jeudi 3 septembre 2009

Le fils Bongo hérite du contrat de métayage de son feu père Omar Bongo.

03 septembre 2009
Rodrigue KPOGLI
Voilà ! C’est fait. Ali Ben Bongo, le fils du vieux crocodile françafricain décédé en juin dernier après 41 ans de règne, est officiellement reconnu président du Gabon. Les résultats du cirque électoral ont été proclamés ce midi et au nom du père et avec l’onction de la France, le bonhomme aux cheveux défrisés l’emporte avec 41,73% devant André Mba Obame et Pierre Manboundou. La monarchie est désormais établie au Gabon. En tout cas, pour le moment. Faure Gnassingbé du Togo a trouvé de la compagnie. Et le rang de ce mouvement ira en grossissant avec la maturation à l’ombre de projets similaires pour d’autres territoires africains avec le concours total de la France et de toutes les forces néo-impériales pour qui la « démocratie est un luxe pour l’Afrique ». En clair, l’humiliation, le viol des Africains et le pillage de leurs terres ne doivent jamais avoir une solution de continuité.

A la veille de ce cirque électoral, quelques hypocrites et cyniques drapés de leurs toges de journalistes, faisant semblant d’ignorer que le choix d’Ali Bongo était un acquis, demandaient à leur douce France de rester neutre dans le processus électoral au Gabon. Certains, doublement cyniques, à travers des articles clairement ambigus, faisaient semblant d’appeler la France à soutenir la démocratie dans ce pays. Toutes ces proclamations et exhortations visaient à se donner bonne conscience et à clamer au moment opportun que seuls les Gabonais ont choisi de monarchiser leur pays alors que la France y a été impartiale ou qu’elle y a même soutenu la démocratie. Dans le même temps, on n’a cessé d’écrire, de dire, images à l’appui qu’Ali Bongo est « le favori pour diverses raisons » de ce scrutin. Cette incessante affirmation qui, en réalité, était la décision définitive de l’Elysée et de ses alliés multinationales, a fini par énerver Pierre Manboundou qui dans une sorte de rugissement de tigre édenté, a assené le 19 août 2009 à Sylvain Attal de France24 que « Ali Bongo n’est favori de personne ici au Gabon. Il faut que cela soit clair. Il est peut-être favori pour France24 mais pas pour les Gabonais». Jolie mise au point. Mais, Monsieur Manboundou, les jeux étaient faits depuis longtemps à l’Elysée et ailleurs sans le consentement des Gabonais, d’ailleurs décretés « immatures pour la démocratie » à l’instar des Congolais, des Camerounais, des Togolais, des Burkinabé, des Tchadiens…

Aujourd’hui, après le Congo où Sassou Nguesso est reconduit tranquillement au pouvoir, le Niger où Mamadou Tandja a défait les fragiles institutions les unes après les autres, Total, Areva, Bolloré et les vautours mafiafricains viennent de réaliser la succession dynastique au Gabon comme hier, au Togo. Pour arriver à leurs fins, ces vampires ont gonflé le corps électoral porté à 820.000 électeurs sur une population réelle d’environ 1,3 millions. Ils ont ensuite utilisé tout le pouvoir financier que leur a procuré le long règne du pion Bongo Ondimba qui a pris la peine de préparer soigneusement et patiemment sa succession. Ils ont utilisé l’armée avec la complicité du 6è BIMA et de la base aérienne française pour terroriser les patriotes en agissant sur les leviers de la répression et des intimidations. Ils ont fait recours à l’usuelle pratique du bourrage d’urnes. Ils ont aussi et surtout utilisé les médias nationaux et internationaux pour faire l’idée que quoiqu’il se passe, Ali Bongo était le favori, malgré les contestations dont il est l’objet dans le pays y compris jusque dans le parti de son père, le PDG (Parti démocratique Gabonais) dont le bilan est plutôt catastrophique malgré l’énormité des richesses de cette partie de la terre africaine. Malgré les 41 ans de Bongo, voilà que les Gabonais en redemandent. Tout ceci pour faire passer les Noirs pour des grands enfants inconscients ou des bêtes insensibles à la douleur et qui « votent » pour leurs propres bourreaux.

Dans cette conquête qui n’en est pas une dans les faits, tous les réseaux ont été mobilisés pour avaliser le fils à papa au sommet du pays. Change-t-on une équipe qui fait gagner ses propriétaires et parrains? Evidemment pas ! Robert Bourgi, « le Monsieur Afrique » de Sarkozy a d’ailleurs parié sur le fils Bongo. Cela veut tout dire !

