samedi 7 mars 2009

Ah, la CPI condamne Omar Al-Bachir et oublie Bush !

La Cour pénale internationale (CPI) de La Haye, avec le courage et l’hardiesse qu’on lui connaît, a délivré hier, mercredi, un mandat d’arrêt international, contre le président soudanais, Omar el-Béchir, qui a été inculpé pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité dans la guerre qui sévit au Darfour, la région occidentale du Soudan. Luis Moreno-Ocampo, Procureur de ladite Cour, a déclaré : « Nous avons de lourdes preuves contre Omar Al-Bachir. » Mais, il n’a pu obtenir une accusation de génocide contre le dirigeant soudanais qu’il souhaitait de tous ses vœux. Le décor est planté. le devoir de vérité étant un processus juste et moralement légitime, à quand un procès pour la guerre en Irak ? A quand un procès pour la guerre en Tchétchénie ? A quand un procès pour crime contre l’humanité, contre la France lors de la guerre d’indépendance au Cameroun, avec notamment, l’assassinat de Ruben Um Nyombé et la répression sanglante en pays Bamiléké entre 1960 et 1970, avec 156 villages rayés, et plus de 40 000 personnes massacrées ? Et que dire de Madagascar, avec le 29 mars 1947, la massacre de 100 000 personnes pour la pacification de l’île ? Et le massacre de Sétif et Guelma en Algérie, le 8 mai 1945, plus de 20 000 morts ? Chut, pas de repentance !


La vision occidentale


Irène Khan, Secrétaire générale d’Amnesty International, est ravie. Elle a déclaré : « Le droit est clair. Le président Omar al-Bachir doit se présenter devant la CPI afin d’assurer sa défense. S’il refuse, les autorités soudanaises doivent se charger de l’arrêter et de le remettre immédiatement à la CPI ». Comme c’est mignon. On ne l’a pas entendu lors de l’offensive israélienne à Gaza. On ne l’a pas entendu non plus, après la fin du règne de George Walker Bush ou de Tony Blair, ces acteurs actifs de l’invasion mensongère d’Irak, vrai crime contre l’humanité. Ironie du sort, ce dernier a été même nommé à la tête du Quartette (ONU, USA, UE, Russie) pour le Proche-Orient depuis 2007 et qui a effectué un voyage le 1er mars dernier à Gaza. Rappelons que ce Quartette « prône » la paix, en excluant le Hamas.

Démagogie abyssale. Ce même Quartette s’est réuni récemment à Charm-el-Cheikh pour la conférence sur la reconstruction de Gaza, détruit par Israël. Autre crime contre l’humanité, et autres crimes de guerres. Un saupoudrage fantaisiste. Si la communauté internationale veut réellement protéger les soudanais, ce n’est pas en prenant une décision aussi grave, qui peut se retourner in fine, contre ce peuple éprouvé. Défendre les droits de l’homme c’est bien. En abuser c’est mal. Enfin, la petite corporation des dictateurs africains va comprendre disent les Occidentaux, qui éludent bien sûr le fait que, ces derniers, sont aussi les plus gros investisseurs dans les sociétés occidentales. Et surtout, qu’on ne vient pas demain, nous accuser de néo-colonialisme et bla bla bla, ajoutent-ils.

C’est un très bon exemple selon les instances européennes, qui récitent à gorge déployée, les règles internationales et lois onusiennes. Au titre de la résolution 1593 (2005) du Conseil de sécurité, qui engage le Soudan à coopérer avec la CPI, les autorités soudanaises sont juridiquement tenues d’arrêter toute personne faisant l’objet d’un mandat d’arrêt, entend-on ici et là. Et si on commençait par ceux qui ont organisé depuis bientôt dix ans, les principaux conflits en cours dans le monde, je doute fort que les donneurs de leçons internationaux soient exempts. Pour petit rappel, en Irak, depuis l’invasion américaine, c’est plus de 1 311 700 irakiens tués. Passons.

La vision africaine.

Salam Aleikum, Aleikum Salam. Salutations amères depuis hier en Afrique. Selon que vous serez puissant ou misérable, les jugements de cour vous rendront blanc ou noir... La blogosphère africaine se lâche. Entre certains heureux, d’autres malheureux, c’est un manège indescriptible. Honteux dit un blogueur, hypocrite renchérit un autre, pour fustiger la faiblesse africaine, arguant que Bush mériterait, lui, la CPI, plus que Omar Al-Bachir. Tous les chefs d’Etats africains récusent le mandat d’arrêt, ainsi que les pays du Golfe. Le malaise est présent.

Pour le gabonais Jean Ping, président de la Commission de l’Union africaine (UA), qui n’est pas allé avec le dos de la cuillère, le mandat d’arrêt de la CPI « menace la paix au Soudan ». « Nous constatons que la justice internationale ne semble appliquer les règles de la lutte contre l’impunité qu’en Afrique comme si rien ne se passait ailleurs, en Irak, à Gaza, en Colombie ou dans le Caucase ». C’est quoi ce droit qui ne s’applique qu’aux faibles ? C’est quoi ce droit à géométrie variable ?

