mercredi 19 janvier 2011

Afrique : Bientôt le retour dans les fers.

A quelle échéance les Africains redeviendront-ils comme ceux-ci?


Komla KPOGLI
19 janvier 2011



A voir l'évolution de l'histoire du monde, il ne serait ni idiot ni inutile de se poser la question de savoir si, un jour plus ou moins lointain, les Africains ne risquent pas de se retrouver razziés, capturés, les pieds et mains mis dans les fers. La réponse est oui, ce risque existe. Il est bel et bien possible que l'esclavage nous retombe dessus. Ceci pour plusieurs raisons:


D'abord, n’a-t-on pas ôté les chaînes des mains et des pieds de notre peuple pour mieux les lui visser à la racine de la tête ? Des chaînes connues aux temps de l'esclavage, on est passé aux chaînes mentales et psychologiques. Notre peuple est si dangereusement abruti et aliéné qu'il n'arrive pas depuis ces temps-là à percevoir le monde au travers de son propre prisme. C'est donc en toute logique qu’en majorité les africains ne comprennent pas le monde, ni son fonctionnement et ses différentes institutions, véritables attrape-nigauds, mis en place pour les tondre avec leur propre consentement précautionneusement vicié en amont. Les soi-disant institutions internationales, l'aide internationale, les ONGs... sont toutes des instruments faisant partie de la boîte à outils occidentale construite pour ses besoins et non pour ceux des nations auxquelles elles semblent en apparence s’adresser. Or, malgré l’évidence, nombreux sont ces africains qui jugent nécessaire la sollicitation de ces funestes organismes. Dès que leurs représentants, à des fins propagandistes, annoncent de l'aide, des prêts, des dons de matériels ou tel ou tel soutien, des Africains vont jusqu'à applaudir et danser. C’est là qu’on voit que notre peuple, psychologiquement atteint, n'est pas à l'abri.

Ensuite, notre peuple croit que le monde a changé. La réalité factuelle montre qu'il a peut-être changé pour les autres qui ne cessent justement de perfectionner leurs aptitudes à conserver leur emprise sur d'autres peuples. Mais, combien sont-ils ces Africains à continuer de clamer que les temps ont radicalement changé et qu'il n'est plus possible par exemple pour les autres de retrouver la force de nous enchaîner à nouveau. Cette façon de penser confirme la vulnérabilité inquiétante de notre peuple qui, globalement, oublie qu’il faut surtout compter sur le renforcement de ses propres capacités et la confection de ses outils d'autodéfense, et s'en remet religieusement plutôt au bon sens et au sophisme philosophico-moral des autres. Cette assurance à toute épreuve en les autres ne peut qu'exposer à la catastrophe car nul ne maitrise totalement les intentions des gens du dehors. Surtout que, de par notre longue et douloureuse histoire, le peuple noir l'a déjà appris à ses dépens.

La probabilité de voir les Africains à nouveau dans les chaînes devient plus grande lorsqu'on se réfère à l'absence totale d'un leadership crédible et responsable en Afrique. Ce vide créé depuis la défiguration de la société africaine par les razzias négrières, est accentué par la nouvelle génération d'Africains incapables de travailler dans des groupes organisés et dirigés, contrairement aux leaders du combat des indépendances matinalement assassinés pour empêcher toute mise à disposition des Africains des richesses de leur terre. Ce manque de leadership empêche tout combat massif et efficace contre les différents maux dont nous souffrons. Il expose donc les Africains à tous les dangers car, privés de boussole.

Un autre élément qui fait peser sur les Africains le risque d'un retour dans les fers est la paresse intellectuelle. Celle-ci augmente le risque puisque lorsqu'on organise colloques, conférences ou écoles alternatives pour fournir des armes théoriques, idéologiques, matérielles voire spirituelles aux Africains dans un monde sans pitié, peu sont celles et ceux qui arrivent et se donnent les moyens pour atteindre leurs objectifs. En revanche, dès qu'il est question de célébration de fêtes, d'anniversaires, de mariages où il y a à manger, à boire, et à danser, les lieux sont pris d'assaut avec une ponctualité qui tranche avec ce qui est imbécilement appelé « l'horaire africain » à d'autres occasions.

Ce refus de tout effort de réflexion autonome et organisé consolide l'incapacité pour nombre d'Africains de revisiter l'histoire de leur continent aux fins de mieux la saisir pour pouvoir ensuite la réécrire. C'est donc en toute logique qu'on s'accroche à la version falsifiée de notre histoire écrite par les maîtres et vulgarisée par les canaux de l'école coloniale, de l'église et des médias.

Puis, il est tout à fait possible que les chaînes nous soient mises à nouveau bientôt, car notre peuple a été emmené à la conviction qu'il n'a ni adversaires et encore moins des ennemis. Cette assurance fait que ce peuple qui a les bornes de l'histoire totalement interverties aujourd'hui, persiste, malgré les épreuves de l'histoire, à accueillir tout le monde sans fixer de règles et sans aucune précaution, dans la droite ligne de nos ancêtres les pharaons finalement chassés de l'Egypte, ainsi selon la pensée du Roi Konboro au Mali du 12è siècle. Sous prétexte de la « teranga », l'Afrique n'a cessé d'accueillir et de nourrir ses propres bourreaux qui lui imposent ensuite langues, système de société et intérêts. Cette façon naïve de traiter avec les gens venus d’ailleurs dans un but précis, qui si facilement ensuite deviennent leurs maîtres, les africains se retrouvant soumis sur le propre terre, est suicidaire. On le voit bien aujourd'hui avec la Chine, qui, ayant bien compris que la proie africaine est abattue depuis le 15è siècle par l'Occident, l’infiltre avec une facilité déconcertante. La Chine s'installe non seulement pour faire des « affaires », mais aussi et surtout elle impose sa langue et sa culture en créant un peu partout des Instituts Confucius au Togo, au Kenya, au Cameroun et ailleurs, faisant diffuser des émissions de la radio-télévision chinoise sur les antennes locales en Afrique. Comme si BBC, RFI, Deutsche Welle, Voice of America, TV5, CNN, France24 et bien d'autres qui cernent les populations et leur administrent la propagande n'ont pas assez « drogués » les Africains.