Omar Bongo Ondimba, en bon pion français a passé toute sa vie à financer les partis politiques en France de l’extrême gauche à l’extrême droite au point de trouver inutile voire dangereux de bâtir un centre de santé digne de ce nom pour ses propres besoins et ceux de son clan dans son pays natal. Lui, Omar qui a tout donné à la France, n’avait pas supporté l’ingratitude de celle-ci. Et, pour sanctionner les révélations de ses turpitudes financières et l’étalage de ses biens mal acquis en France, Omar Bongo est parti mourir en Espagne. Aller mourir non pas en France, mais ailleurs était le châtiment le plus infâme qu’en digne fils, le nano-président a estimé infliger à son mentor. Quel intérêt ont-ils, tous ceux-là qui ont volé, appauvri les Gabonais et financé leurs outils politiques ou se sont enrichis de rompre le cycle ? Aucun ! Et la meilleure façon de s’assurer que les richesses de cette partie de l’Afrique restent leur propriété exclusive, c’est de confier le contrat de métayage du père au fils.

Tous les Africains sont interpellés par la dérive monarchique en œuvre aujourd’hui en Afrique. Les réactions doivent être fortes et radicales. Car, de la façon dont un peuple, dans son entièreté se comporte face aux affronts et déstabilisations qu’il subit dépend leur perpétuation ou non. Le peuple noir ne peut pas et ne doit pas continuer à être l’oiseau qu’on plume pour couvrir les autres. A force de se laisser plumer, nous finirons tous nus. De tout temps, l’Afrique a servi et nourri les autres et pas les Africains eux-mêmes. La concurrence liée aux enjeux du monde d’aujourd’hui va de toute évidence aggraver la situation de l’Afrique. C’est là que le peuple noir doit sortir de ses gongs et travailler pour mettre hors d’état de nuire tous les guignols qui, au terme d’incessants viols, sont faits « gouvernants » avec comme cahier de charges de continuer l’œuvre coloniale de la démolition de la société africaine. Ce combat ne sera pas de tout repos. Il sera périlleux, mais c’est le nécessaire et unique chemin pour le peuple noir d’espérer guérir les douleurs à lui infligées par la complicité de certains de ses propres fils aliénés et kleptocrates s’offrant, en plus de leur incapacité, des vacances dont les frais d’hôtel uniquement vont de 655 millions CFA (Paul Biya en France) pour les uns à 750 millions CFA pour les autres (Abdoulaye Wade en Suisse et en France).

Tous ceux-là qui vampirisent l’Afrique veulent nous convaincre que la Gabon est en paix. Qu’il y a des acquis à consolider et que pour ce faire, il ne faut pas bousculer les choses. On intime subrepticement l’ordre à nos compatriotes du Gabon d’accepter le « changement sans la révolution ». Non, la paix est multidimensionnelle. La paix ne signifie pas seulement l’absence de conflit armé. Un pays où les personnes dorment le ventre vide, où les enfants n’ont pas accès aux soins et à l’éducation scolaire, où les infrastructures sont absentes, où les transnationales peuvent impunément détruire l’environnement et piller les richesses du peuple, où des bases militaires stationnent depuis des décennies, où les dirigeants sont des pions soutenus mordicus contre le peuple n’est pas en paix. Des pays dont l’économie et la monnaie ainsi que les avoirs extérieurs sont détenus par les autres ne sont pas en paix.

C’est là qu’il faut convoquer nos prédécesseurs : les Olympio, Lumumba, Nkrumah, Sekou Touré, Steve Biko, Um Nyobè, Ouandié, Félix Moumié, Anta Diop, Thomas Sankara, Tavio Amorin... Ils doivent même nous inspirer dans nos initiatives. Car, le combat n'a pas abouti ; il n'est pas achevé. Depuis leur tombe, il faut leur demander la passation du flambeau. A notre génération de se montrer digne de marcher dans leur sillage afin que leur mort ne soit pas vaine et rompre définitivement avec les indépendances fictives qui servent à imposer au peuple noir des pions de la trempe de Gnassingbé et fils, de Bongo et fils et d’autres encore ... au travers desquels l’humiliation et le saccage de l’Afrique se perpétuent.

11 commentaires:

Ben a dit…

Bien dit.
Tout est dit, tout est clair.
J'ai pris congé de mon blog question de gagner en recul par rapport à tout ce que tu décris si bien.
C'est à en avoir la nausée. J'espère que les Africains montreront qu'ils ont les couilles. Qu'ils doivent arrêter de s'offrir à vils prix. Putain, quand est-ce qu'ils comprendront qu'à l'insulte il faut opposer l'insulte, qu'à la force armée il faut opposer la force armée.
Qu'ils arrêtent d'envoyer les gamins à mains nues se faire massacrer facilement et bêtement. MERDE !!!
On se calme. C'est fait.

Allain Jules a dit…

Bonjour frangin !

Tout est dit.

Bonne continuation !

Anonyme a dit…

D'accord sur presque tous le points de votre article. Avez vous déjà visité la Guinée?

