcer l’intégration des territoires qu’ils régentent dans l’économie mondiale détenue par les tuteurs regroupés aujourd’hui au sein du G8.

Lynx.info : Voyez-vous encore Alassane Ouattara envoyé un de ses seigneurs de guerre à la justice ?

K.K : Le 05 décembre 2011 sur la fameuse France 24, Florent Geel, directeur Afrique de la Fédération internationale des Ligues des droits de l’homme (FIDH) avait fixé le nombre de celles et ceux qui devraient comparaître devant les tribunaux pour crime de guerre, notamment devant la CPI qui, il faut le rappeler n’est pas une cour de justice mais un tribunal politique car sélectionnant soigneusement ses inculpés, à « 3 au minimum et au maximum à 7 personnes ». Florent Geel avait précisé que toutes ces personnes sont, selon ses propres termes « du camp Gbagbo ». Pour le reste, pris de bégaiements, le Monsieur Afrique du FIDH avait énoncé que les crimes commis par la France, l’ONU et leurs protégés locaux dirigés par le couple Ouattara-Soro « ne sont pas de même nature ». On peut donc conclure qu’en raison de leur caractère fixé par Florent Geel, il n’y a ni criminels, ni « seigneurs de guerre », pour reprendre vos mots, dans le camp franco-ouattariste.

Pour la stabilité du pouvoir franco-ouattariste, personne n’a intérêt à livrer qui que ce soit. C’est là que vous voyez le caractère purement politique de la justice dont on nous parle. Peut-être qu’il va y avoir quelques assassinats maquillés en accidents ou en maladies pour neutraliser des éléments dérangeants lors d’opérations spéciales ou clandestines par les forces spéciales des pays protecteurs de la satrapie de Ouattara. S’il n’est pas nécessaire d’éliminer physiquement certains autres éléments qui deviennent trop nuisibles, non pas pour ce qu’ils ont fait et font contre les africains de Côte d’Ivoire mais pour la tranquillité du système, eh bien, ils seront livrés à la justice franco-ouattariste pour « tentative de coup d’état » ou « atteinte à la sûreté de l’Etat ».

Lynx.info : …mais Hillary Clinton voudrait au moins que Guillaume Soro assiste comme témoin à la CPI…

K.K : Ce type de déclarations fait partie de la stratégie des puissances terroristes comme les Etats-Unis d’Amérique. Il n’y a rien de nouveau là. Il s’agit de se donner l’image d’un pays qui est impartial, qui veut la justice, qui est pour l’équité et pour la « démocratie » telle que les africains l’imaginent. Cette stratégie de déclaration fracassante voire menaçante a pour don de calmer les masses populaires victimes et de les attirer vers ces pays, de les conduire à fonder un espoir illusoire dans une mythique bonté et dans une légendaire assistance des gouvernements de ces pays qui sont, en réalité, les commanditaires des crimes dont il est question.
C’est exactement ce que fit François Mitterrand lors de la conférence de la Baule que les élites coloniales africaines incapables de lire le monde présentent toujours comme La Rupture. Après avoir proclamé à la face du monde une chose (la France ne fera plus ceci ou cela, la France ne fera ceci ou cela que si…), Mitterrand, en fin colonialiste, dit et fait son contraire dans la réalité et dans les coulisses en rassurant son auditoire de tyrans obséquieux  sur un discours qui n’était qu’une communication nécessaire pour l’image de la France.

Lynx.info : Finalement c’est pas Guillaume Soro que nous savons que la CPI a émis des mandats contre Blé Goudé, Simone Gbagbo et Dogbo Blé. En Côte d’Ivoire c’est un seul camp qui a tué ?

K.K : Oui, c’est un seul camp qui a tué. C’est ce que nous disent la FIDH, la CPI, la France et l’ONU. Les ballets incessants des procureurs de la CPI dans les arcanes de la satrapie de Côte d’Ivoire sont des preuves supplémentaires que lorsqu’une certaine justice et le crime le plus crapuleux sont amis, ce dernier peut être certain de son impunité. Mais non seulement un seul camp a tué, surtout les massacres de l’autre camp que rien ne justifie au demeurant, sont immunisés d’office. Car, ce sont de bons crimes commis par des pupilles dont les tuteurs cumulent les fonctions de juges suprêmes. C’est cela l’histoire. Les vainqueurs ne s’avouent pas criminels.