Ces énormes faiblesses, si elles ne sont pas vite prises en main, conduiront à coup sûr les autres à remettre notre peuple dans les fers. Que ce soient avec les anciens maîtres ou les nouvelles puissances, la tendance montrent déjà où ces faiblesses vont entraîner l'Afrique. Déjà, les proto-Etats africains, construits et partagés entre les puissances du moment à Berlin en 1885, n'ont rien pu faire face aux mêmes prédateurs qui viennent de créer un sous-Etat au Sud-Soudan à la suite de ce qu'ils nomment un « référendum d'autodétermination » avec une claire intention de mettre la main sur le pétrole de ce foutu 54ème « Etat » africain.

La création ce pseudo Etat « chrétien » sud-soudanais en plein 21ème siècle, dans une indifférence absolue des Africains, est la preuve que le moment venu, nous serons avalés tout rond, tant l'écart semble gigantesque entre nos prédateurs et nous. Raison de plus pour que notre peuple comprenne enfin où ses faiblesses le drainent, alors même que n'importe qui peut venir en Afrique et imposer sa loi comme bon lui semble.

Aucun peuple ne tolère que son espace soit pénétré par les autres, sans qu'il ne maitrise la situation. Les Africains eux, n'ayant aucune prise sur leur espace, sont complètement contrôlés par des puissances externes qui, envahissant cet espace, deviennent ainsi les vrais maîtres de la situation.

Pour redresser la barre et éviter de sombrer totalement une fois encore dans les chaînes, une première entreprise s'avère nécessaire et urgente: prendre conscience que le risque pour les Africains de retourner aux fers existe. De là, il faudra qu'une majorité accède à une formation alternative en vue d'y recevoir une instruction thérapeutique autant individuelle que collective, afin de retrouver une conscience de peuple. Et enfin, le peuple africain devra faire face à ses problèmes de manière responsable et consciente, pour pouvoir ensuite les résoudre lui-même et rebâtir une Afrique sanctuarisée et capable de protéger efficacement et définitivement ses enfants. 

vendredi 7 janvier 2011

Expédition punitive à Témédja (Togo).

DECLARATION


Attenton: Des photos de l'expédition punitive à la fin du texte.

Des violences gratuites continuent d'être commises sur les populations au Togo. Le 1er janvier 2011, un militaire du camp de Témédja dans l'Ogou, dans une folie de vitesse a failli causer un accident de circulation qui aurait blessé ou tué un couple qui roulait lui aussi à moto sur la même voie. Le couple s'est plaint de l'attitude du militaire qui gare sa moto et intime l'ordre au couple de descendre. Le pilote fait descendre sa femme, puis descend à son tour. Il a fait comprendre au militaire motard qu'il roulait trop vite et qu'il a failli les cogner. Furieux, le militaire lui administre deux gifles. A la troisième gifle, l'agressé riposte et donne un coup de poing au militaire. Puis, éclate la bagarre à laquelle se mêlent deux autres militaires qui passaient. Deux riverains témoins de la scène ont secouru le couple qu'ils ont aidé à se battre contre les trois militaires.

Rentrés au camp, les trois militaires ont fait arrêter les trois hommes contre qui ils s'étaient battus. Les trois hommes ont été conduits au camp de Témédja où ils ont été battus, torturés puis libérés après 24 heures de garde à vue.

Le 04 janvier, aux environs de 20h 30 minutes, pendant que tout le monde pensait que l'affaire était close, des dizaines d'hommes en treillis et d'autres cagoulés firent une descente punitive sur la petite ville de Témédja notamment dans deux quartiers: Akossi Komé et Owui Komé. Depuis les environs du marché de Témédja, ils ont frappé enfants, femmes (enceintes: voir photos), hommes, jeunes et personnes âgées. Arrivés dans les deux quartiers, ils ont frappé à coup de crosses, de poings, de gourdins, de rangers tout ce qui bougeait. Ils fracassaient des portes pour tabasser tout ceux et celles qui essayaient de se cacher. Après avoir terrorisé tout le monde et blessé des dizaines de personnes, les militaires étaient repartis tranquillement au camp tout ragaillardis de leur oeuvre terroriste.

La Jeunesse Unie pour la Démocratie en Afrique (J.U.D.A) condamne avec vigueur cette expédition punitive qui est manifestement une voie de fait. Elle dénonce cette pratique des militaires et des forces dites de sécurité au Togo qui, loin d'être isolée et une nouveauté, s'inscrit dans une longue tradition de terreur dont ils le secret et de l'impunité et de la promotion dont ils bénéficient lorsqu'ils commettent des actes de cette nature.

Pour la J.U.D.A cet acte criminel et éminemment sauvage est la résultante du système d’impunité qui protège les crimes et autres violations des droits et libertés du peuple africain du Togo confronté depuis 40ans à une implacable et effroyable dictature, rajeunie à la suite de consultations électorales meurtrières et truquées en 2005 et 2010.

La J.U.D.A affirme haut et fort son indignation et appelle les consciences à ne pas s’accommoder de cet énième acte terroriste qui confirme ce territoire et ses institutions dans une tradition primitive et caverneuse où les corps habillés sont de véritables chasseurs d’hommes.

Elle appelle tous les défenseurs des droits et libertés à se joindre à elle pour exiger une enquête indépendante et sans délai afin que l'état réel des dégâts humains et matériels soient connus, que les victimes soient prises en charge et dédommagées et que les auteurs de cette expédition punitive gratuite soient identifiés et punis, y compris la hiérarchie du camp de Témédja qui l'a évidemment cautionnée.

Enfin, la J.U.D.A appelle tous les citoyens épris de liberté et soucieux du devenir de notre peuple au Togo à la mobilisation, à l'organisation puis à des actions à même de le libérer de ce régime tyrannique et colonialiste qui ne cesse de l'humilier et de bloquer son génie créateur depuis 40 ans. Car, sans la fin de ce gouvernement monarchique, illégitime et mafieux, les comportements criminels vont toujours prospérer.

07 janvier 2011

Pour la J.U.D.A
Le Secrétaire Général
Komla KPOGLI


Quelques photos de l'expédition punitive à Témédja le 04 janvier 2011

















samedi 1 janvier 2011

Que 2011 marque la fin de la cruauté en terre africaine.