Personne n’exonère le grassouillet Omar Al-Bachir, loin s’en faut, mais, il faut arrêter ces indignations sélectives. Le Darfour, semble-t-il, bien sûr des chiffres donnés à la volée par l’ONU, qui parle de 300 000 morts soi-disant, des violés par milliers, et des millions de déplacés, après 6 ans de conflit. Mais, ce n’est pas seulement le fait du Gouvernement soudanais, la région étant infestée de groupes armés rebelles, hostiles à Khartoum.

La CPI selon les africains, c’est la « Connerie permanente internationale ». C’est vrai que ce sont pour la plupart des leaders du tiers-monde, dont africains, qui sont victimes de l’acharnement de cette institution. En revanche, les plus forts, ne sont jamais inquiétés, malgré leurs différents forfaits et méfaits, à travers le monde. Sans doute, ce manichéisme qui ne voit le mal que chez les autres. L’ex-président américain George Bush Jr., ne parlait-il pas de l’axe du bien avec ses guerres préventives ? Ce mandat d’arrêt délivré contre le président soudanais cache aussi, par ailleurs, une forte odeur de pétrole. Son tort ? Celui d’avoir concédé des concessions ad vitam aeternam semble-t-il, à la Chine. Pot aux roses découvert ? Qui avouera cette vision des choses ?

La vérité cachée.

Le pétrole semble être finalement, une malédiction pour tous les peuples africains noirs. La découverte de vastes gisements d’or noir, a aiguisé les convoitises occidentales. Entre posture et imposture, esprit grégaire et arrogance, il faut faire payer au prix fort, ce régime dictatorial, disons-le, qui fait confiance à l’ex géant endormi et aux pieds d’argile il y a à peine 20 ans, la Chine, nouveau pays émergeant et puissance mondiale désormais. Ainsi, cet Occident qui semble aller au chevet des pauvres africains qui meurent de faim, a armé le Tchad et les rebelles du sud-Soudan de feu, John Garant, pour tenter de s’opposer à la percée chinoise dans la région, et faire main basse sur les produits miniers et pétrolifères du Darfour.

La grande discorde entre la communauté internationale et Pékin vous l’avez sans doute compris, c’est le Soudan. Depuis 2004, le Conseil de sécurité de l’Onu, brandit la menace des sanctions sur Khartoum, avec notamment, l’embargo sur les armes. Heureusement que le veto chinois, a toujours protégé l’ex Nubie. Oui, le Soudan est à l’origine du déplacement de milliers de personnes, dans les zones pétrolières. Mais, le Soudan fournit à la Chine, plus de 7% de ses importations de brut. Il y a aujourd’hui, installées au Soudan, pas moins de 14 sociétés chinoises d’importances. Parmi ces dernières, la China National Petroleum Corporation qui a investi des milliards de dollars dans le champ pétrolier de Muglad, qui produit, plus de 500 000 barils par jour, une raffinerie d’une capacité de 2,5 millions de tonnes par an. En plus, la Chine a mis sur pied, un oléoduc long de 1 500 kilomètres pour l’exportation de brut à partir d’un terminal sur la Mer Rouge.

Contrairement à l’Europe, la Chine n’a jamais lié son aide à l’Afrique à des conditions politiques. Les droits de l’homme, la bonne gouvernance et tutti quanti, sont relégués au second plan soit. Mais, en réalité, les autres font-ils mieux lorsque leurs intérêts, même personnels, sont menacés ? Qui ne se souvient de cet homme politique français, plus proche de la péripatéticienne, avide de gain et ne se souciant même pas du travail forcé en Birmanie, qui avait rendu un rapport bidonné pour disculper Total ? Hélas pour les Occidentaux, Pékin n’a qu’une seule exigence, que les pays qu’il aide, ne collabore pas avec le régime dissident de Taipei. Enfin, pour que ce propos n’exonère pas Omar Al-Bachir, voici une vidéo compromettante mais, balayons devant nos portes, aussi.

>>> >>>Allain Jules

4 commentaires:

PARALLAX a dit…

Un texte fort. un texte d'un vrai journaliste impartial.

Bravo !

Anonyme a dit…

le mandat d'arret du genocidaire Omar Al Bachir n'a rien a voir avec le conflit au proche et moyen Orient......en ce ce qui concerne le Hamas c' est une absurdite d'un homme dote de tout son sens d'un etre humain de dire de nogocier avec les terroristes.....on ne peux jamais nogocier avec eux, on doit les combattre...BUSH a montre la c'est un courageux et visionnaire car il a compri plus tot ke c'est la seule voie pour vaincre ce fleau....il a fait la preuve en IRAK et il a reussi grace a son armee bien determinee a l'accompagner....Bachir c'est un sanguinaire....

Juliette Abandokwe a dit…
Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.
Juliette Abandokwe a dit…

Cher Anonyme, à part vos 4 derniers mots, le reste c'est n'importe quoi. Votre manque total d'analyse approfondie font de votre commentaire une petite coquille vide!
Pour un journaliste débutant que vous avez l'air d'être, vous être bien sûr de vos arguments bidon et immatures, et surtout de votre anonymat!
On a dû tenter de vous éteindre à la pelle quand vous étiez petit!