Pour renverser cette tendance les peuples soumis doivent se donner la peine de se redresser. Ceci demande un travail permanent de prise de conscience, de mobilisation et d’organisation autour d’un leadership avisé et visionnaire qui doit naître au sein des soumis. Regroupés, formés et munis d'outils adéquats nous sommes appelés à vaincre. Dispersés et sans idées directrices ni leadership éclairé, nous sommes collectivement condamnés.

Lynx.info : Comment expliquez-vous la haine que vouait les socialistes français à Laurent Gbagbo ?

K.K : Ce qui caractérise les Etats, les vrais, c’est le nationalisme économique au nom duquel leurs élites politico-économiques se donnent les moyens pour aller prendre l'argent et les ressources là où ils se trouvent. C’est à dire que ces élites, qu’elles soient de gauche, de droite, du centre ou des extrêmes, sont mues par la défense des intérêts nationaux. C’est cela la mission que leur confient leurs concitoyens qui les élisent. L’Internationale Socialiste n’a rien à avoir avec ce qu’imaginent certaines têtes africaines. On n’est pas là dans un groupe de fraternité ou dans une amicale où on défend de mythiques idéaux auxquels seuls des africains croient. La France y est pour défendre ses intérêts multiformes. Donc si, dans un tel groupement un dirigeant veut s’opposer à ces intérêts, ne serait-ce que de la plus bénigne des façons, il est haï et lorsque les foudres de la métropole s’abattent sur lui, les socialistes français ne sont pas là. Au contraire, les socialistes français, en parfaits patriotes, mettent les connaissances qu’ils ont pu acquérir sur ce valet indélicat dans l’Internationale au service de leur pays. Ils n’ont rien à foutre des amitiés auxquelles seules les africains croient. Ainsi quand le président Gbagbo ose toucher à des questions comme celles du franc CFA ou de la soumission totale de satrapes africains à la France ou encore lorsqu’il évoque le territoire de Côte d’Ivoire comme « pas une sous-préfecture de la France », il touche le sacré. Les châtiments ne peuvent finir que par arriver sur fond d’une quasi-communion métropolitaine.
Quand l’Occident défend ses intérêts, la dissidence n’est pas de mise, c’est l’union sacrée. Sans même qu’on demande à tout le monde de se mettre en position, chacun sait la position qu’il doit tenir aussi bien dans les cafés, dans le métro que dans les médias. C’est cela l’esprit de peuple. Les africains l’ont perdu depuis belle lurette.

De plus, les socialistes d’aujourd’hui, qu’ils soient français ou d’autres nationalités, sont des capitalistes. Historiquement d’ailleurs, ce sont les plus fervents défenseurs du colonialisme nimbé dans les oripeaux de missions humanitaires qui se signalaient déjà par leur double discours. Malgré tout ceci, il existe une bande d’irréductibles africains qui continuent par se convaincre que François Hollande est un cas à part et qu’il signera bientôt Le Décret sortant l’Afrique de l’orbite économique française.

Lynx.info : …. Dans une interview à Lynx.info, Odile Biyidi présidente de l’association Survie ne voit pas François Hollande faire mieux en Afrique. Vous êtes du même avis ?

K.K : Ce qu’il faut observer c’est que les français eux-mêmes disent que Sarkozy et Hollande c’est quasiment la même chose, c’est-à-dire la même politique, le même fond en quelque sorte. La seule différence, quand on écoute là encore les français, entre les deux hommes se situe sur le terrain du comportement et du style. Ça, c’est ce que disent les français eux-mêmes. Mais, pour beaucoup d’africains forcés de croire en leurs rêves fiévreux, c’est la fin d’une époque avec l’avènement de François Hollande. Cette attitude montre que nous ne sommes pas encore conscients de ce qui est la trame des relations que le monde extérieur, particulièrement la France, entretient avec l’Afrique.
Et, larmoyants, ne voulant pas tenter autre chose que ce que nous avons toujours fait, nous nous accrochons donc désespérément à nos pires ennemis croyant qu'avec le temps, par notre soumission et par notre gentillesse extrême, ils entendront raison et nous délivreront du mal qu'ils nous infligent suite à un humanisme qu'ils auraient retrouvé.