Le 30 décembre 2010.
Le Secrétaire Général,
Komla KPOGLI

A cette fin d’année 2010 qui annonce l’an 2011, la Jeunesse Unie pour la Démocratie en Afrique (J.U.D.A) remercie toutes celles et tous ceux qui, de près ou de loin, ont bien voulu l’accompagner dans ses actions pour les objectifs communs de liberté, de démocratie et de paix fondée sur la dignité humaine.

L’année 2010 aura été une année pénible pour le peuple africain. Dans certains Etats, des rebellions, pilotées par des "mains blanches", ont germé ou celles déjà existantes, se sont consolidées avec l'appui de leurs mentors. Dans d’autres, ce sont des élections contre la démocratie savamment réalisées par les forces néocoloniales, qui ont été organisées.

Cette année finissante aura été aussi celle de l’apogée honteuse de l’immigration dite clandestine et de la fuite du continent d'une frange importante de la jeunesse, attestant l’incapacité notoire et dévastatrice des guignols dits dirigeants africains à poser les bases d’une société garantissant la justice sociale et les libertés démocratiques.

Ces rebellions savamment organisées et ces élections contre la démocratie drainent un cortège de comportements inhumains dont la jeunesse est la première victime : violations graves et massives des droits humains et libertés fondamentales, piétinement des faibles populations, blocage social, implications directes des Etats étrangers et tout processus de développement endogène relégué au second plan.

A l’orée de cette année nouvelle, la J.U.D.A se plie à la tradition pour présenter à la jeunesse patriotique africaine, ses vœux de santé, de persévérance, de courage et de solidarité. Elle souhaite que 2011 soit une année d’une meilleure organisation de nous tous pour des combats en perspective.

La J.U.D.A souhaite que l’année 2011 soit une année d'une meilleure structuration de la résistance en vue de la concrétisation de notre désir commun de bâtir une unité africaine des peuples et non des "chefs d’Etat" au mandat douteux voire usurpé.

Que l’année 2011 soit pour la jeunesse africaine une année de solidarité agissante dans les efforts de lutte pour la démocratie. Qu’elle apporte à chaque digne fille et fils d’Afrique de la force et du courage pour lutter contre les préfets locaux qui peuplent nos palais présidentiels et qui versent le sang des peuples privés de liberté, de justice, de nourriture, d'eau, de connaissances libératrices, de progès et de paix véritable.

La J.U.D.A réitère le vœux ardent que l’idée du Front Africain contre le Néocolonialisme (FAN) proposée dans sa déclaration datée du 15 février 2005 au moment où les puissances néocoloniales notamment la France s’évertuait à monarchiser le Togo- ce qui aujourd’hui est pleinement réalisé- se concrétise afin que nos luttes contre le néocolonialisme soient plus efficaces. Car, faut-il le dire, aucune jeunesse de quelque pays qu’elle soit, ne s’en sortira jamais seule.

Que 2011 marque la fin de la cruauté en terre africaine, la fin des embarcations de fortune sur la Méditerranée, la fin du pillage et du bradage des richesses de l’Afrique grâce à la mobilisation populaire.

Que cette année offre au peuple Africain - ce peuple constamment humilié, appauvri et soumis à plusieurs brimades et privations- plus de possibilités de théorisation, d'organisation et du courage dans ses efforts de libération.

Que l’année 2011 soit une année de grandes victoires pour le peuple Noir tout entier au devant duquel doit se trouver à jamais une jeunesse résolument engagée, unie et debout contre la dictature d’où qu’elle vienne.

Bonne et heureuse année à toutes et à tous.

Résistance, prospérité et réussite à la jeunesse patriotique africaine.

jeudi 4 novembre 2010

Quelle honte pour l'Afrique!

Cette vidéo est vraiment humiliante et choquante. Elle nous met totalement hors de nous-mêmes à la Jeunesse Unie. Le traitement qui est fait à ces hommes et femmes dans notre pays du Kamerun (et ailleurs en Afrique, car cette réalité n'est pas spécifiquement Kamerunaise) est d'une incroyable bêtise. Prétendre que c'est la sorcellerie de ces personnes qui crée l'échec scolaire, le non-emploi et bien d'autres plaies est une double bêtise. Cette façon de penser fait non seulement des dégâts à savoir la destruction des ressources humaines notamment ces personnes âgées, dépositaires de la mémoire, à titre gratuit, mais aussi et surtout elle révèle l'incapacité paralysante d'une partie de la jeunesse africaine à cerner les vraies causes de la misère chronique instituée en Afrique depuis la déconstruction opérée par les razzias négrières transatlantiques.  

Au lieu de se livrer à ce type d'attitudes précambriennes, cette jeunesse a meilleur temps de réfléchir et de  recourir à une formation alternative qui lui ouvre les yeux. Comment peut-on accuser des personnes de cet acabit d'être à la source du blocage alors que Mvondo Paul Biya et sa clique, dans un antipatriotisme absolu, pillent le pays, le bloquent et permettent aux pays étrangers dont la France de continuer l'oeuvre coloniale de démolition de notre société? Avec des guignols et des Oncle Tom tropicaux dont le pouvoir garantit intégralement les intérêts étrangers en Afrique, comment voulons-nous avoir la réussite sociale? Ces Oncle Tom qui maintiennent le Franc CFA, les accords de défense, les accords et les codes miniers coloniaux, les cultures agricoles d'exportation, l'aide empoisonnée, la dette odieuse? Ces Oncle Tom qui réalisent des  fraudes électorales avec l'appui de l'UE, de la Chine, du FMI et de la Banque mondiale? Eux qui entretiennent des armées de tueurs aux frais des populations violentées quotidiennement, eux qui surfent sur l'ethnisme créé de toutes pièces par une histoire africaine totalement réécrite? Avec eux, peut-on espérer autre chose?! Comment voulons-nous réaliser des progrès individuels et collectifs avec l'école coloniale qui n'a pas vocation à nous former pour notre libération puis pour notre développement? Bref, comment voulons-nous vivre librement dans des enclos dits pays africains?




