samedi 28 décembre 2013

Afrique: une nouvelle année, des défis anciens et nouveaux.

Début janvier 2012, nous écrivions le texte ci-dessous, intitulé "Afrique: la photographie que 2011 a renvoyée aux Africains". Il s'agissait de dresser un bilan critique de cette année-là, d'interpeller les Africains sur les défis posés à notre continent et d'indiquer quelques pistes de solutions, bien sûr, en étant très lucide. Janvier 2014 pointe le bout de son nez. La situation, d'une manière générale, sur le continent que nous habitons - sans le maîtriser, sans le posséder effectivement - n'est pas en passe de s'améliorer. Bien au contraire, tous les indicateurs signalent - et nous l'avons toujours dit - que l'avenir s'annonce plus que redoutable. L'Afrique - à l'insu des Africains eux-mêmes - est le continent central. Elle est non seulement géographiquement au coeur du monde, mais surtout au centre de grands enjeux économiques. Son contrôle est l'une des questions géopolitiques les plus importantes de tous les temps, et plus précisément depuis la fin du 14ème siècle. Il faut dire que l'Afrique est le continent-réservoir par excellence pour le bonheur d'autres peuples. Elle a été conduite à fournir gratuitement tout: des bras  aux minéraux de toutes sortes aux autres civilisations qui ont réussi à la subjuguer et la vaincre par tous les moyens possibles sur tous les plans. Solidement attachée à la remorque du monde d'où elle a été expulsée, l'Afrique a ses veines ouvertes et son sang, son énergie alimente le développement des autres. Elle les nourrit, les habille, les finance, et les blanchit. Parmi les instruments les plus puissants servant à immobiliser l'Afrique dans ce rôle de fournisseur de services gratuits, il faut citer la guerre, l'école et la religion. Malheureusement, et pour le grand bonheur des autres peuples, la conscience en Afrique est crânement en retard sur les évènements et surtout sur les institutions précitées. 
Lorsqu'une masse humaine ne questionne pas ou pas suffisamment les institutions qu'elle trouve dans sa société, elle les subit. Les Africains ne questionnent que trop peu le cadre africain et ses institutions qu'ils trouvent lorsqu'ils parviennent dans ce bas monde. Ainsi, demeurons-nous, de la naissance à la mort, des naïfs et surtout des promoteurs zélés des instruments construits de l'extérieur et imposés sur le sol africain comme le fruit d'une réflexion et d'un consensus endogènes. 
Rares sont les gouvernements du monde qui n'aient pas, à l'heure où nous parlons, "une politique africaine" bien construite et parfois avec la participation active des Africains qui, à la différence du projet colonial initial conçu exclusivement par les Européens, sont associés en tant qu'une "élite indigène qui collabore à l'exploitation et à la mise en valeur de l'Afrique". Ces politiques africaines présentent le continent comme le continent de l'avenir. Mais l'avenir de qui? Ce serait une grossière erreur d'appréciation si les Africains pensent qu'on parle dans ces politiques africaines de leur avenir. Le sénat français sous les auspices de Jean-Marie Bockel a rendu public en octobre dernier un rapport dont le titre à lui seul, il faut l'espérer, a le mérite d'ouvrir les yeux à ces Africains jusque-là insensible aux réalités: "L'Afrique est notre avenir". Voilà la réponse à notre question. L'Afrique est l'avenir des autres. Et, ils le disent clairement. Que d'autres disent depuis leur pays qu'un autre continent est leur avenir, voilà un cri de guerre! Ces mots sont repris dans un autre cadre quelques semaines plus tard: le Rapport Hubert Védrine, remis à François Hollande. Pour rédiger les deux documents, des Africains appelés Experts ont été sollicités. Le piège est gros. Reste aux Africains d'écouter le message, de le comprendre et d'y répondre. Pour une fois, les Africains montreraient qu'ils veulent reprendre la propriété de leur continent, remettre la main sur toutes ses ressources pour les réorienter vers la satisfaction de leurs propres besoins avant tout. 

Nous rediffusons le texte de janvier 2012 pour toutes fins utiles.
Bonne lecture.



Afrique : la photographie que 2011 a renvoyée aux Africains.


L’année 2011 a renvoyé aux africains une photographie d’eux-mêmes. Une image pendant longtemps ignorée ou réfutée mais qui, grâce à ou à cause des évènements majeurs, leur est revenue en pleine figure. La violence et la laideur de cette photographie poussent certains africains à tenter désespérément de rejeter sa conformité à la réalité. D’autres souhaitent tout simplement ne rien savoir sur l’existence de cette photographie. Ainsi, pense-t-on qu’il suffit de nier une réalité pour qu’elle cesse d’exister. Pourtant, il est trop tard pour faire l’impasse sur cette photographie de groupe que l’année 2011 nous a offerte de nous-mêmes.

 Cette image montre les africains dans leurs immenses faiblesses. Cette photographie affiche « l’homme africain » qui a prétendu être indépendant depuis 50 ans et qui a même fêté, il n’y a pas longtemps, le cinquantenaire de ses irréelles indépendances, plus que jamais dépendant et soumis. L’Afrique apparaît sur cette photographie, nue, sans défense et désorganisée de bas en haut. Elle est prenable par n’importe quel aventurier pour peu qu'il soit armé de quelques fusils, car ses enfants sont trop démunis et dispersés. Cette photographie confirme la réalité des africains qui ne maîtrisent pas du tout leur espace. Jamais la menace d’un retour physique dans les fers n’a été aussi proche.

Si 2011 a dessillé les yeux de quelques-uns de ces africains naïfs ayant toujours perçu le monde comme un temple où tous les peuples –frères en christ, dit-on ici- viennent s’embrasser, il reste encore beaucoup d’autres qui sont restés dans un sommeil comateux. Les coups violents que l’Afrique a reçus dans cette même année n’a pas suffit à les sortir de ce coma profond. Il en faut plus, certainement. Aussi continuent-ils de vouloir expliquer l’inexplicable ou de tituber dans un intellectualisme qui refuse de prendre position en se calfeutrant dans un « ni-nisme » neutralisant qui se présente lui-même comme le parangon de l’objectivité. Incapables de saisir le monde dans lequel ils vivent, incapables de s’organiser pour relever les défis auxquels ils font face depuis des millénaires, incapables de se rassembler, de se doter d’un leadership responsable, de se donner les outils de leur libération pour rebâtir l’Afrique sur des valeurs intrinsèquement authentiques, les africains, se satisfaisant de leurs identités coloniales, sont isolés les uns des autres. Malien n’a rien à avoir avec Ghanéen, Tanzanien n’a rien en commun avec Togolais, Guinéen n’a rien à cirer avec Djiboutien. Même le Congolais est indifférent de ce qui se passe dans l’autre Congo. Pire, Akan n’a rien en commun avec Bété, Zoulou n’a rien à avoir avec Xhosa et Dioula ne veut rien entendre de Agni, Kabyè et Ewé manipulés l’un contre l’autre se disent n’avoir rien en commun…Ainsi de suite ! Alors même que leurs ennemis les globalisent sous le vocable «les africains » ou « les noirs ». Quel triste spectacle ?! Dans cet isolement consécrateur de la fragilité collective, ceux qui de leurs dirigeants, de leurs espèces sont audacieux constituent des proies faciles pour des loups affamés chassant en meutes. 

L’année 2011 a montré aussi ces nombreux africains haineux qui, tapis dans l’ombre du combat virtuel sur internet, s’ingénient à griffer, à tacler, à lacérer la peau de ceux de leurs compatriotes qui essaient de rester debout. Naïfs et incapables de concevoir la notion de danger, beaucoup sont ces africains pour qui la menace n’existe pas. Ayant perdu la notion de l’instinct de survie, c’est avec joie et précipitation qu’ils gobent les innombrables attrape-nigauds drapés dans des termes lénifiants et des concepts dont les tenants et les aboutissants sont inconnus. Ainsi s’exposent-ils et exposent-ils leurs congénères à la mort. Ignorant qu’avec un leadership éclairé et courageux, les peuples les plus médiocres ont pu faire des bonds dans l'histoire, l’attitude typiquement négro-africaine qui nous pousse à haïr, à détester et à isoler celles et ceux de nos enfants qui sont lucides et capables d'imprimer un rythme de marche adapté a été confirmée par cette photographie. Convaincus que l’homme noir n’a pas d’ennemis, malgré les faits historiques évidents prouvant que les africains n’ont ni amis ni alliés dans le monde, beaucoup d’africains continuent de croire de toute leur force en les religions d'autrui et en un humanisme internationaliste qui combat les mêmes prédateurs à leurs côtés.