Mettre sékou Touré parmis vos héros africains est une erreur de votre part.

Regardez la situation en Guinée aujourd'hui ce n'est que la continuation de son travail de destruction.

Pour vous il suffit pas d'avoir un discours soi disant anti impérialiste tout en faisant le jeu de certaines puissances.

L'état et la situation actuels de la Guinée en dit assez sur le monstre qu'a été "le responsable suprême de la révolution"

(J.U.D.A) a dit…

Merci pour votre commentaire.

Imputer la situation actuelle de la Guinée à Sékou Touré à Sekou Touré et présenter ce dernier comme un monstre est l'étalage de votre méconnaissance de l'histoire. Effectivement Sekou Touré est présenté comme cela par tous ceux qui n'avaient aucun intérêt à avoir des hommes allant à l'encontre de leurs intérêts. Combien de patriotes africains n'avaient pas eu droit à tous les qualificatifs? Lumumba? Mandela? Sankara? Olympio? Nkrumah? Tyran, communiste, criminel, dictateur, et quoi encore? On leur a collé outes les étiquettes pour mieux expliquer leur assassinat ou le renversement de leur régime.

Il y a un an, Mandela était encore sur la liste américaine du terrorisme international. Vous comprennez?

Il est donc temps que nous Africains, ayons la lucidité de comprendre qu'il nous revient de réécrire notre histoire et non nous contenter de façon définitive à celle écrite par nos bourreaux.

Que Sekou Touré ait commis des erreurs, c'est certain à l'instar de tous les Hommes. Mais, c'est mal connaître l'histoire que de le botter en touche. N'oubliez pas tout ce que la France a fait pour éliminer Sekou Touré et toute l'amitié qu'elle a accordé au tyran Lansana Conté jusqu'à sa mort.

Merci

Anonyme a dit…

Vous parlez dedémocratie mais c'est toujours plus facile de faire taire ceux qui ne sont pas d'accord avec vous.

Si vous souhaaitez vraiment connaitre l'histoire de la Guinée il est préférable de vous renseigner auprès de guinéens avant de vous lancer sur vos grande théories.

Merci d'avoir révélé votre idée du dialogue.

(J.U.D.A) a dit…

Sachez cher Guinéen que l'objet de cet article n'est pas Sekou Touré. Il est question de parler de ce qui se passe au Gabon et en Afrique plus globalement.

Si vous connaissez bien l'histoire de l'Afrique vous devriez vous rendre compte que la Guinée, le Togo, le Mali, l'Angola pas plus que les autres pays africains ne sont que des proto-Etats. Partant de là, notre peuple a été uni jusqu'aux différentes invasions qui l'ont séparé et dispersé. Donc, il n'y a ni Guinéen, ni Togolais, ni Congolais dans notre esprit.

Si vous vous accrochez au titre "Guinéen" pour venir poser des faux problèmes sur notre blog, sachez que nous avons le droit de rejeter vos commentaires. Si vous voulez véhiculer votre message "clanique", nous vous prions d'aller créer votre blog ou votre site pour le faire.

L'Afrique a besoin d'unité et d'union en ces moments plus que troubles.

Pour ce qui est du régime Sekou Touré, nous l'avons dit. Il a eu sa part d'ombre. C'est vrai. Mais celà n'empêche qu'on puisse invoquer son nom parmi les patriotes africains. Visitez la toile, vous verrez que nous ne sommes pas les seuls à l'élever à ce rang. Et nous pensons qu'il le mérite amplement. Maintenant, je crois que vous avez du boulot si vous devez vous en prendre à tous ceux qui citent Sekou Touré parmi les patriotes africains. car ils sont de plus en plus nombreux tous ceux-là qui porte Sekou Touré aux cîmes du panafricanisme. Allez-y mettez-vous donc au boulot!

Une bonne partie de la jeunesse africaine a compris ou commence par comprendre que Sekou Touré a été traité de tous les noms d'oiseau par ceux-là qui n'ont aucun intérêt à avoir en face d'eux un homme d'une telle carrure. Que cela vous plaise ou non! Notre mission est de réécrire notre histoire et de ne plus rejeter nos patriotes, nos "icônes", nos "héros" tout simplement parceque nos maîtres nous le demandent. Voilà!

Anonyme a dit…

et mon post précédent que vous n'avez pas eu le courage de mettre en ligne?

(J.U.D.A) a dit…

Monsieur l'Anonyme,

Sachez que nous publions ce que nous voulons sur notre blog. Si nous jugeons des termes qui ne nous conviennent pas dans un de vos commentaires, accordez-nous, cher Anomyne le droit de le refuser.

C'est l'hôpital qui se moque de la charité, lorsque vous parlez de courage. Car, vous qui n'avez même pas le courage de sortir du pseudo "Anonyme" pour écrire ne serait-ce qu'un commentaire, vous osez parler de courage? Le ridicule ne pas donc!