Après avoir visionné cette vidéo, nous sommes brûlés par la colère et nous sommes confortés dans l'idée qu'une société (a fortiori poussée à agir ainsi) qui détruit ses propres membres, ses propres créations est une société vouée à la disparition. En continuant ce type de comportements encouragés d'ailleurs par un certain évangélisme et les satrapes au pouvoir effaçant ainsi leurs responsabiltés, les moyens d'autodestruction acquis depuis des siècles, produisent des résultats incommensurables et conduisent l'Afrique vers l'accident final. Il est temps d'arrêter ça! Et de trouver les vraies sources de notre malheur et les combattre effectivement. Car, pour jouir de la liberté, il faut d'abord se libérer. Pour jouir des ressources de son territoire, il faut d'abord le libérer de l'occupation coloniale. Voilà les défis! Mais pour les relever, il nous faut de la formation. Pas celle de l'école coloniale.


Komla KPOGLI

jeudi 21 octobre 2010

La Francophonie contre le Peuple Africain.


Comment les langues et les cultures africaines sont asphyxiées.

20 octobre 2010
Rodrigue KPOGLI
Secrétaire Général de la Jeunesse Unie pour la Démocratie en Afrique

La Suisse accueille du 20 au 24 octobre 2010 le XIIIème sommet de la sulfureuse Francophonie, organisation néo-coloniale tenue d’une main de fer par la France et certains de ses amis notamment le Canada, une partie de la Belgique et une partie de la Suisse. 


Malgré un climat de crise chronique qu'ils ont installé en Afrique, cette rencontre, à laquelle d’ailleurs les valets africains participent comme toujours, confirme que la clientèle africaine, quelle que soit la situation du marché, reste fidèle aux galéjades francophones. La présence d’immenses délégations africaines à ce sommet démontre à merveille que les vassaux africains se foutent royalement de ce dont l’Afrique a besoin, surtout en ces temps de grands dangers où la logique aurait voulu la rupture avec les différents instruments de domination au service des pays occidentaux. Que dire encore de la présence du gouvernement du Ghana, pays d’héritage colonial anglophone, qui se présente aussi parmi les canailles francophones africaines ! Sinon, que la faune s’étend bien!

Tout ceci se passe dans une ambiance d'immense satisfaction d'Abdou Diouf, grand serviteur des maîtres. Secrétaire général de la Francophonie, l'ex-président du Sénégal sait parfaitement que tous ces clients africains sont des voleurs de suffrages démocratiques et des assassins. Il a également conscience que lui-même, à l’époque de sa présidence au Sénégal, avait fait partie de cette bande de guignols assoiffés de sang et de gadgets. Cette bande, toujours prompt à servir plus le maître que ses sujets. On aurait espéré qu'avec l'âge et la retraite, Diouf ait du recul et cesse de combler les maîtres au détriment des Africains. Hélas!

Voilà que des «nègres», incapables de promouvoir leurs propres langues et leur propre culture - qu’ils ne connaissent d’ailleurs même pas – font la queue et se bousculent pour porter la langue et la culture de leurs maîtres. Ces jongleurs maléfiques, véritables instruments alternatifs de colonisation directe, trépignent de joie dans leur participation à la dévastation de la société africaine. L’œuvre coloniale est ainsi gaillardement assurée.

Sarkozy le «roi des français», ne se donne pas toute cette peine pour promouvoir la langue et la culture françaises. Les «nègres» se chargent de cette tâche promotionnelle. Aussi le font-ils avec diligence et efficacité. Les chiens étant toujours prompts à prendre des initiatives de chasse pour ramener les proies à leur maître. C'est à ce prix, entre autres, qu'ils sont conservés au pouvoir contre la volonté populaire en Afrique.

On peut virevolter dans tous les sens, on peut inventer les thèmes les plus actuels lors de ces sinistres carnavals, et surtout on peut engager des milliards d’euros pour polir l’image de la Francophonie. On peut utiliser des tonnes de savon pour laver cette machine, son odeur nauséabonde reste et demeurera dans la conscience africaine, car elle ne fait que soutenir via ses missions d’observateurs électorales, les mascarades électorales en Afrique et les massacres qui s’en suivent. La Suisse, en accueillant ses tyrans qui d'ailleurs pour la plupart y disposent de comptes bancaires secrets et bien garnis, se moque royalement des Africains. En déroulant le tapis rouge à ces voleurs patentés, la Suisse ne peut pas ne pas savoir qu'elle fait partie du complot. Car, la Francophonie n'a jamais été au côté des peuples. En tous les cas, pas en Afrique.

Culturellement, la francophonie étouffe et tue les langues négro-africaines au quotidien. Dans les pays africains, il est interdit de parler sa langue maternelle à l’école, et le délit est sévèrement sanctionné. Dès la première année de ce qui est appelé école, l'enfant africain doit rompre avec sa langue maternelle. Il est ainsi, avec une violence inouïe, largué dans un univers tout à fait étranger qu'il doit assimiler au plus vite s'il veut poursuivre sa scolarité. Laquelle scolarité est en réalité un tuyau vers la déprogrammation mentale puis la soumission. Il doit rompre avec son histoire. Il doit haïr les langues africaines qu'il est appelé à enterré. En substitution, on lui fournit un package linguistique avec lequel il doit désormais fonctionner. Quel pays africain n’a pas connu ce qu’on appelle le SIGNAL: ces objets qu’un élève doit s’attacher au cou en guise d'humiliation s’il commet le crime de parler sa langue maternelle. Qui a oublié les raclées et les fessées pour avoir osé parler sa langue maternelle?

La Francophonie a tué la littérature africaine. Les auteurs africains sont quasiment absents du marché littéraire européen francophone. A l’inverse, les livres français pullulent en Afrique.

Les médias français, notamment RFI et TV5, sont largement diffusés en Afrique pour assurer le Service Après Vente. Ainsi, ces médias inondent l’Afrique d’idées et d’images destinées à écraser la culture africaine et à la dénigrer. De ce fait, pour s’informer sur l’Afrique, des millions d’africains sont obligés d’écouter Radio France Internationale et de se référer à des agences comme l’Agence France Presse, l'ATS et autres. Ce sont les seuls canaux disponibles. Mieux, ce sont les seuls qu’on crédite. C’est ainsi que, dans une logique purement idéologique, les informations sont «traitées et masterisées» avant d’être retransmises aux Africains, qui, dans une large proportion, ne savent pas encore qu’ils consomment gloutonnement des produits hautement toxiques.