C’est un euphémisme que de dire que l’Afrique a connu de terribles régressions dans l’année qui vient de finir. C'est à se demander si les africains aussi sont bel et bien en 2011. Car, au moment où d'autres peuples agressent d'autres, les pillent et installent leur ordre un peu partout soit par infiltrations diverses et variées, soit par guerres qu'ils conduisent avec une technologie de plus en plus miniaturisée et perfectionnée, tout le continent africain n'a même pas une seule missile de longue portée. Le débat pour avoir de véritables armées pour défendre un continent aussi convoité que l'Afrique n'a même pas encore commencé. Ainsi si une guerre ouverte devrait opposer, si ce n'est pas déjà le cas, africains et d'autres peuples, les africains se battraient comme au temps des wisigoths et des Ostrogoths. Les fameuses armées africaines, se comportant en milices au service des tyrans et des multinationales, sont là uniquement pour tuer les civils africains opposés à cet "ordre cannibale". D'ailleurs toute l'armée d'un pays comme la Côte d'Ivoire qui se définit comme un des pays les importants de "la sous-région ouest-africaine" n'a pas pu opposer 30 jours de résistance aux troupes franco-onusiennes sinon françaises qui n'avaient déployé là qu'une infime partie de leur puissance de feu. 

Jamais l’Afrique n’a été aussi uniformisée au sommet. Même aux pires moments des razzias négrières transatlantiques et arabo-berbères et aux temps les plus sombres de la colonisation directe, il y avait dans des territoires africains des dirigeants au pouvoir qui résistaient et qui, de ce fait, constituaient des motifs de fierté et donc des modèles. 2011 a emporté les deux derniers résistants certes dans leurs fragilité et  contradictions, mais des résistants quand même : Laurent Gbagbo et Mouammar Kadhafi. 2011 a inauguré le printemps des cancres et des laquais à savoir les Gnassingbé, les Bongo, les Sassou, les Zuma, les Bozizé, les Guelleh, les Compaoré, les Rajoelina, les Jonathan...qui font la pluie et le beau-temps devant des populations qu'ils immobilisent. 

Cependant même face à ce nivellement par le bas de tout un continent dont le sol et le sous-sol sont lorgnés depuis belle lurette, il y en a toujours qui voient dans la conservation dans nos territoires de ces voleurs aussi bien de deniers publics que de suffrage populaire, tripatouilleurs de constitutions, pilleurs, violents et irrévocablement extravertis, la meilleure opportunité pour le peuple noir d’avancer sur le chemin de la liberté et de la satisfaction de ses besoins. Autrement dit, le colonialisme est source de progrès pour ces esprits qui se prétendent lucides de tout point de vue. S’étonnerait-on de savoir donc qu’il y ait toujours des africains à vanter l’esclavage et la colonisation comme les meilleures choses qui soient arrivées aux africains accroupis, avant l'arrivée du bon samaritain européen,  dans leurs cavernes sous des rois sanguinaires avec la complicité de leurs fétiches ? S’étonnerait-on qu’il y ait toujours une race d’africains qui continue d’acclamer les bourreaux de l’Afrique et de les élever contre leurs propres sœurs et frères au rang de libérateurs ? S’étonnerait-on de voir des africains pour qui la « coopération », « l’aide au développement », « la démocratie », « le modernisme », « le partenariat » provenant de l’Occident soient les seules voies possibles pour l’Afrique ?

L’année 2011 a montré par trois (03) évènements extraordinairement dramatiques – mais diversement appréciés comme c’est toujours le cas chez les africains qui ont une conception très relative de leurs intérêts- où en est l’Afrique et ce que les africains doivent faire s’ils espèrent reprendre le contrôle de leur espace qui leur a échappé depuis si longtemps.

Le premier de ces tragi-comédies, c’est la naissance du fameux 54èmeEtat africain : le Sud Soudan ou Soudan du Sud, on ne sait pas exactement. Ce soi-disant nouvel Etat vient rajouter au désordre africain un élément malade supplémentaire. A l'extraversion globale de l'Afrique un pion de plus est ainsi édifié. C'est du morcellement apporté au morcellement tandis que d’autres parties du monde se regroupent dans de grands ensembles géographico-idéologiques pour pouvoir faire face aux défis fixés par les uns et aux difficultés suscitées par d’autres.

Les 53 proto-Etats, des constructions coloniales depuis les terres allemandes lors de la « conférence africaine de Berlin 1884-1885 », totalement extravertis ont pour mission de fournir aux industries des pays occidentaux auxquelles viennent s’ajouter celles des pays dits émergents des matières premières d’une part, et d’autre part de débouchés pour leurs produits finis. Le Sud Soudan ou le Soudan du Sud ne déroge pas à cette règle. Ceux qui sont à la base de sa création ont, pour obtenir le consentement des uns ou l'indifférence des autres, élevé au rang de génocide un conflit violent qu’ils ont pris le soin d’attiser au Soudan depuis son origine. Ces "créateurs d’Etat" ce sont les Etats-Unis d’Amérique et Israël avec leurs cousins européens qui n’ont cessé de voir en ce qui se passe au Soudan une guerre qui oppose les (gentils) chrétiens et les (méchants) musulmans. Ils ont mobilisé des ONG (oui les fameuses ONG !), des stars de cinéma, des artistes de la chanson, des sportifs et que savons-nous encore pour pouvoir atteindre l’objectif de la partition du Soudan, un Etat qui n’en était pas plus que les autres sur le continent africain. Les mêmes avaient mobilisé la machine politique qu’est la Cour Pénale Internationale (CPI) pour presser le président soudanais, Al Béchir afin de lui faire lâcher le morceau. Menacé par un mandat d’arrêt international, Béchir finit par conclure un accord avec toutes les parties sacrifiant ainsi le Soudan sur l’autel de son fauteuil tout en sauvegardant les intérêts pétroliers des deux lions qui se battent dans les champs pétrolifères soudanais à savoir la Chine et les USA/Occident.

Cette nouvelle satrapie dénommée Sud Soudan/Soudan du Sud ne va nulle part. Les populations qui ont été entraînées dans cette nouvelle aventure avec des pions qui soi-disant la conduisent s'apercevront, si ça n'est d'ailleurs pas le cas aujourd'hui, qu'on s'est servi d'eux pour des objectifs qui n'ont rien à avoir avec leur misère et leur fameuse vie de chrétiens pourchassés.  Le Sud Soudan montre une telle soumission à ses créateurs que ceux qui soi-disant le dirigent ne jurent que par leurs noms. C’est ce que démontre le dernier voyage de Salva Kiir en Israël, l'un des tout premiers à le reconnaître, qui s’est dit prêt, après des années de soutien militaro-diplomatique et médiatico-financier à la guerre aux côtés de ces guerriers ayant troqué l’uniforme contre des costumes, à veiller sur les premiers pas de ce nouveau-né chrétien.

Dans un texte[1] dans lequel nous pointions en janvier 2010 les faiblesses que l’Afrique traîne et qui certainement conduiront les africains de nouveau dans les chaines, nous écrivions ceci : « ces énormes faiblesses, si elles ne sont pas vite prises en main, conduiront à coup sûr les autres à remettre notre peuple dans les fers. Que ce soit avec les anciens maîtres ou les nouvelles puissances, la tendance montrent déjà où ces faiblesses vont entraîner l'Afrique. Déjà, les proto-Etats africains, construits et partagés entre les puissances du moment à Berlin en 1885, n'ont rien pu faire face aux mêmes prédateurs qui viennent de créer un sous-Etat au Sud-Soudan à la suite de ce qu'ils nomment un « référendum d'autodétermination » avec une claire intention de mettre la main sur le pétrole de ce foutu 54ème « Etat » africain. La création ce pseudo Etat « chrétien » sud-soudanais en plein 21èmesiècle, dans une indifférence absolue des Africains, est la preuve que le moment venu, nous serons avalés tout rond, tant l'écart semble gigantesque entre nos prédateurs et nous. Raison de plus pour que notre peuple comprenne enfin où ses faiblesses le drainent, alors même que n'importe qui peut venir en Afrique et imposer sa loi comme bon lui semble. Aucun peuple ne tolère que son espace soit pénétré par les autres, sans qu'il maitrise la situation. Les Africains eux, n'ayant aucune prise sur leur espace, sont complètement contrôlés par des puissances externes qui, envahissant leur espace, deviennent ainsi les vrais maîtres de la situation. »
En 2011 donc, on a réussi au Soudan ce qui avait, 30 ans plus tôt, échoué au Nigeria avec la tentative de sécession du Biafra qui fut délibérément plongé dans un conflit massivement meurtrier. On avait crié également au génocide avec les "french doctors" qui vendaient la nécessité d'offrir un Etat aux chrétiens du Nigeria poursuivis par les musulmans. La solution à ce "génocide" fut matérialisée par un accord sur le partage du pétrole du Nigeria le 12 janvier 1970 à l'hôtel Crillon, place de la Concorde à Paris[2] entre d'un côté les compagnies pétrolières anglo-hollando-américaines d'une part et les compagnies françaises d'autre part. Au Soudan, les africains n'ont vu que du feu: un "Etat" est créé. 

