mardi 31 mai 2005

Tchad: la J.U.D.A dénonce le tripatouillage constitutionnel de Déby.

COMMUNIQUE DE PRESSE

Le pouvoir tchadien s’apprête à organiser une consultation référendaire pour modifier la constitution de la République du Tchad en vue d’abroger notamment la limitation du mandat présidentiel pour ainsi permettre au président Idriss DEBY de régner à vie. La France a déjà accordé sa bénédiction à cet attentat contre la loi fondamentale tchadienne. Le ministre Xavier Darcos avait salué l’adoption par l’Assemblée nationale du Tchad, de ce texte trafiqué.

La Jeunesse Unie pour la Démocratie en Afrique-J.U.D.A- se fait le porte-parole de la jeunesse africaine pour dénoncer et condamner sans retenue cette triviale mise en scène qui ne vise rien d’autre qu’à faire de Monsieur Idriss DEBY président à vie et du Tchad, une monarchie.

En conséquence, la J.U.D.A. demande :

- aux organisations politiques républicaines d’intensifier la campagne pour le boycott.

- à des acteurs de la Société civile tchadienne à rejeter purement et simplement cette mise en scène Chiraco-Débyenne.

- à la Jeunesse tchadienne de se mobiliser dans un esprit citoyen pour s’abstenir de participer à cette tentative indigne et honteuse de coup d’état constitutionnel, car aller à ce référendum voire se prononcer pour le OUI revient à conférer à très court terme le statut de monarchie au Tchad, à inscrire dans la durée piétinement des règles élémentaires de la démocratie et de l’Etat de droit, à perpétuer les violations systématiques des droits de l’Homme, à ajourner la disparition du clientélisme, du pillage, de la corruption, de la mauvaise gouvernance et de l’analphabétisme ainsi que de la division contre lesquels d’honnêtes citoyens tchadiens se battent depuis des années.

- au peuple du Tchad de ne pas participer ainsi à la légitimation du tripatouillage constitutionnel programmé par ceux qui font preuve d’un carriérisme révoltant et qui souhaitent le perpétuer au sommet de l’Etat. Le Tchad n’a nullement besoin d’un président à vie au moment même où des millions de ses fils croupissent dans la misère dans toute sa dimension et à une époque où les enjeux mondiaux commandent une démocratisation absolue des institutions étatiques dans nos pays.

- à ceux qui pour une raison ou une autre sont amenés à participer à cette consultation qui se prépare, dans un souci patriotique et du sens du devoir citoyen à voter NON pour rejeter absolument cette grave et préjudiciable tentative à l’émergence d’un Tchad démocratique.

Aussi, la J.U.D.A. invite impérieusement la Jeunesse africaine dans son ensemble à une solidarité agissante en faveur de la Jeunesse tchadienne en particulier et du peuple frère du Tchad en général en manifestant à l’échelle continentale sa vive désapprobation face à la mythomanie d’un système politique visiblement hostile à l’alternance démocratique malgré son incapacité notoire depuis des années à poser les premières pierres d’un Etat de droit au Tchad.

Pour la J.U.D.A, l’émergence d’une nouvelle Afrique impose à la Jeunesse africaine de mettre un coup d’arrêt à cette hydre de démocraties tropicalisées qui, par effet de contagion, crucifie l’âme du peuple africain déjà victime de nombreuses injustices.

De l’Union Africaine, la J.U.D.A exige des actions urgentes et concrètes au lieu de rester impuissante devant les tragi-comédies qui enfoncent de plus en plus l ’Afrique dans le gouffre et par conséquent l’éloigne des projets d’union et d’intégration viables.

Les mouvements de défense des droits de l’Homme, de promotion de la démocratie ainsi que d’autres organisations citoyennes surtout celles de Jeunesse au Tchad ne doivent céder à aucune forme de corruption ni d’intimidation encore moins de distraction car ils ont le soutien dans leur lutte, de tous les Africains épris de liberté, de justice et de paix basées sur la dignité humaine.

Enfin, la J.U.D.A. se met à l’entière disposition des démocrates tchadiens pour les soutenir et les accompagner dans toutes leurs manifestations, communications, pétitions, débats, forum…

Lomé, le 31 mai 2005

Pour la J.U.D.A.

Le Secrétaire Général,
Rodrigue KPOGLI

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