Au fond, nous nous détestons et nous détestons nos enfants les plus lucides. Si nous nous gargarisons de Cheikh Anta Diop et d'autres dignes fils d'Afrique c'est souvent juste par mode, par commodité et pour l'affichage. Pas pour mettre en application ce qu'ils nous enseignent. Quasi jamais d'accord sur l'essentiel, l'accessoire emporte notre adhésion et sur l'essentiel chacun fait à sa tête. Bref, nous avons donc perdu la boussole et ne désirons la retrouver que tièdement. Avec cet esprit tordu, pas étonnant que nous occupions le rang du peuple le plus colonisé dans cette vallée humaine. Il n’est, en conclusion, pas étonnant en nous accrochant à la fictive bonté retrouvée de nos ennemis, que nous soyons l’unique peuple que n’importe quel individu pour peu qu’il soit d’une couleur de peau un peu plus claire insulte proprement et que nous occupions la place, la triste place de colonisés et de recolonisés par n’importe qui. Car, lorsqu’un peuple ne croit plus en lui-même, c’est la porte ouverte à tous les vents.

Lynx.info : …. Alors pour le développement de l’Afrique, droite comme gauche c’est blanc bonnet et bonnet blanc ? Que doivent faire les africains alors ?

C’est une évidence que beaucoup trop d’africains la tête dans le sable ou dans les nuages ne veulent pas accepter. La droite et la gauche et toutes leurs déclinaisons ne sont que des marqueurs électoraux destinés aux électeurs de leur pays. Ça n’est pas pour nous. Les dirigeants de chaque pays sont là pour une mission précise : servir les intérêts nationaux. Si, un peuple ou un groupe d’hommes naïfs et rêveurs attend que, parce que de gauche ou de droite, ces dirigeants viennent le décharger du poids de la soumission et du pillage, c’est tant pis pour lui.

Il faut donc que les africains prennent conscience massivement de ce qui fait problème. Les africains doivent se débarrasser des aphorismes, des sagesses populaires, des citations philosophico-moralistes et religieuses et de la cargaison de proverbes africains qui leur permettent de justifier leurs souffrances et leur refus de s’organiser. Que nous nous rassemblions dans des groupes organisés en nous départissant des identités coloniales dont nous sommes si fiers. Identités qui nous font passer pour des Togolais, des Maliens, des Camerounais, des Ivoiriens, des Gabonais, des Somaliens…peuples émiettés, compartimentés, ethnicisés et enfermés dans des enclos coloniaux n’ayant rien en commun si ce n’est notre devoir de rester sous la coupe d’un colonialisme qui finira par nous sortir de notre « misère naturelle » avec l’aide d’un « Dieu » importé. En nous redéfinissant, nous nous donnons ainsi un des outils les plus importants à savoir l’outil psychologique ou mental pour la reconquête de notre espace. Car, l’outil psychologique est le père de l’outil matériel. Un peuple morcelé et colonisé qui prend conscience de son état, qui s’organise autour d’un leadership intelligent, responsable et muni de matériels adéquats pour lutter et qui décide de forcer le destin pour reprendre sa place qui lui est volée, voilà un peuple qui n’est pas loin de la résurrection et du retour. L’enjeu est de taille : il s’agit de regagner notre espace, le posséder effectivement, le transformer et le sécuriser définitivement. Ce n’est pas une mince affaire quand on sait ce que le camp adverse possède comme avantages sur nous. Donc si nous ne sommes pas capables tout au moins de faire preuve de discipline, d’intelligence et d’esprit de renoncement, c’est-à-dire de sacrifices, ce sera mission quasi-impossible. Déjà, pendant que nous essayons d’insuffler une nouvelle conscience, voici que des négro-africains armés de la bible et du coran cassent tout sous l’œil moqueur de « l’élite indigène ». Une pseudo-élite fièrement sortie de l’école coloniale pour qui le plus grand service à rendre à l’Afrique consiste à s’approprier les parcelles du pouvoir sous sa direction, à servir les multinationales, à se faire recruter par des ONG et autres organisations internationales paralysantes avec le titre vide de fonctionnaires internationaux dont ils en raffolent.