Si ce site ne vous convient pas ou des termes de celui-ci ne vous plaisent pas, nous vous prions d'aller ailleurs. C'est une question de principe. Nous ne forçons personne, pas plus qu'un "Guinéen" aliéné, incapable de voir au-delà de l'histoire scolaire à venir nous visiter. Nous espérons que c'est clair dans votre esprit.

Merci.

Anonyme a dit…

J'assume de commenter anonymement, tout ce qui m'intéresse c'est le débat d'idées. La seule raison pour laquelle j'ai commenté votre article c'est qu'il se trouve être publié sur un site guinéen.

Loin de moi l'idée de faire de votre blog un lieu de débat sur Sékou Touré, je ne faisais qu'attirer votre attention sur un fait que je considère comme une erreur dans votre jugement. Sékou Touré était tout sauf un démocrate. Un peu comme si j'affirmais qu'Eyadema et son projet monarchique réussi était un démocrate. J'essayais simplement d'attirer votre attention sur ce fait.

Publiez ce que vous voulez, mais sachez que votre pratique du débat est révélatrice de votre équité et de l'éthique de quelqu'un qui se veut démocrate. Si c'est ça la jeunesse unie pour l'Afrique on est pas prêt de nous en sortir!

J'ai bien compris votre message, je vous laisse à votre blog et c'est moi qui vous remercie de m'avoir partiellement publié.

Fraternellement, un africain qui souffre de voir son continent dans cet état

(J.U.D.A) a dit…
Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.
(J.U.D.A) a dit…

Merci cher ami d'avoir compris le message.

Si le message est publié sur un site guinéen c'est qu'il existe des compatriotes de la Guinée ou en Guinée qui ne font pas sur la personne de Sékou Touré la fixation qui est la vôtre. C'est bel et bien qu'il y a des compatriotes de la Guinée qui ne partagent pas forcément votre lecture sinon ils auraient refusé de diffuser notre texte.

Vous vous enfoncez le doigt dans l'oeil en poussant votre igorance jusqu'à comparer Sekou Touré à Eyadéma du Togo. Pour votre gouverne sachez cher Anonyme "Guinéen" que les deux hommes n'ont rien en commun et que pendant que le premier militait pour les droits syndicaux et refusait le projet cynique de la communauté française au profit d'une indépendance totale, le second s'est mis au service de l'armée coloniale contre notre peuple et saborder ainsi durablement son avenir. Vous vous décrédibilisez complètement en faisant pareille comparaison.

Sekou Touré n'appartient pas ou plus à la Guinée, vu l'oeuvre qui est la sienne. Cet homme a une dimension internationale que seules les forces occultes et refusant de revisiter l'histoire africaine avec un regard critique ne veulent pas reconnaître. Et parmi celles-ci, nous vous comptons.

Ce qui est encore plus curieux, c'est que vous n'osez pas parler de Lansana Conté que nous avons régulièrement dénoncé: Voir http://lajuda.blogspot.com/2008/09/la-juda-dnonce-le-rgime-criminel-de_1093.html .


Votre acharnement et votre fixation sur Sékou Touré sont révélateurs de quelque chose qui nous dépasse. Et si cela vous tient à coeur, nous pouvons vous filer les sites qui font de lui un héros, pour que vous vous adressez à eux aussi pour leur dire que Sekou Touré est un x ou un y alors que vous et vos mentors de l'ombre passez sous silence hier Conté et Dadis aujourd'hui.

Si vous souffrez effectivement de voir notre Afrique dans cet état comme vous le clamez ici, vous devriez prendre la peine de mettre votre cerveau en mouvement pour une réélecture de l'histoire de l'Afrique et non vous cabrez sur un homme qui malgré ses défauts ne peut être comparé en aucun cas à des personnages lugubres comme Eyadéma.

Vous avancez un chiffre de 50.000 personnes tuées par Sekou Touré. Ces chiffres, on les connaît. On sait qui les ont affichés. Alors que les mêmes ont fait l'impasse sur les millions de morts de Conté, d'Eyadéma, de Mobutu, de Moussa Traoré, Bongo, Sassou .... avec qui ils commercent tranquillement et avec lesquels ils partagent les fruits du pillage de l'Afrique stocké soigneusement sur des comptes anonyme, cher Anonyme, en Europe et aillers dans d'autres paradis fiscaux.

Sinon pour le reste, merci d'avoir compris le message précédent. Et sachez en définitive que nous ne sommes pas ici pour plaire à tout le monde et que nous faisons et écrivons ce qui nous semble au service de notre peuple. Nous se sommes pas prêt de jeter de la boue sur nos "héros" qui nous le rappelons, ont été avant tout des hommes.