Le deuxième événement qui a renvoyé aux africains leur faiblesse fut l’agression victorieuse contre la Côte d’Ivoire. Il n’est pas besoin de revenir sur les faits. Même si certains tentent de ne pas les comprendre, ils sont suffisamment fournis. 

Le troisième événement dramatique a été la guerre de reconquête de la Libye. Cette guerre qui a fait des milliers de morts, des noirs africains y compris, a montré combien les africains ne saisissent pas les notions de géopolitique et de la géostratégie.

Ces deux guerres d’agression avaient montré aussi combien des territoires africains sont des prolongements des pays étrangers en Afrique au point de voter au Conseil de Sécurité de l’ONU construite et dominée par les occidentaux, des résolutions autorisant le bombardement de certains autres territoires. Les satrapies d’Afrique du Sud, du Gabon et du Nigeria cooptées en tant que membres non-permanents au sein du fameux Conseil de sécurité avaient joué pleinement ce rôle désastreux.

L’année 2012 va confirmer voire approfondir toutes ces faiblesses que l’Afrique traîne depuis que les noirs ont été chassés de leur plus brillante réussite que fut l’Egypte pharaonique. Il est donc logique d'affirmer que les agressions contre l'Afrique vont continuer dans le sillage des trois (3) évènements que nous venons de citer. Mais, ces agressions iront de pair avec d'autres mainmises et privations. 

La ruée sur les terres africaines va continuer. Des millions d’hectares sont d'ores et déjà arrachés à l’Afrique par des « investisseurs » étrangers qui, par le truchement de certains africains dits hommes d’affaires et sous le prétexte de moderniser l’agriculture africaine et de lutter contre la faim en Afrique, s’offrent auprès des tyrans africains et des chefs traditionnels déviés pour des dizaines d’années, de vastes espaces qui leur servent à produire des agrocarburants ou de la nourriture pour des populations lointaines.

Un autre phénomène qui va continuer, c’est la pollution. Des territoires entiers sont  aujourd'hui sous le poids de toute sorte de déchets. Des africains du Nigeria en souffrent terriblement depuis de nombreuses années déjà dans une indifférence totale (voir la vidéo ici http://lajuda.blogspot.com/2012/01/nigeria-une-pollution-insupportable.html). La Somalie, paradis des déchets nucléaires est quasi-inexistant. Les populations sont quasi-totalement détruites et le coup de grâce est en train d’être asséné par le trio USA/Grande-Bretagne/France avec la complicité des satrapies du Kenya, d’Ethiopie, du Djibouti et d’Uganda qui y mènent actuellement une guerre sous le prétexte de lutter contre le terrorisme et particulièrement contre le « milices shebab ». 

En 2011, l’Afrique a connu des agressions militaires pour soi-disant rétablir la démocratie et protéger les populations. Connaîtra-t-elle bientôt des guerres « humanitaires » pour y imposer l’homosexualité ? L’Occident pour qui l’Afrique est un terrain de jeu ne va pas s’interdire des agressions pro-homosexuelles le moment venu. Pour les plus optimistes, cela semblerait une exagération. C'est probable. Mais, il faut rappeler que déjà l’Occident par la voix de David Cameron a donné le ton. Le 4 décembre 2011, le premier ministre britannique avait clairement indiqué que son pays couperait son « aide » aux pays africains qui adopteraient des lois contre l’homosexualité. Ceci n’est donc que le début d’une invention d’un nouvel casus belli contre l’Afrique après celui des « droits de l’homme » et de « la démocratie ».

La Chine, avec la complicité des guignols abusivement appelés "dirigeants africains", s'efforcera de renforcer sa présence en Afrique. Les observateurs avertis apprendront sans aucune surprise qu'elle ouvre très prochainement des bases militaires en Afrique pour sécuriser "ses terres", ses citoyens présents en Afrique et ses sources d'approvisionnement en matières premières face aux Occidentaux qui en font autant depuis belle lurette sous différentes bannières à savoir: des bases militaires françaises, des accords de coopération militaire, des opérations extérieures, des manoeuvres militaires communes et Africom que les Etats-unis d'Amérique installent aussi doucement que sûrement. 

L’année 2011 a confirmé que l’Afrique est l’un des espaces les plus fragiles au monde. Elle a attesté une fois encore que l’Afrique demeure un continent contrôlé depuis l’extérieur. Son économie est maîtrisée et canalisée vers l’extérieur entre autres avec le Franc CFA qui est une propriété française. Elle a également confirmé que les richesses en terres africaines ne reviennent pas au peuple noir. Elle a démontré que l'Afrique reste, malgré toutes argumentations sophistiquées que beaucoup d'africains aiment porter pour bluffer leur auditoire, la terre où chacun peut venir dicter sa loi à condition de faire preuve d’un peu de témérité, un peu de propagande à l’appui. Majoritairement crédules et séduits, des africains abusés ou convaincus par la propagande, sont prêts à œuvrer contre eux-mêmes et contre l’avenir de leurs progénitures. Nombreux sont ces africains qui brûlent des chapitres entiers de leur personnalité et de leur histoire aussi bien familiale que collective en prétendant être nés de nouveau. En effet, sous le prétexte d’être « born-again », on brûle toutes les traces des anciens, on gomme nos noms, on efface les actes des prédécesseurs perçus comme fétichistes et sataniques. Au nom des religions importées à coups de canons et d'épées, on se pourchasse entre africains et la bible et le coran sont des références suprêmes. Bref, on s’arrache les racines pour devenir des êtres greffés dont les branches, attachées à des troncs étrangers, sont appelées à produire des fruits incolores, insipides, inodores et inconsommables pour la société locale. Jamais dans l’histoire de l’humanité aucun peuple n’est parvenu au niveau de déliquescence atteint par les africains qui adorent ce qui les empoisonne et les tue tout en détruisant ce qui les protège et les vivifie.

Mais comme face à tout challenge, les africains ont le choix entre arrêter l’écroulement ou mourir. Evidemment pour un peuple qui opte pour la vie, la première solution doit être retenue. Le point de saturation étant proche il faut arrêter l’aide que nous portons au projet de suicide élaboré à notre insu avant qu’il soit trop tard. Pour arriver à cela, il faut scruter cette photographie que l’année précédente nous a renvoyée et engager sa correction non pas par photoshop qui se limitera juste à gommer les aspérités virtuelles, mais par un travail de fond qui devra accoucher d'un africain de type nouveau qui s'aimera et aimera plus ses soeurs et frères que d'autres peuples, qui résistera de manière organisée et qui reprendra son espace pour le sanctuariser par une machine de défense militaire et idéologique et le transformer en faveur de son peuple. Un travail de prise de conscience de notre état réel de désorganisation et d’incapacité à résister collectivement s'impose. Ceci nécessite la formation des ressources humaines afin qu’elles saisissent ce qui se passe, qu’elles identifient les fils par lesquels l’Afrique est conservée dans l’esclavage et le colonialisme et qu’elles mesurent par la prise de conscience effective l’ampleur du désastre. Les écoles alternatives doivent fleurir et œuvrer dans la solidarité pour ériger un africain de type nouveau pour qui la résistance dans des cadres organisés doit être un devoir absolu. Dans ces écoles alternatives, l’africain ainsi formé et informé valablement connaîtra la vraie version de son histoire, combattra moins ses propres sœurs et frères qui oeuvrent pour le bien commun, trouvera un panier historique africain dans lequel il puisera les éléments de la renaissance socio-économique et culturelle de son peuple et enfin définira des stratégies gagnantes face à un système qui fonctionne froidement au lieu d’être là à convoquer désespérément des dieux qui ne le connaissent pas et à faire l’apologie des armes qu’il n’a manifestement pas. Car, lorsqu’un peuple en lutte commence par faire confiance tant à soi qu’aux outils se trouvant dans son environnement qu’il doit vaille que vaille chercher à maîtriser, la victoire n’est plus trop loin de sa portée. Et ne pas comprendre que la révolution populaire est le résultat d’une fermentation et d’un travail méthodique nécessitant, au besoin, l’attitude de ce renard qui fait le mort, c’est se jeter dans la gueule du loup voire déboucher sur des voies hasardeuses qui soulèvent des masses avant de les plonger dans la plus pénible des désillusions. Comme le montrent si bien les exemples des révolutions inabouties et totalement contrôlées de l’extérieur au Maghreb et principalement en Egypte.

