jeudi 26 février 2015

Les togolais, et plus largement les africains méritent-ils ce qui leur arrive?



Notre réponse doublement oui. Nous méritons ce qui nous arrive et nous le mériterons encore. Car, nous fermons volontairement nos yeux, nos oreilles et nos cerveaux à toutes les idées qui peuvent nous éclairer et nous aider à nous orienter dans un monde où les pièges les plus mortels sont couverts des plus belles fleurs.
Oui, nous méritons ce qui nous arrive parce que beaucoup, vraiment beaucoup trop de togolais (d'africains) pensent vivre dans des Etats et réduisent ainsi ce qu'il reste à faire à une simple recherche de l'Homme providentiel à mettre au pouvoir. Cette personne, selon toutes les imaginations abâtardies, viendrait des plus hautes écoles coloniales locales ou surtout occidentales. Ceci est la plus grande faute de lecture et de compréhension de soi et de ses propres problèmes qu'un groupe humain aussi large ait pu commettre dans l'histoire humaine. Il n'y a pas d'Etats, pas encore d’Etats, en Afrique. Nous l'avons suffisamment expliqué. 

Oui, nous méritons ce qui nous arrive, car nous avons refusé et refusons de construire des alternatives portées par un leadership crédible, lucide et muni d'un tableau de bord confectionné à partir de notre histoire globale et de notre vision du monde face, à la fois aux régimes en place en Afrique et à leurs fameuses Oppositions qui ne sont que leurs clones.

Oui, nous méritons d'être méprisés et torturés par des gens comme Faure Gnassingbé et autres génies obscurs du genre, car nous détestons ceux qui consacrent leur vie à vouloir porter la responsabilité historique de conduire la lutte pour la libération. Nous les isolons, nous les méprisons, nous les soutenons à peine, si nous ne les rejetons pas avec une violence ou avec une indifférence à ravir les pires tyrans. Chacun crée son petit château de cartes, chacun est Le leader, chacun détient SA réponse face au défi global. "Qui est celui-là ou celle-là pour que je le rejoigne ou pour que je m'aligne derrière lui ou elle?" Telle est la question qu'on entend souvent. Parfois c'est dans le silence et l'indifférence face aux sollicitations et appels qu'on entend cette question. En agissant ainsi, les togolais (les africains) créent le vide et donnent l'impression que personne parmi eux ne donne des idées et ne fournit aucun effort.

Oui, nous méritons davantage ce qui nous arrive, car nous avons abandonné l'idée de Peuple, pour un "Chacun pour soi" suicidaire où le ventre, les petites idées de prestige et de réussite personnels dans un océan de Néant collectif l'ont emporté.

Oui, nous méritons d'être sous la férule des gens comme Gnassingbé 2 qui vont continuer leur brillante entreprise de conservation et surtout de promotion de nos enclos coloniaux joyeusement appelés "nos Etats", parce que nous avons abandonné l'autonomie de la réflexion pour embrasser, sans fioritures, des concepts tronqués de Démocratie à l'occidentale qui n'est que spectacle et ploutocratie doublée de Réseaucratie mafieuse, avec leur pauvre théâtre de Pouvoir-Opposition qui, du fait de l'uniformisme de la pensée économique, est un couple inséparable.

Enfin, oui nous méritons tout ça, parce que nous avons choisi la voie destructrice de l'intelligence collective qui est de vouloir Avoir avant d'Etre, en lieu et place d'Etre avant d'Avoir. Ce qui fait que chacun court dans tous les sens pour lui-même, pour ses enfants, sa famille, et éventuellement son clan. Oubliant pour le plus grand plaisir de nos adversaires et ennemis que l'addition des individualités ne fait pas un peuple.

Le mal et le vice prospèrent là où l'on détruit, isole, méprise, injurie et déconsidère les alternatives réelles qui, loin de la démagogie, montrent l’immensité de la tâche et comment l’accomplir. La méchanceté rejoint la méchanceté là où les méchants, par haine gratuite ou par indifférence calculée, détruisent tout ce qui essaie de ne pas faire la promotion des obscurités et des sophismes.

Alors, ouiiiiii, nous méritons ce qui nous arrive.

KPOGLI Komla

1 commentaire:

Ziani Ouas a dit…

il y a des individus qui s'immolent, et il y a des "peuples" aux idées gominées qui se suicident le sourire aux lèvres.