Komla KPOGLI
22 octobre 2011

La pulsion de mort, les européens l’ont
exercée entre eux pendant longtemps. Avant de l’exporter chez les autres, ces
peuples barbares, qui cachent leur barbarie sous le sophisme outrageusement
appelé civilisation, se sont entretués. Ils se sont bouffés entre eux au
travers de multitudes guerres. Dans l’histoire de l’humanité, aucun peuple n’a
exalté autant la pulsion de mort et de destruction que les européens. Ils l’ont
exaltée au point de la porter sur la scène mondiale avec deux grandes guerres
entre 1914-1918 et 1939-1945. Ce n’est qu’à la suite de cette dernière que ces
sociétés avaient conclu la paix et décidé de sécuriser leur peuple tout en déplaçant
cette pulsion de mort chez les autres. Dès lors, la paix est installée en
Europe et plus globalement en Occident tandis que les canons ne cessent de
tonner ailleurs sous l’impulsion du terrorisme occidental.
Les peuples qui luttent contre l’exploitation
et pour leur indépendance ne connaîtront plus jamais la paix. Des Amériques en
Asie en passant par l’Afrique, des torrents de sang coulent parce que
l’Occident doit avoir la paix et jouir des biens qu’il vole chez les autres.
Que de guerres ! Que d’agressions !
Ce vieux terrorisme qui permet à l’Occident
de s’enrichir et de dominer le monde, s’est abattu sur les Indiens dans leur
Amérique natale aussitôt découverte par Christoph Colomb en octobre 1492. Ce
peuple inoffensif, croyant en la vertu de l’hospitalité, a accueilli la mort
sans s’en rendre compte dès le départ. Avant qu’il se réveille et veuille
combattre les envahisseurs, il est totalement détruit. Son espace est occupé et
radicalement transformé. Les autochtones sont rayés de la carte par le terrorisme
occidental.
Ayant besoin de main-d’œuvre et de
serviteurs pour combler le vide semé en Amérique et dans les colonies, les
terroristes avaient jeté leur dévolu sur l’Afrique. Pendant quatre (4) siècles,
les africains n’auront plus jamais la paix. Des guerres, des pillages, des
incendies de villes et de villages, des razzias, des rapts nocturnes et autres
actes du genre étaient déclenchés contre les africains. Dans le genre du
terrorisme, l’occident, inventif, est allé jusqu’à utiliser de nouvelles armes
de destruction massive à l’instar de l’alcool[1],
grisant ainsi des millions de personnes qui s’étaient réveillées dans les fers
dans les cales de bateaux. Des rois, des princes, des hommes, des enfants, des
jeunes, des femmes enceintes s’étaient retrouvés enchaînés et conduits dans
« l’univers concentrationnaire » des îles et des Amériques.
Ce terrorisme opéré la bible à la main, la « science »
en bandoulière et les canons au point, a décimé l’Afrique et l’a plongée dans la
déchéance avec des séquelles psychologiques indélébiles. Espérant se disculper,
on inventa le roi africain qui volontairement vendit ses propres sujets et on
minora le coût démographique de cette terreur de masse.
Etant entendu que le terrorisme européen
s’est doté d’armes redoutables à la fois pour commettre ses crimes et
s’accorder une immunité, la récidive survient. C’est ainsi qu’après le
terrorisme esclavagiste, une nouvelle terreur s’est abattue sur l’Afrique avec
la colonisation. Soumettant des millions et des millions d’africains à son
service exclusif, l’Europe s’est imposée en Afrique à coup de massacres
coloniaux, des guerres de tout genre, des coups de fouet, des impôts de tout
genre. Les européens coupèrent des têtes, des pieds et des mains aux noirs dans
leur propre pays[2]. Ce
terrorisme avait poussé des millions d’africains à fuir leurs villes et
villages pour s’abriter dans des forêts où il les suit pour les massacrer.
Face à ces massacres incessants, des masses
africaines s’étaient organisées pour lui barrer la router. Mais, peine perdue.