Il faut espérer, en cette année nouvelle, que les africains se haïront moins, se détesteront moins et travailleront de manière beaucoup plus structurée dans des cadres organisés sous la houlette d’un leadership avisé et courageux pour arracher leur liberté et leur espace confisqués. Il faut aussi souhaiter qu’ils comprendront que la désorganisation permanente dans laquelle chacun se complaît ne peut que conduire à de chroniques défaites collectives. Il faut enfin espérer que les africains comprendront que seuls les peuples qui sont organisés et qui, suivant les circonstances, sont capables d'alterner la ruse et la force, survivent dans ce monde où le cimetière est le terminus des faibles et des affaiblis. De là, comprendront-ils, il faut le souhaiter vivement, que la ruse et la violence dont le système se sert pour faire triompher ses causes sur nos terres nécessitent des équivalents[3]construits en toute intelligence.



[1] http://lajuda.blogspot.com/2011/01/afrique-bientot-le-retour-dans-les-fers.html

[2] http://lajuda.blogspot.com/2011/05/nigeria-comment-la-france-t-elle-monte.html
[3] http://www.togocity.com/spip.php?article6972

samedi 16 novembre 2013

Le business de la plaie.


Quand une plaie ne fait pas mal, mieux lorsque cette plaie permet à celui qui la porte de justifier son état et de se mettre sur le trottoir pour quémander la pitié des autres, on ne la soigne pas. Au contraire, on entretient cette plaie et l'approfondit. C'est bien une stratégie de survie due à une certaine vision de la vie: c'est le business de la plaie! Sauf qu'il conduit, à terme, à la mort.

KPOGLI Komla 

jeudi 14 novembre 2013

L'Afrique au milieu des grands bouleversements mondiaux.

Alors que de grands bouleversements ont lieu devant nous et annoncent un monde encore plus incertain, les Africains, paralysés depuis des millenaires par des maux interieurs (de plus en plus niés d'ailleurs) et extérieurs  sont completement largués et versent de plus en plus dans le bavardage inutile tout en deployant une grande énergie pour des "guerres" qui n'en valent pas la peine. Au lieu de nous concentrer sur l'essentiel, en nous soumettant à une impitoyable autocritique pour identifier et prendre les responsabilités qui sont les nôtres dans un moment historique où chaque peuple cultive plus que jamais son jardin et va prendre chez les autres sciemment affaiblis les produits manquants ou rares, nous autres sommes englués dans des futilités sans mesure. Ici, les luttes s'appellent: Pas de diagnostic profond, pas de prospective, pas de remise en cause des acquis coloniaux, ruse, jalousie et haine gratuites, indifférence, autoglorification passéiste, exagération spiritualiste, dispersion, et même soutien aux despotes obscurs imposes à l'Afrique au nom d'un certain panafricanisme ou d'un nationalisme étroit et complètement déphasé. Au lieu de nous projeter et voir les obstacles que notre peuple doit vaincre pour se redresser dans un monde qui va être encore plus rude, nous nous contentons de faux-fuyants et de fuite en avant. Autrement dit, nous jouons joyeusement contre nous-mêmes. Armé chacun de son plan de carriere personnel dans un cadre global que nous prétendons parfaitement maîtriser, nous refusons tout projet collectif que nous nous contentons d'étouffer dans l'oeuf en lui opposant soit de l'indifference, soit une artillerie lourde. C'est dire combien ce peuple a acquis les armes de l'autophagie qui lui a été methodiquement enseignée. 

KPOGLI Komla

mercredi 13 novembre 2013

De quoi se plaint-on?



Un peuple a été complètement sorti de l'histoire, puis esclavagisé durant des siècles et des siècles par pratiquement toutes les autres grandes civilisations. Le même peuple est directement colonisé ensuite. Pour mieux le lier aux maîtres et l'infantiliser durablement, on l'a christianisé et surtout civilisé par l'école, le commerce et l'agriculture coloniale. A ce peuple on a fabriqué et imposé un élite coloniale qui approfondit quotidiennement l'extraversion du continent et refuse obstinément de comprendre l'histoire et le monde pendant que beaucoup d'Africains, alors même qu'ils sont méprisés, choisissent d'embrasser le maître en voulant le servir dans des gouvernements colonialistes occidentaux. Refusant de nous assumer malgré tous les dons de la Nature et surtout malgré les sanctions d'une histoire impitoyable pour les affaiblis qui se la jouent arrogants et suffisants dans la dispersion, nous abandonnons tout, nous oublions notre histoire et nous sommes séduits par le dernier venu pourvu qu'il nous brandisse le mouchoir blanc qui cache ses réelles intentions. Et on se plaint du racisme? Du petit racisme du coin? Qui peut respecter un pareil peuple? Malgré les lendemains encore plus durs qui sont à l'horizon, ici on s'amuse, on joue, on bavarde, chacun dans son coin. Croyant combattre la vacuité et le mépris dans lequel les autres nous tiennent, certains vont jusqu'à louer certains de nos tyrans qui jouent de notre crédulité. Quelle lâcheté quand même quoi! On ne change jamais les règles du jeu avec les larmes, les coups de menton ici ou là. On ne change jamais les règles en s'acoquinant davantage au maître qui n'a que mépris à l'esclave qui fait tout pour s'accrocher à lui.


Bon peuple Noir, rien ne nous sera donné. Tout, absolument tout sera gagné par la force de nos mains, la confiance retrouvée en nous-mêmes et surtout par la redécouverte d'un projet et d'un destin collectifs.

KPOGLI Komla

mardi 5 novembre 2013

De l'urgence de la naissance d'une nouvelle génération d'Africains.

Si une nouvelle génération d'Africains refuse de naître pour prendre le contrôle du continent et réorienter le plus vite possible son énergie, les Africains découvriront que le cadre international qui va naître de la confrontation ou de la coopération entre les Occidentaux pilotés par les USA et les Asiatiques, plus précisément la Chine et ses alliés (les Russes, les Japonais et, peut-être les Indiens pouvant ou non prendre position pour l'un ou l'autre des deux camps) leur sera encore plus défavorable. La bagarre entre Etats fait rage, sous nos yeux et seuls ceux qui ont les reins solides survivront. Les enclos coloniaux abusivement appelés "Etats africains" construits de l'extérieur à la Conférence de Berlin (1884-1885) et confirmés en 1963 à Addis Ababa, dans leur rôle par une Organisation de l'Union Africaine ne réunissent pas les critères minimaux d'Etats pouvant, dans ce contexte, conduire les Africains à bon port. Ces enclos coloniaux et leurs dirigeants fabriqués de toutes pièces et adeptes des manoeuvres dilatoires ont présidé au déclin des Africains déjà traumatisés par les épisodes sanglants des razzias négrières et du colonialisme. Ces gens là s'écoutent parler aux tribunes internationales à moitié vide. Personne ne les prend et ne les prendra au sérieux. Dans les années 1970-1980, ces gens-là criaient à l'avènement d'un Nouvel Ordre politique et économique international. Plus tard, ils se sont réveillés, et le peuple d'Afrique avec, la tête dans l'eau et sous la botte du FMI et de la Banque Mondiale. Ainsi, ont-ils subitement découvert l'égoïsme des Etats sans pour autant en tirer aucune leçon. Plus tard, ils seront mangés et les Africains avec, par l'OMC qui a remplacé le GATT. Le peuple d'Afrique s'est alors rendu compte que le monde dans lequel ils vivent et doivent vivre est encore plus rude que celui dont leurs despotes obscurs rêvaient avec facilité et légèreté dans un grand bavardage collectif à la différence, par exemple, de la Chine où des dirigeants sérieux, dans les pas de Mao Tse Tsoung, renforçaient la maîtrise de leur espace et engageaient sans grands bruits mais dans une ferme discipline leur peuple sur une voie des réformes révolutionnaires. Plus une nouvelle génération d'Africains tardera à naître, plus le risque que l'histoire se reproduise est grand.


KPOGLI Komla

lundi 4 novembre 2013

LE JOURNALISME AFRICAIN EN DEUIL: On peut rendre hommage à ses collègues tués sans pour autant injurier notre intelligence.

Au moment où l'on entend retentir de façon stridente les cris d'orfraie suite à l'assassinat au Mali de deux journalistes de RFI (Radio France Internationale), la voie de la Métropole française exclusivement tournée, et pour cause, vers les colonies et autres dépendances, nous soumettons de nouveau à lecture un texte publié en juin 2012 sur le rôle des médias, notamment étrangers en Afrique. Par corporatisme naïf, zélé et complètement déphasé, des milieux dits journalistiques africains versent des tonnes de larmes sur les corps de Ghislaine Dupont et de Claude Verlon. Loin de nous l'idée de bénir ce meurtre. Mais, que penser lorsque depuis 48 heures, on lit des communiqués et des déclarations de fameuses organisations de journalistes, de syndicats de presse et des éditoriaux de fameux journalistes africains? Ainsi, le corporatisme enfantin en bandoulière et plus français que les français, le journal LE PAYS du Burkina Faso monte sur ses grands chevaux ce lundi matin 4 novembre et écrit: "Encore une fois, le journalisme d’investigation, le journalisme tout court, est menacé. Ceux qui tuent et ceux qui font tuer des journalistes, appartiennent à la même race de prédateurs. Les acteurs politiques africains qui font des journalistes leur cible de choix, doivent se sentir coupables de la répétition d’actes aussi vils. La mort de Ghislaine Dupont et de Claude Verlon, ne doit pas rester impunie, pas plus que celle de tous ceux qui les ont devancés sur le sol d’Afrique. Car, quels que soient les reproches à l’endroit de la presse, on ne peut négliger la part contributive des journalistes à l’avènement d’un monde de paix, au rapprochement des peuples, à la responsabilisation des acteurs politiques, à la défense des plus faibles et de tous ceux qui militent pour un monde débarrassée de la vermine.