Lynx.info : Finalement Alassane dirige la Côte d’Ivoire avec un parlement monocolore. Comment expliquez-vous que la communauté internationale ne se sente pas offusquée pour un pays qui sort de la guerre ?

Qu’est-ce que la communauté internationale ? N’est-ce pas les pays qui ont porté Ouattara au trône ? Pourquoi doivent-ils être mécontents de voir les éléments qu’ils ont portés au pouvoir dans le territoire de Côte d’Ivoire détenir toutes les rênes de l’administration coloniale? On n’a pas fait la guerre au peuple africain de Côte d’Ivoire pour que le pouvoir soit réparti suivant la force des parties en présence et dans l’intérêt des populations locales. La communauté internationale, alias les Occidentaux, n’a rien à foutre avec ces histoires de « démocratie » et de « justice » telles que nous les imaginons dans notre monde d’africains. Cessons donc de nous poser les mauvaises questions.

Lynx.info : Komla Kpogli : Je vous remercie.

C’est nous qui disons merci au Lynx.

dimanche 8 juillet 2012

Pas étonnant que nous soyons colonisés et recolonisés



Tout le monde se projette en Afrique pour les 5, 10, 20, 50, 100 prochaines années sauf nous-mêmes. La tête et le regard tournés vers d'autres cieux ou vers le ciel pour implorer un "Dieu" importé et imposé, nous avons perdu la maîtrise de notre espace et n'avons de la vie que la satisfaction médiocre d'un quotidien triste et sans saveur.
Nos têtes sont plus dures que les dents du caïman. Peuple triste et égoïste dont les enfants se montrent suffisants dans la bêtise et dans la dispersion.Nous sommes fiers dans le désordre, dans la désorganisation et dans le refus du rassemblement agissant.


Larmoyants et ne voulant pas tenter autre chose que ce que nous avons toujours fait, nous nous accrochons désespérément à nos pires ennemis croyant qu'avec le temps et par notre soumission et notre gentillesse extrême, ils entendront raison et nous délivreront du mal qu'ils nous infligent par un humanisme qu'ils auraient retrouvé.
Nous nous détestons et nous détestons nos enfants les plus lucides. Si nous nous gargarisons de Cheikh Anta Diop et d'autres dignes fils d'Afrique c'est souvent juste par mode, par commodité et pour l'affichage. Pas pour mettre en application ce qu'ils nous enseignent.
Quasi jamais d'accord sur l'essentiel, l'accessoire emporte notre adhésion et sur l'essentiel chacun fait à sa tête. 
Nous avons donc perdu la boussole et ne désirons la retrouver que tièdement. 
Avec cet esprit tordu, pas étonnant d'occuper le rang du peuple le plus colonisé de cette vallée humaine. Pas étonnant que nous soyons colonisés et recolonisés x fois.

Komla KPOGLI

mercredi 4 juillet 2012

Une primogéniture coloniale revendiquée.


Quelqu'un vient en France réclamer le droit d'aînesse colonial. C'est-à-dire que "Nous, nous sommes une colonie française" donc la France doit s'occuper de nous. Si elle s'est "occupée" de tuer Kadhafi dont le pays "est une colonie de l'Italie" pourquoi laisserait-elle nous autres, SA COLONIE détruire par les Islamistes qu'elle soutient manifestement avec le nouveau mercenaire occidental, le Qatar? Voilà comment nous finissons. Dans notre paralysie générale, nous en sommes réduits à revendiquer le droit d'ainesse colonial: sorte de primogéniture coloniale revendiquée au nom de laquelle la Mère Patrie a des obligations envers la colonie.






