mardi 8 février 2005

Coup d'état du 05 Février 2005 au Togo.


DECLARATION

Alors que le peuple togolais apprenait à peine la nouvelle du décès du Président Eyadema et que le corps encore haletant était à peine rangé, une gigantesque pantalonnade aux allures médiévales organisée par une poignée d’officiers supérieurs des FAT( Forces Armées Togolaises), ordonnait nuitamment l’intronisation de Faure GNASSINGBE, fils du défunt Eyadema.

Cette mise en scène unanimement rejetée par toute la communauté mondiale, viole gravement l’article 65 de la Constitution de la République Togolaise et consacre la suprématie absolue de l’armée sur la Nation toute entière, seule et unique détentrice de la souveraineté.

Malgré les réactions d’hostilité du peuple et du monde entier à l’égard de ce coup d’Etat militaire, Faure GNASSINGBE a prêté serment devant la Cour Constitutionnelle après une réécriture incongrue et intempestive de la Constitution.

Face à cette situation qui hisse le Togo au rang d’une monarchie ou d’une principauté, la J.U.D.A fait la mise au point suivante :
  • le couronnement anticonstitutionnel et de surcroît opéré nuitamment de Faure GNASSINGBE est une délinquance politique orchestrée par les Apparatchiks tant militaires que civils du RPT en vue de ne pas se départir des privilèges excessifs dont ils jouissent depuis bientôt 40 ans.
  • cette intronisation est la révélation au grand jour de la volonté du clan GNASSINGBE de s’approprier la Res-publica qui est un patrimoine commun sur lequel nul ne peut exercer un droit péremptoire.
  • la réécriture, de la Constitution par l’Assemblée Nationale qui en réalité n’est qu’une chambre d’opérette démontre à suffisance non seulement qu’elle n’est pas l’émanation du peuple togolais mais également, elle est une béquille, même bancale, au service de la pérennisation de la dictature implacable du défunt Eyadema.
  • toutes les manœuvres organisées pour donner un visage légal à cette transmission héréditaire du pouvoir d’Etat au Togo sont antirépublicaines, illégitimes grossières, méchantes et donc inacceptables à tout point de vue et procèdent de la desquamation du coup de force réalisé la nuit du 05 février 2005 par la caste militaire.

En conséquence, la J.U.D.A exprime ses plus vives préoccupations face à cette situation et quant à l’avenir du Togo. Elle condamne sans équivoque et vigoureusement la dangereuse comédie faite d’épisodes diaprés allant de l’intimidation et l’usage abusif de la force au piétinement des règles fondatrices de la balbutiante démocratie au Togo.

La J.U.D.A se réjouit de la réaction de l’ensemble de l’opinion mondiale vis-à-vis de cette voie de fait du siècle organisée par le prolongement du régime d’Eyadema qui s’est pendant longtemps illustré dans la mascarade et la magouille dans tous les domaines.

La J.U.D.A salue tout particulièrement la réaction prompte et énergique de l’Union Africaine par la voix du Président en exercice OBASANJO et du Président de la Commission Alpha Omar KONARE. L’Union Africaine prouve par là sa ferme volonté à enrayer définitivement à l’échelle continentale les actes inhibiteurs à la démocratie et au développement.

La J.U.D.A appelle le peuple togolais à tirer les conséquences de l’hostilité mondiale vis- à-vis des « autorités de fait » qui régentent actuellement le Togo. Elle interpelle en particulier les FAT à une prise de conscience et de ne plus constituer un obstacle à l’émergence d’un Etat de droit qui garantirait un avenir meilleur pour tous les citoyens et citoyennes de notre cher pays.

La J.U.D.A rappelle au peuple togolais dans toutes ses composantes que certaines habitudes cultivées à l’extrême finissent par être nuisibles et destructrices. Il y a deux ans la constitution a subi une importante modification. Aujourd’hui, elle est foulée au pied et réécrite pour des fins politiciennes voire partisanes. La J.U.D.A estime que la loi fondamentale d’un Etat ne saurait subir un tel sort dans le silence des citoyens. C’est pourquoi, elle invite la jeunesse à une union active pour dire NON à cette énième et injuste opposition par un clan à notre marche vers la liberté et sauver, puisqu’il s’agit bien d’un sauvetage, la Patrie.

Enfin, la J.U.D.A demande au Gouvernement de SAMA de garantir le respect des droits de l’homme notamment le droit à l’intégrité physique et morale ainsi que le droit à l’information de tous les Togolais en ce moment de confusion entretenue à dessein et de faire lever immédiatement la mesure interdisant toute manifestation au Togo, car elle est contraire à la liberté d’expression garantie par la constitution.

Fait à Lomé le 08 février 2005

Pour la Coordination
Le Secrétaire Général,
Rodrigue KPOGLI

1 commentaire:

(J.U.D.A) a dit…

Merci gars pour ce message lucide et courageux que vous envoyer à la mafia qui "tue" notre pays.