Tuer un être humain est inadmissible. L’éliminer parce qu’il a librement choisi d’exercer un métier, est tout aussi détestable. Et ceux qui se livrent à de tels exercices ou en font la commande, ne méritent ni pardon, ni pitié. Ils sont tout simplement méprisables."

On aurait aimé avoir la même verve de la part de notre "éditorialiste" de Le Pays quand quotidiennement des Africains sont tués, lui qui découvre ce matin que "tuer un être humain est inadmissible." On aurait aimé lire une verve du même genre sur l'assassinat, il y a 15 ans maintenant de Norbert Zongo carbonisé dans sa voiture par la soldatesque de Blaise Compaoré, un habitué du rituel sanglant non seulement au pays des Hommes intègres, mais aussi au-delà. Pour ne donner qu'un exemple, le 15 août 2008, non loin de là, au Togo, Atsutsè Agbobli, directeur du bimensuel Afric'Hebdo fut froidement abattu, son corps jeté à la mer avant que celle-ci, dégoûtée, ne la rende à la plage de Lomé. Les auteurs de ces deux crimes courent toujours. Pourtant, on n'entend pas trop le corporatisme journalistique s'exprimer. Peut-être que ces crimes là sont commis trop loin des territoires de nos éditorialistes et autres associations dites de presse qui pourtant, pleurent toujours Guy-André Kieffer et Jean Hélène, par exemple. Osons dire les choses: la mort sous les tropiques d'un Occidental, surtout d'un journaliste occidental a toujours suscité une grande émotion. Lorsqu'on parle d'assassinat de journalistes en Afrique, combien sont-ils ces africains à s'émouvoir sur les cadavres de la dizaine journalistes tués au Kongo (RDC) depuis 2006? Combien sont-ils, ces Africains, à se rappeler de la mort en 2010 de Pius Njawé, une des plumes les plus tranchantes contre le despotisme obscurs de Biya dans un étrange accident de circulation en Virginie, aux Etats-Unis d'Amérique? Qui sait qu'il y a des milliers d'Africains qui meurent au Kongo, au Nigeria, en Côte d'Ivoire, au Cameroun, au Togo, en Centrafrique, au Tchad, en Somalie, au Burkina Faso tous les jours de manières diverses? Dans la balance des africains pro-ceci ou pro-cela, les cadavres étrangers ont toujours eu plus de poids que ceux des "nègres". En toute chose, sous les tropiques, la tête est avant tout orientée vers l'étranger.

Lorsque notre "éditorialiste" de Le Pays écrit ce passage d'anthologie "quels que soient les reproches à l’endroit de la presse, on ne peut négliger la part contributive des journalistes à l’avènement d’un monde de paix, au rapprochement des peuples, à la responsabilisation des acteurs politiques, à la défense des plus faibles et de tous ceux qui militent pour un monde débarrassée de la vermine", sait-il vraiment de quoi il parle? Qu'il y ait des journalistes consciencieux et amoureux de la vérité des faits qui font leur travail en affrontant les dangers les plus graves dans différents endroits du monde, notamment en Afrique où les despotes obscurs, véritables chiens de garde de l'ordre colonial cannibale imposé n'hésitent pas à canarder tout contestataire qui ne peut ou veut s'exiler, ni mordre à l'appât des billets de banque, nul ne peut le nier. Mais de là à verser dans cette dithyrambe niaise à l'égard de LA PRESSE qui contribuerait "à la paix, au rapprochement des peuples, à la responsabilisation des acteurs politiques, à la défense des plus faibles et de tous ceux qui militent pour un monde débarrassée de la vermine", il faut oser le dire. Vraiment! La presse, si elle peut informer, est d'abord un outil de guerre au service d'intérêts puissants étatiques ou privés. Elle est une machine de guerre dont le moteur principal est la propagande et le mensonge. Ceci est connu depuis la nuit des temps, sauf, certainement chez nos bons éditorialistes et professionnels associatifs en journalisme africains pour qui chaque occasion est la bonne pour taper dans l'oeil des sources de financements et des fournisseurs de bourses ou de conférences. Cette presse a montré de quoi elle est capable sur les questions de la Côte d'Ivoire et de la Libye où elle a relayé la désinformation des pays agresseurs, de l'ONU, des multinationales pétrolières et commerciales, de leurs agents locaux ainsi que celle de leurs ailes marchantes que sont les inénarrables organisations de défense des droits de l'homme, c'est-à-dire, droits de l'homme blanc. Sur l'Irak, la Syrie, l'Afghanistan, l'Iran, le Vénézuela, le Cuba, la Corée du Nord, la Russie, la Chine...il n'est même pas la peine de parler des mensonges véhiculés par LA PRESSE. Il faut des milliers de pages pour en parler. On a en mémoire le charnier de Timisoara en Roumanie où en décembre 1989 pour laminer Cauecescu LA PRESSE a inventé des charniers comportant 70.000 cadavres. On a aussi en mémoire les dossiers de LA PRESSE sur Bokassa qui "conservait dans ses frigidaires de la viande humaine" , son mets favori. Si LA PRESSE a ses démons, elle a ses anges aussi. Ceux-ci sont les pires dictateurs, les pires criminels de guerre, c'est-à-dire la "vermine" pour reprendre les mots de Le Pays, mais la vraie vermine cette fois-ci. Les Bush, les Blair, le Chirac, les Obama, les Sarkozy, les Netanyahou, les Simon Perez, les Cameron, les Hollande, les Kissinger et les différents serviteurs locaux en Afrique et ailleurs dans le monde sont de cette espèce. Affirmer, à l'occasion de l'assassinat des deux journalistes de RFI, depuis le Burkina Faso, sans doute par corporatisme et aussi par une lecture complètement fausse des réalités de ce monde, que LA PRESSE défend "les plus faibles", rapproche les peuples et travaille pour "un monde débarrassé de la vermine" relève d'une injure à l'intelligence des Africains. On peut rendre hommage à ses collègues tués au Mali, sans pour autant injurier notre intelligence. Car, nous autres le savons: LA PRESSE informe par accident. Mais elle désinforme, milite, vend, ment, biaise, détourne, détruit, désoriente par métier. Sous nos cieux, LA PRESSE, celle qu'on pleure actuellement dans les rédactions africaines, a toujours présenté l’Afrique comme une terre misérable, minée par des conflits fratricides et ethniques, pauvre et demandant éternellement l’aide d’un Occident généreux, bienfaisant et bon samaritain pendant que les richesses africaines sont drainées vers l’étranger. LA PRESSE a installé dans le décor africain l’Occident, ses intérêts, ses vues, ses désirs, ses projets, ses hommes. Cette présence est présentée comme normale, légitime puisque purement humanitaire. Ailleurs, l’Occident défend ses intérêts. En Afrique, il est en mission humanitaire. Il n’y est que, parce qu’épris d’amour pour l’homme noir qu’il a tant aimé au point de l’avoir mis dans les fers de l’esclavage et de la colonisation, pour l’aider au développement. Il en est ainsi de la présence des bases militaires françaises en Afrique qui y seraient rien que pour « sauver les africains et empêcher des guerres ethniques ». « L’ethnie » serait la mesure de toute chose en Afrique, selon les spécialistes médiatiques occidentaux.

Quand celles et ceux qui prétendent en Afrique informer les Africains sauront lire le monde réellement en sortant des sentiers battus et du sentimentalisme bon teint ou intéressé par étroitesse d'esprit, on pourra se dire qu'un petit pas, un tout petit pas est fait en direction d'une Afrique meilleure.

KPOGLI Komla

dimanche 20 octobre 2013

MERCI AU FRONT NATIONAL


On ne peut que dire merci au Front National et à tous les partis nationalistes en Occident ou ailleurs qui, par parole, par geste et par actes, rejettent quotidiennement ou de façon systémique les Africains. Cette attitude peut-être condamnée par certaines bonnes consciences, soucieuses de leur image, dans ces sociétés où l'hypocrisie affichée est la chose la mieux partagée. En revanche, chez les partisans de la reconquête totale de l'espace africain que nous sommes, nous ne crierons pas au racisme, encore moins à l'exclusion et à la "bêtise humaine". Bien au contraire, il faut saluer ces paroles, gestes et actes. Car, à la vérité, ils contribuent à éveiller la conscience des Africains, en tous les cas celle des individus qui ne sont pas encore morts, et à leur rappeler leur devoir, ainsi que leur appartenance que certains font semblant d'ignorer. Ces partis nationalistes qualifiés ici ou là de xénophobes et de racistes sont, de ce point de vue, nos alliés objectifs. Surtout lorsqu'ils s'en prennent à des "symboles" et à "des modèles" d'intégration. Ces nationalistes contribuent donc à empêcher que ces derniers fassent davantage des petits chez les Noir(e)s.