Tel un cancer qu’on ne peut combattre, la francophonie se propage et atteint la jeunesse africaine de plein fouet, à travers des associations et des organisations dites de la société civile. Le comble, c’est que ce sont ces jeunes qui assurent la pérennité de ce qu’on peut appeler le bras politico-culturel de cette para-ONU Françafricaine, en acceptant des miettes de financements en échange de la promotion de la «démocratie, du dialogue et du développement», concepts nébuleux dont se sert la machine francophone pour brouiller les esprits. Elle réussit même à noyauter la jeunesse africaine en instituant les Conseils nationaux de jeunesse (CNJ) comme seul interlocuteur de la jeunesse auprès des dictateurs africains. Ces CNJ sont les seuls regroupements que la Francophonie promulgue comme unique organisation de la jeunesse africaine. L’objectif de ces CNJ est en réalité double. Il s'agit d'abord de fondre tous les mouvements de jeunesse dans un creuset en vue de casser une contestation juvénile sans cesse croissante en Afrique aujourd’hui. Ensuite, il s'agit de contrôler la jeunesse africaine et la mouliner afin qu'elle soit aliénée à la Francophonie et à ses représentants locaux.

Pendant que les pions-gouvernants africains promeuvent activement les langues d’autrui, les langues africaines, elles - décrétées vernaculaires, ou patois, ou encore dialectes - ne sont en aucun cas reconnues dans les pays occidentaux, membres de la francophonie. On s’indigne lorsque les Africains parlent leurs langues dans les rues des pays occidentaux. La presse ne manque d’ailleurs pas de relayer la frustration des populations locales qui se font casser les tympans avec les «langues de singes» qui les inondent. La francophonie est-elle active contre ce genre de choses? Non! Etrange « voix de la diversité » donc!

Quant aux satrapes africains, ils n'ont jamais pensé à une langue africaine qui doit porter l’unité africaine qu’ils prétendent construire. Quand on les voit si actifs dans le soutien du français ou de l’anglais, on ne peut s’empêcher de leur demander à quand un sommet sur le swahili ou le bambara!! Ils n’y penseront jamais, ces cancres démagogues qui adorent pourtant les sommets et les réunions spectacles où ils se livrent à de véritables défilés de modes. A quand un sommet africain avec pour invités les dirigeants occidentaux pour la promotion des langues africaines dans le monde? Et dire que la colonisation a pris fin?!

Consciente d’ailleurs des puanteurs de la Francophonie, la communication-propagande multiplie les gros mots. Lors ce XIIIè sommet en Suisse, on lie la promotion de la langue française à la gouvernance et la démocratie, à la solidarité ainsi qu’à la sécurité alimentaire et du climat. Ça fait neuf et propre, l’environnement et du développement durable, n’est-ce pas?

Mais la réalité est loin de toute cette propagande. Il y a les maîtres (France, Belgique, Canada, Suisse) et leurs aficionados d'un côté et les Africains soi-disant francophones de l'autre. Peu importe le temps que cela prendra. La maison francophone est appelée à disparaître pour une véritable renaissance de l’Afrique, aujourd’hui encore engluée dans les marécages du néocolonialisme, infestés de caïmans et de tyrannosaures. Mais en attendant ces temps-là, commençons à conscientiser, à nous mobiliser, à nous organiser et à révéler aux yeux de nos populations la vraie nature vampirique de cette machine qu’est la francophonie. 

samedi 16 octobre 2010

"Je ne sais pas si les nègres ont toujours ...travaillé." Guerlain

Rodrigue Kpogli
15 octobre 2010

Voici une video qui parle d'elle-même. Il s'agit de Jean-Paul Guerlain, parfumeur et 34 ème fortune française qui disait avoir "travaillé comme un nègre" pour pouvoir créer un parfum, "Samsara" en 1983. Puis, avec calme et suffisance, le milliardaire ajoutait ne pas savoir si les nègres ont toujours tellement travaillé. 



La Journaliste Elise Lucet qui l'interviewait n'a pas jugé utile d'émettre un commentaire sur ces propos racistes et injurieux à l'égard de tout un peuple, le peuple noir. Ce peuple esclavagisé, colonisé, humilié, brimé et soumis à des travaux les plus pénibles des siècles durant en Europe, en Amérique, dans les Îles et dans les colonies. Ces corvées ont été gratuites. Les Noirs n'ont rien reçu en échange. Ceux qui tentaient de refuser avaient été tout simplement massacrés. L'énergie africaine -la main d'oeuvre nègre- a construit la France, la France de Guerlain.




Chose curieuse, en 2002, l'Inspection du Travail de Mayotte avait épinglé M. Guerlain d'exploiter des clandestins "nègres" dans sa plantation d'ylang-ylang. Exploitation de nègres qu'il avait d'ailleurs banalisé, ainsi que le montre la vidéo de France 3 (ci-dessus). Alors, cher Guerlain, les nègres n'ont jamais travaillé?! A ce jour les nègres continuent d'ailleurs de travailler pour la France et gratuitement toujours. C'est le cas notamment des tyrans africains mis au pouvoir par la France, soutenus par elle contre les populations qui tirent le diable par la queue. C'est le cas aussi de ces nègres qui pleurent pour être sélectionnés en équipe de France de football ou d'autres sports où ils adorent mouiller le maillot tricolore alors même qu'ils sont insultés et méprisés par ceux qui voient en l'occupation de la France par "l'esprit des cités" au détriment de l'esprit de la Cité. 

L'attitude de Jean-Paul Guerlain et le silence d'Elise Lucet ne sont en rien une nouveauté. Le président des Français Nicolas Sarkozy n'était-il pas allé au Sénégal en 2007, injurier toute l'Afrique devant une partie de sa jeunesse  restée là à écouter le petit-maître Sarkozy et à l'applaudir du début jusqu'à la fin de son "Je suis venu vous dire".  Chirac, n'avait-il pas évoqué l'odeur des Africains qui au lieu de travailler font du bruit toute la journée? Brice Hortefeux, actuel ministre de Sakozy à la sécurité, condamné pour injure raciale est toujours au gouvernement. Que dire des Nadine Morano, Eric Raoult, Eric Zemmour, Finkielkrault et de bien d'autres anonymes qui ne pensent pas moins que les Noirs sont des bêtes sauvages. Finalement, ces individus s'inscrivent dans une longue tradition française (Européenne) qui, depuis le 17è siècle, considère scientifiquement les Noirs comme plus proches du singe qu'autre chose.