"La France est intervenue en Libye qui est une colonie de l'Italie. Nous, nous sommes une colonie de la France, donc la France a un devoir moral d'intervenir militairement au Mali pour nous aider. Si j'étais un intellectuel, j'allais porter contre eux, contre l'ONU...pour non-assistance à personne en danger" dixit Monsieur le Maire. 

Nous ne savons même plus quoi dire pour camoufler les faiblesses que nous traînons depuis notre fuite de l'Egypte pharaonique. Quel triste parcours pour un peuple qui fut le plus brillant sur terre! Malheureusement, la génuflexion devant ceux justement qui créent des problèmes qui sont les nôtres va continuer, puisque nous n'entendons pas nous rassembler autour des idées fortes portées par un leadership avisé afin de reconquérir notre espace.

Komla KPOGLI

dimanche 1 juillet 2012

Mouammar Kadhafi: une si longue traque.


Mouammar Kadhafi, assassiné le 20 octobre 2011

Dans la longue liste des tentatives d'assassinat de Mouammar Kadhafi depuis septembre 1969, figure celle du 27 juin 1980. Ce jour-là, à 20h 59 aux larges de l'ìle d'Ustica en Italie, un avion de la compagnie Itavia s'écrase en mer avec 81 personnes à bord. Officiellement, il s'agit d'un accident. Mais la réalité est ailleurs: il s'agit pour les Services Secrets français d'assassiner Mouammar Kadhafi qui devait voyager à Varsovie à la même heure en empruntant le même itinéraire. A la dernière minute le Guide Libyen avait changé d'avis. Le SDECE devenu la DGSE, les services secrets français avaient déjà, avec les instructions du président Giscard D'Estaing, tenté à plusieurs reprises de liquider Kadhafi. Après ce raté d'Ustica, non seulement les 14 personnes appelées à témoigner devant le juge en Italie sont mortes l'une après l'autre dans des conditions mystérieuses, mais aussi les agents du SAS (services secrets britanniques) et surtout ceux d'IFREMER (Institut Français de Recherche pour l'Exploitation de la Mer) lié au SDECE chargés de récupérer l'épave de l'avion avaient fait leur boulot à moitié. 

Les agents d'IFREMER sortirent quelques morceaux de l'avion en laissant au fond de la mer la partie touchée par le missile. Le chef des Service secrets militaire italien Pascuale Notarnicola dira que "la vérité a été laissée au fond de la mer". Giscard d'Estaing limogera Alexandre de Marenches, le chef du SDECE suite à une nouvelle tentative d'assassinat en août 1980 à travers le soulèvement de la garnison de Tobrouk avec comme stratégie de marcher sur Tripoli en passant par Benghazi avec le soutien de quelques tribus bédouines. Giscard d'Estaing dira plus tard dans ses Mémoires que l'un des 4 secrets transmis en 1981 à Mitterrand concernait Mouammar Kadhafi, qui sera finalement supprimé par Sarkozy, Obama, Cameron, Berlusconi et Al Thani (émir du Qatar) réunis au sein de l'OTAN avec le commandant Canadien, Charles Bouchard qui a depuis Naples, dirigé les bombardements sur la Libye. 

La Chine et la Russie avaient quant à elles donné un feu vert-clair à cette coalition d'assassins en laissant passer la fameuse résolution 1973 prescrivant "la protection des populations civiles". Une notion promue par Gareth Evans, ancien président de  International Crisis Group basée à Bruxelles et à Washington, une prétendue ONG bien connue en Afrique où elle se présente comme oeuvrant pour "la prévention et la résolution des conflits armés."

Ustica démontre une nouvelle fois que lorsque les hyènes occidentales pourchassent un homme ou une femme appelé dans leur jargon une cible, elles sont capables de tout y compris l'assassinat de leurs propres compatriotes en décrétant cyniquement qu'il s'agit "d'accident". Dans une patience redoutable et dans la logique du principe de la continuité de l'Etat, les prédécesseurs passent le dossier de chasse à leurs successeurs en cas d'alternance. Ces hyènes ne renoncent pas. Même si on peut noter ici ou là des variations dans les tactiques et les modes opératoires, l'objectif stratégique est toujours maintenu. Il demeure invariable. Une chasse à l'homme, en l'occurrence celle de Mouammar Kadhafi, débute dans les années 1969, immédiatement à sa prise du pouvoir par la révolution et prend fin en 2011. Soit 42 ans après. Cette hargne, cette patience et ce jusqu'au-boutisme sont diaboliquement admirables et méritent d'être appris par des militants que nous voulons être: ne jamais renoncer tant que nos objectifs ne sont pas atteints. 