En toute logique, il faut espérer que plus ce rejet sera manifeste et massif, plus les Noir(e)s seront obligé(e)s de se découvrir et de se regrouper pour agir et se construire un destin collectif autre que celui tracé par le système colonial. Les schémas individuels illusoires vers l'illusoire réussite personnelle à la suite d'une "parfaite intégration" se trouveront fracassés sur le caillou de la réalité. A moins que nous soyons tous des faux-culs décidés à rester définitivement des sous-hommes sur la terre des autres en lieu et place d'aller tôt ou tard vers la rencontre de notre soi-même. Lorsque l'Afrique aura retrouvé son trône volé, lorsqu'elle sera reconstruite par les seules mains de ses enfants pour ainsi retrouver son rang dans le monde, plus personne, absolument n'osera, sous peine de riposte appropriée, ici ou là traiter les Noir(e)s de sauvages et de sous-hommes.
Pour tout ceci, nous ne nous associerons pas à ce chorus pourfendeur du racisme. Nous disons plutôt merci et bonne continuation au Front National et autres individus ou organisations de même acabit.


KPOGLI Komla

dimanche 13 octobre 2013

"PLAN DE RETRAIT MASSIF" DES TERRITOIRES D'AFRIQUE DE LA CPI, AVEZ-VOUS IMAGINE, DIT ET CRU?


Vue de la salle de la session extraordinaire de l'UA 11-12 octobre 2013

La lecture de toute la documentation des travaux des "dirigeants africains" réunis en Sommet extraordinaire sur la Cour Pénale Internationale éclaire de façon particulière l'agitation de ces derniers jours dans certains milieux "panafricains". Les personnes ou groupe de personnes ne voulant pas prendre part à cette tempête dans un verre d'eau qui a lieu dans l'imagination fertile de ces milieux ont été traités de tous les bons noms d'oiseaux.

Il apparaît clair à présent, pour ceux qui doutaient, que ce qui pose problème au syndicat des despotes obscurs, c'est l'article 27 des Statuts de la CPI et non la CPI elle-même en tant qu'outil purement politique au service du rôle prescripteur de l'Occident impérialiste. Ils veulent, eux, s'éviter "l'humiliation de la CPI", le peuple d'Afrique, lui, veut sortir de 3000 ans d'humiliations, de violations, de régression, de pillages et d'affaiblissement global dont ils sont les garants aujourd'hui au sein d'une Union Africaine hémiplégique pour s'inventer une nouvelle civilisation. On ne veut donc pas la même chose. Comment peut-il en être autrement alors même que le dernier cas en date, le kidnapping du président Laurent Gbagbo et son expédition devant la CPI après une reconquête méthodique du territoire de Côte d'Ivoire par la France et ses alliés n'a suscité que peu d'indignations à haute et intelligible voix au sein de ce qu'on appelle pompeusement l'Union Africaine? En 2 alinéas, l'article 27 de la CPI dispose " 1. Le présent Statut s'applique à tous de manière égale, sans aucune distinction fondée sur la qualité officielle. En particulier, la qualité officielle de chef d'État ou de gouvernement, de membre d'un gouvernement ou d'un parlement, de représentant élu ou d'agent d'un État, n'exonère en aucun cas de la responsabilité pénale au regard du présent Statut, pas plus qu'elle ne constitue en tant que telle un motif de réduction de la peine.
2. Les immunités ou règles de procédure spéciales qui peuvent s'attacher à la qualité officielle d'une personne, en vertu du droit interne ou du droit international, n'empêchent pas la Cour d'exercer sa compétence à l'égard de cette personne." 

Selon donc cet article 27, la CPI, rejetant les immunités, poursuit n'importe qui, chef d'Etat, ministre ou élu de tout genre et en fonction. C'est cela qui pose problème aux despotes. Eux, les grands chefs d'Etat??? Se voir humilier comme ça? Et Mme Zuma, présidente de la Commission de l'Union Africaine le dit très clairement: "Il est essentiel que nous restions dans le cadre juridique des statuts de Rome". Le premier ministre Ethiopien, président en exercice de l'UA de son côté dit: "Notre objectif n'est pas et ne doit pas être une croisade contre la CPI, mais un appel solennel à l'organisation de prendre les préoccupations de l'Afrique au sérieux". Et quelles sont ces préoccupations africaines? La "déclaration des chefs d'Etats" les formule ainsi « Aucune accusation ne peut être engagée ou poursuivie devant toute Cour internationale ou Tribunal contre un Chef d'Etat ou de gouvernement ou quiconque agissant en cette qualité AU COURS DE SON MANDAT. Afin de préserver L'ORDRE CONSTITUTIONNEL , LA STABILITÉ ET L'INTÉGRITÉ DES ETATS MEMBRES, AUCUN CHEF DE L'ÉTAT OU DE GOUVERNEMENT MEMBRES DE L'UA, OU QUICONQUE AGISSANT OU DISPOSANT DU DROIT D'AGIR EN CETTE QUALITÉ , N'EST TENUS DE COMPARAÎTRE DEVANT UNE COUR OU UN TRIBUNAL INTERNATIONAL AU COURS DE SON MANDAT".

Ces "préoccupations" sont formulées, précise-t-on à l'Union Africaine, à la suite de "demandes de report sans aucune suite favorable de l'examen du dossier des dirigeants Kenyans par la CPI au nom de la paix, de la stabilité au Kenya" et, ajoute-t-on, en reconnaissance du rôle que joue les dirigeants kényans dans la lutte contre le terrorisme. En outre, l'Union Africaine "note que la procédure engagée contre le président et son adjoint va les distraire et les empêcher de s'acquitter de leurs responsabilités constitutionnelles , y compris les affaires de sécurité nationale et régionale." Comme solution à ces "préoccupations", l'Union Africaine demande au "Conseil de Sécurité de l'ONU de travailler avec elle pour obtenir de la CPI la mise en application de l'article 16 des Statuts de Rome pour suspendre les poursuites contre les dirigeants du Kenya. En effet, l'article des Statuts de Rome intitulé "Sursis à enquêter ou à poursuivre" énonce que "aucune enquête ni aucune poursuite ne peuvent être engagées ni menées en vertu du présent Statut pendant les douze mois qui suivent la date à laquelle le Conseil de sécurité a fait une demande en ce sens à la Cour dans une résolution adoptée en vertu du Chapitre VII de la Charte des Nations Unies ; la demande peut être renouvelée par le Conseil dans les mêmes conditions." C'est dire!!!

On voit donc ce qui est cause pour nos despotes obscurs dont l'existence trouve sa justification dans l'affaiblissement généralisé du continent. Le site internet de l'Union Africaine affirme d'ailleurs que les déclarations précitées du PM Ethiopien et de Mme Zuma "ont contribué à annuler les rumeurs qui avaient circulé que la réunion de l'Assemblée avait été prévue pour se préparer un retrait massif des Etats membres de l'Union africaine de la CPI".

Pour mémoire, rappelons que le Sénégal est le premier pays signataire des Statuts de Rome, le 2 février 1999 et le dernier la Côte d'Ivoire justement le 15 février 2013. 

Le problème reste, en définitive, entier et revient aux milieux qui entendent vraiment travailler, suite à une analyse radicale et froide, pour une nouvelle Afrique conduite par un leadership avisé et courageux dans un monde où les faibles et les affaiblis qui ne se relèvent pas vite sont promis à la disparition.

Tout compte fait, lorsqu'on relit l'article 27 des Statuts de Rome, on ne peut que conclure que seuls des opportunistes, des amoureux du clientélisme, des serveurs zélés sans vision du monde peuvent signer une pareille incongruité en vue de prouver leur loyauté à leurs Maîtres et venir 15 ans plus tard pleurnicher, jouer aux vierges effarouchés et crier au Racisme à leur égard. Et se croyant intelligents, ces gens là veulent drainer derrière leurs cris d'orfraie d'imbéciles le peuple d'Afrique qu'ils ont déclaré leur ENNEMI. Et dire qu'il y en a qui espèrent toujours que des gens pareils vont conduire l'Afrique quelque part. C'est affligeant! Il est grand temps que le peuple d'Afrique se mette debout, se dresse vaillamment contre cette "élite collaboratrice dans l'exploitation de l'Afrique" et reprenne le contrôle de sa destinée. Trop c'est trop!