Cette tradition ne cessera pas. Puisqu'il y a toujours des témoins de bonne moralité qui volent quasi-instantanément au secours des auteurs de propos racistes anti-noirs. Pascal Sevran qui affirmait que la famine en Afrique est créée par la "bite des Noirs" n'a-t-il pas eu tous les secours? Que dire de Sarkozy, de Hortefeux...? Que de témoins de bonne moralité à leur secours! Aurait-on la même réaction si ces gens s'en prenaient à d'autres communautés? Aurait-on la même réaction si ce type de propos portait sur les Juifs par exemple? Poser la question c'est trouver la réponse.

Il serait désormais temps que les Noirs comprennent leur situation et le regard qui est porté sur eux dans les sociétés occidentales. Ce n'est qu'à ce prix qu'ils pourront s'unir et se solidariser pour agir. Agir pour reconstruire l'Afrique et résoudre leurs problèmes par leurs propres moyens dans la dignité et dans un patriotisme qui barrera la route, à tout jamais, à cette maladie qu'ils ont à travailler pour les autres gratuitement. Une Afrique libérée, reconstruite, autonome et capable de protéger ses enfants, voilà le remède contre le racisme anti-noir. Les lois et les indignations en France ou ailleurs n'y changeront rien.

dimanche 12 septembre 2010

Conférence sur les 50 prochaines années en Afrique.

R. Komla KPOGLI présentant sa communication
Le samedi 11 septembre 2010, la Jeunesse Unie pour la Démocratie en Afrique (J.U.D.A) a organisé une conférence publique. Après le bilan des 50 dernières années en Afrique, l'objectif est de tracer les sillons pour un autre avenir. Les défis à relever sont immenses. Mais, rien n’est impossible pour une société qui a compris ses problèmes et cherche les outils les plus adéquats pour les affronter.

Thème : Que devons-nous faire afin que les 50 prochaines années soient différentes des précédentes ?

Exposé de Rodrigue KPOGLI
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Le Débat avec le public
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dimanche 5 septembre 2010

Komla KPOGLI: "La France est un grave danger pour les Africains".


Lynx.info : On manifeste toujours depuis la réélection de Faure Gnassingbé au Togo. Dans vos articles, vous semblez dire que ce n’est pas la bonne formule. C’est ça ?

R. Komla KPOGLI  SG de la J.U.D.A
Komla KPOGLI: Tout d'abord, personne n'a élu ni réélu Faure Gnassingbe au Togo. Il a été imposé aux Africains du Togo depuis le décès de son feu père en février 2005. A partir de là, notre peuple a tous les droits de refuser cet ordre injuste, illégitime et violent installé par la France et appuyé par certains autres pays dont la Chine. Compte tenu des conditions dans lesquelles la dernière présidentielle a été organisée, tout politique devrait s'attendre aux résultats que nous avons. Seulement, le problème est que rien n'a été théorisé. Rien n'a été organisé. Personne n'a été formé pour que ces manifestations soient une réussite. Pire, les partis qui chapeautent les manifestations se sont pliés aux injonctions du système qu'ils veulent combattre. Le système leur a interdit de manifester en semaine et ils obéissent à cela avec l'illusion que cela le fera tomber. Ils n'organisent donc des manifestations que les samedis suivant un itinéraire imposé à eux. Les centres du pouvoir sont laissés libres à leurs illégitimes occupants pendant que le mouvement populaire est orienté vers la plage à Lomé. Tout le reste du territoire est resté entre les mains du système qui l'a verrouillé. De surcroit, on avait dit réclamer la victoire volée et on organise un congrès de l'UFC à l'issue duquel on envoie les résolutions au ministre de l'intérieur du gouvernement qu'on rejette. Il y a quelque chose d'incohérent en tout ceci, non? Nous disons que notre lutte est suffisamment grave pour être guidée par ces incohérences et ces improvisations. Ces manifestations sont mal conçues, mal dirigées, mal orientées et donc elles ne peuvent qu'échouer.

Nous disons simplement et sans prétention que si nous voulons nous en sortir, il nous faut une étude approfondie de l'adversaire, de ses stratégies, ses alliés, ses forces et ses faiblesses et en conséquence élaborer notre stratégie de lutte, former les nôtres, les préparer et les orienter vers des actions les plus efficaces possibles.

Lynx.info : Vous voyez une main française suite à l’échec de la table ronde de Paris sous François Boko. Vous avez des arguments ?

Il ne s'agit pas d'échec. La chose est simple. La France a voulu protéger Faure Gnassingbe en lui évitant de faire recours une nouvelle fois au bain de sang comme en 2005. Si 2005 se reproduisait, il serait vraiment difficile à la France de saluer et de faire admettre « la victoire » de son poulain. Donc, elle va mettre une stratégie de casse de l'opposition en place. Pour atteindre cet objectif, on va utiliser certains togolais qui sans doute étaient de bonne foi. Ceux-ci croyaient qu'ils étaient en train de rallier les autorités françaises à la cause togolaise s'ils aidaient à empêcher la candidature de Gilchrist Olympio. Seulement, ils connaissaient très mal la françafrique et ses pratiques. On les a utilisés pour le vrai rôle qui leur était dévolu à l'insu de leur propre gré.

Lynx.info : Kofi Yamgnane parle de diplomatie offensive au niveau des institutions européennes. Vous semblez manifester à la J.U.D.A une méfiance vis à vis de la France officielle c’est ça ?