Comme les hyènes ne renoncent que lorsqu'elles atteignent leur cible, les mots qui suivent doivent être les nôtres aujourd'hui: "Je ne fais confiance à un colonialiste ou à un impérialiste que lorsqu'il est mort", écrivait Kwame Nkrumah le 12 septembre 1960 à Patrice Lumumba menacé de toute part. 

Komla KPOGLI

samedi 30 juin 2012

COMMUNIQUÉ DE PRESSE




LA DIASPORA TOGOLAISE EN SUISSE APPELLE A MANIFESTERCONTRE LES VIOLATIONS DE DROIT DE L’HOMME QUI SE POURSUIVENTIMPUNEMENT AU TOGO


Le Comité Suisse de Soutien au CST-Togo (Collectif Sauvons le Togo) appelle tous les Togolaises et Togolais, Africaines et Africains, les ami(e)s du Togo en Suisse et dans les pays frontaliers de la Suisse à une grande manifestation pour dénoncer la répression sauvage et les multiples arrestations arbitraires par le gouvernement togolais des militants des associations civiles et des droits de l’homme, des leaders et des sympathisants de partis politiques del’opposition togolaise, qui manifestent pacifiquement et les mains nues contre les abus et les dérives dictatoriales du pouvoir RPT-UNIR et alliés.


Date : samedi le 07 juillet 2012
Lieu : Place des Nations Unies à Genève
Heure : 14h 00Nous voulons :· 


Soutenir le Collectif Sauvons le Togo et le peuple togolais dans leur lutte pourl’instauration réelle de la démocratie et de l’Etat de droit au Togo;
· Apporter notre solidarité et notre soutien aux victimes et aux familles desvictimes des répressions;
· Dénoncer le soutien de la France et de l’ONU au régime dictatorial etsanguinaire de Faure Eyadema Gnassingbé;
· Dénoncer la violence de l’armée togolaise contre la population civile quimanifeste pacifiquement et les mains nues;
· Dénoncer les arrestations arbitraires des leaders du CST Me AJAVON, Me AFANGBEDJI, Me KPANDE, Me AGBOGAN, M. KODJO Agbéyomé et desmanifestants pacifiques des 12, 13 et 14 juin 2012 détenus dans les prisons ou gardés dans des lieux secrets et demander leur libération sans condition, l’arrêt immédiat des poursuites judiciaires infondées, injustes et cyniques engagées à leur encontre ainsi que la restitution de tous les biens saisis à leurs propriétaires;
· Dénoncer également le cas de persécutions arbitraires et de poursuitesjudiciaires infondées à l’encontre de M. Atsu Rabuny King et d’autres cassimilaires;
· Réclamer l’arrêt de toute forme de harcèlement, d’intimidation et demusellement au Togo des journalistes tant nationaux qu’internationaux demanière à garantir la liberté d’expression au Togo;
· Exiger des autorités togolaises le retour à la Constitution d’Octobre 1992,l’adoption d’un nouveau code électoral consensuel de toute la société civile etde la classe politique togolaise, la mise en oeuvre effective desrecommandations du Rapport de la Commission Nationale des Droits del’Homme (CNDH) sur la torture, notamment par la poursuite, le jugement et lacondamnation des auteurs d’actes de tortures au Togo;
· Nous réclamons en outre le départ de Faure Eyadema Gnassingbé du pouvoiret la mise en place d’un gouvernement de transition démocratique chargéd’organiser les élections générales en vue.· Nous demandons par ailleurs à la communauté internationale et auxambassadeurs en poste à Lomé à prendre la mesure de la gravité de la crisepolitique qui secoue notre pays et d’agir dans l’intérêt suprême du Peupletogolais opprimé.