Pour lire les travaux de l'UA sur la CPI, voir (en Anglais) http://www.au.int/fr/content/session-extraordinaire-de-la-conférence-de-l’union-africaine 

13 octobre 2013

KPOGLI Komla

lundi 30 septembre 2013

L'ONCLE SAM FACE A LA MENACE DE L'ENNEMI INTERIEUR.

Ceux-là on ne peut aller les bombarder. On ne peut fonder de toute pièce une "coalition" d'Etats voyous pour aller leur "botter le cul" et ainsi "défendre ou restaurer la démocratie". Ceux-là, ce sont les Républicains qui disposent de la majorité à la Chambre des Représentants, la chambre basse du Congrès des USA. Ils refusent de voter le budget fédéral soumis par le Prix Nobel de la Paix des Guerres humanitaires, Barack Obama et exposent ainsi l'Etat fédéral "américain" à une paralysie grave, quoique passagère. Les Républicains entendent ainsi punir Obama d'avoir constitutionnalisé l'Assurance Maladie Obligatoire. Selon les Républicains portés par le Tea Party, Obama en faisant adopter cette loi pénalise les riches (Blancs en majorité, pour faire court) qui se voient obligés de contribuer aux soins à prodiguer aux pauvres et travailleurs pauvres (Noirs et autres immigrés). Cette loi appelé OBAMACARE doit rentrer en vigueur à partir du 1er janvier 2014. Les Républicains bloquent la mise en oeuvre de cette réforme qui avait subi plusieurs retouches défavorables avant d'être votée en 2010. Ils veulent que Obama renonce à soigner les "minables" Negroes et autres hispaniques. Ce qu'évidemment le président Etatsunien refuse de faire. Du coup, l'Etat fédéral court le grave risque de se retrouver sans budget pour un moment. La Chambre de Représentants a alors adopté peu après minuit samedi un projet de loi de finance provisoire qui financerait les opérations de l'Etat fédéral jusqu'au 15 décembre, reporterait d'un an l'entrée en vigueur de la réforme du système de santé, qui doit s'appliquer pleinement à partir de 2014, et supprimerait une taxe sur les appareils médicaux créée par cette loi. Les Démocrates, alliés de Barack Obama dont il est issu, majoritaires au Sénat ont clairement dit qu'il rejetteraient le texte de la Chambre des Représentants.





Ainsi, la situation est compliquée pour l'Uncle Barry, le guerrier réduit à supplier les "minables dictateurs" républicains. Mais, c'est peine perdue. Car les Républicains n'aiment vraiment pas la "Tête de Nègre" qui dirige les USA depuis 2008. Dès qu'ils en ont l'occasion, ils donnent le maximum pour lui mettre les bâtons dans les roues. L'Etat fédéral "américain", sauf surprise de dernière minute, va donc fermer boutique à partir de ce soir minuit. Le journal Le Monde énumère les conséquences de cette situation dans les lignes qui suivent:

"Tour d'horizon des principales conséquences négatives d'une éventuelle fermeture des administrations :

-Employés fédéraux :
Jusqu'à un million d'employés fédéraux peuvent être mis au chômage technique à partir du 1er octobre. Seul un petit nombre continueraient à travailler, parmi lesquels les contrôleurs aériens ou les gardiens de prison. Les salariés du Congrès pourraient travailler sur demande expresse du député ou de la commission qui les emploie.

Par le passé, le Congrès a remboursé les jours de chômage technique des employés fédéraux. Ces derniers sont tenus de n'effectuer aucun travail pendant leurs congés forcés, sous peine de lourdes sanctions. En 1995-1996, plus de 200 000 demandes de passeports n'avaient pas été traitées pendant la période de fermeture.

-Marchés financiers :
La publication d'un certain nombre de statistiques est bloquée et les introductions en Bourse peuvent être retardées. Les sociétés peuvent toujours déposer certains documents à la Securities and Exchange Commission (SEC) mais le gendarme boursier a prévenu vendredi que le traitement des demandes serait perturbé en cas de shutdown. La SEC prévoit de maintenir seulement 252 employés sur 4 149.

-Armée :
Le personnel militaire continuerait ses opérations, mais un grand nombre d'employés civils seraient mis au chômage technique, selon le Pentagone. Les premiers avis de congé seraient envoyés dès le 1er octobre.

Une fermeture de moins de deux semaines n'affecterait pas les grandes entreprises du secteur de la défense, qui pourraient alors se passer des versements contractuels du gouvernement, selon l'agence de notation Standard and Poor's. Les petits sous-traitants pourraient en revanche souffrir en cas de "shutdown" prolongé.

-Justice :
Les tribunaux fédéraux resteraient ouverts pendant dix jours ouvrés. Après le 15 octobre, la situation n'est pas claire. La Cour suprême, dont la session d'automne commence le 17 octobre, n'a pas souhaité commenter les tractations en cours, mais un porte-parole a indiqué que dans des cas de figure similaires, la Cour avait continué de fonctionner normalement.

-Impôts :
A l'Internal Revenue Service, le nombre d'employés passerait de quelque 95 000 à moins de 9 000. Les centres d'appel seraient fermés, et les audits suspendus.

-Musées et parcs nationaux :
L'un des aspects les plus visibles serait la fermeture des parcs nationaux à travers le pays et des musées de Washington ; ce qui pourrait se traduire par un impact négatif de plusieurs millions de dollars pour le secteur touristique.

-Prix du pétrole :
Lundi, les prix du pétrole s'affichaient en baisse pendant les échanges asiatiques, dans la perspective de ce blocage parlementaire qui risque de paralyser une partie de l'économie américaine. Le baril de WTI américain pour livraison en novembre cédait 1,16 dollar américain lundi matin, à 101,71 dollars, tandis que le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en novembre perdait 82 cents, à 107,81 dollars.

CONLUSION: Un impact violent sur l'économie

Selon des calculs publiés par les économistes de Goldman Sachs, la fermeture des administrations coûterait environ 8 milliards de dollars par semaine à l'économie américaine." Fin de citation du Le Monde. 

Comme on peut le constater, le peuple Etatsunien est pris en otage. Les dictateurs Républicains "massacrent leur propre peuple". Peut-on laisser commettre de tels "crimes contre l'humanité"? Vite!!! A l'aide, au nom de la "responsabilité de protéger"!
Le Gendarme du monde qui, selon Condolezza Rice, "ne peut exercer sa puissance sans arrogance" doit déployer toute sa puissance pour vaincre son petit ennemi intérieur. S'il n'y arrive pas seul, les "démocraties" monarchiques du Golfe et leurs cousins européens regroupés au sein de l'OTAN appellent à la mise en place d'une " large coalition internationale" pour des "frappes humanitaires", (uniquement des frappes et non des bombardements) contre les dictateurs Républicains.

KPOGLI Komla
30 septembre 2013

mercredi 25 septembre 2013

KENYA OU QUAND UN SOUS-LIEUTENANT RECOIT DES COUPS DE POING EN RETOUR DE SON ZÈLE DE SERVEUR DE BAR.





Après les larmes et l'émotion, tentons de comprendre la prise d'otages sanglante à Nairobi et ses implications.

Une pratique vieille comme le monde: utiliser la religion pour cacher les vraies raisons d'une stratégie politico-économique ou la perversité d'un système. Ces 40 dernières années, impitoyablement, le Moyen Orient a été l'objet de la part des Occidentaux, à leur tête les USA, de manipulations religieuses afin de faire main basse sur son pétrole. Lorsqu'en 1979, les Soviétiques envahirent l'Afghanistan pour y soutenir les communistes locaux, la résistance afghane ne s'est pas faite attendre. Elle va fermement s’opposer à l’invasion. L’Occident va alors soutenir les islamistes : Massoud, l’islamiste « modéré » et le radical Ben Laden, futur fondateur d’Al Qaeda. Aux Etats-Unis d'Amérique, les stratèges, à commencer par Zbigniew Brzezinski, étaient aux anges, ravis de pouvoir enfin « donner aux Soviétiques leur Vietnam ». C'est pourquoi ils vont soutenir massivement les Islamistes qu'ils appelaient à l'époque des "Freedom Fighters" (Combattants de la Liberté). Leur combat est un Djihad, une guerre sainte menée contre l’envahisseur athée (soviétique). C'est le début de la généralisation du soutien occidental aux mouvements islamistes qui vont monter progressivement en radicalisme jusqu'à commencer par mordre leurs propres créateurs. 