La France est un grave danger pour les Africains. Depuis des siècles, la France arme les tyrans pour immobiliser les Noirs. Lorsque la France ne veut pas directement les massacrer, elle délègue son autorité aux Oncles Tom tropicaux. Elle institue des dynasties un peu partout pour humilier notre peuple. Donc, ce pays, nous ne devons pas seulement avoir une méfiance à son égard. Nous devons le combattre, car c'est lui qui se cache derrière tous ces Oncles Tom et qui renverse ou assassine tous les patriotes africains. Mais pour le combattre, nous devons savoir de quoi il est capable, ce qu'il a fait dans ses territoires africains hier, ce qu'il y fait actuellement et ce qu'il y pourra faire demain. Nous devons tirer toutes les leçons de l'histoire pour ne pas commettre certaines des erreurs qui ont coûté la vie à beaucoup de nos leaders anticolonialistes. Sans cette étude méticuleuse qui va conditionner notre méthode de lutte, on est vaincu d'avance.

Pour ce qui est de M. Yamgnane, chacun aborde le monde tel qu'il le voie. Simplement, il faut que les Noirs enfoncent bien dans leur crâne que les Européens ne vont pas les aider à reprendre possession de leurs terres et de leur dignité volées depuis le 15è siècle. Les Noirs n'ont pas d'alliés dans le monde. Surtout pas les Européens. Toute notre histoire est là pour nous le démontrer. Si ceux qui prétendent vouloir diriger autrement l'Afrique demain ne l'ont pas encore compris, cela veut dire qu'on est loin du bout du tunnel. Il faut travailler avec notre peuple qui est le seul acteur à devoir changer le cours de son histoire. C'est pénible et très souvent ingrat comme activité au sein d'un peuple à qui on a présenté les choses dans l'ordre inverse, mais c'est l'unique voie. Il faut former notre peuple, l'organiser et tisser des liens entre lui et les autres Africains dans d'autres territoires afin de globaliser le combat.

Du reste, aurions-nous compris un peu le monde que nous orienterions ce qui est appelé diplomatie vers les peuples latino-américains. Parce que c'est là que les peuples se battent contre les mêmes phénomènes que rencontrent les Africains chez eux. Mais hélas, beaucoup d'Africains continuent par marcher à la lumière étourdissante de la bible, de Rousseau et de Montesquieu. Beaucoup de Noirs sont malheureux dès qu'ils ne s'illusionnent pas de l'amitié et de l'appui de l'Europe et de ses citoyens. Tant que cette attitude va perdurer, adieu le salut.

Lynx.info : Gilchrist Olympio a repris la direction de L’UFC et fait un contrat de société avec le RPT. Olympio peut réussir là où Blaise compaoré a échoué ?

La mission de Blaise Compaoré n'était pas de secourir le peuple africain du Togo. Bien au contraire, il avait mandat de l'enfoncer davantage au profit de son « jeune frère  et ami » qui lui avait offert deux hélicoptères et de l'argent pour sa campagne en novembre 2005. Et il l'a bien fait.

M. Olympio ne va nulle part. Si à plusieurs on est incapable de chasser le buffle, ce n'est pas en se mettant seul qu'on y arrivera. Pour tout vous dire, l'attitude de M. Olympio est politiquement nuisible. Car c'est une décision lourde de conséquence que de prétendre avoir négocié avec le RPT dans un contexte où l'instrument politique de M. Olympio était en proie à une division dont les ingrédients viennent justement du RPT et de la France. La démarche de M. Olympio aurait pu recevoir une adhésion populaire s'il n'agissait pas lui-même sous influence. Ce n'est pas un choix libre qu'il a fait. La France et le RPT ont poussé à l'implosion à l'UFC. Ils y ont créé deux fronts. Le centre du combat est, à partir de ce moment, déplacé et le conflit est transporté sur un terrain qui aurait dû être le camp d'entrainement commun. Au lieu de se rendre compte qu'il s'agissait d'un piège, qu'ils doivent tout faire pour ne pas se laisser prendre et sauvegarder l'unité de leur parti, les deux camps ont mordu.

C'est là qu'apparaît le déficit de formation des ressources humaines. Si on avait des analystes clairvoyants au sein de ce parti, ils auraient pu se rendre compte que cette division est factice. Q'elle est un montage et qu'il fallait la démonter tout de suite pour garder l'oeil ouvert sur la cible. La Françafrique a réussi un coup magistral. Les architectes de ce piège doivent se frotter les mains actuellement car, ils ont réussi à emprunter deux voies parallèles pour aboutir au même résultat et à avoir deux gros lots avec un bonus: Olympio qui est allé se mutiler tout seul – que du bonheur dans certains milieux, Faure Gnassingbe en paix – le conflit se faisant plus ailleurs -, Fabre qui doit s'occuper plus de la querelle interne à l'UFC que du vol du suffrage populaire par Faure Gnassingbe.

Lynx.info : Mais Gilchrist est toujours entrain de partir. Son âge, sa santé et sa nouvelle équipe sont des atouts de réussite pour lui ?

Non, dans les circonstances actuelles rien de tout ceci n'est le gage de quoi que ce soit. Ce qui se passe c'est que Gilchrist Olympio agit exactement comme le scenario l'a prévu. On lui fait jouer un rôle qu'il pouvait et devrait refuser d'accomplir. Encore qu'il en ait conscience dès le départ. Et c'est là qu'est tout le problème.

Lynx.info : Faites-vous confiance en la Commission Vérité Réconciliation de Monseigneur Barrigah à la J.U.D.A ?

Il n'y aura pas de réconciliation sous le régime actuel. Cette commission est un gadget. Mieux, c'est un cache-misère. Mais, souvent des hommes d'église aiment mettre de la soutane bien blanche sur des dessous sales. C'est au nez et à la barbe de M. Barrigah que des citoyens sont arrêtés, tabassés, emprisonnés sans la moindre accusation, brimés et spoliés. C'est en sa compagnie qu'on chante la réconciliation d'un côté et de l'autre on agit dans le sens contraire. Que dit cette commission? Rien! Elle ruse et ferme les yeux, la bouche et les oreilles comme ce singe trois fois idiot qui espérant vivre heureux refuse de voir, d'entendre et de s'exprimer. A vrai dire, elle est dans son rôle. Celui d'être là pour la décoration, car il faut bien qu'une tyrannie ait des décorations à vendre.

Lynx.info : Des députés sont frappés, les journalistes inquiétés mais l’homme de Dieu semble ne rien voir. Comment vous l’expliquez ?