Fait à Genève, le 30 juin 2012.Le coordinateur du Comité Suisse de Soutien au CST (Collectif Sauvons le Togo) M. Kossi ESSIOMLE (0041/ 79 514 3153) kossi@bluemail.ch


Contacts utiles du Comité Suisse de Soutien au CST (Collectif Sauvons le Togo)
M. Koffi FOLIKPO (0041 / 78 7545786) kofi.folikpo@hotmail.comM. 
Jean-Paul OUMOLOU (0041 / 78 8067742) jeanpauloumolou@yahoo.fr
M. Rodrigue KPOGLI (0041 / 76 5427918) rodriguek2001@yahoo.fr
M. Kossivi O. DAGBENYO (0041 / 78 6829372) afrodag@hotmail.com
M. Franck AGBEKPONOU (0041 / 78 9018414) donfrancky@hotmail.com
M. Yawo ABOTSI (0041 / 78 6228700) tontonkind@yahoo.fr
M. Joël GOLO (0041 / 787625566) millesjoel@yahoo.ca


Itinéraire: Prendre de la gare de Genève Cornavain le Tram 15 en directiondes Nations, descendre à l’arrêt, Nations (Terminus.)

mardi 19 juin 2012

L'Afrique, la Libye et la "Communauté internationale


Le vendredi 18 mars 2011, nous publions sur le journal Alter Info un extrait d'une conférence donnée à Genève dont voici le lien  et le contenu http://www.alterinfo.net/L-Afrique-la-Libye-et-la-Communaute-internationale_a56419.html. 




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Quelques jours plus tard (le 21 mars 2011), un certain Pierre Adjété écrira ce qui suit sur un forum. Malheureusement, nous découvrons tardivement les mots de ce Monsieur. Ce n'est donc que maintenant que nous lui disons merci d'avoir relayé notre publication.


Salut Tous et Toutes!
Je ne désire pas forcément provoquer un débat, mais par cette fin de journée dominicale, j’ai eu du plaisir à écouter notre ami, togolo-suisse ou juste togolais, Rodrigue Kpogli. C’est instructif!Il dit des choses intéressantes, très amusantes parfois; malheureusement, il ne nous aide pas à être d’accord  avec lui. Parce que notre défi est justement d’arriver à être d’accord sur un minimum afin de pouvoir avancer… Dans ce cas, dans son cas, la grille d’analyse qui prend pour acquis que parce que l’on est « occidento » l’on a pas raison contre nous les Hottentots d'Africains, que l’ONU n’existe pas parce que dominée par les puissances possédant le Droit de Veto, qu’il y a injustice au Maroc, en RDC, au Togo donc on ne doit pas en régler au Côte d’Ivoire, en Libye, en Haïti ou ailleurs, cette logique est un peu courte et drôlement candide.
Il n’y a aucun mal que les pays comme les individus, les ONG choisissent leurs intérêts, leurs luttes, leurs risques mêmes… Personnellement, ce n’est pas la dominante dans mes choix, mais il m’est impératif de comprendre cela.
L’analyse de Rodrigue qui pointe du doigt tout le monde pour sauver l’Afrique et la refuser aux « Autres » -tout en parlant lui-même de la Suisse, est en ce point juste théâtral. Il nous faut comprendre que ce n’est pas une affaire de peau, ni de guerre des continents… On n’aime pas plus l’Afrique parce que l’on est Africain… Surtout, retenons encore pour ne pas l’oublier que « Le monde n’est pas juste, et ne le sera probablement jamais » disait JF Kennedy; chaque injustice de corrigée est et restera donc notre victoire commune et humaine, au Canada, en Suisse, en Libye ou ailleurs. La guerre des races est davantage celle de notre humaine condition… un gain à la fois, sans trop de folklore ni haine des autres, mais avec des principes et des convictions nobles et réalistes.
Tenons bon, chers tous et toutes!
psa
Pierre S. Adjété   "Ad Valorem"



http://democracymyright.blogspot.ch/2011/03/lafrique-la-libye-et-la-communaute.html