La prise d'otages à Nairobi, au Kenya n'échappe pas à la règle. Après avoir complètement détruit la Somalie pour y instaurer un chaos indescriptible, les Etats-Unis refilent la patate chaude à des sous-fifres régionaux: Ethiopie, Ouganda et Kenya. Ces 3 territoires qui se la jouent "puissances régionales" alors même qu'il n'en est rien, vont régulièrement, et surtout sur commande de leurs "amis" américains, envoyer des troupes militaires en Somalie pour soi-disant y "rétablir l'ordre". La dernière expédition a eu lieu en 2011 où les trois sous-lieutenants africains (Ethiopie, Ouganda, Kenya) appuyés par le Lieutenant Israël et les commandants en chef (l'Angleterre, les USA et la France) étaient partis en guerre contre les fameux Shebabs. Ne voulant plus perdre des hommes en Somalie comme ce fut le cas dans les années 90 dans l'expédition dénommée "Restore Hope" qui leur a coûté 30 hommes, les Etats-Unis sous-traitent aux trois sous-fifres précités la guerre et le maintien d'un certain ordre en Somalie. 
Cette région, ouverte sur la mer est un enjeu géopolitique majeur pour les Occidentaux, car non seulement elle regorge d'importants gisements de matières premières indispensables pour les maîtres du monde, mais surtout elle est le point de passage pour les navires marchands et pétroliers. La sécurisation de cette route maritime est donc une priorité face à une partie des Somaliens qui s’est radicalisée et a pris des armes tellement leur territoire se retrouve privé de tout: pays, sécurité, Etat, perspectives d’avenir, ressources halieutiques...et avec un héritage insupportable de déchets de toute sorte.

Aujourd'hui le rôle d'agent vecteur de puissances étrangères que joue le Kenya en Afrique (le pays abrite le siège de plusieurs organisations dites internationales, de plusieurs multinationales...), et particulièrement dans la région est-africaine, s'est aggravé avec la Chine. Le Kenya est considéré comme une véritable porte d'entrée en Afrique par la Chine qui a lancé depuis le 11 janvier 2012 la section Afrique de la CCTV émettant depuis Nairobi. A partir donc du Kenya, CCTV Africa projette ouvrir 14 bureaux locaux dans différents territoires africains. Réduite pour le moment à 02 heures d’émission par jour, la CCTV Africa compte d’ici 2015 émettre 24 heures 24. La concurrence est rude notamment entre la Chine et les USA (ces derniers, quand il le faut, font alliance avec les Européens et Israël). Ces dernières années, à chaque tournée africaine des dirigeants chinois ou états-uniens, le Kenya est sur la liste des territoires visités. Il se fait que les dirigeants actuels du Kenya se retrouvent poursuivis par la branche judiciaire de l'impérialisme occidental, la CPI. Ceux-ci, sérieusement embêtés, se tournent davantage encore vers la Chine qui a compris que pour bien vivre en Afrique, il vaut mieux ne pas se mêler des turpitudes de politique intérieure de ses « partenaires ». Ainsi, le 19 août 2013, le président du territoire du Kenya s'est rendu à Pékin pour une visite d'une semaine. Sur les lieux, Kenyatta fut royalement reçu avec 21 coups de canon tirés en son honneur. Avant l'élection présidentielle, les Etats-Unis par la voix de Johnnie Carson, le responsable Afrique du département d'Etat américain, a averti les Kényans que " les choix ont des conséquences", un avertissement en direction des électeurs qui désiraient porter Uhuru Kenyatta au pouvoir. Ce dernier, avec un parlement acquis, veut faire sortir le Kenya du traité créant la CPI. Le vote du parlement kenyan est manifestement interprété par l'Occident prescripteur comme un "mauvais exemple". Cela pourrait donner des idées à des tyrans africains pouvant tomber facilement en disgrâce avec leurs vieux mentors. Alors, comment arrêter le Kenya ou comment le punir?

La politique internationale telle que l'ont construite l'Europe, et depuis la fin de la guerre de 39-45, les Etats-Unis d'Amérique est un jeu où la ruse et la violence sont interchangeables. Lorsqu'un pays "ami" devient trop turbulent ou s'il prend trop de liberté, il faut lui montrer un peu de muscles pour le calmer et le ramener dans les rangs. Dans cette logique, et l'histoire le prouve, les Occidentaux sont capables de pactiser avec leurs ennemis officiellement déclarés pour toucher un nerf sensible au petit turbulent. A regarder les faits, on a laissé, à tout le moins, les Shebabs frapper le Kenya. Histoire de montrer que les USA, leur lieutenant Israël et leurs familles parentes et alliées sont incontournables et que la sinophilie (amour de la Chine) dont souffre Kenyatta peut être soignée. La preuve: dès que les Shebabs ont déclenché leur attaque contre le supermarché à Nairobi, Israéliens et Etats-uniens ont tout de suite investi la place pour officiellement "apporter leurs conseils".

Ce qui arrive au Kenya est la démonstration qu'à force de vouloir "baiser" avec tous "ses partenaires", on finit écartelé. Pour mémoire, le Kenya est un bon ami d'Israël qu'il a aidé à mettre fin à la prise d'otages par des militants palestiniens et leurs supporters allemands à Entebbé (Ouganda) en 1976. A l'époque, tous les territoires africains par l'intermédiaire de la fameuse OUA (Organisation de l'Unité Africaine) avaient adopté une position commune à l'égard d'Israël: rupture de leurs relations avec Israël pour violences et injustices graves envers les Palestiniens. Conformément aux résolutions de l'OUA, le Kenya rompt ses relations avec Israël, mais discrètement, il resta un de ses meilleurs amis, si bien même que la compagnie israélienne El Al reliant Tel-Aviv à Johannesbourg, capitale de l'Etat raciste et d'Apartheid d'Afrique du Sud, faisait toujours escale à Nairobi. Lors des évènements d'Entebbé, le Kenya a laissé Israël utilisé son territoire comme base arrière aux troupes israéliennes. Cette ambiance bon enfant se traduira par une véritable alliance militaire et de renseignements depuis les années 1980. Fidèle à son jeu favori consistant à manger à tous les râteliers, le Kenya caressait les "pays arabes", les Palestiniens et l'OPEP. En 1974, le Kenya avait reçu des pays de l’OPEP et des institutions financées par eux des millions de dollars et des facilités pour ses exportations sur les marchés proche-orientaux, notamment sur le marché saoudien. Le Qatar et l'Arabie Saoudite, deux nains du désert promus, grâce aux pétrodollars, sur l'échiquier international par leurs alliés occidentaux qu'ils aident en finançant les mouvements islamistes ont-ils pardonnés au Kenya son double jeu? Le doute est permis. Plus récemment encore, le même Kenya (l'Ouganda aussi) a fourni des mercenaires aux USA alors en difficulté en Irak qu’ils ont envahi en 2003. Des milliers de Kenyans et d'Ougandais ont été recrutés pour venir y suppléer l'armée américaine. Des patriotes irakiens et leurs soutiens ici ou ailleurs ont-ils oublié cela? Rien n'est moins sûr.
Hier, lorsque les USA étaient confrontés à l'URSS dans la conquête du monde, ils n'avaient pas, une seule seconde, hésité à utiliser les religieux, notamment les islamistes contre elle. Cette stratégie fut payante, car elle a contribué à dissoudre l'URSS. Aujourd'hui, le même islamisme va être utilisé, sinon est déjà utilisé, pour contrer autant que possible le déploiement chinois. Le terrain africain est propice à ce jeu car les Etats africains ne sont que des fantômes, des cadavres solidement plantés depuis la Conférence de partage de Berlin en 1884-1885.

A supposer que les Occidentaux (USA et ISRAEL en tête) n'aient pas laissé agir les Shebabs, on peut néanmoins conclure qu'à force de jouer le rôle de serviteur zélé des intérêts étrangers dans la région, notamment en Somalie, détruite par les USA et leurs alliés qui l'ont réduite en dépotoir de déchets toxiques de tout genre, et où des populations sont sans perspectives car vidées de toutes les richesses de leur terre, un point névralgique pour le commerce mondial dominé par ces derniers, le Kenya a donné sa tête à cogner. Ceci n’est que logique. Car, la doctrine Obama veut que les USA dirigent par derrière (Leading from behind), c'est-à-dire que les USA, autant que possible, restent derrière les rideaux et envoient au front leurs lieutenants et autres sous-fifres qui perdent en ressources humaines contre du soutien matériel et logistique. S'il le faut les drones états-uniens complèteront le dispositif. A ce coup là, les lieutenants qui acceptent le deal doivent être prêts à encaisser les coups. C'est ce qui arrive au Kenya. Quand on mène le combat d'autrui, on subit les dommages que celui-ci devrait en temps normal subir. Dommage que les victimes au Kenya ne soient pas ces fameux gouvernants qui ont accepté jouer ce petit jeu avec le diable.

La France a déjà joué sur la menace islamiste pour refaire son ordre au Mali et essayer de démontrer aux nouveaux venus qu'elle reste malgré ses faiblesses, le seul maître à bord de ses territoires et de leurs mines. Plus, le temps va passer, plus la question religieuse en Afrique sera utilisée comme au Moyen-Orient pour couvrir les vrais enjeux de son remodelage.

24 septembre 2013

KPOGLI Komla