Il n'y a pas des hommes de Dieu d'un côté, et des hommes du diable de l'autre. Nous sommes tous des humains avec nos intérêts, nos amitiés, nos peurs, nos égos, nos croyances et nos convictions. Chacun choisit de privilégier ce qu'il veut. Si la soutane que porte M. Barrigah suffit à le prendre pour un homme plus proche du Dieu d'Israël que des humains, alors ses compatriotes africains du Togo doivent comprendre son mutisme. Généralement, un prélat ne s'occupe pas des choses de ce monde. Il est formé au séminaire pour encourager les malheureux d'ici à accepter leurs conditions pour espérer aller au paradis. Vous voyez bien que les temps n'ont pas changé. Déjà à l'époque des razzias négrières et de la colonisation, les hommes dits de Dieu avaient pour mission d'évangéliser les Noirs, de leur apprendre à se laisser dépouiller sous prétexte qu'il sera difficile aux riches d'aller au paradis, leur apprendre l'obéissance au maître et leur expliquer qu'ils ne sortiront de la malédiction de Cham que par la porte de l'enfer de l'esclavage.

Lynx.info : Le pouvoir de Faure donne des airs de confiance. Comment vous l’expliquez ?

Quand on est au dos d'un tuteur puissant nommé la France, on peut tout se permettre face à un peuple dérouté et désarmé. La réalité est que Faure Gnassingbe et sa clique sont de seconds couteaux que la France utilise pour nous lacérer la peau. C'est la France qui commande dans les territoires appelés pays africains. La suffisance que démontre Faure Gnassingbe est l'expression de la présence française. Nous devons en tenir compte et nous donner tous les moyens les plus efficaces possibles pour la combattre. Néanmoins, beaucoup pensent souvent que ce déploiement de force est un signe de panique et donc de faiblesses de la part des tyrans africains. C'est une grossière erreur de jugement qui nous conduit souvent à accumuler des fautes, à nous forger des prétentions. Il nous faut une vraie analyse de la situation et de l'état réel des lieux des forces en présence. Car, ce n'est pas en étant droit dans nos bottes de rêveurs que nous faisons peur à ce système colonial.

Lynx.info : Pour beaucoup de Togolais vous faites des analyses qui ont été déjà expérimentées avec des résultats cuisants d’échec. Succinctement que proposez-vous pour la sortie de la crise politique togolaise ?

Il faut bien comprendre la nature de la crise qui est la nôtre puisque tout le monde dit crise, crise. Notre crise vient de ce que la lutte pour les indépendances africaines n'a pas abouti. Tous les meneurs ont été assassinés ou chassés et remplacés par des pions. Notre peuple a été court-circuité. Nous sommes donc en train de continuer le combat contre un système colonial. Ce qui veut dire que tout notre territoire et ses biens sont restés entre les mains de puissances étrangères qui ne lâchent pas prise. Leurs principales tactiques consistent à faire recours aussi bien à la force brute qu'à la ruse. C'est cela notre crise.

Face à cette donne, nous disons qu'il faut marcher sur deux pieds au moins. Concrètement, ce que nous avions proposé c'est que toute « l'opposition » togolaise après concertation et analyse approfondie de la situation post-électorale de mars 2010, décide dans un élan collectif d'aller dans un gouvernement pour prendre ce qu'il y a à prendre pour notre peuple et élargir son horizon. C'est un changement de stratégie qui, bien conduit par des hommes formés et conscients, peut transporter aussi le conflit au coeur des appareils du système. Au-delà, s'approcher de la cible peut conduire à commettre beaucoup d'autres actes à condition de les vouloir et de savoir comment et quand on veut les réaliser. Nous continuons par chercher dans les annales sans trouver l'époque à laquelle « l'opposition » au Togo a décidé dans son ensemble d'agir de la sorte. Ce que nous trouvons en revanche, c'est que le pouvoir, a réussi très souvent à débaucher des personnalités et organisations pour les noyer dans la baignoire du « gouvernement d'union nationale ». Ici, c'est le pouvoir qui fixe ses objectifs et prend l'initiative d'aller à la chasse dans les rangs de l'opposition. Ce que nous, nous disons, c'est que « l'opposition », dans la sérénité, établisse un bilan d'étape, tire les enseignements de son parcours puis prenne le devant des évènements. Il n'est pas question d'aller se coucher dans un gouvernement.

Lorsqu'on ne peut pas abattre d'un coup le système, la reconquête progressive d'espaces de liberté, d'espaces où l'influence du colonialisme est battue par la présence des hommes et femmes de notre camp nous semble une option. Dès qu'on met la main sur un secteur, il faut le retourner tout de suite au peuple, faire en sorte qu'il en jouisse pleinement, qu'il sache que quand il rentre dans les ministères ou dans n'importe quel service public sous notre contrôle, il sera servi convenablement, car il est chez lui. Et il doit se battre pour maintenir ces espaces définitivement libres. C'est une guerre de libération. Voilà ce que nous avions préconisé, mais nous ne nous étions pas arrêtés là. Nous avions formulé la nécessité de redéfinir la lutte, sachant les limites de cette première option, en la pensant plus sérieusement pour mieux l'organiser sur une triple temporalité - court, moyen et long termes - et vaincre.

Mais en amont et en aval de tout ceci, nous appelons enfin à un changement de comportements dans le camp des « combattants » miné par trop de querelles de bas étage, d'envie, de guerre de factions, de petits meurtres entre camarades et un climat de détestation. Car, se sont ces aspects subjectifs de la lutte qui déterminent, couvent et enfantent les éléments objectifs de la liberté. Nous devons mettre un accent particulier sur la formation des nôtres axée sur une vision globale de ce que nous entendons faire à savoir désintégrer le système colonial, bâtir une société fondée sur une nouvelle répartition du pouvoir, reconstruire notre pays, puis empêcher définitivement le retour à tout régime dictatorial.

Pour le reste et si ça peut soulager, on peut continuer par se contenter d'être dans une opposition qui passe son temps à prier le Dieu d'Israël, à être dans la description du régime, à dire et redire qu'il se déploie dans la violence, à pleurer qu'il ne respecte pas les droits de l'homme. Comme s'il pouvait en être autrement dans un territoire sous colonialisme.

Lynx.info : Rodrigue Komla Kpogli, je vous remercie.

C'est nous qui vous disons merci.

Interview réalisée par Camus Ali

Le 04 septembre 2010