De nouveaux massacres furent commis. Toutes les figures de la résistance contre
ce terrorisme avaient été présentées comme des terroristes (comme Mandela le
fut jusqu’en 2008) et tuées. A titre d’exemple, pour atteindre les plus dignes
résistants sur le sol du Cameroun, la France, championne en terrorisme
coloniale dressa des camps de concentration où elle parqua des populations[3].
Qui peut ignorer ce que l’Europe et ses
cousins germains occupant l’Amérique avaient fait et font encore en Asie et
surtout dans les pays arabo-musulams ? Que de guerres ! Que
d’agressions ! Que de pillages !
C’est ce terrorisme là qui a frappé la Libye
depuis le mois de février 2011. Ce terrorisme occidental a frappé et a détruit
l’un des rarissimes pays les plus prospères sur le continent africain. Il a
atteint son dirigeant Mouammar Kadhafi.
Mais le terrorisme occidental a des
partisans y compris au sein des peuples qui en sont les victimes.
Pourquoi ? Parce que les terroristes occidentaux recrutent sous le coup de
la propagande sous le manteau puant des mythes de « droits de
l’homme », de la « liberté » et de la « démocratie » et
font miroiter à leurs collaborateurs locaux des bribes de pouvoir. Au nom de ce
pouvoir colonial manifestement sans pouvoir, des hommes et des femmes s’allient
à la terreur et livrent leurs propres terres et les peuples dont ils sont issus
à la mort de masse, au pillage et à la misère chronique. Ils installent et
consolident la dépendance mortelle et le sous-développement dans des
territoires qu’ils gouvernent en leur qualité de satrapes. Comme la terreur
occidentale n’élève à l’honneur que celles et ceux qui lui sont soumis, ces
satrapes se font adouber par leurs gourous qui les accueillent dans leur palais
et leur rendent visite dans les satrapies.
Kadhafi est assassiné. Mais, le terrorisme
occidental n’a pas triomphé. Il a vaincu un résistant comme ce fut le cas avec
l’assassinat de Nasser, de Sylvanus Olympio, de Lumumba, de Biko, et plus loin
de Behanzin, de Samory et de tant d’autres résistants anonymes massivement
tués. Ce terrorisme n’a pas triomphé et ne triomphera jamais pour la simple et
bonne raison que la résistance qui lui est opposée ne se réduit pas à une
personne, aussi immense fut-elle. Elle est systémique et populaire. Si c’était
une question d’individus, l’assassinat des précurseurs comme Samory,
Behanzin…aurait découragé tant d’autres.
Au
final, n’est-il pas un acte héroïque de mourir en résistant que vivre à genou
devant des maîtres qui n’en sont pas ? Plutôt mourir et rejoindre Olympio,
Nasser, Nkrumah, Sékou Touré, Lumumba, Sankara, Nyerere, Biko, Malcolm, King...que
vivre sous la férule des terroristes comme Obama, Sarkozy et Cameron et leurs
chiens de chasse. Se faire capturer et livrer à une parodie de justice par ce
trio historiquement insignifiant aurait été le plus insoutenable des affronts
que Kadhafi aurait eu à subir. Mieux vaut rejoindre les ancêtres que vivre en
prisonnier et comparaître devant le tribunal de la terreur sous les oripeaux de
l’ONU, avec comme procureur la marionnette Moreno Ocampo accompagné des qatari
et quelques libyens ayant un appétit fou de représenter localement le pouvoir
colonial[4].
[3] Maurice Delauney, haut-commissaire au Cameroun, reconnait
l’édification de camp de concentration, avec cette citation terrible, (voir le
Canard Enchainé du 27/04/2011 « Une guerre Française cachée pendant 40 ans »
page 3) : « J’avais été prisonnier en Allemagne, je savais comment ça se
passait ! J’avais fait un camp à Bangou (Cameroun) avec des barbelés, des miradors
». Voir aussi, le film : Cameroun (Autopsie d'une indépendance) sur http://www.dailymotion.com/video/xf0o5a_cameroun-autopsie-d-une-independanc_webcam
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